00:00Et c'est toujours le placement préféré des Français, détenu par plus de 8 Français sur 10, le livret A.
00:05Il va connaître une double augmentation, on va augmenter le plafond des investissements qu'on pourra mettre dessus,
00:10de l'épargne qu'on pourra mettre dessus. Aujourd'hui c'est 22 950 euros maximum, ça sera demain entre
00:1525 et 30 000 euros.
00:17Et puis augmenter aussi le taux de rendement, aujourd'hui il est de 1,7 et l'accompagner pour qu
00:22'il soit à la hauteur de l'inflation.
00:24Bonjour Mounir Lagoun, vous êtes toujours avec nous, vous êtes entrepreneur, influenceur finance, vous avez publié ce livre
00:31« Investir pour être libre », c'est aux éditions First, ça a marché du feu.
00:3685 000 exemplaires.
00:37J'ai envie que vous partagiez du coup avec nous ce matin. Le livret A, déjà, bonne ou mauvaise idée
00:42?
00:42Le livret A c'est vraiment la route secours de votre patrimoine, donc si vous avez un pépin, ça tombe
00:47bien, vous pouvez l'utiliser.
00:49Et il faut se dire qu'on met 2 à 3, 6 mois de dépenses maximum dessus.
00:54Mais le livret A, c'est une perte de pouvoir d'achat assuré.
00:56Vous mettiez 10 000 euros sur votre livret A il y a 10 ans, aujourd'hui en pouvoir d'achat
01:00vous avez 9 500 euros.
01:02Donc vous avez perdu de l'argent en fait.
01:04C'est-à-dire, ce que vous voulez dire c'est que techniquement il n'y aura pas évidemment 9
01:08000 euros.
01:08Techniquement vous avez vu que vous avez plus d'argent.
01:11Mais par rapport à l'inflation, par rapport à la hausse du reste des investissements, vous aurez perdu.
01:16Oui bien sûr, tout le monde s'est rendu compte que les prix de l'énergie ont augmenté, l'alimentation
01:19a augmenté.
01:20Et donc en fait, si votre placement ne fait pas plus que la hausse des prix, vous perdez du pouvoir
01:24d'achat.
01:25Et donc le livret A, c'est uniquement un bon placement pour avoir de l'argent de côté en cas
01:31de courant.
01:31Moi j'aime beaucoup votre idée de la roue de secours.
01:33C'est la roue de secours, mais par contre ce n'est pas le moteur de votre patrimoine.
01:35Et donc il faut des moteurs, des moteurs qui vont pouvoir à minima battre l'inflation.
01:40Et surtout, vous aider à vous rapprocher de vos objectifs.
01:42C'est-à-dire ? Alors c'est quoi les moteurs derrière ?
01:45Ça dépend de vos objectifs. Si vous voulez, parce que je vois...
01:48Tu penses que l'objectif de tout le monde, c'est quand même de gagner le plus possible ?
01:50Pas forcément, pas forcément.
01:52Ça peut être tout simplement de financer un projet.
01:53Ça peut être aussi, il ne peut pas avoir quelque chose de trop risqué ?
01:54Ça c'est plutôt une histoire de risque, mais on va dire, je veux financer les études de mes enfants
01:58et je veux avoir un complément à la retraite.
02:00C'est plutôt une question d'horizon en fait.
02:02Exactement, mais dans ce cas-là, il va falloir définir à minima le rendement qu'il faut générer.
02:06Et donc vous avez toute une gamme de produits qui sont disponibles.
02:09Alors prenons l'exemple, les études des enfants.
02:10On a des enfants qui sont petits, on se dit, quand ils auront 18 ans, je veux pouvoir financer des
02:17projets.
02:17Donc ça veut dire, j'ai allé 15 ans devant moi. Je fais quoi ?
02:20Voilà, historiquement, qu'est-ce qu'on faisait ?
02:21On ouvrait un livret pour nos enfants et on leur donnait 1% de rendement.
02:26Et donc là, c'est vraiment l'inverse de ce qu'il faut faire.
02:28En fait, vu qu'on a 15 ans devant nous, on va pouvoir prendre pas mal de risques.
02:31Et donc on va plutôt aller vers des placements, actions, via des ETF, qui sont en gros des fonds, des
02:36paniers.
02:37On peut investir comme dans une playlist, dans une playlist américaine, une playlist européenne, une playlist mondiale.
02:41Et donc sur 15 ans, en moyenne, les marchés actions ont fait 8% par an.
02:46Mounir Lagoon, ça c'est très important.
02:48Parce que le premier choix, c'est à qui on fait confiance.
02:50C'est-à-dire, est-ce qu'on confie son épargne à son banquier ?
02:54Ou est-ce qu'aujourd'hui, on dispose d'outils qui nous permettent, avec leur expertise, avec l'intelligence artificielle,
03:00etc.,
03:00de gérer un peu nous-mêmes ?
03:03Je pense que la question est tout due.
03:06C'est le banquier...
03:08Vous alliez dire, elle est vite répondue, mais vous n'avez pas osé.
03:10J'ai pas osé, mais il est 7h du matin.
03:12Mais en tout cas, le banquier, qu'est-ce qu'il veut ?
03:15Il veut vous vendre des produits.
03:17Quand vous allez dans une banque, en fait, vous pouvez acheter, vous repartez avec un abonnement téléphonique,
03:20vous repartez avec des assurances, vous repartez avec toute une gamme.
03:23Le banquier, il vous vend des solutions maison.
03:25Donc, il va vous mettre des frais.
03:27La réalité, c'est qu'aujourd'hui, vous regardez ma chaîne, vous regardez n'importe quelle chaîne,
03:30vous achetez des livres, vous avez tout qui est disponible gratuitement en termes d'informations.
03:35Vous regardez RMC.
03:36Et ensuite, vous pouvez investir via des plateformes en ligne.
03:38Ça va vous coûter bien moins cher et vous allez rester aux manettes.
03:41Donc, je pense que...
03:42Oui, mais ça demande beaucoup d'énergie.
03:44Ça demande aussi beaucoup d'attention.
03:45Je pense que ça demandait beaucoup d'attention et beaucoup d'énergie
03:49avant qu'on ait des choses comme les ETF qui permettent d'être complètement passifs.
03:53Donc, si on a un peu d'argent de côté, là, ceux qui nous écoutent,
03:56s'ils ont réussi, et c'est d'ailleurs tout le paradoxe de la France,
04:00les Français ont beaucoup de mal au quotidien.
04:03On a quand même de plus en plus de Français qui, à partir du 17 du mois,
04:07c'est un Français sur trois, qui disent passer dans le rouge.
04:10Et dans le même temps, on est un des pays qui épargne le plus.
04:13Alors, évidemment, il ne s'agit pas des mêmes personnes,
04:15mais c'est quand même un des paradoxes français.
04:16C'est là-dessus que la France a voulu jouer.
04:18Avant, justement, qu'on en vienne à que faire de cet argent
04:21et répondre aux questions de Sébastien,
04:23je voudrais quand même que, Arthur, vous puissiez...
04:24Vous, le point de vue du financier, il y a ça,
04:26mais il y a aussi le point de vue de l'État.
04:28Mais c'est aussi du point de vue de l'histoire de l'économie, en fait,
04:29parce que vous êtes marrant, vous voyez la France sur une échelle de 15 ans,
04:31mais la France, c'est mille siècles, messieurs,
04:33et ce qu'a fait ce pays, c'est la puissance publique
04:35et uniquement la puissance publique.
04:37Alors, peut-être qu'en ce moment, l'État investit mal
04:39et que ce n'est pas ceux qui donnent le plus envie d'investir,
04:41mais enfin, je veux dire, tout ce qui est au quotidien est cool,
04:43c'est-à-dire avoir un réseau de chemin de fer absolument incroyable,
04:46l'électricité, nos normes d'hygiène, l'eau potable,
04:49tout ça, ça a été créé par l'ancêtre du livret A,
04:51qui s'appelait le livret d'épargne, ça a été créé il y a deux siècles.
04:54Donc ça, c'est une vraie tradition française, vous voyez,
04:56c'est-à-dire qu'en fait, en France,
04:57ce n'est pas les petits spéculateurs qui font les infrastructures,
04:59c'est la puissance publique.
05:01Ici, on n'est pas en Angleterre.
05:02Une moyenne lagune.
05:03Je pense qu'en réalité, qui crée la richesse,
05:06ce sont les entreprises.
05:07L'État est uniquement un allocataire de capital.
05:10Donc, la réalité, c'est que si vous voulez avoir des entreprises fortes,
05:12qui vont d'ailleurs payer des salaires élevés,
05:15eh bien, il faut que des investisseurs mettent de l'argent dedans.
05:18Eh bien, aujourd'hui, il faut encourager les Français
05:20à investir dans nos entreprises,
05:23en faire des champions,
05:23pour que derrière, on puisse en bénéficier.
05:25Je voudrais qu'on donne la parole à Sébastien,
05:26qui nous appelle du Loir-et-Cher.
05:28Bonjour Sébastien.
05:29Bonjour à tous.
05:30Ça me fait bizarre de vous parler.
05:32Mais non, mais non.
05:33Mais non, moi pas du tout.
05:34Sébastien, je vous attendais.
05:35Je me disais, mais il est où Sébastien ?
05:37On l'attend, mais qu'il nous appelle.
05:39Et c'est vous Sébastien, vous étiez en train de vous garer.
05:42Je crois que vous êtes sur les routes.
05:43Vous êtes conducteur routier, c'est bien ça ?
05:44Oui, c'est ça.
05:45Est-ce que vous avez un livret A ?
05:48Moi, je n'ai plus de livret A.
05:49Et je vais vous expliquer pourquoi.
05:50Allez-y.
05:51Moi, j'ai une assurance vie, déjà.
05:54Je vais vous expliquer.
05:55J'ai un ami.
05:55Il a perdu son frère, d'accord ?
05:57Il y avait sa sœur et lui
06:00qui ont perdu son frère dans un cancer, malheureusement.
06:04Et donc, il avait un livret A.
06:05Donc, il a été implafonné.
06:07Ce n'est pas une histoire d'argent pour lui,
06:08mais c'est quand même le principe.
06:09Il y avait 80 000 euros, d'accord ?
06:11Parce qu'après, ça fait des petits.
06:13Il y avait 80 000 euros.
06:14Je peux vous justifier que la loi, c'est comme ça.
06:17Ils ne sont pas de la première lignée, d'accord ?
06:20La première lignée, c'est les enfants et tout.
06:22Vu qu'il n'avait pas d'enfants,
06:23l'État a tout prix pour le livret A.
06:25C'est la règle.
06:26Tout prix.
06:27C'est la règle.
06:28Il faut le savoir.
06:30Alors, il faut qu'on vérifie,
06:31parce que je vous avoue que ça, moi, je n'ai pas du tout...
06:33Mais l'exemple que vous nous dites,
06:34si vous nous le dites, Sébastien...
06:36Alors déjà, arriver à 80 000 euros,
06:38ça veut dire que ça fait quand même très très longtemps
06:39qu'il dormait les 20 000 euros.
06:41Ça me paraît quand même beaucoup.
06:43Mais après, c'est l'État à tout prix.
06:45Il n'y a rien qui est resté pour le frère et la sœur.
06:47Voilà.
06:47C'est-à-dire quand il n'y a pas d'enfants.
06:49Quand il n'y a pas d'enfants.
06:50Quand ce n'est pas la première lignée...
06:51En fait, au-delà de la question du livret A,
06:52ce que vous nous dites,
06:53c'est que l'État, effectivement, récupère quand même beaucoup.
06:56Il récupère tout.
06:57Le livret A, au niveau de...
06:59S'il n'y a pas d'enfants,
07:00vous n'avez pas d'enfants,
07:01votre livret A, en fin de compte,
07:02si vous décédez,
07:04l'État prend tout.
07:05Et j'étais...
07:06Non, mais Sébastien, l'État prédateur,
07:09c'est une autre facette de l'État investisseur
07:12que nous a présenté Arthur tout à l'heure.
07:14C'est une réalité.
07:15Merci beaucoup Sébastien.
07:17Vous reviendrez quand vous voudrez.
07:18Sébastien qui nous appelait du Loir-et-Cher.
07:20Une dernière question, Mounir.
07:22Qu'est-ce qu'on fait ?
07:23Quand vous entendez,
07:24quand vous vous dites,
07:25ok, on va être très pratique,
07:26on va vérifier d'abord cette histoire de livret A
07:28qu'évoquait Sébastien
07:29pour vous donner les règles exactes.
07:31Mais Mounir, je ne sais pas,
07:33vous avez là, allez,
07:34la possibilité de mettre 50 euros,
07:37100 euros de côté chaque mois.
07:40C'est-à-dire un petit épargne,
07:41mais régulier.
07:42Vous faites quoi ?
07:43Écoutez, moi, je me mets à la place
07:44de quelqu'un qui a 50 ans
07:46et qui n'a jamais investi de sa vie,
07:48qui a un livret A.
07:49Il n'a pas envie de prendre des risques.
07:50Aujourd'hui, vous pouvez avoir
07:51sur votre assurance vie d'ailleurs
07:52des fonds euros.
07:54Donc, c'est des fonds garantis
07:55par les assureurs
07:56à des taux boostés
07:57qui vont de 4 à 5 %.
08:00C'est mieux ça que le livret A ?
08:01Là, vous êtes à 3 fois plus
08:03que le rendement du livret A.
08:04C'est un tout petit peu plus risqué,
08:06mais on est sur l'échelle de risque
08:08qui va de 1 à 7,
08:09on est à 1.
08:10Donc ça, si on débute,
08:11je pense que c'est un très bon placement
08:12qui reste liquide.
08:13Vous pouvez racheter en 72 heures.
08:14Tous vos conseils,
08:15à la fois sur votre chaîne
08:16et puis dans votre livre,
08:18Mounir Lagoun,
08:19votre livre,
08:19ça s'appelle
08:20« Investir pour être libre ».
08:21C'est aux éditions First.
08:22Merci de vos conseils.
08:24Vous aussi, vous revenez quand vous voulez.
08:25Sous-titrage Société Radio-Canada