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Gaëlle Morvan, secrétaire générale de la CGT dans la Drôme

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Transcription
00:00Ici Dromardèche, c'est votre réveil, ici matin jusqu'à 9h.
00:077h47, l'appel des syndicats sera-t-il beaucoup suivi demain à la veille d'une journée nationale de grève
00:12contre la vie chère ?
00:13On en parle avec notre invité ce matin, Emmanuel Champal.
00:16Bonjour Gaëlle Morvan.
00:17Et bonjour.
00:18Réélu tout récemment secrétaire générale de la CGT dans la Drôme.
00:22Savez-vous combien il y a de préavis qui ont été déposés dans le département pour cette journée de demain
00:25?
00:25On a des préavis qui ont été posés notamment dans le territorial, dans la fonction publique, un peu dans le
00:30privé.
00:31Après il faut savoir que nos bases s'appuient beaucoup sur les préavis nationaux.
00:36Donc c'est une bonne nouvelle quand il y a des préavis locaux parce qu'il faut mêler les revendications
00:39locales aux revendications nationales, c'est important.
00:41On pousse aussi pour que les revendications de nos boîtes du local gagnent sur ces journées-là.
00:46Mais c'est un marqueur, mais ça ne veut pas tout dire.
00:49Alors comme ça, au nez en l'air, vous diriez quoi ?
00:51Que demain il y aura du monde dans la rue à Valence, à Montélimar pour ce qui concerne la Drôme
00:54?
00:54Oui, on sent qu'il y a une poussée, on fait partie en fait d'une dynamique.
00:58Depuis septembre, il y a eu beaucoup de mouvements sur les week-ends, en semaine.
01:01On a eu un beau mouvement sur la fonction publique fin septembre.
01:04Donc ça ne vient pas de nulle part ce 5 novembre, il est construit depuis deux mois.
01:09À 7h30, on a entendu sur Isidro-Mardèche des salariés de Trigano à Tournon.
01:13On est allé les voir pour savoir si eux se mettraient en grève demain.
01:16Et beaucoup nous ont dit, oui, faire grève, bien sûr qu'on est d'accord avec les revendications,
01:20mais perdre une journée de salaire, c'est difficile aujourd'hui.
01:23Ça vous inquiète ça ?
01:24Alors c'est un sujet récurrent.
01:27Mais peut-être plus aujourd'hui qu'hier.
01:29Il y a la question de façon, une des questions qu'on pose le 5 novembre,
01:32c'est la question des augmentations de salaires.
01:33C'est la revalorisation du SMIC et l'échelle mobile des salaires pour tous les salariés.
01:37Donc effectivement, la question des rémunérations est au centre et c'est aussi un frein.
01:41Maintenant, on a l'habitude de ces questions-là.
01:43On va poser la question des solidarités, notamment des caisses de grève.
01:46C'est-à-dire que c'est un mouvement ensemble, tous ensemble, collectif.
01:50Donc on affronte ensemble aussi les questions économiques que pose la grève.
01:54Ça veut dire quoi ?
01:54Ça veut dire que ces salariés qui ne sont pas prêts à faire grève pour perdre une journée de salaire,
01:57vous leur dites, mettez-vous en grève, il y a des caisses de solidarité, on sera derrière ?
02:02C'est votre message ce matin ?
02:04Oui, c'est pour ça que les travailleurs s'organisent, en fait,
02:06pour se donner la capacité d'agir et sortir de l'isolement.
02:10Et notamment des questions parfois purement financières.
02:13Il faut que le politique soit premier et les questions économiques secondes.
02:16Et pour ça, on peut s'organiser.
02:17Quand on voit les retours aujourd'hui du gouvernement,
02:19est-ce que vous avez le sentiment que manifester, ça sert encore à quelque chose ?
02:22Alors manifester, c'est la mise en visibilité d'une grève.
02:25Effectivement, la manifestation n'est pas une modalité de lutte en soi et suffisante.
02:29Par contre, c'est un moment de mise en visibilité.
02:32On montre qu'on est ensemble.
02:34C'est aussi un moment où on crée du réseau, on crée localement,
02:37on se renforce, on se donne du courage et de l'espoir.
02:40Donc c'est extrêmement important.
02:41Les manifestations, par contre, ce n'est pas le seul outil des travailleuses.
02:45Gaëlle Morvan, vous êtes secrétaire générale de la CGT dans la Drôme.
02:49La principale manifestation au Drôme-Ardèche, demain, ce sera à Valence, comme d'habitude.
02:54Ça a pris du temps pour décider du tracé.
02:56Qu'est-ce qui s'est passé avec la préfecture ?
02:57Ça a coincé ?
02:58La préfecture est un peu tatillonne.
03:00Après, on a l'habitude, depuis septembre 2025,
03:02c'est des négociations âpres, souvent, avant les parcours.
03:06Mais pourquoi ça a été là ?
03:08Alors, sur des points, je vous avouerai que ce n'était pas forcément toujours...
03:11Nous, ça ne nous semblait pas toujours être juste.
03:15C'est quoi ? Sur le parcours ?
03:16Sur le parcours, en fait, on est quand même une intersyndicale soudée,
03:21qui est dans la négociation,
03:22qui comprend que la préfecture puisse avoir des points de crispation sur cet interlieu.
03:26Donc on fait en sorte que nos parcours soient à la fois une mise en visibilité des luttes,
03:29c'est-à-dire qu'on soit très présents dans l'espace public,
03:31on n'est pas planqués dans les coins de Valence.
03:33Ce sera où, justement, ce défilé ?
03:34Sur les boulevards, on va aller jusqu'à la CEPAM,
03:37parce que les camarades de la CEPAM sont en grève.
03:39On va redescendre au Champs-Mars,
03:41on va passer devant le lycée Loubet,
03:42parce qu'il y aura aussi le mouvement lycéen demain.
03:44Donc c'est un parcours qui a du sens,
03:46et qui ne passe pas sur des points qui sont un peu chauds pour la préfecture.
03:49Donc on a fait...
03:49C'est quoi ? C'est la gare, notamment ?
03:51Bah oui, la gare, la rue Victor Hugo, le centre-ville, voilà.
03:56Donc on ne s'engouffre pas là-dedans.
03:57Puis en plus, sur des petites rues, etc.,
03:59de toute façon, nous, ça ne nous irait pas non plus.
04:02Donc finalement, on était assez d'accord,
04:03c'est dommage que ça ait mis si longtemps.
04:05L'intersyndicale, donc, qui appelle à cette journée de grève,
04:09on entendait aussi ce matin sur ICIDRO-Mardèche,
04:11le délégué CGT de Trigano,
04:13qui disait, finalement,
04:15aujourd'hui, nous, syndicats,
04:18on a du mal à nous suivre,
04:20parce que le boule n'a peut-être pas été fait correctement en amont,
04:22on n'a peut-être pas expliqué à quoi on servait réellement.
04:24C'est ce sentiment-là que vous avez, vous aussi ?
04:26Alors, la perte de sens sur le syndicalisme,
04:29oui, elle est assez ancienne.
04:31Ce n'est plus aussi naturel que ça l'a été il y a quelques décennies.
04:34C'est pour ça que c'est difficile, effectivement, de se faire suivre ?
04:37C'est un frein parmi d'autres,
04:39mais c'est difficile.
04:41Concrètement, là, on a des implantations,
04:43on fait ce travail d'information, de formation.
04:46Nous, au niveau de l'Union départementale,
04:47on a engagé énormément de moyens pour être visite dans l'espace public,
04:50expliquer ce que nous faisons en tant qu'organisation syndicale.
04:53Après, effectivement, ce n'est pas naturel,
04:54c'est quelque chose qu'il faut expliciter.
04:57Et puis aussi, tout simplement,
04:58mettre en action au quotidien sur des activités de carreau cassé,
05:01c'est-à-dire ce qu'on appelle le carreau cassé,
05:03c'est l'activité à rendre les conditions de travail meilleures
05:06pour les salariés au quotidien,
05:07et puis aussi étendre ça sur le projet de société qu'on porte.
05:10On parle des salariés, on parle des fonctionnaires,
05:13il y a aussi les retraités,
05:13puis il y a les lycéens, les jeunes qui seront dans la rue demain,
05:16qui vont suivre ce mouvement,
05:17avec peut-être des blocus organisés de nouveau aujourd'hui.
05:21Il n'y en a pas eu beaucoup ces deux derniers jours,
05:23mais peut-être que ça va repartir aujourd'hui.
05:24Vous, vous devez monter, notamment dans le quartier Brifaux,
05:27ce matin, vers Algoulapémas.
05:28Pourquoi ? Pour dire quoi à ces jeunes qui envisagent de manifester ?
05:31Alors, nous, on est en lien avec les lycéens depuis le tout début.
05:36Tout simplement pour leur dire qu'on les soutient,
05:38qu'ils sont privés des espaces majeurs de mise en place de la démocratie,
05:45de prise de consensus,
05:47que sont par exemple les assemblées générales.
05:48Il faut se rendre compte de la répression qu'ils subissent,
05:51c'est la BAC qui les a accompagnés à leur rentrée lundi.
05:54C'est pour mieux les encadrer aussi,
05:55pour éviter des débordements comme hier.
05:57Il y a eu quatre interpellations hier à Valence,
05:58pour des poubelles brûlées.
05:59C'est ça que vous voulez éviter aussi ?
06:01Les sécuriser, effectivement,
06:02qu'il y ait une présence et adulte et d'organisation syndicale
06:06pour sécuriser et minimiser en tout cas la répression.
06:10Gaëlle Morvan, secrétaire générale de la CGT dans la Drôme ce matin
06:14sur Isidre-Mardèche,
06:15qui s'attend donc à une mobilisation massive,
06:18c'est ce que vous espérez en tout cas.
06:20On l'a bien compris ce matin.
06:21Merci à vous et passez une bonne journée.
06:23Merci à vous.

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