- il y a 15 minutes
Avec Philippe Huppé, ancien député de l'Hérault et président de l’association Ville et Métiers d’Art
---
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##VOUS_TROUVEZ_CA_NORMAL-2026-11-04##
---
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
##VOUS_TROUVEZ_CA_NORMAL-2026-11-04##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Mais on va parler maintenant des artisans français, la France qui a de l'or dans les mains et qui
00:05n'en profite pas toujours, c'est souvent la même chose dans notre pays, on est capable de dépenser des
00:11fortunes pour restaurer le patrimoine, mais pour prendre soin de notre artisanat, c'est une toute autre affaire Gilles.
00:17Surtout qu'on est à la veille d'une grande manifestation, demain, ou encore une fois, ce sont les artisans
00:23qui de plus en plus subissent ces week-ends de grève ou demain la grande grève, et quand on est
00:29artisan, on n'a pas forcément beaucoup de finances, on fait les choses justement à la main, c'est pas
00:37industriel, et donc ils vivent en ce moment des conditions difficiles, et c'est pour ça qu'à la veille
00:43de la manifestation, on voulait avoir notre invité.
00:45Et on les aime, nos artisans, surtout sur Sud Radio, il faut le dire, il faut le crier, il faut
00:50les faire vivre, surtout, si possible, acheter de l'artisanat.
00:54Bonjour Philippe Huppé.
00:56Bonjour.
00:57Vous êtes ancien député de l'Hérault, président de l'association Ville et Métiers d'Art, vous publiez aux éditions
01:02du CERF, Artisans, ces métiers qui font rayonner la France, on ne le rappelle jamais assez, ça fait vraiment rayonner
01:09notre pays, ce sont des hommes et des femmes, 3 millions, je crois.
01:13Première question, Philippe Huppé, les Français aiment les artisans, mais sont-ils encore prêts à payer le prix de leur
01:19travail ?
01:21Alors, les Français aiment les artisans, ça c'est certain, sont-ils encore capables de payer le prix ? J
01:27'en suis pas certain.
01:28Quand on regarde le revenu moyen, en vrai, un Français a des difficultés à finir ces mois.
01:36Donc comment pourrait-il préférer un verre fait par un artisan qui coûterait 5, 6, 7, 8 euros ou 10
01:43euros par rapport à un verre importé de pays asiatiques qui coûterait quelques centimes ?
01:49C'est ça, le grand problème est là. Le grand problème, c'est qu'on a des pépites en France
01:53et on les a petit à petit abandonnées par des politiques restrictives sur les salaires.
01:58Mais comment on fait alors ? Parce que c'est toujours la même chose, moi je suis sûre, si vous
02:02vous interviewez les 70 millions de Français,
02:05est-ce qu'ils ont envie d'aider l'artisanat plutôt que d'acheter chinois ? Ils vont vous dire
02:10oui, et ils aimeraient bien, alors qu'est-ce qu'on fait ?
02:16On relance les salaires, donc en vrai il faut une augmentation des salaires, on va pas tourner autour du pot,
02:22et on fait, pas du protectionnisme, mais on fait payer le juste prix aux entreprises qui veulent vendre en Europe
02:27et en France.
02:28Donc aux frontières, on met quelques taxes quand même pour ces entreprises qui ont fabriqué dans d'autres pays à
02:34main d'oeuvre à bas coût,
02:35et qui nous y menons de souvent, car on n'arrivera pas à soutenir notre artisanat qui a un prix
02:42de revient supérieur aux produits asiatiques ou d'autres pays,
02:49si on ne remet pas les règles du jeu et on ne remet pas une égalité entre tous les acteurs.
02:53Donc ça, je ne parle pas de protectionnisme, je dis tout simplement qu'il faut à un moment ou à
02:59un autre,
03:00remettre une égalité entre les acteurs et protéger notre économie et notre artisanat.
03:05Philippe Pépé, pour bien que les auditeurs qui nous écoutent comprennent,
03:08aujourd'hui quand les Chinois veulent exporter, que nous on importe, ils n'ont pas beaucoup de taxes finalement,
03:17expliquez-nous ça, parce que je ne suis pas sûre que tout le monde en ait conscience.
03:21Quand les Chinois, par exemple, importent en France des produits manufacturés,
03:27on l'a vu avec Chine, la dernière, c'était ça,
03:31donc si on est produit à 1 euro ou 2 euros, on ne produit pas en France des produits à
03:361 euro ou 2 euros de qualité
03:37avec les normes qui sont exigées.
03:39Donc à un moment ou à un autre, il faut dire que ces produits doivent être un peu plus taxés,
03:45parce que ça veut dire qu'ils sont faits avec une main d'oeuvre à bas coût,
03:48ils sont faits peut-être avec des normes différentes,
03:50Non mais ça on comprend, mais ils sont taxés à quoi, à combien, et pourquoi ils sont aussi peu taxés
03:55?
03:56Parfois ils sont aussi peu taxés parce qu'il y a des accords internationaux, tout simplement,
04:00et qu'on est dans un monde, dans une économie mondialisée,
04:04où les flux passent d'un continent à l'autre,
04:09et puis ça nous a arrangé aussi, ça nous a permis de tirer les prix vers le bas,
04:13tout en ayant de plus en plus de fruits pas chers qui rentraient sur notre territoire.
04:17Ça nous a arrangé de désindustrialiser à un moment notre économie pour dire,
04:22bon, on est du tertiaire, ça suffira, vous allez voir, maintenant c'est que le service.
04:26Et on a abandonné nos entreprises, petites, moyennes ou grandes, on les a vraiment abandonnées.
04:31Et maintenant on dit on va réindustrialiser, on ne réindustrialisera pas notre pays
04:37si on n'applique pas à ces entreprises qui exportent chez nous des produits à bas coût.
04:45On n'y arrivera pas, sauf à remettre de l'égalité aux frontières.
04:50Et donc en augmentant les droits de loi indirectement, il peut y avoir d'autres systèmes,
04:54mais il faut à un moment ou à un autre rééquilibrer ce qu'ils ont fait eux-mêmes
04:58et ce qu'ils continuent à faire très souvent.
05:00Donc le faire nous, tout simplement, arrêter d'être un territoire ouvert à tous les vents.
05:05Mais il y a un autre problème, c'est-à-dire que, et on le voit dans votre livre,
05:09alors l'artisanat, c'est évidemment les couteliers, c'est les métiers d'art, de la cuisine, d'un tas
05:16de choses.
05:16Mais on ne veut plus que nos enfants fassent ça.
05:19Quand on voit Parcoursup, pour lequel il y a des manifestations et qu'on ouvre toutes les facultés,
05:26on oublie ces filières de l'artisanat.
05:28On a dévalorisé l'intelligence de la main.
05:30De dire, tu seras boulanger, tu seras coiffeur, tu vas aller faire des couteaux ou de l'ébénesterie.
05:36La filière d'ébénistes n'existe presque plus.
05:39On ne fait plus des meubles, enfin elle existe, mais on fait moins de meubles en bois.
05:44Et le problème de la faim de nos artisans vient aussi peut-être de là.
05:51Aussi, pas que, mais aussi.
05:53Tous parents préfèrent que son fils soit magistrat, président de la République, député, médecin, huissier.
05:59Ah ben non, voilà, on enlève les deux précédents.
06:03Mais voilà, tous parents rêvent de ça.
06:06Avant, on rêvait que notre enfant rentre dans l'administration, ainsi de suite.
06:09Donc on a abandonné ces métiers de la main qui, à tort,
06:13parce qu'il y a une place évidente pour tous ceux qui ont un vrai savoir-faire entre leurs doigts,
06:18et on a besoin des meilleurs dans ces métiers de la main.
06:21On n'a pas besoin, très souvent malheureusement, au collège, au lycée,
06:25où on leur dit, puisque tu n'y arrives pas, tu n'arrives pas à tenir le rang sur une
06:30filière normale,
06:31on va t'orienter.
06:33C'est terrible.
06:34C'est terrible, honnêtement, parce que c'est toujours négatif.
06:36Ça réagit au standard, parce que je suis sûre que ça touche beaucoup de monde.
06:40On est très attaché, en plus, à ces savoir-faire français.
06:44On les côtoie tous les jours.
06:45Ça peut être, comme dit Gilles, les boulangers, les bouchers,
06:50mais c'est aussi dans le métier du luxe.
06:52Il y a énormément de savoir-faire, le luxe français à la main.
06:57C'est magnifique, tout ce que les Français font.
07:00On a beaucoup de talents, et c'est vrai que c'est un talent qui est gâché.
07:03Moi, je suis d'accord avec vous.
07:04Bonjour, François.
07:06Bonjour. Bonjour à tous.
07:07Soyez le bienvenu. Vous nous appelez de Nîmes.
07:09Vous êtes artisan, vous-même, François ?
07:12Voilà, c'est ça, artisan, plombier, lec, et pour passer à l'heure, tout ce qui est chauffagiste.
07:16Et alors, est-ce que vous, vous vous sentez soutenu,
07:19ou vous faites partie de ces artisans qui n'ont plus vraiment le moral, quand même ?
07:23On n'a plus le moral.
07:24Je vous le dis, franchement, quand on prend des jeunes, on les renvoie,
07:26parce qu'il y a déjà l'éducation.
07:28L'éducation, elle n'est plus là.
07:32En fait, ils cherchent des boulots.
07:35Ils arrivent et ils vous disent, moi, je voudrais gagner 2500 balles.
07:38En faisant quoi, mon gars ?
07:40Donc, ils ne savent rien faire.
07:41On les forme, mais bon, ils se déforment.
07:44On ne peut rien leur faire faire.
07:45Ça, il faut le savoir, ça.
07:46On ne peut pas apprendre un stagiaire ou un apprenti,
07:50le faire monter sur l'escabeau à plus de trois marches,
07:52mais il y a des normes qui sont complètement aberrantes.
07:53Donc, ils ne peuvent pas apprendre le métier, les jeunes.
07:55On essaie de les motiver, mais ils ne sont pas motivés.
07:58Ils veulent tous travailler dans les bureaux.
07:59Et moi, je dis, aujourd'hui, il manque des plombiers,
08:02des électriciens, des chauffagistes, ils manquent de tout.
08:04Et déjà, dans l'éducation nationale,
08:06la formation, ce n'est pas trop ça.
08:08Quand ils sortent de là, ils n'ont rien compris.
08:09Je suis désolé de le dire, mais c'est comme ça.
08:11Ils ne savent même pas ce que c'est une loi d'eau ou autre,
08:14un système de chauffage,
08:16alors que c'est le B.A.B.
08:17Et en électricité, je ne vous en parle même pas.
08:19Mais déjà, l'éducation nationale ne fait pas très bien son boulot.
08:23Ou alors, ils n'ont pas les moyens de le faire.
08:25Vous voulez dire quand ils sortent, François,
08:27vous voulez dire quand ils sortent de CAP, même ?
08:29Ah oui, oui, oui, même à la base, CAP.
08:32Moi, je dis toujours, moi, j'ai fait CAP, BEP.
08:35Je n'ai pas fait le BTS parce que j'ai commencé à travailler.
08:37Mais je dis, le niveau de BEP que moi, j'ai,
08:40c'est un BAC plus 4 aujourd'hui.
08:42C'est vraiment aberrant,
08:43la déchéance du niveau scolaire.
08:47C'est vraiment aberrant.
08:48Mais c'est parce qu'ils trouvent que c'est trop dur ?
08:51Non, c'est qu'ils ont ramolli les cours, c'est tout.
08:54Ce n'est plus comme avant.
08:55Avant, j'avais des profs, on les écoutait, on les respectait.
08:57Ils nous apprenaient le métier et on savait de quoi on parlait
08:59quand on parlait des sous-tités.
09:01Aujourd'hui, ils ne savent même pas ce que c'est indifférentiel.
09:03Enfin, c'est aberrant.
09:03Et François, c'est intéressant ce que vous nous dites
09:05parce que vous dites, quand les jeunes arrivent,
09:08bon, c'est une question d'argent.
09:11Vous dites, ils ne sont pas assez payés.
09:12Ils ont gagné 2500 balles direct,
09:14mais ça n'a pas le travail qu'il y a à faire en face.
09:16Mais est-ce qu'ils peuvent évoluer vite ?
09:18Parce que, moi, je suis désolée, j'ai plutôt une bonne image.
09:22Aujourd'hui, il y a plein de pâtissiers, boulangers
09:25qui ont percé, sans compter les plombiers dont on a besoin.
09:29On peut quand même vite évoluer, non ?
09:31Voir monter son entreprise, d'ailleurs.
09:33Vous voyez que le petit sommet qui dépasse.
09:37Mais quand vous regardez à la base,
09:38la plupart des collègues vont penser comme moi.
09:40Ils vont dire, aujourd'hui, pour embaucher, c'est infernal.
09:43C'est infernal.
09:44On ne peut pas refaire toute l'éducation déjà parentale.
09:47Parce que ça, c'est important.
09:49Il faut savoir le dire.
09:50Il y a beaucoup de relâchement là-dessus.
09:52Il n'y a plus de respect.
09:53Et puis, l'éducation nationale, derrière,
09:55il faut qu'ils aient les moyens
09:55ou il faut qu'ils changent leurs braquets.
09:58Parce que là, ça ne va pas du tout.
09:59Oui, mais vous parlez d'éducation.
10:00Mais là, si je comprends bien, c'est un problème de salaire.
10:02Ils ont envie de gagner de l'argent, ces jeunes aussi.
10:05Non, mais oui.
10:06Mais après, c'est les compétences.
10:07Quand ils sortent de l'école, on leur demande le minimum.
10:09Oui, c'est sûr.
10:10Non, mais vous avez raison.
10:11On ne va pas redémarrer toute leur scolarité.
10:14Du début jusqu'à la fin.
10:16Bon, François, vous savez quoi ?
10:16Restez avec nous.
10:18Parce que c'est intéressant.
10:19On va faire répondre notre invité, Philippe Huppé.
10:22Parce qu'il a envie de remettre l'artisanat au cœur de la France.
10:28Mais enfin, quand on vous écoute,
10:29on se dit que ça va être compliqué.
10:30On en parle dans quelques instants.
10:32Vous, qu'est-ce que vous en pensez ?
10:330826 300 300 sur Sud Radio.
10:35Sud Radio.
10:3910h midi, Sud Radio.
10:41À vous de le dire, Stéphanie Demiru.
10:43À vous de le dire.
10:45Soyez les bienvenus sur Sud Radio.
10:47On parle de nos artisans, nos artisans chéris.
10:50Parce qu'on les aime sur Sud Radio.
10:51Et oui, c'est la première entreprise de France, l'artisanat.
10:55Plus de 3 millions d'actifs.
10:57Mais ça ne va pas bien.
10:58Ça ne va pas fort.
10:58Le secteur va mal.
10:59Les artisans n'ont plus de morale.
11:01Il y a un baromètre récent qui disait que les 6 artisans sur 10
11:06ont vu leur chiffre d'affaires reculer.
11:08Est-ce que vous trouvez ça normal qu'on ne soutienne pas davantage
11:11ces artisans qui font vivre nos terroirs, notre savoir-faire,
11:15dont on est si fiers ?
11:16On est avec notre invité, Philippe Huppé, ancien député de l'Hérault,
11:20président de l'association Ville et Métiers d'Art.
11:22On est toujours avec François, un artisan en bâtiment qui nous appelait de Nîmes.
11:27C'était extrêmement intéressant ce que nous disait François il y a quelques instants.
11:30Il nous disait, mais moi, je manque de bras.
11:33Le problème, c'est que les jeunes, ils n'ont plus envie de bosser.
11:35Surtout, ils veulent être payés 2500 euros d'emblée.
11:39Alors, je vais vous laisser la parole.
11:40Philippe Huppé, vous l'avez entendu, François, qui est toujours en ligne d'ailleurs.
11:44Qu'est-ce que vous lui répondez quand on entend ça ?
11:47Malheureusement qu'il a raison.
11:48Ce n'est pas la première fois que j'entends des artisans de métiers d'art
11:53me dire, le jeune, il sort de l'école, il ne sait pas faire grand-chose en vrai.
11:57Il a tout à apprendre.
11:58Il a un monde qui s'ouvre devant lui.
12:00Et il a déjà une réclamation salariale à 2000, 2005, 3000 euros.
12:06Mais bien sûr, il ne veut pas faire 70 heures par semaine pour autant.
12:10Donc, c'est un vrai problème.
12:12Parce qu'en vrai, ces jeunes, en sortant de l'école, ont appris certaines choses,
12:17mais ne savent pas tout, ont encore besoin d'apprendre beaucoup.
12:21Et ils ont déjà des prétentions à avoir des salaires importants.
12:25Souvent que l'artisan ne se paie pas lui-même.
12:28Moi, j'ai eu des artisans, des restaurateurs en piano, ainsi ou suite,
12:32qui me disaient, mais moi, je n'ai pas 2500 euros à la fin de France.
12:34C'est pour ça qu'il a raison, François, quand il nous disait,
12:37c'est une question aussi d'éducation.
12:40Mais c'est une question d'éducation.
12:42Et parfois, on leur dit dans les écoles, tu vaux tant.
12:45Non, brave, ne te vends pas à moins, tu vaux tant.
12:47Mais non, tu ne vaux rien du tout, en vrai.
12:49Tu ne vaux rien du tout tant que tu n'as pas fait tes preuves
12:51et que tu ne rapportes pas un peu d'argent à l'entreprise.
12:54Ah oui, mais comment on fait alors ?
12:55Ton salaire sera payé par ton travail, en vrai.
12:57Comment on fait ?
12:58Parce que vous n'avez pas éduqué les enfants aussi.
13:01Ah non, mais ça veut dire qu'il faudrait peut-être
13:04qu'on leur dise pas, tu vaux tant.
13:06Déjà, commencer par ça.
13:07Et ensuite, accepter quand on est jeune,
13:09de commencer au début.
13:11C'est ce qui me semble.
13:12Au tout début, quoi, voilà.
13:14Et de ne pas avoir des prétentions exorbitantes.
13:16Alors, bien sûr, la vie est chère, j'en conviens.
13:19Bien sûr, le monde a changé, j'en conviens aussi.
13:21Mais les entreprises restent des entreprises.
13:23C'est-à-dire, s'il n'y a pas de client, on ne peut pas payer.
13:26Donc, il faut à un moment proposer des prix
13:28pour que le client dise oui
13:29et créer de l'économie et du flux financier.
13:33Mais si on est trop cher, il n'y a plus personne.
13:35Et donc, même le petit jeune ne viendra pas et partira
13:39parce que l'artisan n'y arrivera pas.
13:41Bon, François, vous êtes totalement en accord
13:43avec Philippe Huppé, mais c'est vrai que...
13:47Il a tout à fait raison.
13:48Moi, je vois avec mes fournisseurs, je leur dis,
13:50j'ai dit, continuez d'augmenter 5% tous les 4 mois.
13:52Moi, à un moment donné, je ne vais pas pouvoir vendre.
13:55Ça sera tant pis pour vous.
13:57Donc, à un moment donné, eux aussi, il faut qu'ils s'inquiètent.
13:59L'arrêter de monter les prix, c'est infernal.
14:01Les hausses de prix, surtout tout ce qui est à base de pétrole,
14:04les tuyaux, PVC, les pompes à chaleur, tout ça.
14:06Tout ça, c'est à base de pétrole.
14:08Mais c'est infernal.
14:09Mais ça, vous en conviendrez, François et puis Philippe Huppé
14:13qui est toujours en ligne.
14:14Ça, malheureusement, oui, c'est au-delà du jeune qui a envie.
14:19C'est légitime, en effet, parce que c'est vrai qu'avec 2 000 euros,
14:22il y a un loyer, il y a des charges fixes, contraintes.
14:27On ne va pas loin, malheureusement, même si c'est déjà beaucoup d'argent.
14:30Ce que je demande, c'est que les jeunes soient motivés,
14:33qu'ils se lèvent le matin, qu'ils ne fument pas.
14:35Vous voyez de quoi je veux parler ?
14:36Bien sûr.
14:37Qui fument la cigarette, mais pas autre chose.
14:39Parce que ça, c'est infernal aussi.
14:40Sur les chantiers, on est obligé de les contrôler.
14:41On regarde les yeux, on se dit non, c'est bon, rentre chez toi.
14:44À un moment donné, 1 sur 2, c'est impossible, c'est ingérable.
14:46On ne peut pas surtout les métiers qu'on a.
14:48Non, mais oui, mais c'est la réalité des chantiers.
14:50Je vous le dis, l'alcool, c'est moins présent, c'est un peu plus vieux,
14:55mais les jeunes aujourd'hui, c'est incroyable.
14:59Donc moi, ce que je demande, si un jeune aujourd'hui,
15:01qui est motivé pour travailler, même s'il n'a rien compris à l'école,
15:04je veux dire, je le forme de A à Z, je le remets sur les bras,
15:07du moment qu'il est motivé, qu'il n'a pas les mains dans les poches et qu'il bosse,
15:10c'est un jeune qui a de l'avenir pour moi.
15:11Merci François.
15:14Merci, on va donner la parole aussi à Laurent,
15:16qui nous appelle de Bégard.
15:17Bonjour Laurent.
15:19Vous venez d'entendre votre collègue de Nîmes,
15:23si j'ose dire collègue,
15:25mais vous, vous êtes boulanger,
15:26vous vous reconnaissez dans ce que vient de nous raconter François ?
15:34On vous entend un petit peu mal,
15:38on va essayer de vous rappeler Laurent.
15:41Oui Philippe, il faut revenir aussi à votre livre,
15:44ce qu'on vous reçoit pour ça aux éditions du CERF,
15:47sur l'artisanat.
15:48Qu'est-ce que vous avez voulu dire avec ce livre ?
15:54Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'on a un pays merveilleux,
15:57fait de savoir-faire exceptionnel,
15:59qui sont portés par les artisans,
16:01les métiers d'art,
16:02les entreprises d'exception,
16:04et qu'il faut les soutenir,
16:05car c'est une véritable richesse,
16:07une véritable richesse pour les générations à venir,
16:11car ils auront un savoir-faire
16:13qu'on ne peut pas délocaliser,
16:15qui est territorial,
16:16qui est dans toute la France,
16:18qui permettra de rééquilibrer aussi,
16:20de sortir un peu des métropoles,
16:21et de rééquilibrer le travail un peu dans toute la France.
16:24C'est vrai.
16:24C'est ça que j'ai voulu dire.
16:25En vrai, c'est un cri d'espoir ce livre.
16:27Regardez, on a des artisans
16:29qui ont un savoir-faire extraordinaire,
16:30mais encore faut-il les soutenir,
16:32les aider,
16:33les regarder,
16:34les comprendre,
16:35et peut-être qu'en les comprenant,
16:36on ira aussi acheter leur production.
16:40C'est ça qui est important.
16:42Très souvent, on les ignore.
16:43Au bout de la rue,
16:44on ne sait pas qu'il y a un cordonnier sensationnel,
16:47on ne sait pas qu'il y a un verrier ou un coutelier,
16:49et il est juste au bout de la rue.
16:51Tous les jours, on passe devant,
16:52mais on ne s'arrête jamais.
16:53C'est vrai qu'on les met en valeur dans les métiers du luxe.
16:56Je sais que le groupe LVMH
16:58essaie de mettre en avant ses métiers d'exception,
17:01mais peut-être que c'est moins le cas
17:04dans d'autres secteurs, effectivement.
17:06On vous a récupéré, Laurent ?
17:08Oui.
17:09Voilà, ça y est, on vous entend mieux.
17:11Voilà, il y a moins de bruit, oui.
17:14Allez-y, on vous écoute.
17:15Est-ce que vous partagez,
17:16on a entendu François dire
17:17que ce n'est pas possible,
17:18les jeunes, ils arrivent,
17:19ils veulent tout de suite 2500 euros,
17:22et ils n'ont pas envie de bosser, quoi ?
17:25Oui, c'est vrai, c'est tout à fait ça.
17:27Et dans les CFO,
17:30avant de leur inculquer ça,
17:32il faudrait déjà bien leur apprendre
17:35les bases du travail
17:36et puis bien leur expliquer
17:38que le jour où on commence,
17:40on commence en bas
17:41et puis après, on monte petit à petit, quoi.
17:43Oui, c'est ce que disait François.
17:45Donc, vous avez l'impression
17:46qu'ils n'ont pas vraiment envie
17:46de jouer le jeu, quoi ?
17:49Oui, ils voudraient être...
17:51ils voudraient être en haut
17:52tout de suite, quoi,
17:54et avoir des gros salaires
17:55et tout, et puis...
17:57Mais bon, derrière,
17:59il faut avoir du travail
18:02qui soit...
18:04Satisfaisant pour vous ?
18:06Oui, voilà.
18:07Vous êtes boulanger artisan,
18:09c'est-à-dire à l'ancienne,
18:11vous levez à 5h du mat'
18:12pour faire vos baguettes,
18:14et est-ce que...
18:16Je suis au boulot
18:17à 3h du matin.
18:20C'est un métier difficile,
18:22mais oui, bravo à vous.
18:23Quel regard vous avez
18:24sur ceux
18:25qui décongèlent la baguette ?
18:27Et c'est vrai qu'on...
18:29Alors, juste petite anecdote,
18:30un jour, j'ai fait un micro-trottoir
18:32et j'avais une petite bannière
18:34de pain
18:35fait par un boulanger incroyable
18:36et à côté du pain
18:37de chez Carrefour.
18:39Et les gens ont préféré
18:40le pain de chez Carrefour.
18:41Oh non, ne dites pas ça.
18:41Ici, parce qu'ils sont habitués
18:43à ce goût-là.
18:43Et dès que vous avez un goût
18:45qui diffère un peu,
18:46qui est le vrai pain...
18:46Ils mettent beaucoup plus de sel
18:47et de sucre.
18:48Évidemment,
18:49ils ne reconnaissent plus
18:50le pain.
18:51C'est une vraie concurrence
18:52pour vous, j'imagine,
18:53en tant qu'artisan,
18:54de se battre aussi là-dessus.
18:56Oui, bien sûr,
18:58les grandes surfaces
18:59ont tout le temps été...
19:00Enfin, depuis...
19:01Depuis moi, je suis venu toujours...
19:03Enfin, j'ai 63 ans.
19:05Et par contre,
19:06notre gros problème
19:07aujourd'hui,
19:08c'est les chaînes.
19:10Oui, oui.
19:12Et ça pousse
19:13à tous les coins de rue.
19:16Et nous, les artisans,
19:18on n'arrive plus
19:18à vendre nos affaires.
19:20Et c'est ça qui est très...
19:21C'est que ça fait reculer
19:22l'artisanat.
19:23En tout cas,
19:24bon, nous,
19:24on continue d'acheter
19:25dans la petite boulangerie
19:26du Duc.
19:27Oui, oui,
19:27vous pouvez m'envoyer un flan,
19:28si vous voulez.
19:28Mais non,
19:29tu vas le payer, Gilles.
19:30Enfin, voyons.
19:31Merci en tout cas, Laurent.
19:33Non, mais quel gourmand.
19:35Merci à vous aussi,
19:36Philippe Huppé.
19:37Je rappelle le nom
19:38de votre livre,
19:39ces métiers qui font
19:41rayonner à la France
19:43aux vos éditions
19:44du CERF.
19:45Merci à vous.
19:45Et dans quelques instants,
19:46on retrouve mes trois débatteurs.
19:48On va parler de cette claque
19:49pour Donald Trump.
19:50Ah bah oui,
19:50la vie chère,
19:51lui aussi,
19:51il la paye.
19:52La vie chère,
19:53on la retrouve aussi
19:54dans les cortèges demain.
19:56Tout le monde se plaint.
19:57Un tiers des Français
19:58qui ont du mal
19:58à payer leur facture
20:00d'énergie.
20:01Et vous,
20:020826
20:03300
20:03300
20:04Emmanuel Galasso
20:05vous attend
20:06comme d'habitude
20:07au Standard.
20:07A tout de suite.