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  • il y a 1 heure
Alexis Laipsker : il a démocratisé le poker à la télévision. Également romancier, il signe des thrillers où il se révèle un maitre du bluff

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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-11-04##

Catégorie

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Personnes
Transcription
00:01Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:04Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:07Le joueur de poker que vous êtes n'a pas besoin d'une carte pour nous rendre visite.
00:12Vous avez fait du bluff un atout, y compris dans vos romans, des thrillers,
00:16où vous parvenez à dérouter vos lecteurs.
00:18Et aujourd'hui, au micro de Sud Radio, vous allez faire l'inverse.
00:21Pendant une heure, votre jeu sera celui de la sincérité.
00:24Bonjour Alexis Lepsker.
00:26Bonjour Jacques Pessis.
00:27Alors Alexis Lepsker, on va évoquer tout à l'heure votre parcours, votre livre,
00:30Le Cercle de Ken, chez Michel Laffont, un thriller étonnant,
00:34un de plus parmi tous ceux que vous avez écrits.
00:36Mais l'écriture de romans s'est arrivée après d'autres choses
00:39et vous avez un parcours tout à fait insolite, comme on les aime dans les clés d'une vie.
00:43Et je trouvais quatre dates se rapportant à ce parcours.
00:47La première, alors ça c'est assez particulier, le 15 juin 1983,
00:51c'est le début de l'aventure familiale qu'on peut évoquer à travers une chanson.
01:01Une chanson Jean-Louis Damadie qui a interprété Serge Réginier au César.
01:06Et pourquoi je parle d'hôtel ?
01:07Parce que c'est ce jour-là que Gilbert et Christian Lepsker créent une société
01:11leur permettant d'exploiter un hôtel de Charing Cross, rue Pasquier, près de la gare Saint-Lazare.
01:16– Vous êtes très très bien renseigné, c'est la première fois qu'on va si loin.
01:19– Voilà, et c'est vrai, c'est vrai.
01:21– Moi je ne dis pas.
01:21– Non mais en même temps, c'est vrai que vos parents ont dirigé plusieurs hôtels à Paris, dont celui
01:26-là.
01:26– Exactement, c'est comme ça qu'ils ont commencé l'aventure hôtelière.
01:28Donc en 1983, moi j'étais trop jeune pour travailler, évidemment, j'étais sur les bancs de l'école.
01:33Mais effectivement, j'ai évolué, on va dire, dans un milieu d'hôteliers.
01:39– Oui, parce que vos parents avaient plusieurs hôtels dans Paris.
01:41Je crois qu'il y avait le relais Saint-Germain.
01:42– Oui, c'est surtout le relais Saint-Germain, en fait, ils ont gardé les deux.
01:45Puis après, pour des raisons de facilité, ils ont vendu le Charing Cross.
01:50Et ils se sont concentrés sur le relais Saint-Germain.
01:52Ils ont eu le relais Médicis et ils ont eu le départ dans d'autres hôtels après.
01:54– Oui, des hôtels où les touristes venaient régulièrement et il fallait les accueillir.
01:58– Oui, absolument.
01:59– Et résultat, au départ, vous étiez destiné à assurer la relève.
02:02– Oui, mes parents comptaient un peu sur moi pour prendre la relève, effectivement.
02:06Et puis, on s'entendait bien avec mes parents.
02:08Donc, travailler ensemble, c'était plutôt agréable.
02:10Je l'ai fait pendant quelques années.
02:11Et pour être tout à fait honnête, ce n'était pas ma voie.
02:13– Alors, votre bois, vous l'avez cherché longtemps.
02:15Ça a commencé par un bac économie, parce que c'était plus facile qu'autre chose.
02:19– Oui, complètement.
02:20J'étais déjà un peu paresseux.
02:22Vous savez, c'est le paresseux qui ne fait que ce qui lui plaît.
02:25Il travaille très dur, mais dans les disciplines qui lui plaisent.
02:28– Je dirais que l'économie, ça ne vous intéressait pas vraiment.
02:30En plus, ce bac, il a été expérimenté en 1966.
02:33Et la première fois qu'il a été officialisé, c'était en 1968.
02:37Donc, tout le monde l'a eu.
02:39Alors, vous allez faire du droit aussi.
02:41Des cours de philosophie de droit, Alexis Lipsker.
02:44– Oui, ce n'est pas ce que j'ai pu faire de mieux dans ma vie.
02:46Mais je voulais être avocat.
02:49Et la réalité m'a un peu rattrapé.
02:51Je pense que je n'étais pas assez assidu au cours.
02:54Et puis, l'enseignement du droit, c'est très lent, très long.
02:57Moi, je voulais entrer dans le vif du sujet tout de suite.
02:59C'est ce qu'on retrouve d'ailleurs dans mes romans.
03:02Comme quoi, ma vie est assez cohérente sur ce point.
03:05C'est que je m'ennuie vite et j'ai besoin d'actions, de concrets, très vite.
03:10– Oui, d'ailleurs, c'est pour ça que vous êtes passé à la comptabilité.
03:12– Oui, alors ça, c'est plus concret, justement.
03:15C'était juste pour être utile à mes parents
03:17et pour leur apporter quelque chose de technique.
03:21Je suis parti aux Etats-Unis pour apprendre l'anglais et l'hôtellerie,
03:26la façon dont les Américains gèrent les hôtels
03:28pour pouvoir avoir une vision différente de celle de mes parents.
03:32Et puis, j'ai effectivement fait de la comptabilité
03:34pour savoir tenir une entreprise.
03:37– Oui, aux Etats-Unis, vous avez travaillé dans un hôtel
03:39et ce n'est pas votre meilleur souvenir.
03:40– Non, ça s'est très, très mal passé.
03:43C'est amusant parce que c'est un hôtel qui a été tenu par la mafia italienne.
03:47– C'est un très bel hôtel, c'était le seul 5 étoiles de New York.
03:52C'est le Mayfair Hotel Bellioni.
03:54Et à un moment, ils étaient paniqués,
03:56ils me demandaient de faire des photocopies en catastrophe
03:59parce que c'était l'IRS, le fisc américain,
04:01qui s'intéressait d'un peu trop près à leur finance.
04:04Et il a fermé.
04:04– Qu'est-ce que vous faisiez là-bas dans cet hôtel ?
04:06– J'étais assistant de direction.
04:07– Donc, c'était vraiment une façon d'apprendre.
04:09Et je pense qu'ils étaient odieux en plus, les patrons.
04:11– Oui, le directeur était vraiment très odieux, limite harcèlement.
04:16– Mais à l'époque, on n'en parlait pas.
04:18Alors, vous avez quand même un projet dans vos jeunes années,
04:20c'est de devenir rockstar, Alexis Lipsker.
04:22– Oui, j'ai dû avorter ce projet assez rapidement,
04:25faute de voix et de talent à la guitare.
04:27– Vous avez quand même appris à signer des autographes en pagaille.
04:31– Oui, ça c'est marrant que vous ayez cette anecdote-là.
04:33Quand j'étais gamin, j'avais peut-être 8 ans,
04:35je m'entraînais à signer des autographes,
04:37comme si ça allait m'arriver, comme si c'était...
04:38Ouais, c'est fou, ouais.
04:40Ça peut paraître très prétentieux, et en même temps,
04:41c'est assez prémonitoire, parce que quelques années plus tard,
04:43j'en ai signé pas mal.
04:44– Oui, je me suis un peu renseigné,
04:46l'autographe qui est aujourd'hui considérée comme le plus cher du monde,
04:48c'est un exemplaire de la Déclaration des droits de la Constitution américaine,
04:52datée de 1689, annotée à la main par George Washington.
04:56Il a été adjugé à 13 millions d'euros aux enchères chez Christie's.
05:00– Les miens veulent un tout petit peu moins aux dernières nouvelles.
05:03– Oui, ça viendra peut-être.
05:04– Mais ça monte, ça monte.
05:05– Alors, vous allez aussi, pour chercher votre voix, si j'ose dire,
05:08partir sur la route à bord d'un 4-4.
05:11– Ouais, je suis très surpris que vous sachiez tout ça.
05:14Ça a été très dur, on a fait 13 000 km en un mois,
05:17avec un 4-4 très capricieux.
05:19Ça a été vraiment une leçon de vie,
05:21parce qu'on était tout seul,
05:23et on était déterminé à aller jusqu'au bout,
05:25alors que tous les éléments étaient contre nous.
05:28Ça m'a appris beaucoup sur l'amitié,
05:31sur la persévérance, sur la pugnacité.
05:35Donc voilà, c'est une très belle école de la vie en un mois.
05:38– Qu'est-ce que c'était ce parcours ?
05:40– C'était un raid, un raid assez dur en Scandinavie.
05:42Donc on allait jusqu'au Cap Nord,
05:45c'est 600 km au nord du cercle polaire arctique,
05:47donc c'est quand même très au nord,
05:49là où il ne fait pas très chaud,
05:50et où il n'y a pas grand monde.
05:52Et voilà, il fallait rejoindre ce point-là,
05:55et revenir, et on l'a fait.
05:58Mais on est revenu dans un état assez déplorable.
06:03– En même temps, ça vous a appris beaucoup de choses ?
06:04– Oui, bien sûr, c'est un grand enseignement, bien sûr.
06:06– Et puis alors vous avez commencé à travailler concrètement,
06:08Alexis Esquerre,
06:10en créant une entreprise de communication en hôtellerie.
06:13– Oui.
06:14– Qu'est-ce que c'était ça ?
06:14– Oui, fort de mon expérience dans l'hôtellerie,
06:17je me suis dit, voilà, il y a un clivage,
06:19il y a l'ordinateur qui arrive,
06:22et beaucoup d'hôteliers de petite capacité
06:25ou de moyenne capacité ont très peur de l'ordinateur,
06:27parce que c'est un appareil qui est nouveau.
06:29Aujourd'hui, ça fait sourire,
06:30mais à l'époque, tout était tenu par des registres.
06:33Et je me suis dit, je vais conseiller les hôtels
06:36qui ont besoin de se faire assister
06:38par une entreprise d'informatique.
06:41Et dans un second temps, il y a l'arrivée d'Internet.
06:43Donc ces deux vagues-là m'ont permis de créer ma société,
06:46puis de bien m'en sortir.
06:48Il n'y a pas eu de troisième vague,
06:49donc il a fallu que je m'oriente différemment.
06:52Et là, je vous attends, vous allez me parler d'un vidéoclub.
06:55– Oui, parce que vous allez un jour au salon de la franchise,
06:57avec votre père.
06:59– Mon père me dit, il faut qu'on trouve une idée,
07:00parce que tu es malin et il faut que tu développes quelque chose.
07:03Et je vois une machine qui distribue des cassettes de vidéos.
07:07Et lui, ça ne lui parle pas du tout.
07:09Il ne peut même pas me conseiller.
07:10Il m'avoue lui-même que c'est passé à la génération.
07:13Et moi, je me dis, mais pourquoi pas ?
07:14Donc je tente le coup.
07:15On est 14 en France à avoir fait ce pari-là,
07:17donc ce n'est pas beaucoup.
07:19Et ça marche, ça marche très très bien.
07:21Du coup, j'ouvre un vidéoclub.
07:22Et c'est le seul vidéoclub du sixième arrondissement à l'époque où je l'ouvre.
07:26Donc la rentabilité, je l'atteins assez vite.
07:29Et je garde cet établissement pendant sept ans.
07:31– Oui, parce qu'à l'époque, c'était un événement,
07:33on allait louer des cassettes dans les vidéoclubs.
07:35– Oui, ça paraît aujourd'hui complètement fou,
07:37mais on allait louer son film et on repartait avec sous le bras.
07:40– On avait un abonnement.
07:41– Oui, exactement.
07:42– Et là, ça a changé votre vie,
07:43parce que même tout le monde venait à voir des films le soir chez soi.
07:46– Oui, oui, c'est ça.
07:47Et puis ça tournait très très bien.
07:48– Alors, le premier film sorti en cassette VHS,
07:52je ne sais pas si vous le savez,
07:53c'est un film sud-coréen, The Young Teacher,
07:56où une jeune enseignante tente d'inspirer ses élèves
07:58et organise un match de volleyball,
08:00ce qui déplaît au directeur de l'école.
08:01Je ne sais pas si vous avez eu ce film.
08:02– Oui, je connaissais évidemment cette information.
08:04– Voilà.
08:05– Vous voyez, c'est un bluff, là.
08:06– Ça ne lui donne pas de doute.
08:08En même temps, vous allez faire un tabac
08:11et puis ça tombe.
08:13Et alors là, vous allez changer complètement d'orientation,
08:15Alexis Lebsker,
08:16et c'est ça qui est étonnant dans votre parcours.
08:18Vous allez ouvrir un restaurant chinois.
08:20– Oui, j'ouvre un restaurant chinois,
08:21mais c'est avec une...
08:23La responsabilité de cette décision revient autant à moi qu'à mon père.
08:28Et se lancer dans l'hôtellerie,
08:29et particulièrement dans l'hôtellerie,
08:31dans la restauration, pardon,
08:32et dans la restauration chinoise.
08:33Quand on n'est pas restaurateur et pas chinois,
08:35c'est une double mauvaise idée.
08:37Donc, j'ai eu énormément d'ennuis avec cette histoire.
08:41Et je l'ai revendue au bout de deux ans.
08:43Enfin, je l'ai converti en boutique de jeu.
08:45– Oui, parce qu'au départ, d'abord, vous ne parliez pas chinois.
08:47Et en plus, vous vouliez moderniser la cuisine chinoise.
08:50– Oui, complètement.
08:50Mais en fait, ça marchait bien.
08:52Ce n'est pas que ça ne marchait pas.
08:53C'est que c'était tellement d'ennuis
08:57avec le personnel que c'était ingérable.
08:59– Pourquoi ?
08:59Parce que, déjà, on dit que certains cuisiniers
09:02peuvent être capricieux.
09:03Mais alors, imaginez quand ils faisaient
09:04un problème de communication avec eux.
09:06– Ils ne parlaient pas français.
09:07– Ils parlaient très, très mal français.
09:08Et moi, je parlais encore moins bien chinois.
09:10Donc, c'était très compliqué.
09:12Et puis, c'est des coutumes et des pratiques très différentes.
09:16– Oui, alors je me suis un peu renseigné aussi.
09:18Les prémices de la cuisine chinoise à Paris,
09:20c'est l'exposition universelle de 1889,
09:23où il y a des immigrés chinois qui viennent
09:26et qui font les premiers pleins chinois en France.
09:29– D'accord.
09:29– Et c'est venu à ce moment-là dans cette exposition.
09:32Alors, effectivement, vous ouvrez une boutique de jeux
09:34qui vend des boîtes de jeux.
09:35Pourquoi cette décision ?
09:36Pourquoi cette envie ?
09:37– J'ai un ami qui cherche depuis pas mal de temps,
09:40peut-être plus d'un an,
09:41à ouvrir une boutique comme ça dans le quartier.
09:43Donc, c'est vraiment quartier latin, si possible.
09:47Et c'est là qu'est mon restaurant.
09:49Et il me dit, je ne trouve pas d'endroit.
09:51Je suis prêt.
09:52Tout est prêt, je peux dégainer demain,
09:54mais je n'ai pas d'endroit.
09:55J'ai dit, ben, tu en as un.
09:57Et ça s'est fait en une soirée.
09:58On a décidé, il m'a dit, tu iras, tu rigoles.
10:00Je lui dis, non, non, j'en ai marre du restaurant.
10:02On convertit tout.
10:04J'ai licencié tout le monde.
10:06Je n'ai pas eu de prud'homme,
10:07donc c'est pour qu'ils ont été bien traités.
10:09Mais on a converti en quelques semaines
10:13le restaurant au magasin de jeux.
10:14– Et qu'est-ce que vous faisiez dans cette boutique ?
10:16– On me vendait des cartes à jouer,
10:19des jeux de stratégie,
10:20beaucoup de jeux, ce qu'on appelle les jeux allemands,
10:21parce que ce sont des allemands
10:23qui sont très, très forts là-dedans.
10:26Des jeux de rôle, voilà.
10:27– Et puis il y avait des cartes à collectionner aussi.
10:29– Il y avait des cartes à collectionner, oui.
10:30Et puis c'est là que j'ai mis le doigt
10:32dans l'engrenage poker.
10:34– Oui, parce qu'à l'époque,
10:36aujourd'hui, les cartes à collectionner
10:37comme Pokémon, on en a partout,
10:39à l'époque, c'était tout à fait nouveau.
10:40– Oui, c'était un phénomène tout à fait nouveau,
10:42vous avez raison de le dire.
10:44Le leaser sur le marché,
10:45ce n'est pas celui qui est le plus connu du grand public,
10:47c'est Magic,
10:48qui est un jeu vraiment assez remarquable.
10:51Un jeu de compétition et de duel de face à face.
10:55Et ça aussi, c'est une belle réussite
10:57de la part des gens qui ont créé ce jeu.
10:59– Et puis alors, il y a une information
11:00que j'ai recueillie,
11:01mais je ne sais pas si elle est vraie,
11:02vous auriez sauvé une fillette de la noyade.
11:04– Oui, c'est vrai, oui.
11:06– Qu'est-ce que c'est que l'histoire ?
11:07– J'habitais sur un bateau,
11:08j'habitais sur la péniche de Gilbert Bécaud,
11:10pour tout vous dire, à Boulogne.
11:12Et un jour, j'entends des cris d'enfant
11:14et je décide de voir ce qui se passe
11:16et je vois une petite fille qui se noie.
11:18Donc j'ai plongé pour aller la sauver.
11:21– Et vous avez eu une médaille ?
11:22– Oui, j'ai eu une médaille.
11:24Les policiers sur le...
11:26Donc moi, je s'étais trompé,
11:27j'étais dégoulinant, je toussais,
11:28je vomissais de l'eau
11:29et les policiers me disent
11:30« Donnez-nous vos coordonnées
11:31pour qu'on vous donne une médaille ».
11:32Je dis « Écoutez, franchement, la médaille... »
11:34Et ils m'ont dit,
11:35c'est ce qui m'a convaincu,
11:36ils m'ont dit
11:36« Monsieur, il y a deux Français sur trois
11:38qui ne l'auraient pas fait,
11:39ce que vous avez fait.
11:40Donc la médaille, c'est pour encourager
11:42les autres à le faire. »
11:43Je me dis « Bon, ben ok ».
11:45Donc après, j'étais très fier
11:46d'avoir une médaille,
11:47il ne faut pas...
11:47Mais ce n'était pas
11:49ma première préoccupation.
11:50– Et il y a eu d'autres choses
11:51et on va évoquer une autre date
11:53dans votre parcours,
11:54le 12 janvier 2014.
11:55À tout de suite sur Sud Radio
11:57avec Alexis Lepsker.
11:59– Sud Radio, les clés d'une vie,
12:01Jacques Pessis.
12:02– Sud Radio, les clés d'une vie,
12:03mon invité Alexis Lepsker
12:05pour ce livre,
12:06Le Cercle de Cairne,
12:07un thriller absolument passionnant
12:09qu'on va évoquer tout à l'heure
12:10et qui a déjà passionné
12:11beaucoup de gens
12:12chez Michel Laffont.
12:13On évoque votre parcours
12:14tout à fait particulier,
12:15les débuts ont été étonnants.
12:17Et le 12 janvier 2014,
12:19c'est votre première thé
12:20dans cette émission.
12:21– Vous soyez pour la première fois
12:25à la télé dans Stade 2
12:26et vous évoquez
12:27ce que Charles Aznavour a chanté.
12:29– Dans une salle enfumée,
12:30nous nous sommes installés
12:31autour d'une table de poker.
12:34On a enlevé nos vestons,
12:36commandé force...
12:37– Vous connaissez cette chanson
12:37de Charles Aznavour-Pocker ?
12:38– Oui, oui, oui.
12:39– Il se trouve que ce jour-là,
12:40dans Stade 2,
12:41il y a un reportage
12:42sur un grand tournoi de poker
12:43à vocation caritative
12:46avec Nadal, Ronaldo et d'autres.
12:47Et le journaliste explique
12:49que le poker en ligne ou en salle
12:51passionne beaucoup
12:51le sportif de haut niveau.
12:52Et vous êtes interviewé
12:54dans cette émission.
12:54Vous vous en souvenez ?
12:55– Non.
12:55– Voilà.
12:56C'est vos débuts.
12:57Vous avez une longue interview
12:58en tant que consultant
12:59pour Pokerstar.
13:00– Oui, c'est un métier
13:01que j'ai pratiqué pendant 7 ans.
13:03J'étais directeur de la communication
13:05et porte-parole
13:05de ce qui était
13:06le plus grand site de poker au monde.
13:08– Voilà.
13:08Il se trouve que le nom du poker,
13:10d'ailleurs, je me suis un peu renseigné,
13:11vous le savez sans doute mieux que moi,
13:13ça vient de l'allemand.
13:14Poker, frappé.
13:15Et c'est pratiqué
13:16depuis le 15e siècle en Allemagne.
13:18Et il y a eu le POC
13:20au 18e siècle en France
13:22qui est la base du poker.
13:23– C'est l'ancêtre français du poker, oui.
13:25– Voilà.
13:25Alors, avant de jouer au poker,
13:26je crois que vous jouez au G-Sheck.
13:28– Oui, je me suis...
13:30J'ai toujours été intéressé
13:31par les jeux de stratégie,
13:32les jeux où il y a une profondeur
13:33de réflexion.
13:33Donc, effectivement,
13:34les échecs en font partie.
13:37Et je jouais contre moi-même,
13:38je jouais avec un jeu électronique Kasparov,
13:42etc.
13:42Donc, j'étais vraiment à fond.
13:43Et un jour, j'ai arrêté.
13:45– Pourquoi ?
13:45– J'ai arrêté du jour au lendemain
13:46parce que je me rendais compte
13:47que je prenais de moins en moins de plaisir.
13:48J'apprenais toutes les ouvertures par cœur,
13:50j'apprenais le développement
13:52du milieu de partie, etc.
13:53Et je me disais,
13:54je reproduis des choses
13:56que les autres m'enseignent
13:58plutôt que de réfléchir par moi-même.
14:00Et donc, ça ne m'intéresse pas.
14:01Et je n'ai pas franchi ce cap
14:03où, évidemment,
14:03on devient bien meilleur
14:04et où la stratégie
14:06et la réflexion reprennent le dessus.
14:08Mais ça a été un peu
14:09une déception pour moi
14:10à ce stade-là.
14:11– Je sais qu'en 1999,
14:13il y a eu le match du siècle
14:14où Garry Kasparov
14:15a joué une partie géante sur Internet
14:17contre plus de 50 000 personnes
14:19dans 75 pays.
14:20Vous vous souvenez peut-être
14:20de cette partie ?
14:21– Non.
14:21– En fait, les coups
14:23étaient décidés à la majorité
14:25et Kasparov a gagné
14:26au 62e coup.
14:27– OK.
14:28– Et il y a une série télévisée
14:29« Le jeu de la dame »
14:30– Le jeu de la dame, oui, bien sûr.
14:31– « Le jeu de la dame »,
14:31qui est inspiré d'ailleurs
14:32des coups de Kasparov
14:33qui est une série fabuleuse
14:35quand on aime les échecs.
14:36Alors, finalement,
14:37le poker est venu
14:38et le poker s'est venu
14:39comme ça directement
14:40et petit à petit.
14:41– C'est venu
14:42quand j'ai ouvert
14:42la boutique de jeux.
14:43Évidemment, je fréquentais
14:44des clients qui étaient joueurs
14:46et on a sympathisé
14:47avec certains
14:48et on organisait
14:48des parties de poker.
14:50Une fois que le magasin
14:51était fermé,
14:52on tirait le volet métallique
14:54et on se lançait
14:55dans les parties de poker.
14:56Au début,
14:57on avait du mal
14:57à faire une partie par mois
14:59et puis après,
14:59on faisait facilement
15:00deux parties par semaine.
15:01– Carrément.
15:01– Ça s'est très vite organisé
15:03et c'était des gens
15:04qui étaient plutôt malins
15:04parce qu'ils étaient habitués
15:05aux jeux de stratégie
15:06qui parlaient bien anglais
15:07donc ils pouvaient faire venir
15:08du contenu pédagogique
15:10des États-Unis.
15:11Il n'y avait rien en France
15:11du tout.
15:12Ce qui fait qu'on était très forts,
15:13on était complètement mauvais
15:15mais par rapport
15:16à tous les autres Français
15:17qui étaient complètement nuls
15:17et qui découvraient le jeu.
15:18Donc on avait un temps d'avance
15:19en fait.
15:20– Oui, parce que le poker
15:22finalement,
15:22il est né au temps de la rue
15:23et vers l'heure aux États-Unis
15:24mais sa légalisation,
15:25c'est le début du XXe siècle
15:27et puis c'est à Las Vegas
15:28que ça a vraiment commencé.
15:30– Oui, oui, oui.
15:30Les championnats du monde
15:31sont installés à Las Vegas
15:32dans les années 70,
15:33aux années 70.
15:34– Le premier vainqueur
15:35s'appelait Johnny Moss
15:36qu'on a un peu oublié aujourd'hui.
15:38Donc les premières parties
15:39ne sont pas au niveau
15:39que vous avez aujourd'hui.
15:40Vous apprenez petit à petit
15:41Alexis Lepsker.
15:42– Oui, comme tout.
15:43C'est une discipline
15:44qui est assez complexe
15:46et puis c'est un jeu
15:47qui a, comme je dis,
15:47une profondeur de réflexion
15:49incroyable.
15:50– C'est-à-dire ?
15:50– C'est un jeu
15:50qui n'est pas encore résolu.
15:51La machine ne sait pas encore
15:53vraiment comment gagner
15:54à coup sûr
15:55contre un adversaire.
15:56Elle peut donner
15:57le coup le mieux joué
16:00mathématiquement
16:00mais elle ne peut pas
16:01résoudre complètement le jeu.
16:03– C'est-à-dire qu'il y a
16:03des règles psychologiques
16:04à respecter ?
16:05– Oui, psychologiques
16:06puis tout simplement techniques.
16:07– C'est-à-dire ?
16:08– Il y a tout un tas
16:09de choses à faire
16:10dans certaines situations
16:11qui rendent la décision
16:12optimale ou pas.
16:13– Voilà, mais ça
16:14dans ces cas-là
16:14c'est des années de travail
16:15pour y penser.
16:16– C'est des années de travail
16:17et c'est un travail acharné
16:18ça s'appelle le GTO
16:19Game Theory Optimale
16:20et ça veut dire
16:22qu'il faut connaître
16:23les coûts
16:24la réponse à chaque coup
16:25par cœur
16:26en fonction de tous les paramètres.
16:27– Les paramètres sont immenses
16:29puisqu'on ne sait pas
16:29quel carton on a.
16:30– C'est ça, c'est ça.
16:33C'est exactement ça
16:34que je fais allusion
16:35quand je dis
16:36que la profondeur de réflexion
16:37est presque infinie.
16:38– Moi je me souviens
16:39au lycée
16:40après 1968
16:41il y avait au lycée
16:42où j'étais à un foyer
16:43de socio-culturel
16:44et il y avait des parties
16:45de poker qui étaient organisées
16:46avec beaucoup d'argent parfois.
16:47– Oui.
16:48– Car finalement
16:48le poker c'est un jeu
16:50où il y a beaucoup
16:50de risques financiers.
16:52– Oui, ça part comme ça.
16:53C'est un jeu
16:54qui n'a de sens
16:55que si on met
16:56un petit peu d'argent
16:57sur la table.
16:57Si on se met
16:58un tout petit peu en danger.
16:59En danger raisonnablement
17:00mais si on risque son argent.
17:01s'il n'y a pas de risques
17:03il n'y a pas de bluff
17:03s'il n'y a pas de bluff
17:04il n'y a pas de poker.
17:04– En même temps
17:05le poker est un jeu
17:07où on risque
17:07de perdre tout son argent.
17:09– Si on engage
17:10tout son argent
17:11on risque de tout perdre
17:12oui il faut être très raisonnable
17:13c'est une des règles
17:14de base du poker
17:15c'est que premièrement
17:17vous ne devez pas manquer
17:18l'argent que vous perdez
17:19ne doit pas vous manquer
17:19à la fin du mois
17:20et deuxièmement
17:21l'argent que vous jouez
17:22au poker
17:22vous devez le considérer
17:23comme perdu.
17:24Ce n'est plus votre argent.
17:26Si vous respectez
17:27ces deux règles-là
17:27a priori
17:28ça peut bien se passer.
17:29– Moi je me souviens
17:30de Philippe Bouvard
17:30qui le lundi soir
17:32recevait ses chemis
17:33chez lui
17:33pour des parties de poker
17:34qui n'en finissaient pas.
17:35– Oui il était réputé
17:36pour ça.
17:36– Et qui se termine
17:37avec quelquefois
17:38beaucoup d'argent
17:39gagné ou perdu.
17:39– C'est Patrick Partouche
17:40qui disait
17:41le seul moyen
17:41de sortir millionnaire
17:42d'un casino
17:43c'est de rentrer milliardaire.
17:44– Exactement
17:45c'est une belle phrase.
17:47Alors vous commencez
17:48vous ne savez pas au départ
17:48ce que le poker
17:50va avoir d'importance
17:51dans votre vie.
17:52– Oui complètement
17:53moi je suis emporté
17:55par le jeu
17:55parce que j'adore ce jeu
17:58une grande marge de progression
18:01je commence à voir
18:02qu'il y a une grosse
18:04un gros moteur
18:05de réflexion
18:06dans ce jeu
18:08mais très vite
18:09je me dis
18:11c'est pas le jeu
18:12qui va rapporter
18:12le plus d'argent
18:13c'est l'industrie.
18:14Je vois qu'il va y avoir
18:15une industrie énorme
18:16qui est en train de naître
18:17qui n'est pas encore sortie
18:19et je me dis
18:20il faut que j'y sois.
18:21Il faut que je sois
18:22au tout début
18:23parce que je vois
18:24la vague arriver
18:25alors que ça frémit seulement.
18:27– Mais comment vous avez
18:28vu cette vague arriver ?
18:29– Présentiment
18:30le jeu est trop bon
18:31pour que ça passe à côté.
18:32– Mais à l'époque
18:33il existait depuis longtemps
18:33quand même
18:34– Oui mais il n'était
18:35pas du tout médiatisé
18:36et je voyais que là
18:36il y avait les outils
18:37il y avait deux outils
18:38qui étaient très importants
18:39c'est la médiatisation
18:39par l'arrivée de la télé
18:41et l'accessibilité
18:42par la voix du poker
18:43sur internet.
18:44Donc là c'était
18:45le
18:46le
18:46le
18:48les deux conditions
18:49pour que ça devienne
18:50énorme
18:50mais c'est ce qui s'est passé.
18:51– Et puis alors
18:52le destin s'en mêle
18:53car on vous propose
18:54de travailler
18:54pour un magazine
18:55qui se crée
18:55de poker.
18:56– Oui exactement
18:57– Comment s'est arrivé ça ?
18:58– Complètement par hasard
18:59lors d'une démonstration
19:00de poker
19:00il y a deux types
19:01qui viennent me voir
19:02et qui me disent
19:02voilà nous on connaît
19:03bien les magazines
19:03mais on ne connaît pas
19:04le poker
19:05il nous faut quelqu'un
19:05qui soit pro
19:07et qui soit capable
19:08de nous dire
19:08là où on se trompe
19:09et nous conseiller.
19:10Et puis finalement
19:11c'est bien entendu
19:11je me suis beaucoup plus
19:12impliqué dans le projet
19:13et on a travaillé ensemble
19:14pendant un peu plus
19:15de trois ans
19:15je crois trois ans et demi.
19:16– Vous avez fait un travail
19:17de rédacteur en chef
19:18alors qu'au départ
19:18vous n'étiez pas journaliste.
19:19– Non.
19:20– Mais en fait
19:20si vous voyez mon parcours
19:22je n'ai fait que des métiers
19:24pour lesquels
19:24je n'étais pas formé
19:26et je ne m'en suis pas
19:26trop mal sorti.
19:28– Alors ces jeux de poker
19:29j'en ai vu quelques exemplaires
19:30sur internet
19:30avec Sylip Sker
19:31il y a des interviews
19:32des conseils
19:33des conseils même
19:34face au fisc
19:35avec les grands gars
19:36– Oui oui bien sûr
19:37et puis alors
19:38ça fait partie des sujets
19:40que les gens attendent de nous.
19:43– C'est-à-dire que
19:44les joueurs de poker
19:45n'avaient pas de magazine
19:46il n'y avait rien ?
19:46– Il y avait des magazines
19:48mais ils étaient très peu lus
19:49et ça s'est multiplié
19:51avec l'arrivée
19:53de la démocratisation
19:54du poker.
19:55– C'est-à-dire que
19:55les joueurs ont dit
19:56on investit dans le poker
19:58on va investir aussi
19:59pour acheter les magazines ?
20:00– Ce n'était pas
20:00la dépense la plus importante
20:01je peux vous assurer.
20:03– Et ça marche tellement bien
20:04que ce premier journal
20:05va donner des petits ?
20:06– Oui j'en ai dirigé
20:07jusqu'à six.
20:08– Comment ça se fait ?
20:09– Il y avait un gros marché
20:10il fallait répondre
20:11à une grosse demande
20:12donc voilà
20:13c'était très ambitieux
20:14mais ça a fonctionné
20:15pendant quelques années.
20:16– Mais pour quel public ?
20:17– Public très spécialisé.
20:19– Public très spécialisé
20:20mais qui était en constante hausse
20:23depuis 2008-2009
20:25et ça a explosé en 2010.
20:27– Mais c'était des hommes
20:29des jeunes ?
20:30– Essentiellement des hommes
20:31assez jeunes ouais.
20:32– Qui voulaient,
20:33qui aimaient le poker
20:34et qui ne craignaient pas
20:35d'investir.
20:36– Ou qui craignaient
20:37d'investir
20:37mais qui jouaient quand même.
20:38– Vous avez finalement
20:39participé à ce qu'on appelle
20:40la démocratisation du poker ?
20:42– Absolument.
20:43– Et vous l'imaginez au début ?
20:45– Pas du tout
20:46mais vous savez ma vie
20:47j'aurais eu beaucoup de mal
20:48à l'imaginer.
20:49C'est un parcours assez étonnant.
20:52– Dans les magazines
20:53il y avait un magazine gratuit
20:54City Poker.
20:55– City Poker.
20:56– Qu'est-ce que c'était ?
20:57– Comme vous avez dit
20:58c'était un magazine
20:59qui était distribué
20:59à la sortie du métro
21:00et qui ne parlait que de poker.
21:03– Et en même temps
21:03il fallait trouver des annonceurs
21:04il fallait que ces journaux
21:05soient rentables.
21:06– Oui mais je vous dirais
21:07que c'était peut-être
21:08pas mon problème
21:09moi j'écrivais le contenu.
21:10– Mais là aussi
21:11vous avez appris à écrire
21:13ce qui n'était pas évident
21:14au départ.
21:14– Oui c'est vrai c'est vrai.
21:15– C'était l'œuvre d'écriture.
21:16Vous n'aviez jamais écrit ?
21:17– Non je n'avais jamais écrit avant.
21:19– Alors en plus
21:20pour des tas de gens
21:21l'image du poker
21:22c'est un tripot.
21:23– Oui l'image du poker
21:24c'est un tripot
21:24je pense avoir
21:25j'espère avoir contribué
21:27à changer un peu
21:27l'image de ce jeu
21:29en lui donnant
21:30ses lettres de noblesse
21:32qui sont
21:32en passant par le sport
21:34c'est les valeurs du
21:35on a vraiment essayé
21:36d'adopter les valeurs du sport
21:37en sponsorisant des gens
21:38comme Sébastien Chabal
21:39qui a le mon fils
21:40Ronaldo etc
21:41et de montrer
21:42que c'est une compétition
21:43et que si
21:44on maîtrise bien
21:45à la base
21:46les dépenses
21:47l'investissement financier
21:48c'est juste une compétition
21:49presque psychologique
21:51entre
21:529 ou 10
21:53bonshommes à la table
21:54– Alors ça a commencé
21:56par les journaux
21:56et ça a continué autrement
21:57et on va évoquer
21:58une autre date
21:59dans votre parcours
21:59le 25 octobre 2010
22:01à tout de suite
22:02sur Sud Radio
22:02avec Alexis Lepsker
22:04– Sud Radio
22:05les clés d'une vie
22:06Jacques Pessis
22:07– Sud Radio
22:08les clés d'une vie
22:08mon invité
22:09Alexis Lepsker
22:10nous parlerons tout à l'heure
22:11du cercle de Ken
22:12et de votre carrière d'écrivain
22:14le cercle de Ken
22:15qui est paru
22:15chez Michel Laffont
22:16et qui est un thriller étonnant
22:18qu'on ne peut pas lâcher
22:19de début à la fin
22:19on va en reparler
22:20on a évoqué
22:22les débuts de votre parcours
22:22et puis cette passion du poker
22:24et le 25 octobre 2010
22:26c'est la première
22:27d'une émission
22:27de télé-réalité
22:28pas comme les autres
22:29– Alors la télé-réalité
22:35il y en a eu beaucoup
22:36mais la maison du bluff
22:37ça a été
22:37la télé-réalité du poker
22:39– Ouais c'est ça
22:40c'était la starac
22:41adaptée au poker
22:42– Qu'est-ce qui se passait ?
22:44On jouait
22:44et on avait des corvées
22:46– Non pas vraiment
22:46c'est qu'on jouait
22:47et on avait
22:48des privilèges surtout
22:50et pour rester
22:51dans l'aventure
22:52il fallait se défendre
22:53à la table de poker
22:54il ne fallait pas être éliminé
22:55et il y avait des éliminés
22:56toutes les semaines
22:56– Et en même temps
22:57c'était des parties
22:58tout à fait classiques
23:00mais qu'il fallait suivre
23:02et dans lesquelles
23:02vous interveniez
23:03comme commentateur
23:04– J'étais à la fois
23:05directeur de la maison du bluff
23:06ce qui m'a valu
23:07le surnom de directeur
23:08pendant des années
23:09ça m'a collé à la beau
23:11c'était plutôt agréable
23:11et j'étais commentateur
23:13des parties de poker
23:13effectivement
23:14– Et alors
23:15il y a la première saison
23:16qui est diffusée
23:18sur Energy 12
23:19pendant 6 semaines
23:19et il va y avoir
23:20plusieurs autres saisons
23:21la première a été tournée
23:22à Marrakech
23:23– Oui
23:24elle a été précédée
23:25d'une autre émission
23:26qui s'appelait
23:27Poker Mission Caraïbes
23:28qui était tournée
23:28dans les Caraïbes
23:29comme son nom l'intique
23:29– Mais oui
23:32Marrakech
23:32ensuite ça a été
23:34l'Espagne je crois
23:35– L'Espagne et le Portugal
23:36– L'Espagne et le Portugal
23:37– Et pourquoi justement
23:38aller dans ces pays
23:38pour tourner ?
23:39– Alors je pourrais vous dire
23:40que ce sont des destinations
23:41de rêves exceptionnelles
23:42etc.
23:43Mais il y avait quand même
23:44une raison légale
23:45on n'avait pas le droit
23:45de jouer en France
23:46– Ah bon ?
23:46– Non
23:46parce qu'on jouait
23:47de l'argent
23:50enfin on jouait de l'argent
23:51il y avait un intérêt financier
23:52c'était des jeux de hasard
23:53donc pratiques de jeux de hasard
23:54et strictement réglementées
23:56en France
23:56– Mais ça a changé depuis non ?
23:58– Non non non
23:59on n'a toujours pas le droit
24:00de tenir une maison
24:01de jeu librement
24:02– Et effectivement
24:04pour la télévision
24:05c'est encore pire
24:05– Ah bah c'est encore pire
24:06là on montre
24:07ce qui est interdit
24:07donc il fallait trouver
24:09des spots à l'étranger
24:10et bon c'était
24:11des destinations
24:12vraiment sympathiques
24:13– Oui mais ça ne repêchait pas
24:14de diffuser l'émission
24:14en France
24:15– Ah non !
24:16– C'est tourné à l'étranger
24:19donc c'est tout à fait légal
24:20– Alors tout ça
24:21est inspiré
24:21d'une variante du poker
24:22qui s'appelle
24:23le Texas Hold'em
24:24– Oui
24:25– Qu'est-ce que c'est ?
24:25– C'est un poker
24:26à deux cartes
24:27où chaque joueur
24:27reçoit deux cartes
24:28et joue avec cinq cartes communes
24:29enfin jusqu'à cinq cartes communes
24:31c'est le poker
24:32le plus joué dans le monde
24:35c'est le poker
24:36qui est pratiqué
24:37pour les championnats du monde
24:38le main event
24:39des World Series
24:39à Las Vegas
24:40et c'est celui
24:41qui est le plus télévisuel
24:42– Oui parce qu'aujourd'hui
24:43on voit plein
24:44sur les chaînes de télévision
24:46plein de parties de poker
24:47à Las Vegas
24:48c'est devenu quelque chose
24:49de presque de banal
24:50– Banal je ne sais pas
24:51parce que ça reste
24:52quand même une grande fête
24:53et puis pour connaître
24:55de très bien
24:56notamment l'organisateur
24:57des World Series
24:57qui est français
24:59on peut le saluer
25:00quand même l'exploit
25:00d'un français
25:01aux Etats-Unis
25:01sur leur terrain
25:03ça s'est quand même
25:04considérablement développé
25:05et maintenant
25:05c'est devenu
25:06une véritable industrie
25:07à part entière
25:08– C'est-à-dire ?
25:09– C'est-à-dire qu'il y a
25:10plusieurs milliers de joueurs
25:12le main event
25:13des championnats du monde
25:14il y a plus de 6000 joueurs
25:16il y en avait
25:16quelques centaines
25:17au début
25:18sans parler de la création
25:19même où ils étaient
25:19une poignée
25:20mais pendant des années
25:21ils n'étaient que
25:21quelques centaines
25:22– Vous êtes allé là-bas ?
25:23– J'ai été là-bas
25:24je me suis marié là-bas
25:25– Voilà en plus
25:26mais en même temps
25:27c'est vrai que c'est
25:28des moments tout à fait
25:29particuliers
25:29avec des joueurs
25:30qui portent des lunettes
25:32tout est possible
25:33– Oui tout est possible
25:34puis il y a un vocabulaire
25:35qui est celui du droit
25:36ou de la médecine
25:37c'est des
25:39dès qu'on rentre
25:40dans quelque chose
25:40de très technique
25:41il y a un vocabulaire
25:41très riche
25:44donc on a des pages
25:45et des pages
25:45de vocabulaire
25:46ça peut être assez déroutant
25:48pour les novices
25:48– On a l'impression
25:50que le poker
25:50c'est un jeu de hasard
25:51et qu'il faut avoir
25:52les bonnes cartes
25:53pas du tout
25:53– Il faut quand même
25:55avoir un petit peu de chance
25:55on ne va pas se mentir
25:57néanmoins
25:58c'est un jeu technique
25:58le but du très bon joueur
26:00c'est de réduire
26:01la part de chance
26:01au maximum
26:02pour que sa technique
26:04puisse prendre le pas
26:04quand on parle
26:05de chance du débutant
26:06c'est parce que
26:06le débutant
26:07il n'a que ça
26:07pour gagner
26:08évidemment
26:08il ne peut pas
26:09gagner autrement
26:09puisqu'il est débutant
26:10donc il n'a que la chance
26:11et évidemment
26:12quand il gagne
26:12c'est un coup de chance
26:14donc on le remarque
26:15mais le bon joueur
26:16va éviter ce genre
26:17de situation
26:17où il se met
26:18en danger
26:20au hasard
26:21– Oui
26:22et c'est ce que vous faites
26:23depuis des années
26:23– C'est ce que j'essaie
26:24de faire depuis des années
26:25– Alors il se trouve
26:26que quand j'en reviens
26:27à la maison du bluff
26:28ce qui était étonnant
26:29c'est que des personnalités
26:30sont venues
26:30dans cette émission
26:31ce qui était une première
26:32à la télévision
26:32– Oui oui oui
26:33et puis des personnalités
26:34assez importantes
26:34on a eu un beau casting
26:36d'année en année
26:37et ça a permis
26:38de populariser aussi
26:39et l'émission
26:40et le poker en général
26:41– Vous avez choisi
26:42comme joueur de poker
26:43– Comment ?
26:44– Ils étaient joueurs
26:45de poker au départ
26:45– Pas tous non
26:46pas forcément
26:47Philippe Candeloro
26:48il ne savait pas tenir
26:48une paire de
26:49enfin il ne savait pas
26:50tenir de cartes en main
26:51mais petit à petit
26:52ils s'y sont mis
26:54et bon ça a été
26:55ils se sont débrouillés
26:57comme ils pouvaient
26:57– Il y a eu Sébastien Chabal
26:59– Oui
26:59lui il était joueur
27:00– Ronaldo
27:01– Ronaldo
27:02les deux Ronaldo
27:04R9 et CR7
27:05– C'est fou
27:06il est joué au poker
27:08– Il est joué au poker
27:09tous les deux
27:09et tous les deux
27:09étaient intéressés
27:10par le poker
27:11– Et avec une technique
27:12aussi très particulière
27:14il faut connaître
27:14– Non
27:15ce ne sont pas des gens
27:16qui ont fait
27:18enfin ils ne sont pas connus
27:19pour leur réussite au poker
27:20on va dire
27:20mais c'est très difficile
27:22quand on est très très bon
27:23dans un domaine
27:24en l'occurrence le foot
27:25de pouvoir briller
27:26dans un autre
27:27c'est des compétences
27:29complètement différentes
27:30donc ce n'est pas évident
27:30mais en l'occurrence
27:31eux deux
27:32n'étaient pas ridicules du tout
27:33ils s'en sortaient plutôt pas mal
27:34– Et puis il y a beaucoup de femmes
27:36dans le poker
27:36beaucoup plus qu'on ne l'imagine
27:38– Non il n'y en a pas beaucoup
27:39quand même
27:40on les met beaucoup en avant
27:41mais dès que ça devient
27:43dès que ça devient cher
27:44les femmes ne jouent pas
27:46mais c'est pas du tout
27:48on a du mal à expliquer ça
27:50je crois que c'est
27:51les femmes n'aiment pas
27:52ce style de rivalité
27:53où on met de l'argent
27:54sur la table
27:55je ne crois pas
27:55que ce soit très féminin
27:57mais ça ne veut pas dire
27:58que certaines femmes
27:58ne sont pas fortes
28:00il y a certaines femmes
28:01qui sont très très fortes
28:02mais elles sont peu nombreuses
28:03– Caroline Receveur
28:05qui a présenté aussi
28:06l'émission avec vous
28:06a joué au poker
28:07– Oui elle était passionnée
28:08de poker
28:09et elle a co-présenté
28:11l'émission avec moi
28:12pendant deux ans je crois
28:13avant d'être candidate
28:15– En même temps
28:15présenter une émission
28:16de ce genre
28:17c'est encore une nouvelle
28:17activité pour vous
28:18c'était complètement neuf
28:20pour moi
28:20on m'a confié
28:21les clés de ce bazar-là
28:23alors que je n'avais jamais
28:24fait d'émission de télé
28:24– Comment vous vous êtes débrouillé ?
28:25– Je ne dormais pas de la nuit
28:27j'étais anxieux
28:28et comme vous
28:28je travaillais
28:29j'ai préparé
28:31et avec le travail
28:32on arrive quand même
28:32à se sortir de pas mal
28:33de situations
28:33– En même temps
28:35c'est une expérience
28:36vous connaissiez le sujet
28:37comme un commentateur de foot
28:38– Oui mais vous savez
28:40pouvoir parler du sujet
28:42qu'on aime devant une caméra
28:43où on sait qu'il va y avoir
28:44plusieurs centaines
28:44de milliers de personnes
28:45qui regardent
28:46c'est pas tout à fait
28:48la même chose
28:48– Et j'en reviens
28:49à Pokerstar
28:50qu'on a évoqué tout à l'heure
28:51la direction de la communication
28:52là aussi
28:54vous passez
28:54de la rédaction en chef
28:55à la direction de la communication
28:57– Oui oui oui
28:58et puis en un coup de fil
28:59ça se décide
29:00et puis ce qui est étonnant
29:01c'est que j'ai appris
29:02après
29:02qu'il y avait
29:04enfin j'ai appris
29:05le nombre de personnes
29:06et le CV des personnes
29:07qui ont défilé
29:08pour postuler
29:08à ce poste-là
29:11et savoir que
29:12je leur étais passé devant
29:12était quand même
29:13vraiment très gratifiant
29:14parce que c'était des gens
29:14qui avaient des très très gros CV
29:16et de belles références
29:17– Et ça consistait en quoi
29:19ce travail ?
29:19– C'était compliqué
29:20il a fallu lancer
29:21l'ouverture du marché
29:22puisqu'en 2010
29:24le poker devient légal
29:25en France
29:25on peut désormais communiquer
29:26sur ce sujet
29:29à partir du moment
29:29où on a une licence
29:30qui était le cas
29:30de PokerStars
29:31et puis il fallait gérer
29:32un budget
29:32de plus de 10 millions d'euros
29:34il fallait gérer
29:35des people
29:35il fallait gérer
29:37les achats de pubs
29:38la communication
29:39l'envoi des communiqués
29:42de presse
29:42la gestion des pubs télé
29:43c'était quand même
29:44des responsabilités
29:45assez lourdes
29:45– Mais le poker en ligne
29:47est devenu une addiction
29:48pour quelques-uns d'entre nous ?
29:49– Toujours
29:49il y a toujours
29:51des gens
29:52qui ont une pratique excessive
29:53et justement
29:54ça faisait partie
29:55de mes prérogatives
29:56de mettre en garde
29:57les gens
29:57contre ces excès-là
29:59– Oui parce que
29:59l'addiction
30:00c'est quelque chose
30:01de courant dans le poker
30:02une fois qu'on a commencé
30:02on ne peut plus en sortir
30:03– On peut en sortir
30:05heureusement
30:05mais c'est vrai
30:06que c'est dangereux
30:08il peut y avoir
30:09un problème d'addiction
30:09il faut être très vigilant
30:10– On peut se faire interdire
30:12de casino
30:12mais on ne peut pas se faire interdire
30:13de table de poker
30:14– On peut se faire interdire
30:15alors des tables clandestines
30:16évidemment non
30:16mais on peut se faire interdire
30:17sur internet
30:18et en casino live
30:19– Ah quand même
30:20– Oui
30:20– Alors il se trouve aussi
30:21Alexis Lipsker
30:22que Canal était
30:23la première chaîne
30:24à diffuser
30:24le World Podcast Tour
30:26et c'est vrai
30:27que beaucoup de gens
30:28ont découvert ce jeu
30:29grâce à la télévision
30:30grâce à vous
30:30et grâce à quelques autres
30:31– Oui
30:32Patrick Bouel aussi
30:33qui a commencé
30:35sur Canal
30:35et puis
30:36j'ai pris le relais
30:38sur une dizaine
30:39de chaînes
30:39de télés différentes
30:41ce qui m'a valu
30:42d'ailleurs une enquête
30:44de l'autorité
30:46de l'audiovisuel
30:47qui se demandait
30:48comment ça se fait
30:48qu'un seul bonhomme
30:49pouvait être sur autant
30:50de chaînes
30:50sur autant d'émissions
30:51– Oui
30:51– Et ils ont refermé
30:53le dossier en disant
30:53bon bah c'est qu'il n'y en a
30:54qu'un qui doit pouvoir
30:55parler de ça
30:56– Exactement
30:56– Donc fin de l'histoire
30:58– Vous vous appelez
30:59de tous les côtés ?
30:59– On m'appelait
31:00de tous les côtés
31:00j'ai même été obligé
31:01de commenter
31:03les championnats du monde
31:03alors que c'était mon rêve
31:04– Et pourquoi ?
31:05– Parce que j'étais appelé
31:06chez PokerStars
31:06et que je ne pouvais pas
31:08faire les deux
31:08ce n'est pas compatible
31:09– Et jusqu'alors
31:10le poker dans la mémoire
31:12collective
31:12ce sont des films
31:13c'est le quid de Chichinati
31:14ou c'est l'arnaque
31:15– L'arnaque
31:16ou Rounders
31:17de John Dole je crois
31:18qui est un très bon film
31:21même si tout ce qui est
31:22dedans est complètement faux
31:23mais c'est un film
31:25qui donne bien
31:25l'ambiance du poker
31:26– Et la partie de cartes
31:28entre Robert Redford
31:29et Paul Newman
31:30dans l'arnaque
31:31elle est crédible ?
31:32– C'est jamais très crédible
31:33parce qu'un beau coup
31:34de poker
31:35c'est vraiment
31:35c'est une décision
31:36très dure
31:37avec des cartes
31:37très moyennes
31:38quand il y a
31:39de très beaux jeux
31:40comme dans
31:40Casino Royale
31:41ou l'arnaque
31:44on met en scène
31:45des jeux spectaculaires
31:47ça se produit
31:48vraiment très très rarement
31:49et c'est pas là
31:51qu'est la plus belle beauté
31:53du poker
31:53– Là je me suis un peu renseigné
31:55les gros plans
31:55où l'on voit
31:56Paul Newman
31:57manier ses cartes
31:58en fait c'est un magicien
31:59qui s'appelle John Scarn
32:00qui a exécuté
32:01tous les trocages du film
32:02je sais pas si vous le saviez
32:03– Non non
32:03– Ça n'a pas été fait
32:04par Newman directement
32:05– Alors il se trouve aussi
32:06que vous avez commencé
32:07dans le poker
32:08avec une émission
32:09sur Cache TV
32:10qui s'appelait
32:11un programme court
32:13où vous racontiez
32:14poker stories
32:15– Oui oui oui
32:16je m'en souviens
32:16même plus
32:18– Oui c'était
32:18des petites pastilles
32:19effectivement
32:20de je sais pas
32:20deux minutes
32:21trois minutes
32:21c'était très court
32:22où je présentais
32:23un joueur de poker
32:25mondialement connu
32:26sous un aspect
32:27un petit peu humoristique
32:28enfin décalé quoi
32:29– Et Cache TV
32:30était une chaîne interactive
32:32la première chaîne interactive
32:33qui a duré dix ans
32:34– Qui a duré dix ans
32:34alors qu'elle était interdite
32:36son propriétaire a été
32:37cinq fois en garde à vue
32:38parce qu'on trouvait
32:39que c'était trop border
32:40de pouvoir faire jouer
32:41les gens comme ça
32:41sur la télé
32:43– Et vous avez continué
32:44quand même ?
32:45– Ah ben moi
32:45je ne faisais pas jouer
32:46les gens
32:46je racontais juste
32:47des petites histoires
32:47donc on ne m'a pas inquiété
32:49– Mais en même temps
32:49des gens comme
32:50Gus Hansen
32:51ou Daniel Negreanu
32:52ne sont pas connus
32:53du grand public ?
32:53– Non non c'est ça
32:54c'est comme les noms
32:55de grands golfeurs
32:56ou bon tennis
32:56c'est plus médiatisé
32:57mais les noms
32:58des grands golfeurs
32:58ou des grands champions
33:00d'échecs
33:00si on n'est pas vraiment
33:01spécialisés dans ce domaine là
33:03on ne les connait pas
33:04on peut en citer un ou deux
33:04mais pas plus
33:05– Et puis il y a eu aussi
33:07la première étape
33:08du barrière poker tour
33:09au Caisnotte-Deauville
33:10que vous avez commenté
33:10– La barrière poker tour
33:12oui oui
33:13c'est mon début
33:14– Voilà
33:15– Et c'est vrai que ça aussi
33:16on ne connait pas
33:18on connait le Caisnotte-Deauville
33:19mais on ne savait pas
33:20qu'il y avait
33:20un barrière poker tour
33:22– Il y a un barrière poker tour
33:23qui était à l'époque
33:25je ne sais pas
33:25si c'est encore le cas maintenant
33:26mais qui était
33:26un tournoi de référence
33:27et alors c'était épique
33:29parce que la boîte de prod
33:30qui organisait ça
33:31ne connaissait rien au poker
33:32ils n'avaient pas du tout
33:33anticipé l'affichage des cartes
33:34donc on commentait à l'aveugle
33:36parce que l'affichage des cartes
33:37ne se faisait pas
33:38et ils étaient plus paniqués
33:40que nous
33:40parce que nous
33:40on se débrouillait à peu près
33:41mais ça a été
33:43c'était très bricolage
33:44cette première émission
33:45– Et puis il y a eu quand même
33:46une émission direct poker
33:48avec Alexandre Delperrier
33:49sur C8
33:50là aussi vous êtes passé
33:51à une étape différente
33:52c'est C8
33:52– C'était C8
33:53et j'étais commentateur
33:54– Et Alexandre Delperrier
33:56on a un peu oublié
33:57qu'il a été animateur
33:57aujourd'hui il est peintre
33:59et il travaille
34:00sous l'absolu d'Arnaud Dumas
34:02il a totalement arrêté
34:03la télévision
34:03mais là aussi
34:04ce sont des choses
34:05qu'il faut rendre au grand public
34:06avec Steve Scare
34:08– Oui c'est une émission
34:09qui était très populaire
34:10c'était pas la meilleure qualité
34:11de poker
34:12parce que c'était que des amateurs
34:13et c'était un format
34:13très très rapide
34:16mais c'est une émission
34:17qui a je pense
34:19permis vraiment
34:19de démocratiser le poker
34:20– Et puis il y a eu
34:21Clara Morgan
34:22au Caribe
34:23et là aussi
34:24animer une émission
34:25à Clara Morgan
34:25je pense que
34:26beaucoup de gens
34:27auraient aimé être à votre place
34:28– Oui sauf
34:28ma femme
34:29qui m'a fait
34:30beaucoup de remarques
34:31là-dessus
34:32– Oui ça a été
34:33un peu
34:36tumultueux
34:36on va dire
34:37avec Clara Morgan
34:37non pas avec moi
34:38mais avec la production
34:39il y a eu des petits
34:40il y a eu un peu de tension
34:41et c'est ce qui m'a permis
34:43de prendre un peu plus
34:44le dessus
34:45– Oui parce que
34:46exactement
34:47parce que
34:47qu'est-ce que Clara Morgan
34:48va faire dans une partie
34:49de poker ?
34:50– Elle était imposée
34:50par la chaîne
34:51évidemment
34:51elle n'a aucun intérêt
34:52pour le poker
34:53elle était une très jolie fille
34:54très intelligente
34:55et en l'occurrence
34:56plutôt sympa
34:58mais il y a eu
34:59un accident
34:59sur le tournage
35:00et du coup
35:01on m'a donné
35:01beaucoup plus de responsabilités
35:02que je ne devais en avoir
35:04initialement
35:04alors ça c'est votre partie
35:06passionnée de poker
35:07mais vous avez aussi
35:08un autre rêve
35:08que vous avez concrétisé
35:09et on va l'évoquer
35:10à travers la date
35:11du 10 septembre 2026
35:12à tout de suite
35:13sur Sud Radio
35:14avec Alexis Lepsker
35:16Sud Radio
35:17les clés d'une vie
35:18Jacques Pessis
35:19Sud Radio
35:19les clés d'une vie
35:20mon invité
35:21Alexis Lepsker
35:22on a évoqué
35:22votre parcours
35:23assez tumultueux
35:24et notamment le poker
35:25mais il y a aussi
35:26autre chose
35:27c'est la littérature
35:28et là vous êtes devenu
35:28un maître du thriller
35:30et le 10 septembre 2026
35:32est sorti un nouveau roman
35:33chez Michel Laffont
35:34Le Cercle de Cairne
35:35qui est un trier
35:36de 450 pages
35:37qu'on ne peut pas lâcher
35:38du début à la fin
35:39et le point de départ
35:40c'est un comédien
35:41qui est reconverti
35:42dans le doublage
35:42et qui va avoir
35:43quelques soucis
35:44en arrivant dans un village
35:45oui il emmène sa fille
35:47en vacances
35:47et puis il se perd un peu
35:49c'est la nuit
35:50il a un accident de voiture
35:51alors sans gravité
35:52pour eux
35:52mais la voiture est cassée
35:53et il se réfugie
35:55dans un petit village
35:57très isolé
35:58un tout petit hameau
35:59et quand il revient
36:01le lendemain matin
36:01avec la dépanneuse
36:02sa fille a disparu
36:02et personne n'a vu sa fille
36:04parallèlement à ça
36:05il y a une flic
36:06qui enquête
36:07sur des disparitions
36:08d'enfants
36:09et on la met
36:10sur la piste
36:11d'une évadée de prison
36:12et dans la cellule
36:13elle trouve
36:14énormément de documents
36:15sur justement
36:15des enlèvements d'enfants
36:16et des documents
36:17qu'elle ne peut pas avoir
36:20depuis sa cellule
36:20donc comment peut-elle
36:23mener l'enquête
36:23depuis la prison
36:25pourquoi s'est-elle évadée
36:26pourquoi s'est-elle évadée
36:27alors qu'il ne lui reste
36:28que 18 mois à tirer
36:29c'est ce que vous saurez
36:30en lisant le cercle de Kerne
36:31il y a aussi un jeune homme
36:32simple
36:34qui dessine
36:35des tranches
36:36symboles religieux
36:36il y a beaucoup de choses
36:38très étonnantes
36:39dans ce livre
36:40et je crois que tout
36:41participe du mystère
36:42même
36:42j'ai envie de dire
36:43le village
36:44c'est un personnage
36:45du roman
36:48parce qu'il y a
36:49une ambiance
36:49particulière
36:50très lourde
36:51et puis tout le monde
36:52a un secret
36:53donc ça fait beaucoup
36:54de choses à dévoiler
36:55et ça fait une fin
36:56je pense
36:58assez étonnante
36:59alors il y a 73 chapitres
37:00près de 450 pages
37:02et à chaque fin de chapitre
37:03il y a un rebondissement
37:04oui j'aime bien
37:05comme je disais tout à l'heure
37:06moi je m'ennuie assez vite
37:06donc j'aime bien être tenu
37:08et du coup j'écris
37:09comme je lis
37:10j'écris les livres
37:10que j'ai envie de lire
37:13et j'aime bien
37:13que mon lecteur
37:14ne lâche pas le livre
37:15et qu'il se sente porté
37:16par mon histoire
37:17et pour ça
37:18il faut une histoire forte
37:18par contre
37:19en même temps
37:20ce principe
37:21du rebondissement
37:22à la fin de chapitre
37:22ou de la fin d'une page
37:23c'était le principe
37:24des hebdomadaires
37:25pour la jeunesse
37:26Tintin Spirou
37:26il fallait une fin de page
37:28pour acheter le joint
37:29la semaine suivante
37:30la case en bas à droite
37:31de Tintin
37:32c'est ce qui m'a inspiré
37:33ça peut paraître bête
37:34mais le capitaine d'A2
37:35qui fait oh
37:36et on veut savoir
37:37absolument ce qui se passe
37:37alors ce qui est étonnant
37:38c'est que quand on voit
37:39sur internet
37:40les commentaires
37:40sur le cercle de Kern
37:42on dit surtout
37:42n'en dites pas plus
37:43mais c'est passionnant
37:44et c'est vrai
37:44qu'on ne peut pas en dire
37:45beaucoup sur ce livre
37:46mais en général
37:47c'est ce qu'on me reproche
37:48c'est qu'on ne peut pas
37:49parler beaucoup des livres
37:50parce qu'on est tout de suite
37:51dans l'action
37:52moi je n'ai rien contre
37:54les romans
37:55qui prennent leur temps
37:56mais ce n'est pas du tout
37:57mon style
37:57moi je veux vraiment
37:58que je ne veux pas
37:59mettre 40 pages
38:00à présenter un personnage
38:02le personnage
38:02il est dans l'action
38:03parce qu'il a une fonction
38:04il doit faire
38:05il doit faire tourner
38:06l'histoire que j'ai inventée
38:07pour le lecteur
38:08et on n'a pas de temps à perdre
38:09donc c'est plutôt intense
38:12comme lecture
38:12et comment a née
38:13cette idée du cercle de Kern
38:15et figurez-vous
38:16que j'ai avorté
38:174 romans
38:17où j'étais en plein doute
38:19et où je n'y croyais plus
38:21et donc ça a été
38:21une vraie souffrance
38:22de faire ça
38:24parce que
38:254 histoires
38:26auxquelles on met un terme
38:27c'est traumatisant
38:29et puis
38:30je suis en plein doute
38:31et je me dis
38:31j'arrête d'écrire
38:32tant pis
38:33et juste à ce moment là
38:34me vient l'idée
38:36du cercle de Kern
38:36et là je sais
38:37que je tiens
38:38une histoire très forte
38:39mais comment on trouve
38:40une idée ?
38:41ceci je le savais
38:42c'est compliqué
38:44ça vient comme ça
38:44c'est fort
38:45ah oui oui
38:46quand ça vient
38:46et que c'est suffisamment fort
38:48comme le cercle de Kern
38:48je sais que c'est bien
38:49mais c'est un état d'esprit
38:50c'est quelque chose
38:51dans la tête qui se passe
38:52ouais mais ça se commande pas
38:55vous l'avez toujours eu
38:56c'est à dire que
38:56vous avez toujours rêvé d'écrire
38:58ah j'ai toujours rêvé d'écrire
39:00ça c'est vrai
39:00maintenant
39:00savoir comment me venaient mes idées
39:02et comment j'allais les travailler
39:04je l'ai découvert
39:05en le faisant
39:06voilà
39:06alors ça a commencé un jour
39:08où vous vous retrouvez
39:09avec une promesse d'embauche
39:10et vous avez du temps devant vous
39:11c'est ça
39:12j'ai 18 mois devant moi
39:13j'ai une situation financière
39:14qui est tout à fait idyllique
39:14puisque je suis payé
39:15pour rester chez moi
39:17et je me dis
39:17soit je fais rien
39:18soit j'écris un livre
39:19c'est le moment où j'aimais
39:19et voilà
39:20je me suis mis à bosser
39:22c'était avec votre esprit
39:23mon premier roman
39:24qui sortait en 2010
39:27et je l'ai proposé
39:28à Michel Laffont
39:28ils m'ont dit oui tout de suite
39:29alors justement
39:29ce qui s'est passé d'abord
39:30il faut avoir l'idée de ce roman
39:32vous n'aviez pas d'idée au départ
39:33alors j'ai eu l'idée
39:35quand j'étais chez
39:36Poker Stars encore
39:37oui
39:37et je ne pouvais évidemment
39:39pas l'écrire
39:39parce que je n'avais vraiment
39:40pas le temps
39:41et justement
39:42quand j'ai eu
39:43enfin le temps
39:43je m'y suis mis
39:44oui en même temps
39:45un thriller
39:45c'est quelque chose
39:46de très particulier
39:46vous avez toute votre vie
39:47eu envie d'écrire des thrillers
39:49non
39:49oui
39:50d'écrire des thrillers
39:51oui
39:51mais par contre
39:51je n'ai pas lu que ça
39:53j'ai lu
39:53en l'occurrence
39:54je pense que c'est assez minoritaire
39:55j'ai lu vraiment
39:55beaucoup d'autres choses
39:57mais le thriller vous attirait
39:58et le thriller
39:59m'attirait
40:00oui
40:00donc vous écrivez
40:01ce premier roman
40:02et vous n'allez pas
40:03faire comme d'autres
40:04l'envoyer à des éditeurs
40:05pour qu'ils vous répondent
40:06non
40:07non
40:08j'ai eu
40:08j'ai un ami auteur
40:10qui s'appelle
40:10Henri Levenbruck
40:11que je salue
40:11qui m'a dit
40:12qu'on a reçu dans les clés
40:13d'une vie
40:13très bien
40:15qui a aussi
40:15une vie intéressante
40:17et il me dit
40:18chez Michel Laffont
40:19ça peut les intéresser
40:23envoie
40:24envoie l'heure
40:24et puis
40:25donc après
40:25j'ai peiné un peu
40:27pour frapper à la porte
40:28parce qu'on ne me répondait
40:29pas toujours
40:30il y a beaucoup de monde
40:31qui frappe à la porte
40:31de Michel Laffont
40:32et dès qu'ils ont lu
40:33le manuscrit
40:35ils m'ont dit oui
40:35en huit jours
40:36en huit jours
40:37en plus
40:38quand on envoie
40:39le manuscrit
40:40à des éditeurs
40:40souvent il revient
40:41et quand vous avez collé
40:42deux pages
40:43ces deux pages
40:43vous reviennent coller
40:44personne ne l'a lu
40:45je crois qu'ils reçoivent
40:48une dizaine de manuscrits
40:49par jour
40:49donc il faut y aller directement
40:52mais même pour venir
40:53avoir un rendez-vous
40:53c'était pas simple
40:54non mais c'était pas simple
40:55évidemment
40:55et puis comme je dis
40:57ils sont très très sollicités
40:57tous les éditeurs
40:58sont très sollicités
40:59donc c'est un vrai
41:00c'est un vrai miracle
41:02alors il se trouve en plus
41:03que le thriller
41:04c'est un genre très particulier
41:05je crois que les premiers romans
41:06de thriller
41:07c'est Edgar Allan Poe
41:08et puis les 39 marches
41:10de John Buchan
41:10avant le film
41:11ah oui oui bien sûr
41:12et c'est quelque chose
41:13de très particulier à écrire
41:14parce qu'il faut se mettre
41:15à la place du lecteur
41:16et se dire comment le surprendre
41:18il faut qu'il y ait une promesse
41:20l'auteur de Polar
41:21fait une promesse au début
41:22c'est qu'on a tué
41:23donc qui va tuer etc
41:25et il faut pouvoir tenir
41:26cette promesse à la fin
41:27mais le cheminement
41:28est aussi important
41:29que la fin en fait
41:30parce qu'une fois
41:31qu'on a dévoilé
41:32voilà c'était lui
41:32il faut que le lecteur
41:33se dise
41:34mais oui
41:35tout était devant mes yeux
41:36si c'est tiré d'un chapeau
41:38sorti d'un chapeau
41:39ça marche pas
41:40donc il faut vraiment
41:41donner les clés au lecteur
41:43pour qu'il trouve
41:43sans qu'il les trouve
41:44et comment on fait ?
41:45c'est compliqué
41:46ça c'est du travail
41:47là on est sur de la technique pure
41:50c'est pas juste une idée
41:51c'est on va semer
41:52des indices
41:53qui sont tellement subtils
41:54que le lecteur
41:55s'en souviendra qu'à la fin
41:56au départ vous savez la fin
41:58vous connaissez la fin
41:58oui moi j'ai ma fin
41:59il faut absolument
42:00que j'ai ma fin
42:01que je sache où je vais
42:01je sais pas encore
42:02comment je vais y aller
42:03mais je sais où je vais
42:04et après ce sont des mois de travail ?
42:06après alors c'est
42:07moi j'écris très vite
42:08le cercle d'Eckernes
42:09j'ai dû mettre 4 mois à l'écrire
42:10c'est probablement le plus long
42:14le temps le plus long
42:15qui m'a fallu
42:15et le précédent
42:16à couper le souffle
42:17j'écris en un mois
42:17mais comment on fait ?
42:20le talent
42:20non non mais la passion
42:23moi j'écris que quand j'ai envie d'écrire
42:25donc par contre
42:25quand j'ai envie d'écrire
42:26j'écris vraiment
42:27en même temps
42:28il y a l'idée
42:29et puis il y a peut-être
42:30une enquête
42:30pour que tous les faits
42:31soient crédibles
42:32il y a beaucoup de
42:33il y a un peu de documentation
42:34de préparation
42:34et puis il y a une relecture
42:35surtout avec mon éditrice
42:38et puis avec des flics
42:39et des psychologues
42:40oui parce que
42:41vous les rencontrez
42:42pour savoir si tout ça
42:43peut être crédible
42:43bien sûr
42:43c'est très important
42:45à partir du moment
42:45où c'est une fiction
42:46il faut pouvoir
42:47coller le plus possible
42:48à la réalité
42:49pour que ça fasse vrai
42:50et puis vous avez
42:51une autre caractéristique
42:52Alexis Ebsker
42:53c'est que vous écrivez
42:54des histoires dans l'histoire
42:55il y a deux histoires
42:55dans chacun de vos romans
42:56oui oui
42:57et dans le cercle de quinte
42:58c'est valable aussi
42:58il y a deux histoires
42:59et on se demande
43:00généralement comment
43:01elles vont pouvoir
43:01s'entrecroiser
43:02on devine qu'il y a
43:03un point commun
43:04mais on ne sait pas lequel
43:04et puis quand elles se rencontrent
43:06évidemment c'est
43:09c'est là que
43:10les révélations tombent
43:11les unes après les autres
43:12mais là aussi
43:12c'est compliqué
43:13à mettre au point
43:13ah oui
43:14je vous confie
43:16parce qu'en plus
43:17les réactions sur internet
43:18des gens disent
43:19on était persuadés
43:20d'avoir trouvé la solution
43:21c'est pas ça du tout
43:22c'est ça
43:22c'est génial
43:23c'est une très belle récompense
43:25pour moi
43:26en même temps
43:27vous cherchez des solutions
43:29ou quelquefois
43:29des fausses pistes
43:30bien sûr
43:30il faut énormément
43:31travailler les fausses pistes
43:32c'est aussi important
43:33que de travailler
43:34le fil conducteur
43:35de l'histoire
43:36et en même temps
43:37c'est comme ça
43:38que vous arrivez
43:38à avoir le plaisir
43:39d'écrire
43:40oui
43:41le plaisir d'écrire
43:42c'est l'espèce de jouissance
43:44qu'on a en se disant
43:44et là ils vont tomber
43:46dans le panneau
43:46si j'en rajoute un petit peu
43:47c'est pas mal
43:48là pas trop
43:49etc
43:49donc c'est tout doser
43:51penser à tous les détails
43:52tous les éléments
43:53et l'obsession du lecteur
43:55moi j'écris pour les autres
43:56oui
43:56mais en même temps
43:57c'est le joueur de poker
43:57qui écrit
43:58parce qu'à chaque fois
43:59il y a le bluff
43:59il y a le bluff
44:00absolument
44:01et je me laisse porter
44:02par mes propres histoires
44:03mon propre récit
44:04mais toujours pareil
44:05en pensant
44:06à la réaction du lecteur
44:07et certains lecteurs disent
44:09on a fait des cauchemars
44:10en lisant le livre
44:11est-ce que vous faites peur
44:12quelquefois en écrivant ?
44:13moi est-ce que je me fais peur ?
44:14je me fais peur
44:15la seule chose qui me fait peur
44:16c'est d'arrêter de faire peur
44:17de plus réussir à faire peur
44:20mais ça fait partie
44:21de l'exercice
44:22le thriller étant même
44:24un genre tout à fait
44:24à la mode aujourd'hui
44:25ce qui n'était pas le cas
44:26il y a quelques années
44:27oui c'était même très mal vu
44:28il y a quelques années
44:30il n'y a pas si longtemps que ça
44:30on était vraiment
44:31de la sous-littérature
44:32la littérature de genre
44:34qui était un peu méprisée
44:35on voyait sur les réactions
44:36de certains auteurs
44:38de littérature
44:39avec un L majuscule
44:40qui ne nous disaient pas bonjour
44:41ça arrive encore maintenant
44:43et qui nous traitent avec mépris
44:44le libraire lui
44:46sait que ça représente
44:47une partie importante
44:47de son chiffre d'affaires
44:48surtout dans une période
44:49où on est un petit peu chahuté
44:50oui mais c'est un phénomène nouveau
44:52qui n'existe pas
44:52c'est un phénomène récent
44:53et Maxime Chata
44:53mais quelques autres
44:54qui sont pour beaucoup
44:55bien sûr
44:56alors il faut savoir aussi
44:57que votre premier livre
44:58a été un véritable échec
44:59oui complètement
45:00il est sorti 15 jours
45:01avant le confinement
45:02pas de chance
45:03donc deux mois
45:04où tous les commerces sont fermés
45:06ça ne m'a pas aidé
45:07évidemment la réouverture
45:09on a viré tous les bouquins
45:10dont on n'avait pas entendu parler
45:11ce qui était le cas du mien
45:12il a heureusement
45:13connu une deuxième vie
45:15avec la sortie en poche
45:16où j'ai eu un prix très important
45:18qui m'a permis d'exploser
45:21c'est vrai que vous avez vu
45:22quand on voit le nombre de prix
45:23que vous avez pour vos livres
45:24vous avez eu le prix
45:25des nouvelles voies du Polar Pocket
45:27le prix de l'Evéchet
45:27le prix 100% Polar
45:29le grand prix du festival
45:30son nom
45:31le prix de l'Escargot Noir
45:32le prix de Cognac
45:33le grand prix de l'Iris Noir
45:34de Bruxelles
45:34c'est un palmarès
45:36assez étonnant
45:36pour un jeune auteur
45:37oui oui oui
45:38mais j'en suis très fier
45:40que ce soit des petits
45:41ou des grands prix
45:41c'est à chaque fois
45:42un jury qui décide
45:44et avec d'autres auteurs
45:45qui sont en compétition
45:48donc moi je suis toujours
45:49très fier de ça
45:51en même temps
45:52ce livre
45:53ça a été beaucoup
45:53beaucoup de travail
45:54et même
45:55vous poussez le perfectionnisque
45:57jusqu'à faire un cercle
45:58à la fin
45:59pour remercier
46:00oui dans les remerciements
46:01mais j'aime bien
46:02j'aime bien surprendre
46:03j'aime bien proposer des choses
46:05qu'on n'attend pas
46:06d'un auteur généralement
46:08j'essaie toujours
46:09de me poser la question
46:09qu'est-ce que les autres
46:10n'ont pas fait
46:10que je pourrais faire
46:11oui mais
46:12les trédures
46:13vous n'y pensiez pas
46:14voici quelques années
46:14quand vous jouiez au poker
46:15non non non c'est vrai
46:16mais voilà
46:17j'y ai pensé depuis
46:18ça a pris beaucoup de place
46:20dans votre vie
46:20ah bah c'est ma place
46:21c'est ma place essentielle
46:22maintenant je fais plus que ça
46:23en mettant un peu de poker
46:24quand même
46:25ah bah toujours
46:25forcément
46:26alors il y a aussi le cinéma
46:27car le cinéma est arrivé derrière
46:29oui
46:29comment ça s'est passé
46:30bah c'est arrivé avec
46:31mon deuxième roman
46:32donc très très vite
46:33dans ma carrière
46:34Le Mangeur d'âmes
46:34qui a été adapté
46:35comme vous l'avez dit au cinéma
46:36avec Virginie Dottoyen
46:38et Sandrine Bonner
46:40et ça a été évidemment
46:41un moyen formidable
46:43de me propulser
46:44de me faire connaître
46:46et j'ai été sur le tournage
46:48donc c'est très particulier
46:50d'être adapté
46:51mais vous savez
46:52il y a des moments
46:53importants dans une vie
46:54mais le moment
46:54où vous êtes assis
46:55dans une salle de cinéma
46:56et que vous voyez
46:56adapté du roman
46:57d'Alexis Lepsker
46:59dans une salle comble
47:00c'est quand même
47:01quelque chose d'assez marquant
47:02Oui parce que
47:02vous ne s'échangez pas du tout
47:03au départ
47:04Pas du tout
47:04pas du tout
47:05Mais vous auriez pu
47:06participer au scénario
47:07je sais qu'il y a eu
47:07deux scénaristes
47:08sur ce film
47:09c'était pas simple
47:10vous auriez pu travailler
47:11sur le scénario
47:12Alors j'ai donné mon avis
47:14parce qu'ils se sont rendu compte
47:15que j'étais plutôt
47:16force de proposition
47:16qu'obstacle
47:18mais c'est vrai
47:19que je n'étais pas scénariste
47:20Vous auriez pu le devenir
47:22C'est très difficile
47:23d'être scénariste
47:23quand on est auteur
47:24Pourquoi ?
47:24Parce que les producteurs
47:25n'aiment pas trop
47:26que l'auteur d'origine
47:28du livre
47:30se mêlent à l'audiovisuel
47:31C'est un autre métier
47:33et souvent
47:34je dois leur donner raison
47:35même si ça ne m'arrange pas
47:36je dois leur donner raison
47:37parce qu'on a un peu
47:38l'impression que l'auteur
47:39va être le gardien du temple
47:40Moi comme je dis toujours
47:41je n'ai pas écrit
47:41Madame Bovary
47:42ce que je veux
47:42c'est que le bon bouquin
47:44sinon il ne serait pas adapté
47:45le bon bouquin
47:46devienne un bon film
47:47et là il faut se retrousser les mains
47:49je vais dire
47:49bon quel sacrifice
47:50on est prêt à faire
47:51Mais vous pourriez écrire
47:52pour le cinéma ?
47:53Mais je le fais
47:55Je le fais
47:56j'ai eu deux commandes
47:57de scénario là
47:58récemment
47:58Donc vous allez plus loin
48:00Et peut-être un peu plus
48:01puisque à couper le souffle
48:02c'est un scoop
48:03et est en négociation
48:05très avancée
48:06pour être adapté
48:08Ce qui est étonnant
48:09c'est qu'on dit
48:10que les jeunes ne lisent plus
48:11et quand on voit sur internet
48:12vos lecteurs ou vos lectrices
48:13ce sont des jeunes
48:14Oui alors c'est très rassurant
48:16parce que vous avez raison
48:17les chiffres montrent
48:18que c'est un public vieillissant
48:20et je me réjouis
48:21d'avoir un public
48:22moi assez jeune
48:23en tout cas assez équilibré
48:25j'ai un peu de tous les âges
48:26Peut-être aussi parce que
48:27ce sont des chapitres très courts
48:28et un rythme soutenu
48:30car c'est pas si fréquent
48:32Peut-être
48:32oui c'est vrai
48:33et peut-être que
48:34j'ai une façon
48:35d'aborder l'intrigue
48:38qui est peut-être
48:38un peu plus moderne
48:40je sais pas
48:42je m'avance un peu
48:42peut-être en disant ça
48:43mais en tout cas
48:44c'est vrai que je plais
48:44à un public assez large
48:46Et en même temps
48:48vous en êtes à plusieurs romans
48:49vous allez continuer maintenant
48:51Maintenant que j'ai le pied de danser
48:52c'est comme le poker
48:52c'est juste un petit peu moins risqué financièrement
48:55Non mais c'est loin qu'on puisse dire
48:57mais surtout
48:57c'est un travail de concentration
48:59et presque une case dans la tête
49:01qu'on développe
49:02Oui
49:03c'est vrai que
49:03quand je parle d'addiction
49:05c'est vrai que quand on a envie
49:06de raconter des histoires
49:07quand on prend goût à ça
49:08et tant qu'on a des histoires à raconter
49:09on est obligé de le faire
49:11c'est pas
49:12on écrit pas
49:13c'est pas un métier écrivain
49:14c'est
49:15c'est une activité qui devient une profession
49:17mais c'est quand même
49:18un état d'esprit très particulier
49:19se dire je vais écrire pour des gens
49:22c'est quand même une disposition d'esprit
49:24et quand on l'a
49:25c'est
49:26je pense
49:27je peux pas dire que c'est pour la vie
49:28mais
49:28ça tient bien
49:30A en croire les réactions que je découvre
49:32entre autres sur internet
49:33effectivement
49:33les gens sont contents de vous lire
49:35et de plus en plus contents de vous lire
49:36et disent
49:37surtout
49:38procurez-vous ce livre
49:39et ne le lâchez pas
49:40quitte à passer des nuits blanches
49:41c'est un beau compliment
49:42c'est un beau complément
49:43engageons que ça dure
49:44et vous allez passer des nuits blanches
49:45à continuer à écrire
49:47des nuits blanches je sais pas
49:48mais je vais continuer d'écrire
49:49et je vais vous dire
49:50le prochain est déjà fini
49:51et bien voyez
49:53en tout cas celui-là
49:54s'appelle
49:54Le Cercle de Cairn
49:55effectivement
49:55c'est un livre très carré
49:57si j'ose dire
49:57dans son dénouement
49:58c'est chez Michel Laffont
50:00merci et bravo
50:01tout ce parcours
50:02et continuez justement
50:03à ne pas bluffer
50:04pour écrire
50:05et pour jouer
50:06et continuez à être ainsi
50:07c'est comme ça
50:08que le public vous aime
50:09merci Jacques Pessis
50:09merci Alexis Lipsker
50:11les clés d'une vie
50:11c'est terminé pour aujourd'hui
50:12on se retrouve bientôt
50:13restez fidèles
50:14à l'écoute de Sud Radio

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