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  • il y a 15 minutes
Entre inflation et baisse du pouvoir d’achat, BFMTV consacre une soirée spéciale à l’enlisement de la crise sociale en France. Confrontés à cette situation de crise, les Français sont de plus en plus nombreux à faire entendre leur voix.
Ce mercredi 4 novembre, BFMTV a proposé un nouveau numéro du FORUM BFMTV : « Manifs, vie chère : la France à cran » présenté par Maxime Switek.

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Transcription
00:00Alors nous ce qui nous remonte, alors c'est pas pour faire peur demain, parce que moi aussi je serai
00:03dans la manifestation.
00:05Ah vous êtes là demain ?
00:06Oui je serai là demain, oui je serai là, parce qu'en fait on oublie aussi que les policiers sont
00:10des citoyens comme les autres,
00:12des citoyens aussi ordinaires, et d'ailleurs le 30 juin on était dans la rue, avant peut-être même tout
00:16le monde,
00:16parce que nous aussi on avait des revendications, on avait des projets à obtenir,
00:21et encore une fois, ça on l'a pas oublié, on le dit toujours d'ailleurs à notre ministre,
00:26qu'on a un rendez-vous avec lui, et qu'on l'oubliera pas, même si en ce moment effectivement
00:30on a du boulot, ma foi,
00:33et ce qui est marrant entre guillemets, c'est qu'on nous dit toujours, on a un dispositif exceptionnel, 70
00:38000 policiers,
00:39mais en fait quand vous faites ça deux fois par semaine, c'est plus exceptionnel.
00:42Et surtout ce qui devient exceptionnel pour les policiers, c'est de passer du temps avec sa famille,
00:46parce qu'aujourd'hui en fait, encore une fois, nous on est au milieu de cette société-là,
00:51de toute façon, police, ça vient du grec, c'est la cité, il est au flic, le policier, il est
00:56au milieu de la cité.
00:57Et lui, il voit justement toutes les problématiques sociétaux, ça fait depuis des années qu'on appelle la police
01:02pour régler tous les problèmes sociétaux, et à un moment donné, d'ailleurs je le disais même cet été,
01:07il faudrait un canadaire social, parce que la rentrée, je la sens pas bien.
01:10On avait en fait...
01:10Je crois qu'on y est là.
01:11Comment ?
01:12Je crois qu'on y est.
01:13Ben on y est.
01:14Et en fait, je jonglais avec ça, parce qu'effectivement, on était aussi solidaires des pompiers,
01:18on a vu que cet été, on avait besoin des services publics, et à chaque fois, vous voyez,
01:22la première chose qu'on demande nous aussi, parce que notre État, c'est un État d'employeur,
01:26nous, notre État, il nous emploie, depuis 2000, les fonctionnaires et les agents publics,
01:31on a perdu 30% de salaire avec l'inflation, c'est plus le gel du point d'indice, c
01:36'est l'air glaciaire.
01:37En fait, depuis 10 ans, depuis 2000, donc c'est 26 ans, on est dans l'air glaciaire pour les
01:42fonctionnaires.
01:42Et donc tout ça, c'est des réajustements qu'il nous faut.
01:45Voilà, donc en fait, oui, il y a une colère, et donc demain, on sera quand même sur place, sur
01:49le terrain.
01:50Alors moi, j'entends bien...
01:50Vous serez des deux côtés.
01:51Ben des deux côtés, forcément.
01:53On est là pour défendre aussi les conditions de travail des policiers.
01:56Les policiers, ce ne sont pas des variables d'ajustement des politiques publiques,
02:00et on est là pour faire le job.
02:01Mais des fois, on se demande même, à un moment donné, effectivement, si on ne sert pas de sac de
02:05sable.
02:06Quand on voit que j'ai plus de 2000 collègues qui sont blessés, les forces de l'ordre,
02:09pas que les policiers, d'ailleurs les gendarmes aussi payent un lourd tribut,
02:12on se dit qu'à un moment donné, ce mouvement social,
02:14quand il est bien cadré, bien encadré, comme il sera demain, il n'y a aucun souci.
02:18Moi, je ne confonds pas manifestation et révolution.
02:21Et donc la manifestation, oui, la révolution, non.
02:24Ceux qui veulent faire la révolution, qu'ils aillent visiter certains pays,
02:26comme à Cuba, Venezuela, ou les pays de l'Est,
02:29pour voir un petit peu ce qu'ont fait les communistes.
02:30Et je peux vous dire, quand vous visitez les musées du communisme et du collectivisme,
02:34ça ne donne pas envie.
02:35Donc en fait, la société, elle peut évoluer, elle peut changer,
02:37et on le voit d'ailleurs qu'elle est en train de changer.
02:39Moi, quand je vois la sphère politique, je me désole.
02:42Et quand je vois effectivement autour de moi la réalité du terrain,
02:45je me console, parce que je sais qu'autour de nous,
02:47on a des gens qui sont solidaires.
02:49Tout à l'heure, on disait, des fois, à la caisse,
02:52il y a quelqu'un qui paye la note pour quelqu'un d'autre.
02:54Moi, il n'y a pas plus tard que 15 jours,
02:55il y a une étudiante dans le métro qui faisait la manche,
02:57qui demandait de l'argent, et j'ai discuté avec elle,
03:00elle avait un master, et j'ai donné ce que j'avais, 10 euros.
03:02Parce qu'aujourd'hui, c'est vrai qu'on n'a plus trop de liquide.
03:03Moi, j'ai des enfants aussi, j'ai deux filles,
03:05dont une qui est au lycée.
03:06D'ailleurs, mon coup de gueule aussi,
03:08ce n'est pas par rapport aux lycéens,
03:09c'est par rapport à ceux qui viennent foutre le bazar dans les lycées.
03:12Ce matin, il y avait un blocage, ma fille elle à Nantes.
03:14Est-ce que vous trouvez normal qu'une fraction des lycéens
03:17qui faisaient blocus et qui n'acceptaient pas
03:19que des lycéens voulaient rentrer dans les cours
03:22ait fait des contrôles d'identité des lycéens qui voulaient rentrer
03:25en leur demandant leur carte de lycée
03:28pour après les menacer ?
03:29Ça, c'est véridique, parce que c'est même
03:31le directeur de l'établissement qui a écrit aux parents.
03:33Et ça ne s'est pas fait qu'à Nantes.
03:35Ça s'est fait à Marseille.
03:37Ça s'est fait un peu partout.
03:38Donc en fait, ça je le déplore,
03:39parce que même pour vous, ça vous desservira.
03:41Le blocus, encore une fois,
03:43on a le droit de mettre des piquets de grève.
03:44On a le droit effectivement d'exprimer
03:47son mécontentement.
03:47Mais on ne peut pas empêcher non plus
03:49des élèves de rentrer pour étudier.
03:51Parce qu'à la fin de l'année, il y a le bac.
03:53Ça, c'est vrai ?

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