- il y a 9 minutes
Présidentielle: Gabriel Attal persiste et maintient qu'une primaire aura lieu à droite et au centre
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Gabriel Attal, bonsoir.
00:01Bonsoir, Sonia Marouk.
00:02Merci d'être avec nous, candidat à l'élection présidentielle et président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale.
00:07Monsieur Attal, les sondages désormais se suivent et se ressemblent pour le bloc central,
00:11voire pour certains ils sont pires de jour en jour.
00:15Bruno Rotaillot, hier justement, s'est montré conciliant quant à l'idée d'une primaire et prêt à des débats.
00:20David Lissnard a toujours dit qu'il était d'accord.
00:23Vous-même, vous avez porté l'idée d'une primaire il n'y a plus, une primaire assez large, on
00:28va en parler.
00:28Mais qu'est-ce qui bloque ?
00:30L'élection présidentielle de 2027, c'est probablement une des plus importantes de la Ve République.
00:35Quand on voit ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, ce qui se passe en Europe,
00:39c'est une élection majeure pour l'avenir de la France.
00:41Par ailleurs, on le voit, il y a beaucoup de difficultés aujourd'hui dans le pays.
00:46Une crise de l'autorité, des Français qui ont du mal à faire leur plein et à finir les fins
00:50de mois.
00:50Et vient s'ajouter à ça le risque que dans cette élection présidentielle,
00:54voient s'affronter au deuxième tour Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
00:58Moi, ma conviction, c'est que notre pays ne s'en relèverait pas.
01:02Et donc, ma conviction, c'est qu'il faut tout faire pour l'empêcher.
01:05Et que ça passe donc par le rassemblement des candidats,
01:08qui refusent la perspective de ce deuxième tour entre la France insoumise et le rassemblement national,
01:14qui partagent un certain nombre de valeurs.
01:16Et ma conviction, c'est que pour y arriver, il n'y a pas d'autre possibilité qu'une primaire.
01:20Alors, pourquoi Édouard Philippe, ancien Premier ministre, candidat,
01:23qui est, reconnaissant-le, je veux dire, tout à fait conscient de ce que vous qualifiez comme risque, bloc ?
01:30Ce que je constate, c'est que quand cette idée de primaire a été évoquée cet été,
01:34c'était François Bayrou au départ qui l'avait évoqué.
01:36Il n'y avait quasiment aucun répondant.
01:39Quand moi-même, je me suis prononcé en faveur de la primaire, il n'y avait pas grand monde.
01:42Qu'est-ce qui s'est passé depuis une semaine ?
01:45Généralement, vous vous êtes moquée, ou l'idée est tout de suite rejetée ?
01:48Regardez depuis une semaine ce qui s'est passé.
01:50Vous avez des candidats qui se sont exprimés en faveur.
01:54Vous avez des responsables politiques importants.
01:55Michel Barnier, ancien Premier ministre, très important chez LR, Valérie Pécresse.
02:00Et donc, vous avez effectivement David Lissnard et Bruno Retailleau qui s'y sont dit favorables.
02:04C'est vrai qu'aujourd'hui, Édouard Philippe est le seul candidat de cet espace politique
02:09politique à s'opposer à la primaire, qui est pour moi le seul moyen d'organiser le rassemblement
02:15qui nous empêchera d'avoir le deuxième tour.
02:17Qu'est-ce que vous lui dites ce soir ?
02:18Êtes-vous prêt, je ne sais pas si vous voyez où tu te soyez,
02:21Êtes-vous prêt, M. Édouard Philippe, à prendre le risque d'un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le
02:26Pen ?
02:26Il baisse sur lui ce risque ?
02:27Je ne m'adresse pas aux autres par plainteau interposé.
02:30Moi, je vais vous dire le fond de ma conviction, cette primaire, elle aura lieu.
02:33C'est inévitable ?
02:34Mais j'en suis absolument convaincu.
02:35Qu'est-ce qui pourrait lui faire changer d'avis ?
02:36Parce que lui, il parle d'une primaire de la division.
02:38Je veux dire, il faut peut-être un peu plus de temps à certains
02:42pour voir les choses en face et regarder la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
02:46Mais moi, ce que je vois, encore une fois, c'est qu'il y a encore quelques semaines,
02:48personne ne voulait de cette primaire et qu'aujourd'hui, encore une fois,
02:51tous les candidats, à l'exception de un, se sont mis d'accord sur le principe de cette primaire.
02:55Et donc, les choses vont avancer.
02:56Il y a des initiatives qui sont prises.
02:59Lesquelles, par exemple ?
03:00Qu'est-ce qui pourrait faire basculer les choses ?
03:02Il y a beaucoup de discussions autour des modalités qui ont déjà démarré.
03:05Il y a vos confrères, d'ailleurs, qui ont fait état, y compris, de discussions sur ce sujet.
03:09Donc, ça aura lieu.
03:10Mais vous savez, je pense que c'est aussi important pour redonner espoir
03:13à ces millions de Français qui n'y croient plus.
03:15On va en parler.
03:15Il y a des millions de Français.
03:16Moi, je les croise au quotidien.
03:17C'est pour ça qu'ils vous parlent de la primaire, ces millions de Français.
03:19Vous rigolez ?
03:20Moi, je croise des gens.
03:21J'étais encore en Bretagne le week-end dernier.
03:23J'étais en déplacement dans les Côtes d'Armor.
03:25Et il est vilaine.
03:26J'ai fait une réunion publique.
03:27Il y avait des Français de différentes sensibilités politiques qui sont venus.
03:30Il y avait plusieurs centaines de personnes.
03:32Ils sont tous venus me voir.
03:33D'abord, ils m'ont posé des questions sur le sujet du rassemblement.
03:36Puis, ils sont venus me voir à l'issue en me disant,
03:38maintenant, il faut se rassembler.
03:39Et pour se rassembler, évidemment qu'il faut passer par une primaire.
03:42Il y a des millions de Français.
03:43Le dernier sondage qui a été fait,
03:44je crois que c'est plus de 70% de nos électeurs qui sont favorables à la primaire.
03:48Donc, aujourd'hui, on est d'accord qu'il n'y a plus qu'un seul candidat qui bloque.
03:50C'est Édouard Philippe.
03:52Le fait est que les autres candidats ont dit qu'ils étaient favorables à cette primaire.
03:56Oui, mais par exemple, David Lissna,
03:57lui, il pense à une primaire avec vous, Édouard Philippe, lui-même et Bruno Rotaillot.
04:03Il ne va pas aller jusqu'à Raphaël Glucksmann, etc.
04:06Est-ce que vous revenez vous-même vers un étiage un peu plus resserré
04:09par rapport à ceux qui pourraient voter ?
04:11Je n'ai jamais mis de borne en termes de famille politique ou de nom
04:14pour qui peut ou pas participer à cette primaire.
04:16Je considère que doivent pouvoir participer à la primaire.
04:19ceux qui sont très clairs sur le fait qu'ils ne feront jamais aucune alliance
04:22ni avec la France insoumise, ni avec le Rassemblement national,
04:25que ce soit en France ou en Europe.
04:27Et ensuite, des candidats qui se retrouvent dans un certain nombre de valeurs,
04:30notamment les valeurs de la République, la laïcité, l'autorité,
04:33la compétitivité de notre économie, l'Europe, la construction européenne,
04:37le progrès social et environnemental.
04:39Ensuite, je suis un pragmatique.
04:42La gauche, le Parti socialiste a fait sa primaire.
04:45Ils ont eu un candidat qui est sorti de cette primaire.
04:47Il a même, d'ailleurs, lui, lui-même dit qu'il n'ira pas dans une autre primaire.
04:50Mais je vais vous dire, moi, ma conviction, c'est qu'à la fin,
04:53pour gagner et surtout pour gouverner ensuite,
04:56il faudra une coalition, un rassemblement large
04:58qui associe des gens d'horizons très divers.
05:00Si cette primaire, c'est d'abord une primaire du centre et de la droite,
05:05eh bien, ça sera une primaire du centre et de la droite.
05:06Moi, je suis pragmatique. Tout ce qui m'intéresse, c'est le rassemblement.
05:08Ce soir, vous nous dites, oui, je suis prêt aussi à une primaire
05:11qui irait, si je peux dire, de vous-même,
05:13en passant par Édouard Philippe, à David Lissnard, à Bruno Rotaillot.
05:16Bien sûr, moi, je suis un pragmatique.
05:17Si ce sont les candidats qui sont prêts à entrer dans cette primaire,
05:21eh bien, ce sera les candidats qui seront dans cette primaire.
05:23Moi, quand j'entends M. Rotaillot, quand j'entends M. Lissnard et vous-même ce soir,
05:27déjà, vous êtes d'accord. Donc, il n'en reste qu'un.
05:28Mais encore une fois, et je pense que c'est très large, vous savez,
05:30dans les partis politiques, on l'a vu, il y a un certain nombre de parlementaires,
05:34de responsables politiques.
05:35Il pourrait y avoir une tribune, un appel des parlementaires pour dire,
05:37écoutez, maintenant, regardez les sondages, départagez-vous.
05:40Mais j'imagine, parce que, vous savez, les parlementaires,
05:42mais encore une fois, moi, ce qui m'intéresse, c'est aussi beaucoup les Français.
05:45On est au quotidien à échanger avec les Français.
05:47Vous avez des millions de Français qui ne veulent pas avoir à choisir
05:50entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
05:52Ces millions de Français, ils attendent un rassemblement.
05:55Et je crois qu'ils sont convaincus que le seul moyen d'arriver à un rassemblement,
05:58dès lors qu'aucun candidat ne se détache dans les sondages,
06:01c'est de passer par une primaire.
06:02Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui pensent que vous avez proposé cela
06:04en dernier recours, car vous êtes sur la scellette sondagière ?
06:07Mais tout le monde est sur la scellette sondagière.
06:08Aujourd'hui, dans tous les sondages qui sont faits,
06:12personne de cet espace politique ne fait mieux qu'être troisième, voire quatrième.
06:17C'est quand même ça la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
06:19Il y a encore des sondages qui sont sortis hier.
06:21Donc, il n'y a pas un candidat qui se détache dans les sondages,
06:24qui a la possibilité aujourd'hui de l'emporter au deuxième tour,
06:27mais même d'être au deuxième tour.
06:28Et donc, il faut organiser le rassemblement avec une méthode.
06:31Et la méthode, pour moi, c'est la primaire.
06:32Mais le temps file.
06:34S'il faut avoir un candidat qui puisse quand même y aller,
06:37je veux dire, en votre nom, c'est maintenant.
06:39C'est pour un candidat en janvier.
06:41L'élection présidentielle est dans six mois.
06:43Et donc, on peut tout à fait organiser une primaire.
06:45D'ici le début de l'année 2027, c'est possible.
06:48On a vu, les socialistes ont fait une primaire.
06:49Avec plusieurs débats.
06:50Oui, avec des débats, évidemment.
06:52C'est très important qu'il y ait des débats.
06:53J'ai vu que sur votre antenne, hier soir,
06:55Bruno Retailleau a proposé une série de débats
06:58à différents candidats, dont moi-même.
07:00Vous êtes favorable ?
07:00Évidemment que j'accepte.
07:01Moi, je suis favorable à tous les débats.
07:02J'accepte tous les débats qu'on me propose
07:04parce que je pense qu'il n'y a pas plus,
07:06quelque part, démocratique
07:07que de voir se confronter,
07:09au sens positif du terme,
07:11des points de vue, des idées, des solutions pour le pays
07:13qui a bien besoin d'idées et de solutions en ce moment.
07:15C'est intéressant parce que David Lissnard a affirmé hier
07:17qu'en cas de primaire,
07:19il ne soutiendrait pas le gagnant.
07:21Par exemple, si c'est Édouard Philippe, il ne le soutiendrait pas.
07:23C'est quand même assez particulier.
07:24Vous savez, ça, c'est un peu un débat
07:26qui est parfois un peu hypocrite.
07:27Pourquoi ?
07:28On se souvient des primaires précédentes.
07:30En 2017, le Parti Socialiste a organisé une primaire.
07:33Tous les candidats avaient signé une charte
07:35en disant qu'on soutiendra le gagnant.
07:36Et vous en avez plusieurs
07:37qui ont soutenu un autre candidat.
07:40Pareil, dans les primaires précédentes,
07:42d'autres partis politiques aussi,
07:43on ne peut pas dire que tous les candidats
07:45qui avaient perdu la primaire
07:46étaient systématiquement au premier rang des meetings.
07:48On en peut appeler un minimum de retenue.
07:49Bien sûr, mais je pense que c'est ça à la fin.
07:52Je pense que le fait de ne pas gagner cette primaire,
07:54ça veut dire qu'on ne se présente pas
07:55à l'élection présidentielle,
07:56qu'on ne va pas diviser les voix
07:58et qu'on ne va pas gêner la personne
08:00qui est issue du rassemblement permis par la primaire.
08:02Mais alors ce soir, Gabriel Attal,
08:03vous êtes en train de nous dire
08:05comme deux autres candidats primaires, oui.
08:08Voilà le périmètre,
08:09donc quand même avec les principaux incarnations
08:11du bloc central et de la droite,
08:13les différents débats,
08:15quasiment la date à peu près,
08:17donc tout est prêt.
08:18Il ne reste plus qu'Edouard Philippe.
08:19Nous sommes d'accord.
08:21Si j'ai bien délimité le périmètre.
08:23Il reste maintenant à avancer
08:24sur les modalités d'organisation,
08:26sur les dates, etc.
08:27Si vous êtes d'accord entre vous,
08:29je pense que c'est assez rapide.
08:29Mais vous savez,
08:30je pense que les discussions vont s'engager.
08:32Elles se sont déjà engagées d'ailleurs.
08:34Elles vont s'engager encore.
08:35dans les jours et les semaines qui viennent
08:36pour organiser ce grand moment de rassemblement
08:38au service, encore une fois, du pays
08:40et pour éviter ce deuxième tour
08:41entre la France insoumise et l'ERN.
08:42Malgré tout,
08:43dans la primaire des socialistes
08:45et de place publique,
08:46il y avait quand même un socle commun.
08:48Là, par exemple,
08:49M. Lissner et M. Rotaillot
08:50disent qu'ils ne veulent absolument pas
08:51travailler avec des héritiers du macronisme.
08:53Vous savez, encore une fois,
08:55on est dans un moment assez inédit.
08:56On parle de la possibilité au deuxième tour
08:58d'avoir la France insoumise
09:00et le Rassemblement national.
09:01Je vais vous dire,
09:02il y a des candidats
09:03avec lesquels j'ai des différences.
09:04D'ailleurs, j'ai des différences
09:05avec tous les candidats
09:06que vous avez évoqués.
09:07Avec David Lissnard,
09:08avec Bruno Rotaillot,
09:09avec Édouard Philippe.
09:09Sinon, je ne serais pas candidat moi-même.
09:11Je pense un peu moins
09:11avec Édouard Philippe
09:12qu'avec les deux précédents.
09:13Il y a toujours évidemment des nuances.
09:14Avec Édouard Philippe,
09:15on a fait partie de la même majorité
09:16jusqu'en 2024.
09:17Donc évidemment,
09:18mais j'ai des différences
09:18avec tous les candidats.
09:19Sinon, je ne serais pas candidat moi-même.
09:20Je n'ai pas le même projet
09:21que les autres.
09:22Maintenant, encore une fois,
09:23je préfère à la fin
09:24que ce soit...
09:25Si ça ne doit pas être moi,
09:26mais je vais me battre
09:27pour que ce soit moi
09:27dans le cadre de cette primaire,
09:28bien sûr,
09:29si ça ne doit pas être moi à la fin,
09:30je préfère que ce soit
09:30l'un de ces candidats
09:31plutôt que Marine Le Pen
09:32ou Jean-Luc Mélenchon.
09:33À bon entendeur,
09:34M. Édouard Philippe,
09:35je voudrais avant d'évoquer
09:36d'autres sujets,
09:36vous faire réagir
09:37à des messages textos
09:38d'Emmanuel Macron.
09:39C'est ainsi à votre endroit.
09:40Durant deux ans,
09:41le président a échangé
09:42sur Telegram
09:43avec la journaliste
09:44Françoise de Gouas
09:45sur son livre s'intitule
09:46« Vous êtes tous trop durs
09:47avec moi »
09:48chez Robert Laffont.
09:49Voici le message
09:50vous concernant.
09:51Alors, message privé
09:52qui devient public,
09:52c'est ainsi.
09:53On lui a trop tout donné,
09:55tout le temps trop.
09:56Il a tort ?
09:58Je vais vous dire,
09:59je pense que
10:00tout ça n'intéresse pas
10:01les Français.
10:01Vous serez un enfant gâté
10:02de la politique
10:03si je traduis les propos
10:04du président.
10:04Vous savez,
10:05les Français sont assez grands
10:06pour juger ce qu'ils lisent
10:07et ce qu'ils entendent.
10:08Autre extrait
10:09sur ceux qui admiraient
10:10le président
10:10avant de se retourner
10:11et c'est assez brut
10:12de décoffrage.
10:13Vous devriez dire
10:14que ce sont tous
10:14des salopards.
10:15Moi, je ne vais pas me mettre
10:16à commenter,
10:17des SMS, etc.
10:18Les Français,
10:19ils jugent.
10:20Ils voient ça,
10:21ils jugent.
10:22Moi, vous savez,
10:23je n'étais pas candidat
10:24pour devenir Premier ministre.
10:25Si le président de la République
10:26est venu me chercher
10:27et m'a demandé de l'aide,
10:28c'est qu'il considérait
10:28que je serais utile au pays
10:31en dirigeant
10:31le gouvernement de la France,
10:32que j'avais un lien
10:33avec les Français
10:34qui le justifiaient.
10:36Je crois avoir montré
10:37dans les huit mois
10:39que j'ai occupé
10:40cette fonction
10:41avant la dissolution,
10:42que j'étais à la hauteur
10:43de cette fonction.
10:45Voilà,
10:45ensuite,
10:45chacun fait ses commentaires
10:47comme il le veut,
10:48quand il le veut
10:49et avec qui il le veut,
10:49manifestement,
10:50y compris avec des journalistes.
10:51Alors,
10:52le débat,
10:52justement,
10:53le débat politique,
10:54je voudrais vous faire
10:55réagir à ces propos
10:56du candidat Édouard Philippe
10:57qui s'est justifié ce matin,
10:58Gabriel Tal.
10:59Il a maintenu
11:00ces propos
11:01sur certains Français
11:02issus de l'immigration
11:02et puis une responsabilité,
11:04dit-il,
11:05dans le pillage
11:06et la casse.
11:06Jean-Luc Mélenchon
11:07a vivement réagi.
11:08Beaucoup l'ont accusé
11:09à gauche de racisme.
11:11Qu'en pensez-vous ?
11:12Moi,
11:13je pense que c'est
11:13des débats permanents
11:15et sans fin
11:15qui ne mènent en fait
11:16jamais à rien.
11:17C'est-à-dire ?
11:18Pour moi,
11:19j'ai eu l'occasion
11:20de vous le dire,
11:21d'ailleurs,
11:21quand j'étais invité
11:21dans votre émission
11:22il y a quelques jours
11:24ou quelques semaines,
11:26pour moi,
11:26ce qui s'est passé
11:27le 17 octobre,
11:28c'est le reflet
11:29d'une bascule
11:30civilisationnelle
11:30qui est pour moi
11:31la perte
11:32de toute notion
11:33d'autorité
11:33et du respect
11:34des règles
11:35et du respect
11:35des règles de la République
11:36dans une partie
11:37de la jeunesse.
11:38C'est ça,
11:38la réalité.
11:39C'est ça,
11:39aujourd'hui,
11:40le sujet.
11:41Et c'est pour ça
11:41que je suis autant engagé
11:42sur la réforme
11:43de la justice pénale
11:44des mineurs,
11:45sur le retour
11:46à un cadre d'autorité,
11:47sur la mise en œuvre
11:48de sanctions,
11:49parce que c'est ça
11:49le fond du sujet.
11:50Et par ailleurs...
11:51Donc vous pensez
11:51que parler de Français
11:52issus de l'immigration
11:53qui auraient une responsabilité
11:54dans ces pièges
11:54et cela casse,
11:55c'est hors sujet ?
11:57Moi,
11:57ce que je vous dis,
11:58c'est que pour moi,
11:58le sujet majeur
11:59qu'on a réglé en France,
12:01pour tous les Français,
12:03qui qu'ils soient,
12:04quelle que soit leur histoire,
12:06c'est la question
12:07de l'autorité
12:07et de la lutte
12:08contre la délinquance
12:09des mineurs.
12:09Mais est-ce que dire ça,
12:10c'est être raciste
12:10comme le dit la gauche ?
12:12Encore une fois,
12:12moi, je ne rentre pas
12:13dans ces débats-là.
12:13Pourtant,
12:14c'est le débat aussi
12:15qui anime deux candidats
12:16et pas des moeurs.
12:17Mais oui,
12:17mais vous savez,
12:17derrière ces débats,
12:18il y a aussi des Français
12:19qui, encore une fois,
12:20parfois ont des origines,
12:21ont une histoire,
12:22qui sont heurtés par...
12:23Ils sont stigmatisés,
12:24selon vous ?
12:24En tout cas,
12:25il y a des Français
12:25qui peuvent être heurtés
12:26par ce type de débat.
12:27Et surtout,
12:27moi,
12:27ce qui m'intéresse,
12:28vous savez,
12:28c'est les débats
12:29qui sont utiles
12:29pour changer le quotidien
12:30des Français
12:31et pour améliorer les choses.
12:32Je pense que c'est plus utile
12:33de parler de comment
12:34est-ce qu'on punit
12:35les délinquants,
12:35comment est-ce qu'on remet
12:36l'autorité,
12:37le respect des règles
12:37dès le plus jeune âge
12:38pour tous les Français
12:39d'où qu'ils viennent
12:39et moi,
12:40je ne les trie pas
12:42plutôt que de rentrer
12:43dans ces débats.
12:43Et par ailleurs...
12:44Mais qui les trie ?
12:45Votre phrase,
12:46qui les trie ?
12:46Mais encore une fois,
12:47sur des débats
12:48qu'on peut entendre.
12:50Et par ailleurs,
12:50ça vient masquer
12:52aussi des vrais sujets.
12:54Par exemple,
12:55ils sont devenus quoi
12:55les casseurs
12:56et les pilleurs du 17 octobre ?
12:57On a eu des chiffres au début.
12:58Vous avez les derniers chiffres ?
12:59Oui, effectivement.
13:00On a eu au début,
13:01il y a eu des chiffres,
13:01il y avait quelques centaines
13:02d'incarcération
13:03sur des milliers
13:04et des milliers de personnes
13:05qui ont été mises en cause.
13:06Qu'est-ce qu'ils sont devenus ?
13:07Mais qu'est-ce que vous entendez ?
13:08Vous sous-entendez ?
13:09Soit ils sont responsables
13:10de leurs actes,
13:11soit ils ont été du journais.
13:11Mais je ne sous-entends rien.
13:12Je dis que tout le temps
13:14qu'on passe sur ces débats
13:15qui ne mènent à rien,
13:16on ne le passe pas
13:17sur des débats
13:17qui sont fondamentaux
13:18et notamment le débat
13:19de savoir comment est-ce
13:20qu'on rehausse
13:21notre niveau de sanction
13:21et de lutte contre la délinquance
13:23face à ceux qui cassent,
13:24face à ceux qui pillent,
13:25d'où qu'ils viennent
13:26et qui qu'ils soient.
13:27Mais vous estimez donc
13:27que quand on dit
13:28qu'il y a un défaut d'intégration,
13:30ce n'est pas un vrai sujet ?
13:30Moi, je n'ai jamais eu peur
13:31des débats.
13:32Vous le dites aussi ?
13:32Il y a un défaut d'intégration ?
13:33Quand je suis arrivé à Matignon,
13:35j'ai fait ma déclaration
13:36de politique générale.
13:37J'ai parlé de la question
13:38de l'immigration,
13:39j'ai dit qu'il fallait
13:39accueillir moins
13:40pour accueillir mieux.
13:41Je n'ai jamais eu de problème
13:42avec tous ces débats-là.
13:43Ce que je dis,
13:43c'est que dans le moment grave
13:45que nous vivons aujourd'hui
13:45face au traumatisme
13:47qu'ont constitué les pillages
13:48et les émeutes le 17 octobre,
13:50le vrai sujet aujourd'hui,
13:51c'est celui du rapport
13:52à l'autorité,
13:53du respect des règles,
13:54du respect de la République
13:56et de la lutte
13:57contre la délinquance
13:58des mineurs
13:59qui est un sujet permanent.
14:00C'était aussi ma priorité.
14:01J'avais dit
14:01tu casses, tu répares,
14:02tu salis, tu nettoies,
14:04tu défies l'autorité,
14:05on t'apprend à la respecter.
14:06Et moi, je vous ai répondu
14:07parfois, tu casses, on paye.
14:08Bien sûr,
14:09mais c'est ça
14:10que j'ai voulu changer.
14:10J'ai fait un projet de loi
14:11avec mon gouvernement
14:12justement pour un tournant sécuritaire
14:14sur la délinquance des mineurs.
14:15Malheureusement,
14:16la dissolution nous a empêchés
14:17de le faire adopter
14:18à l'Assemblée nationale.
14:18Et ma question, M. Attal,
14:19est-il un défaut d'intégration ?
14:22Je voudrais bien
14:22de vous redire
14:23ce que j'avais dit.
14:24Il faut accueillir moins
14:25pour accueillir mieux.
14:26Mais est-ce qu'il y a
14:26un défaut d'intégration ?
14:27Est-ce qu'on peut le dire ainsi ?
14:28Ou est-ce que c'est une parole
14:29aujourd'hui qui tombe
14:30au-delà de quel sens ?
14:31Évidemment qu'aujourd'hui,
14:32on n'est pas bon
14:33ni sur la gestion de l'immigration
14:35ni sur la gestion de l'intégration.
14:37C'est une évidence.
14:37Mais je n'ai jamais eu peur
14:38de le dire.
14:38Je l'ai dit quand j'étais à Matignon.
14:39Je l'ai dit dans différentes fonctions.
14:42Vous saluez Jean-Michel Blanquer.
14:42J'en profite pour saluer
14:43votre invité, Jean-Michel Blanquer.
14:45Jean-Michel Blanquer, bonsoir.
14:46Merci d'être là.
14:47Ancien ministre de l'Éducation nationale
14:48et qui publie un livre
14:49dont nous allons parler
14:50sur la démocratie et la fureur.
14:52Et nous allons parler de la jeunesse
14:53puisque vous avez accepté
14:54de dialoguer avec l'une des figures
14:56de la syndicale de la jeunesse.
14:58Merci, Gabriel.
14:59Peut-être un échange
15:00puisque vous avez été
15:01tous deux ministres de l'Éducation.
15:03Un mot sur la jeunesse.
15:04Aujourd'hui, s'il y avait un message,
15:06est-ce qu'on peut être encore
15:07porteur d'un message d'espoir
15:08quand il y a tant de revendications,
15:10de colères et pour certains,
15:11pour certains, de haine ?
15:12Moi, je dirais qu'on doit être
15:14porteur d'un message d'espoir.
15:16Parce que derrière les revendications
15:17des jeunes,
15:17il y a des choses extrêmement concrètes
15:19sur l'état des bâtiments,
15:21sur la question du remplacement
15:22des professeurs absents,
15:24qui est un sujet
15:24qui nous a beaucoup mobilisés
15:25et Jean-Michel Blanquer
15:26et moi-même ensuite.
15:27Mais il y a surtout pour moi
15:28une vraie angoisse
15:29vis-à-vis de l'avenir.
15:30Moi, je ne crois pas
15:31que les jeunes n'aient plus envie
15:32de faire d'efforts,
15:33qu'ils n'aient plus envie d'étudier,
15:34qu'ils n'aient plus envie de travailler.
15:34Je pense, en revanche,
15:35qu'ils ont un vrai doute
15:36sur le fait de savoir
15:37si leurs efforts
15:39leur permettront d'avoir un emploi,
15:40leur permettront de fonder une famille,
15:41leur permettront de vivre
15:42aussi bien qu'ont vécu
15:43les générations précédentes.
15:44Et donc, on doit leur donner espoir.
15:45On doit leur montrer
15:46que la France,
15:47elle peut être à l'avant-garde
15:48de la révolution
15:49de l'intelligence artificielle,
15:50de la transition climatique
15:51et de la transition énergétique.
15:52Attention, parce que je suis à deux doigts
15:53de vous dire
15:53que ne l'avez-vous fait ?
15:54Alors là, ce sont des grands défis.
15:56Mais vous êtes candidat.
15:57Regardez ce qui s'est passé
15:58ces dernières années.
15:59En 2017, en 2022,
16:01Tchadjipiti n'existait même pas encore
16:03quand le président était élu
16:04et réélu.
16:04L'intelligence artificielle,
16:05on en parlait dans les films
16:06de science-fiction.
16:07Le dérèglement climatique
16:08était déjà là,
16:09mais ces manifestations concrètes...
16:10Parcoursup,
16:11attendez, j'y viens.
16:11Je sais que Jean-Michel Blanquer
16:12va défendre...
16:13Mais je le défends aussi
16:14parce que moi, je vous dis,
16:15derrière le débat sur Parcoursup,
16:17il y a une forme d'hypocrisie
16:18parce que le vrai débat,
16:19c'est celui de la sélection
16:20à l'université
16:21qu'une partie de la classe politique
16:24et notamment la France insoumise
16:25a refusé depuis le départ
16:27quand ça a été mis en place.
Commentaires