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Le maire de Béziers, Robert Ménard, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Notre invité dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Robert Ménard.
00:03Bonjour à vous, bienvenue.
00:04Bonjour, Mère de Béziers.
00:06Grosse journée de manifestation ce 5 novembre avec les syndicats, un appel à la grève générale,
00:10jusqu'à 700 000 personnes attendues dans les rues et des commerçants qui se barricadent.
00:14Comment est-ce que vous expliquez un tel mouvement social à 5 mois d'une échéance présidentielle ?
00:19Est-ce que c'est du jamais vu ?
00:21Je ne sais pas si c'est du jamais vu, est-ce que j'ai la mémoire pour ça ?
00:24Ce que je constate, c'est qu'il y a deux choses.
00:26D'abord, il y a des vrais problèmes pour les gens.
00:29Il ne faut pas faire attention de séparer les choses.
00:32Il y a les violences et puis il y a des gens qui vont manifester.
00:35Moi, chez moi, comme partout ailleurs, il y en aura.
00:38Et ils ont de vraies raisons de manifester.
00:40La vie chère ?
00:41La vie chère, mais vous voyez ce que c'est.
00:42Le sentiment de précarité qui n'est pas un sentiment ?
00:44Mercredi matin, j'étais avec les viticulteurs.
00:48Chez moi, c'est des viticulteurs et tout.
00:50Les types étaient dans un état de désespérance.
00:53Vous ne pouvez pas ne pas entendre ça.
00:55Après, tu en penses ce que tu veux, mais d'abord, tu commences par écouter.
00:58Donc, il y a ça.
00:59Les lycéens, oui, ils ont de vraies raisons et tout ça.
01:02Alors ça, c'est tout à fait légitime et tout.
01:04Là-dessus, il y a des gens qui jettent de l'huile sur le feu.
01:07Vous vous doutez bien qu'ils n'en ont rien à foutre des revendications des gens.
01:11Moi, je vous lis, ils s'en foutent et contre vous.
01:13Pour la France insoumise, l'extrême-gauche, des gens qui attisent ça.
01:18Et aujourd'hui, même les gilets jaunes, regardez les gilets jaunes.
01:21Enfin, vous les avez connus, moi, je les ai connus.
01:23C'était quand même très apolitique.
01:26La première fois, là, même leurs revendications, tu tombes à la renverse.
01:31C'est que des revendications politiques.
01:33Alors, tu as ça et puis tu as en face des gens qui sont incapables d'avoir une réponse.
01:40Quand vous demandez quelque chose à quelqu'un, si je vous demande à vous quelque chose,
01:43c'est que je pense que vous avez la possibilité de me dire oui ou merde, mais de me dire
01:46quelque chose.
01:47Le gouvernement, il peut dire quoi ?
01:49Vous avez vu le budget, il a été rejeté à l'unanimité.
01:54C'est-à-dire la démagogie qui règne à l'unanimité.
01:58Et qu'est-ce que vous voulez ?
01:59Vous n'allez pas demander des choses à des gens qui sont dans l'impossibilité de vous répondre.
02:03D'accord, mais ce que vous dites, Robert Ménard, c'est que la France insoumise, pour vous,
02:05elle larme moralement ceux qui viennent semer le trouble dans les manifestations,
02:10pas les manifestants qui veulent protester contre la vie chère.
02:13Parce que vous en doutez, parce que vous les avez entendus condamner la violence,
02:16parce qu'ils passent leur vie à justifier, ils ont toujours passé leur vie à justifier les exactions.
02:22Vous savez, ah, ces petits chéris, c'est vrai que quand tu vis dans un climat,
02:26dans un quartier difficile, parce que tu vis dans un quartier difficile,
02:29et même parce que tu es pauvre, tu te comportes comme un sagouin.
02:33Non, mais vous avez vu, moi, je connais, moi, quand je suis arrivé en France, j'étais dans l'Aveyron.
02:37Vous savez, la pauvreté de l'Aveyron, et honnêtement, ils cassent dans l'Aveyron.
02:40Non, c'est plus compliqué de vivre dans l'Aveyron que vivre dans le 9-3.
02:44Je vous le dis tout de suite.
02:45Tu es plus loin de tout dans l'Aveyron que le 9-3.
02:48Et ils cassent ? Non, ils ne cassent pas.
02:49Mais qu'est-ce que c'est ?
02:50Quel mépris, quel mépris pour les gens que d'expliquer,
02:54parce que tu as des situations difficiles, parce que tu es pauvre, parce que c'est compliqué,
02:59que tu casserais ?
03:01Ben non, mais vous savez, souvent, les gens les plus scandalisés, en tout cas chez moi,
03:05par rapport aux casseurs, c'est les gens, les honnêtes gens, les petites gens,
03:09qui se disent, mais enfin, qui va finalement payer ?
03:11Les commerçants qui se parricadent aujourd'hui, partout dans les centres-villes.
03:15Mais la pire des choses, c'est que même s'il n'y a aucune casse un samedi,
03:20il y a un tel climat, vous allez faire vos courses, vous, le samedi ?
03:24Attendez, moi, je discutais avec des gens qui me disaient, il y a 90% de moins d'acheteurs dans
03:30les commerces.
03:31Et je vous signale qu'on est à la veille de Noël, et que c'est pour un commerçant un
03:35truc stratégique.
03:37Et puis, enfin, attends, c'est dégueulasse.
03:39Enfin, commerçant, le type, toute sa vie, souvent, mes parents étaient commerçants,
03:43tout leur argent, enfin, en gros, pour parler franchement, leur argent, c'était leur commerce.
03:47Je vous fais court.
03:48Tu casses leur commerce, qu'est-ce qu'il te reste pour vivre ?
03:51Qu'est-ce qu'il te reste pour vivre ?
03:52Il y a aussi les forces de l'ordre, Robert Ménard, 70 000 gendarmes et policiers déployés sur le terrain.
03:59Évidemment, il faut éviter un nouveau 17 octobre.
04:02Ils sont en première ligne, ils sont les cibles en permanence des slogans hostiles, notamment de la jeunesse.
04:09Ça, c'est le fruit de quoi ? D'années et d'années d'intoxication intellectuelle ?
04:12De salopards qui récontent, qui disaient, redisaient, la police tue.
04:17Il y a eu plus de 1 300 policiers, gendarmes et pompiers.
04:22Vous savez, pompiers, ça fait rêver nos enfants.
04:25Vous vous rappelez, moi, je me rappelle.
04:26Vous savez, on a tous eu des voitures de pompiers.
04:281 300 blessés.
04:30Même, on est plus, on est pratiquement à 2 000.
04:33Donc, pire, pire pour ce que je voulais dire.
04:36Et vous vous rendez compte ?
04:37Et il y a des gens qui expliquent qu'au fond, c'est eux qui seraient fautifs de je ne
04:42sais pas quoi.
04:43On a tous vu ces images, vous avez vu le feu qui prend, en l'occurrence, c'est un gendarme.
04:48Un gendarme.
04:49Vous vous rendez compte ?
04:50Je vais vous dire quelque chose.
04:52Moi, je suis étonné de leur calme.
04:55Je suis étonné, au policier, de leur retenue.
04:57Vous n'êtes pas étonné ?
04:58Si.
04:59Je salue leur sans-femme.
05:01Ah, mais attendez, mais moi, je les vois, je les connais.
05:03En plus, quand t'es maire, tu vas les saluer et tout ça.
05:05Je me dis, mais les mecs, ils sont héroïques.
05:07Les types les insultent, leur jettent des trucs sur la figure, les menacent.
05:12Et eux, ils font tout pour blesser personne.
05:15Enfin, attendez.
05:16Et oui, il y a de temps en temps, oui, de temps en temps, il y a un problème et
05:20un truc qui est regrettable.
05:21Pour celui qui a une main qui a perdu.
05:23Et dont ils doivent rendre compte et ils le font devant l'IGPN.
05:25Attendez, mais madame Ferrari, ils en rendent compte.
05:28Il n'y a personne qui est aussi surveillé que les policiers ou les gens.
05:35Personne, personne.
05:36On ne commence pas à me casser les bonbons sur ils font ce qu'ils veulent et tout ça.
05:40Moi, je trouve que juste, il faut d'abord leur dire merci, les remercier et leur dire qu'on est
05:47derrière eux.
05:48Attendez, vous avez vu de nouveau la France Assoumise.
05:50Tu as un problème entre un petit abruti et un policier.
05:55Spontanément, c'est le petit abruti qui a raison quand tu es à la France Assoumise.
05:59Non, moi, pardon, ça doit être un peu con.
06:02Spontanément, c'est du côté quoi ?
06:04Vous, non.
06:04Du côté de quoi ?
06:05Du policier.
06:06Parce que le policier, il me protège, madame.
06:07Et il protège les gens, les gens qui doivent être protégés.
06:11C'est juste ça, la réalité.
06:12Robert Ménard, il y a eu aussi un polémique autour des propos d'Edouard Philippe qui voulait qualifier ce qu
06:20'il avait vu lors de ses manifestations.
06:22Il dit qu'il y avait une surreprésentation des jeunes issus de l'immigration dans ces violences.
06:26Jean-Luc Mélenchon a estimé que c'était des calomnies racistes.
06:30Et Edouard Philippe lui a répondu que non, en fait, il faut avoir des débats sur ces sujets-là, notamment
06:35sur l'intégration.
06:37Il propose d'ailleurs un débat à Jean-Luc Mélenchon sur les sujets d'immigration et d'intégration.
06:40Vous lui dites quoi ?
06:41Chiche, allez-y, débattez tous les deux.
06:43Mais attendez, mais bien sûr que c'est un des problèmes centraux de ce pays.
06:48Et si le Rassemblement national a les scores stratophériques qu'il a en ce moment, c'est parce que pendant
06:56des années, y compris, y compris, Edouard Philippe, refusait de parler de ça.
07:01Non, mais attends, disons-le.
07:02Enfin, je veux dire, moi, je suis content qu'il le dise maintenant, mais attendez, il n'a pas été
07:06trois ans.
07:06Il se réveille un peu tard ?
07:07Il n'a pas été trois ans, Premier ministre, ce garçon, et tout ça.
07:10Et ça n'existait pas, au même moment, ce n'est pas lui et son gouvernement qui vous expliquaient que
07:15dire ça, c'était être le facho de service.
07:18Bien sûr qu'il y a un problème.
07:19Attention, moi, je n'ai jamais dit, attendez, en plus, moi, je suis dans une ville où l'immigration est
07:22tellement importante que je connais, que je connais, je me fais élire, y compris, évidemment, par les gens issus de
07:28l'immigration.
07:29Moi, je n'ai jamais dit, et je ne crois pas qu'Edouard Philippe, ou qui que ce soit, dise
07:33les immigrés, c'est eux la cause des violences.
07:36Mais c'est vrai, enfin, c'est vrai qu'il y a une surreprésentation.
07:39Non, après, tu essayes de trouver une explication.
07:42Moi, chaque fois, je m'en gueule là-dessus.
07:44Je les prendrai par la peau des fesses, je vous le dis à les gens.
07:47Je les amènerai dans des prisons, voir si ce n'est pas vrai qu'il y a une surreprésentation des
07:51gens ici de l'immigration.
07:52Comment on en arrive là ?
07:53Mais on en arrive là en partie par notre faute.
07:56Quand tu as honte de ce que tu es, quand tu as honte de la France, quand tu as honte
08:00des forces de l'ordre,
08:01quand tu passes ton temps à dire du mal des forces de l'ordre, de la France, de tout ce
08:05qu'on est,
08:05mais comment tu veux que les gens aient envie de devenir ça ?
08:08Vous avez, vous, envie de devenir, prendre pour modèle, quelqu'un qui vous dirait
08:12« Je suis moche, je suis con, je suis un salaud. Ah non, tiens, ça va être mon héros. »
08:16Bien sûr que non.
08:17Donc le sujet, c'est l'intégration ou c'est la régulation de l'immigration pour vous, Robert Ménard ?
08:21On n'intègre pas, on n'intègre pas quand on reçoit 400 à 500 000 personnes par an.
08:28On n'intègre pas. C'est trop de gens.
08:31Et je le dis, y compris pour les gens qui ont fait le pari, le choix, qui ont mis la
08:36voule,
08:36qui se sont battus, battus pour être intégrés. Il y en a plein.
08:40Moi, je connais plein de gens, y compris des gens chez moi que je connais,
08:44qui me soutiennent, avec qui je fais un certain nombre de choses.
08:47Ce n'est pas facile d'arriver dans un pays. Moi, je le sais parce que je vais beaucoup travailler
08:52à l'étranger.
08:53Arriver en France, être noir ou arabe, ce n'est pas facile. Ce n'est pas facile.
08:59Et ceux qui ont fait cet effort-là, qui se sont pliés aux règles communes,
09:05ces gens-là, c'est les premiers, demandez-leur, à ne pas vouloir une immigration à 400 ou 500 000
09:10personnes
09:11parce qu'ils n'ont pas envie d'être confondus avec ceux qui ne veulent pas,
09:16ou qui n'ont pas pu souvent, qui ne veulent pas s'intégrer.
09:19Mais on peut dire les choses l'une et l'autre.
09:21On peut dire à la fois, il y a des gens formidables dans l'immigration,
09:24on en connaît tous, et il y a des gens dont on a besoin et tout ça.
09:27Et puis, ça tombe de petits salauds.
09:29Et ce n'est pas essentiel.
09:31Mais ce débat-là, il est confisqué aujourd'hui, Robert Renard.
09:34Raciste.
09:35L'étiquette, c'est raciste.
09:37Pendant longtemps, tu ne pouvais même pas le mener.
09:40C'était interdit.
09:41Interdit, mais y compris dans les médias, pardon de vous le dire.
09:44Interdit des médias, d'un certain nombre de médias où tu ne pouvais pas.
09:46Je ne vais pas citer un certain nombre de médias
09:48où moi, je me suis fait jeter parce que je parlais de ces questions-là.
09:51Ça a changé maintenant.
09:52Même les médias les plus mainstream, je ne sais pas comment il faut dire,
09:56ils arrivent à aborder ces questions-là.
09:58Bien sûr, bien sûr qu'un, il faut l'aborder.
10:01Deux, pardon madame, il faut apporter des réponses.
10:04Il faut aborder des réponses.
10:05Alors oui, l'ancien Premier ministre a raison de le poser,
10:08mais enfin, attendez, il y a 40 ans qu'ils auraient pu s'en occuper un peu plus.
10:12Donc, le débat, s'il doit avoir lieu entre Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe,
10:16oui, Banco, il se tiendra, il devrait se tenir.
10:19Je pense que le vrai débat, il ne devrait pas être intéressé que ces deux-là,
10:24parce qu'il y en a d'autres à qui je voudrais poser la même question.
10:26Alors, qui par exemple, Robert Mélenchon ?
10:27Mais le reste de la gauche.
10:28Pourquoi le reste de la gauche, ils ont beaucoup mieux sur ce terrain-là ?
10:31Alors, ils ne vous traitent pas de nazi, mais enfin, moi, longtemps.
10:34Attends, je vais vous dire un truc terrible.
10:35Bon, pendant mon premier mandat, il n'y avait pas un mec des Républicains
10:40qui venait à Béziers.
10:41Pas un seul.
10:42Ce n'est pas vrai.
10:44François-Xavier Bellamy, le seul qui a foutu les pieds.
10:47Parce que, attendez, c'était le même tonneau.
10:49Parce que vous aviez l'étiquette.
10:50Mais attendez, parce que je parlais comme je parle de l'immigration.
10:53En plus, putain, comment oser me dire ça ?
10:55Moi, je me suis battu toute ma vie pour des gens issus d'immigration dans ces pays-là.
10:59Les mêmes qui n'ont pas levé leur cul de leur chaise
11:01et qui viennent te donner une leçon de qu'est-ce qu'il a fait ?
11:05Qu'est-ce qu'il a fait, Jean-Luc Mélenchon,
11:07pour défendre des gens qui étaient menacés par leur liberté ?
11:09Qu'est-ce qu'il a fait ?
11:10Il est allé se battre.
11:11Il les a défendus.
11:13Il s'est mouillé.
11:15Il a pris des risques physiques, concrets.
11:18Pas long, mon avis.
11:19Et maintenant, le mec, il vient te faire une leçon de morale.
11:21Non, mais tu plaisantes.
11:22Mais vous réalisez bien, Robert Ménard,
11:25le niveau de violence qui monte,
11:26la conflictualisation du débat autour de ces questions-là,
11:30au sein même des rédactions.
11:31Nos journalistes sont pour se chasser comme des proies dans les manifestations désormais.
11:35Les filles demandent la fermeture de ces news.
11:37On bascule, encore une fois, dans autre chose quand on en arrive là,
11:40quand on demande la fermeture d'une chaîne.
11:42Mais madame, je n'imaginais pas un jour
11:44qu'on puisse discuter de ça tous les deux ici.
11:47Moi, je pensais qu'au fermé des médias,
11:49au fin fond d'un régime dictatorial,
11:54en Afrique ou en Amérique latine ou en Asie,
11:57je ne croyais pas qu'ici, dans ce vieux pays,
12:00il y ait 800 000 personnes qui signent une pétition,
12:05en gros, pardon, puisqu'on est ici,
12:07pour vous dire maintenant, vous la fermez,
12:08on va arrêter avec vous, on ne veut plus vous entendre.
12:11Et il n'y a pas une mobilisation de toute cette profession.
12:15Alors, je n'aime pas dire ça parce que c'est pas...
12:17Pourquoi je n'aime pas dire ça ?
12:18Parce que ce n'est pas l'affaire des journalistes.
12:21Ce n'est pas que l'affaire des journalistes.
12:23Ce n'est pas votre affaire.
12:24Moi, je vous aime beaucoup,
12:26mais dans l'absolu,
12:27je n'ai pas de solidarité corporatiste avec vous.
12:30Je m'en fous de ça.
12:32Sauf que moi, j'ai envie d'entendre des points de vue différents.
12:35Attendez, mais moi, je suis un monsieur qui a l'âge qu'il a.
12:38Je me rappelle les médias.
12:39Vous êtes trop jeunes.
12:40Je me rappelle les médias, ce que c'était il y a 50 ans dans ce pays.
12:43À ça, tu n'entendais qu'un son de cloche.
12:45Moi, je trouve que c'est bien.
12:46CNews peut m'exaspérer.
12:47Tant, ça m'exaspère.
12:49Je trouve formidable que ça existe.
12:52Mais je trouve formidable que l'humanité existe.
12:54En plus, c'est eux qui viennent te faire une leçon de morale.
12:56L'humanité, tu hallucines après ce qu'ils ont dit
12:59pendant toute leur vie et une vie de dizaines d'années.
13:01Non, il faut se battre.
13:03D'abord, je suis sidéré, quand même, malgré cette prudence,
13:06que les rédactions ne se mobilisent pas tous ensemble
13:08parce que l'idée, ça commence par CNews.
13:11Nous, on est à l'extérieur de ça.
13:12Vous avez vu, même à France Inter, même TF1,
13:16Anne-Marie Coudray, il la montre du doigt.
13:18Anne-Claire.
13:19Anne-Claire, Coudray, pardon.
13:20Il la montre du doigt et tout.
13:21Mais personne n'échappera à ça.
13:24Aujourd'hui, il y a une stratégie de la part de la France insoumise
13:28qui consiste à dire, vous êtes avec nous
13:30ou vous êtes contre nous et donc vous êtes des fachos.
13:33Et cette logique, cette logique qui fait qu'ils gagnent des voix,
13:37ça s'appliquera à tous les médias.
13:39Ils seront tous sommés, ceci, cela, tu reçois ceci, tu ne reçois pas celui-là.
13:45Mais attendez, et des médias pensent qu'ils vont échapper à ça
13:48en faisant le dos rond, en disant,
13:51oh, on va leur donner un petit peu quelque chose.
13:53Mais non, il ne faut rien donner du tout.
13:54Il faut être solidaire.
13:55Mais après, ça ne se découpe pas, madame.
13:58Ça ne se découpe pas en rondelles.
14:00Tu es pour la liberté de l'Espresse, la totalité,
14:02comme la liberté d'expression, où tu es contre.
14:04Ça ne se découpe pas.
14:05Tu ne dis pas, ah oui, ça, un petit peu, je suis là.
14:07Non, non, je suis là, on ne va pas le recevoir.
14:08Mais on va te faire voir.
14:09Et ça concerne tous les Français, vous le dites, avec raison.
14:1277% d'entre eux estiment que certaines opinions
14:14ne peuvent plus être exprimées librement,
14:17selon un sondage CSA, c'est Newsport Europe 1.
14:19C'est-à-dire qu'ils comprennent qu'il y a des débats
14:20qu'on ne peut pas avoir.
14:22Parce que sinon, on est en danger.
14:24On est ciblé, qu'on soit un citoyen lambda ou journaliste.
14:28Mais il ne faut pas accepter ça.
14:30Mais vous vous rendez compte ?
14:31Moi, je pensais que ce qui faisait la grandeur de ce pays
14:36et des journalistes, c'est justement...
14:38Attends, le principe du débat,
14:40ce n'est pas débattre avec des gens qui pensent comme toi.
14:42Parce que la gauche, elle a toujours aimé ça.
14:44La gauche, elle est pour la liberté d'expression,
14:46mais elle veut discuter avec une image
14:48qui lui ressemble en face d'elle.
14:50Et non, Coco, la liberté de la presse,
14:52la liberté d'expression, ces débats discutés, argumentés
14:56avec des gens qui te hérissent le poil,
14:58que tu ne supportes pas, que de temps en temps,
15:00tu te dis, putain, je lui foutrais bien un coup de pied au cul,
15:02mais non, tu ne le fais pas et tu ne dés pas avec lui.
15:05C'est ça, c'est ça qui nous différencie du reste.
15:07Et aujourd'hui, on assiste, vous avez vu, à quelle vitesse ?
15:10En quelques mois, une espèce de radicalisation.
15:13Et il nous reste six mois.
15:15Il nous reste six mois.
15:16Cinq mois, mais ça va être trop long.
15:17Est-ce que tout ça n'est pas fait, au fond,
15:18pour faire monter électoriellement M. Mélenchon ?
15:21Le second tour, Le Pen-Mélenchon,
15:23aujourd'hui, dans les sondages, il est inévitable.
15:26C'est cette affiche-là que vous souhaitez voir en mai 2027 ?
15:30C'est une plaisanterie, votre question ?
15:32C'est une plaisanterie.
15:32Oui, je souhaite voir ça.
15:34Attendez, surtout, je me demande comment les autres,
15:36ils se comportent comme ça.
15:37Mais ils sont abrutis.
15:40Qui c'est les autres ?
15:40Toutes la droite.
15:41Ceux qui ne se mettent pas d'accord ?
15:43Mais ils sont fous, furieux.
15:45Mais qu'est-ce qu'ils attendent ?
15:47Déjà, ils sont tous à moins de 10%, à peu près ça.
15:50Qu'est-ce qu'ils attendent ?
15:51D'être balayés, de ne plus exister ?
15:53Un, il passe devant l'autre, ça y est, il fait le cake.
15:56Ça y est, c'est moi, le nouvel espoir.
15:58Mais il n'y en a aucun.
15:59Il faut une primaire ?
16:00Mais bien sûr qu'il faut qu'ils départissent.
16:04Attends, explique-moi comment tu le fais, comment tu te sépares.
16:07Il faut bien qu'à un moment donné, les gens,
16:08ils disent celui-là plutôt que celui-là.
16:10Mais il faut l'accepter.
16:12Et s'ils ne l'acceptent pas, je vous dis, s'ils ne l'acceptent pas,
16:15ils se suicident.
16:17Aucun d'entre eux ne sera au second tour.
16:19Et après qu'ils ne viennent pas pleurer ou tenter de nous faire pleurer
16:22en disant, ah, vous vous rendez compte, regardez-là.
16:24Donc ils porteront cette responsabilité-là ?
16:26Ils sont en train de la porter.
16:27Donc on parle de quatre personnes, Gabriel Attal, Edouard Philippe,
16:31David Lysnard, Bonnero Taillot.
16:32Oui, les quatre.
16:33Et moi, j'en ai que je préfère à d'autres.
16:35Mais ce n'est pas le problème.
16:36Mon problème, ce n'est pas ça.
16:37Le problème de ce pays, c'est d'avoir une alternative.
16:40Tu n'en as aucune.
16:41Aujourd'hui, il n'y a pas une alternative de gens.
16:44Attendez, je ne dis pas que c'est la même chose.
16:47En gros, qu'est-ce que je dis ?
16:48Je pense qu'on a besoin de quelqu'un qui ait une voix forte,
16:51mais pas hystérique, qui ait une voix forte et respectueuse des choses,
16:56qui pense qu'il faut prendre, comment vous dire,
17:00il y a des décisions importantes à prendre,
17:02des décisions de bon sens,
17:05sans montrer du doigt telle ou telle partie de la population,
17:08mais sans se cacher les problèmes.
17:10Attendez, il est où ?
17:11Il est où ? Elle est où ?
17:12Mais en plus, vous prenez votre bâton de pèlerin,
17:14vous allez les voir.
17:14Vous avez dit, monsieur Retailleau, monsieur Lysnard,
17:17vous arrêtez là, je ras-le-bol.
17:19Il ne veut rien entendre ?
17:20Je leur parle à tous, je déjeune avec certains d'entre eux,
17:24je discute, je leur propose même des textes,
17:27vous vous rendez compte ?
17:28Je leur envoie un texte,
17:29c'est ça pour être ça la charte sur laquelle on pourrait se...
17:33Ils ne veulent pas, ils pinaillent et tout.
17:36Comment vous dire ?
17:37Avec ce qui se passe, avec tout ce qu'on vient de dire, madame,
17:40vous ne pinaillez pas sur l'article 23 alinéa 2
17:44de la future charte de bonne conduite.
17:47Donc il faut se mettre d'accord quand, Robert Mellard ?
17:49Maintenant.
17:49Et il faut dire, on va discuter tous ensemble,
17:54mais après, on se met derrière celui qui est plus en tête.
17:57Moi, je suis prêt, c'est un peu ça quand même,
18:00la politique, à un moment donné,
18:02tu es prêt à soutenir un type.
18:03Si je devais soutenir que des gens qui sont 100% d'accord avec moi,
18:06je me soutiendrais moi-même.
18:08Mais je ne vais pas faire la discussion avec d'autres.
18:10Donc vous n'allez pas rajouter votre candidature
18:12à des nombreuses qui animent le bloc.
18:15Aujourd'hui, c'est juste ridicule.
18:17On va essayer, essayer de trouver une façon de les partager à un certain nombre de gens.
18:24De temps en temps, pour certains, tu ne sais même pas ce qui les sépare.
18:27Et juste d'apporter une réponse qui arrive à convaincre les gens.
18:30Les gens, ils sont, madame, les gens, ils sont désespérés.
18:33Et ils ont besoin d'espoir.
18:34Ils ont besoin d'espoir.
18:35Et de gens qui aient du courage.
18:37On ne peut pas, seul, de la volonté et du courage.
18:40Et vous avez été marqué par le film Jean Moulin qui est sort cette semaine.
18:43Ça, c'est un message d'espoir.
18:44Je ne l'ai pas encore vu, je dirais ce week-end.
18:46Il faut aller le voir.
18:47Et ça, ça redonne...
18:49D'abord, il est de baiser, vous savez, il y a sa maison.
18:52Si vous venez une fois baiser, je vous fais visiter l'appartement de Jean Moulin.
18:54Et je suis sûr que vous serez émus.
18:57Moi, j'ai été bouleversé par le film.
18:59Parce qu'il te dit ça, le film.
19:00Il te dit qu'à un moment donné, madame, à un moment donné, c'est que le courage.
19:05Et face à la peur, et là, c'est une peur multipliée par mille par rapport à tout ce qu
19:09'on vient de dire,
19:10le courage, c'est la plus belle des vertus.
19:12La volonté, le courage, le fait.
19:15La capacité, au fond, c'est la même chose pour les politiques.
19:18De se dire qu'il y a des choses qui sont mieux que toi.
19:22Pour Jean Moulin, c'est mieux que ta vie, madame.
19:24Que sa vie, vous vous rendez compte, la peur, la torture, tu te dis...
19:29Et ça, c'est le pays.
19:31C'est ce pays-là qui peut se réveiller.
19:34Il le fait, oui, parce qu'il se dit, mon silence, il protège pas seulement mes amis,
19:41mais il protège l'avenir de mon pays.
19:44Et ça, il faut que tous ces carnés-là, qui ne sont pas foutus de se mettre d'accord,
19:49qu'ils aillent voir ça, qu'ils aillent voir comment, à un moment donné,
19:52ton égo, tu le fais taire, tu le fais taire.
19:55Il y a des choses qui valent mieux que nous.
19:56Moi, j'essaie de dire ça.
19:57Vous n'essayez pas de dire ça à vos enfants ?
19:59Moi, j'ai dit, mais chérie, à un moment donné,
20:01il y a des choses qui sont plus importantes que toi.
20:04Alors, c'est un peu pompeux.
20:05Enfin, j'avais toujours peur d'être pompeux.
20:07Oui, la France, elle vaut mieux que nous.
20:09Merci beaucoup, Robert Ménard, pour ce cri du cœur.
20:12Merci à vous.
20:13Bonne journée sur CNews et sur Europe 1.
20:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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