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  • il y a 2 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:03Il est 13h41, merci de nous rejoindre sur Europe 1.
00:06La suite d'Europe 1 Info, c'est avec vous, Clélie Mathias et vos deux chroniqueurs.
00:09Le journaliste politique au journal du dimanche et rédacteur en chef de l'infiltré, pardon,
00:13Jules Therès et chroniqueur politique et communicant Jean-Michel Salvatore.
00:17On reprend notre débat sur la droite et le centre.
00:19Emmanuel Macron, lui, juge les candidats inaudibles selon le Figaro.
00:22Et il envisage quoi ?
00:23C'est de quoi il parle.
00:24Il envisage quoi ? Jules, vous allez avoir la parole.
00:26Une coalition allant de Raphaël Guxman à David Lismar pour déjouer le duel Le Pen-Mélenchon.
00:32Olivier Delagarde en a parlé ce matin dans sa revue de presse sur Europe 1.
00:35Dans sa solitude, Emmanuel Macron a eu une idée.
00:39Si au 15 décembre, aucun candidat du Bloc central n'a creusé franchement l'écart,
00:43il faudra organiser une coalition pour trouver un programme minimum commun
00:48et surtout s'entendre sur un nom unique de candidat chargé de porter ce projet.
00:53Facile, il suffisait d'y penser.
00:55Ce n'est pas exactement la définition du macronisme, Jean-Michel Salvatore ?
00:59Si, mais c'est surtout l'assurance qu'il ne se passera rien dans les 5 ans qui viendront.
01:04Parce que, imaginons qu'on fasse une grande primaire entre Lissnard et Glucksmann,
01:08comme on le disait tout à l'heure.
01:10Imaginons que ce soit Glucksmann qui soit choisi.
01:14Évidemment que tous les gens de droite qui l'auront soutenu diront
01:17mais attends, non, tu n'es pas là pour faire la politique du Parti Socialiste
01:19puisqu'on t'a tous soutenu, donc il faut que tu fasses une politique minimale.
01:23Et à l'inverse, si c'est Retailleau qui est choisi,
01:26vous aurez les socialistes qui par définition auront, par hypothèse, voté pour lui,
01:30qui diront, ben non, donc c'est l'assurance de l'immobilisme absolu.
01:35Et surtout, en fait, quand Emmanuel Macron avait proposé ça en 2017,
01:38lors de son premier mandat, c'était pour éviter la montée des extrêmes.
01:42Et qu'est-ce qu'on a de 10 ans après ?
01:45Le bilan du macronisme, c'est en effet d'avoir donné du carburant électoral
01:50à Marine Le Pen et à Jean-Luc Mélenchon.
01:51Donc c'est pour ça que je pense que ces gens-là ne peuvent pas être bien placés pour...
01:56Et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils sont à 4, 6 et 9% dans les sondages.
01:59C'est-à-dire que les Français n'ont pas confiance en eux pour endiguer ce phénomène-là.
02:03Et puis par ailleurs, je pense que le pays aussi,
02:05même s'il y a sans doute une majorité de Français qui ne veut pas ce duel
02:08entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen,
02:09le pays aujourd'hui est façonné d'une telle manière électoralement
02:13que je pense qu'il y aura un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon
02:17parce que les dynamiques électorales sont celles-ci.
02:19Et encore une fois, moi je veux bien...
02:21Mais je pense qu'Emmanuel Macron, il trolle, en réalité.
02:23Je pense qu'il fait fuiter ça dans le monde,
02:26parce qu'il veut troller...
02:28Dans le monde aussi, il y a des éléments qui accréditent cette thèse-là
02:33sur le fait qu'évidemment qu'il n'y croit pas.
02:35Il ne croit pas une seconde.
02:37Il connaît très bien Raphaël Glucksmann, il connaît très bien Rotaillot.
02:39Mais à quoi ça lui sert ?
02:41Mais parce que ça les embête.
02:42Ça montre qu'ils sont complètement dans la panade.
02:44Ça montre qu'ils sont en effet aussi inaudibles que lui.
02:47Et il est là pour un petit peu les emmerder, pardonnez-moi du terme,
02:50mais c'est exactement pour cela qu'il fait ça.
02:52Il n'a aucun intérêt, Emmanuel Macron, lui, à voir ça.
02:55Il veut juste semer la zizanie dans son camp.
02:57C'est vieux comme la politique, je parle sous le contrôle de Jean-Michel.
02:59Et juste une dernière chose,
03:02mais est-ce que vous pouvez me citer trois réformes
03:04que Raphaël Glucksmann pourrait faire avec Bruno Rotaillot ?
03:07Enfin, c'est impossible, je serais même incapable de vous en citer une seule.
03:10Donc, cette coalition, elle n'a aucun sens.
03:13Cette primaire, elle n'a aucun sens,
03:14parce qu'il y a autant de primaires que défenseurs de la primaire.
03:16Bruno Rotaillot n'acceptera jamais de participer à une primaire avec Raphaël Glucksmann.
03:20Je vous dis d'ailleurs que Raphaël Glucksmann a déjà participé à une primaire,
03:23qui était la primaire socialiste.
03:24Que David Lissnard n'acceptera jamais d'être avec Glucksmann.
03:27Que Glucksmann ne voudra pas être avec Lissnard et Rotaillot.
03:28Enfin, ça n'a aucun sens.
03:30Donc, je n'y vois qu'un seul intérêt,
03:32c'est de faire du troll, de les emmerder.
03:35Oui, alors moi, je ne suis pas d'accord.
03:36Moi, je pense que Macron, il est sincère quand il dit ça,
03:39parce que c'est l'essence du macronisme.
03:41Macron, il considère qu'il n'y a qu'une seule politique possible
03:45et qu'il n'y a qu'une seule politique raisonnable possible sur tous les sujets.
03:48En gros, c'est la politique de la Commission européenne
03:51et de ce que Pascal Proix appellerait les petits hommes gris.
03:53Donc, lui, il pense qu'il n'y a qu'une seule politique possible,
03:57une politique qui est définie par les sachants,
03:59par les gens qui regardent les choses de près
04:02et qui sont dans la rationalité absolue.
04:05Or, je ne pense pas.
04:06La politique, ce n'est pas ça.
04:07Faire de la politique, c'est proposer des choix différents,
04:10des options différentes et des politiques différentes.
04:13Et je pense qu'aujourd'hui, si les Français sont aussi en colère,
04:16c'est parce qu'ils voient qu'ils ne s'est rien passé pendant dix ans.
04:19Et comme ils voient que finalement, on est gouverné par une espèce de ventre mou
04:22qui ne décide rien,
04:23et qui finalement est à l'origine de l'effondrement du pays,
04:27ils ont besoin de radicalité.
04:28Donc, soit une radicalité incarnée par Marine Le Pen,
04:31soit une radicalité incarnée par Jean-Luc Mélenchon
04:34avec des vrais choix.
04:35Mais le ventre mou, les gens n'en veulent pas
04:37parce que finalement, la politique, c'est le débat.
04:39C'est le débat et c'est l'opposition des visions,
04:43c'est l'opposition des solutions.
04:44Je comprends ce désir de radicalité, comme vous l'exprimez,
04:48mais est-ce qu'alors de mettre un bulletin dans l'urne,
04:50au moment où il va falloir le faire,
04:51est-ce que les Français ne vont pas parier sur le raisonnable ?
04:55– On dit toujours ça, quand on pense qu'on va perdre une élection,
04:59on dit toujours, ah mais dans l'isole horaire,
05:01les gens changeront d'idée, etc.
05:02Bon, moi je me souviens de mai 81,
05:05les gens en avaient par-dessus la tête,
05:07de la droite, à la fois de De Gaulle, de Pompidou et de Giscard,
05:12ils voulaient du changement,
05:13la main n'a pas tremblé,
05:15ils ont voté pour Mitterrand et ils ont eu ce qu'ils ont voulu.
05:17Bon, on a vu ensuite le résultat,
05:18mais si vous voulez, non, moi je pense que là,
05:21il y a une telle volonté de changement,
05:24que moi, je n'imagine pas une seconde,
05:27qu'un successeur de Macron soit élu au mois d'avril et mai prochain,
05:31pas une seconde.
05:32– Oui, mais c'est intéressant d'ailleurs,
05:33le mot que vous avez utilisé, le mot raisonnable,
05:35je pense qu'aujourd'hui les Français,
05:37ils associent pas le mot raisonnable à Édouard Philippe,
05:39qui a amené les gilets jaunes,
05:41qui a fait les 80 km heure,
05:42qui est un héritier du macronisme,
05:44même s'il n'a été Premier ministre d'Emmanuel Macron
05:46que trois ans de 2017 à 2020,
05:49je ne suis pas sûr qu'ils considèrent Gabriel Attal comme raisonnable,
05:51je ne suis pas sûr qu'ils considèrent non plus
05:52Raphaël Glucksmann, Rotaillot et Lysnard comme des raisonnables,
05:54je pense au contraire,
05:56c'est moins une question de radicalité que de rupture,
05:58et il n'y en a aucun dans les cinq noms qu'on a cités
06:00qui incarne une rupture,
06:02ils ont tous plus ou moins été liés à Emmanuel Macron,
06:05David Lysnard un petit peu moins,
06:07c'est vrai que c'est la nouveauté de cette campagne,
06:09mais on va voir,
06:10est-ce que David Lysnard n'a pas un plafond,
06:11est-ce qu'il n'y a pas une sorte d'artificialité dans sa candidature,
06:16est-ce qu'il est capable aussi,
06:17parce qu'il y a quelque chose qu'on ne dit pas,
06:19comment vous voulez en réalité avoir une candidature responsable,
06:23une candidature de rupture quand vous avez Marine Le Pen à 37%,
06:25c'est aussi ça,
06:27parce qu'ils ont aussi des œillères,
06:28c'est-à-dire que quand Marine Le Pen est à 37%,
06:30qu'est-ce que vous voulez que vous ayez un candidat de la droite
06:32qui puisse accéder au second tour,
06:34et encore une fois Jean-Luc Mélenchon dans toutes ses campagnes,
06:36il commence très bas, il finit très haut,
06:37vous allez voir, il ne terminera pas à 18%.
06:40Pour compléter sur le raisonnable qu'incarnerait Macron,
06:44je pense que les Français, ils ont bien compris
06:46que le raisonnable, c'était une fausse promesse,
06:49et quand ils regardent le résultat de 10 ans de macronisme,
06:52qu'est-ce qu'a produit le raisonnable ?
06:53Le chaos dans la rue et la faillite économique.
06:56Donc franchement...
06:57Aux Etats-Unis, la radicalité,
06:59elle a été battue en brèche,
07:00on va revenir sur les leçons de la défaite de Donald Trump
07:03aux élections de mi-mandat.
07:04Il est 13h48 sur Europe 1.

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