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Au programme de ce nouveau numéro de "En direct du Sénat" : comment remplacer la plateforme Parcoursup ? Le gouvernement a organisé hier un débat au Sénat sur cette plateforme d'orientation vers l'enseignement supérieur qui cristallise la colère et l'angoisse des lycéens.
La majorité de droite du Sénat va rétablir la réforme de la retraite à 64 ans. Le budget de la Sécurité sociale arrive à la Haute assemblée et les sénateurs dénoncent le coût de la suspension de cette réforme décidé l'an dernier par Sébastien Lecornu.
Le Sénat a donc lancé son marathon budgétaire. La ministre de l'Agriculture a été auditionné mardi pour présenter le budget de son ministère et le plan de relance du secteur agricole sinistré par la sécheresse de cet été.
Une situation économique morose également pour les patrons. Les organisations patronales réunies ce jeudi au Sénat ont exprimé leurs inquiétudes sur le ralentissement de l'économie actuel dans le contexte de la crise de l'énergie. Année de Production : 2026
La majorité de droite du Sénat va rétablir la réforme de la retraite à 64 ans. Le budget de la Sécurité sociale arrive à la Haute assemblée et les sénateurs dénoncent le coût de la suspension de cette réforme décidé l'an dernier par Sébastien Lecornu.
Le Sénat a donc lancé son marathon budgétaire. La ministre de l'Agriculture a été auditionné mardi pour présenter le budget de son ministère et le plan de relance du secteur agricole sinistré par la sécheresse de cet été.
Une situation économique morose également pour les patrons. Les organisations patronales réunies ce jeudi au Sénat ont exprimé leurs inquiétudes sur le ralentissement de l'économie actuel dans le contexte de la crise de l'énergie. Année de Production : 2026
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00:00:11Bonjour à tous, ravis de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro d'Endirect du Sénat,
00:00:16l'émission qui revient sur les temps forts de la semaine à la Haute Assemblée.
00:00:19Tout de suite, le sommaire de cette émission.
00:00:22Comment remplacer la plateforme Parcoursup ?
00:00:25Le gouvernement a organisé hier un débat au Sénat sur cette plateforme d'orientation vers l'enseignement supérieur
00:00:30qui cristallise la colère et l'angoisse des lycéens.
00:00:34La majorité de droite du Sénat va rétablir la réforme de la retraite à 64 ans.
00:00:38Le budget de la Sécurité sociale arrive à la Haute Assemblée
00:00:41et les sénateurs dénoncent le coût de la suspension de la réforme des retraites
00:00:45qui avait été décidée l'an dernier par le Premier ministre Sébastien Decornu.
00:00:50Le Sénat a donc lancé son marathon budgétaire.
00:00:53La ministre de l'Agriculture Annie Gennevard a été auditionnée mardi
00:00:56pour présenter le budget de son ministère
00:00:58et le plan de relance du secteur agricole sinistré par la sécheresse de cet été.
00:01:03Une situation économique morose également pour les patrons.
00:01:07Les organisations patronales réunies ce jeudi au Sénat
00:01:09ont exprimé leurs inquiétudes sur l'issue de l'élection présidentielle
00:01:14et sur les efforts qui leur sont demandés dans le débat budgétaire actuel.
00:01:22Mais d'abord le débat au Sénat sur la plateforme Parcoursup
00:01:26qui cristallise la colère du mouvement lycéen.
00:01:28Permettez-moi de commencer, il se sent évidemment les collègues ministres,
00:01:33en ayant un mot pour les enseignants de ce pays
00:01:35mais aussi les proviseurs et plus largement l'ensemble de la communauté éducative
00:01:39qui ont été victimes de violences au cours des dernières semaines.
00:01:44Il y a eu des revendications légitimes, on va y revenir, c'est l'objet de ce débat évidemment
00:01:48mais il y a eu aussi des violences inacceptables, inimaginables même
00:01:52il y a encore quelques années, quelques mois peut-être même
00:01:55qui ont touché 198 personnels dont 77 chefs d'établissement ou adjoints.
00:02:04Depuis la journée de lundi, le ministre Edouard Jeffrey a communiqué dessus aujourd'hui
00:02:08dans l'immense majorité des lycées de ce pays, les cours ont repris,
00:02:11la rentrée scolaire se passe bien, dans le calme, le respect de tous, c'est une bonne nouvelle
00:02:14et avant tout évidemment une bonne nouvelle pour les lycéennes et les lycéens.
00:02:18Quelques lycées sont encore concernés par des blocages avec des violences,
00:02:23de graves violences, très localisées et qui manifestement visent avant tout
00:02:28précisément les personnels de l'éducation nationale, en particulier les chefs d'établissement,
00:02:32je le disais, 26 ont été blessés au cours des trois derniers jours
00:02:36et pour la première fois, mesdames et messieurs les sénateurs,
00:02:40il y a eu plus de blessés chez les personnels de l'éducation nationale
00:02:43que parmi les forces de l'ordre.
00:02:45C'est inédit, c'est alarmant et je veux au nom du gouvernement depuis cette tribune
00:02:50leur apporter le soutien à la reconnaissance de la nation
00:02:52que nous leur devons pour la mission de service public qu'ils assument.
00:02:55Je veux aussi les remercier d'être toujours présents devant leurs élèves,
00:02:59décidés à remplir leur mission.
00:03:01Ils nous trouveront toujours à leur côté.
00:03:04Il y a donc les violences, mais il y a aussi les revendications.
00:03:08Depuis un mois, des lycéens et des étudiants nous interrogent sur la place
00:03:11que notre pays leur prépare.
00:03:13Nous leur avons apporté les premières réponses et ce débat doit permettre,
00:03:16cet après-midi, à chacun de les compléter, de préciser les nouvelles mesures concrètement
00:03:22et dire s'il est prêt à construire et ce qu'il est prêt à voter pour demain.
00:03:26Nous devons à cette génération de lui permettre de réaliser ses ambitions,
00:03:30à la décapacité, des idées, une volonté d'agir.
00:03:33Notre responsabilité est de lui donner prise précisément sur son avenir.
00:03:38C'est pourquoi nous avons écouté avec méthode, sans filtre,
00:03:42plus de 100 000 contributions venues de près de 3 000 lycées
00:03:45ont été recueillies sur la plateforme du ministère de l'Éducation nationale.
00:03:48Elles enrichissent et complètent le dialogue avec les organisations représentatives
00:03:51et les élus lycéens.
00:03:5371% des contributions évoquent l'organisation du temps scolaire,
00:03:5856% l'état des bâtiments, 31% les difficultés de remplacement.
00:04:02Derrière ces chiffres, il y a des demandes précises auxquelles il faut répondre
00:04:05jusque dans chaque établissement.
00:04:07Certaines dépendent du gouvernement ou du Parlement,
00:04:11d'autres dépendent des conseils régionaux.
00:04:13Les mesures que nous avons annoncées avec la ministre de la semaine dernière
00:04:16forment une réponse à l'ensemble de ces attentes.
00:04:20Elles vont du professeur que l'on retrouve devant sa classe
00:04:23à la place que l'on trouve dans l'enseignement supérieur,
00:04:26du temps nécessaire pour déjeuner le midi,
00:04:28à la bourse qui permet de poursuivre ses études dans de meilleures conditions.
00:04:32Elles prennent au sérieux ce que les jeunes nous disent
00:04:34de leur quotidien, autant que leurs aspirations.
00:04:37Cette cohérence compte.
00:04:39Un élève qui a confiance dans son avenir
00:04:41est un élève qui apprend dans de bonnes conditions.
00:04:44Les revendications des lycéens sont cohérentes.
00:04:46Je le disais à l'Assemblée nationale, c'est donc un tout qui se tient.
00:04:50C'est pourquoi nous plafonnerons les classes de seconde générale
00:04:53et technologique à 28 élèves.
00:04:55Des 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés,
00:04:57puis en 2028 dans tous les lycées publics de France.
00:05:00Nous créerons 500 postes supplémentaires de professeurs
00:05:03et poursuivrons l'effort pour que chaque professeur absent soit remplacé.
00:05:08Les amendements en ce sens seront déposés par les ministres
00:05:10dans le projet de budget pour 2027.
00:05:12Pour cela, précisément, la France doit avoir un budget.
00:05:16Il serait impensable que ces engagements ne trouvent pas une place
00:05:19d'une manière ou d'une autre, je le dis ici assez clairement.
00:05:22Par ailleurs, les emplois du temps sur un autre registre seront revus,
00:05:26une pause déjeuner d'une heure garantie
00:05:28et la place du contrôle continu réexaminée.
00:05:30La santé mentale continuera à être une priorité continue
00:05:33grâce à la création de 500 postes de psychologues,
00:05:36d'infirmiers et d'assistants sociaux dès 2027.
00:05:391 milliard d'euros d'investissement de l'État sera consacré
00:05:45aux bâtiments des universités.
00:05:474 milliards d'euros de prêts à taux préférentiels aideront
00:05:50les conseils régionaux à rénover leurs établissements scolaires
00:05:52avec une attention encore peut-être plus particulière
00:05:55pour les territoires d'outre-mer.
00:05:57Nous ouvrirons 15 000 places supplémentaires dans le supérieur
00:06:00en 2027 et en 2028.
00:06:0210 000 en BTS, 4 000 en IUT, 1 000 dans les formations de santé,
00:06:07mais cette répartition est bien sûr à discuter,
00:06:09notamment et en priorité avec les partenaires sociaux.
00:06:12Dès la rentrée 2027, il est proposé que les bourses suivent l'inflation
00:06:16pour ne pas renier le pouvoir d'achat.
00:06:19Nous proposons aussi de renforcer, dans les instances
00:06:21qui animent le système scolaire,
00:06:23de l'établissement au Conseil supérieur de l'éducation
00:06:25à la représentation lycéenne,
00:06:27notamment celle de la voie professionnelle.
00:06:29Faire confiance aux jeunes doit avoir des conséquences
00:06:32en leur donnant une vraie place dans les enceintes
00:06:34où les décisions qui les concernent sont prises.
00:06:38Parcours sup, mesdames et messieurs les sénateurs,
00:06:40sera remplacé pour la campagne 2028, c'est entendu.
00:06:43Mais dès la campagne 2027, c'est-à-dire celle qui sera accessible
00:06:47aux élèves au mois de décembre 2026,
00:06:49les critères d'admission devront être compréhensibles
00:06:51et chaque refus expliqué est motivé.
00:06:56La transition sera donc organisée pour les prochains bacheliers.
00:06:59L'orientation, c'est un long processus qui commence dès la 5e
00:07:04avec la découverte des métiers.
00:07:06Ce processus doit être plus soutenu au lycée
00:07:09et ce, dès la seconde.
00:07:11Et finalement, ce processus doit enjamber le baccalauréat
00:07:15pour viser la réussite des jeunes dans le supérieur,
00:07:18s'assurer qu'ils auront des débouchés
00:07:19et, le cas échéant, leur offrir la possibilité
00:07:22de se réorienter en cours de cursus.
00:07:25Se tromper de voix à 18 ans ne doit pas condamner la suite
00:07:30d'un parcours.
00:07:31Mais ce chantier exige une clarification politique.
00:07:36Ce débat doit permettre à chaque groupe de dire
00:07:39les propositions qu'ils soumettent et qui, éventuellement,
00:07:42ne seraient pas encore dans le débat public.
00:07:44Le gouvernement, je redis ici, est ouvert au débat
00:07:48car c'est un beau débat politique que nous devons à notre jeunesse.
00:07:52Il s'est tenu en partie la semaine dernière à l'Assemblée nationale
00:07:56et je veux vous en rendre compte au sein de cet hémicycle
00:07:58pour peut-être aller plus loin ensemble.
00:08:00Il y a d'abord la question de la sélection dans le supérieur.
00:08:05Le sujet ne date pas d'hier.
00:08:07Mais, par coursup a fait office de révélateur
00:08:10où, paradoxalement, la question a été parfois,
00:08:12j'ose le dire, camouflée.
00:08:15Certains veulent, pour l'accès aux études supérieures universitaires,
00:08:18une sélection plus affirmée.
00:08:20D'autres veulent, au contraire, la supprimer intégralement.
00:08:24Au fond, et pour faire simple,
00:08:27les députés ont dénoncé tous ensemble un système
00:08:29pour ensuite réclamer deux systèmes qui s'opposaient profondément.
00:08:33Les uns souhaitent un système de sélection dès l'entrée à l'université
00:08:36pour s'assurer que les formations demeurent des formations du meilleur niveau.
00:08:39Les autres proposent l'accès pour tous à l'enseignement universitaire
00:08:42sans condition.
00:08:44Si ce n'est, et c'était la proposition d'ailleurs assez singulaire
00:08:47de la France insoumise, les seules, celle de la sectorisation territoriale,
00:08:51c'est-à-dire, excusez du peu, une nouvelle forme de ségrégation sociale,
00:08:55d'assignation à résidence qui nie les mérites
00:08:56et empile les difficultés, plus qu'elle ne les résout.
00:09:00Bien sûr, au cœur de ce débat,
00:09:03il y a le nombre de places supplémentaires
00:09:05que le gouvernement propose d'ouvrir l'année prochaine.
00:09:08Nous en proposons 15 000 de plus.
00:09:10C'est un effort important, peut-être pas assez, diront certains.
00:09:14En tout cas, celui-ci est concret.
00:09:16Certains souhaitent aller plus loin, nous l'entendons,
00:09:18et nous sommes prêts à en discuter,
00:09:20pourvu que les ouvertures de places soient crédibles,
00:09:24c'est-à-dire faisables budgétairement,
00:09:25mais aussi, le ministre reviendra sans doute,
00:09:29logistiquement, concrètement, dans le réel.
00:09:31D'autres avancent le chiffre de 250 000 places supplémentaires.
00:09:36Nous y reviendrons, il faut être crédible.
00:09:39Mais ouvrir des places ne suffit pas à garantir
00:09:42une place adaptée à chaque jeune,
00:09:44car notre difficulté n'est pas seulement quantitative,
00:09:46elle tient aussi à la cohérence entre les formations proposées,
00:09:49les aspirations des étudiants, bien sûr,
00:09:51mais aussi les besoins des territoires,
00:09:53et disons-le, les perspectives réelles d'insertion professionnelle,
00:09:57pour aujourd'hui, mais aussi pour demain.
00:10:00Nous avons aujourd'hui des filières très demandées,
00:10:02et dans le même temps, des capacités d'accueil
00:10:03qui ne sont pas pleinement utilisées.
00:10:05Ajouter massivement des places sans tenir compte de ces réalités
00:10:08ne résoudraient pas les difficultés.
00:10:10Cela risquerait même de déplacer la sélection
00:10:12vers les premières années d'études,
00:10:15au prix d'échecs et de réorientation
00:10:17que nous devons précisément, je crois, chercher à éviter.
00:10:22Notre responsabilité n'est donc pas seulement
00:10:24d'ouvrir davantage de places,
00:10:26mais le débat est ouvert,
00:10:27elle est d'offrir à chaque jeune
00:10:28une formation dans laquelle
00:10:30il puisse réussir, s'épanouir,
00:10:33acquérir des compétences reconnues
00:10:34et construire son avenir professionnel.
00:10:37Mesdames et messieurs les sénateurs,
00:10:38il faut maintenant entrer dans le détail,
00:10:40et c'est l'objet de ce débat.
00:10:42Pour le gouvernement, les exigences doivent être connues
00:10:44et les décisions explicables.
00:10:45Les revenus des parents, le lieu de résidence
00:10:48ou le manque d'informations ne doivent pas décider
00:10:50la place du travail et des aspirations d'un jeune,
00:10:52c'est entendu, et je pense que c'est consensuel.
00:10:54Nous venons chercher des propositions
00:10:56et des engagements précis,
00:10:57pas des slogans ou des promesses
00:10:58sans fondement sérieux.
00:10:59La méthode pour les semaines qui viennent
00:11:02est désormais fixée.
00:11:03La semaine dernière,
00:11:04les ministres ont réuni les représentants lycéens
00:11:07et les conseillers régionaux
00:11:08sur la question des bâtiments.
00:11:10Quelles urgences ?
00:11:11Quels travaux ?
00:11:11Quels calendriers ?
00:11:12Les régions ont la responsabilité des lycées
00:11:14depuis 1983.
00:11:16L'État les accompagnera,
00:11:17mais, c'est un ancien président du département
00:11:19qui le dit,
00:11:20en respectant toujours la décentralisation.
00:11:23Il est aussi financier, certes,
00:11:25et c'est pour cela que l'État met de l'argent
00:11:27sur la table avec 4 milliards de prêts
00:11:28à taux préférentiels financés
00:11:30par la Banque des Territoires.
00:11:32Mais, de toutes les évidences,
00:11:34les lycéens, d'ailleurs, le disent,
00:11:36les équipements fournis sont très inégaux
00:11:39d'une région à l'autre,
00:11:40c'est d'ailleurs assez normal,
00:11:41quand bien même les régions ont des capacités
00:11:43de financement qui sont parfois importantes.
00:11:45D'ailleurs, certaines ont bien fait le travail,
00:11:48il faut le dire, loin de toute démagogie,
00:11:50et on le ressent dans les remontées,
00:11:52et je veux particulièrement toute opinion politique
00:11:55mise à part le dire pour la région Île-de-France.
00:11:58Mais soyons pragmatiques,
00:12:00la plupart des remontées
00:12:02n'invitent absolument pas
00:12:04à construire des prix d'architecture.
00:12:06Au contraire, les demandes les plus pressantes,
00:12:08beaucoup d'anciens élus locaux
00:12:10ici dans cet hémicycle,
00:12:12sont les plus simples.
00:12:14Propreté, état de sanitaire,
00:12:16disponibilité du papier toilette,
00:12:18pardon de cette trivialité,
00:12:20mais on est bien loin, justement,
00:12:21de programmes en milliards d'euros,
00:12:23mais davantage dans un art d'exécution.
00:12:24Faut-il donc clarifier certaines organisations
00:12:28aux fonctions de gestion
00:12:29entre éducation nationale et conseils régionaux ?
00:12:33Le gouvernement, là aussi, est disponible
00:12:35et écoutera le Sénat.
00:12:36De nombreux rapports, d'ailleurs,
00:12:37existent déjà sur ce sujet.
00:12:39Mesdames et Messieurs les sénateurs,
00:12:41je reverrai avec les ministres,
00:12:42les représentants des lycéens
00:12:44et des étudiants la semaine prochaine.
00:12:45Nous ferons le point sur les engagements pris,
00:12:47les difficultés à lever pour les mettre en œuvre,
00:12:49et d'éventuelles nouvelles décisions.
00:12:52Nous établirons, mesure par mesure,
00:12:54ce qui relève du règlement
00:12:55ou des instructions ministérielles,
00:12:57notamment pour l'organisation des enseignements
00:12:59et les modalités du contrôle continu,
00:13:02sujet sur lequel les ministres reviendront,
00:13:03ce qui exige des crédits votés aussi,
00:13:06parfois, dans le budget 2027,
00:13:07et enfin, ce qui nécessiterait
00:13:08une modification de la loi,
00:13:10si besoin en été,
00:13:12je me suis déjà exprimé sur le sujet,
00:13:14pour l'accès au supérieur,
00:13:15avec, pour chaque mesure,
00:13:17un calendrier et un responsable.
00:13:21Par ailleurs, le premier comité de réforme
00:13:23de Parcoursup se réunira dès lundi prochain,
00:13:26associant lycéens et enseignants autour des ministres.
00:13:29Il présentera les premières recommandations
00:13:31courant novembre,
00:13:32nourries, je l'espère, par vos propositions.
00:13:34J'estime qu'il est important également
00:13:36que les organisations syndicales et patronales
00:13:38soient présentes à ce comité.
00:13:40Elles y seront donc associées,
00:13:42car elles ont des propositions à faire remonter
00:13:44quant à l'orientation des jeunes,
00:13:46leur formation et leur accès au monde professionnel.
00:13:50Des parlementaires des deux chambres
00:13:52et de chaque groupe
00:13:53seront également associés à ce comité de réforme.
00:13:56Enfin, pour mettre en œuvre les décisions
00:13:58qui émaneront précisément de ce comité,
00:14:00le gouvernement pourra présenter
00:14:02un projet de loi au Conseil des ministres,
00:14:04car certaines dispositions, je le disais,
00:14:06pourront faire l'objet de mesures d'ordre législatif.
00:14:09Mesdames et Messieurs les sénateurs,
00:14:10pour conclure, je veux vous le redire,
00:14:12vous le savez, ce gouvernement n'est candidat à aucune élection.
00:14:15Il n'a aucune raison de faire des promesses intenables,
00:14:17c'est aussi sa liberté.
00:14:19Sa crédibilité se mesurera donc à l'aune des décisions prises,
00:14:23précises, donc finançables et applicables.
00:14:25Voilà pourquoi j'ai souhaité ce débat.
00:14:28Il n'est pas question de refaire le match
00:14:29sur la création de parcours sup.
00:14:32Son remplacement est déjà décidé.
00:14:34Maintenant, il faut dire ce que nous voulons construire.
00:14:37Les questions peuvent sembler techniques.
00:14:39Les réponses, en réalité, engagent notre conception de l'égalité,
00:14:42du mérite, du travail, de la liberté,
00:14:46et tout cela dans le réel.
00:14:49Il y a la question de la sélection, nous en avons parlé.
00:14:51Mais d'autres questions se posent sur lesquelles
00:14:53les lycéennes et les lycéens souhaitent, je le crois,
00:14:55nous entendre collectivement.
00:14:57Quelle place donner aux besoins du pays et de ses métiers,
00:15:00sans étouffer pour autant les aspirations individuelles ?
00:15:03Le même dispositif doit-il accueillir les nouveaux bacheliers,
00:15:06ceux qui se réorientent et ceux qui, plus tard, reprennent leurs études ?
00:15:09Le baccalauréat, est-il resté le premier grade de l'enseignement supérieur ?
00:15:13Ou, à l'inverse, devenir simplement le diplôme qui clôt le lycée ?
00:15:18Comment prendre en compte la révolution de l'intelligence artificielle,
00:15:21qui va détruire des emplois et en créer d'autres ?
00:15:23C'est aussi notre responsabilité de ne pas former des cordes entières de jeunes
00:15:27à des métiers qui n'existeront plus demain, parfois très rapidement.
00:15:32Et à l'inverse, de nous assurer que les jeunes français soient bien formés
00:15:35pour relever les prochains défis.
00:15:38Et bien sûr, parmi ces défis, il y a le défi démographique.
00:15:42Il est devant nous.
00:15:43Il touche actuellement l'enseignement scolaire,
00:15:46mais ne manquera pas de toucher les universités à horizon de dix ans au moins.
00:15:50Comment nous assurer que nous formerons suffisamment d'ingénieurs,
00:15:53de soignants, d'artisans, d'enseignants
00:15:55pour répondre aux besoins de notre population
00:15:57et faire tourner notre économie et nos services publics ?
00:16:00C'est sur ces choix que nous attendons chaque groupe politique,
00:16:04du concret, du précis, du sérieux,
00:16:07loin des postures faciles qu'on a pu entendre dans certains médias.
00:16:10Les ministres Philippe Baptiste et Édouard Geffray
00:16:12ont beaucoup travaillé sur ces sujets.
00:16:14Je les en remercie d'ailleurs publiquement.
00:16:16Ils le préciseront dans un instant.
00:16:17Ces engagements, ils répondront bien sûr à vos questions.
00:16:20Aux jeunes qui nous écoutent, monsieur le président du Sénat,
00:16:23nous attendons beaucoup de vous.
00:16:25Vous avez le droit d'attendre beaucoup de nous,
00:16:27le gouvernement, mais aussi l'ensemble de la classe politique.
00:16:29A nous de vous donner des raisons concrètes,
00:16:31de croire que vos efforts ouvriront des portes.
00:16:33Pour tout cela, je vous en remercie.
00:16:35Et pour revenir sur ce débat au Sénat,
00:16:37sur la plateforme Parcoursup,
00:16:39j'accueille Colomb-Brossel.
00:16:40Bonjour.
00:16:40Bonjour.
00:16:41Vous êtes sénatrice socialiste de Paris.
00:16:43Alors le Premier ministre Sébastien Lecornu
00:16:45a défendu mercredi soir dans l'hémicycle
00:16:47les annonces qui ont été faites la semaine dernière par le gouvernement
00:16:49pour répondre à la colère lycéenne.
00:16:52Le remplacement de Parcoursup d'ici à 2028.
00:16:5415 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur,
00:16:57notamment en BTS.
00:16:58Est-ce que ces annonces, elles, répondent suffisamment
00:17:01à la colère et aux revendications des lycéens ?
00:17:03J'ai envie de vous dire qu'il suffit de regarder l'état des lycées
00:17:07et des universités depuis lundi matin.
00:17:09Le mouvement se poursuit.
00:17:10Le mouvement se poursuit.
00:17:11Le mouvement prend des formes différentes.
00:17:14Mais enfin, très clairement, le mouvement se poursuit.
00:17:17Et les lycéens et les étudiants ont raison de continuer à se mobiliser.
00:17:20Pour deux raisons.
00:17:21La première, c'est qu'il y a des annonces.
00:17:24Mais enfin, pour l'instant, ni vous ni moi n'avons vu
00:17:27le moindre amendement porté par le gouvernement
00:17:29dans le cadre du débat budgétaire.
00:17:31Nos collègues à l'Assemblée sont quand même en train de travailler dessus.
00:17:34Et nous-mêmes, le 4 décembre, on examinera le budget éduc.
00:17:37Et je n'ai aucune idée de savoir s'il y aura un amendement du gouvernement.
00:17:41Et donc, ils ont raison de maintenir la mobilisation
00:17:43parce qu'on est aujourd'hui sur des annonces
00:17:45et certainement pas sur des preuves tangibles.
00:17:48Et ils ont raison parce que, par ailleurs,
00:17:51l'entièreté du sujet qui est posé par les lycéens et les étudiants
00:17:55continue à être posée.
00:17:57Il y a des pas qui ont été faits.
00:17:59Et vraiment, je ne veux pas les mettre de côté.
00:18:01J'ai même envie de dire que ça fait plusieurs années
00:18:03que les organisations syndicales en premier,
00:18:07un certain nombre d'élus également,
00:18:09portent ces revendications année après année
00:18:12face à un gouvernement qui était resté totalement sourd.
00:18:16Les lycéens et les étudiants sont sortis dans la rue.
00:18:19Et enfin, par exemple, on considère que les effectifs
00:18:23dans les salles de classe sont trop importants
00:18:25et qu'il n'y a pas assez de profs et pas assez de remplaçants.
00:18:27Ils ont raison de maintenir la pression puisque, manifestement,
00:18:30c'est plus leur mode d'action qui a fonctionné
00:18:32que le dialogue, dialogue social d'une part,
00:18:35ou dialogue républicain au Parlement qui a fonctionné.
00:18:39Mais sur Parcoursup, sur le remplacement de cette plateforme
00:18:41d'orientation vers l'enseignement supérieur
00:18:43qui est annoncée pour 2028 avec le lancement de la réflexion
00:18:47et du chantier, notamment avec les lycéens,
00:18:48qui a été annoncé dès lundi prochain par Sébastien Lecornu.
00:18:52Est-ce que c'est satisfaisant ?
00:18:53Et puis concrètement, qu'est-ce qu'il faut changer dans cette plateforme ?
00:18:56Ce que nous avons porté hier, c'est que la fin de Parcoursup,
00:19:01de la plateforme en tant que telle, ne réglera pas tout.
00:19:03Et qu'il faut travailler sur l'ensemble de la chaîne.
00:19:06Aujourd'hui, les lycéens dénoncent, et ils ont raison,
00:19:09dénoncent notamment la pression de Parcoursup.
00:19:11La réforme portée par Jean-Michel Blanquer,
00:19:14donc par le même gouvernement que celui qui est là depuis 10 ans,
00:19:17la réforme du lycée et du baccalauréat,
00:19:20elle a produit des effets délétères.
00:19:23Et aujourd'hui, c'est aussi cela que dénoncent les lycéens.
00:19:26Et donc, il faut continuer à avancer sur le fait que,
00:19:30par exemple, la pression du contrôle continu dès la première,
00:19:34elle fait partie de la pression de Parcoursup.
00:19:37Et donc, il faut continuer à avancer et à travailler
00:19:40sur la fin de cette réforme Blanquer
00:19:42qui a mis un bazar absolu, pardon d'être trivial, au lycée.
00:19:46Il faut aussi continuer à avancer sur la question
00:19:48du nombre d'enseignants supplémentaires.
00:19:51Et puis, de l'autre côté de Parcoursup,
00:19:53une fois que l'affectation est faite,
00:19:55avec un besoin de transparence,
00:19:57enfin, le besoin de transparence, pardon,
00:19:59le Sénat, notamment, mais d'autres,
00:20:02le portait depuis des années.
00:20:04On n'avait peut-être pas besoin d'attendre
00:20:06une mobilisation lycéenne et étudiante pour dire
00:20:08« Ah oui, peut-être on pourrait avancer là-dessus ».
00:20:10Mais il faut travailler également sur l'aval.
00:20:12Aujourd'hui, le gouvernement dit 15 000 places de BTS
00:20:16principalement en Ile-de-France.
00:20:17C'était un manque criant.
00:20:19Mais il manque également des places à l'université.
00:20:22Moi, je refuse d'entendre, parce que par ailleurs, c'est faux.
00:20:25Le fait que Parcoursup a remplacé de façon,
00:20:28c'est ce que j'ai entendu hier dans l'hémicycle,
00:20:30de façon plus juste et plus équitable,
00:20:32un système qui dysfonctionnait.
00:20:34Le système avant dysfonctionnait.
00:20:36Mais enfin, tous les étudiants n'étaient pas tirés au sort.
00:20:38On est passé d'un système qui était injuste pour quelques-uns
00:20:41à un système Parcoursup qui, aujourd'hui, est injuste pour tous.
00:20:46Et donc, il faut plus de places à l'université,
00:20:49parce que sinon, on n'y arrivera pas.
00:20:52Aujourd'hui, le gouvernement fonctionne comme si, depuis dix ans,
00:20:56il n'avait pas lui-même ouvert la porte
00:20:58à un espèce de déferlement de l'enseignement privé.
00:21:03Aujourd'hui, un étudiant sur quatre est dans l'enseignement privé.
00:21:05Et donc, oui, il faut plus de places à l'université.
00:21:08Plus de places à l'université, mais est-ce que ça ne peut pas dire aussi
00:21:10plus d'échecs pour les étudiants à l'université
00:21:14ou alors un manque de débouchés aussi de certaines formations ?
00:21:16On a aussi beaucoup parlé hier, j'allais dire, d'un problème.
00:21:20Oui, plus qu'un problème d'orientation.
00:21:23Et on y revient à cette boucle.
00:21:25Au lycée, la réforme blanquer, il y avait 54 heures
00:21:28pour accompagner les lycéens dans le parcours d'orientation.
00:21:32Elles n'ont jamais été mises en place car elles n'ont jamais été financées.
00:21:35Il y a également un sujet sur la continuité.
00:21:39Aujourd'hui, on demande à des lycéens de choisir des spécialités
00:21:42sans leur expliquer en quoi elles vont être un facteur de sélection
00:21:46ou pas dans leur formation supérieure.
00:21:49Et puis, en fait, on a mis en place une forme de sélection
00:21:52déguisée et non assumée sur l'ensemble des parcours universitaires.
00:21:57Et donc, moi, je préfère entendre, il a mis du temps,
00:22:00mais entendre le ministre de l'enseignement supérieur
00:22:03dire à la fin des débats que oui, on a le droit de se tromper.
00:22:07Oui, on a le droit de se réorienter.
00:22:09Non, ce n'est pas un échec absolu pour toute une vie
00:22:12quand on change d'orientation dans le cours de ses études supérieures
00:22:16plutôt que de poser la question de
00:22:18« n'ouvrons pas de place à l'université », ça augmenterait l'échec.
00:22:22Non, il faut ouvrir des places à l'université
00:22:24et il faut plus de moyens sur l'orientation
00:22:27à l'université comme au lycée.
00:22:29Pour éviter d'envoyer les étudiants dans l'impasse à l'université,
00:22:31est-ce qu'il faut créer des places supplémentaires
00:22:34prioritairement dans des formations
00:22:35qui ont des débouchés sur le marché de l'emploi ?
00:22:36Mais ce n'est même pas une question
00:22:38uniquement de débouchés sur le marché de l'emploi.
00:22:40On le demandait depuis des années.
00:22:43C'est quand même une question d'insertion et de débouchés sur les professionnels.
00:22:46Cette question des BTS en Ile-de-France,
00:22:48ce n'est pas une nouveauté de cette rentrée.
00:22:50Ça fait plusieurs années que les uns et les autres nous disons
00:22:53« il n'y a pas de débouchés en BTS, en BUT »,
00:22:56qui fait qu'à la fin, on envoie en effet des jeunes au casse-pipe
00:23:01dans des formations universitaires
00:23:02que souvent, d'ailleurs, ils ont très moyennement demandé.
00:23:05Et donc, il faut ouvrir ces places, c'est primordial.
00:23:07Mais ça ne réglera pas l'ensemble du problème
00:23:10puisque, je répète, notre vivier,
00:23:12il est aujourd'hui avec un étudiant sur quatre
00:23:14dans l'enseignement supérieur privé lucratif.
00:23:17Et ces étudiants, pour une partie d'entre eux,
00:23:19vont dans l'enseignement privé lucratif,
00:23:21notamment parce qu'il leur permet
00:23:23de ne pas rentrer dans cette mécanique de parcours simple.
00:23:26Nous devons redonner confiance à ces jeunes
00:23:29dans l'enseignement supérieur public.
00:23:32Et pour cela, il faut pouvoir les accueillir
00:23:33et donc ouvrir des places.
00:23:35Donc, il y a un grand chantier à mener
00:23:36sur toute la filière du lycée à l'enseignement supérieur.
00:23:38Merci beaucoup, Colombe Brossel, d'avoir répondu à mes questions.
00:23:44Le Sénat veut rétablir la réforme de la retraite à 64 ans
00:23:48qui avait été suspendue l'an dernier
00:23:49par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:23:51Je vous propose d'écouter la conférence de presse
00:23:53des sénateurs sur ce budget de la sécurité sociale.
00:23:56On va dire que nous examinons ce texte
00:23:58dans un contexte particulier.
00:23:59J'ai entendu ça dire qu'on dit ça
00:24:01à chaque examen de PNFSS.
00:24:05Cette année, c'est quand même un exercice particulier.
00:24:07qui est à la fois au regard de la tension financière générale
00:24:11du budget de la France,
00:24:13avec aujourd'hui un certain nombre d'obligations
00:24:16de maintien, ou en tout cas de contraintes,
00:24:20pour pouvoir mesurer les déficits.
00:24:23Et puis, sur le PNFSS,
00:24:25on a quand même eu une audition qui a été assez forte,
00:24:27qui est l'audition notamment de la COS
00:24:29et puis également de la CADES,
00:24:32pour faire un point justement sur la situation financière
00:24:34et les marges de manœuvre qui sont aujourd'hui extrêmement tendues.
00:24:37Alors, elles y étaient avant,
00:24:38mais aujourd'hui, on est vraiment rendus pratiquement
00:24:41à un point de rupture,
00:24:42qui a comme conséquence directe
00:24:44de nous donner des responsabilités
00:24:47sur le fait de maintenir un niveau de dépense
00:24:50ou un niveau de déficit tenable
00:24:52au regard des enjeux financiers globaux,
00:24:55notamment de la dette sociale.
00:24:57Ce qui veut dire que le premier postulat
00:24:59qu'on a apporté ici au Sénat
00:25:01lorsqu'on a examiné le texte,
00:25:02ça a été de dire qu'on s'engage
00:25:04à tenir le même niveau de déficit
00:25:06que celui proposé par le gouvernement,
00:25:0812,7 milliards,
00:25:10un déficit ambitieux.
00:25:11D'ailleurs, dans notre expression
00:25:14de la courbe de retour vers l'équilibre,
00:25:17nous-mêmes au Sénat,
00:25:18nous étions sur des ambitions
00:25:19qui étaient moins importantes
00:25:19puisqu'on était autour d'un engagement
00:25:21autour de 15 milliards annuels.
00:25:23Là, on est sur un effort qui est supérieur.
00:25:25Et dans tous les cas,
00:25:26on a conservé ce premier postulat
00:25:28de ne pas dégrader le solde proposé
00:25:31par le gouvernement.
00:25:33Deuxième caractéristique particulière,
00:25:35c'est qu'on récupère le texte
00:25:36du gouvernement du fait
00:25:38que l'Assemblée nationale
00:25:39n'a pas voté texte.
00:25:41Donc, c'est toujours aussi
00:25:41un élément particulier
00:25:43parce que ça met aussi une pression
00:25:45et on voit bien que sur l'avenir,
00:25:46on a des doutes
00:25:47que le texte puisse perdurer
00:25:48de nouveau à l'Assemblée nationale.
00:25:50Donc, on voit bien que le gouvernement
00:25:51doit prendre un certain nombre de positions.
00:25:52et donc, ça renforce notre responsabilité
00:25:55sur l'examen de ce texte-là.
00:25:59Dernier point de contexte,
00:26:01on est de nouveau dans une situation
00:26:03où on a des objectifs
00:26:06concernant le niveau de déficit
00:26:09dans un contexte
00:26:11où on est dans une situation
00:26:13avec l'incapacité
00:26:14de porter des réformes structurantes
00:26:16dans les différentes branches
00:26:18qui nous sont représentées.
00:26:19Et c'est là la grande difficulté.
00:26:20C'est-à-dire que quand vous avez à la fois
00:26:22des obligations
00:26:24de maintien du niveau de déficit
00:26:25sans capacité de réformer,
00:26:28ça veut dire que ça se traduit
00:26:29de façon pratiquement mécanique
00:26:31par du rabotage,
00:26:33par des prises de position
00:26:34qui peuvent être difficiles,
00:26:35pour lesquelles même parfois
00:26:36on peut se poser la question sur le sens.
00:26:38Mais là, on a des obligations.
00:26:40Et donc, on voit bien
00:26:40que c'est une des grandes difficultés
00:26:42parce que trouver une courbe
00:26:44de retour vers l'équilibre
00:26:45quand vous êtes en capacité
00:26:46de réformer en parallèle,
00:26:48là, il y a deux objectifs.
00:26:48Là, il y a un projet
00:26:49qu'on peut porter.
00:26:50Lorsqu'on est sur le même système
00:26:52permanent,
00:26:53ça veut dire qu'on met
00:26:55des indicateurs
00:26:57pour baisser la dépense
00:26:58sans réellement
00:27:00une prospective d'évolution.
00:27:04Et donc, ça fait partie
00:27:05quand même des contraintes
00:27:05qui nous sont imposées.
00:27:06Donc, certainement, cette année,
00:27:08un examen encore plus contraint
00:27:10que d'habitude,
00:27:11mais malgré tout,
00:27:12une volonté du Sénat
00:27:13de maintenir l'engagement de l'État
00:27:16sur l'effort
00:27:17avec un budget déficitaire limité
00:27:19à 12,7 milliards d'euros.
00:27:21Voilà ce que je voulais dire
00:27:22en entrée.
00:27:23Je vais très vite laisser la parole
00:27:25à nos rapporteurs
00:27:27qui vont vous présenter,
00:27:28je dirais,
00:27:29les principales dispositions
00:27:31que nous avons fait approuver ce matin
00:27:34qui viennent modifier en partie
00:27:36un parti de budget,
00:27:38qui viennent également
00:27:39enteriner un certain nombre
00:27:40de notations qui ont été données
00:27:41par le gouvernement
00:27:41ou parfois qui viennent s'opposer
00:27:43à des prises de position.
00:27:45Avec, pour nous,
00:27:45toujours cette philosophie,
00:27:46c'est de dire comment
00:27:47on fait en sorte que l'effort
00:27:49soit réparti
00:27:49sur le plus grand nombre d'acteurs,
00:27:51acteurs, patients, entreprises,
00:27:54et comment on essaye
00:27:55de limiter, limiter,
00:27:57l'aspect taxe,
00:27:58l'aspect prélèvement.
00:28:00Voilà.
00:28:00Alors, on ne peut pas complètement,
00:28:02on n'a pas la totale liberté,
00:28:03mais c'est un principe
00:28:04qu'on essaie de garder
00:28:05dans l'examen,
00:28:06dans les travaux
00:28:06que nous avons menés
00:28:08et donc ça fait partie aussi
00:28:09des engagements
00:28:09que nous avons pris.
00:28:11Voilà.
00:28:11Une fois que j'ai dit ça,
00:28:13une fois que j'ai fait
00:28:13cette introduction,
00:28:14je vais laisser la parole
00:28:15à ceux qui ont vraiment
00:28:15travaillé sur le sujet
00:28:16et qui vont rentrer dans le détail
00:28:17et je commence par
00:28:18notre rapporteur général,
00:28:19Olivier Henault.
00:28:21Oui, merci,
00:28:22Monsieur le Président.
00:28:23Je vous remercie
00:28:24pour votre présence.
00:28:27À mon tour,
00:28:27je voudrais aborder trois points
00:28:29puis chacun des rapporteurs
00:28:31de branches
00:28:33abordera les détails
00:28:35et il ira plus
00:28:35sur le fond même
00:28:37des mesures
00:28:38qui sont proposées
00:28:40par la majorité sénatoriale.
00:28:43Mais dire en préalable,
00:28:45dans la continuité
00:28:45de ce que vient de dire
00:28:48le Président,
00:28:49que nous abordons ce texte
00:28:50avec beaucoup de gravité
00:28:51et de responsabilité.
00:28:53d'abord parce qu'il y a
00:28:55une question
00:28:55qui est institutionnelle.
00:28:59On est totalement connecté
00:29:01pour faire plutôt écho
00:29:03sans avoir de jugement
00:29:05avec ce qui se passe
00:29:06avec l'Assemblée nationale,
00:29:09mais on est totalement connecté
00:29:11à la question financière,
00:29:15économique et sociale du pays.
00:29:17C'est-à-dire qu'on aborde
00:29:20ce pays
00:29:20en étant totalement conscient
00:29:24des réalités financières,
00:29:27économiques et sociales
00:29:28du pays.
00:29:29Mais aussi de la réalité
00:29:31institutionnelle.
00:29:33Parce qu'il faut le répéter
00:29:35à partir du moment,
00:29:37mais ce sera la même histoire
00:29:38pour le PLF,
00:29:40à partir du moment
00:29:41où l'Assemblée nationale
00:29:42n'est pas en capacité
00:29:44de voter un projet
00:29:46de loi de finance
00:29:47de la Sécurité sociale.
00:29:49Alors, si le Sénat
00:29:51n'était pas en capacité
00:29:53lui aussi de voter
00:29:55un projet de loi
00:29:57de financement
00:29:57de la Sécurité sociale,
00:29:59alors le projet de loi
00:30:00tomberait.
00:30:02C'est le vote
00:30:04d'une des deux chambres
00:30:05et en l'occurrence du Sénat
00:30:06qui permettra
00:30:08ou qui permettrait,
00:30:09ce seront les choix
00:30:10du gouvernement,
00:30:11d'aborder le projet
00:30:16de loi de financement
00:30:17de la Sécurité sociale
00:30:18avec un choix
00:30:1949.3,
00:30:21s'il le choisit,
00:30:23ou les ordonnances
00:30:2550 jours après le dépôt.
00:30:27Donc, pour ce qui nous concerne,
00:30:29ce sera à la fin
00:30:30du mois de novembre.
00:30:32Pour ce qui concerne
00:30:34le PLF,
00:30:35ce sera le 18 décembre.
00:30:37Et donc,
00:30:38si on ne votait pas
00:30:41un PLFSS,
00:30:43un texte ici
00:30:44au Sénat,
00:30:45alors le projet
00:30:46de loi tomberait
00:30:47et alors il n'y aurait plus,
00:30:48parce que le temps
00:30:49est contraint,
00:30:49forcément,
00:30:50il n'y aurait plus
00:30:51d'autres solutions
00:30:54pour le gouvernement
00:30:56que d'aborder
00:30:57une loi spéciale
00:30:58avec la complexité
00:30:59du calendrier
00:31:01électoral
00:31:01qui rend quasiment
00:31:03impossible
00:31:04la loi spéciale.
00:31:05Donc,
00:31:05la vérité,
00:31:06c'est qu'on est
00:31:07extrêmement observé,
00:31:09d'autant plus,
00:31:10et je l'aborderai,
00:31:11ce sera la deuxième partie
00:31:12compte tenu
00:31:13des réalités financières
00:31:15qui sont celles
00:31:16du PLFSS,
00:31:17par nos prêteurs
00:31:19potentiels,
00:31:19puisqu'on a besoin,
00:31:22il va y avoir
00:31:23un pic d'emprunt
00:31:24de la CADES
00:31:27à 83 milliards d'euros,
00:31:29donc forcément,
00:31:30on a besoin
00:31:31d'emprunter,
00:31:32puisqu'il y a
00:31:33à la fois
00:31:34ce déficit
00:31:35de 12,7 milliards,
00:31:36mais il y a
00:31:36des déficits passés
00:31:37sur la CADES
00:31:39comme sur la COS,
00:31:40et donc on est
00:31:41extrêmement observé
00:31:42et donc
00:31:43on assume
00:31:44cette responsabilité
00:31:45et on a conscience
00:31:47qu'il faut
00:31:48à tout prix
00:31:49un PLFSS
00:31:50pour que
00:31:51notre système
00:31:53de protection sociale
00:31:54continue
00:31:55d'exister
00:31:58et que
00:31:58les retraités,
00:31:59les gens
00:32:00qui doivent se soigner,
00:32:01les familles,
00:32:03l'autonomie,
00:32:05les personnes âgées,
00:32:07les EHPAD,
00:32:08qu'évidemment,
00:32:11tout puisse continuer
00:32:12d'être financé.
00:32:13C'est la première remarque
00:32:15et elle est tout de même
00:32:16extrêmement importante
00:32:17parce que c'est vrai
00:32:18qu'à partir de ce moment-là,
00:32:21on est très regardé.
00:32:24Deuxième,
00:32:25ça c'est la première balise,
00:32:27deuxième balise,
00:32:28c'est les 12,7 milliards
00:32:30de déficit.
00:32:32on aborde là aussi
00:32:34ce texte,
00:32:35c'est ce qu'on a dit
00:32:35en commission
00:32:36tout à l'heure
00:32:37dans la présentation,
00:32:39il ne serait pas
00:32:40responsable
00:32:41de dégrader
00:32:42le solde
00:32:43de déficit.
00:32:44Pourquoi ?
00:32:45Parce que
00:32:46comme l'a dit
00:32:47le président,
00:32:48c'est complexe
00:32:49bien évidemment
00:32:50puisqu'il n'y a pas
00:32:51de réforme structurelle.
00:32:52On peut regretter
00:32:54d'ailleurs
00:32:54cette réalité
00:32:56qui n'est pas
00:32:57de réforme structurelle
00:32:59depuis trop longtemps,
00:33:00c'est pour ça
00:33:00qu'on en est là.
00:33:02Et il y a quand même
00:33:02une grosse différence.
00:33:06Cette rigueur financière,
00:33:09le gouvernement,
00:33:10malheureusement,
00:33:12elle est subie.
00:33:13C'est une rigueur financière
00:33:14subie.
00:33:15C'est-à-dire
00:33:16c'est une rigueur financière
00:33:17qui résulte
00:33:18des équilibres
00:33:18de ce 12,7 milliards
00:33:20de déficit
00:33:21et surtout
00:33:21de cette capacité
00:33:22d'emprunt
00:33:23de la COS
00:33:24qui est limitée
00:33:26comme l'a dit
00:33:26le président
00:33:26à 85 milliards
00:33:28et d'un pic d'emprunt
00:33:29qui est à 83 milliards.
00:33:30Donc, voyez,
00:33:31notre marge
00:33:31est extrêmement réduite.
00:33:33Quant à la CADES,
00:33:34ça n'aurait pas de sens
00:33:35de transférer
00:33:36à nouveau
00:33:37une part de la dette
00:33:38sans faire
00:33:38une réforme structurelle
00:33:41ambitieuse
00:33:42parce que ça reviendrait
00:33:43à mettre
00:33:43la poussière
00:33:44sous le tapis.
00:33:45Et encore une fois,
00:33:46cette situation
00:33:47est
00:33:49TDA,
00:33:50différente des autres.
00:33:51c'est un PLFS
00:33:53est différent
00:33:53des autres
00:33:54parce qu'on est
00:33:56au maximum
00:33:57de nos capacités
00:33:58d'emprunt
00:33:59et surtout,
00:34:00parallèlement à ça,
00:34:01en septembre-octobre,
00:34:02il y a eu
00:34:03une envolée
00:34:03des taux.
00:34:04C'est-à-dire
00:34:04qu'on emprunte
00:34:05à 5%
00:34:07alors qu'auparavant,
00:34:09avant le Covid,
00:34:10on a emprunté
00:34:11à taux d'intérêt négatif
00:34:12et puis ensuite,
00:34:13on a longtemps
00:34:14emprunté
00:34:15à 2%.
00:34:15Aujourd'hui,
00:34:16à 5%
00:34:16et en souhaitant
00:34:18que ce taux
00:34:18soit stabilisé.
00:34:19Donc c'est ça,
00:34:20la réalité économique
00:34:21et financière
00:34:24et sociale
00:34:25du pays.
00:34:27Et donc,
00:34:27évidemment,
00:34:28on n'a pas
00:34:29de réformes
00:34:30structurelles
00:34:31qui ont été
00:34:32proposées
00:34:32par le gouvernement.
00:34:33Donc nous,
00:34:34cette forme
00:34:36de responsabilité,
00:34:37elle n'est pas subie.
00:34:39Au fond,
00:34:39elle est voulue
00:34:39parce qu'il y a
00:34:41longtemps
00:34:41qu'on met
00:34:43les uns et les autres
00:34:44le gouvernement
00:34:45devant cette responsabilité.
00:34:47Il n'y a pas eu
00:34:47un PLFSS ici
00:34:48où à chaque fois,
00:34:50quand on l'a abordé,
00:34:52Mme Douaneau
00:34:52qui m'a précédé
00:34:53dans cette fonction,
00:34:54mais aussi le président,
00:34:55puis les commissaires
00:34:56de notre,
00:34:57les élus,
00:34:58les sénateurs
00:34:58de notre majorité
00:34:59sénatoriale,
00:35:00à chaque fois,
00:35:01on disait,
00:35:01mais comment on va
00:35:02s'en sortir
00:35:03si on ne fait pas
00:35:03de réformes structurelles ?
00:35:05À un moment donné,
00:35:06on va arriver
00:35:07au bout de l'exercice.
00:35:09Et le gouvernement
00:35:10était sourd.
00:35:11Et donc aujourd'hui,
00:35:12pour le gouvernement,
00:35:13c'est une réforme,
00:35:14une rigueur
00:35:15qui est subie.
00:35:16C'est une rigueur
00:35:17qui résulte
00:35:18de la réalité financière.
00:35:21Nous,
00:35:21encore une fois,
00:35:22c'est une rigueur
00:35:23et une responsabilité
00:35:24qui est voulue.
00:35:24Et depuis longtemps.
00:35:26Voilà,
00:35:26je veux insister
00:35:28sur cette deuxième balise
00:35:30de tenir le solde
00:35:31de 12,7 milliards
00:35:32en disant quand même
00:35:33et on le répétera
00:35:34dans les annexes
00:35:35que c'est une anomalie
00:35:38un PLFSS
00:35:39qui ne soit pas équilibré.
00:35:42Parce que ce n'est pas
00:35:43un investissement.
00:35:44Ce n'est pas un investissement
00:35:45dans le temps.
00:35:46C'est payer la maladie,
00:35:48la retraite,
00:35:50l'autonomie,
00:35:52les allocations familiales.
00:35:54Et donc,
00:35:54ça devrait par nature
00:35:56être équilibré.
00:35:57Et il y a eu ici
00:35:58un colloque
00:35:58au mois de juin
00:35:59sur les 30 ans
00:36:00de la loi Juppé.
00:36:02Et il y avait
00:36:02Antoine Burement
00:36:03qui est le haut fonctionnaire
00:36:05qui a imaginé
00:36:06le système
00:36:06à Coscades.
00:36:09Il plaidait coupable.
00:36:11Parce qu'il y a
00:36:11beaucoup d'humour.
00:36:12Mais il disait
00:36:13que s'il avait su,
00:36:14il n'aurait pas imaginé
00:36:14ce système.
00:36:15Parce que ce système,
00:36:16il n'a pas été fait
00:36:17pour permettre
00:36:18les déficits
00:36:19et pour faire en sorte
00:36:20que la dette
00:36:21soit en permanence
00:36:22la variable d'ajustement.
00:36:23Parce que c'est
00:36:24ce qui s'est passé.
00:36:25La dette ne peut plus
00:36:26être la variable d'ajustement.
00:36:27C'est le gros changement
00:36:28et c'est un tournant
00:36:30et un virage.
00:36:31Et nous,
00:36:31ici,
00:36:32au Sénat,
00:36:32on a toujours
00:36:33affirmé ça.
00:36:34Le système
00:36:35avait été fait
00:36:36pour gérer
00:36:36les accidents
00:36:37conjoncturels.
00:36:38Par exemple,
00:36:39le Covid,
00:36:40c'est un bon exemple.
00:36:40Mais pas tous les ans
00:36:41le déficit.
00:36:43Et troisième observation
00:36:45avant que les rapporteurs
00:36:48puissent exprimer,
00:36:50bien évidemment,
00:36:51il y a les marqueurs
00:36:51du Sénat.
00:36:52Parmi les marqueurs
00:36:53du Sénat,
00:36:54il y a la retraite.
00:36:55Marie-Doha Schliemann
00:36:56l'expliquera.
00:36:57la suspension
00:36:58de la suspension,
00:36:59l'évolution
00:37:02des seuils de gel,
00:37:04comme on le proposera.
00:37:07Ça,
00:37:08c'est le premier marqueur.
00:37:09Le deuxième marqueur
00:37:10du Sénat,
00:37:11c'est depuis longtemps,
00:37:13on réclame,
00:37:14et Jean-François Rapin
00:37:15en parlera,
00:37:16le virage préventif.
00:37:17On ne s'en sortira pas
00:37:19et on n'aura pas
00:37:21un système de santé
00:37:22équilibré dans ce pays
00:37:24si on ne va pas plus loin
00:37:25dans le domaine
00:37:25de la prévention,
00:37:26mais il ne faut pas
00:37:27que ce soit des mots.
00:37:28Et pour que ce ne soit pas
00:37:29des mots,
00:37:29on propose
00:37:32de donner plus
00:37:34de responsabilité
00:37:35aux mutuels
00:37:36et aux complémentaires
00:37:38pour ce qui concerne
00:37:39cette prévention.
00:37:40C'est-à-dire que
00:37:40lors de leur prélever
00:37:42des montants financiers,
00:37:44on leur donne
00:37:44une responsabilité
00:37:45et c'est ce qui viendra
00:37:46en moins
00:37:47pour la sécurité sociale.
00:37:49Donc cette question
00:37:50du virage préventif
00:37:51qui est aussi
00:37:52un marqueur
00:37:53de la majorité
00:37:54sénatoriale.
00:37:55Et au fond,
00:37:56troisième marqueur,
00:37:57c'est la question
00:37:57du travail.
00:37:59Là aussi,
00:38:00ce sera dans les annexes,
00:38:01mais c'est dans la retraite.
00:38:03On ne s'en sortira pas
00:38:05dans ce pays
00:38:06tant que sur les deux
00:38:08questions essentielles,
00:38:09on ne relèvera pas
00:38:11le taux d'activité.
00:38:13Notre taux d'activité
00:38:15sur les personnes actives,
00:38:16il est de 69%.
00:38:18Quand le taux d'activité
00:38:19en Allemagne
00:38:20est de 79%.
00:38:22on aurait le taux
00:38:24d'activité
00:38:24de l'Allemagne
00:38:25ou des Pays-Bas,
00:38:26ils sont encore
00:38:27un peu plus haut
00:38:27d'ailleurs,
00:38:29une grande partie
00:38:29de nos problèmes
00:38:31financiers
00:38:31et notre déficit
00:38:32serait réglé.
00:38:34Donc il faut
00:38:35faire monter,
00:38:37faire progresser
00:38:37ce taux d'activité
00:38:38et malgré tout,
00:38:40la réforme des retraites
00:38:42participe
00:38:43à cette augmentation
00:38:45du taux d'activité.
00:38:46Il y a aussi
00:38:46l'emploi des seniors
00:38:47et il y a aussi
00:38:48l'emploi des jeunes
00:38:49et bien évidemment
00:38:49c'est une question
00:38:50qui relève du paritarisme.
00:38:52Et en même temps,
00:38:53parallèlement à ça,
00:38:56on a
00:38:58non seulement
00:38:59un taux d'emploi
00:38:59qui est faible
00:39:00mais aussi
00:39:01autre problème
00:39:02en termes de travail,
00:39:04c'est que
00:39:04les Français,
00:39:06un salarié français
00:39:07travaille
00:39:08121 heures
00:39:09de moins
00:39:10qu'un salarié allemand,
00:39:11soit trois semaines,
00:39:13trois semaines
00:39:14de temps de travail
00:39:14de moins.
00:39:15Et en plus,
00:39:16c'est pour ça
00:39:17que c'est un de nos combats,
00:39:18c'est un marqueur
00:39:19extrêmement injuste
00:39:20parce que
00:39:21quand il s'agit
00:39:22d'un fonctionnaire,
00:39:23la différence
00:39:24entre un fonctionnaire français
00:39:25et un fonctionnaire allemand,
00:39:26c'est 159 heures,
00:39:28159 heures,
00:39:30plus de quatre semaines,
00:39:32presque cinq.
00:39:33Et quand il s'agit
00:39:34de différence
00:39:35et quand il s'agit
00:39:36d'un salarié,
00:39:39d'un ouvrier
00:39:39du bâtiment
00:39:41ou de l'industrie,
00:39:42alors ça tombe
00:39:43à presque 70 heures.
00:39:45C'est-à-dire que là,
00:39:45la différence
00:39:46n'est plus que deux semaines.
00:39:47Et donc,
00:39:48c'est y compris
00:39:50une injustice
00:39:50dans la société française.
00:39:52C'est un différentiel
00:39:54terrible
00:39:55si on nous compare
00:39:57à d'autres pays européens,
00:39:58ce qui explique
00:39:59notre déficit,
00:40:00mais en plus,
00:40:01c'est une injustice
00:40:03qui, à mon avis,
00:40:03participe
00:40:04à la colère sociale.
00:40:05Voilà
00:40:05les marqueurs
00:40:07du Sénat,
00:40:07la question de la retraite,
00:40:08la question
00:40:09du virage préventif
00:40:11et puis
00:40:11la question
00:40:12du travail.
00:40:13Voilà,
00:40:13je m'arrête là
00:40:14et je vous remercie
00:40:15de votre écoute.
00:40:15Le budget
00:40:16de la Sécurité sociale
00:40:172027
00:40:18arrive au Sénat
00:40:19et pour en parler,
00:40:20j'accueille Olivier Henault.
00:40:21Bonjour.
00:40:22Bonjour.
00:40:22Vous êtes sénateur centriste
00:40:23du Nord
00:40:24et rapporteur
00:40:25de la Commission
00:40:26des Affaires sociales.
00:40:27Vous allez beaucoup
00:40:28travailler dans les prochaines
00:40:29semaines sur ce budget
00:40:29de la Sécurité sociale.
00:40:31Alors,
00:40:31la majorité de droite
00:40:32et du centre du Sénat
00:40:33souhaite notamment
00:40:35rétablir la réforme
00:40:36de la retraite
00:40:36à 64 ans
00:40:37qui a été suspendue
00:40:38l'an dernier
00:40:39par le pré-ministre
00:40:40Sébastien Lecornu.
00:40:41C'est quoi l'idée
00:40:41des sénateurs ?
00:40:42C'est d'envoyer
00:40:42un message politique
00:40:43en pleine campagne
00:40:44présidentielle ?
00:40:45L'idée des sénateurs,
00:40:47c'est d'abord
00:40:47de faire preuve
00:40:48de cohérence.
00:40:49On va beaucoup travailler,
00:40:50on a déjà beaucoup travaillé
00:40:51et que cette question
00:40:54de la réforme des retraites,
00:40:56elle est essentielle
00:40:58pour équilibrer
00:40:59nos comptes sociaux.
00:41:00Il y a un différentiel
00:41:02de taux d'emploi
00:41:03en France
00:41:03qui concerne les seniors,
00:41:05qui concerne aussi
00:41:06les jeunes,
00:41:07c'est que vous avez
00:41:08un taux d'emploi
00:41:08en France qui est autour
00:41:09de 69%
00:41:10quand il est de 79%
00:41:12en Allemagne
00:41:13ou dans les Pays-Bas.
00:41:14Et tant qu'on a
00:41:15un taux d'emploi
00:41:16avec une telle
00:41:17variation négative
00:41:19par rapport
00:41:19à ces pays-là,
00:41:21on n'aura pas
00:41:22d'équilibre
00:41:22de nos comptes sociaux
00:41:23et puis on n'aura pas
00:41:24de croissance non plus.
00:41:25Donc, la réforme
00:41:26des retraites
00:41:27et donc l'idée
00:41:28que nous devons
00:41:30travailler plus
00:41:31tout simplement
00:41:32parce qu'on vit
00:41:32plus longtemps
00:41:33et puis aussi
00:41:34parce qu'il y a
00:41:35moins d'actifs
00:41:35pour payer nos retraites,
00:41:37c'est une évidence
00:41:38et donc
00:41:39ne pas accepter
00:41:40cette évidence économique,
00:41:42c'est un renoncement
00:41:44et puis c'est un renoncement
00:41:45qui risque
00:41:45d'ailleurs
00:41:46par se traduire
00:41:47par une conséquence
00:41:49extrêmement concrète,
00:41:51c'est la paupérisation
00:41:52des retraités
00:41:52parce qu'on ne peut pas
00:41:54dépenser
00:41:55plus de 14%
00:41:56on y est déjà
00:41:57de notre richesse nationale,
00:41:59du PIB
00:41:59à la question
00:42:01des retraites.
00:42:02Aller au-delà,
00:42:02ce serait imprudent.
00:42:03Alors, il y a des raisons économiques
00:42:04à cette réforme des retraites
00:42:06selon vous,
00:42:06mais politiquement,
00:42:08honnêtement,
00:42:09est-ce que, voilà,
00:42:09si le Sénat rétablit
00:42:11cette réforme des retraites
00:42:12de 2023,
00:42:13est-ce que vous pensez vraiment
00:42:14qu'elle a des chances
00:42:14d'être retenue au final
00:42:16dans la version du budget
00:42:18qui va être votée
00:42:19par le Parlement
00:42:20ou soumise
00:42:21ou passée par 49.3
00:42:23par le gouvernement ?
00:42:24On le rappelle,
00:42:24le gouvernement n'y a pas
00:42:24de majorité
00:42:25à l'Assemblée nationale
00:42:26et s'il dit
00:42:27très bien,
00:42:27nous rétablissons
00:42:28la réforme des retraites,
00:42:29il se fait censurer
00:42:30dans la minute
00:42:31par les oppositions,
00:42:31vous êtes d'accord ?
00:42:32Mais la problématique,
00:42:33elle n'est pas celle-là.
00:42:34C'est que nous,
00:42:35ici,
00:42:35on est en situation
00:42:36de responsabilité,
00:42:37mais on est au Sénat.
00:42:38On ne va tout de même pas
00:42:41voter conforme
00:42:41le projet de loi de finances
00:42:43de la sécurité sociale
00:42:44qui est proposé
00:42:45par le gouvernement.
00:42:46Nous,
00:42:47on va voter
00:42:47un projet de loi de finances
00:42:49de la sécurité sociale,
00:42:50mais qui correspond
00:42:51à nos convictions,
00:42:53à nos idées,
00:42:53à une ligne politique.
00:42:55Et dans cette ligne politique,
00:42:56depuis très longtemps,
00:42:57il y a l'idée
00:42:58que si on n'accepte pas
00:42:59en vivant plus longtemps
00:43:00de travailler
00:43:03plus longtemps,
00:43:0464,
00:43:05on avait même défendu
00:43:06à un moment
00:43:06René-Paul Savary
00:43:08ici,
00:43:08les 65 ans,
00:43:10on met en péril
00:43:11notre système
00:43:12de protection sociale
00:43:13tout entier
00:43:13et le niveau de vie
00:43:15des retraités.
00:43:15Alors,
00:43:16on continue à parler
00:43:16des retraites
00:43:17parce que dans la version
00:43:18initiale du gouvernement
00:43:20était prévue
00:43:21une non-revalorisation
00:43:23des pensions de retraite
00:43:24pour toutes les pensions
00:43:25au-dessus de 1260 euros
00:43:27par mois
00:43:28et les sénateurs
00:43:30souhaitent augmenter
00:43:31ce plafond
00:43:32à 1500 euros par mois.
00:43:34Ça veut donc dire
00:43:35que quand on est
00:43:36un retraité
00:43:37qui a une petite pension
00:43:38de 1600 euros,
00:43:39on ne sera pas
00:43:40revalorisé
00:43:40à hauteur de l'inflation.
00:43:42Alors,
00:43:42ça veut donc dire
00:43:43qu'on monte le plafond
00:43:45puisqu'il était
00:43:46initialement de 1260.
00:43:48On avait d'ailleurs
00:43:48proposé toujours
00:43:49la cohérence
00:43:51de nos propositions,
00:43:52une ligne politique.
00:43:53C'est ça qui fait sens
00:43:55pour être conforme
00:43:56aux convictions
00:43:56que nous défendons.
00:43:58De passer le seuil
00:43:59à 1500
00:44:00parce qu'avec l'inflation
00:44:01ça fait autour de 1500,
00:44:02ça correspond à peu près
00:44:04au SMIC
00:44:05si on veut
00:44:07arrondir les choses.
00:44:08Et donc,
00:44:09bon,
00:44:09ne pas augmenter
00:44:10ces retraites-là
00:44:12pour des gens
00:44:12qui ont du mal
00:44:13à vivre tous les jours,
00:44:14ça nous paraît
00:44:16impossible
00:44:16et injuste.
00:44:17Mais en revanche,
00:44:19exceptionnellement,
00:44:20pour les gens
00:44:20qui ont des retraites
00:44:21plus importantes,
00:44:22il faut faire un effort
00:44:24et cet effort,
00:44:25il passe par le gel,
00:44:26pas par la diminution
00:44:28des pensions.
00:44:28Ça concerne d'ailleurs
00:44:2960% des retraités.
00:44:31Presque la moitié
00:44:32des retraités
00:44:32vont avoir leur revalorisation
00:44:34avec le barème
00:44:34de 2500.
00:44:36Il faut redonner
00:44:37les chiffres.
00:44:38Et donc,
00:44:38il faut faire cet effort
00:44:39parce que sans ça,
00:44:40on va avoir un déficit
00:44:42de la sécurité sociale,
00:44:43enfin,
00:44:45du projet de loi
00:44:46de financement
00:44:46de la sécurité sociale
00:44:48supérieur
00:44:48à 12,7 milliards
00:44:50et on met en péril
00:44:52la sécurité sociale
00:44:53parce que nos capacités
00:44:54d'endettement
00:44:55avec l'URSSAF,
00:44:57Caisse Nationale
00:44:58et la CADES
00:44:59sont au maximum
00:45:00de ce qui est acceptable
00:45:01et que les taux d'intérêt
00:45:03ont brutalement augmenté
00:45:05pour être à plus de 5%.
00:45:06Donc,
00:45:06c'est une mesure
00:45:08pas tellement de justice,
00:45:09aussi de justice,
00:45:10mais surtout parce que
00:45:12c'est pour sauvegarder
00:45:13la sécurité sociale
00:45:14dans la situation
00:45:16dans laquelle on est.
00:45:17Mais encore une fois,
00:45:17ce n'est pas notre projet
00:45:18de loi de financement
00:45:19de la sécurité sociale.
00:45:20Nous,
00:45:20on s'ajuste à la réalité.
00:45:22On aurait voulu
00:45:23des réformes structurelles
00:45:24du gouvernement,
00:45:24mais enfin,
00:45:25politiquement,
00:45:26on en est là
00:45:26et donc,
00:45:27en responsabilité,
00:45:28on fait des propositions
00:45:30pour tenir le solde
00:45:31de déficit
00:45:32de 12,7 milliards d'euros
00:45:34et pour ce qui est
00:45:35à l'FSS à la fin
00:45:36puisqu'il n'y en a pas
00:45:37à l'Assemblée.
00:45:38Il faut bien qu'il y en ait un
00:45:38au Sénat.
00:45:39Et justement,
00:45:39pour se projeter un peu
00:45:40dans la campagne présidentielle,
00:45:41vous dites très bien
00:45:42que le gouvernement,
00:45:42avec ce budget,
00:45:43baisse le déficit
00:45:44de la sécurité sociale
00:45:45mais ne fait pas
00:45:45de réformes structurelles
00:45:47de notre modèle social.
00:45:48Selon vous,
00:45:49Olivier Henault,
00:45:49quelle serait la réforme
00:45:50structurelle à mener,
00:45:52notamment dans le débat
00:45:53présidentiel ?
00:45:54Alors,
00:45:54il y en a évidemment
00:45:56beaucoup.
00:45:57Là,
00:45:57on a beaucoup parlé
00:45:57de la retraite,
00:45:59mais là où le déficit
00:46:01est le plus important,
00:46:02c'est en matière
00:46:03de maladie.
00:46:04Il y a très longtemps
00:46:05qu'il n'y a pas eu
00:46:06de grandes lois santé
00:46:07dans notre pays.
00:46:08Il n'y en a pas eu
00:46:09pendant les deux
00:46:10quinquennats
00:46:11d'Emmanuel Macron.
00:46:12On le regrette.
00:46:12Il y a eu
00:46:13des propositions
00:46:15de loi par-ci,
00:46:16des propositions
00:46:17de loi par-là.
00:46:18Il y a eu
00:46:21différents Ségur.
00:46:22Mais au fond,
00:46:23il n'y a pas eu
00:46:24de grande remise à plat.
00:46:25Or,
00:46:26il en faut,
00:46:26parce qu'il y a
00:46:27de plus en plus
00:46:27d'innovations
00:46:28en matière de santé
00:46:29qui viennent bouleverser.
00:46:31Il faut évidemment
00:46:32que toutes ces innovations
00:46:34soient accessibles
00:46:34à toutes et à tous.
00:46:35Mais alors,
00:46:35où on trouve l'argent
00:46:36pour faire les économies
00:46:37sur la banque de l'aide
00:46:38ou sur l'hôpital ?
00:46:39Il faut qu'on soit...
00:46:40Non, non,
00:46:40pas du tout.
00:46:41En fait,
00:46:42on a un gros problème
00:46:43sur la pertinence
00:46:44des soins
00:46:45dans notre pays.
00:46:46Quand on compare
00:46:47avec d'autres pays,
00:46:49il y a au moins
00:46:4915 milliards
00:46:50qui sont perdus
00:46:52sur la pertinence
00:46:53des soins.
00:46:53Moi,
00:46:53je pense qu'il faut
00:46:54mettre en œuvre
00:46:55le dossier médical partagé.
00:46:56Moi,
00:46:57je ne suis pas loin
00:46:57de la Belgique.
00:46:58Un patient
00:46:59qui ne met pas en œuvre
00:47:00son dossier médical partagé
00:47:02ou un médecin
00:47:03qui ne le font pas,
00:47:04il risque de perdre
00:47:05son remboursement.
00:47:06Donc,
00:47:06ils le font.
00:47:07Ou son agrément
00:47:08pour un médecin.
00:47:10Pour simplement...
00:47:11Vous voyez,
00:47:11parce que quelquefois,
00:47:12il y a des gens
00:47:12qui font deux ou trois
00:47:14examens identiques.
00:47:15On peut comprendre
00:47:16qu'ils le fassent
00:47:17tant que c'est autorisé.
00:47:19Mais en réalité,
00:47:20ça coûte très cher
00:47:20et donc,
00:47:21il faut rationaliser
00:47:22notre système de santé,
00:47:24le réorganiser
00:47:24et ça passe
00:47:25par un certain nombre
00:47:26de réformes structurelles
00:47:27et par une grande loi santé.
00:47:28C'est ça,
00:47:29l'essence de mon propos.
00:47:30Merci beaucoup,
00:47:31Olivier Henault.
00:47:32Et on suivra avec attention
00:47:33dans les prochains jours
00:47:34et prochaines semaines
00:47:35des débats
00:47:35sur le budget
00:47:36de la sécurité sociale au Sénat.
00:47:37Merci à vous.
00:47:42Parlons maintenant
00:47:42du secteur agricole
00:47:44sinistré
00:47:45cet été
00:47:45par la sécheresse
00:47:46historique.
00:47:47La ministre de l'Agriculture,
00:47:48Annie Gennevar,
00:47:49a été auditionnée
00:47:50par les sénateurs
00:47:51et a présenté
00:47:51le plan de relance
00:47:52du gouvernement
00:47:53pour soutenir
00:47:54les agriculteurs
00:47:55après cet épisode de crise.
00:47:56Je vous propose
00:47:57d'écouter cette audition.
00:47:58Je souhaite vous présenter
00:47:59les orientations
00:48:00et les moyens
00:48:01que le gouvernement
00:48:02entend consacrer
00:48:03à l'agriculture
00:48:04en 2027
00:48:04et en répondant
00:48:06à vos questions
00:48:06dresser devant vous
00:48:07le bilan de l'année écoulée.
00:48:09Ce budget,
00:48:10je ne saurais vous le présenter
00:48:11sans le replacer
00:48:14dans le contexte
00:48:15qu'il a vu naître.
00:48:16Car 2026
00:48:17aura soumis
00:48:18nos agriculteurs
00:48:19à l'épreuve successive
00:48:21de l'eau,
00:48:21de son absence
00:48:22puis du feu.
00:48:23Pour beaucoup d'entre eux,
00:48:25elle restera
00:48:25comme la plus rude
00:48:26de leur vie professionnelle.
00:48:28L'eau d'abord.
00:48:29En février,
00:48:29les Tempêtes Nils,
00:48:30Soriana et Pénereau
00:48:31se sont abattues
00:48:33en quelques jours
00:48:33sur l'ouest et le sud-ouest.
00:48:35Puis,
00:48:35l'eau a manqué.
00:48:37C'est en effet
00:48:38installé une sécheresse
00:48:39historique
00:48:39sur la quasi-totalité
00:48:41du territoire
00:48:42plaçant plus de 60 départements
00:48:44en situation de crise.
00:48:46Les prairies ont grillé,
00:48:48les rendements
00:48:48se sont effondrés
00:48:49et nombre d'éleveurs
00:48:51ont dû entamer
00:48:51dès l'été
00:48:52les stocks de fourrage
00:48:54qu'ils réservaient
00:48:54à l'hiver.
00:48:55Vous connaissez
00:48:56les chiffres
00:48:57des pertes de récolte,
00:48:58je ne les énumère pas.
00:49:00Le feu,
00:49:01enfin.
00:49:02Près de 98 000 hectares
00:49:04ont brûlé cet été.
00:49:05Forêt,
00:49:06emportant parfois
00:49:07des terres agricoles,
00:49:09cinq fois la moyenne
00:49:10des 20 dernières années,
00:49:12un niveau inédit
00:49:13depuis 1976.
00:49:15Des Landes,
00:49:16au Var,
00:49:17de la Géronde
00:49:17jusqu'à la forêt
00:49:18de Fontainebleau,
00:49:20les flammes
00:49:20ont emporté
00:49:21des récoltes sur pied,
00:49:22des vignes,
00:49:23des bâtiments
00:49:24et du matériel.
00:49:25Dans plusieurs régions,
00:49:26ce sont plus
00:49:26d'une centaine
00:49:27d'exploitations
00:49:28qui ont été touchées.
00:49:29Et je veux saluer
00:49:30devant vous
00:49:31ces agriculteurs
00:49:32qui, partout,
00:49:33ont sorti leur tracteur
00:49:34pour ouvrir
00:49:35des coupes-feux
00:49:36aux côtés
00:49:36des sapeurs-poupiers
00:49:37sans compter
00:49:38leurs heures.
00:49:40Nous le savions déjà,
00:49:41ces crises
00:49:42ne sont plus
00:49:43des accidents.
00:49:44C'est bien pour cela
00:49:45que nous accompagnons
00:49:46l'adaptation
00:49:47de l'agriculture
00:49:47au changement climatique
00:49:48depuis des années.
00:49:50Mais cet été
00:49:51appelle une accélération
00:49:53du mouvement.
00:49:53Et c'est cette conviction
00:49:55qui a guidé
00:49:55l'action du gouvernement
00:49:56tout au long de l'été.
00:49:58Dès les premiers signes
00:49:59de la crise,
00:50:00je me suis rendue
00:50:00sur le terrain,
00:50:01au contact
00:50:02des agriculteurs
00:50:03et de leurs représentants,
00:50:04tandis que les préfets
00:50:06mesuraient les pertes
00:50:06au plus près
00:50:07des territoires.
00:50:08Et malgré
00:50:09la contrainte budgétaire
00:50:10que chacun connaît,
00:50:11nous avons construit
00:50:12dans un délai record
00:50:13un plan
00:50:14d'une ampleur inédite
00:50:151,3 milliard d'euros.
00:50:17Il poursuit
00:50:18un double objectif,
00:50:20soutenir immédiatement
00:50:22les exploitations
00:50:22les plus fragilisées
00:50:23et préserver
00:50:25leur capacité
00:50:26à produire demain.
00:50:27Il est en effet
00:50:28impérieux
00:50:29pour ne pas subir
00:50:30une baisse structurelle
00:50:31du PIB agricole
00:50:32que les agriculteurs
00:50:33sèment à nouveau
00:50:34cet automne.
00:50:35Le plan comporte
00:50:37donc notamment
00:50:37un fonds d'urgence
00:50:39placé entre les mains
00:50:40des préfets
00:50:40qui permet l'achat
00:50:42de semis,
00:50:43du fourrage,
00:50:43des engrais,
00:50:44etc.
00:50:45J'ai demandé
00:50:46que le maximum
00:50:46soit payé
00:50:47avant décembre.
00:50:48A l'heure
00:50:49où je vous parle,
00:50:50plus de la moitié
00:50:51des dossiers déposés
00:50:52sont déjà instruits
00:50:53et 41 millions d'euros
00:50:54sont déjà arrivés
00:50:55sur les comptes bancaires
00:50:56des agriculteurs.
00:50:58Ils s'ajoutent
00:50:59aux 83 millions d'euros
00:51:00déjà payés
00:51:01pour l'aide cardurant.
00:51:03Ça,
00:51:03c'était pour l'urgence.
00:51:05En parallèle
00:51:06et comme depuis
00:51:06le premier jour,
00:51:07nous conduisons
00:51:08l'adaptation
00:51:09de l'agriculture
00:51:10au nouveau climat.
00:51:11Derrière ces mots,
00:51:13il y a une réalité,
00:51:14celle d'investir,
00:51:15de protéger les fermes
00:51:17et de renouveler
00:51:17les générations.
00:51:18C'est le sens du budget
00:51:20pour 2027.
00:51:21Une précision d'emblée
00:51:23sur son périmètre.
00:51:24J'ai tout à fait conscience
00:51:25que vous n'avez pas encore
00:51:26sous les yeux
00:51:27la copie finale
00:51:28du budget agricole
00:51:29puisque le plan de relance
00:51:30annoncé par le Premier ministre
00:51:32et moi-même
00:51:32passera par voie d'amendement.
00:51:34J'ai été parlementaire
00:51:36et je comprends
00:51:37cette demande de clarté.
00:51:39Mais il y a une explication
00:51:40dont il faut tenir compte.
00:51:42Avoir le plan de relance
00:51:43dans le PLF initial
00:51:45impliquait qu'il soit ficelé
00:51:47dès le 20 septembre dernier.
00:51:49Or, nous étions encore
00:51:50en pleine sécheresse
00:51:51à gérer le plan d'urgence
00:51:53d'un milliard trois.
00:51:54C'était par conséquent
00:51:55impossible de l'y intégrer
00:51:57car sa conception
00:51:58n'était pas terminée
00:51:59et nous étions encore
00:52:01en train d'échanger
00:52:01sur son contenu
00:52:02avec le monde agricole.
00:52:04Je pourrais toutefois
00:52:05le présenter
00:52:06très prochainement au Sénat.
00:52:07Dans l'ensemble,
00:52:09ce plan de relance
00:52:10vise à s'assurer
00:52:11que l'été prochain
00:52:12ne ressemble en rien
00:52:13à celui que nous avons vécu.
00:52:15Pour cela,
00:52:16il s'attachera
00:52:17à sécuriser
00:52:18notre production agricole,
00:52:20à l'adapter
00:52:20au climat nouveau
00:52:21et à renforcer
00:52:22la transmission
00:52:23des fermes aux jeunes.
00:52:24Cela passera à la fois
00:52:26par un guichet d'aide
00:52:27aux équipements
00:52:27de protection,
00:52:29par le financement
00:52:29des projets
00:52:30d'avenir agricole,
00:52:31par la garantie
00:52:32des prêts
00:52:33permettant d'investir
00:52:34pour le futur.
00:52:35Je précise
00:52:36qu'une petite partie
00:52:37des mesures
00:52:38a été adoptée
00:52:38à l'Assemblée nationale
00:52:39il y a quelques jours.
00:52:40Le pacte de transmission
00:52:42ainsi que le renforcement
00:52:44des stocks de fourrage,
00:52:45vous aurez bientôt
00:52:46à vous prononcer dessus.
00:52:48Sans prendre en compte
00:52:49le plan de relance
00:52:50agricole,
00:52:50donc,
00:52:51le PLF pour 2027
00:52:53prévoit pour le ministère
00:52:54de l'Agriculture
00:52:54un budget
00:52:56de plus de 6 milliards
00:52:57d'euros,
00:52:58dont près de 4 milliards
00:52:59pour la mission
00:53:00agriculture et alimentation.
00:53:02Les 2 milliards restants
00:53:03viennent de l'enseignement
00:53:05agricole
00:53:05qui sont portés
00:53:06par les missions
00:53:06interministérielles
00:53:08enseignement scolaire
00:53:09et recherche
00:53:10et enseignement supérieur.
00:53:11Comme vous le savez,
00:53:13il faut ajouter
00:53:149,4 milliards
00:53:16d'euros de PAC
00:53:17et près de 9 milliards
00:53:18d'exonérations
00:53:19fiscales et sociales
00:53:20pour un total
00:53:21de 25 milliards
00:53:22consacrés
00:53:23à l'agriculture
00:53:24en France.
00:53:25Les moyens
00:53:26de ce budget
00:53:26répondent
00:53:27à 3 priorités.
00:53:29Sécuriser
00:53:29notre capacité
00:53:31de production,
00:53:32renforcer
00:53:33la résistance économique
00:53:34des exploitations
00:53:35et consolider
00:53:37les fondations
00:53:37de notre agriculture
00:53:38pour les années
00:53:40à venir.
00:53:41Sécuriser
00:53:42notre capacité
00:53:43de production
00:53:43d'abord,
00:53:44cela commence
00:53:44par l'eau.
00:53:45Cet été,
00:53:46l'a montré.
00:53:47Là où elle venait
00:53:47à manquer,
00:53:48c'est l'exploitation
00:53:49toute entière
00:53:50qui vacillait,
00:53:51les cultures
00:53:52comme les troupeaux.
00:53:53C'est pourquoi
00:53:54le fonds hydraulique
00:53:55est porté
00:53:56à 60 millions
00:53:57d'euros
00:53:57en 2027.
00:53:58C'est un outil
00:53:59très utile,
00:54:00plébiscité
00:54:01pour sa souplesse
00:54:01et qui a déjà
00:54:02permis en deux ans
00:54:03de sortir de terre
00:54:04une quarantaine
00:54:05de projets.
00:54:06Le triplement
00:54:07de son montant
00:54:07de 20 à 60 millions
00:54:09devait être exceptionnel,
00:54:10mais je suis parvenu
00:54:12à sécuriser
00:54:12ce montant
00:54:13pour la suite.
00:54:14Afin de faire évoluer
00:54:16nos systèmes
00:54:16de production
00:54:17au plus près
00:54:18des réalités agronomiques
00:54:19de chaque territoire,
00:54:21nous préservons
00:54:22également
00:54:22les 40 millions
00:54:23d'euros
00:54:23de la planification
00:54:24écologique
00:54:25qui permettront
00:54:26de poursuivre
00:54:27le plan protéine,
00:54:28d'adapter
00:54:29l'agriculture
00:54:30méditerranéenne
00:54:30et de soutenir
00:54:32la rénovation
00:54:32des vergers.
00:54:33Je sais que le montant
00:54:35total a diminué
00:54:36depuis 2024,
00:54:37mais je voudrais rappeler
00:54:38que les montants
00:54:39impressionnants
00:54:40du début
00:54:40visaient à engager
00:54:41des projets
00:54:42et c'est ce que nous avons fait.
00:54:44Une partie des paiements
00:54:45a déjà eu lieu
00:54:46et désormais,
00:54:47nous prévoyons les crédits
00:54:48pour achever
00:54:48le règlement
00:54:49des dossiers.
00:54:51Renforcer
00:54:51la résistance
00:54:52des exploitations
00:54:53ensuite.
00:54:54Nous maintenons
00:54:55donc un effort
00:54:56important
00:54:56en faveur
00:54:57de la gestion
00:54:57des risques.
00:54:58Le Fonds national
00:54:59de gestion
00:55:00des risques
00:55:00en agriculture
00:55:02bénéficiera
00:55:03de 156 millions
00:55:04d'euros
00:55:04de crédits budgétaires.
00:55:06Avec les financements
00:55:07européens
00:55:08et la taxe
00:55:09affectée,
00:55:09ce sont près
00:55:10de 600 millions
00:55:11d'euros
00:55:11qui seront consacrés
00:55:12à l'assurance
00:55:13récolte.
00:55:14Je négocie
00:55:15par ailleurs
00:55:15pour la future PAC
00:55:16la possibilité
00:55:17que la cotisation
00:55:18d'assurance
00:55:19soit nette
00:55:20de subvention
00:55:21pour l'agriculteur.
00:55:22Par ailleurs,
00:55:23à partir de l'an prochain,
00:55:25la moyenne olympique
00:55:26à 8 ans,
00:55:27grande victoire
00:55:28française à Bruxelles
00:55:29entrera en vigueur.
00:55:31Nous poursuivons
00:55:32également le soutien
00:55:33à la trésorerie.
00:55:34C'est pourquoi
00:55:35les prêts structurels,
00:55:36le dispositif
00:55:37GRETEA,
00:55:38seront prolongés
00:55:39un an de plus
00:55:40après avoir été
00:55:40étendus
00:55:41aux coopératives
00:55:43agricoles,
00:55:44viticoles
00:55:44et arboricoles
00:55:46en 2026.
00:55:48Pour les éleveurs,
00:55:49la déduction
00:55:50pour épargne
00:55:51de précautions
00:55:51sera renforcée
00:55:52en matière
00:55:53de fourrage.
00:55:53Cette mesure
00:55:54a été adoptée
00:55:55par amendement
00:55:56lors de l'examen
00:55:57de la première partie
00:55:57du projet de loi
00:55:58de finances
00:55:58à l'Assemblée.
00:55:59C'est la leçon
00:56:00directe de cet été,
00:56:02permettre de constituer
00:56:04des réserves
00:56:04les bonnes années
00:56:05pour mieux traverser
00:56:06les années de disette.
00:56:08Enfin,
00:56:09dans le cadre
00:56:09du plan de relance,
00:56:11nous engagerons
00:56:12la troisième phase
00:56:13de l'initiative nationale
00:56:14pour l'agriculture française
00:56:16appelée INAF
00:56:17avec un effort
00:56:19renforcé de l'État
00:56:20pour garantir
00:56:21à 80 %
00:56:22les prêts
00:56:22aux investissements
00:56:23agricoles d'avenir.
00:56:26Consolider
00:56:26les fondations
00:56:27de notre agriculture
00:56:28enfin,
00:56:29en soutenant
00:56:30son renouvellement,
00:56:31sa compétitivité
00:56:32et les moyens
00:56:32de l'action publique.
00:56:33Le renouvellement
00:56:34des générations
00:56:35est à cet égard
00:56:36décisif.
00:56:38Aucune politique
00:56:39agricole
00:56:39ne tiendra
00:56:40si les fermes
00:56:41ne trouvent pas
00:56:41de repreneurs.
00:56:43Le pacte
00:56:44de transmission
00:56:44adopté
00:56:46en première partie
00:56:46à l'Assemblée nationale
00:56:47répond à cette nécessité.
00:56:49Il complète
00:56:50les dispositions fiscales
00:56:52favorables à la transmission
00:56:53votées en loi de finances
00:56:55pour 2025
00:56:56que nous préservons.
00:56:57Nous devons aussi
00:56:58garantir à nos agriculteurs
00:57:00un environnement
00:57:01sanitaire solide.
00:57:03Les crises récentes
00:57:04l'ont montré.
00:57:05La prévention,
00:57:06la surveillance
00:57:06et la réactivité
00:57:08font la différence.
00:57:09Et une bonne partie
00:57:10de tout cela
00:57:11repose sur les épaules
00:57:12des vétérinaires.
00:57:13Après un premier
00:57:14renforcement
00:57:15de 10 millions d'euros
00:57:16en 2026,
00:57:17nous consacrerons donc,
00:57:19si vous l'acceptez,
00:57:207 millions d'euros
00:57:20supplémentaires
00:57:21au rôle des vétérinaires
00:57:23dans la prévention
00:57:24et la veille sanitaire.
00:57:25Nous poursuivons
00:57:26parallèlement
00:57:27la modernisation
00:57:28de nos opérateurs.
00:57:30L'agence de services
00:57:31et de paiement
00:57:32bénéficiera
00:57:32de 18,1 millions d'euros
00:57:34pour adapter
00:57:35son système
00:57:36d'information
00:57:37à la prochaine
00:57:38politique agricole
00:57:39commune
00:57:40et garantir
00:57:41le bon
00:57:41versement des aides.
00:57:43Qu'il me soit permis
00:57:44de rendre hommage
00:57:45au travail
00:57:45de cette agence,
00:57:46souvent méconnue
00:57:48du grand public,
00:57:49mais sur qui repose
00:57:50entre autres
00:57:50tout le paiement
00:57:52de la PAC
00:57:52et qui a pu apporter
00:57:545 milliards d'euros
00:57:55de trésorerie
00:57:56dans les fermes
00:57:57le 16 octobre,
00:57:58conformément
00:57:59à l'engagement
00:58:00que j'ai pris.
00:58:01Enfin,
00:58:02nous maintenons
00:58:02les dispositifs
00:58:03qui soutiennent
00:58:04directement
00:58:04la compétitivité
00:58:06des exploitations.
00:58:07Près de 600 millions
00:58:08d'euros
00:58:09continueront
00:58:09d'alléger
00:58:10le coût
00:58:10de l'emploi
00:58:11des travailleurs
00:58:12occasionnels
00:58:13et des demandeurs
00:58:14d'emploi agricole,
00:58:15le TODE.
00:58:16Le crédit d'impôt
00:58:17en faveur
00:58:18de la haute valeur
00:58:19environnementale
00:58:20sera prolongé
00:58:21en 2027
00:58:22et celui dédié
00:58:23à l'agriculture
00:58:24biologique
00:58:24préservée.
00:58:26Mesdames et messieurs
00:58:27les sénateurs,
00:58:28ce budget intervient
00:58:29à un moment
00:58:29où notre agriculture
00:58:30doit relever
00:58:32simultanément
00:58:32plusieurs défis.
00:58:33L'adaptation
00:58:34au changement climatique,
00:58:36la fragilité économique
00:58:37de nombreuses exploitations,
00:58:39le renouvellement
00:58:40des générations
00:58:41et la préservation
00:58:42de notre souveraineté alimentaire.
00:58:45Il cherche
00:58:46un équilibre
00:58:46entre ce que
00:58:47l'urgence commande
00:58:48et ce que
00:58:49l'avenir exige.
00:58:51Je sais l'attention
00:58:52que votre commission
00:58:53porte à ces enjeux
00:58:54et son attachement
00:58:56aux réalités
00:58:57de nos territoires
00:58:57agricoles.
00:58:58Je serai donc
00:58:59particulièrement attentive
00:59:01à vos observations
00:59:02et me forcerai
00:59:03d'apporter à vos questions
00:59:04les réponses
00:59:05les plus précises possibles.
00:59:07Je vous remercie.
00:59:08Madame la Présidente,
00:59:10une question.
00:59:10Vous avez posé
00:59:11des questions
00:59:11dans votre propos
00:59:12liminaire.
00:59:13Souhaitez-vous
00:59:14que j'y réponde
00:59:14maintenant
00:59:15ou au fil des questions ?
00:59:16Je pense que
00:59:17comme vous le souhaitez,
00:59:18vous pouvez donner
00:59:18quelques éléments
00:59:19mais je pense que
00:59:19certains de nos collègues
00:59:20vont y revenir
00:59:21très certainement.
00:59:22Je pense en particulier
00:59:23au CASI
00:59:23ou au plan de relance.
00:59:31Alors, concernant le CASI,
00:59:34donc vous avez plusieurs secteurs,
00:59:38enfin plusieurs mesures
00:59:41qui composent ce plan CASI.
00:59:44D'abord, le fonds de réarmement.
00:59:46Qu'on s'entende bien,
00:59:48le fonds de réarmement,
00:59:49c'est ce qui est à la main
00:59:49des préfets,
00:59:50que j'ai voulu décentraliser
00:59:51au plus près des territoires.
00:59:53Ce n'est pas un fonds
00:59:54qui vise à compenser
00:59:55les pertes.
00:59:56Elles sont évidemment
00:59:57bien supérieures
00:59:58aux 215 millions annoncés.
01:00:00Elles sont faites,
01:00:01ce fonds de réarmement
01:00:02est fait pour
01:00:05les exploitations
01:00:06les plus fragiles,
01:00:07celles qui, par exemple,
01:00:08ne pourraient plus
01:00:09acheter de semences
01:00:10pour pouvoir relancer
01:00:11la production.
01:00:12C'est un fonds de réarmement
01:00:14qu'on le comprenne bien ainsi.
01:00:16Nous l'avons calibré
01:00:18pour les 30 000 exploitations
01:00:19que nous avons évaluées
01:00:20en grande difficulté
01:00:21pour un versement
01:00:23compris entre 5 et 10
01:00:26ou 15 000 euros.
01:00:28Mais c'est à la main
01:00:29des préfets
01:00:29qui ont animé
01:00:31ces cellules de répartition.
01:00:33Le dégrèvement
01:00:34de la taxe foncière.
01:00:35Nous avions calibré
01:00:36initialement les choses
01:00:37à entre 3 et 400 millions.
01:00:40Il s'est avéré
01:00:41que nous serions
01:00:42probablement plus près
01:00:43de 600 millions.
01:00:44C'est ce qui explique aussi
01:00:45pourquoi ça a augmenté.
01:00:46L'indemnité
01:00:48de solidarité nationale.
01:00:49C'est l'assurance récolte
01:00:52pour les assurés
01:00:53et les non-assurés.
01:00:55Et la prise en charge
01:00:56de cotisations
01:00:57dont le montant
01:00:58a triplé en 2026.
01:01:00Il était initialement
01:01:01calibré sur 20 millions d'euros.
01:01:03Nous aurons versé
01:01:04sur 2026
01:01:05près de 65 millions d'euros.
01:01:08J'ajoute que les départements
01:01:09ont souhaité apporter
01:01:10leurs contributions.
01:01:11Et nous sommes en train
01:01:13de travailler
01:01:14avec les départements
01:01:15pour voir comment
01:01:16juridiquement
01:01:17nous pouvons faire
01:01:17alors même
01:01:18qu'elles n'ont pas
01:01:18la compétence économique.
01:01:20Et donc,
01:01:21nous travaillons
01:01:23à trouver
01:01:23la bonne articulation
01:01:25et ça permettra
01:01:26probablement
01:01:27d'abonder
01:01:27des mesures sociales
01:01:28en faveur
01:01:29des agriculteurs.
01:01:31Donc,
01:01:32après un cycle
01:01:33de consultation,
01:01:34j'ai annoncé
01:01:35des mesures complémentaires
01:01:36le 8 octobre
01:01:36dont les prêts
01:01:37à taux zéro
01:01:38et l'année blanche.
01:01:38Ce qui explique aussi
01:01:39l'augmentation
01:01:42du fonds.
01:01:44Alors,
01:01:46le plan quasi,
01:01:47d'abord,
01:01:48est financé
01:01:48en 2026
01:01:49et ne dépend pas
01:01:50du PLF 2027.
01:01:52Tandis que le plan
01:01:53de relance
01:01:53sera financé
01:01:54au sein du PLF 2027
01:01:55par amendement.
01:01:57Donc,
01:01:58le plan de relance
01:01:58agricole
01:01:59n'est pas dans la copie
01:02:00du PLF 2027
01:02:01déposé au Parlement,
01:02:02mais je vous assure
01:02:03que dès que les arbitrages
01:02:04finaux seront rendus,
01:02:06vous en serez
01:02:07les destinataires
01:02:08aussi rapidement
01:02:10que vous le souhaitez.
01:02:11je tiens à insister
01:02:13sur le fait
01:02:14que le plan quasi
01:02:15a été financé
01:02:16par de l'argent
01:02:17nouveau.
01:02:19Ce n'est pas
01:02:19du recyclage
01:02:20de mesures
01:02:21ou de crédits.
01:02:22Tout d'abord,
01:02:23200 millions d'euros
01:02:25de crédits gelés
01:02:26sur le programme 149
01:02:27et qui avaient vocation
01:02:29à être annulés
01:02:29ont été dégelés
01:02:31pour financer
01:02:31le plan quasi.
01:02:33Ensuite,
01:02:33le MASA
01:02:34a bénéficié
01:02:35d'un décret d'avance
01:02:36de 215 millions d'euros
01:02:38en octobre.
01:02:39De plus,
01:02:40le projet de loi
01:02:40de fin de gestion
01:02:41prévoit pour le MASA.
01:02:42Le MASA,
01:02:43c'est l'acronyme
01:02:44du ministère.
01:02:46Je le dis
01:02:46pour les nouveaux
01:02:47éventuellement.
01:02:49MTE,
01:02:50MRP,
01:02:50on connaît tout ça.
01:02:51Je déteste
01:02:52ces acronymes.
01:02:54C'est plus court
01:02:55que de donner
01:02:56l'intitulé complet.
01:02:58Donc,
01:02:58le projet de loi
01:02:59de fin de gestion
01:03:00prévoit pour le MASA
01:03:02285 millions
01:03:03d'autorisations
01:03:04d'engagement
01:03:05et 170 millions
01:03:06de crédits
01:03:07de paiement.
01:03:08Enfin,
01:03:08le plan Quasie
01:03:09intègre un montant
01:03:10estimatif d'environ
01:03:11600 millions d'euros
01:03:12de dégrèvement
01:03:14de TFNB.
01:03:16Donc,
01:03:16porté par Bercy.
01:03:19Donc,
01:03:20vous voyez que
01:03:20c'est de l'argent
01:03:21qui n'était pas
01:03:22dans le budget
01:03:23du ministère.
01:03:24Et pour revenir
01:03:25sur cette audition,
01:03:25Dany Gennevar,
01:03:26j'accueille Gérard Laelec.
01:03:27Bonjour.
01:03:28Bonjour.
01:03:28Vous êtes sénateur
01:03:29communiste des Côtes d'Armor.
01:03:30Alors,
01:03:30la ministre de l'Agriculture
01:03:32a présenté son plan de relance
01:03:33après la crise historique
01:03:34qui a touché
01:03:35cet été
01:03:36à cause de la sécheresse,
01:03:37le secteur agricole.
01:03:38Un plan de relance
01:03:39entre 500 et 700 millions d'euros
01:03:41qui s'ajoute
01:03:41à un plan d'urgence
01:03:42déjà annoncé en septembre
01:03:43d'1,3 milliard d'euros.
01:03:45Est-ce que le soutien
01:03:47du gouvernement
01:03:47à nos agriculteurs
01:03:48est suffisant
01:03:49après cette crise ?
01:03:50Je pense que c'est aux agriculteurs
01:03:52eux-mêmes de le dire,
01:03:53mais l'appréciation
01:03:54que nous portons,
01:03:55c'est que cet effort
01:03:56très ponctuel
01:03:57risque de ne pas répondre
01:03:59à la situation
01:04:00de crise exceptionnelle
01:04:01qu'on connaît
01:04:02dans certaines filières.
01:04:03Je pense,
01:04:05par exemple,
01:04:05à la Bretagne,
01:04:06par hasard,
01:04:08à savoir
01:04:08une région
01:04:09à dominante élevage
01:04:11dont on sait
01:04:12que seulement
01:04:1395%
01:04:14des éleveurs
01:04:15ont souscrit
01:04:16au régime
01:04:17assurantiel
01:04:18qui est la condition
01:04:19pour pouvoir bénéficier
01:04:20d'un certain nombre d'aides,
01:04:22par conséquent,
01:04:23nous risquons
01:04:23d'être confrontés
01:04:24assez vite
01:04:25à une situation
01:04:26d'impasse
01:04:27parce que les fourrages
01:04:29sont rares
01:04:29et parce qu'il va bien
01:04:31falloir continuer
01:04:32à nourrir les bêtes.
01:04:33Donc,
01:04:34au-delà,
01:04:35je dirais,
01:04:36des montants financiers,
01:04:37se pose concrètement
01:04:38une situation
01:04:39sur laquelle
01:04:39nous aurons sûrement
01:04:40à revenir.
01:04:41Ça veut dire
01:04:41si la même crise
01:04:42de la sécheresse
01:04:43se reproduit
01:04:44l'été prochain,
01:04:45en 2027,
01:04:45est-ce que les agriculteurs
01:04:47seront mieux armés ?
01:04:48Disons que les agriculteurs
01:04:50ne disposent pas
01:04:51aujourd'hui
01:04:51d'un dispositif
01:04:53structurel
01:04:54qui permet
01:04:55de faire face
01:04:56à tout ça.
01:04:56Certes,
01:04:57me répondra-t-on,
01:04:58il y a
01:04:59le régime assurantiel
01:05:00garanti par l'État
01:05:01avec un certain nombre
01:05:02de dispositions.
01:05:04Encore faut-il
01:05:05que l'on crée
01:05:05les conditions
01:05:06afin que
01:05:07l'ensemble
01:05:08des agriculteurs
01:05:09puissent y souscrire.
01:05:10C'est un élément.
01:05:12Deuxième élément,
01:05:13il s'agit aussi
01:05:14de soutenir
01:05:14la production.
01:05:16J'ai bien dit
01:05:17production.
01:05:18Je soutiens
01:05:19la production,
01:05:19je ne soutiens
01:05:20pas le productivisme,
01:05:22mais il faut
01:05:22que les agriculteurs
01:05:24puissent être
01:05:24rémunérés
01:05:25de leur travail
01:05:26et je prendrai
01:05:27un seul exemple
01:05:27peut-être,
01:05:29à savoir
01:05:29la boîte
01:05:30de haricots verts
01:05:31vendue
01:05:321,50€
01:05:33dans les grandes surfaces
01:05:35et on sait
01:05:36que sur 1,50€,
01:05:38seulement
01:05:3910 centimes
01:05:40d'euros
01:05:41reviennent
01:05:41aux producteurs.
01:05:42Par conséquent,
01:05:43nous avons sûrement
01:05:43à remettre en cause
01:05:44des dispositifs
01:05:47fondamentaux
01:05:47qui font que
01:05:48la valeur ajoutée
01:05:49ne revient pas toujours
01:05:50à l'endroit
01:05:51où elle est produite.
01:05:51Il y a toujours
01:05:52ce problème
01:05:52de rémunération
01:05:53des agriculteurs
01:05:54et de partage
01:05:54de la valeur
01:05:55entre les agriculteurs,
01:05:57l'industrie
01:05:57et la grande distribution.
01:05:59Vous parliez
01:06:00de production,
01:06:01de soutien
01:06:01à la production.
01:06:02Est-ce qu'avec
01:06:02le réchauffement climatique,
01:06:03cette production agricole
01:06:04est amenée à baisser
01:06:06avec une diminution
01:06:07des rendements ?
01:06:08Je considère
01:06:09que ça n'est pas
01:06:09automatique.
01:06:10Il y a lieu
01:06:11de porter
01:06:13sûrement
01:06:13la réflexion
01:06:14sur la production
01:06:16d'un certain nombre
01:06:17de végétaux
01:06:17qui servent
01:06:18à nourrir
01:06:18les animaux,
01:06:20sûrement découvrir
01:06:21également
01:06:22d'autres productions,
01:06:23des productions nouvelles
01:06:24qui continueront
01:06:25à alimenter,
01:06:27je dirais,
01:06:28la nourriture
01:06:29agrique,
01:06:30la nourriture
01:06:30du cheptel,
01:06:31mais ces dispositions-là
01:06:34n'existent pas
01:06:34pour l'instant.
01:06:35Il me semble
01:06:36que la plus grande
01:06:36fragilité
01:06:37de notre agriculture
01:06:39réside dans le fait
01:06:40que nous n'avons pas
01:06:41de lisibilité.
01:06:43Vers vous,
01:06:43allons-nous ?
01:06:44Et du coup,
01:06:45ceci provoque
01:06:45des effets induits
01:06:47tels que,
01:06:48par exemple,
01:06:48la décapitalisation
01:06:49du cheptel laitier.
01:06:51Nous risquons,
01:06:52si rien n'est fait,
01:06:54de nous retrouver
01:06:54en situation
01:06:55de pénurie laitière
01:06:57et pourtant,
01:06:58nous étions...
01:06:59Alors concrètement,
01:07:00ça veut dire quoi ?
01:07:00Ça veut dire qu'il y a
01:07:01de moins en moins
01:07:02d'éleveurs laitiers ?
01:07:04Ce qui veut dire
01:07:04qu'à l'occasion
01:07:05de reprises
01:07:06d'exploitations,
01:07:08les exploitations
01:07:09sont reprises,
01:07:09mais pas pour produire
01:07:10du lait.
01:07:11Et je viens
01:07:12d'une région
01:07:13qui produit quand même
01:07:1423% du lait
01:07:15qui est produit en France.
01:07:16Alors malgré
01:07:17ce plan de relance
01:07:18après la sécheresse
01:07:18de l'été,
01:07:19le budget du ministère
01:07:20de l'Agriculture
01:07:20pour 2027
01:07:22est en baisse,
01:07:23une baisse de 3%
01:07:24à périmètre constant
01:07:25par rapport
01:07:26à l'an dernier.
01:07:27Il est décevant
01:07:28ce budget agricole ?
01:07:29Baisse de 3%,
01:07:31je serais tenté
01:07:32de dire qu'il y a
01:07:34pire dans le budget.
01:07:36Je ne sais pas
01:07:37si la réponse
01:07:37est tout à fait
01:07:39satisfaisante.
01:07:403%,
01:07:41on a vu pire
01:07:42s'agissant
01:07:43d'un certain nombre
01:07:44d'autres dépenses.
01:07:45On peut donc
01:07:45considérer
01:07:46que nous sommes
01:07:48à la nuance
01:07:49près des 3%,
01:07:50s'agissant
01:07:51des autorisations
01:07:52de programme
01:07:52ou des crédits
01:07:53de paiement,
01:07:54dans un budget,
01:07:55j'allais dire,
01:07:56de reconduction
01:07:57assez sensiblement,
01:07:59le même
01:08:00que celui
01:08:01que nous avons
01:08:02adopté
01:08:02l'an passé.
01:08:03Et pourtant,
01:08:04nous sommes en présence
01:08:05d'une situation
01:08:06de crise.
01:08:07C'est ce qui permet
01:08:08de relativiser l'approche.
01:08:09Dans le même temps,
01:08:10nous ne devons pas
01:08:11nous interdire
01:08:11d'un certain nombre
01:08:13de dispositions immédiates
01:08:14et urgentes
01:08:15qu'il faudra prendre.
01:08:16Une dernière question,
01:08:17Gérard Lallec,
01:08:17sur la hausse de la taxe
01:08:19sur les produits
01:08:20transformés sucrés
01:08:21et qui concerne
01:08:22certaines filières
01:08:23agricoles,
01:08:23notamment la filière
01:08:24de la betterave.
01:08:25Une hausse de cette taxe
01:08:25de 300 millions d'euros
01:08:26qui est souhaitée
01:08:27par le gouvernement.
01:08:28C'est à la fois
01:08:28une politique budgétaire
01:08:29pour augmenter les recettes,
01:08:31mais aussi une politique
01:08:32de santé publique.
01:08:33Est-ce que les élus communistes
01:08:34y sont favorables
01:08:35à cette hausse de taxe ?
01:08:36Je ne sais pas
01:08:36si c'est une mesure
01:08:37de santé publique.
01:08:39Parce que je connais,
01:08:40par exemple,
01:08:40des produits laitiers
01:08:42très sucrés,
01:08:43très prisés
01:08:44par les consommateurs,
01:08:45qui risquent
01:08:46d'être pénalisés.
01:08:47Et ce sont des produits
01:08:49qui sont réalisés
01:08:50en France.
01:08:52Je connais les mêmes produits
01:08:54qui sont réalisés
01:08:55à l'heure.
01:08:55par exemple,
01:08:56des produits laitiers
01:08:57très sucrés
01:08:58dont je tairai le nom,
01:08:59produits aux Pays-Bas.
01:09:01Et le risque...
01:09:02Et qui ne vont pas
01:09:02avoir cette hausse de taxes ?
01:09:04Qu'ils n'auront pas,
01:09:07effectivement,
01:09:08cette hausse des taxes.
01:09:09Donc,
01:09:09le consommateur risque
01:09:10de faire le choix
01:09:11d'acheter le produit
01:09:13qui a été réalisé
01:09:15dans un autre pays,
01:09:18à l'étranger,
01:09:19aux Pays-Bas,
01:09:19par exemple,
01:09:20et de bouder le produit
01:09:22qui a été fait en France.
01:09:23Donc,
01:09:24méfions-nous.
01:09:25Il faut toujours
01:09:26des études d'impact
01:09:27avant de prendre
01:09:28des décisions.
01:09:29Et je ne sais pas
01:09:29si cette décision
01:09:30est motivée
01:09:31par des raisons
01:09:33de santé publique
01:09:34ou par d'autres raisons
01:09:35peut-être plus financières.
01:09:37Merci beaucoup,
01:09:38Gérard et Alec,
01:09:38pour vos réponses.
01:09:43Les patrons français
01:09:44n'ont pas le moral.
01:09:45Réunis ce jeudi
01:09:46au Sénat,
01:09:47les organisations patronales
01:09:48ont exprimé
01:09:48leurs inquiétudes
01:09:49concernant
01:09:50la campagne présidentielle
01:09:51et le débat budgétaire
01:09:52actuel au Parlement.
01:09:53Je vous propose
01:09:54de les écouter.
01:09:55Je voudrais commencer
01:09:55par vous dire
01:09:57que dans le panorama
01:09:59sur lequel je vais faire
01:10:00quelques commentaires,
01:10:01bien sûr,
01:10:01pour répondre à la question,
01:10:03les chefs d'entreprise
01:10:05oscillent entre différents sentiments.
01:10:07Ils restent combattifs
01:10:08pour la plupart d'entre eux,
01:10:10mais on a de manière
01:10:12assez chronique
01:10:13d'en avant
01:10:15des témoignages
01:10:16ou des expressions
01:10:18d'incompréhension.
01:10:19On regarde la situation
01:10:20du monde, bien sûr,
01:10:21mais on regarde singulièrement
01:10:22de la situation française
01:10:24et cette incompréhension
01:10:26peut dégénérer,
01:10:27j'emploie délibérément
01:10:28le terme,
01:10:29soit en colère,
01:10:30soit en résignation,
01:10:32ce qui est à peu près
01:10:32pire encore.
01:10:33La résignation,
01:10:34la colère,
01:10:35témoigne encore
01:10:36d'une certaine énergie,
01:10:37d'une certaine volonté,
01:10:38la résignation,
01:10:38beaucoup moins.
01:10:40Donc moi,
01:10:40je vois lors
01:10:41de mes nombreux déplacements
01:10:42un certain nombre
01:10:42de chefs d'entreprise
01:10:43qui me disent
01:10:44je pose le crayon,
01:10:45ça n'est plus possible.
01:10:47Pour autant,
01:10:47je pense que
01:10:49très majoritairement
01:10:50nos entrepreneurs
01:10:51font preuve
01:10:52de courage
01:10:53et de résilience.
01:10:55Alors évidemment,
01:10:55il y a un certain nombre
01:10:56de nuages
01:10:56qui s'accumulent.
01:10:58Je me garderai,
01:10:59parce que ça n'est probablement
01:11:00pas le lieu,
01:11:01d'en parler
01:11:02de commentaires
01:11:03sur la situation internationale,
01:11:05mais la lecture
01:11:06que nous avons
01:11:07quand même
01:11:08des élections américaines,
01:11:10c'est que ça ne changera
01:11:11pas grand-chose.
01:11:12Ça ne changera pas grand-chose.
01:11:13On sait
01:11:14quels sont les équilibres
01:11:15institutionnels américains
01:11:17et en particulier
01:11:17sur la scène internationale,
01:11:19qu'elles soient géopolitiques
01:11:21ou économiques
01:11:22et commerciales,
01:11:23il nous semble
01:11:23que ça ne sera pas déterminant.
01:11:24Peut-être avec quelques effets
01:11:26sur la parité euro-dollar,
01:11:28ce qui n'est pas neutre,
01:11:29mais rien de plus.
01:11:31Dans ces mêmes commentaires généraux,
01:11:33je vous confirme,
01:11:34vous le savez pertinemment,
01:11:36notre grande inquiétude
01:11:37au regard du scénario politique
01:11:39qui se dessine
01:11:40à l'occasion
01:11:41de la présidentielle.
01:11:42Le dernier sondage,
01:11:43IFOB d'avant-tien,
01:11:44de ce point de vue,
01:11:45est absolument glaçant.
01:11:47Et donc,
01:11:47notre demande,
01:11:50en quelque sorte,
01:11:51qu'une offre alternative,
01:11:53raisonnable,
01:11:55robuste et ambitieuse
01:11:56se mette en place,
01:11:57sans quoi nous irons
01:11:58dans un cas
01:11:59comme dans l'autre
01:11:59vers une catastrophe,
01:12:01y compris économique.
01:12:04En regard,
01:12:05et ça n'est pas suffisamment su,
01:12:07sauf par vous,
01:12:08nos salariés
01:12:09nous font confiance.
01:12:10Je rappelle un sondage IFOB
01:12:12du mois de septembre
01:12:13selon lequel 82%
01:12:14de nos salariés
01:12:15considèrent que leur entreprise
01:12:17est utile au pays
01:12:18en ce moment.
01:12:19Et à l'instant où je vous parle,
01:12:21ça sera peut-être moins vrai
01:12:22dans quelques heures,
01:12:23mais j'insiste sur le fait
01:12:25que le calme social
01:12:27règne dans les entreprises privées.
01:12:29Alors probablement plus
01:12:31par résignation
01:12:32parce que nos salariés
01:12:33sont parfaitement conscients
01:12:34de la fragilité
01:12:35de la situation,
01:12:36y compris économique,
01:12:38mais ça ne se résume pas à ça.
01:12:40Je crois que nos salariés
01:12:41savent que nous tenons
01:12:43le cap dans la tempête
01:12:44et nous en sommes
01:12:44en partie reconnaissants.
01:12:47Au regard de la fragmentation
01:12:49du panorama général
01:12:51et de la violence
01:12:51qui règnent dans la rue,
01:12:53ça mérite, je crois,
01:12:53d'être signalé.
01:12:55Alors puisque j'évoque
01:12:56ce qui se passe dans la rue,
01:12:58je vous confirme
01:12:58qu'il y a plus de 3000 commerçants
01:13:00qui ont été affectés
01:13:01par les mouvements
01:13:01des derniers week-ends.
01:13:03Je partage le chiffre
01:13:04communiqué par CCI France
01:13:05selon lequel ça coûte
01:13:06un milliard et demi
01:13:07par week-end.
01:13:10à l'ensemble
01:13:11de ces commerçants
01:13:11avec des effets induits,
01:13:13des effets de halo,
01:13:14bien sûr,
01:13:14sur l'image de la France,
01:13:16mais également
01:13:17sur un certain nombre
01:13:18d'autres réalités économiques,
01:13:20sur l'amont industriel
01:13:21de ces commerçants
01:13:22en particulier.
01:13:23C'est évidemment
01:13:23extrêmement préoccupant
01:13:25à l'approche
01:13:26des fêtes de fin d'année.
01:13:28Bien s'agissant
01:13:29des textes budgétaires,
01:13:31je le dis très clairement,
01:13:32ils nuiront gravement
01:13:34à l'économie.
01:13:36L'État de la France
01:13:38en matière
01:13:38de prélèvements obligatoires,
01:13:40de prélèvements
01:13:41sur les entreprises
01:13:42en particulier,
01:13:42a été très précisément
01:13:44confirmé
01:13:45parce que nous,
01:13:45nous le savions
01:13:46récemment par l'OCDE,
01:13:48par Eurostat,
01:13:49par le Sénat lui-même
01:13:50à travers un excellent rapport
01:13:52et je vous invite
01:13:53pour qui ne l'aurait pas
01:13:54déjà fait
01:13:55à prendre connaissance
01:13:56d'une étude publiée
01:13:57par Rexecode
01:13:58en début de semaine
01:13:59selon laquelle
01:14:00les entreprises françaises
01:14:01sont les moins rentables
01:14:02d'Europe.
01:14:03Alors est-ce qu'elles sont
01:14:03mal gérées ?
01:14:04C'est une question
01:14:05qu'on peut se poser.
01:14:06Ce n'est pas ma conviction.
01:14:08En regard,
01:14:09on a des performances économiques
01:14:11qui sont macroéconomiques
01:14:13que vous connaissez parfaitement
01:14:14qui sont très préoccupantes.
01:14:16Le mythe selon lequel
01:14:18tout irait pour le mieux
01:14:19dans le meilleur des mondes
01:14:20est bien un mythe.
01:14:21On voit au fil des mois
01:14:22la situation se dégrader
01:14:23en termes de croissance,
01:14:24en termes de chômage
01:14:26et d'emploi.
01:14:27En termes,
01:14:28et c'est ça qui me paraît
01:14:29le plus préoccupant,
01:14:30d'investissement
01:14:30avec en particulier
01:14:31sur le troisième trimestre
01:14:33une baisse
01:14:33qui est absolument glaçante
01:14:35au même moment
01:14:35où on devrait au contraire
01:14:38avoir une accélération
01:14:39de l'investissement
01:14:40au regard d'une intensification
01:14:42de la compétition internationale
01:14:43au regard des enjeux climatiques
01:14:46qui à eux seuls
01:14:47devraient occasionner
01:14:48ça avait été chiffré
01:14:49il y a quelques années
01:14:5040 milliards d'euros
01:14:51supplémentaires par an
01:14:52donc 10% d'augmentation
01:14:53des investissements
01:14:54dans des entreprises
01:14:55et puis bien sûr
01:14:56les investissements
01:14:57auxquels on se doit
01:14:58dans l'urgence
01:14:58pour implémenter
01:14:59l'intelligence artificielle
01:15:00dans nos entreprises.
01:15:02Cette baisse de l'investissement
01:15:04présage d'un nouveau décrochage
01:15:06de l'économie française.
01:15:09Le nombre de défaillances
01:15:11d'entreprises
01:15:11est sur un plateau
01:15:12il n'augmente plus
01:15:13que très légèrement
01:15:14mais enfin
01:15:15on est quand même
01:15:16sur un rythme
01:15:17de 70 000 à 75 000
01:15:18défaillances d'entreprises.
01:15:19ce qui me frappe le plus
01:15:20c'est que la taille moyenne
01:15:21de ces entreprises
01:15:22augmente
01:15:23pour situer les choses
01:15:24au regard
01:15:24donc d'une quasi stagnation
01:15:26du nombre de dossiers
01:15:27les montants versés
01:15:28par l'AGS
01:15:29qui je le rappelle
01:15:30prend en charge
01:15:31les salaires
01:15:32des entreprises
01:15:32en procédure collective
01:15:33à fin septembre
01:15:35le montant
01:15:35est augmenté
01:15:36de 17%
01:15:38voilà
01:15:38bon je ne reviens pas
01:15:40sur la situation
01:15:40des finances publiques
01:15:41on est parfaitement conscient
01:15:42qu'elles sont
01:15:43dans une situation critique
01:15:44et qu'elles se dégradent
01:15:46de jour en jour
01:15:47donc on est en regard
01:15:49évidemment soucieux
01:15:50de contribuer
01:15:51au rétablissement
01:15:52des finances publiques
01:15:53mais certainement pas
01:15:54de la manière
01:15:55dont on nous demande
01:15:56de le faire
01:15:56dit autrement
01:15:58pour nous
01:15:59les PLF et PLFSS
01:16:002027
01:16:01se fondent
01:16:02sur des erreurs stratégiques
01:16:04d'abord une erreur stratégique
01:16:05quant au scénario
01:16:06macroéconomique
01:16:07je crois que
01:16:08à peu près tout le monde
01:16:09convient dorénavant
01:16:10que l'hypothèse
01:16:12de croissance
01:16:12de 1%
01:16:13en 2027
01:16:14sauf divine surprise
01:16:15sur le cours du pétrole
01:16:16mais qui n'adviendra pas
01:16:18au plus tôt
01:16:18avant
01:16:20la fin du premier semestre
01:16:22ce scénario
01:16:23est complètement
01:16:24complètement
01:16:27improbable
01:16:28nous notre hypothèse
01:16:29c'est qu'on sera plutôt
01:16:30compte tenu en particulier
01:16:31de l'acquis de croissance
01:16:32ou du non-acquis de croissance
01:16:33en définitive
01:16:34qu'on aurait
01:16:34dès le début d'année
01:16:35on serait plutôt
01:16:36sur une croissance
01:16:37de 0,4 à 0,5%
01:16:39avec évidemment
01:16:40un impact
01:16:41sur les soldes
01:16:42publics
01:16:43en regard
01:16:45là où il faudrait
01:16:46donc doper
01:16:47l'activité
01:16:47soutenir l'activité
01:16:49et par voie de conséquence
01:16:50soutenir l'emploi
01:16:51j'attire votre attention
01:16:52sur un nouveau point
01:16:53moi je suis choqué
01:16:55de voir que
01:16:56dans le débat public
01:16:56on ne parle même plus
01:16:57d'emploi
01:16:58les syndicats eux-mêmes
01:16:58ne parlent plus d'emploi
01:16:59ils parlent de pouvoir d'achat
01:17:00on le comprend très bien
01:17:02mais plus personne
01:17:03ne parle d'emploi
01:17:04or la situation
01:17:05de l'emploi
01:17:05en France
01:17:06non seulement se dégrade
01:17:07mais
01:17:09si on la compare
01:17:10à celle de nos pays
01:17:12concurrents
01:17:13et voisins
01:17:13d'ailleurs
01:17:14chez eux
01:17:15l'emploi ne se dégrade pas
01:17:16il reste d'ailleurs
01:17:17sensiblement inférieur
01:17:18aux alentours
01:17:19de le taux de chômage
01:17:20aux alentours
01:17:20de 5%
01:17:21mais ça s'explique
01:17:23très simplement
01:17:24nos pays voisins
01:17:25ont des croissances
01:17:26sensiblement supérieures
01:17:27à la nôtre
01:17:27l'Espagne
01:17:28aura une croissance
01:17:295 à 6 fois supérieure
01:17:30à la nôtre
01:17:30cette année
01:17:31la Pologne
01:17:32une croissance supérieure
01:17:335 fois supérieure
01:17:34à la nôtre
01:17:34vous avez vu
01:17:35que l'Allemagne
01:17:35corrigeait
01:17:36l'Allemagne
01:17:36qui a ses problèmes
01:17:37ils sont lourds
01:17:38enfin l'Allemagne
01:17:39corrige sa prévision
01:17:40de croissance
01:17:40pour 2026
01:17:42et pour 2027
01:17:43et en 2026
01:17:44la croissance allemande
01:17:45devrait être
01:17:46deux fois supérieure
01:17:46à celle de la France
01:17:47donc le vrai problème
01:17:49de la France
01:17:49c'est un problème
01:17:50de croissance
01:17:51raison de plus
01:17:52pour ne pas proposer
01:17:53des budgets récessifs
01:17:55je reviens d'un mot
01:17:56sur ce que le président
01:17:58Rettmann a rappelé
01:18:00sur deux dispositions
01:18:02qui nous paraissent
01:18:03funestres
01:18:04évidemment
01:18:04l'article 5
01:18:06d'autant que
01:18:07de mon point de vue
01:18:07on n'a pas encore tout vu
01:18:09on ne sait pas
01:18:10vers quelle procédure
01:18:12le gouvernement
01:18:13s'orientera
01:18:1449-3
01:18:14ordonnance
01:18:15mais enfin
01:18:16on voit bien
01:18:17que la gauche
01:18:18s'arme de nouveau
01:18:19autour de la taille
01:18:20Zuckman
01:18:20il n'est pas indifférent
01:18:22que M. Zuckman
01:18:23organise ses prochains jours
01:18:24à Paris
01:18:25un colloque
01:18:25avec rien de moins
01:18:26que deux prix Nobel
01:18:27américains
01:18:29M. Stiklitz
01:18:30et Krugman
01:18:32enfin
01:18:32lesquels
01:18:33n'ont pas réussi
01:18:34à faire prospérer
01:18:35leur thèse
01:18:36en Californie
01:18:37en Californie
01:18:38je rappelle
01:18:38qu'il s'agissait
01:18:39de taxer
01:18:39les fortunes
01:18:41de plus d'un milliard
01:18:41d'euros
01:18:41c'était repoussé
01:18:42à 55%
01:18:43donc j'en conclue
01:18:44que 55%
01:18:45des électeurs
01:18:46californiens
01:18:46sont riches
01:18:47à milliards
01:18:48non
01:18:48ils sont tout simplement
01:18:49dotés
01:18:50d'un robuste bon sens
01:18:51enfin
01:18:51on va y avoir droit
01:18:52donc cet article 5
01:18:54on y reviendra peut-être
01:18:55est très déstabilisant
01:18:57pour nous
01:18:57il est présenté
01:18:59comme une mesure technique
01:19:00c'est en réalité
01:19:00une mesure systémique
01:19:01qui aura des effets
01:19:03extrêmement lourds
01:19:05sur nos entreprises
01:19:06patrimoniales
01:19:07qui constituent
01:19:08quand même
01:19:08l'essentiel
01:19:09de notre tissu économique
01:19:11j'en viens
01:19:13au renchaisissement
01:19:14du coût du travail
01:19:15vous avez rappelé
01:19:17monsieur le président
01:19:18la tribune
01:19:19que nous avions commis
01:19:21j'insiste sur ce point
01:19:22les 5 organisations patronales
01:19:26les entrepreneurs
01:19:28l'UDEP
01:19:29le MEDEF
01:19:30l'économie sociale
01:19:31et solidaire
01:19:32qui ne me semble pas
01:19:33incarner
01:19:34le capitalisme
01:19:36financier international
01:19:37sauvage
01:19:38et la FNSEA
01:19:39l'intégralité
01:19:40des employeurs privés
01:19:41se sont insurgés
01:19:43contre les dispositions
01:19:45en sévérissant massivement
01:19:46le coût du travail
01:19:46et effectivement
01:19:47ce matin même
01:19:48nous avons commis
01:19:49une tribune
01:19:49signée avec 72
01:19:51fédérations professionnelles
01:19:52de l'industrie
01:19:53du commerce
01:19:53de la construction
01:19:55des services
01:19:55qui ces 72
01:19:57fédérations
01:19:59représentent
01:19:5910 millions
01:20:00de salariés
01:20:01donc ça n'est pas
01:20:02l'épaisseur du trait
01:20:03si je peux me permettre
01:20:04bon
01:20:05il est évident
01:20:06que si ces mesures
01:20:07devaient être prises
01:20:08celles qui renchériront
01:20:09le coût du travail
01:20:10il y a un risque
01:20:11économique
01:20:12puisque ces mesures
01:20:13interviennent évidemment
01:20:14à un moment
01:20:14où les entreprises
01:20:15je l'ai dit
01:20:16sont en souffrance
01:20:17les entreprises
01:20:18supportent
01:20:19elles-mêmes
01:20:19d'ailleurs
01:20:20l'inflation
01:20:21à travers le prix
01:20:22du carburant
01:20:23à travers le prix
01:20:23des intrants
01:20:24donc à soi seul
01:20:25ça réduit
01:20:26les marges de malheur
01:20:27des entreprises
01:20:27mais si de surcroît
01:20:28on vient amputer
01:20:30leur capacité
01:20:30à revaloriser
01:20:31les salaires
01:20:32de 11 milliards et demi
01:20:33ça pèsera
01:20:35immanquablement
01:20:36sur leur profitabilité
01:20:39mais le pire
01:20:39n'est sans doute
01:20:40pas là
01:20:40le pire
01:20:41n'est sans doute
01:20:41pas là
01:20:42en ce sens
01:20:42que le risque
01:20:44ultime
01:20:45c'est de propager
01:20:46à l'entreprise
01:20:47les mêmes tensions
01:20:48qui fracturent
01:20:49l'ensemble
01:20:49de notre société
01:20:50aujourd'hui
01:20:51alors même
01:20:51que j'ai rappelé
01:20:52que le climat social
01:20:53était encore apaisé
01:20:54dans les entreprises
01:20:55privées
01:20:55on voit bien
01:20:56que dans les branches
01:20:58et dans les entreprises
01:20:59qui d'ores et déjà
01:20:59ont engagé
01:21:00leur NAO
01:21:02la réduction
01:21:02si ce n'est
01:21:03l'annulation
01:21:04des marges
01:21:04de manœuvre
01:21:06pour revaloriser
01:21:07les salaires du fait
01:21:08de ces 11 milliards et demi
01:21:10de prélèvements supplémentaires
01:21:11conduit séance tenante
01:21:12à des crispations
01:21:13et moi je peux dire
01:21:14que dans ma propre entreprise
01:21:15c'est le cas
01:21:17donc nous ne sommes pas
01:21:18dans les théories
01:21:19j'ai mis en garde
01:21:21respectueusement
01:21:21bien sûr
01:21:22républicanement
01:21:23bien sûr
01:21:23le premier ministre lui-même
01:21:25contre ce risque
01:21:26il y a une peur de la rue
01:21:27que je comprends
01:21:29mais
01:21:30moi quand je vois
01:21:31le taux de syndicalisation
01:21:33dans nos entreprises
01:21:33et on verra aujourd'hui
01:21:34je reste prudent
01:21:35quel est le niveau
01:21:36de mobilisation
01:21:37dans les entreprises privées
01:21:38dans le cadre
01:21:39de la grève
01:21:42organisée
01:21:42par l'intersyndical
01:21:44je pense
01:21:45que c'est
01:21:47surinterpréter
01:21:47le poids
01:21:48de ces organisations
01:21:49et à contrario
01:21:51ne pas suffisamment
01:21:52prendre en compte
01:21:53non pas le poids
01:21:54de nos organisations patronales
01:21:55mais le poids
01:21:55des entreprises
01:21:56elles-mêmes
01:21:56donc il y a une lecture
01:21:58de la situation
01:21:59que nous ne partageons pas
01:21:59mais de manière
01:22:00plus objective
01:22:01il y a donc
01:22:02un risque majeur
01:22:03de nouvelle dégradation
01:22:04de la situation
01:22:05des entreprises
01:22:06et d'importation
01:22:07de tensions
01:22:08très lourdes
01:22:08dans les dites entreprises
01:22:10les patrons français
01:22:12n'ont pas le moral
01:22:13et pour en parler
01:22:13j'accueille Sophie Prima
01:22:15bonjour
01:22:15bonjour
01:22:16vous êtes sénatrice
01:22:16Les Républicains
01:22:17des Yvelines
01:22:18vice-présidente
01:22:19de la délégation
01:22:20aux entreprises
01:22:21délégation qui a auditionné
01:22:22ce jeudi
01:22:23ses organisations patronales
01:22:25alors
01:22:25elles disent être inquiètes
01:22:27notamment vis-à-vis
01:22:28de la campagne présidentielle
01:22:29alors pourquoi cette inquiétude ?
01:22:31parce qu'elles souhaiteraient
01:22:32un candidat du bloc central
01:22:33et que selon les sondages
01:22:34c'est Jean-Luc Mélenchon
01:22:35et Marine Le Pen
01:22:35qui sont pressentis
01:22:36pour arriver au second tour
01:22:37elles sont inquiètes
01:22:38parce qu'elles sont déjà
01:22:39dans une situation
01:22:40très difficile
01:22:41ce que je retiens
01:22:42de ce matin
01:22:43c'est un moral
01:22:44très très mauvais
01:22:45des entreprises
01:22:46quelle que soit leur taille
01:22:47de proximité
01:22:48comme les plus grandes entreprises
01:22:50ou les entreprises industrielles
01:22:52et elles voient
01:22:53dans les perspectives
01:22:53des élections
01:22:55en fait
01:22:56pour le moment
01:22:56dans les sondages
01:22:57deux extrêmes
01:22:59ou deux radicalités
01:23:00qui ne leur conviennent pas
01:23:01sur le plan économique
01:23:03et dans le plan de relation
01:23:04avec les entreprises
01:23:05ni d'un côté
01:23:06ni de l'autre
01:23:07et donc
01:23:07elles nous ont adressé
01:23:08un message
01:23:09qui était un message
01:23:10voilà
01:23:11de besoin
01:23:12d'une alternance
01:23:12qui soit une alternance
01:23:14raisonnée
01:23:15raisonnable
01:23:16et qui
01:23:18soit pro-entreprise
01:23:19et pro-développement
01:23:20de la croissance économique
01:23:22mais alors finalement
01:23:23Emmanuel Macron
01:23:23a été décrit
01:23:24comme un président
01:23:25pro-entreprise
01:23:26mais au bout de
01:23:26dix ans de macronisme
01:23:27vu la situation
01:23:28des finances publiques
01:23:28et de notre économie
01:23:29est-ce que c'est un bon bilan
01:23:31pour les entreprises ?
01:23:31Je crois qu'au bout de dix ans
01:23:32non le bilan n'est pas bon
01:23:33la preuve en est
01:23:34notre fragilité aujourd'hui
01:23:36qui est bien sûr
01:23:36due à des éléments exogènes
01:23:38qui sont les mêmes
01:23:40pour tout le monde
01:23:41au niveau européen
01:23:42mais nous avons
01:23:44une crise de la dette
01:23:45qui s'est amplifiée
01:23:46qui oblige aujourd'hui
01:23:47à faire des économies
01:23:48sur le budget
01:23:49et qui impacte
01:23:50en premier lieu
01:23:51les entreprises
01:23:52et donc
01:23:53casse la croissance
01:23:54donc en cela
01:23:55évidemment
01:23:55le bilan n'est pas bon
01:23:56pour les entreprises
01:23:57D'ailleurs il y a une inquiétude
01:23:58des organisations patronales
01:24:00sur le débat budgétaire
01:24:01avec des économies
01:24:02à faire
01:24:03pour nos finances publiques
01:24:05mais vu
01:24:05notre dette croissante
01:24:07vu notre déficit
01:24:09qui a du mal
01:24:09à être baissé
01:24:11est-ce qu'il faut demander
01:24:12un effort
01:24:12à certains grands groupes
01:24:13qui ont pu faire des bénéfices
01:24:14ou est-ce qu'il faut revoir
01:24:16certaines baisses
01:24:17de cotisations sociales
01:24:18qui ne sont pas forcément
01:24:19efficaces pour l'emploi ?
01:24:20Écoutez
01:24:20ce matin
01:24:22Patrick Martin
01:24:22en particulier du Medef
01:24:24mais aussi
01:24:25les autres personnes présentes
01:24:27ont insisté
01:24:28sur le fait
01:24:29que le budget
01:24:30en l'état
01:24:30demande un effort
01:24:31aux entreprises
01:24:32de près de 13 à 15 milliards
01:24:34d'euros
01:24:35de cotisations
01:24:36on va dire
01:24:37supplémentaires
01:24:37ce qui pourrait
01:24:38avoir un impact
01:24:39évidemment très important
01:24:40il ne vous a pas échappé
01:24:41une étude
01:24:43Rexocode
01:24:43qui montre
01:24:44en début de semaine
01:24:45que les marges
01:24:46des entreprises françaises
01:24:47sont au plus bas
01:24:48et en tout cas
01:24:48sont les plus basses
01:24:50dans toute l'Europe
01:24:51et donc
01:24:52remettre
01:24:53des charges supplémentaires
01:24:54évidemment
01:24:55ça vient perturber
01:24:57leurs résultats
01:24:57et perturber
01:24:58leurs marges
01:24:58il nous disait
01:24:59que la moitié
01:25:00des entreprises
01:25:01de taille intermédiaire
01:25:02ce matin
01:25:03voulaient bien se développer
01:25:04mais que si elles le faisaient
01:25:05elles le feraient
01:25:06à l'étranger
01:25:06Donc selon vous
01:25:07vu l'état
01:25:08de notre finance publique
01:25:09il faut diminuer
01:25:09l'effort qui est demandé
01:25:10aux entreprises
01:25:11dans ce budget ?
01:25:12En tout cas
01:25:12il ne faut pas l'alourdir
01:25:13les résultats
01:25:15qui nous ont été
01:25:16présentés ce matin
01:25:17et les perspectives
01:25:18qui nous ont été présentés
01:25:19ce matin
01:25:19de décroissance
01:25:20de défaillance
01:25:21d'entreprise
01:25:21sont très importantes
01:25:23et très lourdes
01:25:24et donc il ne faut pas
01:25:26casser la croissance
01:25:27qui est encore possible
01:25:28et les investissements
01:25:29vous savez qu'au
01:25:30troisième trimestre
01:25:31de cette année même
01:25:32les investissements
01:25:33ont reculé
01:25:33ce qui est très très mauvais
01:25:34pour la croissance future
01:25:36et donc
01:25:37alourdir les charges
01:25:38sur les entreprises
01:25:39serait une erreur
01:25:40pour notre économie
01:25:41et pour les salariés
01:25:42en réalité
01:25:42et pour tous les français
01:25:43Et justement
01:25:44pour les salariés
01:25:44il y a actuellement
01:25:45une crise du pouvoir d'achat
01:25:46qui est liée
01:25:47à la crise de l'énergie
01:25:49avec une grève générale
01:25:51ce jeudi
01:25:51des manifestations
01:25:52partout en France
01:25:53et des syndicats
01:25:53qui demandent
01:25:54une hausse générale
01:25:55des salaires
01:25:56est-ce que les patrons
01:25:58doivent faire un effort
01:25:58sur cette question
01:25:59des salaires ?
01:26:00En fait on peut demander
01:26:01aux patronats
01:26:02de faire un effort
01:26:03sur les salaires
01:26:04peut-être
01:26:05sur le SMIC
01:26:05peut-être
01:26:06mais on ne peut pas
01:26:06leur demander ça
01:26:07plus l'alourdissement
01:26:08de leurs charges
01:26:08vous voyez
01:26:09c'est trop
01:26:10fromage et dessert
01:26:11ça ne passera pas
01:26:12en tout cas
01:26:12je pense qu'il faut
01:26:14ils nous ont réclamé
01:26:15également
01:26:15l'allègement
01:26:16des charges
01:26:17de production
01:26:17en tout cas
01:26:18non pas pour les annuler
01:26:19complètement
01:26:20mais pour les mettre
01:26:21au même niveau
01:26:22que les entreprises
01:26:23européennes
01:26:24dans les autres
01:26:24pays européens
01:26:25en fait
01:26:26ils ont l'impression
01:26:27d'avoir des charges
01:26:28qui sont beaucoup
01:26:29plus élevées
01:26:29donc d'avoir
01:26:30les problèmes
01:26:30de compétitivité
01:26:31par rapport
01:26:32à leurs compétiteurs
01:26:33européens
01:26:33donc ils veulent bien
01:26:35faire des efforts
01:26:36sur les salaires
01:26:37mais si on leur donne
01:26:39des perspectives
01:26:40de croissance
01:26:40Quel est selon vous
01:26:42dans la campagne
01:26:42présidentielle actuelle
01:26:43le candidat
01:26:44qui répond le mieux
01:26:44à ces besoins
01:26:45des entreprises ?
01:26:46Je pense qu'il y a
01:26:47un besoin de liberté
01:26:48alors dernier élément
01:26:49peut-être que je peux
01:26:50porter à votre connaissance
01:26:51c'est le fait
01:26:51qu'ils nous ont demandé
01:26:52des moratoires
01:26:53sur les normes
01:26:53je vais prendre un exemple
01:26:54bien particulier
01:26:55qui est par exemple
01:26:56cette histoire
01:26:57de transparence salariale
01:26:58qui a été chiffrée
01:26:59par le métier
01:27:00à 8 milliards
01:27:00de charges supplémentaires
01:27:02pour les entreprises
01:27:04ils nous ont réclamé
01:27:05également un moratoire
01:27:07voilà
01:27:08C'est important
01:27:09la transparence
01:27:09sur les inégalités
01:27:10de salaire
01:27:11dans une entreprise
01:27:11Tout est très important
01:27:13mais on est dans un moment
01:27:14tellement fragile
01:27:15et tellement délicat
01:27:16qu'il faut choisir
01:27:17ces combats
01:27:17et moi je choisis
01:27:18le combat de la croissance
01:27:19je choisis le combat
01:27:21d'entreprises
01:27:22qui génèrent de la valeur ajoutée
01:27:23qu'ensuite on pourra
01:27:24redistribuer
01:27:25ça c'est très important
01:27:26donc il faut les écouter
01:27:27je pense sur ces points-là
01:27:28et pardon je n'ai pas répondu
01:27:29Et donc sur la présidentielle
01:27:30quel est le candidat
01:27:31selon vous qui répond le mieux
01:27:32Écoutez
01:27:34je ne me mettrai pas
01:27:36à la place
01:27:37des organisations
01:27:37patronage
01:27:38je ne serai pas
01:27:38tout à fait objectif
01:27:39je crois
01:27:40Merci beaucoup
01:27:40Sophie Prima
01:27:41pour vos réponses
01:27:42C'est la fin de cette émission
01:27:47en direct du Sénat
01:27:48Merci de l'avoir suivi
01:27:50N'hésitez pas à lire
01:27:51les décryptages
01:27:52et à regarder les replays
01:27:53de nos émissions
01:27:54sur notre site internet
01:27:55publicsénat.fr
01:27:56Prochain rendez-vous
01:27:57sur Public Sénat
01:27:58avec l'information
01:27:58à 18h
01:28:00ce sera l'heure
01:28:00de l'émission
01:28:01Sens Public
01:28:02Thomas Hugues
01:28:02et ses invités
01:28:03reviendront
01:28:04sur la grève générale
01:28:05de ce jeudi
01:28:06et sur les manifestations
01:28:07partout en France
01:28:08Très bonne suite
01:28:09des programmes
01:28:09sur Public Sénat