- il y a 14 heures
Éric Abihssira, président de l’UMIH Nice Azur & Haut Pays
est l'invité de Nice-Matin.
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00:00...
00:13Bienvenue sur le plateau de l'interview à la une, l'émission d'entretien vidéo du groupe Nice Matin retrouvée
00:19sur tous ses supports numériques.
00:21Notre invité cette semaine, Eric Abissira, bonjour.
00:25Bonjour.
00:25Merci d'avoir accepté cette invitation.
00:27Vous êtes le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie-restauration, métropole Nice-Côte d
00:32'Azur et au pays.
00:34Et vous nous voyez venir.
00:35Évidemment, nous allons parler des mouvements sociaux qui impactent directement votre profession.
00:40Mais pas seulement.
00:41On ira plus loin.
00:42On va se projeter aussi sur l'année 2027 et sur les difficultés que peut rencontrer le secteur lié, évidemment,
00:51à l'explosion des prix de l'énergie, par exemple,
00:52parce que ça aussi, ça a un impact sur vos professions.
00:56Et puis, on le sait, le poids de l'hôtellerie, du tourisme, de la restauration dans notre région, et plus
01:01particulièrement dans les Alpes-Maritimes, est très important.
01:04Éric Abissira, d'abord une question directe.
01:07Vous avez déjà chiffré l'impact du mouvement social depuis le 17 octobre, avec notamment ces scènes de pillage ?
01:14Oui, tout à fait.
01:15On a questionné bien évidemment nos adhérents, puisqu'on compte dans nos adhérents des hôteliers, des restaurateurs,
01:20qui ont pu nous donner les premières informations en termes de retombées de ces manifestations qui s'inscrivent dans un
01:25temps long,
01:25puisqu'on parle de la première du 17 octobre.
01:27On est aujourd'hui au mois de novembre.
01:29sur l'hôtellerie, on est en vigilance, mais pas vraiment en crise.
01:33Par contre, on a un gros sujet sur la restauration, avec un impact sur la journée la plus importante de
01:39la semaine pour le chiffre d'affaires de nos restaurateurs,
01:42qui est le samedi.
01:42Parce que c'est par essence la journée où on réalise le plus gros chiffre d'affaires.
01:46Et sur ces journées-là, on note une baisse de chiffre d'affaires de près de 50%.
01:5050% donc sur tout le secteur, en tout cas dans les établissements concernés.
01:56Les établissements concernés, oui, tout à fait.
01:57Concrètement, ça veut dire quoi ?
01:58Ça veut dire que ça met en péril la trésorerie, en péril les emplois ?
02:02Alors pas à très court terme, mais...
02:04Mais il est évident que quand on perd 50% de chiffre d'affaires sur les 4 plus grosses journées
02:07d'un mois,
02:08ça impacte le chiffre d'affaires mensuel.
02:10Et bien évidemment, ça met en péril l'entreprise qui se retrouve avec une trésorerie très fragilisée,
02:16qui lui est difficile de faire face à ces échéances.
02:19Et j'envisage d'ailleurs dans les prochains jours à saisir le préfet des armes par intime
02:24pour organiser une réunion avec la DGFIP, la DGFIP, la DGFIP générale des finances publiques,
02:28la présidente des banques du département et le directeur général de l'URSSA,
02:33pour voir comment on peut accompagner ces entreprises.
02:35Là, on a le sentiment qu'on s'inscrit dans un temps long.
02:38On peut imaginer se retrouver dans le même schéma que les Gilets jaunes,
02:42où rappelez-vous, on était sur 10 manifestations répétitives.
02:45Donc c'est important pour nous de trouver les voies, les moyens de permettre à nos entreprises
02:49de passer ce stade et cette étape qui fragilise terriblement nos entreprises.
02:54Ça serait quoi la solution idéale selon vous ?
02:56Des aides, des facilités de trésorerie, des baisses d'impôts ?
03:00On ne va pas repartir, on a le gouvernement qui avait annoncé de pouvoir aider les entreprises
03:05avec des crédits de 50 000 euros, des taux au zéro, on ne va pas repartir sur un pseudo-PGE.
03:11J'allais vous dire, on a vu après le Covid que ce n'était pas si simple que ça.
03:16Pas si simple, puisqu'après il faut les payer ces crédits.
03:18Il ne faut se dire pas les rembourser.
03:19Donc en fin de compte, c'est le double peine, c'est-à-dire qu'on est victime des manifestations
03:21et à côté de ça, on doit en plus endetter nos entreprises pour faire face à nos échéances.
03:26Donc ce n'est pas le sujet.
03:27Le sujet, c'est de trouver un moratoire pendant cette période pour pouvoir avoir un sursis
03:31à payer en termes de TVA, de chercher à nouveau les services de l'Ursaf
03:34et peut-être pour les entreprises les plus endettées, demander aux banques du département
03:38de bien vouloir sursoir au crédit au minimum sur la période de crise
03:41pour avoir après par la suite à étaler les échéances qui n'auront pas été réglées.
03:45Mais je pense qu'avec du bon sens, on doit pouvoir arriver à trouver ce moratoire
03:48et permettre aux entreprises de souffler.
03:50– Les collectivités locales, la CCI se sont mobilisées.
03:56– Tout à fait, Jean-Pierre Savareno a été très proactif sur le sujet et on le remercie.
04:00Donc bien évidemment, aujourd'hui, le secteur de l'industrie touristique
04:03est un des piliers de notre économie métropolitaine.
04:07Mais bien évidemment, après je pense à nos amis commerçants,
04:10je suis mon fils de commerçant et j'imagine que les gens qui sont prêt-à-porter,
04:13qui sont dans la joaillerie, ressentent les mêmes difficultés que nous.
04:17– Et puis, on précise évidemment que ça concerne les chefs d'entreprise,
04:22mais tous les employés, tous les collaborateurs qui vivent aussi de ce travail de l'hôtellerie-restauration.
04:30– Tout à fait.
04:30– C'est un nombre important dans l'organisme maritime.
04:33– Dans la restauration, nos équipes de salles.
04:35Nos équipes de salles vivent d'une rémunération fixe,
04:38mais une partie est un accessoire de leur rémunération et les pourboires.
04:43Et quand ce soit la plus grosse journée de la semaine où vous perdez 50% de chiffre d'affaires,
04:46vous pouvez imaginer qu'ils sont eux aussi impactés.
04:48De toute façon, c'est une chaîne.
04:50On a l'entreprise, ses salariés et même les distributeurs qui eux-mêmes vivent aussi cette crise,
04:56puisqu'on a forcément des commandes qui sont moins importantes qu'elles le sont habituellement.
05:00La semaine passée, vous avez écrit au préfet pour lui demander de travailler sur des parcours alternatifs loin des commerces.
05:08Vous avez été plus ou moins entendu, parce qu'il y a quand même des commerces sur le parcours emprunté
05:12samedi dernier
05:15de Garibaldi au port de Nice.
05:18Le mouvement est prévu pour durer.
05:21Et déjà, chez les syndicats, on commence à s'inquiéter de ces parcours alternatifs.
05:26Donc, ils vont demander à ce qu'on retourne sur Massénage en médecin.
05:31Ça vous inquiète ?
05:31Oui, ça nous inquiète.
05:32Et quand on a demandé, d'une part, nous n'avons pas prétention d'avoir à indiquer au préfet
05:39quelles sont les voies et les moyens de pouvoir permettre à nos entreprises de sortir de cet impasse.
05:43Mais c'est vrai qu'on a suggéré un nouveau parcours.
05:46Les deux dernières échéances, donc de celle d'hier et celle de samedi dernier,
05:50ont démontré que les choses se sont relativement bien passées, mieux passées que les 17 et 24 octobre.
05:55Donc, moi, j'insiste pour le fait que ces parcours soient reconduits dans la durée.
05:59Si demain, on devait s'inscrire dans un temps long.
06:01J'avais aussi demandé au préfet, puisque je lui avais fait remarquer qu'en fin de compte,
06:05la CGT, quand elle manifeste le 1er mai, elle manifeste le matin.
06:08Et que je considère qu'une manifestation le matin est plus propice à retrouver le calme
06:11et la sérénité pour nos commerces, nos restaurateurs et les clients de nos hôtels l'après-midi.
06:16Et dans les faits, ce qui s'est passé hier le démontre.
06:19Donc, on souhaite.
06:20Et bien évidemment, l'UMI n'a pas pour volonté d'avoir à contredire un droit inéliable de manifester.
06:27Bien évidemment, c'est un droit inscrit dans la Constitution.
06:29Et on peut comprendre que la Constitution populaire demande à ce qu'on revendique et qu'on manifeste.
06:33Mais par contre, il faut le faire intelligemment.
06:36Oui, ce que vous dites, c'est que...
06:37Les manifestants ont le droit de manifester et nous, on a le droit de travailler.
06:39– Voilà, vous pouvez vous entendre, entre guillemets, sur des horaires et des parcours
06:45qui pourraient contenter tout le monde. C'est votre message ?
06:47– Tout à fait.
06:47– Parce que quand vous entendez la CGT et d'autres syndicats, d'ailleurs,
06:52dire que de ne pas pouvoir accéder à Jean Médecin à la place Masséna,
06:55c'est bafouer la liberté d'expression, le droit de manifester, etc.
06:59– Je ne suis pas sûr que les gens qui s'y soient exprimés hier
07:01soient des gens qui fassent partie de la CGT, de Force Ouvrière ou de la CGT.
07:04Parce que moi, je me félicite justement au contraire
07:06à ce que les manifestations soient encadrées par le syndical de salariés.
07:09Vous savez, dans mes fonctions nationales, j'étais président de la Commission des Affaires Sociales
07:12et j'ai toujours eu un dialogue aussi bien avec la CGT, la CLDT, Force Ouvrière et la CGT
07:17sur un tas de sujets sur le dialogue social, où quand on est de bon sens,
07:20on arrive à trouver un terrain d'entente.
07:22Donc je considère aujourd'hui qu'il est souhaitable à ce que ces manifestations
07:26soient encadrées par les organisations de salariés.
07:27Ils ont une expérience, ils ont leur propre service de sécurité
07:30et ça nous garantit peut-être d'éviter un certain nombre de débordements.
07:34– On peut le rappeler, évidemment, ça ne coûte rien.
07:37C'est évidemment pas les manifestants syndicaux et qui manifestent contre la vie chère
07:42qui se retrouvent à casser ou pris dans les bagarres.
07:46– Vous faites bien de le souligner.
07:47– Oui, non, mais voilà, qu'il n'y ait pas de malentendus non plus sur ce qu'on dit
07:50et sur ce que vous dites, puisque vous avez ce message-là aussi, vous.
07:55– Il n'y a pas d'ambiguïté sur ce sujet.
07:56– Il n'y a pas d'ambiguïté, oui, tout à fait.
07:59– Donc, une dernière question sur ce sujet-là, la pérennité du mouvement,
08:04si ça se prolonge, ça c'est un point qui nous inquiète.
08:08– Qui nous inquiète, oui, vous l'avez dit tout à l'heure, mais je voudrais qu'on y revienne.
08:10– Oui, écoutez, moi j'appelle nos organisations syndicales à de la responsabilité.
08:14On a des échéances à court terme qui arrivent.
08:17On a le Black Friday qui, pour les commerçants de la ville, est un moment fort,
08:21qui précède les fêtes de fin d'année.
08:23Je crois qu'on parle du 27 et 28 novembre, vendredi 27 et samedi 28 novembre.
08:27Donc, j'appelle les syndicats à un peu de responsabilité,
08:30éventuellement une trêve sur ce week-end qui est un petit peu particulier,
08:34notamment aussi sur les fêtes de fin d'année qui sont Noël et Jour de l'An,
08:36où là on a besoin de se retrouver un petit peu.
08:38Nous n'oublions pas que c'est des temps forts en termes d'activité économique et commerciale.
08:42Donc, on peut peut-être imaginer que sur trois week-ends,
08:46on puisse trouver un moratoire pour faire une trêve.
08:48Et après, libre à eux de pouvoir relancer le mouvement
08:51à partir du début de l'année 2027.
08:54Sur le front des difficultés qui touchent votre profession,
08:58il y a aussi le prix de l'énergie, par exemple.
09:02Tout coûte cher aujourd'hui.
09:04On a l'impression que ça devient aussi compliqué en France
09:07d'être hôtelier, d'être restaurateur.
09:11Les marges se réduisent.
09:13Ça se traduit aussi parfois par des prix que les clients considèrent comme trop élevés.
09:18Pas forcément de votre fête, d'ailleurs.
09:21Vous confirmez que c'est de plus en plus difficile d'exercer votre profession ?
09:25Enfin, vos professions ?
09:26Bien évidemment, nos comptes d'exploitation sont dégradés.
09:29Les bas de bilan sont dégradés, puisque nos charges augmentent terriblement.
09:32Charge d'énergie, coût matière.
09:34Les matières premières ont beaucoup augmenté ces trois dernières années.
09:37Et je souhaite apporter une précision, c'est que si demain, nous, notre qualité de restaurateur,
09:44on avait dû impacter nos prix à la carte sur les augmentations que nous ressentons au quotidien
09:49de la part de nos distributeurs et liées aussi à l'énergie et aussi à l'inflation du coût salarial,
09:54puisqu'on est quand même des métiers qui ont été reconnus comme métiers en tension.
09:56Donc forcément, quand on est métiers en tension, ça nous demande de faire aussi des efforts en termes de rémunération.
10:00Donc tout ça, s'il avait dû être impacté sur le prix à la carte, aujourd'hui, nos terrasses et
10:04nos restaurants seraient vides.
10:05Donc ça veut dire qu'on a pris l'arbitrage d'avoir à ne pas impacter directement ces augmentations.
10:13Et elles restent marginales par rapport à ce que nous, nous vivons en tant que chef d'entreprise.
10:17Donc évidemment, l'impact est là.
10:21Est-ce qu'il y a un impact sur le tourisme en général aussi ?
10:24Alors on sort d'une année 2026 qui a été excellente.
10:29On n'est pas là pour pleurer, pour paraître, être des gens qui...
10:32Donc l'année 2026 a été excellente.
10:36Sur l'hôtellerie, je vous le disais, en début de notre entretien, on est en vigence, mais pas en crise.
10:41Dans la restauration, bien évidemment, en crise, parce que ces manifestations répétitives qui s'inscrivent dans un temps long,
10:46mettent nos entreprises en danger.
10:48Maintenant, les images qu'on en voit aujourd'hui de la destination en France,
10:51parce que Nice est une des villes parmi tant d'autres,
10:54quand notre clientèle étrangère voit ces images sur Marseille, sur Paris, sur Bordeaux, sur Nantes,
11:02un touriste, quand il vient en France, il n'a pas forcément pour vocation de ne visiter que la Côte
11:06d'Azur.
11:07Donc c'est l'image dégradée de la destination en France qui nous inquiète
11:10et qui porte des répercussions sur la saison 2027.
11:13C'est là où j'apporte un point de vigilance.
11:18Je pense aujourd'hui, d'ailleurs, que tous nos directeurs d'établissements hôteliers,
11:21on est dans la période des budgets.
11:22On voit la baisse des budgets pour 2027 pour être un petit peu prudent.
11:25Ça peut avoir un impact aussi sur l'emploi, puisque si demain on réduit notre voilure,
11:30ça veut dire qu'on engagera moins de saisonniers.
11:31Et forcément, ça peut avoir un impact aussi sur l'emploi relativement marqué.
11:35Oui, c'est évidemment un marché global en France, avec l'aéroport qui est une porte d'entrée.
11:43Mais effectivement...
11:44On a cette chance sur le territoire azurien.
11:46Oui, de pouvoir compter là-dessus, évidemment.
11:51Sur l'année 2027 qui se présente, là, on a l'hiver aussi à passer.
11:58On sait que c'est un axe de travail important pour les collectivités locales.
12:02Il y a les fêtes de Noël qui s'approchent aussi.
12:06Vous êtes là encore dans une saison très concernante pour vos métiers.
12:12Oui, tout à fait.
12:12Écoutez, il y a une volonté depuis plusieurs années, aussi bien avec le comité régional du tourisme région sud,
12:17Côte d'Azur des sciences en France et l'Office du tourisme métropolitain et les professionnels du tourisme,
12:21d'avoir à s'inscrire dans un tourisme quatre saisons.
12:24Et ces efforts ont payé, parce qu'aujourd'hui, notre saisonnalité, elle est de plus en plus longue.
12:28Mais pour autant, on doit rester vigilant et ne pas être dans une posture de triomphalisme.
12:33Il y a encore beaucoup de travail à accomplir et notamment sur un axe.
12:36Je ne sais pas si vous l'aborderez au courant de notre interview sur un sujet qui est le tourisme
12:39d'affaires
12:40et qui est en fin de compte le relais qui permet aux établissements au terme d'une saison qui est
12:44touristique
12:45et sur une typologie de clientèle qui est plutôt le loisir de s'inscrire sur un tourisme d'affaires
12:49qui, de novembre à mars, permet à nos entreprises d'avoir une activité importante.
12:54Alors on va y venir, évidemment, parce que par le prisme de décisions qui ont été prises,
13:02il y a des inquiétudes qui pointent.
13:06Éric Ciotti doit faire des économies à Nice et sur la métropole Nice-Côte d'Azur.
13:10Les deux cas emblématiques, c'était la suppression des subventions pour l'Ironman et l'UTMB.
13:16Mais ça vous préoccupe, cette situation, d'abord de l'événementiel avant d'aller sur le tourisme d'affaires ?
13:22Est-ce qu'il y a un impact ou finalement c'est minime ?
13:28Écoutez, l'impact est peut-être important.
13:30En effet, on a été reçu par M. le maire de Nice, M. Éric Ciotti, président de la métropole Nice
13:35-Côte d'Azur,
13:36le 25 septembre, dans lequel on a évoqué, bien évidemment, ces sujets, nos préoccupations et nos craintes.
13:41Il a eu un discours plutôt rassurant.
13:42Je me félicite de la qualité de nos échanges.
13:46J'étais entouré de mes présidents de branches.
13:48Sur le sujet des événements, moi, je réitère notre demande d'avoir à travailler,
13:54trouver les moyens sur les Ironman mondes de 2028 et 2030,
13:59avec les organisations de trouver les solutions pour maintenir ces manifestations.
14:03On lui a même dit qu'on était prêts, nous, éventuellement, nous, le monde économique,
14:07à participer avec nos moyens à permettre ces manifestations,
14:13aussi bien sur un plan logistique que sur un plan même purement pécunier.
14:17Donc, c'est une réflexion qu'on lui a soumise.
14:20Et après, ça pose aussi le sujet de l'échéance du parc des expositions et des congrès à l'ouest
14:25de Nice,
14:25ont eu lieu et place du Minefleur sur une échéance 2031-2032,
14:29dans lequel, là, aujourd'hui, il faut qu'on trouve les voies et les moyens de 2027 à 2031
14:33de ne pas couper de listes de congrès et trouver des solutions pour que ça permette de continuer.
14:38Alors, comment on fait ?
14:39Oui, effectivement, puisque l'Acropolis n'existe plus,
14:42a priori, le palais du port devrait aussi être démonté.
14:47Puis, vous l'avez dit, le palais des congrès à l'ouest, c'est pas pour tout de suite.
14:52Donc, on a l'impression qu'on est un peu sans solution, quand même, pour un temps, en tout cas.
14:55Il y a des voies qui sont explorées, notamment le palais des expositions sur l'atelade des Dacini,
15:03qui pourrait éventuellement être une solution de compensation.
15:07Mais du tout seul, il ne suffira pas à accueillir des congrès qui dépasseraient un millier de personnes.
15:13Le sujet d'Océanie, ça sera en mer d'arbitrer.
15:16En effet, pour le moment, il aurait plutôt une position d'avoir un démantelé.
15:18Il a aujourd'hui autorité à pouvoir proroger ce permis de construire provisoire.
15:24Je lui ai d'ailleurs fait remarquer.
15:26Il a été intellectuellement très honnête, puisqu'il me l'a confirmé.
15:30Et moi, j'appelle de mes voeux éventuellement à ce qu'il puisse revenir sur cette décision.
15:34Mais c'est ce que vous lui demandez.
15:35Vous me dites, voilà.
15:36En attendant que le palais soit livré...
15:38On était dans l'intérieur de la campagne municipale.
15:40Monsieur le maire de Nice est là pour un mandat, voire pour un deuxième mandat.
15:44Donc je pense qu'il a pu appréhender le poids de l'industrie touristique sur la métropole des Côtes d
15:50'Azur.
15:50Ce n'est pas moins de 15% du PIB.
15:52C'est 13% des emplois de la métropole.
15:56Et il est clair que le tourisme d'affaires est un des piliers de l'industrie touristique.
16:00On ne peut pas imaginer se priver de 2007 à 2031 de cette manne de tourisme d'affaires sur des
16:05séminaires,
16:06sur des conventions, sur des congrès qui font travailler toute la chaîne.
16:09C'est-à-dire aussi bien les hôteliers, les restaurateurs, les traiteurs et toutes les entreprises qui gravitent autour, les
16:14taxis...
16:14Surtout que c'est concurrentiel sur la Côte d'Azur.
16:16Il y a Cannes, il y a Monaco...
16:17Oui, mais vous savez, on a toujours par le passé voulu opposer Nice à Cannes ou à Monaco.
16:24Moi, j'ai sillonné le monde avec ma valise pendant de longues années,
16:28puisque j'ai été en tant qu'hôtelier restaurateur toujours présent sur un grand nombre de salons à l'international.
16:34Moi, j'ai toujours eu pour volonté de vendre la destination Côte d'Azur.
16:37C'est la richesse de notre territoire qui veut qu'aujourd'hui, on soit aussi attractif.
16:40Je veux dire, qu'on soit à Nice, à Cannes ou à Monaco, on bénéficie, quand on est à Cannes,
16:44des attraits de la ville de Nice.
16:45Et inversement, c'est la beauté de notre territoire qui fait qu'aujourd'hui, on a une destination qui est
16:49exceptionnelle.
16:50Donc arrêtons de vouloir opposer, quelle que soit la typologie de clientèle, nos villes de Nice, Cannes et Monaco.
16:55Non, non, au contraire, on travaille de cancer et c'est comme ça qu'on est efficients.
16:58– On parlait tout à l'heure des fameux PGE qui datent du Covid.
17:05On en est où de ce point de vue-là ?
17:07Est-ce que les entreprises de l'hôtellerie et restauration ont toujours du mal à rembourser ces PGE ?
17:12– On est arrivé au terme du baiement des PGE puisqu'on avait eu un premier, un deuxième report,
17:17ce qui fait que les entreprises qui ont contracté le PGE entre 2020 et 2021 arrivent au terme de ces
17:22échéances.
17:22Mais ça a tellement pesé sur leur compte d'exploitation.
17:25Ça a été quand même très compliqué à rembourser parce qu'on n'a pas eu…
17:28Après, il ne faut pas non plus occulter le fait que l'État français a été un des gouvernements
17:34qui a le plus aidé notre industrie.
17:37Donc n'oubliez pas les procédures de chômage partiel, le fonds de solidarité et autres.
17:40Mais ça n'empêche que les PGE ont pesé sur la trésorerie de nos entreprises.
17:44On arrive au terme de ces paiements.
17:47C'est-à-dire que là, on est de nouveau peut-être en capacité à se projeter sur de nouveaux
17:51investissements.
17:51Et je veux rappeler que l'hôtellerie a énormément investi sur les sept dernières années.
17:57Et la restauration aussi.
17:58Aujourd'hui, on a une offre pléthorique de restaurants de très grande qualité sur le bassin niçois
18:03qui fait qu'on devrait être en capacité à poursuivre ces efforts.
18:06Mais pour ça, si on devait avoir de nouveau une baisse de fréquentation, ça nous interdirait.
18:11Et ça impacte toute la chaîne.
18:13Ça impacte les économies du territoire, des BTP et nos artisans qui travaillent, peintres, plombiers, électriciens, plaquistes et autres.
18:20Est-ce que sur les dix années qu'on vient de passer, vous diriez que les hôteliers, les restaurateurs arrivent
18:26à pérenniser leur activité ?
18:28En clair, est-ce qu'il n'y a pas eu trop de casse sur les dix années qui viennent
18:32de s'écouler ?
18:33On a l'impression que le secteur, malgré les difficultés, fonctionne avec beaucoup d'efforts.
18:39Mais vous qui avez l'œil sur les chiffres, la tendance sur les fermetures, sur les ouvertures,
18:45est-ce que ces indicateurs-là sont bons ou encourageants en tout cas ?
18:49Écoutez, au niveau de l'hôtellerie, c'est relativement stable.
18:52Vous faites bien le signaler, mais on est quand même une industrie très brillante.
18:56Si on devait reprendre la crise du Golfe numéro 1, la crise du Golfe numéro 2,
19:00la crise des seuils prames en 2008, la crise Covid et maintenant ce qu'on est en train de vivre,
19:05je pense qu'on a quand même les épaules larges et qu'on encasse les coups.
19:08Donc bien évidemment, à un moment donné, par contre, il peut y avoir un phénomène de découragement et de lassitude.
19:13Et j'ose espérer que ce ne sera pas le cas, parce qu'on arrive pour certains d'entre nous
19:17en fin de parcours.
19:18Et ce qu'on veut, c'est transmettre aux entreprises, à des jeunes qui ont la passion de nos métiers.
19:21Donc il est important de pouvoir leur dire, venez embrasser nos professions, il y a encore de l'avenir, bien
19:26sûr.
19:26Voilà, et chaque année, on en parle, il y a des emplois, des secteurs qui recrutent.
19:31Et depuis quelques temps, on est même face à une pénurie de salariés, notamment dans les restaurants.
19:37J'imagine que dans l'hôtellerie, ça doit être peu ou prou la même chose.
19:41Un, est-ce que ça vous inquiète ?
19:43Et deux, qu'est-ce que vous proposez, par exemple, au gouvernement pour inciter les jeunes à revenir vers ces
19:50métiers-là ?
19:51Alors, écoutez, on se félicite d'un certain nombre d'actions.
19:54Donc nous, on est à l'initiative chaque année du Forum de l'Emploi, qui est un véritable succès,
19:57qui d'année en année prend de plus en plus d'importance.
19:59Un deuxième sujet, c'est qu'on a été partenaire avec France Travail, de ce qu'on appelle les masterclass,
20:04où en fin de compte, on va permettre à des gens qui sont éloignés de nos métiers de faire une
20:07découverte et une immersion dans nos professions
20:09pour pouvoir peut-être embrasser des professions auxquelles ils n'avaient pas pensé.
20:14Après, il y a un autre sujet aussi, qui est le sujet du logement.
20:17Là, on doit être proactif, parce que pour pouvoir attirer des salariés sur nos entreprises,
20:21il faut pouvoir leur proposer des alternatives de logement qui soient à la portée,
20:25leur portée au niveau du coût du logement, et aussi de les loger dans de bonnes conditions.
20:30On est en train de porter une opération avec un mailleur social, que je peux nommer maintenant, qui est Erelia,
20:35avec le soutien de la ville de Nice, sur une entité foncière qui nous permettra de sortir une maison des
20:39saisonniers,
20:41une maison proactif plus que des saisonniers, puisqu'aujourd'hui, je vous le répète,
20:44nos saisonniers commencent de février à fin octobre, donc plutôt une maison proactif,
20:47et qui permettra de proposer 90 logements de très très bonne qualité au centre de Nice,
20:52dans de très bonnes conditions, et bien évidemment à des tarifs qui leur permettent de pouvoir...
20:56À quelle échéance ?
20:57À quelle échéance sur un permis qui va être déposé dans l'année 2027,
21:02et qui devrait nous permettre de pouvoir sortir le projet sur fin 2028, début 2029.
21:08Oui, donc ça c'est une solution qui est explorée, il y a même certains hôteliers, restaurateurs,
21:12qui le font de leur propre chef, qui louent, ou qui achètent parfois même plusieurs appartements
21:17pour loger les saisonniers. On en est là, c'est-à-dire qu'on fait même ce sacrifice-là pour
21:22y voir...
21:23Il peut peut-être y avoir d'ailleurs, vous me parliez de ce qu'on propose au gouvernement,
21:26il peut peut-être y avoir une réflexion, en fin de compte, vous le dites,
21:28en effet il y a énormément de restaurateurs qui acquièrent des appartements
21:31pour avoir à permettre à leurs personnels d'être logés dans de bonnes conditions,
21:35mais ces appartements aujourd'hui, ils le font à leurs frais avancés sans aucune facilité,
21:40donc il y aurait peut-être un problème, du moins à réfléchir,
21:43comment on pourrait amortir ces biens de façon à ce que ça soit pris en compte
21:46sur l'effort qui est fait par l'entreprise pour avoir à permettre à leurs collaborateurs
21:49d'être logés dans les meilleures conditions.
21:51Je voudrais qu'on termine avec un peu de prospective.
21:53On va se projeter sur l'élection présidentielle de 2027,
21:57alors je ne vais pas vous demander de vous engager, mais...
21:59Ce n'est pas mon rôle.
22:00Non, non, mais bien sûr, mais quand même, qu'est-ce que vous demandez
22:05au prochain président de la République, qui va pas repartir d'une feuille blanche,
22:08mais qui, en tout cas, va devoir s'inscrire dans une nouvelle logique,
22:14vous serez vigilants, évidemment, aux décisions qu'il prendra.
22:18Selon vous, quelle priorité doit-il traiter dans votre secteur
22:24sur celui de l'hôtellerie, de la restauration ?
22:25On l'a dit, le tourisme, ce n'est pas que la Côte d'Azur,
22:27c'est la France entière, c'est des emplois, c'est des milliards de chiffres d'affaires,
22:32donc on ne peut pas négliger ce secteur-là.
22:34Qu'est-ce que vous allez demander ? Qu'est-ce que vous attendez ?
22:38Prochain gouvernement et prochain président de la République.
22:40Moi, je pense qu'il serait raisonnable de penser à pouvoir alléger les charges des entreprises.
22:44Qui dit alléger les charges des entreprises ?
22:45Ce n'est pas permettre à une entreprise de gager un meilleur résultat en bas de bilan,
22:48mais c'est permettre à ses salariés d'avoir un meilleur pouvoir d'achat.
22:51Ça, pour moi, c'est déjà la première des priorités.
22:53Aujourd'hui, il faut qu'on donne du pouvoir d'achat à nos collaborateurs
22:55et qu'on allège pour ça les entreprises de leurs charges,
22:57qui deviennent insupportables.
22:59un salaire net entre ce qu'on donne à notre salarié
23:02et ce qu'au terme de ce qui est pris sur la rémunération brute
23:05et sur les charges patronales, c'est insupportable.
23:08Pour être clair, vous vous dites, on s'engage, si on a des baisses de charges,
23:13à ce que ce soit répercuté sur...
23:14– Ça sera mécanique.
23:15– Non, mais c'est pour disciper les questions qui pourraient se poser.
23:21Est-ce que c'est pour mettre dans la poche du restaurateur, de l'hôtelier ?
23:24– Toute personne qui nous écoute prend son butin de salaire.
23:26En haut du butin de salaire, on a un salaire brut.
23:28On a les charges qui sont salariales.
23:31Sur l'autre colonne, les charges patronales.
23:33S'ils demandent un allègement des charges patronales et salariales,
23:35forcément, le bas du butin de salaire se voit de nouveau valorisé.
23:39Et le pouvoir d'achat de ce salarié est bien évidemment mécaniquement augmenté.
23:43Donc ce n'est absolument pas pour avoir à permettre des entreprises
23:45de faire plus de bénéfices, c'est de permettre à nos collaborateurs
23:48d'avoir plus de pouvoir d'achat.
23:50Et par événement, c'est vertueux, puisque plus de pouvoir d'achat,
23:53plus de consommation, indirectement, ce qu'on donne d'un côté,
23:56l'État le récupérera en termes de TVA et d'autres fiscalités.
24:00– Voilà, c'est l'appel que vous lancez au prochain président.
24:03– Ça, et puis sur un point plus professionnel,
24:05on a deux sujets qu'on aimerait, pour une fois, balayer d'une main.
24:09C'est le dévoiement du titre restaurant au profit de la grande restauration.
24:13– Ça, c'est quelque chose d'inadmissible.
24:14– Alors expliquez, c'est quoi le souci ?
24:16– Le titre restaurant, comme il l'indique, c'est un titre restaurant.
24:19Ça permettait à des gens qui travaillaient dans les entreprises
24:21de bénéficier, parce que les entreprises souscrivaient au titre restaurant,
24:25de pouvoir faire un repas chaud au midi.
24:27Ce titre restaurant, aujourd'hui, a été dévoyé sur la grande distribution.
24:31Et vous remarquerez aujourd'hui, quand vous allez dans les supérettes
24:33au centre de Nice, vous avez des batteries de chambres froides
24:36avec des pâtes préparées, qu'il suffit d'être chauffées au micro-ondes
24:39ou des salades ou toute une formule de snacking
24:43qui impacte la fréquentation des autres investissements le midi.
24:45Donc ça, c'est le premier sujet.
24:46Le deuxième sujet, c'est un sujet que j'ai porté, moi, au niveau de l'Union nationale.
24:50C'est une fois pour toutes, de ne plus avoir chaque année
24:52à demander au niveau du budget de l'État
24:54d'abandonner le principe même de fiscaliser les pourvoirs de nos collaborateurs.
24:58On n'implique qu'une fois pour toutes, on balaye cette difficulté,
25:00puisque d'année en année, on se retrouve toujours avec ce coup près
25:02qui peut un jour inciter un ministre du budget à dire
25:06à partir du 1er janvier d'année suivante, les pourvoirs sont fiscalisés.
25:10Et ça, c'est impacter directement le pouvoir d'achat
25:12de nos collaborateurs et de nos salariés.
25:14Oui, parce que c'est une manne très importante pour les collaborateurs.
25:18Oui, mais pour l'État, pour les collaborateurs, oui,
25:20mais pour l'État, parce qu'aujourd'hui, ce n'est pas le cas.
25:22Oui, oui, non, mais c'est pour ça que vous demandez à ce qu'on n'y touche pas.
25:25Comme on disait, on appelait ça la taxe sourire,
25:27qui ne taxe pas le sourire de nos clients.
25:29Merci beaucoup, Éric Abissira, d'avoir accepté l'invitation de Nice Matin.
25:34Je rappelle que vous êtes le président de l'UMI,
25:36l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie et de la restauration
25:40métropole, Nice-Côte d'Azur, au pays.
25:42Merci d'avoir donc joué le jeu de cet entretien.
25:45À retrouver évidemment sur le site internet,
25:49les sites internet du groupe Nice Matin,
25:50et sur nos réseaux sociaux à la semaine prochaine
25:53pour un nouveau rendez-vous de l'Interview à la Une.
25:55Et évidemment, je remercie mes fidèles complices comme chaque semaine,
25:58Philippe Bertigny et Sophie Doncé en régie.
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