- il y a 1 heure
L’Union européenne est en pleine ébullition sociale. A l’instar de la France, d’où sont partis les premiers mouvements lycéens, plusieurs pays de l’Union font face à des vagues de contestation dans la rue. C’est le cas de l’Italie, de la Belgique, de la Grèce, ou encore de l’Allemagne. Les revendications tournent autour de l’avenir de la jeunesse, mais aussi de la crise du logement et plus largement du pouvoir d’achat. Des syndicats et associations de sept pays européens appellent à des manifestations coordonnées fin novembre. Existe-t-il un dénominateur commun entre ces mouvements ? Et surtout peuvent-ils faire l’objet d’une réponse au niveau européen ? Caroline de Camaret et Thibault Henocque ouvrent le débat dans « Ici l’Europe », avec les eurodéputées Emma Fourreau (France, La gauche), Assita Kanko (Belgique, ECR) Elisabetta Gualmini (Italie, Renew). Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:17Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:22En cette semaine où l'Europe regarde de l'autre côté de l'Atlantique avec un président américain affaibli
00:27et dans son voisinage où des tensions subsistent, nous avons le plaisir de recevoir l'ancien chef de la diplomatie
00:34européenne,
00:35Joseph Borrell. Bonjour.
00:37Je rappelle que vous avez été jusqu'en 2024 le haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères,
00:44remplacé depuis par Kayakalas.
00:46Vous avez eu un parcours d'ailleurs très européen, ancien président du Parlement européen,
00:51ancien ministre des Affaires étrangères socialistes de l'Espagne.
00:54Aujourd'hui, dans l'Union européenne, vous constatez une montée de la grogne sociale,
00:59des manifestations contre la vie chère et en particulier des plus jeunes.
01:03Est-ce que l'Union européenne aurait dû mieux faire, selon vous ?
01:06L'Union européenne peut faire ce qu'elle peut faire,
01:10mais il ne faut pas demander des pommes au mérisier.
01:15L'Union européenne a des capacités et les problèmes sociaux de chaque pays,
01:22c'est d'abord la responsabilité de ces pays-là.
01:26C'est chaque gouvernement qui est aux commandes.
01:30S'il y a une grogne, s'il y a un malaise partout dans l'Europe,
01:37c'est pour des raisons communes à l'Europe.
01:40Mais prétendre que l'Union européenne va résoudre ça, non.
01:44En France, le problème que vous avez, c'est des problèmes français.
01:48Et en Espagne, c'est des problèmes espagnols.
01:51Ils ont un dénominateur commun.
01:54C'est le manque de perspective de la jeunesse.
01:59C'est le problème de l'habitat, le problème du coût de la vie, de la précarité.
02:04Mais ça, ce n'est pas l'Union européenne qui va résoudre le problème de l'habitat.
02:09Des habitations du logement.
02:11Alors, Joseph Borel, comme chaque semaine, nous proposons un condensé d'infos européennes.
02:17C'est l'Europe, en bref, de Charlotte Prudhomme.
02:23L'UE protège nos frigos.
02:24Plusieurs agences et institutions de la Commission européenne sont réunies pour tenter de parer les vagues de cyberattaques
02:29qui ont touché les supermarchés dans plus de 10 États membres.
02:33Les températures de certains réfrigérateurs et congélateurs sont montées parfois jusqu'à 50 degrés,
02:38gâchant ainsi des tonnes de nourriture pour une perte estimée à plusieurs millions d'euros.
02:45Le Monténégro est dans la dernière ligne droite de l'adhésion à l'UE.
02:49La Commission s'est ainsi félicitée des progrès réalisés par ce petit pays balkanique qui borde la mer Adriatique.
02:55Odgoritsa pourrait rejoindre le bloc en 2028.
02:58La Moldavie, l'Albanie et l'Ukraine se rapprochent aussi.
03:01Mais pour Kiev, pas d'échéance annoncée, malgré des efforts pour lutter contre la corruption ou réformer son système judiciaire.
03:07Reste que l'élargissement doit être dans un deuxième temps ratifié dans les 27 États par référendum en France
03:13où les candidats Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon sont opposés à l'élargissement du club européen.
03:19En Pologne, le tribunal constitutionnel est au cœur d'une crise politique majeure.
03:23Le président Karol Nawrowski, issu du parti ultraconservateur PiS,
03:27refuse toujours d'assarmenter des juges nommés par le premier ministre pro-européen Donald Tusk.
03:32Élu en 2023, ce premier ministre a mis fin à 8 ans de régime du PiS,
03:36accusé par Bruxelles de dérives autocratiques et de mains mises sur la justice.
03:40Désirant rétablir un état de droit fonctionnel,
03:43Donald Tusk a envoyé les forces de l'ordre libérer le tribunal.
03:47Il y a des juges légitimes et élus qui souhaitent travailler au siège du tribunal constitutionnel
03:53et qui sont attaqués par des politiciens et une foule organisée par des politiciens de droite
03:58et le président Nawrowski par la violence, en violation de la loi.
04:02Les juges ont pu voter mardi leur budget de fonctionnement 2027
04:05sans les magistrats conservateurs qui ont boycotté la session.
04:09Alors Joseph Borrell, mesurant un peu l'état de droit dans notre club des 27,
04:13en Pologne, la direction du tribunal constitutionnel est suspendue,
04:17en état de siège, le président ultraconservateur et le gouvernement libéral sont à couteau tiré.
04:22En Hongrie, le nouveau premier ministre pro-européen Peter Maguiar n'a pas pris de pincette
04:26avec l'ancien parti d'Orban et destitué le président qui était de cette couleur politique.
04:32Jusqu'où on peut aller pour restaurer l'état de droit ?
04:35Ce qu'il se passe, c'est clairement un certain refus d'une partie de force politique
04:41à faire fonctionner l'état de droit.
04:43L'état de droit tel que nous le comprenons.
04:46Il veut dire la séparation des pouvoirs, l'indépendance des juges.
04:52Partout, la question de l'indépendance des juges devient une question.
04:57Je ne dirais pas encore un problème, mais une question.
05:01Mais dans le cas de la Pologne, c'est beaucoup plus grave
05:04parce qu'il y a un choc entre les institutions du gouvernement
05:07et la présidence de la République.
05:10Je ne sais pas comment ils vont s'en sortir,
05:12mais ça montre à quel point l'équilibre institutionnel qu'on avait forgé
05:18et sur lequel s'est basée notre vie politique.
05:21C'est-à-dire qu'il y a un pouvoir indépendant du pouvoir, disons, gouvernemental,
05:27le pouvoir du juge,
05:28et qui doit être capable de juger en toute indépendance de liberté
05:33et d'attaquer.
05:35C'est déjà passé à la langue d'Urban,
05:38mais là, il y a eu un changement politique.
05:42Les électeurs ont voulu changer.
05:45Et il paraît que les choses sont plus dans les rails.
05:48Mais l'affaire polonais, c'est peut-être le plus grave de tout
05:52parce que la confrontation est la plus ouverte qu'on n'a jamais vue.
05:56Parlons d'ailleurs de l'élargissement avec un club des 27
06:00qui salue des progrès sur le chemin de l'intégration européenne
06:03de la Moldavie, de l'Albanie, de l'Ukraine.
06:06Le Monténégro est d'ailleurs en tête pour rejoindre l'UE en 2028.
06:11Mais, et ça ne vous a pas échappé,
06:13il va y avoir des élections dans des grands pays,
06:15en France en particulier, avec des partis extrémistes
06:17qui s'opposent farouchement à tout élargissement.
06:21On donne à ces pays des perspectives irréalisables.
06:25Il y a très longtemps que l'élargissement va doucement
06:31parce qu'on sait bien qu'à la fin du chemin,
06:35il faut passer par une procédure nationale dans les États membres
06:40qui risque d'échouer.
06:43Le Monténégro, pas en 2027, déjà maintenant,
06:50a accompli toutes les conditions que lui avait mises.
06:53Le Monténégro, aujourd'hui, serait tout à fait qualifié
06:57pour devenir membre de l'Union européenne.
07:01On retarde et on dit, oui, mais encore une autre visite
07:04de la présidente de la Commission qui dit à tous, oui, oui, oui.
07:12Mais à un moment ou à un autre, il faudra demander aux États membres
07:16s'ils sont prêts à élargir.
07:18Et ça, dans certains pays, la France, par exemple,
07:21demande des décisions au plus haut niveau et même référendaires.
07:27Mais il faudra, à un moment ou à un autre, jouer clair avec les États candidats.
07:32On ne peut pas les avoir tout le temps dans les frigidaires.
07:34On ne peut pas les retarder artificiellement la fin du processus
07:40parce qu'on a peur que les États membres ne veulent pas.
07:44C'était un candidat, la Serbie, à l'entrée à l'Union européenne sérieux,
07:48mais elle est, depuis la guerre en Ukraine, jugée très sévèrement par la Commission
07:52puisqu'elle mène une politique ouvertement pro-russe.
07:56Et tout d'un coup, la liste des étudiants l'a emportée
07:59aux dernières élections sur l'ultra-nationaliste Aleksandar Vucic.
08:03Est-ce que pour vous, ça ouvre des perspectives réelles
08:06de rapprochement avec Bruxelles ou c'est encore fragile ?
08:08La Serbie va passer pour une situation difficile
08:12parce que les partis des étudiants devraient gouverner.
08:19Cette victoire surprise, mais incontestable aux élections,
08:27montre la malaise qu'il y avait en Serbie depuis 14 ans
08:31de la présidence de Vucic,
08:33depuis 14 ans, dans lesquelles parfois
08:38il a eu des actitudes ambiguës vis-à-vis de l'Union européenne.
08:44D'un côté, il disait, oui, je veux devenir membre, je suis pour,
08:49mais de l'autre côté, il y avait des rapports avec la Russie
08:54assez incompatibles de la part d'un pays candidat
08:57au milieu de la guerre en Ukraine.
09:00Alors, on peut dire qu'il y avait un double jeu.
09:03Je suis candidat, mais en fait, je ne suis pas pressé.
09:08Les étudiants, les partis des étudiants,
09:10la jeunesse serbe, eux, ils sont pressés.
09:14Eux, ils veulent devenir membre de l'Union européenne,
09:17sans aucune doute.
09:19Et c'est un fait politique majeur.
09:21Ce qui vient de se passer en Serbie,
09:24ça montre que finalement,
09:25les forces populaires sont capables,
09:29peuvent casser les obstacles
09:33et prendre le pouvoir d'une façon pacifique
09:35pour donner au pays un tournant.
09:38Sans doute, il va y avoir un tournant.
09:40Ou au moins, ils veulent qu'il y ait un tournant.
09:43Est-ce qu'ils vont être capables ?
09:45Je ne sais pas, parce que gouverner,
09:46c'est une chose difficile, vous savez.
09:49Parlons justement de ce qui se passe en matière de gouvernement
09:52de l'autre côté de l'Atlantique,
09:54de ces mid-terms qui ont fait grand bruit.
09:57En Europe aussi, la majorité des Européens
09:59espère qu'un affaiblissement du président Trump
10:01se traduira par un infléchissement
10:03de sa politique étrangère.
10:05Sur le chapitre de la guerre en Ukraine,
10:07l'Ukraine qui est aussi candidate
10:08à l'entrée dans l'Union européenne,
10:10les démocrates sont plus favorables,
10:13semble-t-il, à une aide militaire
10:14et même financière.
10:15Mais Donald Trump peut continuer
10:17à apposer son veto présidentiel
10:21dans ces deux secteurs,
10:23militaires et financiers.
10:25Est-ce qu'il y aura un changement ?
10:27Le changement est déjà là.
10:29Le changement est là, mon Dieu.
10:31Ça a été un véritable tremblement de terre.
10:35Et d'ailleurs, si ça ne s'était pas passé,
10:37on aurait pensé que les électeurs américains
10:40avaient été un peu masoquistes.
10:43parce qu'avec tout ce que Trump a fait,
10:46ce n'est pas seulement la montée de l'essence.
10:48C'est une véritable catastrophe
10:51pour les États-Unis,
10:52la présidence de Trump.
10:53Mais oui, c'est bien que les électeurs américains
10:56aient voté contre Trump, clairement.
10:58Mais nous, de notre côté,
10:59il faudrait aussi faire notre partie du travail.
11:02Maintenant, tout le monde s'est plaint
11:04« Oh, la guerre en Iran ! »
11:05Mais quelle voie européenne s'élever
11:08contre la guerre en Iran ?
11:10Est-ce que là, par exemple,
11:12les démocrates vont mettre fin
11:14à la guerre en Iran ?
11:15Est-ce qu'ils ont la possibilité,
11:18puisque Trump attribue d'ailleurs
11:19sa défaite à cette guerre en Iran ?
11:22Le président Trump garde son droit à veto.
11:25Et pour dépasser les vétos présidentiels,
11:28il faut deux tiers de voix.
11:31Et les démocrates n'ont pas deux tiers de voix.
11:34Peut-être qu'ils vont se joindre
11:36avec certains républicains,
11:39mais eux, tout seuls,
11:40ne peuvent pas éviter un veto de Trump.
11:44Mais une fois de plus,
11:45les Américains feront son travail.
11:47Mais je rappelle que maintenant,
11:50quand on voit la catastrophe,
11:52les catastrophes conséquentes
11:54de la guerre en Iran,
11:56en Europe,
11:58il n'y a pas eu de voix qui s'élèvent
12:01pour dire à Trump
12:02ce qu'il fallait lui dire.
12:03J'aurais aimé qu'on lui dise
12:05quand il n'était pas aussi affibli.
12:07Parce que maintenant,
12:08il y a des gens qui disent
12:09« Trump, moi, je ne connais pas. »
12:11« Trump, non, non, je ne suis pas son ami. »
12:14On voit, par exemple,
12:15la première ministre,
12:16la présidente du Conseil italien,
12:18Mélanie, dire
12:19« Trump, je ne connais pas. »
12:22entière, elle était la personne
12:26plus proche à Trump
12:27dans l'Union européenne.
12:29Il n'y a que voir
12:30les antécédents de chacun.
12:32C'est beau de maintenant dire
12:34« Ah oui, mais... »
12:35Mais je rappelle que le chancelier allemand,
12:37quand les États-Unis
12:39ont commencé à bombarder l'Iran,
12:40il a dit « Je ne vais pas embêter
12:42mes amis américains
12:43avec des considérations mineures
12:45sur le droit international. »
12:47Et maintenant,
12:47qu'est-ce qu'on dit ?
12:48« Ah, c'est très bien, c'est très bien. »
12:50Et vous,
12:50qu'est-ce que vous faites
12:51pour empêcher que Trump
12:52fasse ce qu'il fait ?
12:53Qu'est-ce que fait
12:54la Commission européenne
12:55pour empêcher que Trump
12:57se comporte ?
12:58On s'est rendu
12:59en race campagne
13:01du point de vue commercial.
13:03Burnbury,
13:03le volet commercial,
13:04très désavantageux
13:06en matière de droit de douane
13:08pour les Européens.
13:09Est-ce que vous pensez
13:10qu'il va être...
13:10Pas seulement droit de douane.
13:12remis en cause par...
13:13Pas seulement droit de douane.
13:14Non, pas seulement droit de douane.
13:15Les engagements qu'on a pris
13:17d'acheter plus d'armes américaines,
13:19d'investir plus
13:20dans l'économie américaine.
13:23On a des rapports Draghi
13:24qui disent
13:25« Ah, le problème,
13:26c'est que l'Europe
13:26exporte trop de capitaux
13:28aux États-Unis. »
13:29Et les accords qu'on fait,
13:31la présidente de la Commission
13:32se dit
13:32« On va faire encore plus.
13:33On va investir plus aux États-Unis.
13:35On va acheter plus d'armes.
13:36On va acheter plus de gaz. »
13:38Avec des démocrates au Congrès
13:39ou est-ce qu'ils ne sont plus,
13:41eux non plus,
13:42pour le libre-échange
13:43et ils préfèrent finalement
13:44« America first ».
13:45Mais tout le monde
13:46préfère « America first ».
13:48Ne faisons pas d'illusions.
13:49D'accord.
13:49Donc, ça ne va pas changer.
13:51Il y a des choses
13:51qui vont changer.
13:52Évidemment,
13:53il y a des choses
13:53qui vont changer.
13:55Écoutez,
13:55avec Biden,
13:56avec les démocrates,
13:58les États-Unis,
13:59donner des armes ukraines.
14:00Donner.
14:01Donner,
14:01ça veut dire donner.
14:03Mais non,
14:03Trump ne donne rien.
14:05Il vend.
14:07Il vend.
14:08Il encaisse.
14:10Et c'est nous
14:11qui achètent.
14:11Nous achetons
14:12les armes américaines
14:13pour leur donner
14:14en Ukraine.
14:15C'est nous
14:15qui payons la facture.
14:16Il y a quand même
14:17une grosse différence,
14:18non ?
14:18Rien que de ce point
14:19de vue-là.
14:21Avec Biden,
14:21avec les démocrates,
14:22on n'avait pas
14:23les soucis
14:24que les Américains
14:25seraient
14:26un couple
14:27avec Poutine.
14:28Mais qu'est-ce
14:28qu'il dit
14:29de Trump ?
14:30Qu'il est un grand
14:31ami de Poutine,
14:32que Poutine,
14:32c'est un type chouette.
14:34C'est très bien Poutine.
14:35Ce qui est mauvais,
14:35c'est Zelensky.
14:37Zelensky,
14:37je n'aime pas.
14:37Poutine,
14:38j'aime bien.
14:39Il y a la même différence.
14:40Maintenant,
14:41il va continuer
14:42à aimer Poutine,
14:43mais il sera
14:45un peu plus content.
14:46Mais il y a
14:48un droit de veto.
14:49Et le droit de veto,
14:50il a besoin
14:50de deux tiers
14:51de voix
14:52pour se monter.
14:54Le 29 novembre,
14:55Pedro Sánchez,
14:56le premier ministre
14:57de l'Espagne,
14:57remet son mandat
14:58en jeu
14:59dans un contexte
15:00qui n'est pas très bon
15:01puisque c'est après
15:02une catastrophe
15:02févroviaire.
15:03Même si Sánchez
15:04se présente
15:05comme l'anti-Trump,
15:06précisément,
15:06la droite,
15:08mais aussi
15:08l'extrême droite
15:09de Vox
15:10sont en progression
15:11dans les sondages.
15:12Qu'est-ce qui va se passer ?
15:13Pedro Sánchez
15:13ne se présente pas
15:15comme l'anti-Trump.
15:16Pedro Sánchez
15:17se présente
15:18comme un gouvernement
15:19qui donne
15:21des comptes
15:21aux citoyens
15:22et parmi ces comptes-là,
15:23il y a bien sûr
15:24la politique étrangère,
15:26mais il n'y a
15:27qu'est la politique étrangère.
15:30Mais si vous voulez
15:31juger
15:31le gouvernement espagnol
15:32du point de vue
15:33de la politique étrangère,
15:34elle est aux antipodes
15:36de celles
15:37des Vox,
15:38aux antipodes,
15:39un complément contraire.
15:42Le gouvernement espagnol
15:44a mené
15:44une politique étrangère
15:45un peu isolée
15:46dans l'ensemble
15:47de l'Union européenne,
15:49mais ferme,
15:50et de mon point de vue,
15:51correcte.
15:52Il a clairement dit
15:54que Netanyahou est en train
15:56de faire
15:56un génocide
16:00et il a clamé
16:02dans le désert
16:03pour que l'Union européenne
16:04agisse.
16:06Le président de la commission
16:07n'a rien voulu faire
16:08et la majorité
16:10des États membres
16:11non plus.
16:12C'est le seul pays
16:13qui a dit non
16:13à 5%
16:14des dépenses militaires.
16:16Et il mène
16:17une politique
16:17du point de vue
16:18migration
16:18qui est aussi
16:19très différente
16:21de celle
16:21que la droite
16:22va imposer
16:23partout en Europe.
16:23Nous sommes dans
16:24une démocratie
16:25parlementaire
16:26en Espagne.
16:27Celui qui gagne
16:28ce n'est pas celui
16:28qui est le plus voté,
16:30ce n'est pas des élections
16:31présidentielles
16:31comme en France,
16:32c'est celui
16:33qui est capable
16:34d'avoir une majorité
16:35parlementaire
16:36en faisant
16:37des coalitions
16:39avec d'autres groupes.
16:40Et alors,
16:41le Parti populaire
16:42n'a pas d'autre solution
16:43que faire
16:44une coalition
16:45avec Vox
16:46et le Parti socialiste
16:48aussi aura besoin
16:50de faire
16:50des accords
16:51avec sa gauche
16:52ou avec les indépendantistes
16:54comme c'est déjà passé
16:56dans la législature
16:58précédente.
16:59Joseph Borrell,
17:00merci d'avoir été
17:01notre invité
17:02aujourd'hui.
17:03Merci à vous
17:03de nous avoir suivis.
17:05Restez en notre compagnie,
17:06nous partons
17:07en direction
17:07de Bruxelles
17:08parler des manifestations
17:10et du mouvement
17:11de la jeunesse
17:12à travers toute l'Europe.
17:13C'est l'heure du débat.
17:21Bienvenue au Parlement
17:22de Bruxelles
17:24où l'on observe
17:25une Europe
17:25en pleine ébullition sociale
17:28à l'instar de la France.
17:29D'où sont partis
17:29les premiers mouvements lycéens.
17:31Plusieurs pays
17:32de l'Union
17:33font face
17:33à des vagues
17:34de contestations
17:35dans la rue.
17:36C'est le cas
17:36de l'Italie,
17:37de la Belgique,
17:38de la Grèce
17:38ou encore de l'Allemagne
17:39qui ont aussi
17:40vu des manifestations
17:42de plus ou moins
17:43grande ampleur.
17:44Les revendications
17:45tournent autour
17:45de l'avenir
17:46de la jeunesse
17:47mais aussi
17:47de la crise
17:48du logement
17:49ou encore plus largement
17:50du pouvoir d'achat.
17:51Des syndicats
17:52et associations
17:53de sept pays européens
17:54appellent même
17:54à des manifestations
17:56coordonnées
17:57fin novembre.
17:58Des mouvements
17:59qui dans la plupart
18:00de ces pays européens
18:01ont surpris
18:01les gouvernements
18:02en place
18:03et ont été accompagnés
18:04parfois de scènes
18:04de violence.
18:05En Italie,
18:06Giorgia Meloni
18:07a ainsi dû faire appel
18:08à l'armée
18:09face aux pilleurs.
18:10En France,
18:11les scènes des meutes
18:11ont fait le tour du monde
18:12et des réseaux sociaux
18:13parfois poussés
18:14par l'extrême droite
18:16voie même
18:16Donald Trump
18:17outre-Atlantique.
18:18Les détracteurs de l'Europe
18:19y ont trouvé
18:19l'illustration
18:20d'un déclin européen.
18:22Il est vrai
18:23que le malaise
18:23de la jeunesse
18:24en matière d'éducation,
18:25de formation
18:26dans une Europe
18:27vieillissante
18:27semble profond.
18:29Alors,
18:29y a-t-il
18:29un dénominateur commun
18:31entre ces mouvements
18:32et puis,
18:33peuvent-ils faire l'objet
18:33d'une réponse
18:34y compris
18:35au niveau européen ?
18:36Pour en parler,
18:37nous avons le plaisir
18:37de recevoir aujourd'hui
18:38trois eurodéputés.
18:40Elisabetta Gualmini,
18:41bonjour.
18:42Vous êtes italienne,
18:43vous cégiez au sein
18:44du groupe Renew,
18:45au centre de l'hémicycle,
18:46ici à Bruxelles.
18:47Assita Canco,
18:48bonjour.
18:48Vous êtes belge,
18:50membre du NVA,
18:52le parti nationaliste flamand
18:53au Parlement européen,
18:55vice-présidente
18:56du groupe
18:56des réformistes
18:57et conservateurs
18:58assis à la droite
18:59du PPE.
19:00Enfin,
19:01Emma Fourreau,
19:02eurodéputée
19:02du groupe de la gauche,
19:04élue en France
19:04sous l'étiquette
19:05de la France insoumise.
19:06Emma Fourreau,
19:07un mouvement devenu européen
19:08avec cette annonce
19:09même de manifestations
19:11communes
19:12dans sept pays.
19:13Est-ce que pour vous,
19:13il y a des similitudes
19:14des combats communs
19:16à ces Européens ?
19:17Oui,
19:18le mot d'ordre,
19:18il est très clair,
19:19c'est la défense
19:20du droit à l'avenir,
19:21à la fois des jeunes
19:22mais des peuples en général
19:23parce que ce sont
19:24les mêmes causes
19:25qui frappent partout
19:26en Europe,
19:26la crise du logement,
19:28le fait que le coût
19:28de la vie est devenu
19:29trop cher,
19:30le fait qu'au niveau
19:31de l'éducation,
19:32tout est délabré,
19:32il manque des professeurs,
19:33ce sont des classes surchargées.
19:34En France,
19:35on a vu des vidéos
19:35où on a des rats
19:36qui se baladent
19:37dans les salles de classe
19:38où il pleut littéralement
19:39sur la tête des élèves.
19:40Donc évidemment,
19:41face à cette situation,
19:42la seule réponse,
19:43c'est forcément la mobilisation,
19:44c'est forcément
19:44la colère qui éclate
19:45et on voit que ce sont
19:47des mots d'ordre
19:47qui traversent toute l'Europe
19:48parce que c'est une situation
19:48finalement qui est similaire
19:50et donc avec une jeunesse
19:51qui se reconnaît
19:51dans les mouvements
19:52les uns des autres
19:53avec une solidarité
19:53qui est très belle aussi.
19:54On voit des slogans français
19:55en Italie,
19:55des slogans italiens
19:56en France,
19:57etc.
19:57Donc forcément,
19:58c'est porteur d'espoir aussi
20:00et c'est effectivement
20:01commun à l'Europe.
20:02D'ailleurs,
20:03des études PISA
20:04montrent qu'il y a une baisse
20:05des niveaux scolaires
20:06un peu partout en Europe.
20:08Les lycéens français
20:09craignent de ne trouver
20:10aucune place en université
20:12après le baccalauréat,
20:13aucun emploi,
20:14même quand ils sont diplômés
20:15par exemple,
20:15c'est ce qu'ils disent,
20:16les gouvernements européens
20:17sont beaucoup préoccupés
20:18des vieux
20:19et pas assez des jeunes.
20:20Je crois qu'il y a
20:21de différentes explications
20:23à la base
20:23de ces protestations.
20:26Du point de vue général,
20:27je crois qu'il faut reconnaître
20:29que la démocratie libérale
20:31n'a pas maintenu
20:32ses promises
20:34parce qu'on nous avait promis
20:36la prospérité
20:38et puis des services publics
20:39pour tout le monde
20:40tandis que les jeunes
20:42n'ont pratiquement rien.
20:44Il y a un paradoxe aussi,
20:45on demande aux jeunes
20:46investissez-vous,
20:48formez-vous,
20:49étudiez-vous
20:50mais on ne leur donne pas
20:51les conditions matérielles
20:53pour obtenir ces objets
20:56et donc ils ont peur
20:58de l'avenir.
21:00Il y a des défis effrayants,
21:02le changement climatique,
21:04le vieillissement
21:05de la population,
21:06l'intelligence artificielle
21:08et donc il faut
21:09se préoccuper des jeunes
21:10et considérer qu'en Italie,
21:13chacun,
21:13personne qui naît
21:15a six grands parents
21:17sur les épaules
21:18et donc nous avons construit
21:20un welfare state,
21:21un état-providence
21:22qui est baisé seulement,
21:25qui fonctionne seulement
21:27pour les adultes,
21:29pour les insiders
21:30du welfare state
21:31et pas pour les jeunes.
21:32Asi Takanko,
21:33parmi les craintes
21:34de ces jeunes,
21:34il y a l'accès
21:35au marché du travail
21:36et même avant ça,
21:36aux études supérieures.
21:38On l'a entendu en France,
21:40la gauche veut une montée globale
21:41des compétences
21:42et ouvrir des postes
21:43à l'université,
21:44la droite assume davantage
21:46la sélection.
21:47Vous dites quoi ?
21:48Il y a trop de diplômés
21:49en Europe ou pas assez ?
21:50Vous me posez une question
21:52qui en fait
21:53n'est pas ce qui me préoccupe
21:55quand j'entends
21:56tout ce que je viens d'entendre
21:57et que je vois
21:57ce qui se passe en Europe.
21:59Je crois qu'on se trompe
22:01en imaginant
22:02que l'Europe privilégie
22:03les seniors
22:04par rapport à la jeunesse.
22:05Je crois que l'Europe
22:06aujourd'hui,
22:07que les pays européens
22:07aujourd'hui
22:08n'ont le contrôle
22:09sur rien du tout
22:10parce que l'État-providence
22:10est en train
22:11de s'effondrer.
22:12Elle est en train
22:13de s'effondrer
22:13parce que dans
22:14beaucoup de pays,
22:14il y a beaucoup de gens
22:15qui profitent de la situation
22:17parce qu'il y a
22:18un système de sécurité sociale
22:19qui est unique au monde
22:20mais si on profite
22:22de ça sans contribuer
22:23alors il va imploser
22:25et c'est ce qui
22:25est en train d'arriver également.
22:26Moi j'ai vu des reportages
22:28récemment sur des retraités
22:29qui ne sont pas capables
22:31de se payer
22:32un repas normal par jour
22:33et donc il y a
22:34cette pauvreté aussi
22:35et cette solitude
22:36au niveau des seniors
22:37donc il y a une préoccupation
22:38voilà
22:39il faut qu'on se trompe
22:40de tout le monde
22:41sur la formation des jeunes
22:42et sur la formation des jeunes
22:43c'est vrai qu'il y a
22:44un problème au niveau de l'Europe
22:45on remarque
22:45que dans les pays baltiques
22:46et dans les pays de l'Est
22:48le résultat est meilleur
22:49mais je crois
22:50qu'au niveau des formations
22:50il y a un problème
22:51évidemment de sous-investissement
22:53pas seulement en termes
22:54de finances
22:55mais aussi en tant que société
22:57dans l'éducation
22:58parce que l'éducation
22:59c'est pas seulement
22:59entre quatre murs
23:00c'est aussi ce qu'on fait
23:01c'est comment on agit en fait
23:03quelles sont les conséquences
23:04qu'on applique dans la société
23:05il y a des choses
23:06que j'ai vu à Paris
23:07ou en Belgique
23:08ou dans d'autres pays européens
23:09que si ça arrivait
23:10dans d'autres pays du monde
23:12ce serait même inimaginable
23:13parce que les actes
23:14ont des conséquences
23:15mais aujourd'hui
23:16on peut poursuivre
23:16une policière
23:17l'agresser
23:18et puis
23:19il n'y a aucune conséquence
23:21et ça aussi
23:21c'est une mauvaise éducation
23:23en fait
23:23et c'est au niveau
23:24dans une société
23:25où il n'y a plus aucune responsabilité
23:26Vous nous parlez tout de suite
23:26des violences
23:27on va y revenir
23:28parlons quand même
23:29de cette Italie
23:29qui est justement
23:30une Italie à droite toute
23:32de Giorgia Meloni
23:33qui s'est réveillée
23:35contestataire
23:36elle aussi
23:36les manifestations
23:38parfois
23:39à partir de 1000 ans
23:40se sont étendues
23:41et ont débouché
23:43sur une grève générale
23:44le 10 octobre
23:45plus d'un million de personnes
23:47ont défilé
23:48selon les syndicats
23:49quand la police évoque
23:50environ 250 000 manifestants
23:53écoutons leurs revendications
23:54Nous voulons des écoles sûres
23:55des bâtiments sûrs
23:57nous ne voulons pas
23:57que des fenêtres
23:58nous tombent sur la tête
23:59et nous ne voulons pas
24:00de souris dans nos écoles
24:01nous voulons des bâtiments propres
24:03et je veux vivre
24:03dans un monde meilleur
24:04que celui-ci
24:06Les salaires sont extrêmement bas
24:08par rapport au coût de la vie
24:09qui ne cesse d'augmenter
24:10l'inflation ne cesse de grimper
24:12on ne peut pas le nier
24:13c'est une question vitale
24:15pour les citoyens
24:15leurs voix doivent être entendues
24:19Je suis à la retraite
24:20et ma pension n'est pas terrible
24:22elle ne me permet pas
24:23de vivre autrement
24:24qu'une vie correcte
24:25correcte
24:26mais rien de plus
24:28À Gualmini
24:29on a vu des jeunes
24:30des retraités
24:31il y avait aussi
24:32des chauffeurs routiers
24:33dans les manifestations
24:34d'Italie
24:34des travailleurs portuaires
24:36des agriculteurs
24:37c'est une convergence
24:38des luttes
24:39et des générations
24:40Oui
24:41en effet
24:42le gouvernement de Giorgia Meloni
24:45a bien pensé
24:46dans ce climat
24:48de supprimer
24:49plus de 7000 postes
24:52dans le secteur scolaire
24:54donc ce n'est pas
24:55un bon choix
24:56selon moi
24:58et en effet
24:59ce que je voulais dire
25:00c'est que je vois
25:01très peu d'idéologie
25:02dans ces protestations
25:04tandis qu'il y a
25:06beaucoup de partis politiques
25:07en France aussi
25:08je pense à Mélenchon
25:09mais je pense à l'extrême droite
25:10qui sont en train
25:11d'instrumentaliser
25:12les protestations
25:13tandis que
25:14ces jeunes
25:16et aussi
25:17les adultes
25:18les transporteurs
25:19les agriculteurs
25:20demandent des conditions
25:21matérielles
25:22donc
25:23je voulais dire
25:24ils veulent
25:25le capitalisme
25:26que les générations
25:27précédentes
25:28ont vécu
25:29donc il faut faire
25:30beaucoup d'attention
25:31à instrumentaliser
25:32et oui bien sûr
25:33il y a des problèmes
25:34dans l'éducation
25:35par exemple
25:36en Italie
25:36il y a le problème
25:37que l'éducation technique
25:38n'a pas
25:39la même dignité
25:41de l'éducation
25:42des lycées
25:42et ça provoque
25:44des inégalités
25:45qui ne sont pas
25:45supportables
25:46mais vraiment
25:47attention
25:48ne pas mettre
25:49ne pas prendre
25:51ces étudiants
25:52et en faire
25:53une politicisation
25:55Madame Faurabrette
25:55réponse d'abord
25:55sur l'instrumentalisation
25:57et puis d'ailleurs
25:57est-ce qu'on voit
25:59à la suite
26:00de ces manifestations
26:01les hommes politiques
26:02de tous ces pays
26:03essayer de tenter
26:04de résoudre
26:04ces problèmes complexes
26:05d'éducation
26:06de logement
26:07avec des politiques
26:08nationales
26:09voire européennes
26:10très concrètes
26:12Oui c'est très amusant
26:13de voir
26:14toutes ces personnes
26:15mettre tout
26:15sur le dos
26:16de Jean-Luc Mélenchon
26:16la vérité c'est que
26:17les jeunes
26:17ils n'ont pas besoin
26:18de la France insoumise
26:19et de Mélenchon
26:20pour porter
26:20leurs revendications
26:21ils se sont mobilisés
26:22dans les lycées
26:23en premier lieu
26:24et bien sûr
26:24on est venu les soutenir
26:25relayer leurs revendications
26:26que nous portons
26:27depuis des années
26:28dans l'avenir en commun
26:28et on a un très bon accueil
26:30quand on y va
26:30notamment parce que
26:31notre enjeu
26:32quand on s'y rend
26:32c'est aussi de protéger
26:33les jeunes
26:33parce qu'on va en parler
26:34mais il y a la violence
26:35policière qui s'exerce
26:36de manière extrêmement forte
26:38disproportionnée
26:38et avec des jeunes
26:39qui perdent leurs mains
26:40qui perdent leur oeil
26:41parce qu'ils vont protester
26:42parce qu'ils vont défendre
26:43leurs droits
26:44donc c'est aussi une responsabilité
26:45quand on est politique
26:46de dire halte à la violence
26:47on est là pour protéger
26:48des gens qui sont mineurs
26:49on le rappelle quand même
26:49on parle aussi d'enfants
26:50qui se mobilisent
26:51donc notre place
26:52elle est toujours
26:52du côté de ceux
26:53qui manifestent
26:54pour leur dignité dans la vie
26:55et c'est la place
26:55des politiques normalement
26:56Alors Asit Akanko
26:57avant de parler de maintien
26:58alors une question encore
26:59sur l'un des motifs
27:00de cette grogne
27:01l'inflation
27:01qui est très forte
27:02dans l'Union Européenne
27:03depuis évidemment
27:04le début de la guerre en Iran
27:05regardons ces chiffres
27:06la moyenne de l'inflation
27:07de l'Union
27:083,8%
27:10c'était 3,4% en France
27:114,2% en Italie
27:13votre pays la Belgique
27:144,5%
27:16cette inflation
27:17les Européens
27:17n'en sont globalement
27:18pas responsables
27:19est-ce qu'ils la combattent
27:20suffisamment ?
27:21Cette inflation
27:22comment est-ce qu'on peut
27:23la combattre ?
27:24Mais en créant de la valeur
27:25et en étant responsable
27:27dans la manière
27:27dont nous organisons
27:29les finances publiques
27:29et ça c'est très difficile
27:31parce qu'il y a une résistance
27:32très très forte
27:32et souvent qui vient de la gauche
27:33on a aussi le fait
27:34qu'on ne crée plus
27:36beaucoup de valeur en Europe
27:37vous savez
27:37on a eu depuis
27:38le rapport de Draghi
27:41la clarification
27:42sur ce que l'Europe
27:43devrait faire
27:44pour faciliter la vie
27:45aux entreprises
27:46pour créer de l'innovation
27:47et de la valeur
27:48et de la prospérité
27:50malheureusement
27:50ça n'avance pas beaucoup
27:51à ce niveau-là
27:52et ça je crois
27:53qu'il ne faut pas
27:53imaginer qu'on peut
27:54dépenser, dépenser, dépenser
27:56et ne pas créer de la valeur
27:58et puis créer quelque chose
28:00qui est durable
28:00donc ça c'est extrêmement difficile
28:01il suffit d'aller au supermarché
28:02faire cette course
28:03et vous voyez que
28:04vous n'avez presque rien
28:05dans votre caddie
28:06et quand même
28:06vous devez payer
28:07énormément d'argent
28:07donc ça c'est une situation
28:09que nous devons gérer
28:11en soutenant les entreprises
28:12je pense
28:13et en faisant en sorte
28:14que tout le monde travaille
28:14il y a beaucoup de gens
28:15donc il y a eu encore des chiffres
28:16qui sont sortis
28:17ces derniers jours
28:18il y a beaucoup de gens
28:19qui restent juste à la maison
28:20et qui ne travaillent pas
28:21mais le chômage des jeunes
28:22l'entrée dans le monde du travail
28:23est très difficile quand même
28:24et ce partout en Europe
28:26le chômage des jeunes
28:26est supérieur au chômage général
28:28Madame Gualmini
28:30les images de violence
28:31ont fait le tour du monde
28:33c'est d'ailleurs
28:34ce que certains retiennent
28:35exclusivement
28:36pour ce qui est de l'Italie
28:37Georgia Meloni a dit
28:38j'envoie l'armée
28:39etc
28:39est-ce que pour vous
28:41la répression
28:42est trop forte
28:43et met en péril
28:44la liberté d'expression
28:45et de manifestation
28:46des jeunes en particulier
28:47je crois que la logique
28:49sécuritaire
28:50toute seule
28:50ne fonctionne absolument pas
28:52et donc
28:53entre la criminalisation
28:55des jeunes
28:56et de tous les gens
28:58qui sont
28:58qui sont
28:59oui
29:00qui participent
29:01aux protestations
29:02et ceux qui disent
29:03il faut comprendre
29:04il faut comprendre
29:05il faut comprendre
29:06il y a
29:06la possibilité
29:08de condamner
29:09bien sûr
29:10très sérieusement
29:11la violence
29:12les pillages
29:13et tout ça
29:14qui ne sont pas
29:15acceptables
29:15en Italie
29:16il y a eu
29:16je crois
29:17600 arrestations
29:19donc beaucoup
29:21mais d'autre côté
29:23il faut penser
29:24à des mesures
29:25concrètes
29:26pour les jeunes
29:27par exemple
29:27l'évaluation
29:28de l'impact
29:31intergénérationnel
29:31dans les politiques publiques
29:33aussi de l'Union Européenne
29:35ce serait une condition
29:36d'introduire
29:38tout de suite
29:38et donc il y a
29:39la possibilité
29:40de faire des choses
29:41concrètes
29:41et pas idéologiques
29:43pour ces jeunes
29:43c'est vrai qu'on a vu
29:44les droites
29:44les extrêmes droites
29:45européennes
29:46pointer le profil
29:47des casseurs
29:48essentiellement
29:48issus de l'immigration
29:49a-t-on entendu
29:50en France
29:51et en Allemagne
29:51on a entendu ce discours
29:52alors qu'il n'existe pas
29:53de données officielles
29:55sur le sujet
29:56est-ce que cette vision
29:58ultra sécuritaire
29:59identitaire
30:00est de nature
30:00à résoudre les problèmes ?
30:02Moi je voudrais préciser
30:03parce que je suis président
30:04de l'intergroupe
30:04pour la police
30:05j'entends vraiment
30:05ce que la police vit
30:06et aussi dans la commission
30:07justice à faire intérieur
30:08on travaille beaucoup
30:10sur ce sujet
30:10on a vu
30:11en tout cas
30:12que quand les protestations
30:14ont commencé en France
30:15et j'ai dit
30:16tout le monde a le droit
30:17de manifester
30:18de réclamer une vie meilleure
30:19c'est même
30:20c'est même l'essence
30:21de la démocratie
30:22cependant la violence
30:23qui a suivi
30:23c'était pas une violence
30:25acceptable
30:25des centaines de policiers
30:26ont été blessés
30:27et il y a eu
30:27des agressions
30:29contre l'autorité publique
30:30la police représente
30:31la république
30:31qui a vraiment
30:33pu passer facilement
30:35et j'ai été très choquée
30:36par l'attitude
30:36de la France insoumise
30:37parce que pour moi
30:39elle est fille
30:39la France insoumise
30:40désolée
30:40mais c'est la république
30:41soumise
30:42c'est la république
30:42à genoux
30:43c'est la république
30:44où la police
30:44n'est pas respectée
30:45c'est la république
30:46où agresser
30:47l'autorité publique
30:48reste sans conséquence
30:50et où des élus
30:52publics
30:53vont dans des manifestations
30:54pour défendre
30:55cette idée
30:57de violence
30:57et ça je trouve ça
30:58inacceptable
30:59et on parlera aussi
31:00du cas de l'Allemagne
31:02et de l'absence
31:03de professeurs
31:04des questions de professeurs
31:05ce qui est inacceptable
31:06c'est la dénonciation
31:06à géométrie variable
31:07des violences
31:08parce que quand on est
31:09dans les manifestations
31:09on voit très bien
31:10de quel côté la violence
31:11et elle est parfois
31:11et même très souvent
31:12du côté de la police
31:13qui va agaser
31:15massivement les manifestants
31:15alors que le gaz lacrymogène
31:16est interdit
31:17même sur les zones de guerre
31:18vous devez acheter
31:19des lunettes
31:19je ne crois pas
31:20que vous avez bien regardé
31:21vous devez vous acheter
31:22j'étais dans les manifestations
31:23vous inquiétez pas
31:24on sait que LFI
31:25était dans les manifestations
31:25mais vous étiez en France
31:26dans les manifestations
31:26vous avez vu ce qui s'est passé
31:28moi je suis allée à Paris
31:29mais on sait que LFI
31:31a infiltré les manifestations
31:32souvent les scènes des meutes
31:33ont eu lieu après
31:33la fin des cortèges officiels
31:35oui il faut rappeler
31:37qu'en France
31:37les manifestations
31:38c'est plus de 800 000 personnes
31:39pour l'écrasante majorité pacifique
31:41qui revendique
31:42pour le droit
31:43encore une fois
31:43à l'avenir
31:43pour le droit
31:44à une vie digne
31:44contre la vie chère
31:46et donc c'est très malheureux
31:47de voir ce cadrage
31:48médiatique politique
31:48de la part de l'extrême droite
31:49qui va focaliser
31:50sur quelques individus
31:52qui n'ont rien à voir
31:52avec le mouvement
31:53je ne sais pas
31:55qu'est-ce qu'ils ont dit
31:56ils ont dit
31:57ce qu'ils réclamaient
31:58ils n'ont frappé personne
31:59et vous dites qu'aux familles
32:00il y a des enfants
32:01qui ont perdu leur main
32:01c'était clair
32:02et c'était tout à fait clair
32:03que dites-vous
32:03aux familles victimes
32:04qui ont perdu leur main
32:05ou leur oeil
32:05je vous demande
32:06de ne pas détruire la France
32:07alors j'aimerais bien
32:09qu'elles me répondent
32:09est-ce que vous condamnez
32:10les policiers
32:11qui ont arraché des mains
32:12qui ont arraché des yeux
32:13à des enfants en France
32:14vous me dites que des policiers
32:15ont arraché des mains
32:16et des yeux
32:16je vous répète
32:18que vous devez
32:19vous et les filles
32:19acheter des lunettes
32:26sur cette Allemagne
32:27parce que l'Allemagne
32:27c'est toujours le phare
32:28en Europe un petit peu
32:29un mouvement générationnel
32:31qu'on a vu apparaître
32:32c'est la Gen Z
32:33qui est descendue dans la rue
32:35le pays
32:36à la plus grande pénurie
32:37d'enseignants
32:38au niveau européen
32:39ça paraît invraisemblable
32:40pour l'Allemagne
32:41j'aimerais que vous me répondiez
32:42sur finalement
32:43est-ce que
32:45c'est la question
32:46de dépenser beaucoup
32:47mais aussi mieux
32:49pour avoir des jeunes
32:50mieux formés
32:51plus en adéquation
32:52avec le marché du travail
32:53on termine là-dessus
32:54peut-être
32:55ah oui
32:56le problème
32:57en Italie aussi
32:58il y a la pénurie
32:59d'enseignants
33:00et j'ai vu qu'en France
33:01il y a déjà
33:0110% d'heures perdues
33:04qui ont été perdues
33:05dans les cours
33:05et le problème
33:06c'est qu'ils sont vraiment
33:08très très peu payés
33:09et donc
33:10on ne peut pas prétendre
33:11que les enseignants
33:12sont là
33:14qu'ils vont
33:15dans les écoles
33:16qu'ils se mouvent
33:17d'une région
33:18à l'autre
33:18mais il faut les payer
33:19plus
33:20et donc il faut donner
33:21une valeur sociale
33:23plus haute
33:24aux enseignants
33:25je crois que ça
33:26c'est aussi
33:26une partie du problème
33:27ce qu'on connaît en France
33:28ce sont des coupes budgétaires
33:29successives
33:30qui touchent
33:31les services publics
33:31qui touchent notamment
33:32l'éducation
33:33avec de moins en moins
33:33d'argent investi
33:35par élèves
33:36or on le sait
33:36les jeunes
33:36c'est l'avenir du pays
33:37donc si on n'investit pas
33:38dans sa jeunesse
33:39on n'investit pas
33:39dans l'avenir du pays
33:40et donc les revendications
33:41des jeunes sont très claires
33:42avec l'augmentation
33:43du nombre de professeurs
33:44avec l'augmentation
33:45du nombre de places
33:45à l'université
33:46avec l'augmentation
33:46des moyens
33:47de manière générale
33:48pour ne pas être
33:54normalement
33:55dans un état
33:56qui est républicain
33:57et qui mise sur sa jeunesse
33:58et donc c'est effectivement
33:59extrêmement important
34:00que les jeunes se mobilisent
34:00et il nous donne aujourd'hui
34:01une grande leçon de politique
34:02sur ce qu'il faut faire
34:03aujourd'hui et demain
34:04pour le pays
34:06merci en tout cas
34:06à toutes les trois
34:07parce que c'était
34:08spécial spécial femme aussi
34:10aujourd'hui
34:11merci à toutes les trois
34:11d'avoir très bien
34:12illustré ce débat
34:13merci à vous
34:14de l'avoir suivi
34:15et bonne suite
34:15au programme sur nos chaînes