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  • il y a 9 minutes
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:00Et on va revenir aux priorités des Français, c'est évidemment la situation sur le terrain,
00:06puisque c'est un nouveau week-end de manifestation et de mobilisation,
00:1070 000 forces de l'ordre sont présentes ce samedi,
00:13je voudrais remercier les forces de l'ordre qui jeudi étaient aussi 70 000,
00:17qui samedi dernier étaient 70 000, qui il y a deux semaines étaient 70 000,
00:21il y a trois semaines également 70 000 forces de l'ordre,
00:24parce qu'il y a la jurisprudence maintenant émeute, jurisprudence 17 octobre,
00:28on est obligé de mettre le pays sous cloche pour éviter d'avoir les mêmes scènes d'émeute,
00:35de pillage, de saccage que le samedi 17 octobre dernier.
00:40Les policiers et les gendarmes sont épuisés,
00:43je vous propose d'écouter le sujet et le reportage passionnant à Toulouse de Charles Lullier.
00:47Ce policier, ses 30 ans d'expérience, fait partie de ces hommes grâce à qui le pays tient encore,
00:52mais depuis trois week-ends, il vit l'enfer.
00:54C'était le 17, on était à Troyes, on s'est retrouvés encerclés,
00:57donc là on reçoit des coups entre les projectiles, ils nous insultent sans arrêt,
01:01assassins, racistes, accabes, tous les policiers sont des bâtards,
01:05si on le traduit en anglais au français, mais le moral là il en prend un coup quoi.
01:08Mais la police doit intervenir avec empathie, ce sont les mots d'Emmanuel Macron.
01:12Ils veulent nous tuer, ils viennent avec des mortiers, on ne peut pas intervenir avec empathie.
01:17Et qui dit contexte hors normes, dit aussi vie privée impactée.
01:20Ce week-end j'ai été rappelé pour samedi alors je ne devais pas travailler,
01:23ma compagne le prend mal, puis surtout elle s'inquiète, on ne sait pas à quelle heure on va rentrer,
01:27et dans quel état on va rentrer, et moi j'ai envisagé quitter la police.
01:30Ce qui me retient c'est que j'ai envie de servir mon pays, surtout en ce moment.
01:32Une usure générale qui va tôt ou tard poser un vrai problème de sécurité nationale,
01:37averti Christophe Amens du syndicat Unité Hauts-de-Garonne.
01:40On ne va pas se mentir, on est parti pour quelques mois je pense,
01:43on ne pourra pas tenir, il y a un vrai danger.
01:44Surtout qu'en plus d'une éventuelle manifestation ce samedi,
01:48il y a un autre événement à risque dans la région,
01:51l'inauguration aujourd'hui de la très décriée autoroute à 69.
01:55Toulouse, Charles Lullier, Europe.
01:58Les policiers entre fatigue et frustration.
02:0270 000 policiers et gendarmes, Sébastien Ligny et Alexandre Devecchio,
02:05on leur dit quoi aux policiers aujourd'hui ?
02:06Qu'est-ce qu'on peut faire pour rétablir l'ordre ?
02:09Au-delà, tout le monde a fait le constat,
02:11et il y a une indignation à géométrie variable,
02:14mais ça aussi on l'a dit,
02:16on voit bien que la gauche a d'autres combats,
02:19d'une partie du moins de la gauche,
02:20mais qu'est-ce qu'on doit faire,
02:22qu'est-ce qu'on peut faire pour rétablir l'ordre ?
02:24Le problème c'est qu'il y a un débat à long terme,
02:26et il y a un débat à court terme,
02:29si vous voulez.
02:30Donc à long terme, il y a beaucoup de choses à faire,
02:34renforcer les moyens de la police,
02:35faire une réforme radicale de la justice,
02:38faire une réforme constitutionnelle,
02:41effectivement pour faire évoluer l'état de droit,
02:43à court terme c'est plus compliqué,
02:45on est obligé de parer à l'urgence,
02:47c'est ce qu'on fait,
02:48peut-être qu'il aurait été quand même préférable,
02:51justement, de mettre en place l'état d'urgence,
02:53qui aurait permis de suspendre un peu l'état de droit,
02:56et d'éviter qu'il y ait des manifs en centre-ville,
03:01comme ce week-end.
03:02Donc le problème c'est qu'il y a eu un manque de courage politique,
03:05de la part d'Emmanuel Macron notamment,
03:09qui ne veut pas mettre en place cet état d'urgence,
03:13et du coup on est condamné là à revivre,
03:16samedi après samedi, un jour sans fin.
03:18Le problème c'est que ça ne peut pas durer éternellement,
03:20parce que 70 000 policiers dans les rues chaque samedi,
03:23ça veut dire qu'ils ne sont pas ailleurs que de s'occuper des manifs,
03:26et qu'on va avoir une explosion de la criminalité ailleurs.
03:29La même chose d'ailleurs pour la justice,
03:31pendant que les cours de justice sont encombrés avec les casseurs,
03:35on ne s'occupe pas du reste,
03:37et puis les policiers sont fatigués,
03:40donc on est dans une forme d'impasse et de prise d'otage du pays.

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