- il y a 4 ans
Avec Samuel Comblez, psychologue, psychothérapeute spécialiste de l’enfance et de l’adolescence. Directeur des opérations de l’association E-enfance, auteur de « La sexualité de vos ados, en parler, ce n’est pas si compliqué ?» - Éditions Solar.
+ Application sur le 3018 - Aide aux victimes des violences numériques.
Retrouvez Brigitte Lahaie du lundi au vendredi à partir de 14h sur Sud Radio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
-
________________________________________
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
________________________________________
Nous suivre sur les réseaux sociaux
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos de Brigitte Lahaie : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDTwSwAdULSG7Mr2gvFiyJvq
##BRIGITTE_LAHAIE-2023-03-13##
+ Application sur le 3018 - Aide aux victimes des violences numériques.
Retrouvez Brigitte Lahaie du lundi au vendredi à partir de 14h sur Sud Radio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
-
________________________________________
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
________________________________________
Nous suivre sur les réseaux sociaux
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos de Brigitte Lahaie : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDTwSwAdULSG7Mr2gvFiyJvq
##BRIGITTE_LAHAIE-2023-03-13##
Catégorie
🛠️
Style de vieTranscription
00:00:00 Cam4.fr, le plus grand site de webcam live réservé aux adultes.
00:00:06 14h-16h, Brigitte Lae, Sud Radio.
00:00:10 Bonjour à tous, nous sommes ensemble durant ces deux heures sur Sud Radio.
00:00:14 Alors je ne vous apprendrai rien si je vous dis que de plus en plus de gens posent sur les réseaux sociaux des photos,
00:00:19 et parfois même des photos assez dénudées.
00:00:22 Et c'est ce que nous allons évoquer avec Samuel Comblez,
00:00:25 et notamment une question qui mérite d'être posée, jusqu'où le droit à l'image d'un enfant appartient à ses parents ?
00:00:33 Alors je me souviens avoir milité il y a déjà quelques années contre les Miss, les mini-Miss,
00:00:39 vous vous souvenez, vous savez ces parents qui instrumentalisaient leur petite fille pour en faire une reine de beauté.
00:00:44 La loi est passée, et tant mieux, parce que c'est vrai que ça devenait un petit peu "too much" comme on dit.
00:00:51 Samuel Comblez voudrait aborder cette nouvelle loi qui souligne la responsabilité des parents qui ne disposent pas d'un droit absolu,
00:01:00 et il va nous expliquer exactement de quoi il en parle dans un instant.
00:01:04 Et puis donc, les enfants ne pourront plus être exposés n'importe comment et à n'importe quel âge avec leurs photos sur les réseaux sociaux.
00:01:12 Alors bien sûr, on pourra également évoquer les dérives de nombreux ados,
00:01:15 qui pour se faire remarquer aujourd'hui n'hésitent pas à faire circuler des photos de plus en plus dénudées,
00:01:20 qui ensuite vont rester sur la toile parfois pendant des années.
00:01:25 L'image, ça devient de plus en plus la norme, est-ce qu'il ne faudrait pas pour autant quand même respecter une certaine intimité,
00:01:31 être un petit peu plus responsable justement de ce qu'on diffuse sur les réseaux sociaux ?
00:01:35 Je vous propose de témoigner, de réagir sur ce sujet, venez nous dire ce que vous en pensez.
00:01:40 Et pour ça bien sûr, vous nous appelez au 0 826 300 300.
00:01:44 Bonjour Samuel Comblez.
00:01:45 Bonjour Brigitte.
00:01:46 Merci d'être avec nous, vous êtes psychologue, vous êtes spécialiste de l'enfance et de l'adolescence,
00:01:52 et notamment directeur des opérations de l'association E-Enfance, avec un E bien sûr.
00:01:57 Et donc vous allez nous en expliquer un petit peu plus sur cette loi qui a déjà été, qui a déjà passé à l'Assemblée Nationale.
00:02:05 Qui a été adoptée à une large majorité à l'Assemblée Nationale, qui va passer très prochainement au Sénat.
00:02:09 Et peut-être en guise d'introduction, rappelez que chaque jour, il y a plus de 300 millions de photos qui sont échangées sur les réseaux sociaux,
00:02:15 tous les jours, 300 millions c'est énorme.
00:02:17 Dans le monde.
00:02:18 Dans le monde, oui exactement.
00:02:19 Et parmi celles-ci, évidemment, beaucoup de photographies d'enfants, avec malheureusement des dérives,
00:02:25 et notamment l'appropriation de ces photos par des gens malveillants, et pour dire les choses telles qu'elles sont, par des pédophiles.
00:02:31 Ça peut être ça, une des mauvaises utilisations.
00:02:33 Et au-delà de cette mauvaise utilisation, ça peut être aussi, je dirais, la possibilité pour les enfants de ne pas contrôler dans l'après-coup,
00:02:41 leur image, puisque leur photo, une fois qu'elles sont sur internet, elle leur échappe, leur nom est associé à ces photos,
00:02:47 et elles peuvent ressortir à tout moment, et parfois les parents ne se rendent pas compte, justement, de l'impact de ces photos,
00:02:53 pour ce qu'on appelle la "irréputation", donc la réputation en ligne des enfants.
00:02:57 On considère aujourd'hui aussi, en termes de chiffres, que 1300 photos sont publiées en ligne avant l'âge de 13 ans.
00:03:04 Donc chaque enfant aurait 1300 photos diffusées sur lui avant 13 ans.
00:03:09 - C'est incroyable ce que vous racontez, c'est énorme. - C'est énorme, exactement.
00:03:12 Ça fait partie des chiffres d'ailleurs qui ont initié justement cette fois dont on va parler.
00:03:16 - Ça fait 130 photos par an ? - Exactement, exactement.
00:03:18 C'est une étude britannique qui l'a révélée, alors après on peut discuter des chiffres, mais en tout cas c'est énorme.
00:03:24 - Donc ça fait 13 photos par mois, c'est invraisemblable. - Et quand elles sont cumulées, effectivement, ça fait beaucoup.
00:03:27 On a même, pour anecdote, parfois, on raconte que des photos même avant que l'enfant soit né, sont déjà diffusées sur internet, des échographies, etc.
00:03:38 Donc on voit l'intrusion de l'image justement sur internet et l'impact que ça peut avoir dans la vie de l'enfant.
00:03:45 Quand on était plus jeunes, nous on nous apprenait que notre corps nous appartenait.
00:03:50 Je pense qu'aujourd'hui il faut expliquer aux enfants que leur image leur appartient et l'expliquer aussi aux parents
00:03:54 parce que dans un premier temps, évidemment, ce sont les parents qui vont diffuser ces photos et encore une fois, il faut en garder une certaine maîtrise.
00:04:02 - Alors vous l'avez dit, le député Bruno Studer, qui est très dynamique sur ces questions de protection d'enfants sur internet,
00:04:10 a proposé une loi qui a été vraiment adoptée à une large majorité.
00:04:14 Et cette loi, elle propose d'introduire dans la définition de l'autorité parentale la notion de vie privée.
00:04:20 C'est vrai que ça peut paraître étonnant, mais c'est très peu abordé dans la loi, justement, cette notion de vie privée.
00:04:28 Et l'idée c'est de souligner auprès des parents l'importance de protéger leurs enfants, notamment au travers de diffusion de photos et de vidéos,
00:04:36 et de considérer que c'est tout aussi important de protéger leur image que de veiller à leur sécurité physique, à leur sécurité morale, etc.
00:04:46 Ce que dit la loi aussi, c'est que le droit à l'image de l'enfant doit être exercé par ses deux parents.
00:04:52 Parce que ces dernières années, sur le numéro 3018, dont on en parlera un petit peu plus tard,
00:04:58 on est amené à recevoir des victimes de violences numériques, et on entend souvent des parents nous dire "on est séparés,
00:05:04 mon mari ou mon ex-mari diffuse des photos de mes enfants sur les réseaux sociaux, moi je ne suis pas tout à fait d'accord,
00:05:11 le problème c'est qu'on ne se parle pas forcément, on est en froid, on est en conflit, et donc on n'arrive pas à arbitrer.
00:05:19 Le problème c'est que je vois bien que ça crée évidemment un désagrément pour mes enfants."
00:05:23 Aujourd'hui, la loi va pouvoir intervenir, et un juge pourrait éventuellement aussi prendre position
00:05:31 si effectivement l'un des deux parents peut montrer que la diffusion de ses photos porte un préjudice à l'enfant.
00:05:37 Tout ça c'est nouveau. Cette loi est aussi intéressante parce que souvent on fait des lois pour interdire, pour contraindre, etc.
00:05:43 Cette loi se veut vraiment pédagogique, elle veut transmettre un message.
00:05:47 On ne va pas dire aux parents "vous n'avez pas le droit de diffuser des photos de vos enfants,
00:05:51 parce que c'est la liberté de chacun, évidemment". Cette loi sert à interpeller les parents et à dire surtout "faites attention".
00:05:59 Bien sûr diffusez des photos de vos enfants si vous en avez envie, mais faites-le dans un cadre qui soit protégé,
00:06:04 peut-être pas forcément en public, sur les réseaux sociaux ou vers à n'importe qui.
00:06:08 Je le dis souvent à votre antenne, 5 milliards de personnes se connectent tous les jours sur Internet,
00:06:12 ça fait autant de mauvais utilisateurs potentiels. L'idée c'est vraiment de se dire qu'aujourd'hui,
00:06:19 l'Internet s'est introduit dans nos vies quotidiennes et qu'il faut aussi penser à la façon dont les enfants sont mis en scène.
00:06:26 La première des mises en scène est faite par les parents. L'idée c'est de prendre un petit peu de recul,
00:06:32 de veiller à qui on envoie ses photos et de se dire que l'enfant, une fois qu'il aura 18 ans,
00:06:36 il va récupérer cette responsabilité qui est déléguée aux parents jusqu'avant sa majorité.
00:06:42 Mais une fois qu'il devient majeur, il faut qu'on lui confie une espèce d'héritage de cette représentation
00:06:47 au travers de ses photos, dont il soit fier et qui soit digne pour lui.
00:06:51 Plus précisément, Samuel Comblès, quels sont les excès ?
00:06:56 On imagine bien que si certains pédophiles profitent des photos un peu dénudées pour en faire par exemple la pub
00:07:04 pour un circuit de pédophilie, c'est terrible. Je pense qu'il y a peut-être aussi les photos ou les situations un peu cocasses,
00:07:12 l'enfant qui tombe, etc. et qui peut à ce moment-là être ridicule et poser problème à l'enfant avec ses caméras,
00:07:21 d'où plus tard. C'est de ça dont il s'agit.
00:07:24 Exactement, c'est pour ça que je parlais de dignité. C'est vrai que de poster des photos d'enfants,
00:07:29 il y avait un moment, un challenge, je ne sais pas si vous vous souvenez, où l'idée c'était de lancer sur le visage d'un nourrisson
00:07:34 des morceaux de fromage qu'on met dans les hamburgers et qu'ils font très facilement.
00:07:40 Ça n'amuse que les adultes, évidemment, l'enfant n'est pas du tout amusé de ça.
00:07:44 C'est humiliant.
00:07:45 C'était très humiliant, effectivement.
00:07:46 C'est totalement ridicule.
00:07:47 Ça fait partie des challenges un peu idiots contre lesquels il faut évidemment lutter pour pouvoir faire en sorte
00:07:53 qu'un enfant puisse encore une fois arriver dans sa vie numérique sans avoir honte des images qui ont été postées par ses parents.
00:08:03 C'est aussi, je trouve, de réfléchir à tout cela, un modèle que l'on doit transmettre aussi à nos enfants
00:08:10 parce qu'à un moment ils vont s'approprier les réseaux sociaux quand ils vont grandir.
00:08:13 À partir de 13 ans, un enfant peut s'inscrire sur un réseau social avec l'accord de ses parents
00:08:17 et à partir de 15 ans, de manière totalement autonome.
00:08:19 L'idée c'est aussi de lui dire, et ce avant 13 ans, que son image, il faut qu'il en fasse une bonne utilisation,
00:08:27 qu'il soit prudent sur la manion dont lui-même va se mettre en scène.
00:08:31 Et donc je dirais que d'avoir déjà en tant que parent les bons réflexes, la bonne façon de diffuser ses photos,
00:08:38 c'est aussi transmettre un message éducatif important pour les enfants.
00:08:42 Moi j'ai toujours tendance à dire qu'on n'élève pas un enfant en lui parlant, on élève un enfant en lui montrant.
00:08:47 Ce qu'on appelle l'apprentissage vicarian.
00:08:49 Donc si vous êtes vous-même, je dirais, des porteurs d'une vie privée respectueuse de vos enfants,
00:08:55 les enfants vont, je dirais, de manière assez naturelle et douce, continuer à se protéger.
00:09:01 Parce que vous-même, vous leur aurez appris ça dès le plus jeune âge.
00:09:04 Mais le problème, je vais être un petit peu choquante exprès, mais pour qu'on comprenne bien,
00:09:08 c'est qu'il y a quand même beaucoup de parents aujourd'hui pour qui l'enfant est un peu un trophée
00:09:12 et que donc, évidemment, comme c'est formidable, c'est narcissiquement extraordinaire d'avoir cet enfant,
00:09:18 on le montre à tout le monde.
00:09:20 Et là, c'est un vrai phénomène de société aussi, contre lequel il faut lutter.
00:09:25 Alors, c'est difficile évidemment d'empêcher encore une fois,
00:09:29 c'est pour ça que cette loi, elle ne cherche pas à dire "il ne faut pas".
00:09:32 Elle sert juste surtout à interpeller, parce que c'est un sujet dont on parle très très peu en fait.
00:09:37 - Comment on va la faire connaître cette loi ?
00:09:40 Parce que nous, on en parle très bien, mais pour l'instant, si vous ne m'en aviez pas parlé,
00:09:43 je n'étais pas au courant. - Eh bien justement, c'est pour ça que...
00:09:46 - Merci, en tout cas. - C'est pour ça que l'Association Une Enfance existe.
00:09:49 C'est aussi pour ça, je vais faire une petite parenthèse sur le 30-18,
00:09:52 puisque le numéro de l'Association Une Enfance justement,
00:09:55 sert aux gens comme vous, aux parents, aux professionnels, aux ados,
00:10:00 qui auraient besoin, ou aux enfants même, qui auraient besoin d'en connaître plus sur cette loi.
00:10:04 Sur le 30-18, vous avez des psychologues, des juristes, des spécialistes des réseaux sociaux
00:10:09 qui connaissent justement ces nouvelles lois, parce qu'on parle de celles-ci aujourd'hui,
00:10:13 et il y en a d'autres qui sont en train de faire l'actualité du numérique actuellement.
00:10:18 Et ces écoutants, ils vont pouvoir justement faire un acte de pédagogie, expliquer justement.
00:10:24 Et puis, une fois que la loi est traduite, c'est aussi donner aux parents la capacité de mettre tout ça en acte.
00:10:30 Qu'est-ce que je dois reprendre comme attitude ?
00:10:33 Se responsabiliser par rapport à ça.
00:10:36 Exactement. Et donc, de 9h à 23h, tous les jours de l'année, sans aucun jour d'arrêt,
00:10:41 les écoutants peuvent vous répondre, vous écouter,
00:10:44 et vous aider à prendre votre place en tant que parent dans la vie numérique de vos enfants.
00:10:49 Bon, là, ce ne sera que 2h, mais en tout cas, vous pouvez appeler le 0 826 300 300
00:10:54 pour demander des précisions à Samuel Comblez,
00:10:57 si justement vous avez envie de respecter l'intimité de vos enfants.
00:11:00 On fait une petite pause, et c'est Randall qui nous rejoint dans un instant.
00:11:03 Avec Samuel Comblez, directeur des opérations de l'association e-Enfance.
00:11:13 Et évidemment, on rappelle ce numéro, le 30 18, l'aide aux victimes de violences numériques.
00:11:20 C'est de ce dont on parle aujourd'hui avec vous, bien sûr, et avec Randall. Bonjour, Randall.
00:11:24 - Bonjour Brigitte, bonjour M. Comblez. - Bonjour Randall.
00:11:28 - Alors, vous êtes sexothérapeute, et vous avez envie de réagir par rapport justement
00:11:34 à la sexualisation des réseaux sociaux, c'est bien ça ?
00:11:38 - Oui, tout à fait, parce qu'évidemment, on peut parler aussi de la dérive pédophile,
00:11:44 et c'est clair, ça existe malheureusement, mais il y a aussi,
00:11:47 comme l'a dit très bien M. Comblez, la réputation des jeunes.
00:11:52 Et je parlais de ça parce que j'ai un couple en thérapie qui a abordé ce sujet-là,
00:11:59 entre autres avec d'autres difficultés, mais justement, une adolescente de 13 ans
00:12:03 qu'ils ont surpris il n'y a pas très longtemps en train de se prendre en photo sur TikTok,
00:12:07 pour le compte du petit copain en fait.
00:12:10 - 13 ans, 13 ans. - Ils ont demandé à récupérer le téléphone,
00:12:15 donc ça a créé une dispute, la petite est partie en crise.
00:12:18 - Et donc elle se fait photographier dans... - Elle-même.
00:12:23 - Elle-même, elle se fait photographier, voilà, pratiquement l'idée,
00:12:27 et puis elle l'envoie à son copain.
00:12:29 Donc bon, les parents ont contacté, parce qu'ils connaissent le petit copain, heureusement.
00:12:35 Là, c'est on va dire un cas où les parents connaissent les autres parents,
00:12:40 donc ils ont pu en parler, mais ça a créé vraiment un choc chez les parents,
00:12:46 parce qu'ils se sont dit "c'est pas possible à 13 ans".
00:12:49 Et puis ils se sont rendu compte qu'effectivement,
00:12:52 ils n'ont pas assez parlé de ces échanges de photos,
00:12:56 déjà de prendre des photos, le contrôle du téléphone...
00:13:00 - Et c'est... votre témoignage, Randall, est important,
00:13:04 parce que c'est vraiment ça, je crois, le message essentiel à faire passer,
00:13:09 c'est que les parents ont tendance à croire que leurs enfants sont...
00:13:13 - De se débrouiller tout seuls sur les réseaux sociaux.
00:13:15 - Oui, ils sont trop jeunes pour éventuellement tomber sur des images pornographiques,
00:13:19 ou avoir envie de se photographier nu, quoi.
00:13:22 - Alors ça commence...
00:13:23 - Tout à fait, alors après, la jeune fille disait que c'était une demande du copain,
00:13:29 donc il y a aussi quand même cette éducation à faire aussi auprès des ados,
00:13:36 sur ce transfert de photos, bon après il y a aussi les plateformes,
00:13:40 et effectivement cette loi demandant l'autorisation des deux parents
00:13:46 pour utiliser un téléphone et tout, bon c'est bien,
00:13:49 il faut bien qu'il y ait quelque chose qui commence au niveau des lois,
00:13:52 mais ça va au-delà de ça, à mon avis, il faut quand même de la prévention,
00:13:55 je découvre votre association, en tout cas ça m'intéresse beaucoup,
00:13:59 pour pouvoir peut-être avoir des brochures à distribuer aux parents,
00:14:02 donc je prendrai contact avec votre association, c'est bien,
00:14:06 ça m'aidera aussi pour pouvoir aborder ce sujet avec eux,
00:14:10 mais ils étaient vraiment catastrophés en fait,
00:14:13 parce que le téléphone elle l'a à peine depuis quelques mois,
00:14:16 et ils imaginaient pas du tout devoir surveiller les activités de leur fille sur le téléphone.
00:14:26 - 13 ans c'est très jeune pour être sur les réseaux sociaux, même si on y a le droit,
00:14:31 mais il faut rappeler que normalement entre 13 et 15 ans,
00:14:33 on peut s'inscrire avec l'autorisation de nos parents,
00:14:35 ça veut dire que normalement le parent est censé savoir que l'enfant est sur le réseau social,
00:14:39 ce qui est déjà un premier point positif,
00:14:41 parce que souvent ils le sont sans que les parents le sachent,
00:14:43 donc c'est difficile d'assurer un contrôle,
00:14:45 et si entre 13 et 15 ans ça doit se faire avec l'autorisation des parents,
00:14:48 c'est tout simplement parce qu'on suppose qu'il y aura une communication entre parents et enfants.
00:14:52 C'est normal que les enfants utilisent toutes les opportunités qu'un téléphone peut leur offrir,
00:14:59 et notamment le fait de se prendre en photo ou en vidéo,
00:15:02 parce qu'aussi à l'adolescence, aujourd'hui, c'est devenu presque quelque chose de banal,
00:15:06 de se prendre en photo, que ce soit habillé ou dénudé,
00:15:09 ça rentre aujourd'hui dans les pratiques amoureuses des jeunes,
00:15:14 que de considérer que si on n'envoie pas des photos dénudées de soi,
00:15:17 c'est qu'on n'est pas vraiment sérieux dans la relation,
00:15:20 et que du coup la relation n'a pas lieu d'être.
00:15:23 Donc c'est vrai que garçons et filles sont parfois contraints par l'eux ou la partenaire d'envoyer ces photos,
00:15:27 en se disant que sinon la relation va s'arrêter,
00:15:30 ce qui peut être terrible pour eux, ils se sentent un peu coincés,
00:15:33 et surtout ils ont l'impression que tout le monde le fait, donc pourquoi pas eux ?
00:15:36 Mais c'est souvent sans se rendre compte que les conséquences peuvent être dramatiques,
00:15:39 parce qu'on parlera certainement dans l'émission de ce qu'on appelle le "revenge porn",
00:15:43 parce que là la situation a été gérée par les parents,
00:15:45 mais imaginons que le jeune couple se sépare,
00:15:48 et bien le jeune garçon peut utiliser les photos pour se venger,
00:15:51 et va aller les diffuser auprès du collège, des parents, des amis, etc.
00:15:56 et là ça devient vraiment problématique.
00:15:58 Donc il y a une vraie pédagogie à faire avec les jeunes,
00:16:01 de leur faire prendre conscience que d'abord leur corps,
00:16:04 je l'ai dit au début de l'émission, leur appartient,
00:16:06 donc ils ont aussi la capacité de dire "non, j'ai pas envie d'envoyer des photos de moi dénudé",
00:16:10 et que si le petit copain insiste, c'est peut-être parce que c'est pas le bon petit copain,
00:16:14 et puis d'avoir aussi conscience que les photos, une fois qu'elles sont sur internet,
00:16:17 elles nous échappent, elles peuvent vivre leur vie comme elles le souhaitent,
00:16:21 elles peuvent ressortir des années après,
00:16:23 et si notre nom est associé à la photo, ça devient vraiment un problème,
00:16:27 c'est une espèce de DP de Damoclès toute notre vie,
00:16:29 parce qu'on sait pas à quel moment ça va ressortir.
00:16:31 Il y a une chose aussi qu'il faut dire aux jeunes,
00:16:33 ça peut paraître très léger comme conseil,
00:16:35 mais vraiment si tous les jeunes suivaient ce conseil-là,
00:16:37 on aurait beaucoup moins de problèmes,
00:16:39 c'est que si vraiment ils veulent s'envoyer des photos de dénudés,
00:16:41 à la limite qu'ils le fassent, de toute façon on sait très bien que si on leur dit de ne pas le faire,
00:16:43 ils le font quand même.
00:16:45 Donc qu'ils le fassent, mais dans ce cas-là qu'ils le fassent bien,
00:16:47 et le faire bien, ça veut dire de faire en sorte qu'ils ne soient pas reconnaissables sur la photo.
00:16:50 Ça veut dire ne pas mettre son visage, ne pas mettre de signes distinctifs.
00:16:54 - Oui, alors là Samuel Comblez, on l'a dit, il y a 20 ans,
00:16:56 pour les adultes qui se faisaient photographier sur des sites,
00:17:00 ils n'ont pas suivi.
00:17:02 - Bah oui, c'est bien le problème.
00:17:04 - Je vois pas comment des ados vont suivre.
00:17:06 - Alors vous voyez, le souci c'est qu'il faut vraiment avoir conscience,
00:17:08 et là aussi je peux en témoigner sur le 30-18,
00:17:10 je peux vous assurer que quand on a 13-14 ans,
00:17:12 qu'on est tout seul, parce qu'on va pas les dire aux parents
00:17:14 qu'on a mis des photos de soi dénudés,
00:17:16 que parfois on est même soumis à la pression
00:17:18 du petit copain,
00:17:20 pour avoir de l'argent, etc.
00:17:22 Il y a des choses parfois très complexes
00:17:24 qui se greffent à la situation.
00:17:26 Et d'imaginer qu'on a des photos de soi
00:17:28 qui sont en train de tourner, qui vont tourner sur les réseaux sociaux,
00:17:30 je peux vous dire que c'est compliqué.
00:17:32 C'est pour ça que je disais en préalable,
00:17:34 à mon conseil, ça peut paraître très léger,
00:17:36 et tout le monde ne suivra pas.
00:17:38 Cependant, il n'y a pas d'autre solution
00:17:40 que d'être prudent,
00:17:42 parce qu'il n'y a pas un bouton magique
00:17:44 qui permet de tout d'un coup faire disparaître
00:17:46 les photos qui auraient été enregistrées sur les téléphones.
00:17:48 - Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, à 12-13 ans,
00:17:50 on ait envie d'envoyer des photos de nus ?
00:17:52 - C'est la demande du petit copain.
00:17:54 - D'accord, Randall, mais...
00:17:56 - Il y a beaucoup d'utilisation de micro.
00:17:58 - Pourquoi les petits copains
00:18:00 ont envie, à 12-13 ans,
00:18:02 d'avoir des photos de nus de leurs copines ?
00:18:04 - D'abord, vous l'avez rappelé, ça fait 20 ans
00:18:06 que les adultes le font.
00:18:08 - Pas tous les adultes, quand même.
00:18:10 - Une bonne partie des adultes peuvent le faire.
00:18:12 Et du coup, donner aussi aux adolescents
00:18:14 l'idée que se montrer nus
00:18:16 est quelque chose de très banal.
00:18:18 Je ne vais pas être trop maladroit
00:18:20 dans mon raccourci, mais je pense aussi
00:18:22 que la pornographie favorise
00:18:24 un rapport au corps qui est
00:18:26 très débridé.
00:18:28 On se montre nus, etc.
00:18:30 Et du coup, les jeunes sont dans un rapport au corps
00:18:32 très déconnexé.
00:18:34 - On en revient à des émissions qu'on a faites depuis longtemps.
00:18:36 Ça veut dire qu'il y a beaucoup de très jeunes
00:18:38 qui regardent de la pornographie.
00:18:40 - 50% des élèves de CM2 ont vu
00:18:42 une image pornographique au cours de leur vie.
00:18:44 Ça, c'est un autre sujet.
00:18:46 - Ça banalise l'annuité.
00:18:48 - Bien sûr. Et puis la pression, Randal l'a dit,
00:18:50 du petit copain. Et puis, encore une fois,
00:18:52 le fait pour les ados de penser que tout le monde
00:18:54 le fait, ben non. Et j'espère que l'émission
00:18:56 en convaincra peut-être quelques-uns que non,
00:18:58 ce n'est pas un passage obligé dans une relation amoureuse,
00:19:00 même débutante, et qu'il y a
00:19:02 plein de moyens de montrer qu'on aime l'autre
00:19:04 sans être obligé de passer par ce risque-là.
00:19:06 - On envoie des petits cœurs.
00:19:08 - Exactement. On peut écrire des poèmes.
00:19:10 - C'est un peu lié.
00:19:12 - Merci Randal. En tout cas, ça confirme
00:19:14 bien que c'est un vrai sujet de société
00:19:16 et qu'il faut absolument en parler dans cette émission.
00:19:18 Merci Randal. On fait une petite
00:19:20 pause. On retrouve notre Sexy News.
00:19:22 Fleur Chéry qui va nous parler d'une grande
00:19:24 enquête sur le géant Pornhub
00:19:26 sur Netflix. Et puis,
00:19:28 vous pouvez nous rejoindre au 0826
00:19:30 300 300. Posez vos questions pour témoigner.
00:19:32 Et on vous attend.
00:19:34 - Brigitte Lahaye, Sud Radio.
00:19:36 C'est l'instant Sexy News.
00:19:38 - Samuel Kombolets, nous retrouvons
00:19:40 notre journaliste Fleur Chéry,
00:19:42 toujours à l'affût des grandes
00:19:44 enquêtes. Et celle-ci
00:19:46 nous intéresse évidemment. - Et oui, surtout sur le
00:19:48 sujet du jour qui est la protection des
00:19:50 mineurs. Ça sort dans deux jours, le 15
00:19:52 mars. Netflix, la grande plateforme
00:19:54 de streaming au logo rouge, sort
00:19:56 une grande enquête intitulée "Pornhub
00:19:58 gros plan sur le géant du sexe".
00:20:00 Pornhub, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un des
00:20:02 sites internet d'hébergement de vidéos
00:20:04 pornographiques en libre-service les plus
00:20:06 consultés au monde. Ce site
00:20:08 vient de fêter ses 15 ans. C'est un
00:20:10 jeune ado. Et comme un jeune ado, il
00:20:12 est de plus en plus en crise.
00:20:14 On se rappelle qu'en 2020 déjà, il a été
00:20:16 contraint de retirer de son catalogue
00:20:18 plusieurs millions de vidéos de
00:20:20 créateurs de contenus qui n'avaient pas fait
00:20:22 l'objet d'une vérification d'identité.
00:20:24 Cette opération de nettoyage
00:20:26 faisait suite à une vaste enquête parue dans le
00:20:28 New York Times. Pornhub avait été
00:20:30 accusé d'héberger des vidéos de sexe
00:20:32 non consentis, de revenge porn,
00:20:34 donc ce dont vous parliez,
00:20:36 voire de vidéos présentant la sexualité
00:20:38 de personnes mineures, donc encore
00:20:40 plus grave. Le documentaire Netflix
00:20:42 compte bien parler de ces différentes affaires,
00:20:44 mais aussi, de façon plus générale,
00:20:46 de tout ce que ce tube a
00:20:48 modifié dans la façon de fabriquer
00:20:50 du porno. Il a permis à des jeunes hommes et à
00:20:52 des jeunes femmes, plus ou moins jeunes d'ailleurs,
00:20:54 de s'émanciper parfois de grosses boîtes de
00:20:56 production qui assuraient une charte éthique
00:20:58 plus ou moins stricte, plus ou moins respectée
00:21:00 pour produire comme ils le souhaitaient
00:21:02 leur propre pornographie, un peu
00:21:04 comme Facebook a permis à tout le monde de devenir
00:21:06 son propre média. Ses créateurs
00:21:08 et créatrices de porno interviennent dans le
00:21:10 documentaire, parlent de leur quotidien, rappellent
00:21:12 la notion de consentement, expliquent
00:21:14 leur façon de filmer, de créer du contenu,
00:21:16 alors ça peut ou non participer à banaliser
00:21:18 d'ailleurs la nudité, ça peut faire l'objet
00:21:20 d'un débat. Le documentaire rappelle aussi
00:21:22 comment cette plateforme a influencé de façon
00:21:24 drastique les pratiques sexuelles
00:21:26 de toute une génération qui
00:21:28 a appris la sexualité sur le net.
00:21:30 Le pornhub s'est devenu un véritable objet de
00:21:32 pop-culture en 15 ans à peine,
00:21:34 mais un objet de pop-culture très controversé.
00:21:36 Au-delà même des Etats-Unis
00:21:38 et du New York Times, en France, on sait que
00:21:40 ça fait deux ans qu'il est dans le viseur de l'Arkom
00:21:42 car il ne respecte pas la loi sur la
00:21:44 protection des mineurs, c'est-à-dire que le simple
00:21:46 disclaimer, la petite affiche qui demande
00:21:48 si on a bien 18 ans est insuffisante
00:21:50 d'un point de vue législatif. Il est
00:21:52 aujourd'hui envisagé de renforcer le dispositif
00:21:54 d'accès à ce site, notamment avec des systèmes
00:21:56 de double identification
00:21:58 et de la carte d'identité. Il est aussi accusé
00:22:00 de "greenwashing", c'est-à-dire de s'investir
00:22:02 dans une cause écolo pour cacher
00:22:04 sa propre pollution. Pornhub a
00:22:06 beaucoup communiqué sur différentes opérations
00:22:08 pour la protection de l'environnement, notamment
00:22:10 sur la prolifération des abeilles ou encore pour
00:22:12 contrer la pollution des plages.
00:22:14 Or, Pornhub pollue beaucoup via
00:22:16 les serveurs et les routeurs. On estime que
00:22:18 le streaming porno est responsable de
00:22:20 plus d'un pour cent des émissions de CO2
00:22:22 dans le monde. Bon, Netflix
00:22:24 n'est pas forcément mieux, donc pas sûr qu'ils en parlent
00:22:26 vraiment. Alors, bad buzz ou good buzz
00:22:28 pour ce gros documentaire
00:22:30 sur Netflix ? Pour le savoir, rendez-vous
00:22:32 le 15 mars pour une plongée dans une
00:22:34 industrie qui a fait de l'exhibition
00:22:36 son faux de commerce et qui pourtant
00:22:38 s'est restée très pudique lorsqu'il s'agit
00:22:40 de ses intérêts personnels.
00:22:42 - Je suppose que vous ne l'avez pas vu encore non plus.
00:22:44 - Non, on voit des extraits, on voit
00:22:46 un petit peu l'angle, c'est pour ça que j'essaye de
00:22:48 le pressentir. Mais
00:22:50 c'est vrai qu'il est un petit peu sur le fil entre
00:22:52 dénoncer différentes affaires
00:22:54 parce qu'il en parle dans les extraits et en même temps
00:22:56 donner la part belle aux créateurs
00:22:58 et créatrices de contenu,
00:23:00 donc avoir un angle aussi relativement positif
00:23:02 sur cette nouvelle forme de pornographie.
00:23:04 Donc j'ai l'impression
00:23:06 qu'il est un peu sur le fil entre les deux.
00:23:08 - Oui, mais comme beaucoup de choses aujourd'hui
00:23:10 d'ailleurs,
00:23:12 avec les nouvelles technologies.
00:23:14 Réagissez évidemment, Samuel. - Non, bien sûr,
00:23:16 tout est dit, effectivement, et notamment de dire
00:23:18 que les réseaux sociaux au sens large,
00:23:20 on parle de porno, mais tous les réseaux sociaux globalement
00:23:22 aujourd'hui ne respectent pas la loi,
00:23:24 ce qui est une catastrophe
00:23:26 pour nos jeunes parce que quand on est
00:23:28 trop facilement face
00:23:30 à des images pornographiques, sans aucun
00:23:32 moyen de pouvoir en parler à un adulte,
00:23:34 sans aucune prévention, c'est extrêmement
00:23:36 violent. - Alors,
00:23:38 je pense, pour modérer, Facebook,
00:23:40 Instagram, TikTok,
00:23:42 Snapchat, ça reste à confirmer, mais respectent
00:23:44 strictement la loi. Il n'y a que Twitter qui
00:23:46 aujourd'hui... - Alors moi je parle des sites pornographiques.
00:23:48 - Ah, parce que vous avez dit réseaux sociaux. - Ah pardon, excusez-moi.
00:23:50 - Ah oui, vous avez raison. - Pardonnez-moi.
00:23:52 Alors, loin de moi l'idée de dire qu'ils ne respectent pas la loi.
00:23:54 Excusez-moi, je dis bien, les sites
00:23:56 pornographiques ne respectent pas la loi, donc
00:23:58 il y a plein d'autres... - Non, Dorcel respecte
00:24:00 la loi depuis longtemps, c'est pour ça qu'ils sont
00:24:02 très investis auprès du Sénat pour faire appliquer
00:24:04 la loi. Dorcel, quand vous allez sur son
00:24:06 site internet, vous ne pouvez pas voir
00:24:08 ce qu'on appelle des images hard,
00:24:10 c'est-à-dire des pénis ou des sexes de femmes en érection,
00:24:12 vous voyez des torses de femmes dénudées,
00:24:14 c'est tout, et ça, ça reste dans la loi.
00:24:16 Si vous voulez avoir accès à un extrait
00:24:18 hard ou à une photo hard, vous devez
00:24:20 payer. C'est le seul, aujourd'hui, Union
00:24:22 aussi, nous, on respecte la loi, on est une plateforme
00:24:24 de VOD. Jacqui et Michel s'est mis au
00:24:26 diapason aussi il y a quelques temps.
00:24:28 Donc aujourd'hui, il y a quand même pas mal
00:24:30 de plateformes qui respectent la loi.
00:24:32 Mais ce n'est pas le cas de Pornhub
00:24:34 et d'autres plateformes qui sont...
00:24:36 qui ne sont pas françaises en réalité.
00:24:38 - Et qui du coup, donnent l'accès facile
00:24:40 aux images, effectivement, des jeunes.
00:24:42 Donc la loi a changé, effectivement,
00:24:44 il faut maintenant un système
00:24:46 beaucoup plus contraignant
00:24:48 pour les sites pornographiques, pour justement
00:24:50 faire en sorte que les enfants n'y arrivent pas trop facilement.
00:24:52 Et une dernière chose sur Pornhub...
00:24:54 - Oui, mais avec des sites qui sont de toute façon
00:24:56 hébergés on ne sait où...
00:24:58 - En fait, le risque, c'est ça...
00:25:00 - Est-ce que c'est vraiment possible
00:25:02 d'arriver à ce que... on ait une loi...
00:25:04 - C'est que Pornhub, finalement,
00:25:06 créé énormément d'audience,
00:25:08 mais finalement, est relativement éthique
00:25:10 par rapport à ce qui existait il y a 10-15 ans.
00:25:12 C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il a fait son grand nettoyage,
00:25:14 il redore la façade,
00:25:16 il accompagne énormément les créateurs
00:25:18 et créatrices de contenus.
00:25:20 Le risque qu'on prend en mettant
00:25:22 ce système d'identification,
00:25:24 c'est que Pornhub,
00:25:26 qui on oblige à être éthique,
00:25:28 n'arrive pas à avoir son audience suffisante, et qu'il y ait
00:25:30 plein d'autres petits sites bizarres
00:25:32 qui se montent à droite, à gauche, et alors eux,
00:25:34 vont pas du tout être éthiques, vont diffuser tout et n'importe quoi,
00:25:36 et vont récupérer l'audience
00:25:38 que Pornhub n'a pas. Donc c'est un petit peu ça le risque,
00:25:40 j'ai l'impression, aujourd'hui,
00:25:42 législatif.
00:25:44 - C'est sûr, et puis beaucoup de jeunes vont sur le Dark Web,
00:25:46 où il y a des règles encore très différentes
00:25:48 que sur le
00:25:50 Internet officiel, j'ai envie de dire.
00:25:52 - Oui, ça montre donc bien,
00:25:54 Samuel Combles, que votre combat,
00:25:56 votre association e-enfance
00:25:58 et le 30-18 sont indispensables,
00:26:00 parce que finalement, qu'est-ce qu'il faut faire
00:26:02 en amont de la pédagogie,
00:26:04 de l'information, aider
00:26:06 chaque famille à mieux
00:26:08 comprendre et responsabiliser
00:26:10 très jeunes ?
00:26:12 - Oui, dès le primaire, je pense qu'il faut en parler
00:26:14 dès le primaire. Et s'agissant de Pornhub,
00:26:16 on est, nous, partenaires de Pornhub,
00:26:18 puisqu'on est signaleurs de confiance
00:26:20 auprès d'eux. Ça veut dire que si
00:26:22 un amateur prend
00:26:24 des photos ou des vidéos de
00:26:26 quelqu'un qui n'a pas consenti, et met
00:26:28 ces photos ou ces vidéos sur Pornhub,
00:26:30 et bien nous, on a la capacité de pouvoir les faire retirer
00:26:32 en interpellant Pornhub, justement
00:26:34 en disant "Attention, cette photo n'a pas été
00:26:36 mise sur le site de manière consentie",
00:26:38 et on peut le prouver,
00:26:40 c'est un travail qu'on fait avec nos écoutants sur le 30-18,
00:26:42 et on peut faire retirer les contenus,
00:26:44 et on est partenaire de Pornhub
00:26:46 et de d'autres sites qui sont gérés
00:26:48 par la maison mère qui s'appelle MindGeek,
00:26:50 et donc cette capacité
00:26:52 de réaction est importante,
00:26:54 parce que parfois on se retrouve, il y a des créateurs, effectivement,
00:26:56 qui font les choses très bien, et ça leur apportient,
00:26:58 il n'y a aucun souci, mais il y a aussi, malheureusement,
00:27:00 des vidéos qui sont diffusées sans le consentement,
00:27:02 et ça, c'est terrible. - Oui, finalement,
00:27:04 Fleur Chéry, c'est presque un petit peu positif,
00:27:06 votre chronique, aujourd'hui,
00:27:08 c'est-à-dire qu'on se rend compte que
00:27:10 certains sites pornographiques
00:27:12 prennent conscience qu'il faut quand même être
00:27:14 dans une éthique pour continuer
00:27:16 à exister proprement. - Ils sont obligés de prendre
00:27:18 conscience, oui, c'est un peu le terme.
00:27:20 Ce qui est joli, c'est qu'on voit qu'on ne peut exercer
00:27:22 une pression sur ces sites-là
00:27:24 pour que ça se passe bien.
00:27:26 Alors, tout n'est pas rose, mais il y a cette pression qui existe,
00:27:28 mais en même temps, ça ne règle pas le problème
00:27:30 du libre accès à la
00:27:32 pornographie, qui est un peu la condition sine qua non
00:27:34 qu'ils mettent sur la table, c'est-à-dire, ok, on va être éthique,
00:27:36 on va être parfait, on va accompagner
00:27:38 les gens, on va s'investir dans l'écologie, etc. En revanche,
00:27:40 on veut que tout le monde puisse avoir accès à notre
00:27:42 plateforme, et le jour où on leur enlève ça, je ne sais
00:27:44 pas trop comment ça peut changer.
00:27:46 - Oui, mais on sait très bien que trop de
00:27:48 censure a un effet
00:27:50 pervers, donc
00:27:52 attention. - Et puis, la pornographie
00:27:54 pour les adultes, aucun problème, là, on est en train de
00:27:56 parler de la pornographie pour les plus jeunes,
00:27:58 à partir de 18 ans seulement, on devrait pouvoir
00:28:00 y avoir accès, mais après, chacun est libre
00:28:02 de faire ce qu'il veut, l'idée c'est de
00:28:04 protéger les mineurs qui ne sont pas
00:28:06 psychiquement prêts à pouvoir accueillir
00:28:08 ces images, et qui n'en font pas grand-chose, à part
00:28:10 les reproduire, c'est ça qui est un peu tanné.
00:28:12 - C'est un abus, et c'est
00:28:14 un traumatisme pour beaucoup de mineurs,
00:28:16 peut-être pas à 15 ans, mais en tout cas
00:28:18 à 12 ans, évidemment.
00:28:20 Merci beaucoup, Fleur Chéry,
00:28:22 vous êtes toujours à la pointe des informations,
00:28:24 et c'est formidable. Merci beaucoup, je rappelle
00:28:26 évidemment qu'on peut aussi travailler
00:28:28 pour Union, et puis
00:28:30 vous êtes aussi associée
00:28:32 avec Arthur Vernon pour beaucoup de choses
00:28:34 qui permettent justement de
00:28:36 favoriser la sexualité des adultes.
00:28:38 On retrouve Nathalie maintenant
00:28:40 pour les questions intimes. Bonjour Nathalie.
00:28:42 - Bonjour Brigitte,
00:28:44 bonjour à Camille. - Bonjour Nathalie.
00:28:46 - Alors, vous êtes adulte, donc majeure, et vaccinée,
00:28:48 est-ce que vous avez déjà
00:28:50 diffusé des photos de vous nues
00:28:52 sur un réseau social ?
00:28:54 - Non, non,
00:28:56 pas du tout. - Et ça, ça vous tourne pas ?
00:28:58 - Non, je suis
00:29:00 assez réactive au réseau
00:29:02 social en fait. - Ah oui, d'accord.
00:29:04 - Je ne pratique pas énormément. - Mais est-ce que
00:29:06 vous avez déjà été photographiée nue
00:29:08 pour votre usage personnel ? - Oui.
00:29:10 - Oui, quand même. - Oui, quand même.
00:29:12 - Mais vous gardez précieusement ces photos.
00:29:14 - Oui, sous cloche.
00:29:16 - Sous cloche.
00:29:18 Et vous avez des enfants ?
00:29:20 - Oui, j'ai des enfants,
00:29:22 mais qui ont plus de 25 ans.
00:29:24 - Donc, vous êtes débarrassée de ces
00:29:26 problèmes-là.
00:29:28 - Je suis un peu sortie d'affaires.
00:29:30 - Voilà, on va dire ça. Mais oui,
00:29:32 25 ans, ça va, parce qu'il y a
00:29:34 10 ans,
00:29:36 on n'en était pas...
00:29:38 ça commençait, mais on était encore à peu près tranquille.
00:29:40 - C'est vrai que j'ai été
00:29:42 épargnée de ce point de vue-là.
00:29:44 - Deuxième question, est-ce que
00:29:46 on en a parlé la semaine dernière,
00:29:48 est-ce que vous êtes une pro ou une contre
00:29:50 le 69 ?
00:29:52 - Une pro. - Ah, ça fait plaisir de
00:29:54 vous voir de temps en temps, parce que c'était plutôt contre
00:29:56 durant l'émission. Et dernière question,
00:29:58 est-ce que vous avez déjà eu une
00:30:00 envie d'avoir une relation avec une femme ?
00:30:02 - Oui, ça m'est
00:30:04 arrivé, oui. - Bon, bah, alors,
00:30:06 j'ai plus de questions à vous poser, Nathalie.
00:30:08 - Quand j'étais plus jeune, en fait.
00:30:10 - Quand vous étiez plus jeune ? Adolescente ?
00:30:12 Au moment... enfin, au début ? - Oui, oui.
00:30:14 - D'accord.
00:30:16 Et bien, vous pouvez poser une question à Samuel
00:30:18 Comblasif, il vous écoute.
00:30:20 - Alors, je vais poser une question qui concerne
00:30:22 le sujet d'aujourd'hui.
00:30:24 Quel serait pour vous le
00:30:26 meilleur moyen ou le meilleur média
00:30:28 pour atteindre les adolescents,
00:30:30 pour faire une campagne
00:30:32 d'information, d'alerte
00:30:34 sur les dangers d'Internet ?
00:30:36 Les problématiques dont vous avez parlé.
00:30:38 - Oui, alors, je pense que les jeunes
00:30:40 aujourd'hui sont sensibles
00:30:42 aux messages qui sont portés par ce qu'on appelle
00:30:44 parfois des figures d'autorité, des gens qui ont
00:30:46 de l'influence, et
00:30:48 notamment ce qu'on appelle les influenceurs,
00:30:50 les youtubeurs, ces jeunes,
00:30:52 vous savez, qui font des vidéos
00:30:54 à visée humoristique,
00:30:56 ou pour leur expliquer
00:30:58 comment bien s'habiller,
00:31:00 comment bien se maquiller, etc.
00:31:02 Je pense que c'est des représentants,
00:31:04 je dirais,
00:31:06 d'un savoir ou d'une
00:31:08 certaine connaissance
00:31:10 que les jeunes peuvent écouter,
00:31:12 et qu'il serait intéressant, peut-être,
00:31:14 d'utiliser
00:31:16 pour pouvoir transmettre
00:31:18 ces campagnes. Alors, ça se fait déjà,
00:31:20 il y a un certain nombre
00:31:22 d'autorités,
00:31:24 je pense notamment à la CNIL,
00:31:26 qui a proposé
00:31:28 à un youtubeur il y a quelques années de faire
00:31:30 une vidéo de sensibilisation sur la protection
00:31:32 des données personnelles, et puis
00:31:34 de plus en plus, ça se développe autour
00:31:36 de la sexualité, justement, d'éducation à la sexualité,
00:31:38 et ça marche plutôt bien, parce que
00:31:40 il y a souvent un ton un peu décalé
00:31:42 qui permet à la fois, en plus aux ados,
00:31:44 mais aussi aux adultes, de pouvoir
00:31:46 comprendre quel est le message, et les ados
00:31:48 respectent ces
00:31:50 youtubeurs,
00:31:52 et donc ça permet de transmettre
00:31:54 un message qui est assez efficace, donc
00:31:56 ça pourrait être ça, ma réponse.
00:31:58 Et puis,
00:32:00 je vais peut-être passer
00:32:02 pour quelqu'un un peu rétrograde en disant ça,
00:32:04 mais les adultes, quoi qu'on en dise, sont quand même
00:32:06 encore aujourd'hui écoutés par les ados,
00:32:08 et quand vous faites des études
00:32:10 sur les grandes questions que se posent
00:32:12 les ados, et bien, ils répondent, dans la majorité
00:32:14 d'entre eux, c'est quand même vers les adultes
00:32:16 qu'ils se tournent pour pouvoir trouver
00:32:18 des réponses à leurs questions,
00:32:20 quand c'est important, quand c'est grave,
00:32:22 après, quand c'est les choses du quotidien, ils se tournent vers leurs copains,
00:32:24 c'est normal, mais
00:32:26 je pense qu'il ne faut pas qu'on se disqualifie,
00:32:28 et penser que nous, aujourd'hui, adultes,
00:32:30 on n'est plus entendu par les ados,
00:32:32 c'est pas vrai, il y a quand même une reconnaissance que
00:32:34 leurs aînés ont quand même
00:32:36 une expérience de vie qu'ils peuvent partager
00:32:38 avec eux, donc de manière
00:32:40 plus traditionnelle, d'utiliser
00:32:42 aussi notre langue,
00:32:44 notre bouche,
00:32:46 nos oreilles, pour pouvoir transmettre
00:32:48 le message, mais
00:32:50 on se disait, là, pendant l'émission,
00:32:52 que parfois, les parents
00:32:54 ne prennent plus forcément ce temps-là,
00:32:56 n'ont plus forcément envie,
00:32:58 ou plus l'énergie, ou pas le temps,
00:33:00 enfin, je ne sais pas, il y a plein de raisons, mais je pense que c'est un tort,
00:33:02 et que de temps en temps, de questionner
00:33:04 aussi les enfants sur leur vie
00:33:06 numérique, de voir un peu
00:33:08 comment ils vont, et je dirais surtout, en ce moment,
00:33:10 on sait que les ados, ils ne sont pas dans leur
00:33:12 meilleure forme sur le plan psychologique,
00:33:14 il y a beaucoup d'alertes, quand même,
00:33:16 qui sont lancées par les professionnels
00:33:18 du soin psychique,
00:33:20 et que quand même, on a
00:33:22 beaucoup de jeunes depuis la crise
00:33:24 sanitaire que nous avons traversée,
00:33:26 qui sont dans
00:33:28 des situations de dépression, d'anxiété,
00:33:30 etc., avec des tentatives
00:33:32 de suicide qui sont plutôt en augmentation,
00:33:34 donc je pense que de pouvoir parler, de pouvoir entendre
00:33:36 leurs angoisses, de pouvoir poser
00:33:38 les choses, de pouvoir les rassurer
00:33:40 dans la mesure de nos possibilités,
00:33:42 est important, et
00:33:44 l'avantage, je termine ma réponse
00:33:46 là-dessus, c'est que c'est gratuit, qu'il n'y a pas besoin
00:33:48 de faire des messages très compliqués,
00:33:50 mais c'est de prendre un petit peu de temps,
00:33:52 et puis d'être une oreille
00:33:54 attentive, sans même penser à
00:33:56 quelque chose à dire, parce que souvent, c'est ce qu'on
00:33:58 se dit, qu'est-ce que je vais leur dire ? On ne leur
00:34:00 dit rien, on les écoute déjà, écouter, c'est déjà très bien,
00:34:02 écouter se taire
00:34:04 intérieurement, extérieurement,
00:34:06 c'est déjà extrêmement positif,
00:34:08 j'ai presque envie de dire thérapeutique,
00:34:10 on a un effet thérapeutique en écoutant l'autre,
00:34:12 en étant à sa disposition, et je pense
00:34:14 que beaucoup de jeunes, malheureusement, manquent de ces temps-là.
00:34:16 Oui, surtout que
00:34:18 en fait, un jeune, quand il se sent écouté,
00:34:20 le jour où il a un problème, au moins,
00:34:22 il se dit, je vais pouvoir lui en parler.
00:34:24 Absolument, c'est un
00:34:26 bon exercice. Merci Nathalie,
00:34:28 merci beaucoup. On retrouve Pierre dans un
00:34:30 instant, et si vous avez envie de réagir, de
00:34:32 donner votre avis, de poser des questions, c'est le
00:34:34 numéro 826 300 300.
00:34:36 A tout de suite.
00:34:38 Nous évoquons aujourd'hui les dérives
00:34:48 de nudité,
00:34:50 d'images sexuelles
00:34:52 sur les réseaux sociaux,
00:34:54 avec Samuel Comblès, qui est avec nous,
00:34:56 et c'est évidemment
00:34:58 l'idée de protéger les enfants
00:35:00 qui ne sont évidemment pas adultes, et donc
00:35:02 c'est important, parce que si on
00:35:04 veut qu'ils aient plus tard une
00:35:06 sexualité qui convient,
00:35:08 il vaut mieux qu'on les protège un petit peu
00:35:10 plus. Vous avez envie de réagir,
00:35:12 vous pouvez nous appeler au 0826 300
00:35:14 300. Bonjour Pierre.
00:35:16 Bonjour, salut, bonjour Samuel.
00:35:18 Très ravi de vous avoir.
00:35:20 Merci à vous.
00:35:22 Justement, vous avez votre fille,
00:35:24 qui utilise beaucoup Instagram.
00:35:26 Tout à fait, alors j'ai mes deux enfants,
00:35:28 mon fils, lui, vient d'avoir ses 19,
00:35:30 ma fille à ses 16 ans. Alors eux,
00:35:32 ils ont tous les deux une page
00:35:34 Facebook, mais je dirais
00:35:36 qu'il existe juste,
00:35:38 qu'il existe simplement.
00:35:40 Donc il n'y a aucune photo d'eux, ni quoi que ce soit
00:35:42 dessus. Je dirais qu'ils gardent
00:35:44 pour plus tard, si un jour il y en a besoin.
00:35:46 Donc ils regardent les autres,
00:35:48 mais eux ne montrent rien. Souvent, les jeunes
00:35:50 font ça juste pour pouvoir accéder au contenu des autres.
00:35:52 C'est ça ? C'est ça, exactement.
00:35:54 Sachant que Facebook,
00:35:56 aujourd'hui, est je dirais plus de notre génération,
00:35:58 si je peux dire, plutôt que de la leur.
00:36:00 Après, eux,
00:36:02 ils utilisent énormément Instagram
00:36:04 et Snapchat également.
00:36:06 Également une autre application qui est sortie il n'y a pas très longtemps,
00:36:08 qui s'appelle Bireal, qui permet de poster
00:36:10 un petit peu des photos
00:36:12 d'un instant T, en fait,
00:36:14 qu'on peut envoyer. Mais ça reste
00:36:16 du coup dans un circuit extrêmement restreint
00:36:18 et qui n'est pas publié à droite ou à gauche.
00:36:20 En fait, pour Snapchat,
00:36:22 c'est uniquement nos amis qui ont le droit
00:36:24 à accéder à nos photos.
00:36:26 Facebook, moi, je suis un peu réticent.
00:36:28 Moi, j'utilise pour moi, parce que c'est un peu plus
00:36:30 à mon fonctionnement
00:36:32 et ma génération, c'est ça.
00:36:34 Par contre, je fais gaffe quand même aux photos
00:36:36 que je remets dessus, parce que c'est vrai qu'une fois
00:36:38 qu'elles sont sur Facebook,
00:36:40 on sait pas où les rendre.
00:36:42 Pour les récupérer, c'est un peu compliqué.
00:36:44 Donc, là-dessus, moi, je suis assez prudent.
00:36:46 Et alors, pour mes enfants, pour revenir à eux,
00:36:48 parce que c'est quand même le sujet,
00:36:50 je sais qu'ils ont eu le droit à une visite
00:36:52 de la gendarmerie ou du commissariat à l'époque, quand ils étaient encore
00:36:54 en collège, qui leur expliquait un petit peu les dangers
00:36:56 de poser ces photos là-dessus.
00:36:58 Et c'est vrai qu'à ce moment-là,
00:37:00 moi, j'avais certaines de mes photos
00:37:02 sur mon Facebook privé d'avec mes enfants
00:37:04 et mon fils m'avait dit "attention, papa,
00:37:06 je vous ai supprimé ces photos".
00:37:08 Et j'ai trouvé ça génial. Et il avait 12-13 ans
00:37:10 à l'époque et du coup, je l'ai fait tout de suite.
00:37:12 J'ai supprimé toutes les photos où il était dessus.
00:37:14 J'ai supprimé, simplement. Quelque part, il avait raison.
00:37:16 Parce que ces photos, pour les diffuser,
00:37:18 il les utilisait
00:37:20 pour d'autres utilisations.
00:37:22 - Et ça, c'est après avoir écouté
00:37:24 les gendarmes
00:37:26 qui l'ont informé.
00:37:28 C'est intéressant. Ça montre bien que
00:37:30 l'information provoque
00:37:32 une réaction.
00:37:34 - Et ça montre bien que
00:37:36 en une seule séance, on a convaincu un jeune
00:37:38 qui devient lui-même ambassadeur des Bonnes Pratiques.
00:37:40 Donc il n'y a pas besoin d'avoir fait
00:37:42 15 interventions et qu'à partir du moment où c'est
00:37:44 expliqué avec des mots très simples,
00:37:46 avec quelques exemples et qu'on explique aux jeunes
00:37:48 qu'on ne le fait pas pour être
00:37:50 contraignant pour lui, mais au contraire pour le protéger.
00:37:52 La majorité des gamins comprennent
00:37:54 et vous ont
00:37:56 protégé vous-même aussi. Donc ça, c'est très bien.
00:37:58 - Exactement. Parce que du coup,
00:38:00 j'ai vraiment supprimé tout le contenu
00:38:02 où il était dessus.
00:38:04 C'est vrai qu'il y a, pour rebondir
00:38:06 un peu plus là-dessus, le risque qu'il y a,
00:38:08 c'est que ces photos soient prises
00:38:10 pour d'autres utilisations, notamment
00:38:12 pour des réseaux pédophiles, des choses comme ça.
00:38:14 Et ça, moi, c'est une chose sur laquelle
00:38:16 j'ai été confronté. Parce que j'ai découvert
00:38:18 un réseau pédophile en fait,
00:38:20 la ville où je suis. Bien sûr que j'ai signalé
00:38:22 aux forces de police dans la foulée.
00:38:24 - Bien sûr. On est obligés,
00:38:26 je le précise pour ceux qui nous écoutent,
00:38:28 on est obligés aujourd'hui de
00:38:30 signaler ce genre de choses.
00:38:32 - D'accord.
00:38:34 Alors toi, j'ai ignoré. Moi, je t'ai fait tout bonne foi.
00:38:36 - C'est bien. Bien sûr, Pierre.
00:38:38 C'est formidable que vous l'ayez fait.
00:38:40 Mais de toute façon,
00:38:42 sinon, on est complices, en gros.
00:38:44 - D'accord. On est tous citoyens,
00:38:46 donc on doit se protéger les uns les autres.
00:38:48 Et si vous avez un jour besoin de faire un signalement de ce type,
00:38:50 vous allez sur la plateforme Pharos.
00:38:52 Donc il faut aller sur Pharos.
00:38:54 Vous faites "signalement internet Pharos",
00:38:56 vous trouverez... Donc c'est le site du
00:38:58 ministère de l'Intérieur qui permet de faire des signalements
00:39:00 quand on estime que sur Internet, il y a eu
00:39:02 de manière publique, en tout cas,
00:39:04 des contenus qui sont préjudiciables
00:39:06 aux mineurs et aux majeurs aussi.
00:39:08 - Et donc, vous avez signalé ça
00:39:10 où ? À qui ?
00:39:12 - Au commissariat. Parce que moi, j'ai de la chance,
00:39:14 j'ai un commissariat qui est à 500 m de chez moi,
00:39:16 donc j'ai pu en fait...
00:39:18 Donc en fait, ça s'est passé... Alors je sais plus sur quel réseau c'était,
00:39:20 ça s'est passé ensuite sur Telegram, qui est un peu plus sécurisé.
00:39:22 Et là, j'ai eu droit à pas mal de choses.
00:39:24 Donc je les ai fait parler, parler, parler
00:39:26 pour savoir ce qu'il y avait derrière.
00:39:28 Et là, j'ai découvert pas mal de choses.
00:39:30 En fait, on m'a même envoyé des vidéos, des photos, des choses comme ça.
00:39:32 Et voilà, c'est des photos
00:39:34 que j'aurais préféré ne jamais voir de ma vie
00:39:36 parce qu'elles restent dans la mémoire.
00:39:38 - Alors que vous êtes adulte ?
00:39:40 - Oui, voilà, c'est ça. Moi, j'ai 47 ans.
00:39:42 Donc c'était des images que je n'oublierais jamais de ma vie.
00:39:44 - C'était donc des images d'enfants abusés sexuellement ?
00:39:46 - C'est exactement.
00:39:48 - Oui. - Tout à fait. Voilà, c'est ça.
00:39:50 - C'est vrai qu'une fois qu'on a vu ce genre d'image,
00:39:52 on est un peu marqué, je vous l'accorde.
00:39:54 - C'est ça. Et là, du coup, j'ai tout transmis, bien sûr.
00:39:56 Après, ça a suivi sa procédure.
00:39:58 Voilà. Après, aujourd'hui,
00:40:00 je ne sais pas où ça en est.
00:40:02 - Malheureusement, j'espère que
00:40:04 les gens ont été arrêtés et punis
00:40:06 comme il se doit, mais malheureusement,
00:40:08 c'est souvent des sites qui sont dans des zones
00:40:10 qui ne sont absolument pas...
00:40:12 - Sans accord de police entre pays,
00:40:14 donc on n'a pas d'influence.
00:40:16 - Ah ben, c'est pire que ça.
00:40:18 Je ne peux pas vous dire trop d'éléments
00:40:20 parce que l'enquête, je dirais, est en cours.
00:40:22 Mais ça se passe, enfin, le réseau en question
00:40:24 se passe dans ma ville, où je suis.
00:40:26 C'est une ville de 40 000 habitants. Vous voyez, il n'y a rien d'extraordinaire.
00:40:28 J'ai fait un premier signalement en décembre 2021.
00:40:30 Six mois plus tard,
00:40:32 donc en...
00:40:34 en août 2022,
00:40:36 j'ai découvert que c'était toujours actif.
00:40:38 Donc j'ai recontacté la personne
00:40:40 pour lui faire parler. J'ai encore récupéré des infos
00:40:42 et tout redonné, donc en force de l'ordre.
00:40:44 Et aujourd'hui, c'est toujours actif.
00:40:46 C'est aberrant, ce que je vous dis,
00:40:48 mais en fait, ça me rappelle un petit peu ce qui s'est passé
00:40:50 pour les cités des PMB
00:40:52 récemment. Il existe des réseaux
00:40:54 et ça, il faut que les gens
00:40:56 en soient conscients. Donc, pour revenir
00:40:58 au départ, ne publiez pas une porte-casse photo
00:41:00 parce qu'on ne sait pas où ça va aller derrière.
00:41:02 Et...
00:41:04 Aujourd'hui, on est en pleine danse.
00:41:06 Il est vrai que les jeunes ne se rendent pas compte. On envoie des photos,
00:41:08 on envoie des photos, mais ils ne savent pas où elles vont. Il y a quoi
00:41:10 à se réutiliser derrière.
00:41:12 - Oui, mais là, quelque part,
00:41:14 vous abordez deux sujets différents. Il y a, en effet,
00:41:16 les photos qu'on peut
00:41:18 diffuser sans se rendre
00:41:20 compte et puis ensuite
00:41:22 regretter parce qu'elles
00:41:24 vont être diffusées et qu'on n'arrive plus à arrêter
00:41:26 la chose. Et puis, il y a les réseaux
00:41:28 pédocriminels qui, malheureusement,
00:41:30 existaient déjà il y a 30 ans.
00:41:32 C'est un sujet
00:41:34 sur lequel je me suis penchée il y a plus de 30 ans
00:41:36 et on n'y arrive pas.
00:41:38 Et pour avoir parlé avec
00:41:40 des personnes,
00:41:42 des flics
00:41:44 qui sont chargés de ce genre de choses,
00:41:46 c'est eux qui m'ont
00:41:48 toujours dit que, de toute façon,
00:41:50 on remonte à la source de
00:41:52 certaines personnes, mais
00:41:54 on ne remonte jamais à la...
00:41:56 - A l'origine. - A la source originale.
00:41:58 Parce que, justement, tout est fait pour
00:42:00 qu'on n'y arrive pas. - Pour ne pas prendre les trompes, bien sûr.
00:42:02 - Il y a une chose un peu nouvelle
00:42:04 dans ces réseaux, c'est que
00:42:06 par le passé, c'était les pédophiles
00:42:08 qui produisaient eux-mêmes les contenus
00:42:10 parce qu'il n'y avait pas d'autre moyen. Aujourd'hui,
00:42:12 ils peuvent influencer les
00:42:14 mineurs pour pouvoir leur envoyer eux-mêmes
00:42:16 des contenus qui sont autoproduits.
00:42:18 Ce qui, pour eux, est
00:42:20 moins préjudiciable parce que, du coup,
00:42:22 ce n'est pas la même chose de diffuser des images pornographiques,
00:42:24 de les regarder et de les créer
00:42:26 soi-même. Donc, à partir du moment où ces vidéos
00:42:28 sont créées par des jeunes eux-mêmes,
00:42:30 et c'est très facile,
00:42:32 vous allez sur un site de jeux vidéo pour enfants,
00:42:34 vous créez un
00:42:36 profil
00:42:38 en disant que vous êtes une petite fille d'huit ans,
00:42:40 vous allez faire croire n'importe quoi à la petite
00:42:42 fille, effectivement. Vous allez lui proposer
00:42:44 de la faire progresser
00:42:46 dans le jeu beaucoup plus rapidement
00:42:48 en lui payant quelques euros
00:42:50 par votre
00:42:52 carte bancaire ou par d'autres moyens.
00:42:54 La gamine va être évidemment ravie
00:42:56 et en échange de quoi ? Il faut juste
00:42:58 que vous envoiez des photos ou des vidéos
00:43:00 avec, pardon, je vais être
00:43:02 choquant, mais avec son petit frère ou sa petite soeur
00:43:04 en train de faire des choses sexuelles.
00:43:06 Je fais exprès de le dire.
00:43:08 Bien sûr, ça n'arrive pas tous les jours et c'est
00:43:10 pas partout, mais c'est pour faire prendre conscience
00:43:12 quand même de là où on en est.
00:43:14 C'est-à-dire qu'il y a des adultes
00:43:16 qui proposent ce genre de choses
00:43:18 à des enfants et tout ça, évidemment, très à l'abri
00:43:20 des regards des parents parce que les parents
00:43:22 ne sont pas conviés
00:43:24 à ce genre de choses et ne peuvent pas l'imaginer.
00:43:26 Et que, évidemment, tout est fait
00:43:28 et ça c'est la pression du pédophile
00:43:30 pour faire en sorte que l'enfant
00:43:32 n'en parle pas et tout le monde y trouve son compte.
00:43:34 La gamine avance dans son jeu vidéo, le pédophile
00:43:36 il a des contenus à priori
00:43:38 qu'on ne peut pas lui reprocher
00:43:40 d'avoir créé lui-même et puis
00:43:42 il les diffuse. D'où l'importance
00:43:44 de ce qu'on se raconte là. L'idée, c'est pas
00:43:46 de dire que ça arrive tout le temps et tous les jours
00:43:48 et chez tous les jeunes, mais c'est de dire que ça peut arriver
00:43:50 d'où l'importance d'en parler, de faire de la prévention
00:43:52 et d'être attentif
00:43:54 quand même à la façon dont les jeunes utilisent
00:43:56 leur téléphone portable, leur tablette, etc.
00:43:58 - Et de responsabiliser tous les parents.
00:44:00 Merci Pierre, merci beaucoup. On continue
00:44:02 après les infos à vous laisser
00:44:04 témoigner et à vous laisser
00:44:06 surtout poser vos questions au 0826 300 300.
00:44:08 Petite devinette du jour,
00:44:10 quelle est la différence entre une femme
00:44:12 et une femme de ménage ? Samuel Combles
00:44:14 vous répondrait après les infos.
00:44:16 14h16,
00:44:18 Brigitte Laé, Sud Radio.
00:44:20 Samuel Combles
00:44:22 est avec nous, vous êtes
00:44:24 psychologue, vous êtes surtout spécialiste.
00:44:26 Enfin non, pas surtout,
00:44:28 c'est plutôt parce que ça correspond mieux
00:44:30 au sujet d'aujourd'hui. Nous parlons
00:44:32 de la protection des
00:44:34 mineurs, avec
00:44:36 notamment les réseaux sociaux
00:44:38 et on sait à quel point ils sont de plus en plus
00:44:40 accros aux réseaux sociaux.
00:44:42 Alors on va d'abord donner la réponse
00:44:44 à ma devinette et puis on va revenir
00:44:46 évidemment sur ce sujet.
00:44:48 Quelle est la différence entre une femme
00:44:50 et une femme de ménage ?
00:44:52 Spontanément je vous dirais, il n'y en a pas, c'est des femmes
00:44:54 donc je ne vois pas ce qui va être différent.
00:44:56 Une femme reste une femme.
00:44:58 Avec la femme, il faut rentrer quand c'est
00:45:00 mouillé. Avec la seconde, on n'a pas le droit
00:45:02 de rentrer quand c'est mouillé. Voilà, c'est tout.
00:45:04 Ok.
00:45:06 Je rappelle
00:45:08 que ce numéro, le 30
00:45:10 18, ou alors
00:45:12 vous allez sur iEnfance,
00:45:14 si vous avez envie de poser des questions,
00:45:16 d'être plus informé, ce sont
00:45:18 des
00:45:20 numérographes. Des psychologues et des juristes
00:45:22 pour parler justement des violences numériques.
00:45:24 Bonjour Eric.
00:45:26 Bonjour.
00:45:28 Merci d'être avec nous. Vous voulez réagir
00:45:30 avec Samuel Comblès, allez-y Eric.
00:45:32 Oui, alors moi je voulais réagir
00:45:34 un petit peu.
00:45:36 C'est très bien les émissions que vous faites.
00:45:38 Je suis toujours très content
00:45:40 d'être accueilli sur votre antenne.
00:45:42 Merci.
00:45:44 Moi,
00:45:46 j'ai écouté depuis tout à l'heure
00:45:48 votre émission. Effectivement,
00:45:50 je trouve que les
00:45:52 sites
00:45:54 dits pornographiques sur l'Internet
00:45:56 et tout ça sont très mal protégés.
00:45:58 Donc effectivement, une loi visant
00:46:00 à
00:46:02 mieux réglementer ce genre de choses pour la rentrée
00:46:04 des
00:46:06 enfants par rapport à ça
00:46:08 est très compliquée.
00:46:10 Donc notamment, vous avez
00:46:12 quand même, vous de votre côté,
00:46:14 Cam4.
00:46:16 Cam4, oui.
00:46:18 Oui, Cam4,
00:46:20 qui est votre magasin,
00:46:22 qui est un sponsor,
00:46:24 mais qui est d'accès libre,
00:46:26 complet.
00:46:28 Il n'y a même pas à taper
00:46:30 si vous avez 18 ans, pas 18 ans.
00:46:32 Vous choisissez
00:46:34 le style de personne que vous voulez voir.
00:46:36 Et puis voilà. Donc c'est quand même
00:46:38 assez compliqué.
00:46:40 Donc en ayant moins
00:46:42 de garçons,
00:46:44 j'ai déjà fait
00:46:46 la morale là-dessus.
00:46:48 Par rapport
00:46:50 à ce genre de situation
00:46:52 où effectivement...
00:46:54 Ils ont quel âge, vos garçons ?
00:46:56 J'ai un garçon qui a 13,
00:46:58 un autre qui a 15.
00:47:00 Vous êtes en plein dans le sujet du jour.
00:47:02 Oui, dans le sujet du jour, oui.
00:47:04 Mais bon, je vous dis quand même, ce genre de choses
00:47:06 est arrivé, ils avaient
00:47:08 10 ans, quoi.
00:47:10 Et puis je les ai trouvés
00:47:12 sur le téléphone du grand
00:47:14 des photos...
00:47:16 des photoshocks.
00:47:18 D'accord ?
00:47:20 Vous voulez dire que vous avez surpris
00:47:22 votre gamin en train de regarder
00:47:24 des photos pornographiques ?
00:47:26 En regardant son téléphone,
00:47:28 je me suis aperçu,
00:47:30 voilà, alors c'était...
00:47:32 En plus, c'était en réseau social,
00:47:34 c'était du Discord, si vous voulez.
00:47:36 Voilà,
00:47:38 c'était des photos
00:47:40 de personnes nues.
00:47:42 D'accord. Excusez-moi, Eric,
00:47:44 mais votre témoignage m'intéresse.
00:47:46 Quand vous avez été...
00:47:48 Quand vous avez vu ça, est-ce que vous aviez
00:47:50 pu imaginer ou est-ce que vous avez été
00:47:52 en effet totalement
00:47:54 choqué parce que vous n'imaginiez
00:47:56 pas que votre fils puisse déjà
00:47:58 s'intéresser ou avoir des images
00:48:00 comme ça sur son téléphone ?
00:48:02 Non, je suis...
00:48:04 C'est le sujet du jour, en fait.
00:48:06 Je suis choqué.
00:48:08 Au jour d'aujourd'hui, je ne suis plus choqué de rien.
00:48:10 Ben si, il faut continuer à être choqué.
00:48:12 Moi, être choqué,
00:48:14 être choqué dans l'ensemble,
00:48:16 c'est mon fils, c'est mes enfants,
00:48:18 c'est tout ça, mais malheureusement,
00:48:20 si on s'arrête à être tout choqué
00:48:22 de beaucoup de choses, c'est choquant dans un sens,
00:48:24 mais il faut malheureusement,
00:48:26 aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, y faire face
00:48:28 et arriver à...
00:48:30 Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'au fond,
00:48:32 vous n'étiez pas suffisamment informé ou préparé
00:48:34 que ça puisse arriver
00:48:36 à vos enfants ?
00:48:38 Si, si, si, tout à fait.
00:48:40 Et qu'est-ce que vous leur aviez dit ?
00:48:42 Qu'est-ce que vous leur aviez dit en amont,
00:48:44 justement ?
00:48:46 En amont, c'était justement ce...
00:48:48 Vous avez des téléphones,
00:48:50 vous faites des réseaux sociaux, mais faites attention,
00:48:52 il y a tout dessus.
00:48:54 Ne jamais, justement,
00:48:56 tout à l'heure, vous parliez de photos
00:48:58 de nus,
00:49:00 d'eux-mêmes ou de personnes, machin,
00:49:02 usine. N'acceptez jamais de vous
00:49:04 déshabiller devant un écran.
00:49:06 N'acceptez jamais de...
00:49:08 Il y a énormément de choses.
00:49:10 À un moment donné, par rapport à beaucoup de choses,
00:49:12 mon fils, une fois, a amené
00:49:14 une camarade à la maison.
00:49:16 Je lui ai dit,
00:49:18 le jour où tu amènes quelqu'un à la maison,
00:49:20 peu importe, après,
00:49:22 les cours autres, c'est qu'il faut
00:49:24 être averti, que ce soit nous, les parents
00:49:26 du jeune homme, les parents de la fille,
00:49:28 on ne sait pas. Même si c'est juste une amie,
00:49:30 il peut y avoir un jour un problème,
00:49:32 elle va t'en vouloir, ou autre,
00:49:34 elle va dire, il y a eu du harcèlement, il y a eu beaucoup de choses.
00:49:36 On ne sait pas ce que peut nous donner
00:49:38 aujourd'hui avec l'heure des réseaux sociaux et tout ça.
00:49:40 On avait,
00:49:42 en classe de CM2,
00:49:44 un problème avec un gamin
00:49:46 qui faisait des vidéos YouTube.
00:49:48 Vous voyez ? Des vidéos YouTube
00:49:50 à caractère
00:49:52 pas très...
00:49:54 à caractère chocant.
00:49:56 - C'était pas les promenades dans la nature, oui.
00:49:58 - Si, mais c'était pas
00:50:00 grand chose, c'était juste...
00:50:02 Il faisait une scène sexuelle
00:50:04 avec son panda en peluche, ou quoi.
00:50:06 Vous voyez ? C'est anodin, c'est des gosses,
00:50:08 mais ça porte à...
00:50:10 Et voilà, ça fait le tour de l'école sur
00:50:12 ce genre de choses, vous comprenez ?
00:50:14 - Et c'est intéressant, votre témoignage,
00:50:16 parce que ça montre bien, parce qu'on parle souvent des sites
00:50:18 pornographiques qui sont vecteurs d'images
00:50:20 pornographiques pour les mineurs, mais les réseaux
00:50:22 sociaux, YouTube, qui, effectivement,
00:50:24 est une plateforme de partage vidéo sur lequel
00:50:26 la sexualité n'est pas autorisée,
00:50:28 mais il peut y avoir des parades,
00:50:30 comme vous l'avez expliqué, et donc
00:50:32 c'est pour ça que c'est important d'en parler, et de le faire de manière
00:50:34 je dirais non alarmiste, de pouvoir
00:50:36 dire "ça peut arriver, moi je peux,
00:50:38 comme vous l'avez dit très bien,
00:50:40 n'envoie pas des photos de toi dénudée, ne sois pas non plus
00:50:42 soumis à des pressions
00:50:44 de tes camarades ou de parfaits inconnus
00:50:46 qui te demanderaient des photos de toi".
00:50:48 Déjà, si on dit ça, c'est déjà
00:50:50 très protecteur. Et si tu envoies des photos,
00:50:52 pardon, je le répète, mais fais en sorte de ne pas
00:50:54 être reconnaissable,
00:50:56 parce que c'est le meilleur
00:50:58 moyen d'être protégé.
00:51:00 Si ces 2-3 petits
00:51:02 consignes peuvent être entendues par les jeunes,
00:51:04 je pense que ça épargnerait déjà pas mal de problèmes.
00:51:06 - C'est tout à fait ça. C'est leur expliquer, en fait,
00:51:08 malheureusement, comme on ne peut pas gérer ces problèmes-là,
00:51:10 il faut leur expliquer où
00:51:12 peut leur mener
00:51:14 ce char de situation
00:51:16 où ça peut les amener
00:51:18 à arriver à...
00:51:20 à être choqués, et
00:51:22 voilà, et comme vous dites,
00:51:24 soit de la jalousie, les petits amis
00:51:26 "Ah, mais tu m'as largué,
00:51:28 alors tu m'as envoyé une photo,
00:51:30 je vais la diffuser partout",
00:51:32 et après, on en arrive
00:51:34 à des points de non-retour
00:51:36 pour ces jeunes-là
00:51:38 qui n'en peuvent plus,
00:51:40 qui se sentent humiliés, harcelés,
00:51:42 et ainsi de suite, et qui ont
00:51:44 juste de...
00:51:46 par peur, comme vous disiez, la peur de
00:51:48 rester seul, la peur de
00:51:50 d'être séparé
00:51:52 ou des trucs comme ça, et
00:51:54 voilà, l'amour fait faire des
00:51:56 bêtises, des fois, voilà, quoi.
00:51:58 Ouais.
00:52:00 Le sentiment d'amour
00:52:02 peut faire des bêtises, quoi.
00:52:04 - Oui, oui, et puis l'effet de mode
00:52:06 ou le besoin de
00:52:08 de prouver je ne sais quoi,
00:52:10 enfin, on sait très bien qu'à ces âges-là,
00:52:12 on ose peut-être
00:52:14 tous en se rendre compte des risques qu'on prend,
00:52:16 bien sûr. - Bien sûr. Mais ce qu'on explique
00:52:18 pour les réseaux sociaux, je pense que tous les parents l'ont
00:52:20 expliqué quand ils vont la première fois à la plage avec leurs
00:52:22 enfants, on leur explique qu'il faut être prudent,
00:52:24 parce que la mer peut avoir aussi quelques dangers,
00:52:26 parce qu'il ne faut pas
00:52:28 se perdre sur la plage et donc rester à proximité
00:52:30 des parents, enfin, il y a un certain nombre de consignes
00:52:32 qu'on donne naturellement, quand vous faites du vélo
00:52:34 la première fois avec vos enfants, vous leur expliquez aussi qu'il ne faut
00:52:36 pas aller sur n'importe quel
00:52:38 lieu pour faire du vélo, il faut respecter les piétons,
00:52:40 enfin, des choses assez naturelles, donc il est normal
00:52:42 que sur les réseaux sociaux, on donne aussi un certain
00:52:44 nombre de consignes, parce que
00:52:46 ce sont des outils qui sont extrêmement puissants, qui ne sont pas
00:52:48 toujours non plus très faciles à utiliser pour nous-mêmes
00:52:50 adultes, donc pour un jeune qui découvre
00:52:52 ça et les relations sociales et qui a en plus
00:52:54 plein de questions à se poser sur
00:52:56 son existence, etc., ça fait beaucoup
00:52:58 d'éléments à gérer, donc il a besoin de l'aide
00:53:00 de ses parents pour pouvoir le guider, ça ne veut pas dire qu'on va regarder
00:53:02 tout ce qu'il se raconte entre copains,
00:53:04 mais de temps en temps, de faire
00:53:06 un petit brief sur comment il les utilise
00:53:08 et la façon de se protéger, je pense que c'est utile.
00:53:10 - Oui, parce que malheureusement, on n'est pas
00:53:12 tous égaux aussi devant la liberté
00:53:14 d'expression avec ses proches, leurs enfants,
00:53:16 la connaissance, la facilité
00:53:18 d'exprimer, et eux,
00:53:20 ils sont dans un milieu collégien
00:53:22 ou autre où ça parle de tout,
00:53:24 mon fils, à six ans,
00:53:26 en sixième,
00:53:28 m'a parlé
00:53:30 du site Pornweb,
00:53:32 vous voyez ? Donc c'est
00:53:34 quand même assez...
00:53:36 C'est arrivé
00:53:38 comme ça un soir, c'est un peu traumatisant,
00:53:40 je veux dire, oui, mais t'as pris ça où ?
00:53:42 Tu sais ce que c'est au moins ?
00:53:44 - Ça aurait été plus traumatisant qu'il ne vous en parle pas et qu'il aille le voir par lui-même.
00:53:46 Je te dirais qu'à la limite, s'il vous en parle, c'est tant mieux
00:53:48 et ça veut dire qu'au moins, il a cherché à mettre du mot dessus.
00:53:50 - Alors, des fois, ils le prennent à la rigolade,
00:53:52 mais ils savent très bien de quoi ils parlent.
00:53:54 Et aujourd'hui, même à sixième, ils savent
00:53:56 de quoi ils parlent, ils savent de ce que...
00:53:58 Et d'avoir vu, justement,
00:54:00 des photos illicites sur l'ordinateur,
00:54:02 malheureusement, il a pris mon ordinateur
00:54:04 et il l'a pas effacé d'historique, donc
00:54:06 du coup, j'ai bien vu
00:54:08 ce qu'il faisait.
00:54:10 À un moment donné, alors que, bon...
00:54:12 Après, moi, je suis honnête, moi, c'est le genre de site
00:54:14 que je visite aussi et tout,
00:54:16 puisque je vous disais, sur Cam4,
00:54:18 je trouvais que c'était pas assez réglementé
00:54:20 ou sur les autres non plus.
00:54:22 Mais moi, mon historique, justement,
00:54:24 j'ai une face cachée sur mon portable,
00:54:26 j'ai tous des trucs qui fait
00:54:28 que les historiques, tout est effacé.
00:54:30 Donc, ça peut pas venir de ma part à moi,
00:54:32 si vous voulez, vous voyez ?
00:54:34 - Non, mais ils en parlent entre copains et c'est facile à écrire
00:54:36 sur un moteur de recherche.
00:54:38 Et c'est normal aussi qu'ils
00:54:40 puissent satisfaire leur curiosité,
00:54:42 parce qu'on en parle, parce que dans les réseaux sociaux,
00:54:44 il est question de sexualité, dans les séries,
00:54:46 etc., que les jeunes regardent.
00:54:48 Comme ils n'ont pas toujours des parents
00:54:50 ou, je dirais, des adultes autour d'eux
00:54:52 capables de parler de sexualité ou de pornographie,
00:54:54 les jeunes, ils vont se tourner vers
00:54:56 des sites comme on les connaît,
00:54:58 c'est gratuit,
00:55:00 c'est facile d'accès, et puis ça leur donne
00:55:02 leur propre opinion sur la sexualité.
00:55:04 Le problème, c'est que c'est un discours,
00:55:06 je dirais, toujours très orienté, avec
00:55:08 des scénarios d'actes sexuels
00:55:10 toujours très codifiés, avec
00:55:12 une espèce de routine de déroulement
00:55:14 qui ne favorise pas beaucoup
00:55:16 l'imaginaire du jeune. - C'est le sujet, d'ailleurs,
00:55:18 dont on veut parler, on est là dans un instant.
00:55:20 Merci beaucoup, Eric.
00:55:22 On continue avec vos réactions,
00:55:24 vos témoignages au 0826 300 300.
00:55:26 On fait une petite pause, on se retrouve tout de suite.
00:55:28 Avec Samuel Comblez,
00:55:30 nous évoquons
00:55:32 toute la situation
00:55:34 complexe que nous traversons
00:55:36 avec, justement,
00:55:38 ces images qui
00:55:40 sont visibles
00:55:42 pour des très jeunes,
00:55:44 ou des très jeunes qui vont aller diffuser
00:55:46 des photos d'eux,
00:55:48 ou des images, ou des vidéos d'eux,
00:55:50 même, sur les réseaux sociaux.
00:55:52 Bonjour, Ornella. - Bonjour.
00:55:54 - Merci d'être avec nous. - Bonjour à tous.
00:55:56 - Alors, vous avez 25 ans,
00:55:58 vous êtes étudiante en psychologie, Ornella,
00:56:00 et vous avez envie de réagir au sujet.
00:56:02 Je vous écoute. On vous écoute. - Alors, oui.
00:56:04 Moi, je sais que je suis très active
00:56:06 sur les réseaux sociaux.
00:56:08 Il y a
00:56:10 de ça quelques années, je suis visée,
00:56:12 bien sûr, beaucoup
00:56:14 d'influenceurs.
00:56:16 Surtout pendant l'adolescence, où on est
00:56:18 en quête d'identification
00:56:20 et on essaye de s'identifier
00:56:22 un peu à des personnes
00:56:24 plus ou moins connues.
00:56:26 Alors, maintenant, c'est vrai que
00:56:28 j'en suis plus, parce que
00:56:30 ben, voilà, là, je fais
00:56:32 qu'on évolue et qu'on a envie
00:56:34 d'autre chose, heureusement.
00:56:36 Maintenant,
00:56:38 il y a un nouveau fléau, je ne sais pas si vous
00:56:40 en avez entendu parler.
00:56:42 C'est des nouveaux réseaux sociaux,
00:56:44 en fait, où on peut vendre
00:56:46 des photos.
00:56:48 C'est des sites
00:56:50 comme Meme et OnlyFans.
00:56:52 - Oui, bien sûr.
00:56:54 - Où, malheureusement, en fait,
00:56:56 c'est
00:56:58 normal
00:57:00 d'en parler,
00:57:02 des personnes
00:57:04 sur Twitter, des adolescents,
00:57:06 qui, pour se faire de l'argent de poche,
00:57:08 proposent de vendre
00:57:10 leurs photos
00:57:12 de pied ou d'autres parties intimes.
00:57:14 Et du coup,
00:57:16 en fait, j'ai l'impression
00:57:18 que
00:57:20 les influenceurs, parce que la
00:57:22 plupart des influenceurs ont ces réseaux
00:57:24 sociaux-là, où,
00:57:26 en fait, ils essayent de vendre un abonnement
00:57:28 comme, par exemple, un abonnement
00:57:30 Spotify ou autre, quoi,
00:57:32 pour pouvoir
00:57:34 vendre des photos
00:57:36 intimes. Et c'est
00:57:38 normalisé par ces personnes-là
00:57:40 qui sont suivies
00:57:42 par des dizaines
00:57:44 de milliers d'adolescents.
00:57:46 Et, en fait, c'est vraiment normalisé aussi
00:57:48 que vendre
00:57:50 des photos,
00:57:52 c'est rien ou c'est pas grave, quoi.
00:57:54 - On peut expliquer qu'OnlyFans et Mime,
00:57:56 qui sont effectivement les plus connus, c'est des
00:57:58 réseaux sociaux, en fait, sur abonnement
00:58:00 payant, donc tout le monde ne peut pas y avoir accès,
00:58:02 ce qui élimine quand même un petit peu l'accès
00:58:04 des adolescents, puisqu'il faut quand même avoir
00:58:06 un peu de ressources. Les prix des abonnements
00:58:08 sont variables, mais il faut quand même
00:58:10 mettre la main à la poche. Et c'est
00:58:12 des plateformes, effectivement, sur lesquelles on peut
00:58:14 avoir accès à des images
00:58:16 sexualisées,
00:58:18 sexuelles, dénudées.
00:58:20 Et...
00:58:22 qui sont tarifées,
00:58:24 donc on peut montrer des photos de son sexe,
00:58:26 mais aussi des photos de ses pieds ou de ses mains,
00:58:28 qui peuvent, pour
00:58:30 certaines personnes, représenter
00:58:32 une photo intéressante
00:58:34 sexuellement.
00:58:36 Et qu'est-ce que vous estimez ?
00:58:38 Que ça ne devrait pas être accessible à des adolescents ?
00:58:40 - Ben...
00:58:42 En fait, moi, ce qui me dérange,
00:58:44 pas accessible,
00:58:46 le souci, c'est que, comme sur les sites
00:58:48 pornographiques, des fois, il suffit juste
00:58:50 de cliquer "Avez-vous plus de 18 ans ?"
00:58:52 quoi. Et...
00:58:54 du coup, quand on clique sur "Oui", on a
00:58:56 accès directement au site.
00:58:58 Là, l'avantage, c'est que c'est vrai que
00:59:00 "Onnifan" et "Meme", c'est les sites
00:59:02 les plus connus. Je pense qu'il doit en
00:59:04 exister d'autres.
00:59:06 C'est que c'est des sites qui sont payants,
00:59:08 donc forcément moins accessibles
00:59:10 aux adolescents. Mais c'est...
00:59:12 c'est le fait que tous ces...
00:59:14 tous ces influenceurs
00:59:16 soient suivis par des tonnes
00:59:18 d'adolescents
00:59:20 et que, du coup, ils font leur
00:59:22 pub, leur...
00:59:24 Je sais pas comment on appelle ça,
00:59:26 leur... Oui, ils font leur pub. - Promotion.
00:59:28 - Pour essayer de vendre, voilà, leur promotion,
00:59:30 pour essayer de vendre...
00:59:32 de vendre leurs photos
00:59:34 à des adolescents. Ils font aussi
00:59:36 des codes promo.
00:59:38 C'est...
00:59:40 Je trouve que c'est embêtant
00:59:42 parce que...
00:59:44 Là, l'adolescence, forcément,
00:59:46 on est en quête de plein
00:59:48 de choses et...
00:59:50 et que c'est un peu de l'argent
00:59:52 facile, quoi, parce que
00:59:54 pas mal de personnes...
00:59:56 Alors, je sais pas si les
00:59:58 créateurs de contenu doivent avoir plus
01:00:00 de 18 ans
01:00:02 pour vendre leurs photos
01:00:04 ou s'il faut
01:00:06 des justificatifs comme des
01:00:08 pièces d'identité pour pouvoir
01:00:10 s'inscrire en tant que créateur de contenu.
01:00:12 - Sachant que
01:00:14 légalement, maintenant, c'est 15 ans,
01:00:16 par rapport... - La majorité numérique, oui.
01:00:18 Alors, ça veut pas forcément dire que, du coup, tous les services
01:00:20 sont accessibles à partir
01:00:22 de 15 ans, mais, effectivement, depuis
01:00:24 quelques jours, maintenant,
01:00:26 les parlementaires ont fixé l'âge de 15 ans
01:00:28 pour fixer l'âge de cette majorité numérique,
01:00:30 à partir de laquelle on pourrait avoir accès
01:00:32 à un certain nombre
01:00:34 de droits, mais aussi de devoirs. Les choses sont
01:00:36 en train de se mettre en place, et on verra ça
01:00:38 dans les prochaines semaines.
01:00:40 Donc, voilà.
01:00:42 C'est vraiment cette
01:00:44 facilité, en fait,
01:00:46 à accéder à des images
01:00:48 pornographiques...
01:00:50 - Mais, on est là, vous avez
01:00:52 raison, et c'est malheureusement pas nouveau,
01:00:54 et je crois que ce qui s'amplifie,
01:00:56 et c'est en ça que ça
01:00:58 devient quand même une vraie question
01:01:00 de société sur laquelle on devrait tous se pencher,
01:01:02 se penser...
01:01:04 se pencher, pardon,
01:01:06 c'est que, de plus en plus,
01:01:08 les jeunes
01:01:10 entre 12 et 15 ans
01:01:12 sont de plus en plus
01:01:14 livrés à eux-mêmes,
01:01:16 en quelque sorte,
01:01:18 et c'est ça la vraie...
01:01:20 Mais, qu'est-ce qu'on fait, quoi ?
01:01:22 En même temps,
01:01:24 on ne peut pas interdire
01:01:26 Internet, et l'argent
01:01:28 devient aussi, de plus en plus,
01:01:30 le moteur de toutes
01:01:32 les nouvelles technologies.
01:01:34 Donc, voilà, qu'est-ce qu'on fait ?
01:01:36 - Moi, je pense que la seule solution,
01:01:38 c'est en amont, informer,
01:01:40 informer, et encore informer...
01:01:42 Mais, vous, vous avez été
01:01:44 choqué, vous avez subi
01:01:46 comme ça,
01:01:48 des agressions virtuelles ?
01:01:50 - Alors,
01:01:52 moi, oui, oui,
01:01:54 ça m'est arrivé, même
01:01:56 à mes
01:01:58 20 ans, des personnes
01:02:00 qui m'ajoutaient sur Snapchat,
01:02:02 et qui m'envoyaient sans même
01:02:04 me connaître,
01:02:06 voilà,
01:02:08 une photo de
01:02:10 son sexe, quoi.
01:02:12 Donc, c'est...
01:02:14 Même à 20 ans, c'est très...
01:02:16 C'est choquant, quoi.
01:02:18 - Ce qu'on appelle des dick pics,
01:02:20 c'est le fait de recevoir des photos
01:02:22 de sexes en érection d'hommes qu'on ne connaît pas.
01:02:24 - C'est ça, tout à fait.
01:02:26 Et je me suis toujours
01:02:28 posé la question, comment ces personnes-là
01:02:30 arrivaient à trouver
01:02:32 mes pseudos...
01:02:34 mes pseudos Snapchat ?
01:02:36 Parce que
01:02:38 souvent, quand on ajoute sur Snapchat,
01:02:40 il y a marqué "ajouter par fonction
01:02:42 de recherche".
01:02:44 - On est là, je vais me permettre, parce que
01:02:46 je crois que c'est quand même important,
01:02:48 même si, tant pis si je passe pour une
01:02:50 vieille ringarde, moi, j'ai
01:02:52 souvenir, il y a très longtemps,
01:02:54 d'avoir
01:02:56 vu un mec qui ouvrait son
01:02:58 imperméable avec son pénis à l'air,
01:03:00 et je devais avoir peut-être
01:03:02 14-15 ans, j'en sais rien,
01:03:04 et je reconnais que oui,
01:03:06 ça m'avait un peu impressionné.
01:03:08 Donc c'est quand même quelque chose
01:03:10 qui existe
01:03:12 depuis la nuit des temps, ça.
01:03:14 - Mais c'est arrivé une fois. Peut-être que ce qui change aujourd'hui, c'est que
01:03:16 avec Internet, la personne peut l'envoyer...
01:03:18 - Attendez, je ne suis pas en train de comparer.
01:03:20 Je dis juste que
01:03:22 c'est quelque chose
01:03:24 qui malheureusement existe
01:03:26 et qu'à part l'information,
01:03:28 je ne vois pas ce qu'on peut faire d'autre.
01:03:30 C'est juste pour ça
01:03:32 que je prends cet exemple-là.
01:03:34 Si on m'avait informé, j'aurais été
01:03:36 moins choqué quand j'ai vu
01:03:38 ce sexe en érection.
01:03:40 Mais bon, après, j'en suis pas morte
01:03:42 et je me suis pas suicidé,
01:03:44 on est bien d'accord. On est là, merci
01:03:46 de votre témoignage. On continue,
01:03:48 je sais que vous êtes nombreux à vouloir réagir.
01:03:50 C'est un sujet, oui, c'est un sujet
01:03:52 qui nous concerne tous et c'est important
01:03:54 qu'on en parle.
01:03:56 - Le plus grand site de webcam live
01:03:58 réservé aux adultes.
01:04:00 - Brigitte Lea et Sud Radio
01:04:02 Le Love Conseil
01:04:04 - Alors, on va parler de tout à fait autre chose
01:04:06 dans ce Love Conseil, Samuel Comblès.
01:04:08 Pour changer un petit peu comme ça,
01:04:10 il faut donner un petit peu de respiration.
01:04:12 De légèreté, je ne sais pas.
01:04:14 En tout cas, je vais vous parler de la thérapie des 3 M.
01:04:16 C'est une thérapie qui s'adresse
01:04:18 plutôt aux femmes, quoique...
01:04:20 En fait, les 3 M, ça représente
01:04:22 la muqueuse, le muscle
01:04:24 et le mental.
01:04:26 Et c'est vrai que pour mieux comprendre ce qui ne va pas
01:04:28 sexuellement, c'est pas mal
01:04:30 de partir de ces 3 M.
01:04:32 Donc, on va d'abord
01:04:34 vérifier s'il y a un problème de
01:04:36 muqueuse. Par exemple,
01:04:38 on peut avoir une mycose,
01:04:40 une vilvodignie, donc ça fait mal.
01:04:42 Ensuite, on va parler
01:04:44 du muscle et tout particulièrement
01:04:46 du périnée, mais pas que.
01:04:48 Il peut y avoir un peu de vaginisme.
01:04:50 Et ensuite, on va
01:04:52 passer au mental. Et quand on
01:04:54 vérifie bien ces 3 M,
01:04:56 si je puis dire, sexuellement,
01:04:58 en général, on sait
01:05:00 un petit peu mieux d'où vient le symptôme
01:05:02 et on peut avancer et
01:05:04 libérer un symptôme sexuel.
01:05:06 - Il n'y a pas de méthode pour les hommes ?
01:05:08 - Bah si, c'est pareil.
01:05:10 Muqueuse, muscle, mental...
01:05:12 - Donc c'est pour tout le monde.
01:05:14 - Mais c'est quand même plus souvent,
01:05:16 reconnaissez-le, Samuel Fonglès,
01:05:18 les femmes qui ont des difficultés,
01:05:20 des petites douleurs ou des petites choses
01:05:22 sexuellement que les hommes, même si
01:05:24 ça arrive. On avait fait une émission
01:05:26 justement sur ce sujet et on avait en effet
01:05:28 des hommes qui avaient des douleurs
01:05:30 au moment de relations sexuelles.
01:05:32 Alors, nous avons Muriel maintenant
01:05:34 qui est avec nous, toujours sur ce sujet
01:05:36 qui est très très
01:05:38 très complexe. Samuel
01:05:40 Fonglès, on le voit bien. - C'est pas simple d'être parent
01:05:42 et c'est pas simple d'accompagner les jeunes.
01:05:44 Le numérique est dans nos vies, il est arrivé
01:05:46 très rapidement, donc on n'a pas beaucoup de recul
01:05:48 non plus, il faut le dire.
01:05:50 L'idée c'est de réfléchir ensemble
01:05:52 et d'essayer de trouver les meilleures des solutions
01:05:54 sachant qu'il n'y a pas LA bonne solution, mais
01:05:56 de peut-être
01:05:58 proposer aux parents de se poser des bonnes questions
01:06:00 ce qui déjà apporte des réponses
01:06:02 et malheureusement il n'y a pas une réponse
01:06:04 universelle. Chacun fait comme il peut
01:06:06 avec, je dirais, sa propre
01:06:08 éducation, ses propres
01:06:10 problématiques, ses contradictions.
01:06:12 L'idée en tout cas au final, c'est que les enfants puissent
01:06:14 traverser cette vie numérique
01:06:16 et arriver à l'âge adulte
01:06:18 de la manière la plus sécurisée et
01:06:20 tranquille possible. - Et je voudrais juste
01:06:22 réagir un tout petit peu, parce que je sais
01:06:24 bien qu'il y a forcément un petit peu
01:06:26 une... on tire un peu à boulet
01:06:28 rouge sur la pornographie, etc.
01:06:30 Si on se
01:06:32 recule d'un siècle,
01:06:34 bah, c'était pas mieux
01:06:36 pour... alors les enfants étaient peut-être très
01:06:38 protégés de tout ça, mais ça faisait
01:06:40 pas des adultes plus épanouis,
01:06:42 ça faisait pas des adolescents
01:06:44 qui sexuellement rentraient dans la
01:06:46 sexualité plus librement et
01:06:48 plus tranquillement, et avec
01:06:50 moins de difficultés. Bien au contraire.
01:06:52 Donc soyons quand même
01:06:54 clairs sur ce sujet. - Et disons aussi
01:06:56 que tous les enfants ne font pas n'importe quoi
01:06:58 bien au contraire
01:07:00 sur Internet, et qu'il y a quand même une majorité
01:07:02 de gamins et d'adolescents
01:07:04 qui utilisent les outils
01:07:06 numériques avec beaucoup de maturité,
01:07:08 avec une certaine prudence,
01:07:10 et avec des parents qui sont capables
01:07:12 de pouvoir en parler, donc les choses progressent,
01:07:14 mais comme le numérique va très vite, il faut que
01:07:16 nous aussi, en tant qu'adultes et en tant
01:07:18 qu'association de protection, on puisse arriver
01:07:20 à avoir la même vitesse.
01:07:22 - Bonjour Muriel.
01:07:24 - Oui, bonjour à tous les deux.
01:07:26 Je vous appelle
01:07:28 par rapport justement, je suis maman
01:07:30 d'un grand maintenant qui a 22
01:07:32 et d'une fille, d'une
01:07:34 ado qui a 19.
01:07:36 Alors du coup, des problématiques différentes
01:07:38 selon le genre aussi.
01:07:40 C'est vrai que ma vigilance, elle est beaucoup plus importante,
01:07:42 elle était plus importante sur ma fille
01:07:44 par rapport au fait que
01:07:46 ce soit une fille.
01:07:48 Après, mon garçon qui a
01:07:50 22 ans, le numérique était
01:07:52 certes installé dans la famille, mais d'une manière
01:07:54 moins, enfin, c'était plus cadré,
01:07:56 c'était moins développé.
01:07:58 Il a eu déjà le portable
01:08:00 en troisième, donc
01:08:02 déjà ça aussi,
01:08:04 il y avait beaucoup plus de
01:08:06 cadrage je pense, que ma fille qui l'a eu
01:08:08 en quatrième déjà. - Et pourtant, il n'y a que
01:08:10 trois ans d'écart. C'est là qu'on voit
01:08:12 ça s'accélère. - Exactement.
01:08:14 Là, on a déjà vu
01:08:16 une évolution des demandes,
01:08:18 des besoins,
01:08:20 l'effet de groupe aussi,
01:08:22 à l'école, voilà. Donc du coup,
01:08:24 malheureusement, on n'a pas tenu
01:08:26 par rapport à son frère, on n'a pas tenu
01:08:28 jusqu'en troisième.
01:08:30 Voilà, donc déjà là, on a lâché
01:08:32 un petit peu et puis,
01:08:34 voilà. Donc déjà, alors, est-ce que c'était
01:08:36 par rapport, je ne sais pas, par rapport au fait que ça soit
01:08:38 une fille aussi ? On avait peur
01:08:40 de l'extérieur,
01:08:42 mais bon, c'est une valeur
01:08:44 refuge, là encore, voilà.
01:08:46 Donc, on a pu constater
01:08:48 une évolution aussi en trois ans.
01:08:50 Alors, est-ce que c'était le fait, comme je dis,
01:08:52 que ça soit genré aussi ? Je ne sais pas. Il y avait
01:08:54 plus de méchance pour les filles
01:08:56 quand elles sortaient en ville.
01:08:58 Il y avait, voilà.
01:09:00 - Alors, sur certains points, on sait
01:09:02 à quel point les jeunes
01:09:04 filles ont beaucoup plus
01:09:06 de risque d'être harcelées, agressées
01:09:08 que les garçons. - Déjà parce qu'elles s'exposent plus
01:09:10 que les garçons sur les réseaux sociaux, ça c'est une réalité aussi
01:09:12 mathématique. Plus on s'expose, plus on a de risques.
01:09:14 Et puis, c'est vrai
01:09:16 qu'elle, malheureusement,
01:09:18 être une fille est plus à risque sur le plan du harcèlement
01:09:20 que d'être un garçon. C'est terrible, mais c'est vrai.
01:09:22 - C'est ça, c'est ça. Voilà. Alors, peut-être par rapport à
01:09:24 mon histoire aussi, moi j'ai été agressée en étant
01:09:26 ado, donc je crois que je voulais tout
01:09:28 verrouiller pour ma fille, mais malheureusement
01:09:30 il y a des choses qui m'échappent,
01:09:32 tout ce qui est internet,
01:09:34 réseau... - Vous lui avez dit ça,
01:09:36 Muriel ? - Je lui ai
01:09:38 nommé, mais elle n'a pas entendu.
01:09:40 - Ah bah si, si vous lui avez dit, elle l'a
01:09:42 entendu. Après, elle n'a pas eu
01:09:44 envie de rentrer dans la communication,
01:09:46 mais elle l'a
01:09:48 entendu, si vous lui avez dit. Et c'est bien,
01:09:50 il fallait... C'est bien de dire
01:09:52 à sa fille
01:09:54 quand on a vécu ce genre de choses,
01:09:56 pour qu'il n'y ait pas justement du transgénérationnel
01:09:58 qui s'emmêle. - Tout à fait, tout à fait.
01:10:00 Et du coup,
01:10:02 alors j'avais tendance à la surprotéger,
01:10:04 elle a
01:10:06 souffré, c'est pour ça que je l'ai
01:10:08 nommée aussi, de manière à
01:10:10 expliquer... - Oui, oui, mais vous avez
01:10:12 eu raison, c'est normal, vous avez
01:10:14 vécu ça, vous n'avez pas envie que votre fille
01:10:16 le vive, donc vous surprotégez,
01:10:18 c'est des réactions tout à fait normales.
01:10:20 Après, on fait ce qu'on peut.
01:10:22 - Voilà, c'est ça. - Et donc
01:10:24 vous nous disiez que vous lui avez donné son
01:10:26 premier téléphone portable quand elle était en 4ème, c'est ça ?
01:10:28 - Oui, oui, oui. - D'accord, donc plus tôt
01:10:30 que celui de votre fils,
01:10:32 on est d'accord, parce que quand on vous écoute,
01:10:34 on pourrait se dire "donc du coup, vous lui avez donné en seconde
01:10:36 à votre fille ?" et en fait non, vous étiez plus inquiète
01:10:38 et vous lui avez donné plus tôt.
01:10:40 - Et oui, elle avait la pression des camarades.
01:10:42 - C'est ça.
01:10:44 - Aussi, activités sportives
01:10:46 aussi qui faisaient qu'elle était
01:10:48 obligée de nous attendre dans la rue,
01:10:50 donc c'était
01:10:52 pour nous, je pense que là aussi,
01:10:54 on s'est volé un peu la face, un moyen plus
01:10:56 gros aussi d'avoir un lien avec
01:10:58 elle.
01:11:00 Donc
01:11:02 je regrette d'ailleurs vis-à-vis
01:11:04 de son frère, parce que je pense que
01:11:06 déjà, ils n'ont pas été sur le même
01:11:08 ils n'ont pas été
01:11:10 comment dire...
01:11:12 ils ne sont pas partis du même endroit
01:11:14 tous les deux. - Mais ils sont arrivés au même endroit
01:11:16 ils ont l'air... enfin...
01:11:18 - Oui, oui, oui. - Ça a l'air d'aller aujourd'hui.
01:11:20 - Oui, oui, oui, tout à fait.
01:11:22 Elle a tendance à dépendre
01:11:24 beaucoup de ses réseaux et elle en a
01:11:26 vraiment besoin. Elle est très dépendante.
01:11:28 - Quand vous lui avez donné
01:11:30 son téléphone, vous vous souvenez de ce que
01:11:32 vous lui avez donné comme recommandation ?
01:11:34 - Alors que ça servait
01:11:36 justement à
01:11:38 nous appeler,
01:11:40 que c'était juste pour
01:11:42 communiquer, que par contre
01:11:44 on voulait avoir un regard dessus,
01:11:46 que ça, s'il y avait quelque chose qui se passait
01:11:48 avec des images qui apparaissaient,
01:11:50 elle avait un WhatsApp,
01:11:52 on avait verrouillé pas mal au départ.
01:11:54 - Et est-ce qu'elle vous appelait avec son téléphone ?
01:11:56 - Pardon ? - Est-ce qu'elle vous appelait avec son
01:11:58 téléphone ? - Oui.
01:12:00 - Souvent les ados, la dernière chose qu'ils font
01:12:02 c'est appeler leurs parents avec le téléphone,
01:12:04 alors que ça rassure les parents de savoir qu'ils peuvent être
01:12:06 appelés, mais souvent les ados ne le font pas.
01:12:08 - Oui, alors au départ,
01:12:10 au départ, aujourd'hui à 19 ans
01:12:12 on a les réponses
01:12:14 le jour après, si on veut essayer de communiquer.
01:12:16 Voilà.
01:12:18 - Vous disiez qu'elle était ado, mais
01:12:20 à 19 ans elle est adulte, si je peux me permettre.
01:12:22 - Ah oui, alors justement, aujourd'hui
01:12:24 elle est partie du foyer,
01:12:26 elle fait des études, mais
01:12:28 malheureusement elle dépend
01:12:30 énormément de tous ces sites-là,
01:12:32 et je trouve
01:12:34 le libre-abri, alors
01:12:36 quoi qu'elle se dit grande et
01:12:38 mature, elle en a aucun,
01:12:40 et du coup ça me fait un peu peur.
01:12:42 Ça me fait un peu peur parce que
01:12:44 c'est une génération qui dépend...
01:12:46 - Non mais ce qui est fou Muriel, c'est qu'à la fois
01:12:48 ils sont 10 000 fois
01:12:50 plus informés, ils échangent,
01:12:52 etc., et ils sont quelque part
01:12:54 presque moins matures
01:12:56 que
01:12:58 il y a 30 ou 40 ans.
01:13:00 C'est étonnant quand même.
01:13:02 - Non, c'est surprenant.
01:13:04 Et du coup moi j'ai fait...
01:13:06 - Je ne sais pas pourquoi, vous avez une idée,
01:13:08 Samuel? - Je pense que les sources d'informations
01:13:10 sont moins diversifiées peut-être que ce qu'on avait
01:13:12 auparavant, et que
01:13:14 c'est ce qu'on appelle l'enfermement algorithmique, c'est-à-dire que
01:13:16 Internet va vous proposer des contenus
01:13:18 qui vont dans le sens de ce que vous croyez
01:13:20 et de ce que vous appréciez. Les réseaux sociaux sont
01:13:22 construits comme ça, c'est d'ailleurs pour ça que votre fille
01:13:24 est fan de ces réseaux,
01:13:26 c'est qu'on lui apporte du contenu qui lui donne du plaisir.
01:13:28 Si ça ne lui faisait pas plaisir,
01:13:30 elle arrêterait. Donc on va s'enfermer
01:13:32 après dans des contenus qui ne sont pas forcément
01:13:34 diversifiés en termes d'informations,
01:13:36 qui ne développent pas notre esprit
01:13:38 critique, mais qui vont avant tout satisfaire
01:13:40 celui ou celle qui les regarde, et c'est
01:13:42 comme ça que le succès de ces
01:13:44 réseaux sociaux va en grandissant.
01:13:46 - Ça ne les aide pas à grandir, vous voulez dire ?
01:13:48 - Je n'irais pas jusqu'à là.
01:13:50 Ça leur donne en tout cas
01:13:52 une impression d'être
01:13:54 informé. C'est vrai qu'aujourd'hui, les jeunes ne regardent plus
01:13:56 la télévision ou la
01:13:58 presse écrite, ou des livres,
01:14:00 et se tournent
01:14:02 vers les réseaux sociaux
01:14:04 considérant que c'est une source
01:14:06 effectivement fiable
01:14:08 et entendable pour pouvoir
01:14:10 s'informer. Mais je dirais qu'à la limite,
01:14:12 si déjà ils regardent ça, c'est déjà
01:14:14 pas mal, parce que je pense qu'il y a pire encore que ceux
01:14:16 qui regardent trop les réseaux sociaux, c'est ceux qui ne s'informent
01:14:18 pas du tout. Et aujourd'hui, on a des jeunes
01:14:20 qui ne s'informent plus du tout, qui ne vont même pas
01:14:22 sur les réseaux sociaux ou sur des sites
01:14:24 adaptés pour pouvoir trouver de l'information,
01:14:26 et je pense que c'est ceux-là les plus à risque, parce que
01:14:28 quand on est un peu informé, au moins
01:14:30 on sait un peu quels sont
01:14:32 les sujets actuels, on peut quand même en débattre
01:14:34 avec ses amis, on peut avoir quand même son
01:14:36 propre avis, même si on est alimenté par
01:14:38 des informations qui vont toujours
01:14:40 aller dans le sens de ce que l'on croit.
01:14:42 Mais je pense qu'il y a
01:14:44 un vrai problème avec les jeunes qui sont
01:14:46 même pas désinformés ou mal informés,
01:14:48 c'est ceux qui ne sont pas du tout informés
01:14:50 et qui croient qu'on en croit.
01:14:52 Il y en a beaucoup qui le sont.
01:14:54 Pas informés.
01:14:56 - J'ai fait des recherches sur ça
01:14:58 pour comprendre ce qui se jouait là, parce que
01:15:00 justement, je me questionnais pas mal,
01:15:02 et c'est passionnant.
01:15:04 Il y a des bouquins qui
01:15:06 échange sur ça, et qui écrivent sur le
01:15:08 mois virtuel, avec le stade
01:15:10 du selfie et le stade du
01:15:12 miroir de Jacques Lacan.
01:15:14 Et ça interpelle.
01:15:16 - Mais en tout cas,
01:15:18 votre fille, elle vous a entendu faire
01:15:20 de la prévention depuis qu'elle est toute petite,
01:15:22 enfin, depuis qu'elle est ado en tout cas,
01:15:24 et je pense que ça, encore une fois, ça la
01:15:26 construit. Peut-être que vous, de votre oeil extérieur,
01:15:28 vous avez l'impression qu'elle ne se nourrit
01:15:30 pas sur le plan de l'information,
01:15:32 mais je suis certain, d'abord parce qu'elle a pu
01:15:34 vivre sans les réseaux sociaux
01:15:36 pendant quand même une grosse partie
01:15:38 de sa vie. Elle a été plus sans réseaux sociaux
01:15:40 qu'avec réseaux sociaux depuis qu'elle est née,
01:15:42 donc elle a quand même d'autres réflexes
01:15:44 et certainement d'autres
01:15:46 capacités de pouvoir s'intéresser au monde qui l'entoure.
01:15:48 Et après,
01:15:50 c'est vrai que quand on est parent, et vous le savez,
01:15:52 il faut accepter un moment de lâcher prise,
01:15:54 et puis de les laisser faire leur petite vie
01:15:56 par eux-mêmes. Est-ce qu'elle travaille ?
01:15:58 Est-ce qu'elle est étudiante encore aujourd'hui ?
01:16:00 - Étudiante, elle travaille. - Bon. Donc elle aura
01:16:02 des sources, forcément, qu'elle le veuille ou non,
01:16:04 quand elle reviendra à la cantine de sa société
01:16:06 ou quand elle sortira
01:16:08 avec ses collègues, elle aura d'autres sources d'informations,
01:16:10 ça va se croiser, etc. Vous n'êtes plus
01:16:12 uniquement la seule source,
01:16:14 donc bien sûr que les réseaux sociaux sont peut-être
01:16:16 pour elle aussi dans cette période un peu transitoire.
01:16:18 Alors vous l'avez dit, en plus,
01:16:20 vous l'avez présentée comme une adolescente, elle est encore
01:16:22 un peu entre les deux, elle n'est pas complètement adulte,
01:16:24 et puis elle va se forger son propre esprit critique,
01:16:26 s'informer par elle-même
01:16:28 avec les sources qui seront les siennes,
01:16:30 et puis voilà, vous l'avez régrandie.
01:16:32 - Exactement. Merci beaucoup Muriel,
01:16:34 en tout cas, merci de votre témoignage. On continue
01:16:36 avec Roland dans un instant, qui va prendre également
01:16:38 la parole, et qui lui est
01:16:40 papa de deux garçons,
01:16:42 je crois, non, oui c'est ça,
01:16:44 de deux garçons de 8 ans et de 14 ans.
01:16:46 Alors on a évidemment donné de
01:16:58 nombreuses infos, mais Samuel Comblez,
01:17:00 on va juste rappeler
01:17:02 que si vous voulez être informé,
01:17:04 vous pouvez aller,
01:17:06 vous pouvez appeler le 30 18,
01:17:08 aide aux victimes des violences
01:17:10 numériques, ou jusqu'à
01:17:12 21. - De 9h à 23h.
01:17:14 - 23h, pardon. - On a changé nos horaires d'ouverture
01:17:16 justement pour être encore plus disponible
01:17:18 pour les familles, les ados qui nous
01:17:20 appellent, donc 9h à 23h, tous les jours
01:17:22 de l'année, sans aucune interruption. - Voilà,
01:17:24 donc c'est quand même important de rappeler sans cesse
01:17:26 ce numéro, 30 18.
01:17:28 Voilà, Roland, bonjour.
01:17:30 - Bonjour Brigitte, bonjour Samuel.
01:17:32 - Bonjour Roland. - Donc vous êtes
01:17:34 papa de deux garçons, 8 ans et
01:17:36 14 ans, c'est bien ça ? - Oui, oui.
01:17:38 - Donc vous êtes en plein dans le sujet du jour.
01:17:40 - C'est ça, c'est
01:17:42 justement, j'écoute
01:17:44 à temps sivant depuis tout à l'heure,
01:17:46 et j'ai entendu
01:17:48 un auditeur, précédemment,
01:17:50 qui parlait de Discord,
01:17:52 donc c'est quelque chose
01:17:54 qui m'a tapé un petit peu dans l'oreille,
01:17:56 parce que j'ai, bon évidemment, Mathéo, 13 ans et demi,
01:17:58 qui a un
01:18:00 PC dans sa chambre, qui a
01:18:02 accès à Internet, a des gens en réseau,
01:18:04 évidemment,
01:18:06 bon, il a un antivirus,
01:18:08 avec un contrôle parental
01:18:10 configuré pour son âge,
01:18:12 donc c'est ce qui permet déjà
01:18:14 de, je pense,
01:18:16 éliminer pas mal de
01:18:18 possibilités d'accès
01:18:20 à des contenus
01:18:22 qui lui sont interdits.
01:18:24 Après,
01:18:26 à mon avis, bon, nous on est quand même
01:18:28 vigilant avec mon épouse, on fait attention,
01:18:30 on sait qu'il est
01:18:32 relativement mature pour son âge,
01:18:34 on n'a pas forcément
01:18:36 de tabou, on va
01:18:38 pas discuter en famille
01:18:40 de certaines choses
01:18:42 qui ont, qui sont
01:18:44 relatives à des pratiques sexuelles,
01:18:46 mais bon, si lui
01:18:48 en fait la demande,
01:18:50 s'il a des questions à poser,
01:18:52 on lui a toujours dit,
01:18:54 on privilégie beaucoup la discussion,
01:18:56 et on essaye de
01:18:58 lui faire comprendre
01:19:00 de manière
01:19:02 assez pédagogique
01:19:04 les raisons pour lesquelles
01:19:08 il faut éviter d'aller
01:19:10 sur certains sites
01:19:12 qui sont des conseils aux enfants,
01:19:14 aux adolescents, parce qu'il y a des choses, évidemment,
01:19:16 qu'on ne peut pas
01:19:18 appréhender de la même manière
01:19:20 quand on est un ado, quand on est un adulte,
01:19:22 même parfois si certains
01:19:24 conflits sont choquants. - Oui, on entend que vous avez
01:19:26 déjà bien informé votre fils
01:19:28 depuis pas mal de temps, j'imagine.
01:19:30 - Oui, surtout qu'il a le
01:19:32 on considère qu'il a, enfin,
01:19:34 on ne sait pas qu'on considère, c'est qu'on s'est aperçu
01:19:36 qu'il a une maturité
01:19:38 assez développée,
01:19:40 et on pense que lorsqu'il pose
01:19:42 des questions
01:19:44 qui éveillent sa curiosité,
01:19:46 on essaye de,
01:19:48 on ne prend pas de pincettes, mais on essaye
01:19:50 d'y répondre le plus simplement
01:19:52 possible, sans tabou,
01:19:54 sans mettre
01:19:56 de...
01:19:58 de... comment dirais-je ?
01:20:00 - Vous n'êtes pas gêné, quelle que soit la question
01:20:02 qu'il vous pose ? - Non, voilà, non, sans gêne.
01:20:04 - C'est déjà un bon atout
01:20:06 pour votre fils, évidemment. - Oui, en toute simplicité,
01:20:08 on en discute,
01:20:10 voilà, il n'y a pas de...
01:20:12 Mais bon, je pense que si un
01:20:14 ado souhaite
01:20:16 voir un certain
01:20:18 type de contenu, de toute manière,
01:20:20 il fera tout pour y avoir accès.
01:20:22 - Sauf qu'il saura
01:20:24 qu'il n'a pas... Enfin, c'est
01:20:26 transgressif, voyez ? - Oui, oui.
01:20:28 - Il le regardera avec un peu plus de prudence,
01:20:30 et si vraiment il ne supporte pas ce qu'il
01:20:32 voit, il saura que vous êtes un interlocuteur
01:20:34 capable d'entendre
01:20:36 ses paroles, parce que, justement,
01:20:38 vous en avez parlé déjà préalablement avec lui,
01:20:40 et je trouve que ça, c'est déjà...
01:20:42 On minimise
01:20:44 l'importance de ce genre de comportement,
01:20:46 c'est extrêmement important pour protéger le
01:20:48 mineur. Je voulais vous demander
01:20:50 si vous trouvez que c'est difficile
01:20:52 d'aborder tous ces sujets, comme vous le faites là,
01:20:54 vous trouvez qu'il faut réfléchir avec votre épouse,
01:20:56 que ça demande un travail préalable,
01:20:58 ou ça vient assez spontanément ?
01:21:00 - Alors, en ce qui nous
01:21:02 concerne, c'est vrai que
01:21:04 on y répond de manière assez
01:21:06 spontanée, en général,
01:21:08 mais on essaye
01:21:10 d'y mettre un petit peu les formes.
01:21:12 On n'est pas non plus...
01:21:14 On n'y va pas avec un langage trop cru,
01:21:16 ou même pas du tout...
01:21:18 - Vous adaptez, bien sûr.
01:21:20 - Mais on essaye d'être
01:21:22 le plus pragmatique possible,
01:21:24 en faisant en sorte
01:21:26 qu'il comprenne les choses
01:21:28 à sa façon.
01:21:30 - Oui, en amont. Et à partir de
01:21:32 quel âge vous avez commencé à évoquer
01:21:34 ces sujets, justement,
01:21:36 de ce qu'on peut voir sur
01:21:38 Internet, et qu'il n'est pas
01:21:40 de son âge ? - Alors, on n'a pas
01:21:42 évoqué de ce sujet
01:21:44 de manière très précise,
01:21:46 mais globalement,
01:21:48 on lui a fait comprendre qu'il y avait
01:21:50 tout un tas de contenus qui étaient inappropriés
01:21:52 pour des jeunes de son âge,
01:21:54 d'autant plus qu'il a son petit frère de 8 ans,
01:21:56 bien tôt... - Et quand il avait quel âge,
01:21:58 vous avez commencé à lui parler ?
01:22:00 - Aux alentours de 8 ans,
01:22:02 je crois, il était 8-9 ans,
01:22:04 à peu près.
01:22:06 Oui, c'est l'âge où on a commencé
01:22:08 à lui dire...
01:22:10 Même en amont, parfois,
01:22:12 je rebondis un petit peu sur un sujet
01:22:14 sur lequel vous venez souvent, Brigitte,
01:22:16 c'est d'éviter,
01:22:18 d'informer les enfants
01:22:20 que leur corps leur appartient,
01:22:22 et qu'à partir du moment où
01:22:24 quelqu'un, un adulte ou une personne
01:22:26 qui n'est pas de leur entourage,
01:22:28 même, a fortiori, qui pourrait être de leur entourage,
01:22:30 leur proposerait ou leur ferait
01:22:32 des choses qu'ils n'apprécieraient pas,
01:22:34 ils doivent en parler, et qu'il ne faut pas
01:22:36 que ce soit quelque chose de tabou,
01:22:38 qu'à partir du moment où c'est quelque chose qu'ils n'apprécient pas,
01:22:40 ou qu'ils ne veulent pas
01:22:42 que ce soit fait sur eux, ou que leur corps
01:22:44 leur appartient,
01:22:46 c'est à eux, point barre,
01:22:48 donc à ce moment-là,
01:22:50 il faut qu'ils en parlent.
01:22:52 Il ne faut pas que ce soit tabou, qu'ils aient peur d'en parler, justement.
01:22:54 - Et vous avez raison
01:22:56 d'aborder les choses,
01:22:58 même si vous avez mis en place des logiciels
01:23:00 de contrôle parental, etc., parce que
01:23:02 vos voisins, chez lesquels
01:23:04 vos enfants vont peut-être jouer le mercredi après-midi,
01:23:06 n'ont pas forcément
01:23:08 cette même prudence, et c'est parfois
01:23:10 le petit trou dans la raquette,
01:23:12 comme on dit, qui permet que l'adolescent
01:23:14 ou l'enfant va aller sur des sites
01:23:16 qui ne lui sont pas réservés,
01:23:18 et vous, vous avez l'impression que vous avez bien fait,
01:23:20 ce qui est vrai, mais il faut se dire
01:23:22 que l'enfant est autonome aussi dans ses déplacements,
01:23:24 et que parfois, il peut être avec des copains
01:23:26 ou avec des parents qui n'ont pas la même
01:23:28 vigilance, donc
01:23:30 bien sûr, mettre en place des logiciels,
01:23:32 c'est important, et puis de continuer
01:23:34 à agir en prévention et en
01:23:36 dialoguant, c'est aussi très important.
01:23:38 - Oui, je pense que
01:23:40 tout passe par le dialogue
01:23:42 en amont, et ensuite
01:23:44 on peut
01:23:46 en pratique
01:23:48 faire de la démonstration
01:23:50 par la suite, mais bon,
01:23:52 avant tout, c'est le dialogue, je pense.
01:23:54 - Exactement, et vous avez tout à l'heure parlé
01:23:56 de Discord, vous êtes un spécialiste de Discord,
01:23:58 vous savez manier Discord avec
01:24:00 beaucoup de dextérité ?
01:24:02 - Alors, moi, non,
01:24:04 par contre, je suis déjà
01:24:06 dépassé à ce niveau-là depuis mon fils,
01:24:08 lui a déjà installé
01:24:10 tout un tas de logiciels qui ont
01:24:12 fait des choses un peu bizarres sur son PC,
01:24:14 donc il m'a demandé
01:24:16 d'enlever
01:24:18 certains malwares, certains trucs un peu bizarres,
01:24:20 de temps en temps, je contrôle un petit peu justement
01:24:22 l'historique, comme
01:24:24 le précédent auditeur, tout à l'heure,
01:24:26 et c'est vrai que, bon, jusqu'à présent,
01:24:28 à moins qu'il soit plus malin
01:24:30 que je ne le pense et qu'il efface, fuit
01:24:32 l'historique, mais
01:24:34 à ma connaissance, en tout cas,
01:24:36 je n'ai jamais vu quelque chose qui puisse me faire
01:24:38 penser qu'il
01:24:40 va sur des réseaux
01:24:42 sur lesquels il n'aurait pas le droit d'aller.
01:24:44 - Très bien, et en tout cas, je m'attendais
01:24:46 à ce que vous me disiez que vous n'y connaissez rien, et je dirais que c'est pas grave.
01:24:48 - Non, non, je n'y peux pas rien dire pour avoir Discord, non, absolument pas.
01:24:50 - Mais c'est très bien, mais on n'a pas besoin d'être
01:24:52 un spécialiste d'un sujet pour pouvoir en parler
01:24:54 à nos enfants, d'abord parce que vous pouvez apprendre de vos enfants,
01:24:56 et s'ils sont spécialistes au Discord,
01:24:58 faites-vous expliquer comment ça fonctionne,
01:25:00 et vous aurez forcément des moments où vous allez réagir en disant
01:25:02 "là, je trouve que tu ne réagis pas forcément comme
01:25:04 je le souhaite avec ton petit camarade,
01:25:06 là, il faut faire peut-être un petit peu attention,
01:25:08 là, la manière dont tu amènes
01:25:10 des copains sur ton réseau social
01:25:12 et dans ta communauté, il faut peut-être être un petit peu prudent,
01:25:14 et bien sûr,
01:25:16 techniquement, vous serez dépassé, et ce n'est pas grave,
01:25:18 votre enfant peut vous expliquer, par contre,
01:25:20 vous, vous pouvez lui expliquer,
01:25:22 je dirais, le bon sens que nous avons adultes,
01:25:24 et nous pouvons en voir parce que nous avons l'expérience de vie,
01:25:26 ce que les enfants n'ont pas, et voilà,
01:25:28 c'est un message un peu général que je lance,
01:25:30 de se dire, on n'a pas besoin d'être un spécialiste
01:25:32 des jeux vidéo, on n'a pas besoin d'être un spécialiste
01:25:34 des réseaux sociaux pour faire de la prévention avec les enfants,
01:25:36 les enfants nous expliquent, et puis on réagit
01:25:38 tout simplement. - Avec bon sens.
01:25:40 - Exactement. - Absolument.
01:25:42 Juste dernière question, reliant votre fils
01:25:44 à 14 ans, le plus jeune,
01:25:46 8 ans, vous voyez déjà une différence
01:25:48 entre les deux ?
01:25:50 - Oui, complètement, parce que le plus jeune,
01:25:52 Thomas, 8 ans, lui, c'est surtout
01:25:54 les vidéos YouTube, alors
01:25:56 on a un historique de vidéos
01:25:58 YouTube impressionnant, c'est quelque
01:26:00 chose de phénoménal, il peut voir
01:26:02 jusqu'à 80 vidéos YouTube,
01:26:04 si on l'arrête pas d'affiler,
01:26:06 mais bon, là où on est un peu
01:26:08 plus vigilant, c'est surtout sur le contenu
01:26:10 que son frère regarde,
01:26:12 qui ne serait pas forcément adapté pour lui,
01:26:14 et là,
01:26:16 oui, on voit nettement que déjà
01:26:18 le plus jeune de 8 ans
01:26:20 s'intéresse
01:26:22 de plus près à des jeux
01:26:24 comme Fortnite
01:26:26 ou des jeux un peu plus violents
01:26:28 auxquels il n'aurait pas le droit de jouer,
01:26:30 avec lesquels il joue malheureusement,
01:26:32 mais bon,
01:26:34 et ça c'est du haut. - Donc c'est là où on voit
01:26:36 comment ça s'accélère,
01:26:38 et c'est d'où la nécessité
01:26:40 réellement de réagir.
01:26:42 - De parler, et puis de sensibiliser le grand
01:26:44 au fait que le petit, forcément
01:26:46 l'admire parce que c'est le grand frère, et qu'il a
01:26:48 envie de faire comme lui parce que c'est le grand frère,
01:26:50 et qu'il faut qu'il soit vigilant lui-même
01:26:52 pour être protecteur pour son petit frère
01:26:54 quand il regarde des vidéos sur Youtube. - Merci beaucoup
01:26:56 Roland d'avoir réagi,
01:26:58 merci Samuel Comblès, je crois qu'on a passé
01:27:00 beaucoup d'informations, si vous en avez encore besoin
01:27:02 vous appelez le 3018
01:27:04 où vous allez sur e-enfance,
01:27:06 de toute façon vous aurez
01:27:08 forcément des gens qui pourront vous aider.
01:27:10 Tout de suite vous retrouvez, c'est votre avenir.
01:27:12 Demain on sera avec Stéphane Clerget,
01:27:14 et on évoquera
01:27:16 le kilo émotionnel. Pourquoi on grossit
01:27:18 et on maigrit comme ça parfois alors qu'on mange
01:27:20 pas plus, on mange pas moins ?