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  • il y a 4 ans
Avec Samuel Comblez, psychologue, psychothérapeute spécialiste de l’enfance et de l’adolescence. Directeur des opérations de l’association E-enfance, auteur de « La sexualité de vos ados, en parler, ce n’est pas si compliqué ?» - Éditions Solar.
+ Application sur le 3018 - Aide aux victimes des violences numériques.

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##NOEPISODE##
Transcription
00:00 Le plus grand site de webcom live réservé aux adultes.
00:04 14h16h, Brigitte Lae, Sud Radio.
00:08 Nous évoquons aujourd'hui les dérives de nudité, d'images sexuelles sur les réseaux sociaux.
00:17 Avec Samuel Comblez qui est avec nous.
00:19 C'est évidemment l'idée de protéger les enfants qui ne sont évidemment pas adultes.
00:25 Et donc c'est important parce que si on veut qu'ils aient plus tard une sexualité qui convient,
00:31 il vaut mieux qu'on les protège un petit peu plus.
00:34 Vous avez envie de réagir ? Vous pouvez nous appeler au 0826 300 300.
00:38 Bonjour Pierre.
00:39 Bonjour Brigitte, bonjour Samuel.
00:41 C'est très bien de vous avoir.
00:43 Merci à vous.
00:45 Justement, vous avez votre fille qui utilise beaucoup Instagram.
00:50 Tout à fait. Alors j'ai mes deux enfants.
00:52 Mon fils vient d'avoir ses 19 ans, ma fille a ses 16 ans.
00:55 Alors eux, ils ont tous les deux une page Facebook, mais j'ai qui existe simplement.
01:04 Donc il n'y a aucune photo d'eux ni quoi que ce soit dessus.
01:07 Je vais dire qu'ils gardent pour plus tard si un jour il y en a besoin.
01:10 Donc ils regardent les autres, mais eux ne montrent rien.
01:13 Souvent les jeunes font ça juste pour pouvoir accéder aux contenus des autres.
01:16 C'est ça ?
01:17 C'est ça, exactement. C'est exactement ça.
01:19 Sachant que Facebook aujourd'hui est plus de notre génération, si je peux dire, plutôt que de la leur.
01:24 Après, eux, ils utilisent énormément Instagram et Snapchat également.
01:29 Également une autre application qui est sortie il n'y a pas très longtemps, qui s'appelle Bireal,
01:33 qui permet de poster un petit peu des photos d'un instant T qu'on peut envoyer.
01:39 Mais ça reste du coup dans un circuit extrêmement restreint et qui n'est pas publié à droite ou à gauche.
01:44 En fait, Snapchat, c'est uniquement nos amis qui ont droit à accéder à nos photos.
01:49 Facebook, moi je suis un peu réticent.
01:51 J'utilise pour moi, parce que c'est un peu plus à mon fonctionnement et ma génération.
01:56 Par contre, je fais gaffe quand même aux photos que je mets dessus,
02:01 parce que c'est vrai qu'une fois qu'elles sont sur Facebook, on sait pas.
02:05 Pour les récupérer, c'est un peu compliqué.
02:07 Donc là-dessus, je suis assez prudent.
02:10 Et alors pour mes enfants, pour revenir à eux, parce que c'est quand même le sujet,
02:13 je sais qu'ils ont eu droit à une visite de la gendarmerie ou du commissariat à l'époque,
02:17 quand ils étaient encore au collège, qui leur expliquaient un petit peu les dangers de poser ces photos là-dessus.
02:22 Et c'est vrai qu'à ce moment-là, moi j'avais certaines de mes photos sur mon Facebook privé avec mes enfants,
02:28 et mon fils m'avait dit "attention papa, je vous ai supprimé ces photos".
02:31 Et j'ai trouvé ça génial.
02:33 Et il avait 12-13 ans à l'époque, et du coup je l'ai supprimé tout de suite.
02:35 J'ai supprimé toutes les photos où il était dessus.
02:37 Je l'ai supprimé simplement.
02:39 Et quelque part il avait raison.
02:41 Parce que ces photos pour les fusils, ils les utilisaient pour d'autres utilisations.
02:45 - Et ça c'est après avoir écouté les gendarmes qui l'ont informé.
02:51 - Exactement.
02:53 - C'est intéressant, ça montre bien que l'information provoque une réaction.
02:57 - Tout à fait.
02:59 - Et ça montre bien qu'en une seule séance, on a convaincu un jeune qui devient lui-même ambassadeur des bonnes pratiques.
03:04 Donc il n'y a pas besoin d'avoir fait 15 interventions.
03:07 Et à ce moment où c'est expliqué avec des mots très simples, avec quelques exemples,
03:11 et qu'on explique aux jeunes qu'on ne le fait pas pour être contraignant pour lui,
03:15 mais au contraire pour le protéger, la majorité des gamins comprennent.
03:18 Et vous ont protégé vous-même aussi.
03:21 Donc ça c'est très bien.
03:23 - Exactement.
03:25 J'ai vraiment supprimé tout le contenu où il était dessus.
03:27 Pour rebondir un peu plus là-dessus, le risque qu'il y a, c'est que ces photos soient prises pour d'autres utilisations.
03:35 Notamment pour les réseaux pédophiles, des choses comme ça.
03:38 Et ça moi c'est une chose sur laquelle j'ai été confronté,
03:41 parce que j'ai découvert un réseau pédo-criminel dans la ville où je suis.
03:44 Bien sûr que j'ai signalé aux forces de police dans la foulée.
03:48 - Bien sûr. On est obligé, je le précise pour ceux qui nous écoutent,
03:52 on est obligé aujourd'hui de signaler ce genre de choses.
03:56 - D'accord.
03:58 Alors ça j'ai ignoré, moi je l'ai fait toute bonne fois, parce que c'est une déconne.
04:01 - Bien sûr Pierre, c'est formidable que vous l'ayez fait,
04:04 mais de toute façon, sinon on est complices en gros.
04:08 - D'accord.
04:09 - Par rapport à elle.
04:10 - On est tous citoyens, donc on doit se protéger les uns les autres.
04:12 Et si vous avez un jour besoin de faire un signalement de ce type,
04:14 vous allez sur la plateforme Pharos.
04:16 Donc il faut aller sur Pharos, vous faites "signalement internet Pharos",
04:20 vous trouverez, c'est le site du ministère de l'Intérieur qui permet de faire des signalements
04:24 quand on estime que sur internet il y a eu, de manière publique en tout cas,
04:28 des contenus qui sont préjudiciables aux mineurs et aux majeurs aussi.
04:32 - Et donc vous avez signalé ça où ? A qui ?
04:35 - Au commissariat, parce que j'ai eu la chance, j'ai le commissariat qui est à 500 mètres de chez moi.
04:39 Donc j'ai pu en fait...
04:41 Donc en fait ça s'est passé, alors je ne sais plus sur quel réseau c'était,
04:44 c'est passé ensuite sur Telegram, qui est un peu plus sécurisé,
04:46 et là j'ai eu droit à pas mal de choses.
04:48 Donc je les ai fait parler, parler, parler pour savoir ce qu'il y avait derrière.
04:51 Et là j'ai découvert pas mal de choses, en fait on m'a même envoyé des vidéos, des photos,
04:55 des choses comme ça.
04:57 Et voilà, c'est des photos que j'aurais préféré ne jamais voir de ma vie,
04:59 parce qu'elles restent dans ma mémoire.
05:01 - Alors que vous êtes adulte ?
05:03 - Oui voilà, c'est ça. Moi j'ai 47 ans, et ces images je les ai oubliées à jamais de ma vie.
05:07 - C'était donc des images d'enfants abusés sexuellement ?
05:11 - Exactement, tout à fait, voilà c'est ça.
05:13 - C'est vrai qu'une fois qu'on a vu ce genre d'image, on est un peu marqué, je vous l'accorde.
05:17 - C'est ça, ouais. Et là du coup bon, j'ai tout transmis bien sûr,
05:20 après ça a suivi sa procédure.
05:22 Voilà, après aujourd'hui je ne sais pas où ça en est.
05:25 - Malheureusement, j'espère que les gens ont été arrêtés et punis comme il se doit,
05:30 mais malheureusement c'est souvent des sites qui sont dans des zones qui ne sont absolument pas...
05:36 - Sans accord de police entre pays, donc on n'a pas d'influence.
05:39 - Ah ben c'est pire que ça, c'est que le...
05:42 Bon là je ne peux pas vous dire trop d'éléments, parce que l'enquête je dirais est en cours,
05:46 mais ça se passe, enfin l'horizon en question se passe dans ma ville, où je suis,
05:49 c'est une ville de 48 ans, vous voyez, il n'y a rien d'extraordinaire.
05:52 J'ai fait un premier signalement en fait en décembre 2021,
05:55 6 mois plus tard, donc en août 2022, j'ai découvert que c'était toujours actif.
06:02 Donc j'ai recontacté la personne pour refaire parler, j'ai encore récupéré des infos,
06:06 et tout redonné en force de l'ordre, et aujourd'hui c'est toujours actif.
06:10 C'est aberrant ce que je vous dis, mais en fait ça me rappelle un petit peu ce qui s'est passé
06:14 pour réédiciter des PMP récemment.
06:17 Il existe des réseaux, et ça il faut que les gens en soient conscients.
06:21 Donc pour revenir au départ, ne publiez pas n'importe quelle photo,
06:24 parce qu'on ne sait pas quoi se passer derrière.
06:26 Et aujourd'hui on est en pleine danse, et c'est vrai que les jeunes ne s'en rendent pas compte,
06:31 on envoie des photos, on envoie des photos, mais ils ne savent pas,
06:33 ouais bon, il y a quoi être utilisé derrière.
06:35 Oui, mais là quelque part vous abordez deux sujets différents,
06:39 il y a en effet les photos qu'on peut diffuser sans se rendre compte,
06:44 et puis ensuite regretter parce qu'elles vont être diffusées,
06:48 et qu'on n'arrive plus à arrêter la chose.
06:51 Il y a les réseaux pédocriminels qui malheureusement existaient déjà il y a 30 ans,
06:56 c'est un sujet sur lequel je me suis penché il y a plus de 30 ans,
07:00 et on n'y arrive pas, et pour avoir parlé avec des personnes,
07:04 des flics qui sont chargés de ce genre de choses,
07:10 c'est eux qui m'ont toujours dit que de toute façon,
07:13 on remonte à la source de certaines personnes,
07:17 on ne remonte jamais à la source originale,
07:22 parce que justement tout est fait pour qu'on n'y arrive pas.
07:25 Il y a une chose un peu nouvelle quand même dans ces réseaux,
07:29 c'est que par le passé c'était les pédophiles qui produisaient eux-mêmes les contenus,
07:34 parce qu'il n'y avait pas d'autre moyen,
07:36 aujourd'hui ils peuvent influencer les mineurs,
07:38 pour pouvoir leur envoyer eux-mêmes des contenus qui sont autoproduits,
07:42 ce qui pour eux est moins préjudiciable,
07:45 et du coup ce n'est pas la même chose de diffuser des images pornographiques,
07:48 de les regarder et de les créer soi-même.
07:50 Donc à partir du moment où ces vidéos sont créées par des jeunes eux-mêmes,
07:54 et c'est très facile, vous allez sur un site de jeux vidéo pour enfants,
07:58 vous créez un profil en disant que vous êtes une petite fille de 8 ans,
08:03 vous allez faire croire n'importe quoi à la petite fille,
08:06 vous allez lui proposer de la faire progresser dans le jeu beaucoup plus rapidement,
08:12 vous allez lui donner quelques euros par votre carte bancaire ou par d'autres moyens,
08:17 la jeune gamine va être évidemment ravie,
08:20 et en échange de quoi il faut juste qu'elle vous envoie des photos ou des vidéos,
08:24 avec son petit frère ou sa petite soeur,
08:27 et en train de faire des choses sexuelles,
08:29 je fais exprès de le dire,
08:31 bien sûr ça n'arrive pas tous les jours,
08:33 et ce n'est pas partout,
08:34 mais c'est pour faire prendre conscience quand même de là où on en est,
08:37 c'est-à-dire qu'il y a des adultes qui proposent ce genre de choses à des enfants,
08:41 et tout ça évidemment très à l'abri des regards des parents,
08:44 parce que les parents ne sont pas conviés à ce genre de choses,
08:48 et ne peuvent pas l'imaginer,
08:50 et que tout est fait,
08:52 et ça c'est la pression du pédophile pour faire en sorte que l'enfant n'en parle pas,
08:56 et tout le monde y trouve son compte,
08:58 la gamine avance dans son jeu vidéo,
09:00 le pédophile a des contenus à priori qu'on ne peut pas lui reprocher d'avoir créé lui-même,
09:05 et puis il les diffuse,
09:07 d'où l'importance de ce qu'on se raconte là,
09:09 l'idée ce n'est pas de dire que ça arrive tout le temps,
09:11 et tous les jours, et chez tous les jeunes,
09:13 mais c'est de dire que ça peut arriver,
09:15 d'où l'importance d'en parler, de faire de la prévention,
09:17 et d'être attentif quand même à la façon dont les jeunes utilisent leur téléphone portable,
09:21 leur tablette, etc.
09:23 Merci Pierre, merci beaucoup,
09:25 on continue après les infos,
09:27 à vous laisser témoigner,
09:29 et à vous laisser surtout poser vos questions au 0826 300 300.
09:32 Petite devinette du jour,
09:34 quelle est la différence entre une femme,
09:36 et une femme de ménage ?
09:38 vous répondrez après les infos.

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