00:00 Brûlant, vous en parliez ! Montrer ces vidéos, terrifiantes disons-le tout de suite, c'est
00:05 attiser les violences, jeter l'eau propre sur des fonctionnaires au métier difficile.
00:09 Ne pas les montrer, répondre d'autres en ligne, c'est nier un vrai souci avec le maintien
00:13 de l'ordre en ce moment.
00:15 Depuis jeudi dernier, depuis 49.3, pas un jour ne se passe en ligne sans que des élus,
00:19 des manifestants, des journalistes ne dénoncent un comportement disproportionné des forces
00:24 de l'ordre.
00:25 Côté préfecture, en même temps, on fait face à, vous le disiez, il n'y a pas de
00:29 défilé déposé en bonne et due forme.
00:31 À la préfecture, des rassemblements dits spontanés qui s'organisent en ligne, en
00:35 temps réel.
00:36 Je vous l'expliquais hier, c'est dans une boucle Télégram qu'on va se donner rendez-vous
00:39 hier par exemple à Bastille.
00:41 Ah mince, la police arrive, on s'alerte toujours en ligne.
00:43 On va ressurgir à Châtelet, le cortège sauvage est à nouveau dispersé.
00:48 On se retrouve Place Vauban, Nass.
00:50 Est-ce qu'on n'aurait pas Bruce changé d'époque ? Est-ce que finalement les règles
00:54 de la contestation et donc de son maintien n'auraient pas changé depuis des certains
00:59 gilets jaunes ?
01:00 Une chose ne change pas, en tout cas la réponse de la place Beauvau quand on la renvoie aux
01:05 vidéos de violences qui circulent en ligne.
01:07 Ces extraits, dit la place Beauvau, ne montrent pas le contexte.
01:11 Oui, sauf que l'excuse a fonctionné un temps, mais elle ne convainc plus vraiment en ligne.
01:15 Hier encore à Paris, on voit des images d'un policier de la Bravem filmé en train de frapper
01:18 au visage une jeune femme qui tente de se protéger.
01:21 Il y a cette droite en pleine tête d'un manifestant qui reste ensuite abandonné là, gisant au
01:25 sol durant de longues minutes.
01:26 Aucun contexte légal ne peut justifier ces gestes.
01:30 On voit également des charges sans sommation, des coups de matraque qui pleuvent sans interpellation
01:34 derrière.
01:35 Et là les juristes nous disent qu'on trouve ça justifié ou pas, c'est plus le problème.
01:38 C'est contraire à la doctrine officielle du maintien de l'ordre.
01:41 Si on vous neutralise violemment, c'est qu'on a quelque chose à vous reprocher, quelque
01:45 chose de précis.
01:46 Donc il y a beaucoup de questions sur les Nass également.
01:48 On a vu des CRS Place Vauban sortir leur gazeuse sur des manifestants apparemment très calmes.
01:53 Il y a Blas qui diffuse cette vidéo.
01:55 On voit un policier tirer au LBD sur un manifestant et lui hurler.
01:58 Je ne sais pas s'il y a des enfants à cette heure-là devant la télé, donc je ne vais
02:00 pas citer cette incroyable phrase qui lui balance.
02:04 La députée Raquel Garaydo vous le disiez, interpelle donc ministre et préfet pour mettre
02:09 fin à ce massacre.
02:10 Il y a sa consoeur Mathilde Panot qui évoque elle aussi des images insoutenables.
02:13 Quand arrêter le chaos et la répression, demande-t-elle ?
02:17 Machistras et avocats s'emmêlent.
02:19 Oui, ce matin, concernant les Nass déjà qui consistent à concentrer les manifestants
02:22 dans un tout petit périmètre grâce à des cordons de CRS.
02:25 Il rappelle que la pratique a été jugée illégale par le Conseil d'État en 2021.
02:30 Pourquoi est-ce qu'on la voit encore à Paris et pas qu'à Paris ?
02:34 À Strasbourg, cette nuit, il y a un homme qui s'est évanoui dans une rue très étroite.
02:38 Trop de lacrymo, trop de monde.
02:39 Le député Nups de la région s'interroge et s'en émeut.
02:43 Pareil pour les centaines de gardes à vue dont je vous parlais.
02:45 Ce n'est pas un usage de la force prévu par nos lois.
02:48 Il y a Mathilde Panot qui réclame la libération de ces manifestants arrêtés abusivement,
02:53 du coup, elle dit.
02:54 C'est le syndicat de la magistrature qui pointe lui aussi une dérive.
02:58 Et ils en veulent pour preuve les chiffres, c'est assez simple.
03:00 Jeudi dernier, 292 interpellations brusques, 283 classées sans suite.
03:06 On est quand même dans une preuve, disent-ils, que l'appareil judiciaire est entièrement
03:11 au service du maintien de l'ordre.
03:13 Le syndicat de la magistrature qui, dans son communiqué, parle de violences et de répression
03:18 policières destinées à dissuader par la peur les manifestations.
03:22 Je termine avec les avocats de France qui eux aussi s'en mêlent pour finir et s'inquiètent
03:25 de ces dérives dignes d'un pays autoritaire.
03:28 Ils ont des mots très durs.
03:29 Ces violences constatées partout en France viennent confirmer qu'il ne s'agit pas de
03:33 situation individuelle isolée mais d'une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre
03:37 choisie, assumée, qui semble avoir pour objectif non pas le maintien de l'ordre mais l'intimidation
03:42 des manifestants et la cessation du mouvement social.
03:45 Et rappelle un petit problème quand même, c'est que l'opinion, liberté d'expression
03:49 et de déplacement, voilà là des droits quand même fondamentaux défendus par des
03:54 textes internationaux.
03:55 Une certaine déclaration des droits de l'homme par exemple.