- il y a 3 ans
Parlons Vrai chez Bourdin avec Céline Calvez, députée Renaissance des Hauts de Seine, Grégoire Ensel, président de la FCPE, Philippe Watrelot, ancien enseignant, auteur de "Je suis un pédagogiste" (ESF-Sciences Humaines, 2021).
Retrouvez Parlons Vrai chez Bourdin du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://thao.funnymoment.net/video/x75yzts
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
Nous suivre sur les réseaux sociaux
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos Parlons vrai chez Bourdin : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQkzX4JBcyhPDl9yzBynYbV
##PARLONS_VRAI_CHEZ_BOURDIN-2022-04-21##
Retrouvez Parlons Vrai chez Bourdin du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://thao.funnymoment.net/video/x75yzts
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
Nous suivre sur les réseaux sociaux
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos Parlons vrai chez Bourdin : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQkzX4JBcyhPDl9yzBynYbV
##PARLONS_VRAI_CHEZ_BOURDIN-2022-04-21##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00 - Sud Radio Parlons Vrai chez Bourdin, 10h30, midi 30, Jean-Marie Bordry.
00:07 - Et la parole est donnée à tous les enseignants qui nous écoutent, mais aussi à tous les parents ou grands-parents d'élèves.
00:12 On a tous un lien plus ou moins avec l'école de la République dans ce pays.
00:15 Quoi qu'on pense et quoi qu'on gagne aussi.
00:18 On va parler des revenus des enseignants avec cette augmentation confirmée hier par Emmanuel Macron,
00:23 notamment sur Sud Radio + 100 à 230 euros net par mois pour les enseignants, sans condition à la rentrée prochaine,
00:32 ou ce qui pourra aller jusqu'à 500 euros avec de nouvelles tâches qui pourront être accomplies par certains enseignants
00:37 dans le cadre d'un pacte sur la base évidemment du volontariat.
00:40 Question, est-ce que ces annonces peuvent sauver l'école ?
00:44 C'est la question qu'on vous pose à tous parce que quoi qu'il arrive, on est tous passés par l'école dans ce pays.
00:48 Vous pouvez nous appeler au 0826 300 300, même si vous êtes encore à l'école.
00:52 On vous donne la parole justement pour venir nous dire ce qui pourrait sauver l'école.
00:56 Est-ce que faire en sorte que nos enseignants gagnent mieux leur vie permettrait d'améliorer la situation ?
01:02 C'est toute la question qu'on se pose avec vous tous.
01:05 On va en parler avec nos trois invités qu'on accueille avec plaisir sur Sud Radio.
01:09 Céline Calves, bonjour à vous.
01:11 Bonjour.
01:12 Députée Renaissance des Hauts-de-Seine, nous sommes également avec Grégoire Ancel.
01:16 Bonjour à vous.
01:17 Vous êtes président de la FCPE, Première Fédération de Parents d'Élèves.
01:20 Et Philippe Vattrelo, bonjour à vous.
01:22 Bonjour.
01:23 Vous êtes ancien enseignant, auteur de ce livre au titre "Un brin pour quatre heures" par Les Temps qui courent.
01:28 "Je suis pédagogiste", c'est publié chez ESF Sciences Humaines en 2021.
01:33 Avant cela, j'aimerais qu'on revienne sur ce que vous venez de publier, Philippe Vattrelo, dans Alternatives économiques.
01:39 Parce que vous l'aviez senti venir, vous les aviez sentis venir, ces annonces d'Emmanuel Macron,
01:43 ces augmentations notamment pour les enseignants, mais aussi les autres mesures annoncées.
01:48 On ne réforme pas l'école en 100 jours.
01:52 En gros, ce que vous dites, c'est que quoi qu'annonce Emmanuel Macron dans les semaines qui viennent,
01:56 eh bien, ça ne servira à rien.
01:58 Alors, je ne dis pas que ça ne servira à rien, mais le discours, enfin l'allocution de lundi dernier,
02:06 évoquait très brièvement l'école.
02:09 Il y avait quelques phrases, et notamment le remplacement de tous les enseignants absents de manière systématique.
02:17 Je n'ai plus la formule exacte, mais je crois que c'est ça.
02:19 - Ce qui est un vœu pieux. Tous ceux qui sont passés par l'école, même il y a 20 ans, ont connu ce problème.
02:23 - Le moindre chef d'établissement, le moindre professeur vous dira que dans le secondaire, c'est effectivement un vœu pieux.
02:30 Pour deux raisons. D'abord parce que, effectivement, techniquement, trouver des enseignants qui veuillent bien remplacer...
02:38 Alors, je ne dis même pas matière pour matière, mais bon, voilà.
02:41 Et puis, par ailleurs, parce qu'il y a un problème aussi de pénurie d'enseignants.
02:45 Et donc, ce qui existait auparavant, c'est-à-dire les corps de remplaçants, n'existent plus.
02:51 Et donc, je pense que ça tient du vœu pieux.
02:54 - Alors, justement, si on manque de profs et qu'on a du mal à les recruter,
02:57 est-ce que ce n'est pas justement parce qu'ils n'étaient pas assez bien payés ?
02:59 Est-ce que, et on va en parler avec vous trois, évidemment, parce que vous avez tous votre mot à dire là-dessus,
03:03 mais ces augmentations, qui sont substantielles quand même, annoncées hier,
03:06 peuvent permettre de recruter davantage de profs ? Tiens, Céline Calves d'abord.
03:10 - Peuvent en motiver plusieurs, mais ça ne suffit pas.
03:13 Moi, quand je rencontre des professeurs, ce n'est pas seulement la question de leur rémunération qui est importante,
03:17 c'est la condition au quotidien de leur travail.
03:20 Est-ce qu'ils sont capables d'avoir une classe sans trop d'effectifs
03:23 pour pouvoir participer à avoir l'attention nécessaire à chaque élève ?
03:27 Est-ce qu'ils sont capables d'être dans un établissement où on a une dynamique collective qui peut s'exprimer ?
03:32 Est-ce qu'ils sont capables d'avoir une formation continue et pas contrainte tout au long de leur vie ?
03:37 C'est quand même fou que ce soit les professeurs, les enseignants,
03:40 qui soient finalement le moins accompagnés en termes de formation continue.
03:44 Donc, il faut pouvoir penser non seulement à cette formation, il faut penser à l'entrée dans le métier,
03:49 et je pense que pour penser l'entrée dans le métier, il faut penser aussi à la sortie du métier.
03:53 Peut-être qu'on n'a pas besoin de faire enseignant toute sa vie.
03:56 Par contre, ce que j'aimerais bien, c'est que chaque Français, à un moment, puisse être enseignant une fois dans sa vie.
04:01 Ça permet de mieux comprendre quelle est l'importance, et je pense qu'on peut l'être un petit peu davantage.
04:06 Ça permet de respecter aussi ce que font les enseignants.
04:08 - Comprendre l'on vécu pendant le confinement. - Voilà, exactement.
04:11 Et justement, ils se sont rendus compte que c'était difficile,
04:13 et ils ont remercié les professeurs de leurs enfants pour tout ce qui était fait au quotidien pour eux.
04:18 Justement, faire faire les devoirs, notamment, ça c'est quelque chose que tous les parents ont connu un jour.
04:22 On va en parler aussi avec notre troisième invité, Grégoire Ancel, président de la FCPE.
04:27 D'abord, ce matin, Patrick Roger, dans le Grand Matin Sud Radio,
04:30 était avec l'un des quatre enseignants qui ont longuement échangé hier à Grange avec Emmanuel Macron.
04:35 Alors, il n'était pas satisfait des annonces, mais il reconnaissait une chose.
04:38 Il disait "moi j'ai commencé ma carrière à 1300 euros, aujourd'hui ce ne serait plus possible".
04:43 Et c'est quand même déjà ça.
04:45 Est-ce que vous accueillez, vous, le parent d'élève que vous êtes, favorablement, au moins, ces annonces d'augmentation,
04:50 ou pour vous, elles sont complètement hors-sujet ?
04:52 Alors, très clairement, des enseignants qui sont revalorisés, c'est une façon de reconnaître leur importance,
04:56 et de redonner de l'attractivité au métier.
04:59 Très clairement.
05:00 Mais comme ça a été dit à l'instant, ce n'est pas la seule condition,
05:03 bien au contraire, pour être bien dans sa classe et pouvoir faire cours.
05:06 Je rejoins une partie des propos de madame la députée sur la notion des effectifs,
05:10 on y reviendra, sur les conditions d'encadrement, de dynamique, de lien avec les autres collègues.
05:16 C'est tout un écosystème qu'il faut repenser.
05:18 Et aujourd'hui, très clairement, vous posiez la question de savoir si vous alliez sauver l'école avec ces mesures.
05:23 Très clairement, non, mais c'est un premier élément de réponse, mais on a beaucoup plus à demander.
05:28 Justement, sauver l'école. À partir du moment où on dit qu'il faut sauver l'école,
05:31 c'est qu'on part du principe qu'elle va très mal.
05:33 Pourquoi va-t-elle mal ? On va refaire le point tout de suite avec vous.
05:35 D'abord, vous tous qui nous écoutez sur Sud Radio, au 0 826 300 300, venez prendre la parole.
05:40 Est-ce que vous êtes dans le cas de ces parents dont certains enfants n'ont pas de prof depuis une semaine,
05:45 deux semaines, trois semaines, n'ont pas de cours d'anglais depuis un mois ?
05:48 Ça arrive très souvent. Même moi, je l'avais vécu il y a presque 20 ans.
05:53 C'est pour vous dire, ça avait duré trois mois.
05:55 C'est quelque chose de récurrent et de structurel dans l'éducation nationale.
05:58 Donc si vous êtes prof ou parent d'élève, venez nous dire ce par quoi vous passez en ce moment.
06:03 Philippe Vattrelo, avant ça, on dit sauver l'école.
06:05 C'est drôle parce qu'on a posé une question qu'à Sud Radio, on le pose à chaque fois.
06:09 Est-ce que ces annonces peuvent sauver l'école ?
06:11 Personne n'a tiqué sur la formulation.
06:13 Ça sous-entend que tous les trois, vous êtes d'accord sur le fait qu'il y a besoin de la sauver.
06:17 Donc que l'école est en danger aujourd'hui. Elle est en danger de quoi ?
06:20 Non, je crois que l'expression est un petit peu excessive.
06:24 Sauver l'école, ça signifierait qu'elle soit en délicatessence complète.
06:28 Moi, je n'adhère pas du tout à ce discours très décliniste, très catastrophiste.
06:33 Tout va bien pour vous alors.
06:34 Si on pouvait éviter de résonner de manière binaire, ça serait formidable.
06:38 Allez-y.
06:39 Parce que justement, l'enjeu, ce n'est pas de la sauver.
06:42 J'ai une formule, je dis souvent, avant de penser l'école de demain, il faut déjà penser, P-A-N-S-E-R, l'école d'aujourd'hui.
06:50 Et donc, la réparer, et en particulier réparer ce qui la fait travailler, c'est-à-dire le corps enseignant.
06:59 Donc, qu'est-ce qui cloche aujourd'hui, justement ?
07:01 Réparer les enseignants, ça veut dire que leur mission est abîmée aujourd'hui.
07:04 Vous êtes vous-même...
07:05 Ce n'est pas leur mission qui est abîmée, c'est la condition.
07:08 Peut-être qu'effectivement, il faut travailler dans la formation. J'ai été aussi...
07:11 En tant partagé formateur pendant 16 ans, il faut redéfinir un petit peu cette formation des enseignants.
07:17 Mais, rappelons quand même une chose.
07:20 Si on voulait retrouver le niveau de rémunération de pouvoir d'achat de 1981,
07:27 et je dis ça pas par hasard parce que c'est l'année où j'ai commencé à enseigner,
07:32 il faudrait une revalorisation de 40%.
07:35 Ça veut dire que, socialement, concrètement, les enseignants ont été complètement déclassés
07:40 au fur et à mesure, socialement, en 40 ans.
07:44 Comment on explique qu'en 40 ans, l'épreuve est gagnée de moins en moins ?
07:47 Que ce soit devenu parmi les métiers où on gagne le moins bien sa vie.
07:50 Comment on en est arrivé là ? Céline Calavez.
07:52 Moi, je pense que non seulement, quand on parle justement du niveau de salaire,
07:55 on compare par rapport au SMIC qui, lui, a augmenté.
07:57 Donc, on peut se réjouir aussi que le SMIC ait augmenté.
08:00 Je pense aussi qu'on était dans un défi de massification de l'école.
08:03 C'est-à-dire qu'on avait besoin de recruter beaucoup.
08:06 Et donc, on est arrivé à ça.
08:08 Et malheureusement, et je reviens encore, ce n'est pas seulement la question de la rémunération,
08:12 c'est aussi la question du respect.
08:14 Du respect, par exemple, des parents par rapport à la parole du professeur.
08:18 C'est différent. Alors, effectivement, pendant le confinement,
08:21 il y a eu un hyper-respect de la part des parents par rapport aux professeurs.
08:25 Mais parfois, on n'a pas cette reconnaissance.
08:27 Et d'ailleurs, parfois, elle est basée sur le salaire.
08:30 C'est-à-dire que vous avez des parents qui considèrent que,
08:32 comme les professeurs ne sont pas bien payés, ils ne seraient pas respectables.
08:35 Alors, ce n'est pas forcément mettre les bonnes choses dans la tête de leurs enfants.
08:40 - Mais c'est ce qu'on en est justement, et vous avez raison de le dire.
08:43 On va en parler dans un instant. C'est pour ça que je vous interromps.
08:45 Et on va donner la parole aux parents d'élèves qui sont avec nous.
08:47 Est-ce que c'est normal qu'on soit aussi dans un monde où on se dit finalement,
08:50 "Tiens, si la personne est mal payée, mon fils n'est pas obligé de la respecter."
08:53 On pourrait en parler justement.
08:55 L'autorité et le respect de la fonction de professeur.
08:57 0, 826, 300, 300. La parole aux profs et à tous les parents d'élèves.
09:01 Est-ce qu'on peut sauver l'école ? Est-ce qu'il y a besoin de la sauver ?
09:03 Sous-entendu Philippe Vattrelo.
09:05 On en parle dans un instant avec nos trois invités.
09:07 A tout de suite sur Sud Radio.
09:09 Comment améliorer le sort de l'école ? Faut-il la sauver d'ailleurs ?
09:17 Tout simplement, +100 à 230 euros net par mois pour tous les profs.
09:22 Annonce d'augmentation pour les enseignants.
09:24 Confirmé hier notamment sur Sud Radio par Emmanuel Macron.
09:28 Est-ce que ça peut permettre d'améliorer le sort de l'école de la République ?
09:32 On en débat avec nos trois invités.
09:34 La députée Renaissance Céline Calvez, Grégoire Ancel qui est le président de la FCPE,
09:37 les parents d'élèves et Philippe Vattrelo, ancienne enseignante et auteur de ce livre.
09:41 Je suis un pédagogiste.
09:43 On parlait aussi de ce problème récurrent, structurel et presque immémorial
09:48 du non-emplacement des profs qui sont absents.
09:52 Y compris pour des cas de congés, maternités.
09:55 Alors que pour le coup, par définition, ça s'anticipe.
09:57 Vous, vous êtes le président des parents d'élèves de France, en tout cas pour la FCPE.
10:00 Mais c'est aussi le cas de vos enfants.
10:03 Tout à fait. Pas de profs italiens pour un congé maternité remplacé, ça fait deux mois.
10:07 Donc ça fait deux mois que vos enfants ne font pas d'italien alors qu'ils avaient choisi cette option.
10:12 Tout à fait. Alors il y a un chiffre clé qu'il faut retenir et qui va saisir vos auditeurs.
10:16 De la bouche même du ministre, il y a 15 millions d'heures chaque année qui ne sont pas effectuées
10:21 faute de profs pour permettre de faire les cours.
10:24 Donc il n'y a pas de profs remplaçants pour assumer ces 15 millions d'heures.
10:28 En Seine-Saint-Denis, ça représente une année scolaire sur l'ensemble de la scolarité.
10:33 Oui, non mais...
10:34 Ecoutez bien, mais c'est saisissant.
10:36 Une année scolaire par élève.
10:37 Par élève sur la totalité de sa scolarité, en équivalent.
10:40 C'est des chiffres qui sont absolument saisissants.
10:42 Ça voudrait dire que si je grandis en Seine-Saint-Denis, il faudrait que je passe mon bac à 19 ans
10:47 pour avoir eu suffisamment d'heures de cours.
10:50 Par exemple. Et ça veut dire que les annonces d'hier ne nous rassurent pas du tout.
10:53 Elles sont louables sur le principe de dire "on va avoir école, on va faire école, on maintient l'école".
10:57 Mais il y a un petit tour de passe-passe qu'on voudrait clarifier aujourd'hui.
11:01 Imaginons, cas d'espèce, le prof d'histoire-géo n'est pas là le mercredi.
11:06 Donc il y a un prof qui dit "moi je suis disponible sur cet emploi du temps-là".
11:10 Encore faut-il qu'il y ait de la dispo dans le collège pour qu'un prof soit disponible mercredi de 10h à 11h.
11:15 Ils disent "je prends le créneau libéré par mon collègue prof d'histoire-géo".
11:18 Mais c'est pas forcément un prof d'histoire-géo.
11:20 Ça peut être un prof de maths, de français, de titanique, autre.
11:24 Ça veut dire que s'il n'y a pas le prof d'histoire-géo pendant deux mois,
11:27 parce qu'il n'y a pas de remplacement dans l'académie ou dans le massif...
11:30 - C'est le prof de maths qui va faire de l'histoire-géo ?
11:32 - Et oui, et donc ça ne répond pas à la question de l'enseignement d'histoire-géo pour le brevet, par exemple.
11:36 - Donc vous n'êtes pas d'accord avec Céline Calvez ?
11:38 - Non, non, l'idée c'est pas de faire des maths par des profs d'histoire-géo...
11:42 - C'est pas ce que je dis.
11:43 - Non, non, non, non, mais...
11:44 - C'est moi qui l'ai dit justement, c'est pour ça qu'on aurait pu comprendre à ce que vous disiez.
11:47 - On a des professeurs qui sont formés sur leur matière et on ne va pas leur demander de faire d'autres matières.
11:53 Mais on ne pourra pas forcément remplacer tout, mais ça va aider à ce que l'on puisse remplacer,
11:59 et pour ça il faut anticiper.
12:01 Vous donniez l'exemple...
12:02 - Céline Calvez, juste un instant, parce que vous venez de dire à l'instant,
12:04 on ne pourra pas forcément remplacer tout ou tout le monde.
12:08 - Le président de la République a parlé d'un remplacement systématique.
12:11 - Une promesse.
12:12 - Ça c'est remplacer tout et tout le monde.
12:13 - On peut dire que systématique ça peut dire autre chose aussi, mais en tout cas moi ce que je dis...
12:16 - Qu'est-ce que ça peut vouloir dire un remplacement systématique ?
12:19 - Moi je souhaite que justement ces millionnaires qui soient perdus, on puisse les donner à tous les enfants.
12:24 - Mais en gros, est-ce que le président de la République s'est emballé hier en disant qu'on remplacerait systématiquement
12:31 toutes les preuves qui ne seront pas là dans la rencontre ?
12:33 - Il s'est emballé, il a montré que par cette voie de mission complémentaire,
12:36 on pouvait trouver des manières de compléter ce qui aujourd'hui ne va pas bien.
12:39 - C'est pas ce qu'il a dit, pardonnez-moi.
12:41 - Il a dit un remplacement systématique.
12:42 - Mais oui, ce n'est pas une voie complémentaire, pardonnez-moi.
12:44 - Je parle des missions complémentaires qui vont pouvoir participer à ce que les enfants aient des remplaçants.
12:51 Et les remplaçants, ce n'est pas forcément ce qui peut être fait du jour au lendemain.
12:55 Sur l'exemple du congé maternité.
12:56 - Je vais prendre un exemple précis justement sur le congé maternité.
12:58 Imaginons mes gosses à la rentrée prochaine, puisque Emmanuel Macron a dit qu'il y aurait des remplacements systématiques,
13:03 et leurs preuves d'Histoire-Géo qui tombent enceintes et qui partent en congé maternité.
13:07 Est-ce qu'elles seront remplacées ?
13:08 - En fait, si elles partent en congé maternité selon le délai prévu, oui.
13:12 Mais vous imaginez bien que vous aviez des congés pathologiques,
13:14 qui fait que quand vous êtes une femme enceinte, parfois, vous êtes arrêté avant.
13:17 - Évidemment, et ça par contre, ce ne sera pas forcément...
13:19 - Mais il faut le prendre en compte.
13:20 En fait, il y a quelque chose à prendre en compte, c'est aussi l'anticipation qu'a l'administration pour pouvoir le faire.
13:25 - Et personne n'a dit que c'est facile, c'est le cas de la réserve.
13:26 La question c'est, est-ce que ce sera systématique ?
13:28 - Mais je dis que ce n'est pas seulement aussi sur le match qui pourrait y avoir,
13:31 enfin le côté correspondance qui pourrait y avoir entre la disponibilité de professeurs
13:35 et le temps qu'il est à dévolu devant les élèves.
13:38 Il faut aussi que l'administration soit capable d'anticiper.
13:41 Quand je vous parlais des formations, par exemple,
13:43 les formations, parfois, elles sont données au très peu, très peu de temps et on doit y renoncer.
13:48 Il va falloir qu'on soit beaucoup plus dans l'anticipation,
13:50 si on veut qu'elles soient suivies.
13:51 Donc c'est le rôle de l'administration aussi.
13:53 - Mais parlons de la souplesse aussi, parce que ça c'est l'avis malgré tout de toutes les entreprises.
13:56 Regardez, vous êtes dans une émission sur Sud Radio qui s'appelle "Parlons vrai chez Bourdin".
14:00 Jean-Jacques Bourdin n'est pas là, on l'embrasse, on le reverra avec plaisir lundi prochain.
14:03 Pour le coup, il est remplacé.
14:05 Donc il n'a pas besoin d'attendre plusieurs semaines ou plusieurs mois
14:07 pour savoir ce qu'on va faire entre 10h30 et 12h30 sur Sud Radio.
14:10 Pourquoi ce n'est pas possible dans l'éducation nationale ?
14:12 - Mais justement, là on va donner un élément d'agilité.
14:14 Avant, il n'était pas possible de faire ce type de transfert.
14:17 Là, on donne un élément d'agilité et qui, en plus, peut concourir à la rémunération des professeurs volontaires.
14:22 - Très bien. Vâtrelot, c'est quoi ?
14:24 - Trois choses très rapides.
14:25 - Viens dans le micro, Philippe Vâtrelot.
14:26 - Trois choses très rapides.
14:27 La première, c'est que les enseignants sont parmi les professions
14:31 où les absences sont les moins importantes.
14:34 Déjà, première chose.
14:35 - Personne n'a dit d'ailleurs qu'il y avait un entrainement absenté-miste.
14:37 - Peut-être qu'il faut structurer ici.
14:38 - Parce qu'on parle de l'absentéisme des enseignants.
14:40 - Non, on parle du remplacement de ceux qui sont pas là.
14:41 - Non, mais il y a eu une sorte de thématique un peu de profbashing là-dessus.
14:45 Bon, deuxième point, le décret sur les RCD, les remplacements de courte durée,
14:50 il date de 2014. On n'invente rien.
14:52 On réinvente un truc.
14:54 Ça, c'est très fréquent dans l'histoire de l'éducation nationale.
14:56 On ressort un truc qui existe déjà.
14:58 - Qu'est-ce qui existe sur les remplacements de courte durée ?
15:01 - Ce qui existe déjà, c'est ce qui est annoncé aujourd'hui.
15:07 Donc, excusez-moi, mais ça me fait un peu doucement rigoler.
15:10 - Donc ça ne marche pas.
15:11 - Et pourquoi ça ne marche pas ?
15:12 Parce qu'effectivement, le problème n'est pas seulement un problème de...
15:16 Alors, excusez-moi d'utiliser ce mot-là, mais c'est pas un fantasme technocratique
15:21 de libérer les énergies face à une méchante administration, etc.
15:25 C'est un problème d'emploi. Tout, bêtement.
15:28 - Donc on n'a pas recruté suffisamment de preuves.
15:31 - On n'a pas le vivier d'anciens miens.
15:34 - Les TZR, les titulaires sur zone de remplacement...
15:37 - On en est à deux acronymes. Vous savez quoi ? Je vais vous donner un gage.
15:40 Parce qu'on parle de l'éducation nationale.
15:42 TZR, allez-y.
15:44 - Titulaires sur zone de remplacement.
15:46 - Que c'est joliment dit.
15:47 - Les îles dans le premier degré, zone d'intervention locale, etc.
15:50 Bref, toutes ces personnes-là, aujourd'hui, elles n'existent plus.
15:55 Parce qu'on est à l'os.
15:57 - Question toute bête. Est-ce que l'augmentation substantielle annoncée hier
16:01 peut permettre de recruter davantage de preuves ?
16:03 Question aux parents d'élèves. Grégoire Ancel.
16:06 - Là, comme ça, j'imagine que c'est toujours mieux que rien.
16:09 Même si j'ai bien entendu que ce n'était pas suffisant au regard
16:11 du déclassement de salaire sur plusieurs années.
16:13 On voit bien que les courbes sont vertigineuses.
16:15 Donc ça va améliorer.
16:17 - Je peux préciser les chiffres, d'ailleurs.
16:18 Comme ça, je vais vous redonner la parole juste après.
16:20 Parce que Philippe Vattrelo est venu avec un graphique très évocateur en 80.
16:24 - On s'en fait pas.
16:25 - Un prof de collège débutait avec près de 2,2 fois le SMIC.
16:29 2023, c'est cette année. Un prof de collège débute avec 1,1 fois le SMIC.
16:34 Effectivement, vous êtes venu avec vos graphiques sur l'électro-projecteur.
16:37 Mais vous avez eu raison. Ça ne suffit pas, donc.
16:39 - Nous, ce qui nous inquiète d'autant plus, c'est que ça ne suffit pas.
16:42 Parce qu'en plus, à la rentrée prochaine, il y a 1 500 profs de moins
16:45 qui vont être dans les écoles, collèges et lycées.
16:47 - Si je peux me permettre, pour l'année 2022, c'est 4 550 postes qui ont été supprimés.
16:51 Donc, on assiste depuis plusieurs années à une saignée absolument incroyable
16:56 sur l'ensemble des moyens.
16:57 Et donc, on a tapé, excusez-moi l'expression, on a puisé,
17:00 plutôt que taper dans les viviers de profs remplaçants,
17:03 ce qui fait qu'aujourd'hui, ils sont exsangues et qu'on n'a plus de solution.
17:06 Donc, certes, on a en tout cas de moins en moins de solutions.
17:09 Il y a des bassins de vie où il n'y a plus de solution.
17:11 - Oui, en fait, il y a sans doute des suppressions de postes.
17:14 Il faut considérer aussi qu'on a moins d'élèves.
17:17 Il y a une décroissance démographique.
17:19 Et puis, il y a aussi quand même ce manque d'attractivité
17:22 qui fait que de toute façon, vous avez des postes où personne ne se présente.
17:25 Donc, il y a un moment où il faut le faire.
17:26 Et je tiens à souligner que le taux d'encadrement s'est amélioré.
17:29 En fait, cette décroissance du nombre, on aurait pu faire complètement proportionnellement,
17:34 on aurait dû encore supprimer plus de postes.
17:37 - Oui, Grégoire Ancel qui lève le doigt, je vous félicite pour la discipline de cette place.
17:41 - C'est là où on n'est pas du tout d'accord.
17:43 Parce que, justement, cette baisse démographique était une opportunité à saisir
17:47 pour mieux faire l'école.
17:48 Et là, vous nous proposez de faire moins d'écoles.
17:50 Et ce n'est pas possible.
17:51 On a besoin aujourd'hui, au regard des crises que vivent nos enfants,
17:54 crise climatique, crise sociale, crise économique, crise politique, crise post-Covid,
18:00 où on voit les impacts sur la santé mentale,
18:01 on a absolument besoin de rembourser cette dette de bienveillance
18:05 en faisant mieux l'école.
18:06 - Donc, avec davantage de profs.
18:07 - Voilà, plus de profs, moins de difficultés.
18:09 - On a plus de profs par élève ?
18:10 - Non, mais par rapport à la moyenne.
18:12 - Le taux d'encadrement s'est amélioré.
18:13 On ne peut pas dire qu'on a supprimé le nombre de postes en proportion.
18:16 - Par rapport à la moyenne européenne, on est dans les choux.
18:18 - Voilà, le taux d'encadrement français par rapport à la moyenne européenne,
18:22 c'est le plus élevé.
18:24 Les enseignants français sont ceux qui ont le plus d'élèves devant eux
18:28 et qui travaillent le plus longtemps.
18:30 - Nous sommes.
18:31 - Alors, je suis désolé, je cite beaucoup de chiffres,
18:34 on ne se refait pas, j'étais prof de sciences économiques et sociales.
18:37 Mais la question de la démographie,
18:40 c'est comme si on avait fait le gros dos pendant 20 ans
18:43 - J'ai le chiffre.
18:44 - pour finalement se dire, on va bien se garder d'embaucher des fonctionnaires à vie
18:51 et on va laisser passer l'orage.
18:53 - Vous savez quoi ?
18:54 - Le temps de travail, justement, en fait, est ce que vous disiez,
18:56 les travailleurs le plus longtemps par semaine dans leur vie, c'est important.
18:59 - Vous savez quoi ?
19:00 - Parce qu'au niveau européen, on peut aussi faire des comparaisons.
19:02 - Le délire du gain de productivité, ça ne marche pas dans l'éducation.
19:04 - Vous savez quoi ? On va en reparler dans un instant.
19:06 D'ailleurs, Céline Calves a du mérite, parce que vous êtes venue effectivement défendre
19:09 un gouvernement qui n'est pas très populaire en ce moment, même quand il fait des avancées.
19:12 - Mais il fait des choses bien et depuis 2017, ça marche.
19:14 - Quoi qu'il en soit, restez avec nous tous les trois.
19:16 On va parler aussi d'autorité dans un instant, avec le témoignage d'un CPE contractuel
19:20 qui nous appelle au 0826-300-300 depuis les Bouches-du-Rhône.
19:24 Comment on peut améliorer le sort de l'école républicaine ?
19:28 Tiens, vous êtes prof, vous êtes élève, vous êtes CPE ou principale de collège, pourquoi pas ?
19:32 Vous êtes tous les bienvenus sur Sud Radio.
19:34 A tout de suite.
19:35 - Sud Radio, parlons vrai chez Bourdin.
19:39 10h30, midi 30.
19:40 Jean-Marie Bordry.
19:41 - Au 0826-300-300.
19:43 Que vous soyez prof, professeur, enseignant, parent ou grand-parent d'élève.
19:47 Tiens, même si vous êtes un élève, vous avez peut-être 17 ans, 18 ans, vous préparez le bac,
19:50 vous n'avez pas de prof, vous n'avez pas de cours, qu'est-ce que vous pensez de l'école ?
19:53 Ben, venez nous le dire, tiens.
19:54 Vous êtes les bienvenus sur Sud Radio.
19:56 On est avec nos trois invités.
19:58 Céline Calves, députée Renaissance des Hauts-de-Seine.
20:00 Grégoire Ancel, président de la FCPE, ce sont les parents d'élèves.
20:03 Philippe Vattrelo, ancienne enseignante, auteur de ce livre "Je suis un pédagogiste".
20:07 Et on est avec Benjamin, au 0826-300-300, au fil à Marseille, ou juste à côté, je crois,
20:12 en tout cas dans les bouches du Rhône.
20:13 Bonjour Benjamin.
20:14 - Bonjour.
20:15 - Bienvenue sur Sud Radio.
20:16 Bienvenue monsieur, si j'ose dire, parce que la dernière fois que j'ai parlé à un CPE,
20:19 je disais "monsieur" quand j'étais au lycée.
20:21 Vous êtes conseiller principal d'éducation, pour redonner le terme de ce qu'était dans le temps jadis
20:27 le surveillant général, conseiller principal d'éducation contractuel.
20:32 Vous préparez un master pour devenir CPE titulaire.
20:34 Concrètement, ça change quoi entre les deux aujourd'hui ?
20:36 Vous êtes dans quel type de collège ou de lycée ?
20:38 - Alors, actuellement je suis sans poste, étant donné que j'ai fait le choix de préparer la fin du concours
20:45 et la fin du master de bonne manière pour pouvoir en finir avec cette partie-là.
20:50 Alors, la grande différence entre le statut contractuel et le statut titulaire,
20:53 c'est qu'on est titulaire et fonctionnaire.
20:55 - Oui.
20:56 - Alors que le contractuel va être recruté en tant que variate d'ajustement,
21:02 - En CDD quoi ?
21:06 - Voilà, en CDD et en CDI au bout de plusieurs années, si éventuellement on y arrive.
21:12 - C'est ça. Donc concrètement, votre vie, alors avant d'arrêter pour passer votre master,
21:16 et ça me paraît bien logique, votre vie de CPE contractuel c'était quoi ?
21:21 - Alors ma vie de CPE contractuel, c'était la vie d'un CPE,
21:24 c'est-à-dire que c'était énormément de rencontres avec les familles,
21:28 c'est énormément d'accompagnement, notamment sur les zones REP et REP+
21:33 et c'est une place pivot dans la communauté éducative.
21:39 - Et pendant combien de temps au même endroit alors ?
21:41 Puisque vous étiez là en tant que contractuel, vous faisiez des remplacements je présume ?
21:45 - Tout à fait. Alors j'ai commencé en tant que CPE contractuel en 2020,
21:49 j'ai fait neuf mois dans un même collège en REP,
21:54 avant de faire des remplacements un petit peu plus courts sur les années qui suivaient,
22:00 mais aussi parce que pour le coup c'était un choix de ma part,
22:04 mais voilà c'était des remplacements, le plus court a été d'une semaine,
22:08 et c'est extrêmement rare, puisque les rectorats ne remplacent généralement pas en dessous de deux semaines.
22:15 - Oui, pas en dessous de deux semaines, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de CPE
22:17 parce qu'il s'est cassé la jambe pendant deux semaines,
22:19 mais il n'est pas remplacé numériquement.
22:20 Concrètement Benjamin, et je vais redonner la parole à nos invités, vous allez échanger avec eux d'ailleurs,
22:24 vous, ce que vous demandez c'est qu'avant qu'on demande aux familles de respecter les profs,
22:29 là on parle d'autorité, mais il faut que l'institution redonne le pouvoir aux profs.
22:33 Nous dites-vous, ça veut dire quoi ?
22:35 - Alors, ça veut dire plusieurs choses.
22:38 Déjà, en tant que personnel d'éducation et d'enseignement,
22:44 on est censé représenter l'institution devant les élèves,
22:47 on est censé avoir une place donnée par l'institution.
22:50 Or, aujourd'hui, le discours de l'institution sur son personnel
22:53 est un discours qui est très dévalorisant.
22:56 On le voit notamment ne serait-ce que par la rémunération,
23:00 mais aussi par le manque d'écoute qui se fait envers les syndicats aujourd'hui.
23:05 - On est méprisé quand on est prof par son administration, vous me dites ?
23:08 - Infantilisé.
23:09 - Je le pense, oui.
23:10 - Infantilisé, nous dit Philippe Vattrelo, qui est avec nous, ancien prof.
23:13 Infantilisé. On infantilise les profs dans l'éducation nationale, pourquoi ?
23:16 Rapprochez-vous du micro.
23:17 - Je pense que le problème, c'est que parce qu'on s'occupe d'enfants,
23:21 on s'autorise à traiter les profs aussi comme des enfants.
23:25 - Donnez-moi un exemple dans votre carrière, ou de ce que vous avez pu constater.
23:28 - Le principal, c'est la question de l'évaluation des enseignants.
23:33 Les inspections, etc., sont souvent vécues de manière extrêmement infantilisante.
23:37 - Vous avez un carnet de notes ?
23:39 - Voilà, par les enseignants. Les enseignants vivent ça souvent très très mal.
23:44 - Donc il ne faudrait pas évaluer les profs, en tout cas, ou faire d'une autre manière ?
23:47 - On peut les évaluer autrement. On peut les évaluer de manière collective.
23:50 On peut avoir des entretiens et des paroles un peu plus bienveillantes qu'elles ne le sont souvent.
23:58 - Grégoire Ancel ?
23:59 - Votre auditeur qui témoigne clairement aussi de la perte de confiance et de morale
24:05 qu'ont l'ensemble des enseignants.
24:07 - La perte de morale au sens "je n'ai pas le moral, pas la morale".
24:10 - Tout à fait. Et nous on le constate vraiment sur le terrain.
24:13 On a des personnels qui sont sous tension.
24:15 On a des personnels qui ont perdu, pour que certains le disent, le sens de leur métier
24:18 parce qu'il y a des sureffectifs dans les classes,
24:20 ce que l'on constate bien au quotidien.
24:22 - On fait de l'abattage.
24:23 - Des profs non remplacés, une pression qui s'exerce au quotidien.
24:26 Et nous on constate que ça crée un climat scolaire qui n'est pas propice.
24:29 Et on constate surtout qu'il y a de moins en moins d'adultes dans les établissements scolaires.
24:33 On n'a pas envie de te dire que le proverbe africain dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant.
24:38 Et nous on constate qu'il y a moins d'infirmières, qu'il y a moins de médecins,
24:41 qu'il y a moins de CPE, qu'il y a moins d'enseignants.
24:43 Et donc tout ça, c'est pas bon.
24:44 Et on supprime encore 1500 postes à la rentrée, après ce qu'a déjà évoqué Philippe Poirot.
24:49 - Vous vous souvenez Benjamin ? Vous vous sentiez un peu seul ?
24:52 - Alors, oui. Après en tant que CPE, on a la chance d'avoir une équipe d'assistance d'éducation
24:59 qu'officiellement on ne manège pas, mais dans la réalité c'est le cas, sans le soin d'air d'ailleurs.
25:05 Mais oui, il est sûr que les professeurs sont exténués.
25:10 En fonction des établissements scolaires, ils ne vont pas forcément rester dans l'établissement
25:16 parce qu'il y a du mal-être aussi.
25:17 Donc c'est difficile de créer du lien avec certains collègues
25:21 et aussi de s'encourager les uns les autres et de s'entraider.
25:25 - Effectivement. Merci beaucoup Benjamin d'avoir témoigné.
25:28 Tiens, futur, on vous le souhaite en tout cas, CPE titulaire quand vous aurez votre master.
25:32 Un conseil peut-être à Benjamin pour la fin de son master ?
25:34 De Philippe Vattrelo ?
25:35 - Je crois que ce qu'il dit est très important, c'est la force du collectif.
25:39 Une des choses que je regrette le plus, c'est que le métier d'enseignant est souvent vécu de manière très solitaire.
25:45 Et même par certains très individualistes.
25:48 Et en fait, le collectif, moi j'ai été pendant de nombreuses années président d'un mouvement pédagogique.
25:54 Le collectif pour parler ensemble, pour élaborer ensemble, c'est vraiment super important.
25:59 - Vous parliez du métier solitaire, on va en reparler dans une demi-heure d'ailleurs.
26:02 Celui, le professeur dont les derniers jours ont été les plus solitaires qu'il soit, c'est Samuel Paty.
26:07 On en reparle juste après le journal de midi.
26:10 Quoi qu'il en soit, merci à vous Benjamin d'avoir témoigné au 0826 300 300.
26:14 Céline Calvez, on parlait de la charge de travail.
26:16 Et justement, dans les annonces d'Emmanuel Macron hier, il y avait d'une part l'annonce de l'augmentation pour tout le monde, net.
26:22 De 100 à plus de 230 euros, net par mois.
26:26 Mais il y a aussi des augmentations supplémentaires en cas de tâches complémentaires qui seraient accomplies par les enseignants.
26:33 En d'autres termes, travailler plus pour gagner plus.
26:35 Qu'est-ce que les profs pourront faire de plus l'an prochain pour gagner davantage ?
26:39 - Les missions complémentaires, ça va être aussi l'occasion peut-être de reconnaître davantage des missions qui sont déjà accomplies et qui ne sont pas valorisées.
26:46 C'est pas forcément que du plus les missions complémentaires.
26:48 Dans les missions complémentaires, on a parlé des remplacements.
26:51 Ça, on en a déjà parlé.
26:52 Mais parmi, il y a un accompagnement personnalisé.
26:54 Il y a aussi, et ça rebondit sur le travail du collectif, il y a aussi la participation à des projets d'innovation pédagogique.
27:01 Et bien là, non seulement ça permet de créer plus de liens avec ses collègues, d'être innovant,
27:06 et aujourd'hui, les enseignants le font, mais c'est pas forcément reconnu en tant que tel.
27:10 Donc là, dans les missions complémentaires, ça va être une des trois options.
27:14 Remplacement, accompagnement plus individuel et aussi dynamique collective.
27:18 Quand vous mettez un projet, et en ce moment, on donne l'occasion aux enseignants de le faire,
27:22 dans le cadre du Conseil National de la Refondation et du Fonds d'Innovation Pédagogique.
27:26 Je n'ai pas utilisé de sigle.
27:27 Le Fonds d'Innovation Pédagogique, c'est 500 millions d'euros mis à disposition sur deux ans pour les établissements ou les enseignants qui veulent porter un projet.
27:36 À ce jour, concrètement, ça peut être la mise en place d'un forum.
27:42 - D'un voyage pédagogique, un forum.
27:44 - Regardez-les. Je prends souvent l'exemple des classes de découverte, puisque étant enfant d'un site qui adorait faire des classes de découverte,
27:49 je pense qu'elle ne comptait pas du tout ses heures sur l'organisation d'un projet qui lui demandait de rechercher des financements,
27:55 d'agréger des parents d'élèves, de motiver tout le monde.
27:58 Aujourd'hui, ça c'est essentiel parce que ça fait du bien aux élèves.
28:02 Nous pourrons reconnaître demain ce type de mission.
28:05 - Ils seront payés en plus pour ce qu'ils faisaient déjà.
28:08 - Alors pas que, il y a des missions en plus, dans le remplacement notamment.
28:11 - Ce que je veux inciter, c'est qu'il n'y a pas seulement la question des missions complémentaires.
28:15 Il faut aussi que les établissements, que les enseignants se saisissent de ce fonds d'innovation pédagogique.
28:19 À ce jour, il n'y a que 9 millions d'attribués.
28:22 Ça veut dire qu'il en reste un certain nombre pour arriver à 500 millions.
28:25 - Donc il y a encore de l'argent à dépenser. Vous allez avoir la parole dans un instant.
28:28 Mais d'abord, Philippe Vattrelo.
28:30 - Le diable est dans les détails.
28:32 Cette partie dite "pacte"...
28:35 - Donc c'est le pacte pour les tâches complémentaires proposées par les enseignants et les communes.
28:39 - C'est constitué en briques.
28:41 Il y a plusieurs briques.
28:43 Mais la première brique obligatoire, c'est d'adhérer au remplacement de courte durée.
28:47 Et c'est seulement à cette condition-là qu'on peut avoir accès aux autres aspects.
28:52 - Et en quoi ça a un problème ?
28:54 - On peut concilier avec une sorte de chantage.
28:57 - Concrètement, ça veut dire quoi ?
28:59 - Moi, je connais des collègues, je suis assez présent sur les réseaux sociaux,
29:02 qui disent "moi, si c'est pour remplacer d'abord,
29:06 moi, j'abandonne mes fonctions de coordinateur informatique, de référent éducatif, etc."
29:12 - Précisons un peu les termes, Philippe Vattrelo.
29:14 Quand vous dites "adhérer au remplacement de courte durée",
29:17 dans la vie d'un prof qui signe ça, ça va changer quoi ?
29:19 - C'est pas avec le diable, c'est avec le...
29:21 - C'est ce que vous entendez quand même.
29:23 Qu'est-ce qu'il va faire, le prof, qui adhère, comme vous le dites, au remplacement ?
29:25 - D'abord, il devra réaliser un certain nombre d'heures de remplacement de courte durée dans l'année.
29:31 Parce qu'une des choses que j'ai pas signalé tout à l'heure...
29:33 - Et en quoi c'est un problème ?
29:35 - On a pas forcément la possibilité de le faire,
29:39 j'ai essayé de le dire tout à l'heure, en termes d'organisation du temps.
29:42 Et puis, par ailleurs, on a déjà des enseignants qui sont,
29:47 monsieur l'a dit tout à l'heure, épuisés,
29:49 qui font déjà 43 heures par semaine, c'est la moyenne,
29:52 encore une statistique, désolé, mais ça fait beaucoup.
29:56 Et donc, du coup, on peut quand même se poser la question de ce pacte un peu tornu.
30:02 - Pour leur demander de trop travailler, vous disiez ?
30:04 - Juste un mot encore, très rapide,
30:06 tout ça, ce sont des primes.
30:10 Des primes, ça compte pas pour la retraite.
30:13 Je veux pas revenir sur un sujet, une séquence qui est, paraît-il, derrière nous,
30:18 mais quand même, ça aussi, les enseignants le vivent très mal.
30:21 - Le comte n'y est pas, Grégoire Ancel, vous levez du doigt pour la FCPE ?
30:24 - Alors, moi, ce qui nous interroge, c'est que,
30:27 avant d'acheter une imprimante 3D pour innover,
30:29 faut avoir un enseignant pour la faire fonctionner,
30:31 et avoir construit un projet.
30:33 Aujourd'hui, je tourne en boucle là-dessus,
30:35 mais il manque des enseignants devant les élèves.
30:37 Et donc, on veut des profs titulaires, formés, accompagnés,
30:41 ayant capacité, pour le coup, après, d'innover.
30:44 Parce que, comme le disait monsieur, on a le sentiment
30:46 qu'il y a de moins en moins de profs,
30:48 sur lesquels on fait peser de plus en plus de charges.
30:50 Nous, ce qu'on veut, c'est qu'on fasse revenir dans le système
30:52 des adultes, des personnes en capacité d'accompagner,
30:55 d'ensigner auprès des élèves,
30:57 et ne pas les recruter en 10 minutes, comme on le fait au McDo.
31:00 - Alors ça, c'est arrivé aussi, mais est-ce qu'on a moins d'enseignants
31:02 en France que dans d'autres pays ? La réponse n'est pas forcément évidente.
31:05 - Alors, en tout cas, ce qu'on constate, et ce ne sont que des moyennes,
31:08 c'est qu'on a aujourd'hui une moyenne d'élèves par classe,
31:11 alors c'est vraiment une moyenne très froide,
31:13 bien supérieure à ce qu'on constate dans l'Union Européenne.
31:16 Par exemple, au collège, il s'agit vraiment,
31:18 on constate 26 élèves en moyenne en France,
31:21 contre environ 21 dans l'Union Européenne.
31:24 Donc, on voit bien qu'on a, non pas à diminuer le nombre de profs,
31:28 mais à recréer des classes et alléger les effectifs,
31:30 et là on pourra faire du transversal,
31:32 regarder comment fonctionnait l'imprimante 3D.
31:35 - Et aménager le temps de travail. Le temps de travail de l'élève,
31:37 et le temps de travail des professeurs également,
31:39 doit être interrogé, parce que si on regarde par rapport à la moyenne européenne,
31:42 je pense que sur une année complète, on travaille moins devant élève.
31:46 Après, ça n'enlève pas la question de ce qui se fait à côté,
31:49 et qui pourront être justement reconnus par des missions complémentaires.
31:52 - Est-ce que les profs peuvent travailler davantage ?
31:54 Ce sera un peu la dernière question, celle qu'on va poser pour le terme de ce débat.
31:56 On se retrouve dans un instant. 0826 300 300.
31:59 Vous êtes prof, ou alors vous êtes élève ? Est-ce que vous avez trop de travail à tient ?
32:01 Si vous êtes prof, ou pas, venez nous le dire.
32:03 Au 0826 300 300, vous avez la parole sur Sud Radio.
32:06 On se retrouve dans un instant.
32:07 - Et avec vous, au 0826 300 300, vous êtes peut-être élève, prof, parent d'élève.
32:18 Vous avez la parole sur Sud Radio, puisqu'on parle de l'école aujourd'hui,
32:22 et de l'éducation nationale en général.
32:24 Pardonnez-moi.
32:26 On va parler de tout ça avec nos trois invités.
32:29 Céline Calves, Grégoire Ancel et Philippe Vattrelo.
32:33 Avant ça, Céline Calves, parlons du temps de travail des enseignants.
32:37 Vous le rappeliez juste avant la pause, vous disiez les enseignants dans l'année,
32:41 en France, travaillent un peu moins que d'autres enseignants dans les autres pays.
32:46 Quelle est la différence ?
32:48 - La différence chiffrée, je ne peux pas forcément la donner comme ça,
32:50 mais on parle souvent des semaines de vacances.
32:52 Et Pape Ndiaye, ce matin, l'a rappelé, ça veut dire que les vacances des élèves,
32:56 il existe beaucoup de moments où les élèves se retrouvent sans présence,
33:00 qui peut les aider dans les apprentissages.
33:02 C'est pour ça d'ailleurs qu'on met en place les vacances apprenantes.
33:04 Mais on a une quinzaine de semaines.
33:06 Alors je sais bien que les enseignants, quand ils sont en vacances,
33:08 ne sont pas totalement en vacances.
33:10 On pourrait le dire d'ailleurs, des élèves, quand ils ont beaucoup de devoirs pendant les vacances,
33:13 se considèrent aussi brimés par le nombre de devoirs.
33:16 - En particulier d'ailleurs, les fils de prof dont vous êtes, et dont j'ai été aussi,
33:21 parce qu'en général, on ne peut pas couper aux cahiers de travail pendant les vacances.
33:25 - Moi, j'adorais mes cahiers de vacances.
33:27 J'étais fan de mes cahiers de vacances.
33:29 - On va bien vous faire.
33:31 - On s'entremet ici.
33:33 - Un peu du tout. Justement, j'étais plutôt assez contente de l'avoir.
33:35 Bref, ça veut dire que j'aimais déjà beaucoup l'école.
33:37 - C'est sûr.
33:39 - Dans l'année, ça a des conséquences aussi sur le temps hebdomadaire.
33:43 Le temps hebdomadaire, il est important.
33:45 Le temps d'élèves et le temps de profs par semaine est très important.
33:49 Est-ce que, et quand on regarde en Angleterre ou en Allemagne,
33:52 des temps dévoués aux apprentissages, mais aussi à la pratique du sport ou d'autres activités,
33:56 c'est organisé différemment ?
33:58 Il y a plus un rythme où on condense sur certaines semaines
34:02 beaucoup d'activités, profs comme élèves,
34:05 et le reste du temps, il n'y aurait quasiment rien.
34:07 Peut-être qu'il faudrait repenser à ce rythme.
34:09 Ça ne se décide pas tout seul, il y a plein de conséquences.
34:12 On a souvent eu des critiques d'ailleurs sur le fait de l'intervention du tourisme
34:16 sur le rythme des vacances.
34:18 Ça a des conséquences aussi hautes, mais quelle est la priorité ?
34:20 La priorité, c'est l'éducation.
34:22 Le rythme des vacances aussi, notamment pour les grandes vacances,
34:24 il tient à ce qui se passait il y a un siècle dans le pays
34:26 parce qu'il fallait des enfants, notamment pour aider aux vendanges.
34:29 Ça, c'est une tradition. Et à la moisson.
34:31 Quoi qu'il en soit, on est à une autre époque.
34:33 Juste avant de donner la parole à Katia, qui nous appelle et qui est prof de français
34:36 dans un collège.
34:38 Philippe Battrolot, vous avez été prof.
34:40 Que fait le prof pendant les deux semaines de vacances ?
34:42 C'est un exemple à Toussaint-Quisque.
34:44 On a toujours l'impression que les profs sont en vacances complètes.
34:46 Quand vous étiez en vacances de la Toussaint, vous faisiez quoi ?
34:48 Il corrige des copies.
34:50 Et je peux vous dire en tant que nouveau retraité,
34:54 puisque je suis retraité depuis le 1er septembre 2022,
34:56 que c'est la chose qui me manque le moins.
34:59 La correction des copies.
35:01 Il corrige des copies et il embête ses amis avec qui il est en vacances
35:03 parce que pendant que les autres boivent des coups
35:05 et font des tas de choses très sympas,
35:07 lui, il est en train de corriger des copies.
35:10 Et puis, il va aussi préparer ses cours, etc.
35:13 Moi, j'enseignais une matière
35:15 où je ne pouvais pas refaire le même cours d'une année sur l'autre.
35:18 Donc, il faut arrêter avec ça.
35:20 Et pour les enseignants du 1er degré, c'est pareil.
35:23 Certes, il y a moins de copies
35:25 puisque souvent les corrections se font rapidement,
35:27 mais rappelons leur temps de travail.
35:29 C'est quand même, parmi tous les pays de l'OCDE,
35:33 en moyenne annuelle,
35:35 la France est le pays où les enseignants travaillent le plus.
35:39 Alors, après, que l'on distingue les vacances des élèves
35:43 et les congés des enseignants, je veux bien l'entendre.
35:46 Mais il faudrait peut-être aussi rappeler un élément,
35:49 c'est que bien souvent, en fait,
35:51 les vacances ont servi un petit peu de variable d'ajustement.
35:54 On disait "Oui, bon, ok, vous êtes moins bien payés",
35:56 c'était ça un peu le lien,
35:58 "Vous êtes moins bien payés, mais vous avez les vacances."
36:00 - "Vous travaillez moins, donc vous êtes moins bien payés."
36:02 C'était la logique de ça, c'est ce qu'on vous disait.
36:04 - Et si on veut faire travailler plus les profs...
36:08 - Mais il faut les payer plus.
36:10 - Il va falloir peut-être repenser aussi ce deal-là,
36:13 et le remettre sur la table.
36:15 - À ce moment-là, Philippe Battrelo est presque devenu sarcosiste
36:17 dans l'espace d'un raisonnement.
36:19 - Non, pas du tout, au contraire !
36:21 - J'étais sûr que ça vous plairait, quoi qu'il en soit,
36:23 dans un instant, on va accueillir Katia,
36:25 qui nous appelle depuis son collège, je pense,
36:28 au 0826 300 300. Bonjour à vous, Katia !
36:30 - Oui, bonjour.
36:32 - Soyez la bienvenue sur Sud Radio.
36:34 - Merci beaucoup, j'écoute Sud Radio régulièrement,
36:36 et là, je suis directement concernée, bien sûr,
36:39 par votre émission, donc je voulais juste
36:42 apporter quelques petites précisions par rapport à ce que...
36:44 Enfin, "petites précisions", par rapport à ce que j'ai entendu,
36:47 mais avant, je voulais rebondir sur le travail des profs
36:49 pendant les vacances.
36:51 Moi, pendant les vacances de février, par exemple,
36:53 j'ai passé effectivement une semaine à corriger,
36:56 j'avais 85 copies à corriger.
36:59 - Oui, 85 copies.
37:01 - En français. - Pendant toutes les vacances de février.
37:03 Donc vous avez pas bougé.
37:05 Et bon, après, j'avais des cours à préparer,
37:07 donc c'était un peu moins, mais voilà, c'était juste
37:09 pour rebondir sur ce qui venait d'être dit.
37:11 - Ce qu'on ne voit pas. - Voilà, ce qu'on ne voit pas.
37:13 Et le dimanche, en général, le dimanche,
37:15 je travaille pour la semaine qui suit.
37:18 - Vous préparez quoi ? Alors concrètement, ça veut dire quoi ?
37:20 "Je travaille pour la semaine qui suit, je prépare les cours, je révise..."
37:22 - Je prépare les cours, et puis surtout,
37:24 qu'on a de plus en plus, et ça, on n'en parle pas,
37:27 de tâches administratives.
37:29 C'est-à-dire qu'en rentrant le soir,
37:31 on a des mails d'élèves, de parents,
37:33 de l'administration,
37:35 auxquels on doit répondre.
37:37 En sortant de cours, on a aussi, éventuellement,
37:39 moi lundi, j'avais deux rendez-vous avec des parents, par exemple,
37:41 qui s'inquiétaient pour le niveau d'orthographe
37:43 de leurs enfants, voilà.
37:45 Donc on les reçoit, mais on ne peut pas les recevoir
37:47 souvent à 18h, parce qu'ils ne sont pas forcément disponibles.
37:50 - Donc vous leur répondez, quoi. Vous faites le service
37:52 après vente de l'école, en fait, quand vous êtes chez vous, c'est ça ?
37:54 - Voilà. Donc ce que je veux dire, c'est qu'il y a énormément
37:56 de choses à côté qu'on ne voit pas,
37:58 qui sont des choses administratives de plus en plus importantes.
38:00 Des élèves absents,
38:02 on a les cahiers de texte à remplir,
38:04 les cours à mettre en ligne,
38:06 les documents, éventuellement,
38:08 qu'ils n'ont pas eu à leur envoyer. Enfin, tout ça,
38:10 c'est des petites choses qui s'accumulent.
38:12 Et quand on parle, par exemple,
38:14 de remplacement,
38:16 l'histoire des remplacements ponctuels,
38:18 je trouve que, quelque part,
38:20 c'est très beau sur le papier,
38:22 mais une heure, moi, si on me dit
38:24 "T'as collègue est pas là",
38:26 je dis n'importe quoi, de 14h à 15h...
38:28 - Est-ce que tu peux le faire ? Vous allez dire quoi ?
38:30 - Bien sûr, je vais pouvoir prendre une classe
38:32 et leur faire un cours de français,
38:34 ça c'est pas le souci. Mais j'ai d'autres choses
38:36 à faire, déjà, pendant cette heure-là,
38:38 justement, si j'ai une heure du trop,
38:40 j'en profite pour faire mon travail
38:42 à côté. - Donc c'est du travail en plus,
38:44 concrètement, tout simplement, ce qui est logique.
38:46 - Et puis, c'est surtout qu'on a
38:48 beaucoup parlé de chiffres,
38:50 d'élèves en moins, donc d'un besoin
38:52 de professeurs en moins,
38:54 mais on est face à des humains.
38:56 Donc je veux dire, les enfants, ils sont habitués
38:58 à leur prof, surtout en collègue,
39:00 donc ils sont habitués à leur professeur.
39:02 Alors, vous allez passer comme ça une heure
39:04 avec un professeur qui ne connaît pas... - C'est jamais idéal,
39:06 après ça c'est une solution d'urgence, parce qu'après tout,
39:08 quand quelqu'un est malade, on le fait, vous voyez.
39:10 C'est dans combien de temps votre prochain cours,
39:12 Katia ? - Pour avoir quelqu'un en face.
39:14 - C'est dans combien de temps votre prochain cours, là, de français ?
39:16 - Moi, je suis en cours à midi et demi, là.
39:18 - Midi et demi, c'est quoi le programme aujourd'hui ?
39:20 - Là, à midi et demi, je fais les 3 muscletaires.
39:22 - Ouais, super !
39:24 - Et donc, études de texte, voilà.
39:26 - Études de texte, Alexandre Dumas, on est tous passés par là aussi.
39:28 Merci beaucoup, courage, Katia.
39:30 - Juste, juste, juste, ce que je voulais ajouter,
39:32 dont on ne parle pas non plus, c'est que
39:34 je rebondisse sur ce que disaient vos invités.
39:36 Les classes, ils parlaient des classes
39:38 qui étaient de plus en plus surchargées.
39:40 Il faut savoir aussi que dans ces classes,
39:42 on fait de plus en plus la pédagogie différenciée.
39:44 - Bien sûr. - C'est-à-dire qu'on a énormément
39:46 d'élèves qui vont avoir des troubles dyslexiques,
39:48 autistiques, d'attention,
39:50 et on a des projets personnalisés
39:52 à adapter à chacun.
39:54 - C'est du cousu humain, en fait, et c'est pas la même
39:56 façon d'enseigner pour les 30 élèves.
39:58 Quand on a la 30, on l'a bien compris.
40:00 Merci infiniment et bon cours ! - C'est extrêmement important.
40:02 - Sur Atos, Portos et Aramis, en tout cas,
40:04 que de souvenirs. Katia, vous nous appeliez
40:06 de la Sénémarne, où on écoute
40:08 Sud Radio sur le 99.9 FM. Le mot de la fin,
40:10 peut-être pour conclure, parce qu'on arrive au terme,
40:12 malheureusement, de cette confrontation. Vous levez le doigt
40:14 depuis tout à l'heure, vous êtes extrêmement sage, je vous en félicite.
40:16 J'espère que vos enfants le sont autant à l'école.
40:18 Grégoire Ancel, président de la FCPE.
40:20 - Pour répondre à votre question du début de l'émission,
40:22 faut-il sauver l'école ? Non, on ne dit pas
40:24 que l'école est en péril et va tomber
40:26 demain matin. Pour autant, on la regarde
40:28 avec les yeux d'hier.
40:30 Ce qu'on n'a pas entendu hier, avec
40:32 les déclarations du président,
40:34 c'est qu'on aurait voulu un geste d'apaisement
40:36 dans les 100 jours qui viennent sur
40:38 la non-suppression de ces 1500
40:40 postes et l'ouverture d'un chantier de fond
40:42 sur ce que l'on attend
40:44 de l'école aujourd'hui.
40:46 On veut tous ensemble, parents, enseignants,
40:48 élus, collectivités locales,
40:50 qu'on se mette autour de la table pour redéfinir
40:52 le projet d'école et arrêter
40:54 de la regarder avec un regard
40:56 du passé, du nostalgique.
40:58 Elle ne correspond à rien.
41:00 - C'est normal d'être nostalgique quand on parle de l'école, puisqu'on est tous passés
41:02 par là. Un mot avant que Céline Calves vous réponde,
41:04 Philippe Batrolo ? - Oui. On dit "l'école va
41:06 mal" en s'appuyant sur les évaluations
41:08 internationales. Alors, quand on regarde bien les évaluations
41:10 internationales, c'est pas tout à fait ça.
41:12 Le problème de l'école française,
41:14 et Pisa le montre très bien, c'est le
41:16 grand écart.
41:18 L'école française, elle est bonne pour les très bons
41:20 et elle est mauvaise pour ceux qui sont
41:22 en difficulté. - Comment ne pas en laisser sur la route ?
41:24 - Et donc, la question, la vraie question,
41:26 et que c'est bien gardé d'aborder
41:28 Emmanuel Macron lundi et
41:30 hier également, c'est
41:32 celle de la mixité sociale
41:34 et de la lutte contre les inégalités. La vraie
41:36 question, si l'école va mal, c'est
41:38 là-dessus. - Mélanger les élèves
41:40 de toute extraction sociale. Vous avez
41:42 un mot, vraiment Céline Calves, mais vous aurez le mot de la fin.
41:44 - L'éducation est tellement importante que ça ne peut pas être
41:46 simplement l'histoire de l'éducation nationale.
41:48 Et on doit tous s'en saisir, les parents
41:50 exactement, mais toute la société.
41:52 Et je rejoins Philippe Poitrelot,
41:54 la mixité sociale, c'est la meilleure
41:56 manière pour qu'on puisse faire des citoyens
41:58 qui comprennent et vivent ensemble
42:00 après. - Et ça, pour le coup, il faudra
42:02 que les parents soient d'accord. C'est pas le cas de tous les parents
42:04 justement, puisqu'en général, ils cherchent le
42:06 bon collège. On en reparlera
42:08 de la carte scolaire. Quoi qu'il en soit, merci à tous les
42:10 trois d'être intervenus sur Sud Radio. Céline
42:12 Calves, députée Renaissance des Hautes-Seines,
42:14 Grégoire Ancel, président de la FCPE,
42:16 et Philippe Poitrelot, ancien enseignant-auteur de
42:18 "Je suis un pédagogiste",
42:20 c'est publié chez ESF Sciences
42:22 Humaines. C'était en 2021. Restez avec nous
42:24 sur Sud Radio. Midi actus,
42:26 juste après le journal de midi, dans quelques minutes, on va
42:28 continuer à parler de l'école. On va se souvenir
42:30 de Samuel Paty, on va parler de la
42:32 laïcité. C'est la polémique du
42:34 moment. On en parlait ce matin avec Eric
42:36 Nolo dans "Le Grand Matin", Sud Radio-Est, la 3e
42:38 de Samuel Paty, on vous explique tout juste après le journal.