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  • il y a 3 ans
Les invités de #90minutesInfoWE débattent de l'actualité le samedi et le dimanche.

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00:00:00 Bonjour à toutes et à tous, ravi de vous retrouver pour 90 minutes info week-end.
00:00:05 L'actualité, les débats avec un programme riche et chargé encore une fois, toujours en direct, en compagnie de nos invités.
00:00:10 Georges Fenech nous a rejoint. Bonjour Georges Fenech, soyez le bienvenu.
00:00:14 William T. est avec nous. Bonjour William T.
00:00:17 Pierre-Henri Bovis également. Bonjour.
00:00:19 Et Noémie Schultz du service Police-Justice de CNews. Bonjour, soyez la bienvenue.
00:00:23 Beaucoup d'actualités, je le disais, mais d'abord un point sur les informations avec Maureen Vidal.
00:00:29 Il n'y a pas du tout de pause dans l'ambition climatique.
00:00:32 Ce sont les mots de la Première Ministre Elisabeth Borne alors qu'Emmanuel Macron présentait des projets de réindustrialisation de la France ces derniers jours.
00:00:39 Il a estimé qu'il ne fallait plus ajouter de normes environnementales après l'application du Pacte Vert de l'Union Européenne.
00:00:45 Comme le Président, la Première Ministre a réaffirmé son soutien du Pacte Vert avec l'objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2050.
00:00:52 Un homme d'une trentaine d'années tué par balle à Valence, il s'agit du troisième homicide par arme à feu depuis mardi.
00:00:58 Les deux autres sur fond de règlement de comptes n'ont aucun lien avec le meurtre de ce trentenaire, selon le procureur de la République de Valence.
00:01:04 L'enquête a été confiée à la police judiciaire chargée des investigations sur les deux précédents meurtres.
00:01:09 Moscou accuse Kiev d'avoir visé des cibles civiles à Lougansk.
00:01:14 La région sous contrôle russe dans l'est de l'Ukraine a été bombardée par des missiles britanniques.
00:01:19 A la suite de la frappe, le ministère russe a indiqué qu'un incendie s'est déclaré sur le site des entreprises alimentaires et chimiques,
00:01:25 faisant état de destruction d'immeubles résidentiels à proximité et de plusieurs blessés, dont six enfants.
00:01:31 Et nos démas qui débarrent maintenant avec le tribunal administratif qui a suspendu l'interdiction d'un colloque de l'Action française, groupe Dulta droite.
00:01:41 Ce matin, la préfecture de police avait interdit cinq rassemblements d'extrême droite ce week-end à Paris.
00:01:45 Ce colloque est quatre manifestations.
00:01:47 Un peu plus tôt d'ailleurs, vous le savez, dans la semaine, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, avait demandé au préfet d'interdire toutes les manifestations d'extrême droite
00:01:54 après la tenue polémique d'un rassemblement samedi dernier dans les rues de Paris.
00:01:57 Noémie Schultz, on va revenir avec vous sur les conditions pourquoi le tribunal a donné tort à l'État notamment,
00:02:03 mais près de ce lieu de colloque, dans le 12e arrondissement de Paris, déjà des arrestations.
00:02:07 Oui, deux interpellations de personnes qui étaient cagoulées et portaient des gants coqués.
00:02:13 Donc voilà, deux personnes arrêtées à proximité de l'espace Charenton où se tient finalement ce colloque de l'Action française.
00:02:19 Et puis dans le même temps, nous venons d'avoir l'information, 21 personnes ont été verbalisées, cette fois c'est Place d'Enfer Rochereau à Paris.
00:02:28 Place d'Enfer Rochereau où l'association Place d'Armes appelait elle aussi à un rassemblement, qui a été interdit.
00:02:35 Et donc 21 personnes ont été verbalisées pour participation à une manifestation interdite.
00:02:41 Des chiffres qui vont peut-être augmenter dans le courant de l'après-midi si d'autres personnes se joignent à ces mouvements qui ne sont pas autorisés.
00:02:49 D'autant que d'autres manifestations, pour l'instant, qui ne sont toujours pas autorisées, ont lieu également demain, on va y revenir dans un instant.
00:02:54 Mais d'abord, pourquoi le tribunal administratif a donné tort à l'État, Noémie Schultz, dans le cadre de ce colloque d'Action française ?
00:03:01 Alors j'aurais aimé avoir la motivation du tribunal administratif pour vous dire précisément
00:03:05 pour quelle raison il a retoqué l'arrêté d'interdiction pris vendredi par la préfecture de Paris.
00:03:14 Malheureusement, nous n'avons pas ces motivations.
00:03:18 Nous savons simplement qu'il suspend l'arrêté d'interdiction du tribunal administratif,
00:03:22 qu'il condamne l'État français à verser 1 500 euros à l'association Action française au titre des frais de justice.
00:03:29 Et donc cela permet à ce colloque de se tenir.
00:03:32 Alors ce qu'on peut éventuellement imaginer, c'est que les arguments,
00:03:35 enfin en tout cas ce qu'on comprend, c'est que les arguments qui avaient été avancés par le préfet de Paris dans son arrêté,
00:03:42 n'ont pas été suffisants.
00:03:43 Par exemple, le préfet de police, il expliquait que ce colloque s'inscrivait dans un contexte tendu suite au rassemblement dont vous avez parlé de la semaine dernière,
00:03:51 qu'il suscite une mobilisation croissante chez les opposants à cette réunion et des réactions vindicatives,
00:03:55 laissant craindre une escalade d'initiatives menant à des violences et à des troubles à l'ordre public.
00:03:59 En clair, il avait peur que des personnes opposées à l'Action française viennent aux abords de l'espace Charenton et qu'il y ait des heurts.
00:04:08 Il s'inquiétait aussi des thématiques abordées au cours de ce colloque,
00:04:12 susceptibles de générer des propos de nature à mettre en cause les principes consacrés par la Déclaration des droits de l'homme et des citoyens et par la tradition républicaine.
00:04:19 Des propos qui pourraient inciter à la haine et à la discrimination.
00:04:22 Et puis il expliquait aussi qu'il y avait beaucoup de rassemblements prévus ce week-end,
00:04:25 beaucoup de forces de l'ordre déjà mobilisées et que concrètement, il n'avait pas les moyens d'envoyer suffisamment de policiers
00:04:31 pour s'assurer de la sécurité et du bon déroulement de ce colloque.
00:04:34 Ça, c'était les arguments du préfet de police de Paris pour justifier l'interdiction.
00:04:38 Ça n'a pas suffi pour que le tribunal administratif valide cette arrêtée.
00:04:42 Voilà, tout ceci pour éviter des troubles à l'ordre public.
00:04:44 Et force est de constater, vous l'avez dit, avec les arrestations et notamment sur un autre lieu,
00:04:48 d'autres manifestants un peu véhéments.
00:04:51 Donc c'est en train de se dérouler.
00:04:52 Mais ce que l'on peut dire, Georges Fenech, c'est qu'avec cette décision, c'est aussi l'État et Gérald Darmanin notamment qui sont désavoués.
00:04:59 L'amende de 2500 euros, c'est peut-être symbolique, mais surtout l'autorisation de tenir ce colloque ou bien de manifester.
00:05:06 Je crois que tous les juristes s'accordaient, qu'ils soient de sensibilité de droite comme de gauche d'ailleurs,
00:05:12 pour dire que c'est circulaire.
00:05:15 Gérald Darmanin interdisant de manière absolue, générale et absolue,
00:05:20 toutes les manifestations, interventions, colloques de la droite, extrême droite, ultra droite,
00:05:25 était entaché d'illégalité.
00:05:27 Car la loi qui est inscrite depuis 1935, c'est un décret de 1935,
00:05:32 qui a été ajourné en 2012, donne la ligne claire.
00:05:38 C'est un examen qui est fait non pas de manière générale et absolue, mais de manière quasi-casuelle.
00:05:44 C'est-à-dire cas par cas.
00:05:46 Cas par cas, le préfet doit examiner si cette manifestation déclarée présente un trouble ou non à l'ordre public.
00:05:55 Vous ne pouvez pas comme ça, ex abrupto, dire que toute cette mouvance est interdite de manifestation.
00:06:01 Il faut démontrer qu'effectivement il y a un risque de trouble.
00:06:04 Alors le mise intérieure, ça bride pour le fait que c'est le juge finalement qui le dira.
00:06:09 Le juge administratif verra ça à jour et se prendra compte.
00:06:12 Ce n'est pas le rôle du juge administratif d'apprécier si effectivement il peut y avoir un trouble entre lui.
00:06:17 Comment voulez-vous qu'il fasse ? Qu'il interroge la DGSI ?
00:06:20 Ce n'est pas son rôle.
00:06:22 Là, on se défausse quelque part, la police administrative, sur la justice.
00:06:28 Et ça n'est pas dans l'ordre naturel de l'ordre administratif et de l'ordre judiciaire.
00:06:33 Donc il y a de fortes chances pour que cette circulaire, à mon sens, soit assez rapidement abrogée.
00:06:38 Après, moi je n'en doute pas, les décisions qui vont casser ces arrêtés d'interdiction.
00:06:45 Et d'ailleurs la première qui interdisait le colloque, elle a été censurée par le tribunal administratif.
00:06:51 Et on peut s'attendre à ce que les autres décisions soient aussi censurées par la juridiction administrative.
00:06:57 Les cinq autres, il y en a six au total puisqu'il y avait aussi une manifestation de gilets jaunes.
00:07:01 Là, Noémie Choultre, c'est tout simplement la loi qui est appliquée.
00:07:04 Oui, et l'ironie de la situation, si on peut dire ça comme ça, c'est que tout ça confirme ce que disait Laurent Nunes en début de semaine.
00:07:11 Quand il a été attaqué après le rassemblement du week-end dernier, avec ces images très choquantes de manifestants faboulés dans les rues de Paris,
00:07:18 il s'en était expliqué et il avait dit qu'il n'avait pas eu, qu'il n'était pas fondé à prendre un arrêté d'interdiction, selon lui,
00:07:25 parce qu'il n'y avait pas d'élément. Il dit que cette manifestation qui, les années précédentes, n'avait entraîné aucun trouble à l'ordre public,
00:07:32 qu'il n'y avait pas de raison de l'interdire, ce à quoi le ministre de l'Intérieur avait dit "ça m'est égal".
00:07:37 Avec cette circulaire, il envoyait consigne à tous les préfets, y compris le préfet de Paris, d'interdire tous ces rassemblements d'extrême droite.
00:07:44 Laurent Nunes n'a pas eu d'autre choix que de prendre ces cinq arrêtés d'interdiction.
00:07:49 Au final, il avait raison. C'est-à-dire qu'en tout cas, pour ce qui concerne...
00:07:53 Alors, on va attendre, puisqu'il y a d'autres décisions qui sont attendues.
00:07:56 On va attendre de voir, parce que cette première décision qui a été rendue, elle concerne non pas une manifestation, mais un colloque.
00:08:01 Donc on est dans une réunion statique, dans un lieu clos, fermé, privé.
00:08:06 Donc c'est un petit peu différent. On va voir ce qu'il en sera des autres rassemblements, plus sous forme de manifestation.
00:08:13 Mais clairement, là, le message envoyé, c'est de dire "le préfet avait raison, on ne peut pas, a priori, interdire tous ces rassemblements".
00:08:22 Alors, je cède la parole à Pierre-Henri Bovis et William Té dans un instant.
00:08:25 Mais d'abord, il faut savoir qu'Action française, pour celles et ceux qui nous regardent, est un mouvement d'extrême droite,
00:08:29 mais qui se revendique royaliste, mouvement royaliste d'extrême droite.
00:08:32 3 000 membres, nationalisme intégral, et donc réaction, et surtout satisfaction, d'Olivier Perceval,
00:08:38 le secrétaire national d'Action française, après cette décision du tribunal administratif. Écoutez.
00:08:43 On a apporté un référé ce matin, à 9h, et en fin de matinée, le tribunal a été très efficace, pour reconnaître...
00:08:52 Moi, on tape toujours sur les juges, mais là, je veux reconnaître qu'ils ont été très corrects, ils ont bien fait leur boulot.
00:08:57 Et ils ont regardé que le droit. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas voulu entrer dans le discours ni idéologique, ni doctrinal, ni quoi que ce soit.
00:09:04 Mais ils ont regardé que le droit. Et au regard du droit, c'était n'importe quoi.
00:09:09 Donc ils ont retoqué la condamnation... Enfin, l'interdiction du gouvernement.
00:09:17 William Té, c'est donc le droit qui est appliqué, mais sur la forme, c'est aussi l'État qui est sanctionné,
00:09:24 puisqu'il y avait cette volonté d'éviter ce qui s'est passé aussi samedi dernier, avec ces 600 personnes,
00:09:30 toutes de noir vêtues, masquées, gantées notamment. C'est ce qui peut éventuellement se reproduire, malheureusement, aussi ce week-end.
00:09:36 Mais dans un État de droit, le principe, c'est la liberté et l'exception, donc la restriction et l'exception.
00:09:43 Je pense que le problème, c'est que le ministre de l'Intérieur, souvent, a des défauts avec les problèmes juridiques.
00:09:47 Ce n'est pas le premier. Ça s'est passé ici avec l'imam Mikkelsen, ça s'est passé sur les différentes actions.
00:09:51 Donc, à chaque fois, il rencontre un problème, un phénomène. On a eu la même chose également,
00:09:55 lorsqu'Emmanuel Macron est venu au Stade de France. Maintenant, vous avez chaque préfecture qui interdit les manifestations préventivement.
00:10:00 Or, dans un État de droit, la liberté de manifestation est un principe constitutionnel.
00:10:06 Et donc, les pouvoirs publics doivent permettre aux gens de manifester librement, sauf exception.
00:10:11 Et en l'occurrence, la France est quand même un beau pays auquel on permet aux gens de manifester,
00:10:15 même quand ils sont contre la République, et même parfois quand il y a des manifestations anti-France.
00:10:19 Maintenant, il y a une limite à ça. La question qu'il faut se poser, c'est
00:10:22 est-ce qu'on ne doit pas changer les règles du jeu pour interdire certaines manifestations
00:10:26 lorsqu'elles peuvent poser des dangers, et peuvent poser des dangers à l'État français ?
00:10:30 Moi, je pense aux manifestations d'ultra-droite, mais également aux manifestations d'ultra-gauche.
00:10:33 Parce qu'à chaque fois, trop souvent, on a les mêmes problèmes.
00:10:36 C'est-à-dire que vous avez des gens qui sont permis de manifester ou d'utiliser des actions
00:10:40 qui peuvent attiser des problèmes contre nous. Et je pense que ça peut poser un souci,
00:10:43 notamment pour les questions d'ordre public. Effectivement, sur le colloque en question,
00:10:46 il n'y avait pas de danger, il n'y avait pas de gens qui allaient sortir armés, etc.
00:10:49 Mais lorsque vous prenez la manifestation que vous avez évoquée, il y avait des gens avec des masques, etc.
00:10:53 Est-ce que ça ne peut pas conduire pour les prochaines manifestations, avec des combats,
00:10:57 avec l'ultra-gauche, etc. ? C'est une question qui se pose.
00:11:00 Et donc, du coup, en l'occurrence, il ne faut pas que ce soit à chaque fois les riverains qui payent ces choses-là.
00:11:04 Il faut interdire certaines manifestations, alors c'est à ça qu'il faudrait arriver ?
00:11:08 Puisque, regardez, Sainte-Solide notamment, manifestation interdite,
00:11:11 ça n'a pas empêché des manifestants violents de se retrouver face aux forces de l'ordre, notamment.
00:11:16 Et c'est ce qui peut se produire dans la rue, c'est ce qui se produit également dans les manifestations
00:11:19 contre la réforme des retraites, avec des Black Blocs qui vont casser du mobilier urbain
00:11:25 ou qui vont frapper la police.
00:11:27 Alors eux, ils profitent, c'est un peu différent, les Black Blocs, ils profitent d'une manifestation officielle.
00:11:31 Bien sûr, évidemment.
00:11:32 Et ils viennent, disons que ce n'est pas eux qui déclarent, ce n'est pas les militants d'ultra-gauche.
00:11:35 Et on verra ça, comment on peut lutter contre ça avec la loi anti-casseurs, en effet, dans quelques instants.
00:11:39 Mais à un moment donné, la frontière est très infime, c'est vrai.
00:11:44 Ce qui a été dit, c'est que la liberté de manifester, c'est une liberté constitutionnelle, garantie
00:11:48 par la Convention en pleine et droit de l'homme.
00:11:50 C'est un régime qui est soumis à déclaration préalable, non pas autorisation, à déclaration préalable.
00:11:56 Et cela ensuite revient au préfet d'indiquer si oui ou non il y a un trouble à l'ordre public.
00:12:01 Mais deux éléments que j'aimerais apporter.
00:12:03 Un, qu'est-ce que l'ultra-droite ? Vous saurez le définir, vous, l'ultra-droite.
00:12:07 Moi, j'en suis incapable. Il n'y a pas de notion juridique qui définit aussi bien l'ultra-droite que l'ultra-gauche.
00:12:12 Donc, on ne peut pas, si vous voulez, avancer pour dire que l'ultra-droite concerne un périmètre déterminé,
00:12:22 comme l'ultra-gauche, en disant que ce périmètre-là sera interdit. Ce n'est pas possible.
00:12:27 Donc, vous devez, vous en tant que préfet, annoncer qu'il y aura un trouble à l'ordre public.
00:12:32 C'est-à-dire que les moyens que vous allez mettre en œuvre et en place, notamment avec les forces de l'ordre,
00:12:37 seront insuffisants pour contenir cet ordre public, qui risque de se trouver troublé.
00:12:44 Si vous n'arrivez pas à démontrer cela, alors vous ne pouvez pas interdire une manifestation.
00:12:50 Et vous ne pouvez pas non plus interdire un rassemblement.
00:12:52 C'est un droit fondamental qu'il faut absolument préserver.
00:12:55 Et je suis totalement contre l'idée d'anticiper et de faire de la justice prédictive
00:13:01 en se disant que si peut-être, effectivement, il y a un risque, alors on va interdire.
00:13:06 Mais si demain, les manifestations sont autorisées, qu'il y a des heurts, qu'il y a des affrontements, d'ailleurs,
00:13:10 entre des manifestants d'extrême-droite et d'extrême-gauche, qu'il y a des victimes...
00:13:13 La loi, si vous voulez, le prévoit. C'est-à-dire que lorsque vous avez effectivement des personnes
00:13:17 qui ont été supposées interceptées parce qu'elles ont cassé ou autre,
00:13:22 la loi est prévue pour les empêcher ou du moins pour les restreindre.
00:13:27 Vous ne pouvez pas interdire une manifestation en vous disant que peut-être sur une notion très floue,
00:13:33 ce mouvement est considéré comme d'ultra-droite et donc vous allez l'interdire.
00:13:37 Vous ne pouvez pas.
00:13:38 - Oui, il y a un débat.
00:13:39 - Et d'ailleurs, j'en profite sur ce mouvement d'ultra-droite. Il y a eu des dégâts ?
00:13:44 Effectivement, les images ont choqué tout le monde. Il faut évidemment se scandaliser.
00:13:48 Mais il y a eu des dégâts ? Il y a eu de la casse ? Il n'y a pas eu de casse.
00:13:52 Il n'y a pas eu des dégâts.
00:13:53 Je tiens à rappeler que la manifestation qu'on pourrait considérer comme ultra-gauche,
00:13:57 quand bien même ultra-gauche, il faudra encore définir, c'est 4 à 5 millions d'euros à Paris, les dégâts.
00:14:02 C'est plus de 100 000 euros à Dijon.
00:14:04 Donc moi, je veux bien que Gérald Darmanin, sur un plan politique,
00:14:08 dise qu'on va interdire le mouvement d'ultra-droite parce qu'il ne veut pas non plus être taxé,
00:14:13 de prendre tout le temps la défense de la droite.
00:14:15 Donc on va jeter la patate chaude aux magistrats, c'est ce que disait Georges Fenech.
00:14:19 On jette la patate chaude aux magistrats qui, du coup, seront amenés à faire le boulot à sa place,
00:14:23 ce qui n'est pas possible.
00:14:25 Mais à part ça, si vous voulez faire des déclarations politiques, juridiquement, vous ne pouvez pas.
00:14:29 En gros, Gérald Darmanin combat plus l'extrême droite que l'extrême gauche.
00:14:31 C'est ce que je comprends dans les propos de Pierre-Henri Bovis.
00:14:35 Dessus, il a tort.
00:14:36 Moi, je pense qu'il faut combattre à la fois l'ultra-droite et également l'ultra-gauche.
00:14:39 Parce que quand vous parlez d'ultra, ce sont des gens qui sont ultra.
00:14:42 Donc par conséquent, ils sont violents.
00:14:43 Et lorsque vous êtes violent en vue de manifester une opinion politique,
00:14:46 vous rentrez sur les conditions que vous avez évoquées du trouble de l'ordre public.
00:14:49 Ça, c'est le premier élément.
00:14:50 Notamment lorsque vous prenez les Black Blocs, mais ce n'est pas une organisation officielle,
00:14:53 ce sont des gens qui viennent pour manifester leurs idées par la violence.
00:14:56 Donc moi, je pense qu'il faut interdire ces types de rassemblements.
00:14:58 C'est le premier élément.
00:14:59 Le deuxième point que vous dites, c'est que vous aurez été le premier à dire
00:15:02 si par cas il y avait des violences, Abba Darmanin n'a rien fait, il ne sert à rien.
00:15:05 Donc il aurait dû interdire les manifestations.
00:15:07 Or, moi, je pense que parfois, la loi permet, en fonction des rassemblements,
00:15:11 d'interdire préventivement.
00:15:12 Et c'est le préfet qui doit déterminer si ça va poser question des troubles à l'ordre public ou pas.
00:15:17 Et donc, je pense que pour certains rassemblements, en l'occurrence sur un colloque,
00:15:21 il a tort parce que dans un colloque, vous n'allez pas vous battre, etc.
00:15:23 Mais dans des manifestations, on doit pouvoir interdire les manifestations d'ultra-gauche,
00:15:26 les manifestations d'ultra-gauche, de Black Blocs, etc.
00:15:29 On a le droit de pouvoir interdire.
00:15:30 Le troisième élément que je vois, c'est que le rôle du ministre de l'Intérieur,
00:15:33 c'est d'assurer la loi et l'ordre.
00:15:34 Et lorsque vous voulez assurer la loi et l'ordre, il faut assurer l'ordre républicain.
00:15:37 Or, est-ce qu'on peut se permettre en France d'avoir des gens qui manifestent
00:15:40 avec des opinions racistes, des opinions royalistes,
00:15:42 et certaines opinions qui sont contre l'État français et contre les valeurs de l'État français ?
00:15:46 Moi, je pense que pour certains cas, il faut pouvoir interdire.
00:15:48 Voilà, la liberté d'expression à ses limites ?
00:15:49 Je pense, oui.
00:15:50 Sauf que du coup, vous allez coller une étiquette sur la personne qui va déclarer une manifestation
00:15:56 en disant "cette personne, elle appartient à telle mouvance, voilà ce qu'elle pense".
00:15:59 Ça me paraît compliqué, du point de vue juridique.
00:16:02 Mais quand vous êtes des Black Blocs, quand vous adhérez à un mouvement,
00:16:05 il y a quand même des valeurs auxquelles vous affichez.
00:16:07 Quand vous venez à un colloque d'action française ou quand vous venez à une manifestation Black Blocs,
00:16:10 vous adhérez à un certain ensemble de valeurs.
00:16:12 Quand vous êtes Black Blocs, vous n'allez pas vous dire "ah bah tiens, je suis pour le capitalisme,
00:16:15 je suis pour McDonnell et pour Bernard Arnault".
00:16:16 Le fait d'être masqué également veut dire beaucoup ?
00:16:18 Bien sûr.
00:16:19 Oui, le fait d'être masqué, pour une manifestation, c'est illégal.
00:16:22 Après, reste à savoir si les forces de l'ordre, pour leur boulot.
00:16:26 D'ailleurs, les deux personnes interpellées aujourd'hui en marge de la visibilité de l'espace Charenton
00:16:30 sont interpellées parce qu'elles sont cagoulées et qu'elles ont des gants coqués.
00:16:33 Pour déterminer Noémie Choud, si une manifestation est dangereuse,
00:16:35 c'est d'abord, dans un premier temps, le travail des renseignements généraux,
00:16:38 de ce que l'on appelle les RG, qui peuvent identifier et dire "attention, il y a un risque, c'est difficile,
00:16:42 est-ce qu'on peut contrôler ces forces de l'ordre ?"
00:16:44 Oui, à chaque fois, on se pose la question, avant toutes les manifestations contre la réforme des retraites,
00:16:48 on avait, dans les jours qui précédaient, une évaluation des risques potentiels,
00:16:52 du nombre d'ultras qui pensaient participer au rassemblement.
00:16:56 Et parfois, on s'est attendu à ce que ça se passe très mal et ça a été relativement calme.
00:17:01 Et à l'inverse, il y a d'autres fois, parce qu'encore une fois,
00:17:03 la particularité de ces actions lors de ces très gros rassemblements,
00:17:07 c'est que ceux qu'on appelle les Black Blocs, mais encore une fois,
00:17:10 ce sont des... Un Black Bloc en soi, c'est juste la formation d'un groupe en tête de cortège
00:17:15 pour ensuite s'en prendre aux forces de l'ordre, pour casser.
00:17:18 Donc la formation de ces Black Blocs, elle a besoin, pour pouvoir s'organiser,
00:17:22 qu'il y ait beaucoup de monde dans les cortèges.
00:17:23 Donc eux, ils profitent, c'est pour ça que ces gens qui viennent pour casser,
00:17:27 ils ne déclarent pas une manifestation à la préfecture.
00:17:30 Ils attendent qu'il y ait des manifestations officielles qui vont faire venir beaucoup de monde.
00:17:35 Et là, ils viennent, ils essayent de rentrer dans le cortège.
00:17:38 Souvent, ils n'arrivent pas, donc ils rentrent dans le pré-cortège.
00:17:40 Et c'est là qu'ils arrivent à faire beaucoup de dégâts.
00:17:42 Et il faut lutter contre les casseurs, justement,
00:17:43 toujours dans le cadre de ces manifestations violentes et des casseurs.
00:17:46 Les représentants des syndicats de police étaient réunis à l'Élysée
00:17:48 avec les conseils du chef de l'État.
00:17:50 Et ils ont fait des propositions en vue de la future loi anti-casseurs.
00:17:54 Vincent Flandes et Jeanne Cancard.
00:17:58 Après une heure de réunion, les représentants des syndicats de police
00:18:01 sortent confiants de l'Élysée.
00:18:03 Ils sont venus proposer des mesures pour alimenter la future loi anti-casseurs.
00:18:07 Le point principal, c'est de faire comprendre aux casseurs
00:18:10 qu'ils n'ont plus le droit de venir aux manifestations.
00:18:12 Comment ? Tout simplement en les signant en résidence,
00:18:14 tout simplement en les faisant pointer au commissariat 2, 3, 4 fois, 5 fois,
00:18:17 s'il le faut, pour ne pas qu'ils aillent à la manifestation.
00:18:19 Et surtout derrière, qu'il y a le cheminement judiciaire nécessaire.
00:18:23 C'est-à-dire que si toutefois on le retrouve à la manifestation
00:18:26 et qu'il continue à casser, il doit être sanctionné sévèrement.
00:18:29 Une réponse pénale ferme et une justice surveillée.
00:18:33 On a aussi demandé que les juges expliquent parfois la sanction proposée.
00:18:38 Il doit y avoir un devoir d'explication, un devoir de rendre compte,
00:18:42 comme fait le policier, et le juge doit expliquer
00:18:44 pourquoi il ne sanctionne pas fermement tel fait ou tel autre.
00:18:48 Les représentants des syndicats de police ont également demandé
00:18:51 des peines planchées pour les casseurs et la sanctuarisation
00:18:54 des drones lors des manifestations.
00:18:56 Cela paraît presque simple, Georges Fénéac, assigner les casseurs à résidence.
00:19:00 Ça veut dire qu'on les a identifiés, qu'on les connaît,
00:19:03 et donc on pourrait les interdire de venir dans les manifestations,
00:19:06 leur interdire de le faire.
00:19:08 Ce n'est pas si simple que ça.
00:19:10 Est-ce qu'on les connaît d'ailleurs ? Est-ce qu'on les connaît tous ?
00:19:14 Vous savez, une assignation à résidence administrative,
00:19:20 ça doit couvrir l'ensemble d'une commune.
00:19:24 Vous ne pouvez pas assigner un domicile.
00:19:27 Vous ne pouvez pas sortir de la commune.
00:19:30 Vous imaginez une assignation à résidence pour un manifestant
00:19:33 qui n'a pas le droit de sortir de Paris.
00:19:35 Il ne va pas sortir de Paris, il va la faire.
00:19:37 Donc ça pose un vrai problème.
00:19:39 Et qui plus est, on a eu l'expérience déjà avec la précédente loi
00:19:42 dite anti-casseurs, moi je ne l'appelle pas comme ça,
00:19:45 puisque ça a été retoqué par le Conseil régional,
00:19:47 estimant à juste titre qu'une décision purement administrative
00:19:52 ne pouvait pas interdire à un individu de procéder,
00:19:55 de participer à des manifestations.
00:19:57 Donc il faut trouver, et ça qui me frappe,
00:19:59 c'est une forme d'impuissance en apparence,
00:20:02 une forme d'immobilisme sur cette question-là,
00:20:05 parce que je crois que cette loi était de 2019,
00:20:07 peut-être Noemi me confirmera.
00:20:09 Depuis 2019, on n'a pas eu le temps de réfléchir
00:20:13 à un dispositif législatif qui soit dans les clous de la Constitution.
00:20:19 Et tout à coup, ce sont des syndicats de police
00:20:21 qui viennent toquer à la porte de l'Elysée.
00:20:23 On se demande d'ailleurs pourquoi l'Elysée ?
00:20:25 Il faut plutôt aller Place Vendôme,
00:20:26 ça relève du ministère de la Justice directement.
00:20:29 De savoir, est-ce qu'on refait des peines planchers ?
00:20:32 Comment peut-on faire pour que les interdictions de manifester
00:20:35 soient légales et constitutionnelles ?
00:20:38 Tout ça relève du ministère de la Justice,
00:20:40 de la direction des affaires criminelles et des grâces.
00:20:43 On doit pouvoir trouver le moyen, par exemple,
00:20:45 moi j'ai suggéré, je vous l'ai déjà dit sur ce plateau,
00:20:48 qu'une décision préfectorale d'interdiction de manifester
00:20:53 à titre préventif et administratif,
00:20:55 s'appuyant sur des éléments tangibles quand même,
00:20:57 soit autorisée et validée par le JLD,
00:21:01 le juge de la liberté et de la détention,
00:21:03 qui lui est un magistrat indépendant.
00:21:05 Et donc on élimine le risque, en tout cas on rend partie,
00:21:09 d'un arbitraire de l'administration.
00:21:12 C'est ça qui est en jeu pour les peines planchers.
00:21:14 J'ai eu le Beauvau de la Sécurité, vous vous souvenez pas du Beauvau de la Sécurité ?
00:21:18 Où déjà les policiers et syndicats demandaient observatoire de la réponse pénale,
00:21:22 que deviennent les individus qui s'en sont pris aux forces de l'ordre,
00:21:26 quelles sont les peines qui ont été prononcées,
00:21:28 quelles sont les peines qui ont été réellement exécutées.
00:21:31 On a l'impression de faire du sur place depuis quelques années.
00:21:34 Il va bien falloir qu'on en sorte de cette situation,
00:21:37 sans quoi un jour ou l'autre vous risquez à ce que les policiers,
00:21:41 comme moi ça s'est produit une fois, jettent leur monode par terre,
00:21:44 en disant "nous on ne veut plus servir de chair à canon".
00:21:47 Et c'est le serpent qui se mord la queue,
00:21:49 puisque si on ne peut pas faire grand chose contre les casseurs,
00:21:51 même en les assignant à résidence,
00:21:53 Georges Fenech vient très bien de l'expliquer, William Tessy,
00:21:56 s'il est assigné à résidence à Paris avec la manifestation à Paris,
00:21:58 il va venir manifester.
00:21:59 Mais que dans le même temps, le tribunal administratif autorise certaines manifestations,
00:22:05 à un moment donné tout le monde est démuni pour arriver à un digues pléhaut.
00:22:08 Moi j'ai une idée et ça ne demande même pas de loi.
00:22:11 Aucune loi, pas besoin de changement.
00:22:12 Vous avez les casseurs à priori,
00:22:15 c'est-à-dire en amont d'une manifestation et a posteriori pendant une manifestation.
00:22:18 A priori, il faut déclarer les black blocs, tous les antifas comme des terroristes.
00:22:23 Parce que de toute façon ce sont des gens qui rentrent dans les qualifications juridiques,
00:22:26 lorsque vous venez manifester votre idéologie par le biais d'une violence,
00:22:29 vous rentrez dans les qualifications du code pénal comme des terroristes.
00:22:32 Et là, ça veut dire que les policiers ont les moyens exorbitants du droit commun pour les arrêter.
00:22:36 On va me donner la même chose à chaque fois,
00:22:38 on va me dire les antifas et les black blocs ne sont pas organisés comme association.
00:22:41 Le CAIDA n'est pas organisé comme association, Daesh non plus.
00:22:43 Et pourtant on n'a plus les qualifier comme des terroristes.
00:22:45 Donc on peut faire la même chose pour les black blocs et pour les antifas.
00:22:47 Ça c'est le premier élément, c'est-à-dire que les policiers pourront les arrêter préventivement,
00:22:50 pourront avoir tout un arsenal juridique.
00:22:52 Est-ce que ce n'est pas déjà ce qu'ils font ?
00:22:53 Non, ils le font pas.
00:22:54 Il y a des armes qui sont saisies avant certaines manifestations ?
00:22:56 Ils le font en partie, mais pas totalement.
00:22:59 Et moi je pense qu'il faut aller jusqu'au bout,
00:23:01 parce que vous avez toujours 3 000, 4 000 personnes qui sont toujours les mêmes,
00:23:03 qu'on peut arrêter.
00:23:04 Donc ça c'est a priori.
00:23:05 A posteriori, c'est-à-dire pendant une manifestation,
00:23:07 quand vous avez des gens qui notamment à Sainte-Soline,
00:23:10 viennent taper du policier, etc.
00:23:11 Je pense qu'il faut changer les consignes dans une circulaire
00:23:14 et que le ministre de l'Intérieur permette aux policiers d'aller les charger,
00:23:17 d'aller les appréhender et ensuite après pouvoir les coffrer.
00:23:21 Et ensuite après il reste une seule chose,
00:23:22 c'est que la justice fasse son travail et arrête de les relâcher
00:23:25 après un simple rappel à la loi, etc.
00:23:27 Donc une fois que vous faites tout ça, vous n'avez même pas besoin de changer
00:23:30 n'importe quelle autre règle juridique.
00:23:31 Il suffit juste d'appliquer un principe, c'est la loi et l'ordre.
00:23:35 Il faut juste que le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice
00:23:37 fassent passer une consigne en disant
00:23:39 la justice devrait plutôt se pencher comme ça,
00:23:41 en qualification des faits, sur ce type d'action
00:23:44 et le ministre de l'Intérieur doit permettre aux policiers
00:23:45 de pouvoir les arrêter préventivement.
00:23:47 C'est peut-être un vœu pieux quand même,
00:23:49 parce que c'est très compliqué de pouvoir appréhender
00:23:51 tous ces gens-là qui passent à travers les mailles du filet.
00:23:55 C'est surtout un vœu pieux.
00:23:57 Avant même 2019, c'était Jacques Chabandelmas,
00:24:01 il me semble, qui avait promulgué une loi,
00:24:03 pas anti-casseurs, mais qui s'y rapprochait,
00:24:05 qui avait été abrogée par Mitterrand.
00:24:07 Ça c'était la vraie loi anti-casseurs.
00:24:09 C'était une loi...
00:24:10 En 79, oui.
00:24:11 Non mais est-ce que ça a pris un lois anti-casseurs ?
00:24:13 La toute première.
00:24:14 La responsabilité collective.
00:24:15 Collective, exact, pécuniaire notamment.
00:24:16 Un individu qui est pris dans une manifestation
00:24:17 et qui ne se retire pas d'une manifestation violente,
00:24:19 il est coupable d'être présent dans cette manifestation.
00:24:21 Exactement.
00:24:22 Et ça a été abrogé par François Mitterrand.
00:24:23 Ça a été abrogé par François Mitterrand.
00:24:24 Vous voyez, ça fait 50 ans qu'on discute de ce sujet,
00:24:27 qu'on ne trouve pas vraiment de solution...
00:24:29 Mais parce que sur le terrain, ça paraît insoluble,
00:24:31 c'est inapplicable.
00:24:32 Si, ça a été appliqué en 70, je peux vous dire
00:24:34 que ça a été appliqué à plusieurs reprises.
00:24:35 Alors il y a peut-être eu quelques dérives,
00:24:37 c'est possible, quelques excès dans la poursuite,
00:24:40 mais en tout cas ça a été appliqué.
00:24:42 Avec peut-être...
00:24:43 Pour conclure.
00:24:44 J'étais pané, mais peut-être avec moins de violence,
00:24:48 peut-être qu'aujourd'hui...
00:24:49 C'était après 68.
00:24:50 Après 68.
00:24:51 Après 68, parce qu'aujourd'hui,
00:24:53 juste pour répondre sur l'intervention des policiers
00:24:56 qui pourraient charger, etc.,
00:24:58 évidemment on souhaite éviter tout débordement.
00:25:01 Et lorsque vous avez des personnes
00:25:03 qui pourraient préenter un risque d'extrême violence,
00:25:06 vous réfléchissez à deux fois avant de les charger.
00:25:09 Et quant à la justice,
00:25:11 je pense que c'est bien placé pour le savoir,
00:25:13 les peines sont prononcées, sont parfois lourdes.
00:25:15 En revanche, l'exécution des peines,
00:25:17 ça c'est un autre sujet,
00:25:18 et un nombre de décisions pénales
00:25:20 ne sont pas encore exécutées aujourd'hui.
00:25:21 On marque une pause.
00:25:22 Merci à Noémie Schultz
00:25:23 et dans un instant d'autres thématiques d'actualité.
00:25:25 A tout de suite sur CNews.
00:25:26 90 minutes Info Week-end.
00:25:33 Les débats reviennent dans un instant.
00:25:34 D'abord un point sur l'actualité.
00:25:35 Maureen Vidal.
00:25:36 Le colloque de l'Action française
00:25:40 est au final maintenu à Paris
00:25:42 alors que cet événement prévu aujourd'hui
00:25:44 avait été interdit par le préfet de police Laurent Nunez.
00:25:46 Le tribunal administratif a suspendu cette interdiction.
00:25:49 Considéré comme mouvement d'ultra-droite,
00:25:51 Gérald Darmanin avait ordonné au préfet
00:25:53 de proscrire toute manifestation de cette mouvance
00:25:55 en début de semaine.
00:25:56 Deux étudiants de l'Uni menacés de mort
00:25:59 sur un mur de l'Université de Grenoble.
00:26:01 Les deux représentants ont porté plainte
00:26:03 dans la mobilisation contre la réforme des retraites.
00:26:05 Ils ont décrit un climat hostile entre étudiants
00:26:07 au sein de leur université.
00:26:09 Des menaces directes avec les prénoms des deux jeunes
00:26:11 que la direction de la faculté condamne.
00:26:13 Eric Ciotti a réagi sur Twitter
00:26:14 et a dénoncé la culpabilité des groupuscules d'extrême gauche.
00:26:19 Le président ukrainien Volodymyr Zelensky
00:26:21 est arrivé à Rome où il rencontrera le pape François
00:26:24 après des rencontres avec le président italien Sergio Mattarella
00:26:27 et la chef du gouvernement Giorgia Meloni.
00:26:29 Sur Twitter, Zelensky a déclaré qu'il s'agit d'une visite importante
00:26:32 pour se rapprocher de la victoire de l'Ukraine.
00:26:34 Il se rendra ensuite en Allemagne, selon le gouvernement.
00:26:37 Et dans nos débats à présent dans 90 minutes Info Weekend,
00:26:42 les violences dans les villes moyennes désormais.
00:26:45 Trois morts en moins d'une semaine à Valence dans la Drôme.
00:26:48 Un homme a été tué ce matin sans doute en règlement de compte.
00:26:50 Peut-être rien à voir avec les deux autres victimes
00:26:53 mais il faut ajouter, c'est vrai, cette semaine,
00:26:55 deux fusillades, deux morts en deux jours.
00:26:58 Valence est depuis quelques mois le théâtre d'une violence
00:27:00 dans certains quartiers.
00:27:01 Les règlements de compte sur fonds de trafic de drogue,
00:27:03 la délinquance et les tensions touchent donc désormais ces villes moyennes.
00:27:07 On en parle dans un instant mais d'abord les détails avec Clémence Barbier.
00:27:12 Des tirs à balles réelles dans un quartier de Valence.
00:27:15 En l'espace de deux jours, deux personnes ont été tuées par balles
00:27:22 dans des fusillades.
00:27:23 Face à cette violence croissante, la préfecture a annoncé des renforts.
00:27:27 Une centaine de CRS dont la CRS 8, l'unité spécialisée
00:27:31 dans la lutte contre les violences urbaines,
00:27:33 capable d'être envoyée rapidement partout en France
00:27:36 mais insuffisant pour le maire de Valence.
00:27:38 L'État n'intervient pas de façon structurelle.
00:27:40 Ça veut dire qu'on nous envoie des CRS, allez, trois jours,
00:27:43 tous les quatre mois.
00:27:44 Mais comment on peut maîtriser un quartier avec ça ?
00:27:47 L'autorité n'existe plus et ça n'est plus possible
00:27:49 de fonctionner comme ça.
00:27:50 Il faut refixer des règles.
00:27:51 Des accusations que réfute la préfecture.
00:27:54 Selon elle, l'État agit au quotidien pour rétablir l'ordre
00:27:57 dans ces quartiers difficiles.
00:27:59 Ce sont des phénomènes gravissimes, c'est une évidence.
00:28:01 Je converse tout à fait là-dessus avec monsieur le maire de Valence.
00:28:05 Encore une fois, je souligne le travail quotidien
00:28:10 qui est fait par notre police et donc je rappelle encore une fois
00:28:13 l'importance de nos saisies de drogue.
00:28:17 Depuis le début de l'année, les interpellations en lien
00:28:20 avec des affaires liées au trafic de drogue
00:28:22 sont trois fois plus nombreuses qu'en 2022 sur la même période.
00:28:25 Signe pour la préfecture que l'État est déterminé
00:28:28 à ne laisser aucun répit aux délinquants.
00:28:31 - Georges Fenech, sait-on pourquoi ces poches de violence,
00:28:34 ces villes, Valence, ça pourrait être une autre commune,
00:28:37 deviennent l'épicentre de la violence, du trafic de drogue ?
00:28:41 Pourquoi ça se crée tout de suite et ça se colle
00:28:44 sur ces communes en particulier ?
00:28:47 - Il n'y a plus vraiment de territoire, de zone qui soit épargnée.
00:28:53 Il y a eu un décret en 1996 qui avait recensé
00:28:59 700 et quelques quartiers et zones difficiles comme ça.
00:29:03 Un plus récent décret de 2022, on recense aujourd'hui
00:29:08 plus de 1500 de ces zones sensibles.
00:29:11 C'est énorme.
00:29:13 Ça touche environ une population de 6 millions d'habitants.
00:29:16 Et donc Valence, c'est la proximité de Lyonnais,
00:29:20 c'est la proximité de Grenoble.
00:29:22 On est sur des carrefours de passage de trafic de drogue
00:29:26 et Valence est malheureusement confrontée à ce fléau.
00:29:30 Je vais reprendre les mêmes termes que je vous ai dit tout à l'heure,
00:29:34 ce sentiment d'impuissance et d'immobilisme.
00:29:37 Comment se fait-il que ces armes lourdes
00:29:40 continuent à circuler de cette façon-là ?
00:29:42 Comment se fait-il qu'on n'arrive pas à enregistrer
00:29:45 des résultats plus performants en matière de saisie ?
00:29:48 Je sais qu'il y a eu des saisies, je sais que la police fait ce qu'elle peut,
00:29:51 mais ça va être incontestablement un travail de longue haleine.
00:29:55 Plusieurs années à condition de ne pas du tout baisser la gare,
00:29:59 c'est-à-dire donner véritablement des moyens d'enquête,
00:30:02 notamment, et ce n'est pas la réforme de la PJ qui va ranger les choses,
00:30:05 mais je crois que la réforme est en train de battre de l'aile en ce moment,
00:30:08 depuis notamment un rapport de la Cour des comptes.
00:30:11 Je crois qu'il faut vraiment déclencher cet espèce de plan Marshall
00:30:15 sur les 10 ans qui viennent.
00:30:17 Sur les 10 ans qui viennent, comment faire pour protéger nos frontières
00:30:21 de la pénétration de la drogue, donc problème géopolitique ?
00:30:25 Comment faire pour dissuader, bien entendu, les consommateurs ?
00:30:28 Sans consommateurs, il n'y aurait pas de trafic.
00:30:30 Et surtout, comment mettre hors d'état de nuire des dealers, des trafiquants,
00:30:35 des organisateurs de ce marché qui est aujourd'hui colossal.
00:30:41 Donc là, les solutions, il n'y a qu'à faucon, mais on les connaît.
00:30:46 Il faut véritablement donner les moyens.
00:30:49 Et encore une fois, il faut que les peines prononcées contre ces dealers,
00:30:53 ces revendeurs, soient suffisamment dissuasives,
00:30:56 ce qui n'est pas malheureusement encore le cas.
00:30:58 Pierre-Henri Boivis, les moyens existent en effet,
00:31:01 mais ils ne sont pas suffisamment mis à disposition des forces de l'ordre,
00:31:04 notamment il y a les sanctions de la justice.
00:31:07 Et pendant ce temps, un peu comme un venin d'ailleurs,
00:31:09 les dealers, le trafic de drogue s'installent progressivement
00:31:12 et il est très difficile de le déloger ensuite,
00:31:15 au détriment d'ailleurs des populations.
00:31:17 C'est un problème qui est aussi multifactoriel.
00:31:20 Comment allez-vous expliquer à un jeune dealer
00:31:26 qu'il doit aller travailler pour 1500, 1800, 2000, 2500 euros par mois,
00:31:32 tandis que ces 2000, 2500 euros par mois, il peut les faire par semaine,
00:31:36 voire même parfois tous les 3 ou 4 jours.
00:31:38 Parfois en faisant le guet,
00:31:41 parfois en aidant et en étant complice d'eux.
00:31:44 Donc c'est un problème qui est multifactoriel.
00:31:46 Vous avez des jeunes qui n'ont pas ou peu d'avenir devant eux,
00:31:50 dessinés, et qui peuvent succomber rapidement à l'argent facile.
00:31:54 Et en plus après, vous avez tout ce problème qu'on connaît bien de la justice,
00:31:58 c'est-à-dire que les parquetiers font un travail formidable avec la police,
00:32:02 en lien avec la police.
00:32:04 Les policiers ont énormément de moyens,
00:32:06 et je pense que d'ailleurs on fait partie de ces pays
00:32:09 qui possédons la meilleure police, je pense,
00:32:12 ou du moins ça ne doit pas être très loin, efficace,
00:32:15 qui arrive à intercepter les individus,
00:32:17 à faire des saisies colossales de drogue, d'armes, etc.
00:32:20 Mais derrière, la justice patine sur l'exécution des peines,
00:32:24 on en parlait tout à l'heure.
00:32:26 Et lorsqu'on parle de peine dissuasive,
00:32:28 c'est que lorsqu'un individu est attrapé par la police justement,
00:32:31 et déféré au tribunal,
00:32:33 il sait qu'il y a peu de chances qu'il aille directement en prison,
00:32:37 alors parfois il a des mandats de dépôt quand même décernés,
00:32:40 mais quelquefois la peine peut être aménagée,
00:32:43 ou alors, pire que ça,
00:32:45 vous avez des juges d'application des peines
00:32:47 qui mettent un temps considérable à appeler justement ces individus
00:32:51 pour que la peine soit exécutée à travers un bracelet électronique ou autre.
00:32:55 Et donc pendant ce laps de temps,
00:32:57 vous avez cet individu qui effectivement a été condamné au tribunal,
00:33:00 mais qui, entre guillemets, se retrouve en liberté,
00:33:02 et qui du coup peut récidiver.
00:33:04 Et cela donne l'effet d'hiver que nous connaissons tous,
00:33:07 avec des individus qui ont déjà été condamnés,
00:33:09 mais qui pour autant arrivent à récidiver,
00:33:12 à commettre de nouveaux délits,
00:33:13 puisque justement la peine n'a pas été exécutée,
00:33:15 ou alors a été aménagée, faute de place en prison.
00:33:17 Et Valence est un exemple parmi tant d'autres,
00:33:19 puisque on a cité les grandes villes évidemment,
00:33:21 et ce n'est pas que l'apanage de Marseille ou de Paris,
00:33:23 William T, à Nantes, il se passe malheureusement beaucoup de choses aussi,
00:33:27 et cela risque de se répandre encore et encore,
00:33:30 tant que tout ce qui a été très bien dit d'ailleurs sur ce plateau
00:33:33 n'est pas mis en place de manière très prégnante.
00:33:36 Il y a la lutte contre le trafic de drogue,
00:33:38 il y a aussi l'immigration.
00:33:39 Quand vous regardez la localisation de Valence,
00:33:41 il y a un point qui est très précis,
00:33:42 ce sont autour des grandes agglomérations.
00:33:45 C'est-à-dire qu'avant, l'immigration se concentrait principalement
00:33:47 dans la banlieue parisienne,
00:33:49 notamment en Seine-Saint-Denis, pour ne pas nommer le département.
00:33:51 Ensuite, après, ce qu'a montré Christophe Guillouis,
00:33:53 dans le temps déjà ordinaire,
00:33:55 c'est qu'en fait, les policiers arrêtaient les délinquants,
00:33:57 qui eux vieillissaient en prison,
00:33:59 et étaient remplacés par de nouveaux délinquants
00:34:00 qui arrivaient via l'immigration.
00:34:02 C'est comme ça que se déroule le schéma.
00:34:04 Et ces personnes-là, comme l'a très bien décrit Pierre-Henri,
00:34:06 sont attirées par l'argent dit facile.
00:34:08 Et les gens sont des gens qui sont très rationnels.
00:34:10 Ils se disent, en faisant ça,
00:34:12 les peines sont très faibles, voire quasiment pas exécutées.
00:34:14 Si par cas j'arrive à me faire attraper,
00:34:16 j'ai l'occasion de faire ce que mes parents gagnaient en un mois,
00:34:20 j'ai l'occasion de le faire en deux, trois jours,
00:34:22 forcément ils vont le faire, tant que le modèle sera attractif.
00:34:24 Donc le seul moyen pour qu'ils arrêtent le trafic de drogue,
00:34:27 c'est que le modèle ne soit plus attractif.
00:34:29 Et pour rendre le modèle inattractif, il faut y aller très fort.
00:34:31 Ça repose sur trois points.
00:34:33 Un, c'est reconquérir les territoires qu'a décrit Georges Fenech.
00:34:37 Les quartiers perdus de la République.
00:34:39 Les quartiers perdus de la République, vous appelez ça comme vous voulez,
00:34:41 en tout cas les quartiers de non-droit, auxquels la police ne peut plus rentrer.
00:34:43 Donc il faut y aller très fort.
00:34:45 Ensuite après, il faut tout casser et tout reconstruire sur ces quartiers-là.
00:34:47 De toute façon, ces habitants-là ne redoutent pas le changement et ils l'attendent.
00:34:51 Ensuite après, sur le trafic de drogue,
00:34:53 il faut faire exactement ce qu'a fait OZEtats-Unis avec les grandes mafias.
00:34:55 C'est-à-dire que vous déclenchez un grand plan,
00:34:57 vous réunissez les acteurs de la police et les acteurs de la justice,
00:34:59 vous dites maintenant, on va balayer le trafic de drogue.
00:35:01 Et ensuite après, il ne reste plus qu'un acteur à faire intervenir,
00:35:03 c'est le ministère des Affaires étrangères et les sanctions diplomatiques.
00:35:06 Ça veut dire que sur tous les endroits de pays producteurs de drogue,
00:35:10 il faut leur dire, si vous continuez à permettre à de la drogue d'arriver en France,
00:35:14 on vous sanctionne économiquement, on vous sanctionne diplomatiquement,
00:35:17 on vous met au banc des nations, on vous coupe l'aide au développement
00:35:20 et si vous continuez à nous fournir un seul PET ou quoi que ce soit,
00:35:23 on vous met des sanctions comme ça,
00:35:25 qui vous s'en sert à tellement que votre population va mourir de faim.
00:35:28 Alors, réaction de Georges Fenech et après Pierre-Henri Bolli.
00:35:31 Je voudrais rappeler les déclarations qui avaient été données dans Le Monde,
00:35:35 me semble-t-il, d'un procureur de Paris, l'Orbecuo.
00:35:39 Il faut se rappeler ce qu'elle a dit.
00:35:41 Elle a dit, certains pays nordiques sont devenus des pays narco-trafiquants.
00:35:49 Et ça nous pend au nez.
00:35:51 En France, vous avez un phénomène de corruption qui est en train de s'installer,
00:35:55 y compris dans les services, quelquefois, de l'État, douaniers et autres,
00:36:00 dans les ports de réception, etc.
00:36:02 On est face, aujourd'hui, à une dérive du style de ce qui existe en Amérique latine.
00:36:09 Il faut rappeler que, par exemple, au Mexique, dans les dix dernières années,
00:36:14 ça a été 300 000 morts du trafic de drogue.
00:36:18 Donc, il faut situer ce problème au juste niveau.
00:36:23 Là, vous vous rendez compte, trois morts en l'espace de quelques jours à Valence.
00:36:27 Il faudrait rappeler tout ce qui s'est passé ailleurs, à Marseille, etc.
00:36:31 On voit bien que nous sommes vraiment en train de basculer dans un autre monde.
00:36:35 Peut-être un micro-État narco-trafiquant, mais État narco-trafiquant tout de même.
00:36:39 État narco-trafiquant, c'est-à-dire qu'on a aujourd'hui des institutions
00:36:44 qui sont non seulement dans l'incapacité de véritablement déclarer la guerre,
00:36:50 mais qui en plus se font insidieusement infiltrer.
00:36:54 Ça m'avait frappé ce qu'avait dit la procureure de Paris.
00:36:57 Il faut vraiment qu'on en prenne conscience, qu'on est au bord d'un gouffre avec cette affaire.
00:37:02 Il ne faut pas, en s'attaquant à des points de deal comme ça, des squats d'immobles,
00:37:07 qu'on va y arriver. C'est un programme national d'une ampleur,
00:37:11 comme ils ont fait les États-Unis avec la DEA, notamment.
00:37:14 Il faut évidemment mettre les structures en place.
00:37:16 Avec toutes les victimes collatérales que l'on peut connaître, il y a les nuisances bien sûr,
00:37:20 mais à Marseille, cette mère de famille qui est morte d'une balle perdue,
00:37:25 ce qui est là aussi un effet malheureusement rebond de ce trafic de drogue.
00:37:30 Pierre-Henri Bovis.
00:37:31 Vous avez parlé de la reconquête des territoires perdus.
00:37:34 Je pense qu'il a justement, à juste raison, qu'aujourd'hui nous avons des territoires
00:37:39 dans lesquels la police n'intervient plus.
00:37:43 Non pas parce qu'elle ne peut pas forcément, mais parce qu'elle a aussi consigne de ne pas intervenir,
00:37:48 pour justement maîtriser une certaine paix sociale.
00:37:51 Vous avez des quartiers barricadés, on l'a vu par exemple dans certains quartiers à Marseille,
00:37:56 Marseille Nord, vous avez des quartiers barricadés, où est inscrit, si vous voulez, en peinture,
00:38:02 le prix de la drogue, avec la quantité, etc. Mais pas qu'à Marseille d'ailleurs.
00:38:06 On prend souvent la ville de Marseille en exemple.
00:38:08 On paie même un droit de passage dans ces quartiers normalement.
00:38:10 On paie un droit de passage aussi.
00:38:11 On parle de Marseille, mais il n'y a pas que Marseille.
00:38:13 Il y a aussi à Grenoble, à Valence, dans la banlieue lyonnaise.
00:38:16 Donc il y a ces quartiers, ces territoires qui sont laissés à l'abandon
00:38:19 et qu'il faut reconquérir d'un moyen ou d'un autre.
00:38:22 William T, ce sont les villes moyennes, et ensuite les plus petites villes,
00:38:26 et peut-être même demain les villages qui seront touchés.
00:38:29 Il faut trouver des clients en permanence.
00:38:31 De toute façon, je pense que la pensée de gauche nous a tués.
00:38:34 C'est-à-dire, les gens se plongent dans la drogue parce qu'ils sont bêtes,
00:38:37 parce qu'ils ont eu des problèmes sociaux quand ils étaient petits,
00:38:39 ou c'est le problème de leurs parents.
00:38:40 Non, tout simplement, ce sont des types qui sont intelligents.
00:38:42 Ils vont faire du fric là où ils peuvent faire du fric.
00:38:44 Donc là où il y aura des consommateurs, ils iront faire du pognon.
00:38:47 S'il y a des gens qui veulent acheter dans un petit village rural
00:38:50 et qui considèrent que c'est rentable d'aller faire le trajet pour vendre un pet,
00:38:53 eh bien ils le feront de toute façon.
00:38:55 Et donc du coup, aucune ville en France n'est épargnée là où il y aura des consommateurs.
00:38:59 Moi, je pense qu'à un moment, il faudra poser la question de s'attaquer aux consommateurs.
00:39:02 Mais pour l'instant, le sujet principal, c'est d'assécher le trafic.
00:39:05 Et pour assécher le trafic, et pour assécher la violence,
00:39:08 il faut s'attaquer grandement à ce sujet-là.
00:39:10 Moi, je pense que le sujet essentiel, premier plan,
00:39:12 c'est la reconquête des territoires perdus de la République.
00:39:14 Et pour ça, il faudra mettre et lever un tabou,
00:39:17 c'est de mettre en place un état d'urgence d'y localiser.
00:39:20 Moi, je prends le même exemple.
00:39:21 François Hollande était le président le plus mou de toute l'histoire de la Ve République.
00:39:24 En un week-end, le week-end du 13 novembre, il a réussi à saisir 5000 armes à feu,
00:39:29 arrêter je ne sais pas combien de trafiquants de drogue, etc.,
00:39:31 sous motif des attentats du 13 novembre 2015.
00:39:35 Et donc, si François Hollande l'a fait, vous allez me dire que Darmanin ne peut pas le faire,
00:39:38 qu'Emmanuel Macron ne peut pas le faire, ou qu'un homme politique ne peut pas le faire.
00:39:41 Moi, je pense que c'est un exemple pour tous les hommes politiques.
00:39:43 Le président le plus mou a réussi à le faire, regardez-vous dans une glace si vous n'arrivez pas à le faire.
00:39:47 Juste un mot pour conclure sur cette thématique,
00:39:48 avant de parler des arbitres de football dans le département de Paris qui sont en grève.
00:39:51 Pierre-Henri Bovis.
00:39:52 Attaquer les consommateurs, effectivement, ça me paraît, à juste titre, une très bonne idée.
00:39:57 La drogue, sans même aller dans des milieux défavorisés,
00:40:01 on en a parlé quand même beaucoup à la télévision, l'affaire Palmad,
00:40:07 cela peut causer des désastres humains considérables.
00:40:11 Donc, la drogue, elle est à tout niveau.
00:40:12 Dès lors que vous frappez fort au niveau de la consommation,
00:40:15 vous attaquez directement aussi à la racine.
00:40:18 Et donc, je pense qu'il faut concentrer aussi les efforts au niveau de la consommation,
00:40:21 au niveau des consommateurs.
00:40:22 Les arbitres de football maintenant, les arbitres de football du département de Paris sont en grève.
00:40:26 Beaucoup de matchs amateurs n'auront pas lieu,
00:40:28 puisque, après une recrudescence de violences physiques et verbales,
00:40:31 la commission des arbitres du district de Paris a décidé d'exercer son droit de retrait.
00:40:35 Les actes de violence, qui sont d'ailleurs parfois filmés et diffusés sur les réseaux sociaux,
00:40:39 se multiplient.
00:40:40 Les détails avec Solène Boulan.
00:40:42 Les terrains parisiens privaient d'hommes au sifflet ce week-end.
00:40:46 Depuis le mois de septembre,
00:40:48 dix agressions physiques ont été recensées par la commission départementale de l'arbitrage.
00:40:52 Des cas régulièrement dénoncés auprès du district parisien chargé d'organiser les compétitions.
00:40:57 Qui ne sont pas correctement traités selon la commission.
00:41:00 Une décision partagée par certains arbitres,
00:41:18 qui dénoncent des violences trop présentes dans le monde amateur.
00:41:21 Certains arbitres ont eu des violences physiques.
00:41:26 Par des crachats, des coups de poing, des coups de pied dans le dos.
00:41:32 Ça revient avec des jours dits "été".
00:41:36 Donc, 8, 10, 20 jours dits "été".
00:41:39 Le manque de visibilité fait que je pense que les protagonistes se permettent de manquer de respect.
00:41:45 Et ça, cela touche toutes les catégories.
00:41:48 De son côté, le district parisien estime que le manque d'arbitres
00:41:52 pourrait venir perturber des matchs déjà sous haute tension,
00:41:55 compte tenu des enjeux de fin de saison.
00:41:57 L'instance a fait appel au district du Val d'Oise pour venir prêter main forte sur les terrains.
00:42:01 Un autre aspect du football et de la pratique du sport.
00:42:04 Saïd N'Jimi, ancien arbitre de Ligue 1 et aujourd'hui président de la Ligue de football Nouvelle-Aquitaine,
00:42:08 était avec nous en direct.
00:42:09 Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:42:10 Bonjour.
00:42:11 Est-ce que vous êtes d'abord solidaire du mouvement des arbitres à Paris,
00:42:15 qui apparemment se plaignent d'un fléau sur les terrains pendant les matchs,
00:42:19 qui se déroulent également et qui se propagent un peu partout en France,
00:42:22 pas uniquement dans le département de Paris ?
00:42:24 On ne peut être que solidaire de la violence qui malheureusement existe sur nos terrains de football.
00:42:30 L'idée, c'est de trouver le moyen de l'éradiquer et d'être d'une fermeté exemplaire sur ces sujets-là.
00:42:36 Mais oui, pour répondre à votre question, on ne peut être que solidaire de la part d'arbitres
00:42:40 qui sont trop régulièrement pris à partie, trop régulièrement violentés.
00:42:44 Il y a encore quelques années, quelques dizaines d'années, c'était des violences verbales.
00:42:47 Ça pouvait encore s'entendre, même si c'est toujours inacceptable.
00:42:51 Mais aujourd'hui, on a franchi un palier.
00:42:53 Je tiens à rappeler quand même que le football n'est pas violent en tant que tel,
00:42:57 puisqu'on a en Nouvelle-Aquitaine 40 ou 50 cas par an difficiles sur 80 000 matchs.
00:43:04 Donc c'est important aussi de rappeler que le contexte général n'est pas violent.
00:43:07 Par contre, il faut prendre des mesures extrêmement fermes vis-à-vis de tous ceux qui s'attaquent aux arbitres.
00:43:13 C'est à Edemgini que ces violences à destination des arbitres, dont les arbitres sont victimes sur les terrains de football,
00:43:18 ne se généralisent pas forcément partout en France et que c'est peut-être principalement le cas dans le département 75 ?
00:43:25 Honnêtement, je ne sais pas et je ne me permettrai pas de porter de jugement puisque je ne suis pas sur place.
00:43:29 Tout ce que je peux vous dire, c'est ce que nous faisons nous en Nouvelle-Aquitaine.
00:43:32 On a en fait trois strates de pratiquants.
00:43:36 C'est un peu à l'image de la société d'ailleurs.
00:43:38 La première strate, c'est celle qui est évoquée au cours de votre émission.
00:43:42 C'est celle des licenciés qui sont extrêmement violents et qui frappent les arbitres et pour lesquels il faut avoir une fermeté exemplaire.
00:43:48 Alors, notre politique en Nouvelle-Aquitaine, c'est de radier à vie, parfois 10 ans, 15 ans, 20 ans d'absence de licence.
00:43:55 De telle manière, si vous voulez, à permettre à la seconde strate,
00:43:58 qui n'est pas non plus très importante, de comprendre les limites du sujet
00:44:02 et donc de ne pas s'attaquer aux arbitres puisque les sanctions sont exemplaires.
00:44:05 À cette deuxième strate, on est plutôt dans la pédagogie en leur proposant d'arbitrer eux-mêmes des matchs,
00:44:10 de telle façon à ce qu'ils se rendent compte de la difficulté.
00:44:12 Et puis enfin, je n'aurai de cesse de remercier la quasi-totalité de nos licenciés en Nouvelle-Aquitaine, 200 000,
00:44:17 qui pour 99% d'entre eux, jouent au football normalement et sont paisibles sur les terrains.
00:44:23 Mais en réalité, avec une politique de fermeté exemplaire pour la strate dont on entend trop souvent parler
00:44:29 et qui, encore une fois, est la moins importante, un peu encore une fois à l'image de notre société,
00:44:33 je pense qu'il faut être sans retenue.
00:44:36 Oui, la comparaison entre le foot et la société, le football miroir de la société, on en parle dans quelques instants.
00:44:41 Je crois d'ailleurs que pour continuer à faire de la pédagogie, peut-être pour apaiser et pour être exemplaire,
00:44:46 pour éviter que cette violence cesse contre les arbitres sur les terrains,
00:44:50 Saïd Mjimi, vous faites appel aux personnalités du foot et notamment à la plus emblématique, Kylian Mbappé.
00:44:55 Que souhaitez-vous que Kylian Mbappé fasse ? On lui demande déjà beaucoup de choses pour aider les arbitres.
00:44:59 Kylian Mbappé, c'est par définition l'homme et beaucoup de jeunes s'identifient à lui.
00:45:06 Il représente toute la réussite, toute l'envie de tout un tas de jeunes qui souhaitent s'identifier à lui.
00:45:12 Il y a une forme de mimétisme dans le football aussi, où on s'attache à essayer de ressembler au plus grand.
00:45:17 Kylian Mbappé me semble-t-il le plus grand aujourd'hui au niveau du football.
00:45:21 J'ai eu l'occasion de l'arbitrer aussi, donc c'est vraiment quelqu'un d'exceptionnel.
00:45:25 Et c'est vrai que s'il pouvait revêtir un maillot d'arbitre et pendant quelques secondes pouvoir simplement dire à quel point l'arbitrage est important,
00:45:32 peut-être que ça aurait tendance à apaiser, à calmer, en tout cas notre jeunesse, puisque la violence est aussi dans les catégories de jeunes.
00:45:39 L'arbitre qui a été interviewé précédemment le disait.
00:45:42 De telle façon, est-ce qu'on puisse au moins réduire la violence et avoir une image plus positive de cette activité
00:45:47 qui est malheureusement trop souvent décriée, trop souvent remise en cause, un peu à l'image de nos policiers sur le territoire national ?
00:45:53 On a l'impression aujourd'hui que ceux qui revêtent l'habit de l'ordre, ou en tout cas ceux qui essayent de faire respecter l'ordre,
00:46:00 ne sont plus respectés comme ils se doivent.
00:46:03 C'est donc l'autorité qui est bafouée en quelque sorte quand on s'attaque à un arbitre,
00:46:07 parce que vous le disiez, on fait la comparaison entre le football miroir de la société, ça y est d'A.M.Jimmy, le football est normalement un vecteur d'intégration.
00:46:13 Et dans ce cas, il semble qu'il y ait des clivages et que cela creuse un fossé véritablement peut-être entre les Français.
00:46:20 Est-ce que c'est votre sentiment ?
00:46:22 Oui, vous avez raison de dire que le sport en général et le football en particulier est un vecteur d'intégration formidable.
00:46:29 Vous avez en face de vous quelqu'un qui en a largement bénéficié,
00:46:33 et l'arbitrage m'a permis de me construire, de m'intégrer et de pouvoir réussir tout ce que j'ai pu entreprendre dans ma vie, donc j'y crois beaucoup.
00:46:40 C'est aussi un environnement dans lequel on peut combattre le racisme sous toutes ses formes.
00:46:45 Le racisme anti-blanc, je tiens à le dire également, qui existe, mais aussi le racisme traditionnel tel qu'on peut le concevoir, l'homophobie.
00:46:53 Et c'est pour cette raison, si vous voulez, qu'on a une politique bien distincte entre pédagogie, vous l'évoquiez pour Kylian Mbappé,
00:46:58 le fait de faire arbitrer des licenciés qui sont violents vis-à-vis des arbitres,
00:47:03 mais aussi de l'autre côté d'avoir des actions de fermeté exemplaires avec des radiations à vie,
00:47:08 parce que ces 70-80 personnes sur 200 000 licenciés en Nouvelle-Aquitaine, je le rappelle, soient complètement écartées des terrains de football.
00:47:15 Merci Saïd-Enjimi, merci infiniment de m'avoir donné l'occasion de se reparler, parce que le débat est intéressant et on sent l'ouverture d'esprit aussi.
00:47:21 Parfois, il y avait dans le football, par le passé, pardonnez-moi, une forme de consanguinité.
00:47:25 Avec Saïd-Enjimi, vraiment, là, on ouvre les fenêtres et on a un débat qui est, je trouve, à la fois exemplaire,
00:47:31 mais qui permet de faire améliorer les choses, car on a le sentiment, à travers ce qui se passe, Pierre-Henri Bovis, sur les terrains de football,
00:47:37 c'est aussi l'autorité qui n'est pas respectée. Le fameux homme en noir, on a la même passion, mais on ne porte pas le même maillot.
00:47:44 Et quand il y a des violences contre les arbitres, c'est comme si on s'en prenait à un policier, symboliquement parlant.
00:47:50 Pour des enfants qui sont un peu mis à l'écart de la société, ou du moins qui évoluent dans des milieux difficiles,
00:47:58 le sport permet normalement, c'est le rôle du sport, d'inculquer des notions, d'inculquer des valeurs, d'apprendre aussi le respect de l'autorité, etc.
00:48:09 Et à travers cette confraternité qui peut naître au sein d'une équipe, un enfant arrive à s'en sortir, généralement,
00:48:15 en tout cas, du moins, évite de basculer dans la violence, dans la délinquance.
00:48:19 Et ce qu'on voit effectivement apparaître depuis une dizaine, une quinzaine d'années,
00:48:24 ça a été d'ailleurs le sujet de pas mal de livres dans le sport, mais pas que dans le foot d'ailleurs,
00:48:28 aussi on le voit dans le basket, puisque la grève, il y avait déjà eu une grève des arbitres dans le basket il y a quelques mois maintenant,
00:48:35 on voit apparaître depuis quelques années une violence qui n'arrive plus à être contenue à travers le sport.
00:48:42 Et le sport aujourd'hui, en règle générale, ne permet plus d'inculquer les valeurs que normalement il doit inculquer.
00:48:49 Parce que ça devait être un exutoire, c'est un exutoire aujourd'hui ?
00:48:52 Je pense que dans certains quartiers, le sport peut être un exutoire et permet justement à ces jeunes d'être récupérés par des présidents d'associations notamment,
00:49:00 puisqu'ils font un énorme boulot social pour justement essayer de tirer les gamins de...
00:49:05 Là en l'occurrence, William T, sur les ligues de Paris, c'est un cri, c'est un cri violent de protestation,
00:49:09 on s'en prend aux arbitres, on leur crache dessus, on les insulte, on les frappe...
00:49:12 Attendez, ce que je dis là, c'est insupportable.
00:49:14 Bien sûr.
00:49:15 Évidemment, ça n'excusant rien par rapport à ce que j'expliquais, j'expliquais l'adoption du sport.
00:49:19 Bien évidemment, mais on essaie de comprendre en quelques secondes William.
00:49:21 Bien sûr, le point que vous évoquez était le bon parallèle, c'est-à-dire que des gens mettent l'arbitre comme forme d'autorité et l'attaquent.
00:49:28 Donc, comme ils attaquent les élus, les pompiers, etc.
00:49:30 Et donc, du coup, ils manifestent une violence, mais c'est le reflet de la société, l'arbitre qui est intervenu avait parfaitement raison.
00:49:36 Moi, je pense qu'il y a deux sujets essentiels.
00:49:38 Le premier, c'est que la radicalisation qu'on retrouve dans la société se retrouve également dans le milieu du sport.
00:49:42 Et quand vous jouez au basket et au foot en Ile-de-France, vous savez où est-ce que sont les endroits à problème.
00:49:48 J'y ai joué. Et donc, du coup, les gens savent. Vous avez des clubs dans certaines cités qui posent plus problème que d'autres.
00:49:53 Et les présidents d'associations font un travail exemplaire.
00:49:56 Ça, ça a été de tout temps, William. Sauf qu'aujourd'hui, les problèmes resurgissent.
00:50:00 Mais, c'est le point essentiel, comme ils vivent des cotisations de leurs membres et des subventions d'une mairie en fonction de leur nombre d'adhérents,
00:50:06 ils n'osent pas exclure les éléments les plus radicaux parce qu'ils peuvent avoir des problèmes à la sortie.
00:50:11 Et je pense qu'il faut évoquer certains sujets, notamment certaines questions culturelles dans les milieux sportifs et associatifs.
00:50:17 On marque une pause. On se recouvre.
00:50:19 Un point juste. L'exclusion ne me paraît pas la bonne solution par rapport à ce qui a été dit.
00:50:24 L'exclusion à vie ou du moins pendant des années. Je ne pense pas que ce soit la solution.
00:50:29 C'est une sanction exemplaire qui peut peut-être faire des émules.
00:50:31 Oui, mais attendez. Vous allez exclure un gamin qui, justement, peut être violent dans le sport plutôt que de l'éduquer.
00:50:36 Il va se retrouver violent dans la rue.
00:50:38 Avoir, c'est toujours le problème de la réinsertion aussi.
00:50:41 Mais il faut une sanction exemplaire. C'est pas proportionner.
00:50:44 On va continuer de débattre avec nos invités sur CNews. A tout de suite.
00:50:47 La dernière partie de 90 minutes Info Week-end.
00:50:52 Les débats reviennent dans un instant avec Georges Fenech, William T, Pierre-Henri Bovis.
00:50:56 Mais d'abord, on fait un point sur l'actualité avec Maureen Vidal.
00:51:00 Un homme d'une trentaine d'années tué par balle à Valence.
00:51:05 Il s'agit du troisième homicide par arme à feu depuis mardi.
00:51:08 Les deux autres, sur fond de règlement de compte, n'ont aucun lien avec le meurtre de ce trentenaire,
00:51:12 selon le procureur de la République de Valence.
00:51:14 L'enquête a été confiée à la police judiciaire chargée des investigations sur les deux précédents meurtres.
00:51:19 Il n'y a pas du tout de pause dans l'ambition climatique.
00:51:23 Ce sont les mots de la Première ministre Elisabeth Borne.
00:51:25 Alors qu'Emmanuel Macron présentait des projets de réindustrialisation de la France ces derniers jours,
00:51:30 il a estimé qu'il ne fallait plus ajouter de normes environnementales après l'application du Pacte vert de l'Union européenne.
00:51:35 Comme le président, la Première ministre a réaffirmé son soutien au Pacte vert,
00:51:39 avec l'objectif d'atteindre la neutralité carbone en 2050.
00:51:42 Une semaine après son couronnement, le roi Charles III prend la pause aux côtés de ses héritiers,
00:51:47 les princes William et George, des photos dévoilées sur le compte Instagram de la famille royale.
00:51:51 Ces portraits officiels ont été pris le jour du couronnement du roi dans la salle du trône du palais.
00:51:56 Sur la première photographie, le roi apparaît vittu de ses robes de couronnement
00:51:59 et coiffé de sa couronne impériale aux côtés de ses héritiers.
00:52:02 Sur la seconde, le monarque se tient aux côtés de la reine Camilla,
00:52:05 entourée de leurs pages d'honneur et des dames présentes au couronnement.
00:52:09 La dernière partie de nos débats avec les élus victimes de violences, c'est encore arrivé.
00:52:16 Alors on a évidemment à l'esprit la démission du maire de Saint-Brévent, on va y revenir dans un instant.
00:52:20 Mais là, cette fois-ci, c'est la mairie de Longeville-sur-Mer en Vendée
00:52:23 qui a été la cible de tir de chevrotines lors du week-end prolongé du 8 mai dernier.
00:52:27 Elle était fermée au public, on a retrouvé des impacts sur la façade
00:52:31 et on se posait véritablement des questions.
00:52:34 Alors est-ce que c'était le drapeau français qui était visé ? Est-ce que c'est la date du 8 mai ?
00:52:38 Est-ce que c'est quelqu'un qui était éméché ? On n'a évidemment pas la réponse.
00:52:42 Mais ça interroge tout de même, c'est une drôle de série qui touche les élus, Georges Pénèque.
00:52:48 - 2 200 élus qui ont été agressés, je crois, en 2022.
00:52:52 - On va voir les chiffres dans un instant.
00:52:54 - Ça montre bien qu'aujourd'hui, les élus sont particulièrement exposés
00:52:59 et je voudrais quand même aussi rappeler la mort du maire de Signes, vous vous souvenez ?
00:53:02 - Oui. - Qui avait été écrasé par un véhicule.
00:53:06 Donc ça interroge beaucoup, ça pose la question de la protection évidemment des élus.
00:53:12 Il y a des choses qui ont été faites, notamment la protection statutaire.
00:53:16 Mais ne nous étonnons pas si aujourd'hui on nous explique que quasiment 50% des maires,
00:53:21 je crois, ne veulent pas renouveler leur mandat.
00:53:24 Ils ont une responsabilité écrasante, ils ont des compensations très modestes
00:53:32 et aujourd'hui, ils risquent leur intégrité physique, voire leur vie.
00:53:37 Il y a un vrai sujet qui doit nous interpeller et qui doit être pris aussi à bras le corps.
00:53:41 - C'est un véritable sujet avec des chiffres qui sont ahurissants.
00:53:44 Il faut protéger les élus.
00:53:46 À l'exemple d'ailleurs William Té du maire de Saint-Brévin,
00:53:49 qui a démissionné après avoir fait l'objet de nombreuses menaces.
00:53:52 Là, c'est un échec pour la République.
00:53:55 Et ça rejoint ce que l'on disait sur les terrains de foot tout à l'heure,
00:53:58 avec l'autorité et l'État qui est attaqué.
00:54:00 - Tous les sujets sont liés.
00:54:02 Les élus sont victimes de davantage de violences,
00:54:04 comme vous l'avez dit, les arbitres, les pompiers, les forces de l'ordre,
00:54:08 les représentants de l'État et l'ensemble des Français,
00:54:11 parce que la société devient de plus en plus violente.
00:54:14 Et en conséquence, il y a deux moyens d'action possibles.
00:54:17 Soit vous dites "on éteint le truc, on n'en parle pas
00:54:20 parce qu'on ne va pas attiser les haines, etc.
00:54:22 et tu n'auras pas ma haine et les discours classiques",
00:54:24 soit on s'y prend véritablement.
00:54:26 Moi, je pense que le sujet essentiel, c'est comment faire appliquer
00:54:28 la loi et l'ordre en France.
00:54:30 Si par cas les maires ne sont pas en capacité de pouvoir exercer leur fonction,
00:54:34 c'est comme les arbitres au foot.
00:54:36 Qui va assurer les fonctions municipales ?
00:54:38 Qui va faire en sorte que vous ayez des services publics de proximité ?
00:54:41 Qui va répondre aux demandes du quotidien ?
00:54:43 Qui va répondre aux demandes de logement ?
00:54:45 Qui va répondre aux demandes d'emploi municipal ?
00:54:47 Qui va faire en sorte que votre voirie soit entretenue ?
00:54:49 C'est pourquoi, au bout d'un moment, il faut réfléchir
00:54:51 pour ces personnes-là qui agressent les maires.
00:54:53 Ensuite, il y a un deuxième volet qui est beaucoup plus répressif.
00:54:55 C'est-à-dire que quelqu'un qui s'attaque de manière à un élu ou à un autre,
00:54:58 ou à un représentant de l'État, je pense, doit être sanctionné
00:55:01 encore plus durement que les violences traditionnelles.
00:55:03 Parce que lorsque vous attaquez un représentant de l'État,
00:55:05 vous vous attaquez à la République et vous vous attaquez à la France,
00:55:08 et donc vous vous exposez à des sanctions qui doivent être exorbitantes.
00:55:11 Moi, je pense qu'il faut élargir les sanctions.
00:55:13 Parce que des personnes qui s'attaquent à des élus,
00:55:15 est-ce qu'ils peuvent être réintégrables dans une société à court terme ?
00:55:18 C'est une question qu'il faut poser.
00:55:20 On pose davantage la question de la réinsertion des délinquants
00:55:23 que la sécurité des élus.
00:55:25 Et donc, on a inversé le paradigme.
00:55:26 Tant qu'on ne fera pas un changement culturel,
00:55:28 on arrivera au même phénomène.
00:55:30 Toujours les mêmes sujets, toujours les mêmes violences
00:55:32 et toujours les mêmes causes qui produisent les mêmes effets.
00:55:34 Sur une autre affaire, on ne sait pas si c'est un règlement de compte,
00:55:37 une affaire personnelle, ou si effectivement c'est l'État ou la République
00:55:40 qui sont attaqués, mais les freins de la voiture,
00:55:43 de la mer, de la petite ville de Plogrescan,
00:55:46 dans les Côtes d'Armor, les freins auraient été sabotés.
00:55:49 La gendarmerie des Côtes d'Armor a ouvert une enquête.
00:55:52 Ça fait tout de même froid dans le dos quand même.
00:55:55 Ça fait froid dans le dos, d'autant plus que...
00:55:58 On a souvent tendance à dire que les élus locaux,
00:56:01 les élus municipaux sont les premiers élus à portée de baffe.
00:56:03 Mais c'est une image.
00:56:06 Là maintenant, ça se concrétise.
00:56:08 Ce qui est d'autant plus dommageable,
00:56:10 c'est que la mairie, c'est tout un symbole.
00:56:14 C'est là où vous allez vous marier,
00:56:16 c'est là où vous faites vos papiers d'identité,
00:56:18 c'est là où vous allez demander votre permis de construire, etc.
00:56:21 Effectivement, en vous attaquant à la mairie,
00:56:24 vous vous attaquez aussi à la distribution de l'ensemble
00:56:27 des services publics de proximité qui sont mis en place.
00:56:30 Donc effectivement, le maire qui incarne l'État,
00:56:33 mais l'État, c'est une notion très brumeuse.
00:56:36 Donc lorsque vous avez des individus violents qui veulent s'en prendre à l'État,
00:56:39 ils ne se rendent pas compte qu'en s'en prenant à leur maire,
00:56:42 ils s'en prennent également aussi aux services de proximité
00:56:45 qui sont proposés aux citoyens, aux contribuables.
00:56:48 Donc c'est sûr que c'est un sujet qui est inquiétant,
00:56:51 qui interpelle, qui doit être pris très au sérieux,
00:56:54 puisque si vous n'avez plus effectivement de personnes qui s'engagent,
00:56:57 parce que c'est un vrai engagement,
00:56:59 on peut parler des émoluments des élus municipaux,
00:57:03 ils ne sont pas grandioses, à part peut-être ceux des grandes villes.
00:57:07 Mais encore, quoi que, vous avez beaucoup d'élus municipaux.
00:57:11 Des conseils municipaux qui ne gagnent rien,
00:57:13 des maires adjoints qui ont de très faibles émoluments.
00:57:16 Donc c'est un vrai engagement au service d'une population.
00:57:19 Si vous n'avez plus ces personnes-là, vous n'aurez plus de services publics de proximité.
00:57:22 Donc c'est un vrai sujet à prendre au sérieux.
00:57:24 J'aimerais maintenant attirer votre attention sur la confusion peut-être
00:57:27 autour de la communication de l'environnement
00:57:29 entre Emmanuel Macron et la Première Ministre Elisabeth Borne.
00:57:32 Puisque la Première Ministre Elisabeth Borne,
00:57:34 qui vous le savez est en voyage sur l'île de la Réunion,
00:57:37 a assuré qu'il n'y avait pas du tout de pause dans l'ambition climatique de la France
00:57:41 au moment d'où elle achève ce voyage.
00:57:43 Elle marche un peu sur des œufs tout de même,
00:57:44 après les déclarations du président de la République Emmanuel Macron jeudi à Dunkerque,
00:57:48 qui lui a dit qu'il fallait cesser de produire de nouvelles normes environnementales en Europe.
00:57:52 Ça a suscité la polémique d'ailleurs.
00:57:54 Je vous propose d'écouter Emmanuel Macron, puis ensuite la réaction d'Elisabeth Borne.
00:57:59 Et on va voir si la Première Ministre a bien rectifié le tir
00:58:02 et si elle s'est permis de corriger un tout petit peu le président.
00:58:06 D'abord Emmanuel Macron.
00:58:08 Au fond, je pense que ce que nous sommes en train de faire,
00:58:11 et que nous devons intensifier,
00:58:13 c'est d'assumer le fait qu'on veut pas simplement être un marché vert,
00:58:19 mais produire vert sur notre sol.
00:58:22 Et donc nous, on a déjà passé beaucoup de réglementations en européen,
00:58:27 plus que tous les voisins.
00:58:28 On est devant en termes réglementaires les Américains, les Chinois,
00:58:31 ou toute autre puissance au monde.
00:58:33 On s'est donné les objectifs 2050-2030 pour décarboner, réduire les phytos, etc.
00:58:38 Moi j'appelle à la pause réglementaire européenne.
00:58:41 Maintenant il faut qu'on exécute, il faut pas qu'on fasse de nouveaux changements de règles,
00:58:45 parce qu'on va perdre tous les acteurs.
00:58:47 Donc on a besoin de stabilité.
00:58:49 Maintenant il faut accélérer sur les déploiements,
00:58:51 parce que sinon le risque qu'on court,
00:58:53 c'est au fond d'être les mieux-disant en termes de réglementation
00:58:56 et les moins-disant en termes de financement.
00:58:59 Donc là on est en train de compenser ça,
00:59:01 mais c'était le décalage qu'on avait post-Ira-américain.
00:59:04 Il n'y a pas du tout de pause dans l'ambition climatique.
00:59:06 Simplement, une fois qu'on a adopté tout ce paquet qui s'appelle "Feed for 55",
00:59:10 maintenant il s'agit de le mettre en oeuvre.
00:59:13 Évidemment de continuer à porter cette exigence climatique qui s'impose à nous,
00:59:18 mais il n'y a plus besoin de rajouter des normes aux normes,
00:59:21 maintenant il faut les mettre en oeuvre.
00:59:23 C'est peut-être une question de sémantique.
00:59:25 Ils disent un peu la même chose tous les deux, William T.
00:59:28 Mais enfin on a quand même la Première ministre qui dit
00:59:30 qu'il n'y a pas de pause quand le Président dit deux jours avant
00:59:32 qu'il faut faire une pause.
00:59:33 Ce n'est pas la première fois qu'il y a des problèmes de communication.
00:59:36 Elisabeth Borne avait fait une sortie au monde
00:59:38 qui était une attaque indirecte contre le Président de la République.
00:59:41 Moi j'ai un conseil à donner à Macron, il est très simple à appliquer,
00:59:43 il faut virer Borne.
00:59:44 Elle est nulle, elle n'est pas à sa place.
00:59:46 Elle n'est pas à sa place, elle n'a rien compris.
00:59:48 C'est un peu direct, non ?
00:59:49 Elisabeth Borne, on va faire son parcours.
00:59:51 C'est la nana qui a été ministre de l'Environnement.
00:59:53 Oui, quand même !
00:59:54 Oui, mais quand vous avez des personnes qui ne sont pas bons, il faut le dire.
00:59:58 C'est la personne...
00:59:59 La suavité quand même !
01:00:00 Premier ministre, on parlait justement des violences.
01:00:02 C'est la personne qui s'est félicitée de la fermeture de Fessenheim
01:00:06 et qui a signé le décret de Fessenheim et qui ensuite vient nous expliquer...
01:00:09 Ça c'est la bassesse politique.
01:00:10 ... qui vient nous expliquer avant l'hiver qu'on allait faire du délestage.
01:00:14 C'est la personne qui a conseillé à Emmanuel Macron
01:00:16 de ne pas faire la réforme des retraites en septembre.
01:00:19 Il fallait attendre pour rassembler un front syndical uni derrière elle.
01:00:22 Elle a tellement rassemblé le front syndical que c'était contre elle.
01:00:25 Tous les syndicats se sont mis contre elle.
01:00:27 Elle a tellement bien rassemblé, tellement bien vendu la réforme des retraites
01:00:29 qu'Emmanuel Macron, s'il continue à tomber, il finira par trouver du pétrole.
01:00:32 On va devenir riche en pétrole si ça continue comme ça.
01:00:34 Donc il faut qu'il la vire.
01:00:35 Elle est nulle, elle n'est pas à sa place.
01:00:37 Et je vais expliquer pourquoi sur la matière écologique.
01:00:39 Emmanuel Macron a compris le sujet.
01:00:41 Vous avez la Chine qui est en train de subventionner son industrie,
01:00:44 notamment aux panneaux photovoltaïques, qui sont dominants sur le marché,
01:00:47 qui sont en train d'inonder l'Union européenne de marché.
01:00:49 Et donc on est en train de subir la concurrence des loyers des Chinois.
01:00:52 De l'autre côté, vous avez les États-Unis avec Joe Biden
01:00:54 qui applique une nouvelle politique qui s'appelle l'Inflation Reduction Act
01:00:57 et donc qui est en train de subventionner sa production industrielle verte.
01:01:00 Vous avez Volkswagen et d'autres acteurs de la construction automobile,
01:01:03 électrique, qui sont en train de partir aux États-Unis,
01:01:06 notamment parce que les subventions américaines sont beaucoup plus alléchantes.
01:01:08 Pourquoi est-ce qu'ils quittent le territoire européen ?
01:01:10 Parce que les États-Unis les payent pour produire,
01:01:12 alors que nous on les contraint de produire avec des normes,
01:01:15 avec des réglementations et tout le patatras qui est en train de nous couler
01:01:18 comme la barrière écologique.
01:01:19 Et donc si ça continue comme ça, on n'aura plus d'automobiles,
01:01:22 on n'aura plus d'usines.
01:01:23 Et donc il faut virer toutes les personnes qui ont écouté les escrologistes.
01:01:26 Lorsque vous avez Emmanuel Macron qui dit qu'il faut faire une pause écologique
01:01:29 et vous avez les escrologistes qui disent "ah non c'est une horreur",
01:01:31 eh bien il faut continuer. Pourquoi ?
01:01:33 Parce que lorsqu'un escrologiste n'est pas content, c'est la France qui gagne.
01:01:36 C'est tout de même violent ce que vous promettez à la Première ministre.
01:01:40 Elle est nulle. C'est presque diffamant pour la Première ministre.
01:01:44 Elle reste en place pour une seule raison et toutes les personnes qui connaissent Macron vous le disent.
01:01:48 Elle reste en place parce qu'il ne faut pas battre le record d'Édith Cresson.
01:01:51 C'est tout.
01:01:52 Voilà, c'est tout.
01:01:53 Elle ne reste pas parce qu'elle est torlentueuse ou parce qu'elle apporte beaucoup de choses pour la République.
01:01:57 Votre sentiment, Georges Fenech ?
01:01:59 Peut-être faut-il prendre pour une fois la défense de la Première ministre.
01:02:03 Ça me paraît un peu réducteur.
01:02:05 Les termes que tu as employés comme "nana" ou "nulle", etc.,
01:02:08 je pense qu'il faut respecter toujours nos institutions.
01:02:12 Mais il y a des personnes qui nous combattent, qui jouent contre nous.
01:02:15 Ce n'est pas moralisateur.
01:02:17 Si on veut être crédible dans une offre alternative, il faut être aussi respectueux de ses adversaires.
01:02:24 Ils ne sont pas des ennemis.
01:02:25 Mais une fois qu'on a dit ça, moi je n'ai pas senti autant de divergence sur cette question-là.
01:02:31 Rectification du tir, tout simplement.
01:02:34 Elle marche un peu sur des oeufs parce que la déclaration du président a suscité la polémique,
01:02:38 notamment à Bruxelles et dans son propre camp.
01:02:40 Il faut arrêter l'inflation normative européenne, ce qu'il a dit.
01:02:43 Et ce qu'elle dit, c'est qu'il faut mettre en place ce qu'on a déjà en magasin.
01:02:47 Je ne vois pas tellement là-dessus, sur ce sujet-là, une différence.
01:02:51 En tout cas, Emmanuel Macron s'est attiré la colère des écologistes après ses déclarations à Dunkerque.
01:02:56 C'est une bonne nouvelle pour le pays.
01:02:58 C'est une bonne nouvelle pour le pays, c'est-à-dire que le pays va gagner beaucoup d'argent.
01:03:01 Alors qu'il en fait son cheval de bataille.
01:03:03 De l'écologie et de l'environnement.
01:03:05 Mais Macron s'est trompé sur le commerce international pendant des années.
01:03:08 Et là-dessus, pour une fois qu'il a changé, il y a des gens de son propre camp qui nous tirent dessus,
01:03:12 alors que la France commence à gagner.
01:03:14 Vous avez des écologistes qui nous ont rabâché les oreilles pendant des années
01:03:19 qu'il fallait fermer toutes les centrales nucléaires,
01:03:22 que les centrales nucléaires étaient bonnes pour la poubelle, etc.
01:03:25 Et maintenant, on voit bien que justement, le nucléaire est peut-être un des moyens
01:03:30 les moins hostiles à la nature, si je peux parler ainsi.
01:03:34 Et qu'il faut au contraire relancer le nucléaire pour déjà assurer peut-être
01:03:39 une souveraineté énergétique qu'on perd de plus en plus.
01:03:42 Et ainsi assurer quand même de l'électricité, puisque vous avez ces mêmes écologistes
01:03:45 qui vous rabâchent les oreilles pour vous dire qu'il faut passer à la voiture électrique.
01:03:48 Si vous n'avez plus de centrales nucléaires, je ne sais pas comment vous allez avoir des voitures électriques.
01:03:51 Je ne sais pas pourquoi vous les gardez bornes.
01:03:57 Parce qu'Emmanuel Macron a annoncé la construction de 13 EPR.
01:04:00 Vous savez que la loi qui a été promulguée par Elisabeth Borne et qui est toujours en vigueur,
01:04:05 prévoit une réduction du parc nucléaire à 50% de la production industrielle.
01:04:08 Donc, Macron veut construire des centrales nucléaires et Borne veut le bloquer.
01:04:11 Donc, vous les gardez bornes.
01:04:13 Je ne peux pas garder bornes.
01:04:15 Ce n'est pas uniquement pour des raisons du record d'Edith Cresson.
01:04:18 Si la politique, c'est ça où il y a été, c'est grave quand même.
01:04:22 C'était respecter le titre, respecter le fait que les Premières Ministres...
01:04:28 Mais elle ne doit pas être respectée.
01:04:29 On ne parle pas du Premier Ministre ainsi.
01:04:31 On parle justement des violences, on parle du perdre d'autorité.
01:04:34 Pas tous en même temps.
01:04:35 On parle de la perte d'autorité.
01:04:36 On parle de la perte d'autorité sans cesse sur ces plateaux.
01:04:39 On parle du fait que des individus de plus en plus nombreux s'en prennent au costume,
01:04:43 à l'image que peuvent incarner des personnes.
01:04:45 Ce n'est pas pour que sur le plateau, on insulte...
01:04:47 William T, je vous laisse conclure sur le sujet avant d'évoquer l'inflation.
01:04:50 Mais c'était peut-être un dérapage.
01:04:51 Mais moi, je pense que tout simplement,
01:04:54 parfois, je me suis montré assez dur contre le président de la République,
01:04:59 Emmanuel Macron en l'occurrence.
01:05:01 Et quand il fait des bonnes décisions, il faut saluer.
01:05:03 Sur l'industrie, sur la produire vert,
01:05:06 pour lutter contre l'IRA américain et contre la concurrence des lois chinoises,
01:05:09 il a raison.
01:05:10 Et donc, il s'oppose contre tout le monde,
01:05:12 contre ses amis européens et contre son propre camp.
01:05:14 Et en l'occurrence, parfois, il faut le soutenir
01:05:16 et donc attaquer les personnes qui essayent de le bloquer dans son chemin.
01:05:20 Et je pense que donc, du coup, les personnes qui nous bloquent
01:05:22 conduisent au malheur français.
01:05:24 Et ça fait partie du cas d'Elisabeth Borne,
01:05:26 qui, je pense, ne fait pas honneur à la cause des femmes.
01:05:28 Parce que lorsque vous êtes pour et lorsque vous êtes féministe,
01:05:31 vous espérez qu'une femme reste à son poste parce qu'elle est talentueuse
01:05:34 et non pas pour uniquement grâce à son genre.
01:05:36 Je ne pense pas que ce soit l'unique raison, William T.
01:05:38 Ça, c'est votre point de vue sur ce que vous estimez
01:05:41 dans les capacités d'Elisabeth Borne.
01:05:43 On est en droit aussi de ne pas adhérer totalement à votre point de vue.
01:05:47 On ne peut pas y échapper.
01:05:49 Pourtant, les frais fixes pèsent lourd dans le budget des Français.
01:05:52 On parle de l'inflation maintenant et de l'économie,
01:05:53 selon une étude CSA pour les furées.
01:05:55 Les ménages dépensent 100 euros de plus qu'il y a six mois.
01:05:59 Quels sont les postes les plus touchés ?
01:06:00 On va en parler avec nos invités.
01:06:02 Mais d'abord, les détails avec Mathilde Ibanez et Jules Bedot.
01:06:05 Aucun Français n'y échappe.
01:06:08 Et pourtant, les frais quotidiens ont augmenté de 100 euros.
01:06:11 En moyenne, un ménage dépense 1195 euros par rapport à octobre 2022.
01:06:17 Soit une augmentation de 9%.
01:06:20 Parmi les postes de dépense, les plus touchés par cette hausse,
01:06:23 l'énergie, les transports, mais également les assurances sortent du lot.
01:06:27 Par exemple, l'électricité passe de 97 euros à 103 euros.
01:06:31 Le gaz, de 97 euros à 110 euros.
01:06:34 L'assurance habitation, elle, passe de 61 euros à 70 euros.
01:06:39 Ou encore les mutuelles santé, de 98 euros à 104 euros par mois.
01:06:44 Certains ménages sont donc obligés de se serrer la ceinture.
01:06:47 Se priver de certaines choses, sans excès, mais limiter certains achats.
01:06:52 Si on doit partir en vacances, on trouve que sur ce mois-ci,
01:06:55 on n'a pas assez d'argent, on ne fait pas.
01:06:57 On limite, on regarde de très près.
01:07:00 On compare les prix dans d'autres magasins.
01:07:03 On prend ce qui est moins cher, bien sûr,
01:07:07 pour essayer de mettre l'argent à côté.
01:07:10 Mais bon, jusqu'à maintenant, je n'y arrive pas.
01:07:12 Pour les ménages les plus précaires,
01:07:14 ces dépenses contraintes représentent 86% de leur revenu.
01:07:17 Impossible donc de mettre de l'argent de côté.
01:07:20 Près d'un Français sur deux n'y arrive pas.
01:07:23 Et pourtant, 73% des Français se disent satisfaits de la vie qu'ils mènent.
01:07:27 Un chiffre qui s'accroît proportionnellement à leur situation économique.
01:07:32 Un Français sur deux qui n'arrive pas à épargner.
01:07:36 Le gouvernement avait promis de tout faire pour limiter la hausse des prix.
01:07:39 Certains hypermarchés, grandes surfaces, le font.
01:07:43 C'est le cas de Leclerc notamment.
01:07:45 Mais c'est très compliqué de boucler les fins de mois.
01:07:47 Et maintenant, ce sont les classes moyennes,
01:07:49 Pierre-Henri Bovis, qui sont touchées.
01:07:51 Il y a eu des populations beaucoup plus précaires.
01:07:54 Mais désormais, le Français moyen, également,
01:07:56 qui est en train de regarder comment il peut faire des économies sur ses contrats,
01:07:59 sur la manière de se nourrir, également.
01:08:01 C'est très inquiétant.
01:08:02 Ce qui est surtout...
01:08:04 La classe moyenne en France, si vous voulez,
01:08:06 c'est la personne qui gagne trop pour bénéficier des aides sociales,
01:08:11 mais qui ne gagne pas assez non plus pour bénéficier des niches fiscales.
01:08:14 Donc, vous êtes dans la pire situation.
01:08:16 C'est-à-dire que vous vous faites massacrer par les impôts.
01:08:19 Quand je dis massacrer, je pèse d'ailleurs mes mots.
01:08:22 Et vous êtes confrontés à une inflation
01:08:25 qui fait qu'effectivement, à la fin du mois, ça devient de plus en plus compliqué.
01:08:28 Et on voit bien un phénomène maintenant
01:08:30 qui n'est pas dû au simple fait de la guerre en Ukraine.
01:08:33 Ça fait maintenant quelques années que ce phénomène s'amplifie.
01:08:35 Vous avez de plus en plus de personnes.
01:08:37 Vous avez cette masse qui s'agrandit de plus en plus,
01:08:39 qui fait que vous avez de plus en plus de personnes
01:08:41 qui se retrouvent coincées à la fin du mois.
01:08:44 Et vous avez peu de solutions, en réalité, qui sont proposées.
01:08:46 Vous avez des pansements qui sont mis ici et là
01:08:50 pour essayer de lutter contre la hausse des prix et contre l'inflation.
01:08:54 Mais vous n'avez pas vraiment de solutions proposées.
01:08:56 Vous n'avez pas d'ausses de salaires
01:08:58 que vous ne pouvez pas non plus décréter comme ça.
01:09:00 Vous avez des charges patronales qui sont très lourdes.
01:09:03 Vous avez des entreprises qui peinent à recruter
01:09:05 parce que justement derrière, elles payent beaucoup trop.
01:09:08 Donc c'est un problème, si vous voulez, qui est là aussi multifactoriel
01:09:11 et qui ne trouve pas de solution, en tout cas dans les médias,
01:09:13 et qui n'en trouvera pas non plus, je pense, rapidement.
01:09:16 Et je parlais de la guerre en Ukraine.
01:09:17 Je ne pense pas que dans un tel contexte,
01:09:20 ce mêlée de conflits géopolitiques qui nous dépassent
01:09:24 sert la cause des Français directement.
01:09:26 Parce que c'est une répercussion directe, le conflit en Ukraine,
01:09:29 sur l'inflation, et pas uniquement en France d'ailleurs, l'Europe.
01:09:32 Mais partout en Europe.
01:09:34 Ce n'est pas totalement exact.
01:09:36 Pourquoi William T ?
01:09:37 Le prix de l'alimentation n'a pas monté à cause de la guerre en Ukraine
01:09:39 parce que le prix de l'alimentation a augmenté avant la guerre en Ukraine.
01:09:42 On n'a pas pu les baisser à cause de la guerre en Ukraine.
01:09:45 Vous allez voir.
01:09:46 Parce qu'en fait, la crise sanitaire a conduit à un confinement
01:09:49 et à un arrêt de la production mondiale.
01:09:51 Donc la Chine a arrêté de produire,
01:09:52 et l'ensemble des pays ont arrêté de produire.
01:09:54 Et lorsque vous arrêtez de produire,
01:09:55 les produits mis en circulation sont inférieurs à la demande.
01:09:59 Et lorsqu'on a réouvert tous les pays,
01:10:01 la consommation est repartie,
01:10:02 et donc la demande, c'est-à-dire le souhait des produits
01:10:05 achetés par les gens, était supérieur à la production.
01:10:08 C'est ça qui a créé le décalage entre ce qu'on appelle l'offre et la demande.
01:10:11 Et c'est ça qui a créé ce point-là.
01:10:12 Et c'est pour ça que moi j'en veux Elisabeth Borne.
01:10:14 Peut-être que j'étais trop dur dans les mots employés,
01:10:16 mais elle était pour une autre politique.
01:10:18 Elle était pour ce qu'on appelle le délestage,
01:10:20 et donc la mise à mal de notre production.
01:10:21 C'est-à-dire réduire la production pour arrêter notre consommation énergétique.
01:10:25 Or, moi je pense que c'est tout le contraire qu'il faut faire sur l'inflation.
01:10:28 Plus vous produisez, plus vous produisez de produits,
01:10:31 et bien plus vous avez de produits mis en circulation,
01:10:33 plus le nombre de produits sera supérieur à la demande,
01:10:35 et donc les prix vont baisser.
01:10:36 C'est comme ça en fait que les Chinois ont baissé l'inflation.
01:10:39 C'est parce qu'ils ont arrêté la boutique de zéro Covid,
01:10:41 et ils ont mis plus de produits en circulation sur le marché.
01:10:43 C'est comme ça que ça marche.
01:10:44 Tous les économistes vous le diront.
01:10:46 Il y a un décalage entre l'offre et la production,
01:10:48 et tant qu'il y a un décalage entre l'offre et la production,
01:10:50 l'inflation continuera à augmenter.
01:10:51 Et donc du coup, le sujet essentiel, c'est comment faire repartir
01:10:55 la production industrielle et notamment agroalimentaire en Europe.
01:10:58 Or, dessus, on a des ennemis de l'intérieur.
01:11:00 Les écologistes, avec les normes environnementales,
01:11:03 les réglementations, etc.
01:11:04 L'Union Européenne, avec tous ces losers qui nous empêchent de produire,
01:11:07 ils se sont trompés sur tout depuis dix ans.
01:11:09 Et ces personnes-là nous empêchent de faire une grande nation agricole.
01:11:13 Si vous avez une grande nation agricole,
01:11:14 vous êtes autosuffisant sur les produits alimentaires,
01:11:16 et vous avez une population en surabondance
01:11:18 qui payera moins cher ces produits.
01:11:20 C'est ce qui se passe par exemple aux États-Unis.
01:11:21 Cela dit, là, on voulait du prix d'énergie.
01:11:23 Georges Pénèque.
01:11:24 Tout simplement d'un mot très court,
01:11:25 je pense que tout un chacun a le droit en France
01:11:29 de pouvoir vivre de son travail,
01:11:31 c'est-à-dire se loger, se nourrir et se chauffer.
01:11:36 Si vous n'avez pas un minimum pour vivre,
01:11:39 eh bien, vous avez quoi ?
01:11:40 Vous avez, comme depuis 2018, la crise des gilets jaunes,
01:11:45 les manifestations exacerbées des retraites
01:11:47 qui s'inscrivent dans un contexte de plus en plus violent,
01:11:50 de pouvoir d'achat qui est insuffisant.
01:11:52 Et c'est tout le défi des prochaines années,
01:11:55 c'est de redonner au travail,
01:11:57 et puis peut-être une conférence sur les salaires,
01:12:00 les moyens de vivre dignement et d'élever sa famille.
01:12:04 Et on se rend compte que 100 euros, c'est une somme.
01:12:06 Voilà, pour le français, pour le commun des mortels,
01:12:09 100 euros c'est une femme,
01:12:10 et quand ça augmente dans le budget,
01:12:12 quand c'est grévé une fois par mois,
01:12:14 en effet, ça commence à être compliqué.
01:12:17 Si on pouvait avoir un grand plan martial sur l'impôt aussi,
01:12:19 ce serait, je pense, accueilli par beaucoup de français.
01:12:22 Merci de nous avoir accompagnés,
01:12:23 Eliott Deval dans quelques instants,
01:12:25 punchline sur cnews.fr,
01:12:27 également pour retrouver nos émissions.
01:12:29 A demain.
01:12:30 [Musique]

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