- il y a 3 ans
Jeudi 7 septembre 2023, SMART BOURSE reçoit Céline Piquemal-Prade (Présidente, Piquemal Houghton Investments) , Alain du Brusle (Directeur de la gestion, Claresco) et Vincent Lequertier (Gérant Senior, responsable de l'allocation d'actifs, WeSave)
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00:00 *Musique*
00:10 Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13 Céline Pickmall-Prad est avec nous, présidente de Pickmall Outon Investments.
00:16 Bonsoir Céline.
00:17 Bonsoir Grégoire.
00:18 Ravi de vous retrouver. Ravi de retrouver également Alain Dubrul.
00:20 A vos côtés, bonsoir Alain.
00:22 Bonsoir Grégoire.
00:23 Vous êtes directeur de la gestion de Claresco et Vincent Lecartier avec nous également ce soir.
00:26 Bonsoir Vincent.
00:27 Bonsoir Grégoire.
00:28 Et vous êtes responsable de l'allocation d'actifs de WeSave.
00:32 C'est le sujet ou ce sont les sujets de discussion en cette rentrée qui apportent un peu de perturbations dans les marchés.
00:39 Et commençons par là, le pétrole, 30% de hausse en trois mois, 90 dollars.
00:44 On a connu pire mais c'est vrai que ce rebond n'était peut-être pas anticipé aussi fort, aussi vite pour voir le baril de pétrole revenir sur les niveaux qu'on connaissait en novembre 2022.
00:54 Le dollar remonte également, je le signalais, remettant de la pression sur un certain nombre de devises émergentes.
01:00 On pourra parler du yuan chinois mais également le yen japonais qui se retrouve à nouveau sous pression avec des alertes lancées par les autorités locales sur cette question précise des devises.
01:14 Et puis des secteurs clés effectivement qui donnent des petits signes de faiblesse en cette rentrée.
01:19 Mais sur la partie un peu macro, est-ce que le récit de la désinflation immaculée qui accompagne notamment le narratif américain depuis quelques temps,
01:28 est-ce que ce récit est contrarié voire pris un peu à revers en cette rentrée, Vincent ?
01:33 Alors pour ce qui est du pétrole, on revient grosso modo un an en arrière, sauf que le dollar, lui, a quand même perdu 10% par rapport au niveau qu'il avait il y a un an.
01:44 Il a baissé jusqu'au mois de juin ou juillet, le dollar.
01:47 Donc pour un américain, la chose est insensible puisque c'est facturé en dollars.
01:52 Par contre, pour un investisseur européen, pour un industriel européen, la facture est quand même un peu moins élevée que ce qu'on pouvait avoir.
02:01 Moi, mon impression sur l'été, c'est qu'on a des déceptions sur la partie croissance chinoise, des déceptions sur la croissance européenne, que les États-Unis, c'est l'inverse.
02:13 On reste plutôt dans une bonne dynamique à surprendre favorablement les marchés.
02:19 Comme les marchés regardent en priorité la croissance américaine, le consommateur final américain,
02:25 comme l'industrie américaine est relancée de façon assez intensive par différents plans internes,
02:33 on se retrouve du coup à avoir des marchés qui ont tendance à plutôt rester sur le focus américain.
02:39 Donc effectivement, je pense que ça donne une impression de croissance qui tient finalement plutôt bien.
02:46 L'atterrissage en douceur a l'air de se confirmer.
02:50 Donc le scénario d'une Fed qui a terminé ses hausses de taux pose encore un petit peu question.
02:57 Mon pressentiment personnel, c'est que le sujet est quand même derrière nous pour la Fed.
03:03 Par contre, le gros de la pression va se faire désormais sur la partie quantitative tightening.
03:09 Le deuxième sujet pour moi, c'est que les États et les entreprises vont avoir besoin de lever des capitaux
03:18 pour les différents investissements qu'on doit faire, transition énergétique, santé, défense, le numérique avec l'intelligence artificielle, etc.
03:26 Financer le cycle de CAPEX, comme on l'appelle.
03:29 Voilà, donc en clair, il va y avoir probablement une tension sur les taux longs,
03:35 puisqu'on a à la fois beaucoup d'émetteurs qui vont se présenter et en face de ça, des banques centrales qui se retirent sur les taux longs.
03:43 Donc se pose la question de revenir ou pas sur les taux longs.
03:48 Moi, personnellement, je suis un petit peu prudent.
03:50 Par contre, les taux courts, j'ai l'impression que la croissance globalement est en train de se normaliser l'année prochaine.
03:57 Donc le scénario d'atterrissage en douceur, pour moi, il est assez valable.
04:01 Je pense qu'il y a un facteur qui pourrait surprendre favorablement sur les prochains mois.
04:07 C'est le manufacturier.
04:09 Mon pressentiment, c'est qu'en fait, on a eu deux phénomènes de stockage très violents avec la COVID d'abord,
04:17 où les entreprises manquaient de biens, donc il fallait stocker impérativement rapidement.
04:21 Et qu'ensuite, avec l'hyperinflation qu'on a eue, il y a eu une rebelote.
04:26 Elles ont été obligées de stocker le plus vite possible pour éviter de payer plus cher leurs biens quelques mois plus tard.
04:32 Que 2023, c'est une année de déstockage.
04:35 Elles sont en train de consommer ces réserves qu'elles ont constituées.
04:39 Et que l'année prochaine devra être une phase de renormalisation.
04:42 D'où la faiblesse de la production qu'on observe aujourd'hui, manufacturière, industrielle.
04:46 Parce qu'on est encore en train de déstocker un certain nombre de produits.
04:50 - Un petit peu sur votre question sur le pétrole, j'ai l'impression que, évidemment, c'est les restrictions de production qui ont été annoncées par l'OPEP+ et la Russie,
05:01 donc une contrainte d'offre.
05:03 - Enfin, le pétrole, il a commencé à remonter déjà depuis deux, trois mois.
05:06 - C'est ce que je voulais vous dire.
05:07 - La Russie et l'Arabie Saoudite, c'était il y a deux jours.
05:09 - Je voulais en arriver là. C'est-à-dire que je pense que les Chinois ont commencé déjà à liquider une partie de leur stock de matières premières.
05:17 Qu'ils sont en train de les reconstituer progressivement.
05:20 Et qu'on n'a pas forcément cette impression de l'extérieur, parce qu'on regarde les statistiques macro-économiques.
05:27 Donc on ne voit pas forcément cette reprise économique qui est en train de se dessiner.
05:31 Mais je pense qu'au niveau industriel, et pour moi, les prix des matières premières, de beaucoup de matières premières, déjà le laissent un peu pressentir.
05:39 C'est qu'on a cette reprise manufacturière qui est en train de se dessiner.
05:42 Et que les industriels sont en train de reconstituer des stocks.
05:45 - Céline, en tant que stock-picker, comment vous regardez ces histoires de cycle économique aujourd'hui ?
05:52 Et peut-être même de sentiments de marché ? C'est vrai que Vincent l'a très bien décrit.
05:56 Le sentiment sur les États-Unis continue d'être toujours un peu plus positif que ce qu'on pourrait craindre.
06:03 A l'inverse, à l'autre bout du spectre, on a la Chine, où le sentiment déjà très négatif des derniers mois n'a pas encore semble-t-il atteint son paroxysme ou son climax.
06:14 - En effet. Donc je suis tout à fait d'accord avec ce que disait Vincent à l'instant.
06:18 On est en train de vivre une normalisation, en quelque sorte, en cette année 2023 sur les marchés financiers.
06:24 C'est-à-dire qu'on comprend qu'effectivement, on va être dans un environnement avec des taux d'intérêt plus élevés pour longtemps.
06:32 Et peut-être qu'il a fallu, en cet été, qu'on intègre cette donnée qui n'avait pas été complètement intégrée par les marchés jusqu'à présent.
06:41 Et donc c'est pour ça qu'on a eu quelques secousses au mois d'août. On a des secousses en ce mois de septembre,
06:46 parce qu'on est en train d'intégrer cette donnée dans les marchés et dans la valorisation des entreprises.
06:53 Parce que malheureusement, des taux d'intérêt, ça veut dire qu'on est dans un environnement plus sain,
06:56 qu'effectivement, il y a plus de croissance, que ça va pas si mal que ça. Mais ça veut dire aussi qu'il y a moins de liquidités,
07:03 que c'est plus difficile de chercher des financements et qu'il faut avoir des niveaux de valorisation plus bas que ce qu'on avait intégré jusqu'à présent.
07:10 Donc c'est d'un côté positif, mais de l'autre côté, ça a une incidence sur les niveaux des valorisations.
07:16 Et jusqu'à présent, on n'avait pas tellement fait cas de cette donnée jusqu'à cet été 2023.
07:23 Donc c'est vraiment quelque chose, à mon avis, qui va nous permettre de retrouver un petit peu de la réalité.
07:28 Donc maintenant, les valorisations vont pas augmenter à nouveau. Ça veut dire qu'il faut qu'on regarde les bénéfices d'entreprise.
07:34 Et là, il faut faire un peu plus son travail. Donc comme vous l'y avez l'instant, il faut retrouver son savoir-faire de stock-picker.
07:43 Vous parliez d'Apple tout à l'heure, vous parliez des grandes valeurs technologiques.
07:46 Avec cette ligne de lecture, c'est ce que vous voyez sur la tech et sur le luxe, qui sont peut-être pas vos secteurs de prédilection.
07:50 Vous n'êtes pas étonné de voir ces secteurs un peu sous pression ?
07:56 D'habitude, quand Apple perd 3000% sur une séance, c'est buy the deep tout de suite. LVMH, je sais pas, j'ai pas la série en tête.
08:03 Mais au moins 6 séances de baisse sur LVMH qui perd quasiment 2% tous les jours, j'ai pas vu ça depuis longtemps.
08:10 Normalement, après 10% de baisse sur LVMH, tout le monde se rue pour acheter.
08:14 Après, il faut regarder les chiffres. Donc on a effectivement Apple, les ventes étaient en baisse de 1,5% sur le deuxième trimestre.
08:20 Ce qui veut dire que c'est quand même pas un océan de bonnes nouvelles qui vient de cette entreprise.
08:26 Et si on regarde le luxe, on parlait de la Chine à l'instant.
08:29 Si on est cohérent avec nous-mêmes et qu'on pense qu'il y a un ralentissement économique en Chine,
08:34 il n'y a aucune raison de penser qu'il faut acheter massivement des sociétés exposées à la Chine comme les sociétés du luxe.
08:40 Donc il y a une incohérence de ce côté-là qui est en train d'être mise à jour.
08:45 Et donc tout ça est extrêmement rationnel.
08:47 Après, la grande question, c'est de savoir s'il faut s'intéresser ou pas au marché actions en ce mois de septembre 2023.
08:55 Très bonne question. Je veux toujours s'intéresser au marché actions.
09:01 Mais ce qui est intéressant, c'est qu'on a une totale bifurcation.
09:05 Comme vous parliez à l'instant des 7 magnifiques, les 7 magnifiques représentent quasiment 30% de l'indice américain.
09:13 L'indice américain représente 62% des indices mondiaux.
09:16 Ce qui est intéressant pour nous en tant qu'investisseurs qui sont capables de faire du stock picking,
09:21 c'est qu'il y a des sociétés en dehors de 7 magnifiques, mais que ces 7 magnifiques,
09:26 si jamais ils baissent parce que les valorisations baissent, ils vont entraîner les indices avec eux.
09:31 Donc c'est ça qui est quand même très compliqué pour un investisseur qui investirait dans des trackers.
09:36 Il faut faire attention parce que ces 7 magnifiques vont entraîner les autres.
09:40 Donc comme en 2000-2001, quand vous aviez eu des Cisco, des Intel qui baissaient, ça entraînait le reste.
09:45 Là, ça risque d'être à peu près le même type d'environnement.
09:49 Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des choses à faire, parce que comme de la même façon en 2000-2001-2002,
09:54 il y avait des choses à faire, il y a des opportunités à saisir aujourd'hui sur les marches à action qui sont extrêmement concentrées.
09:59 On n'a pas été aussi concentrés depuis 23 ans.
10:02 Donc la concentration, c'est-à-dire qu'il y a de l'autre côté des opportunités à saisir,
10:06 et c'est ça qui rend les choses intéressantes pour l'investissement.
10:08 Ce que vous dites en creux quand même Céline, c'est que si on veut sortir des "santibattus", des indices,
10:14 et aller prendre du risque en dehors des 30 mégacaps mondiales qui font les perfs des indices,
10:20 si on veut être payé pour prendre ce risque-là, il ne faut pas que cette partie-là du marché s'effondre non plus.
10:26 On peut avoir... Regardons ce qui s'est passé par exemple l'année dernière sur cette crise de 2022.
10:35 Sur l'année 2022, on a eu une baisse des marchés financiers de 14%,
10:39 ce qui n'a pas empêché d'avoir des sociétés comme Merck qui ont monté l'année dernière.
10:43 Ce qui n'a pas empêché une société comme Total de monter l'année dernière.
10:46 Donc il faut quand même qu'on ait conscience du fait que tout ça est possible.
10:51 Quand on a une concentration extrême des marchés, si vous avez la possibilité en tant qu'investisseur d'aller chercher ailleurs,
10:58 ça vous donne les opportunités qu'on aurait rarement.
11:00 Parce qu'en tant que gérant, on nous dit souvent "de toute façon, ça ne sert à rien de payer un gérant actif, parce que les trackers font mieux".
11:07 On n'est pas payé pour prendre du risque en dehors des indices.
11:09 Exactement. Comme depuis 2009, on a eu des taux d'intérêt qui ne faisaient que baisser année après année,
11:15 avec une liquidité qui était extrêmement simple à obtenir,
11:18 notre travail de gérant n'a pas tellement de valeur ajoutée.
11:22 Il suffit juste d'aller prendre les trackers qui bénéficient à plein de cette expansion liquidité.
11:29 Aujourd'hui, on a une liquidité qui se retire.
11:31 Et comme disait Warren Buffett, c'est quand la liquidité se retire qu'on voit qu'il y a un verre maillot de bain.
11:35 Donc il faut que vous ayez des gérants qui peuvent aller voir celui qui a un verre maillot de bain ou pas.
11:38 La mer n'est pas encore suffisante.
11:40 Parce que ça fait déjà quelques temps qu'on a commencé à taper un peu le robinet de la liquidité.
11:46 Mais pour l'instant, on l'a vu.
11:47 Et la concentration est toujours plus importante.
11:49 Là, on est en train d'avoir des taux réels qui sont à 2%.
11:51 Ça fait très longtemps qu'on n'était pas sur des taux réels qui étaient aussi élevés.
11:54 Et jusqu'à présent, on n'avait pas eu des taux qui étaient aussi élevés.
11:57 C'est maintenant que ça commence.
11:58 C'est pour ça qu'on a eu le FTSE qui avait atteint un pic en février, le CAC 40 en avril, le DAX pendant le mois d'août.
12:05 Et là, on voit qu'il y a tout un certain nombre de signaux, le NASDAQ, etc.
12:08 Donc c'est une liquidité qui se retire globalement, qui rend les choses plus difficiles.
12:11 Mais si vous n'avez pas de dette et que vous êtes bien positionné, vous avez des bénéfices qui montent, regardez sur une séance comme aujourd'hui, il y a des titres qui montent.
12:18 Oui, la liquidité a un coût aujourd'hui, elle est plus rare.
12:21 Sur ces considérations, qu'est-ce qui vous intéresse dans tout ce que vous avez déjà dit ?
12:26 Je vais rebondir sur ce qui a été dit sur les taux réels enfin positifs.
12:28 C'est ce qu'a dit Powell d'ailleurs à Jackson Hall.
12:31 C'est important parce que ça fait un moment que les taux montent.
12:33 Mais il y avait aussi beaucoup d'inflation et en réalité, la hausse des taux jusqu'à maintenant, les réels étaient encore négatifs.
12:39 Pas aux États-Unis, on peut les mesurer à différentes manières.
12:42 Les États-Unis étaient bien à 5-6 d'inflation.
12:44 Les anticipations d'inflation, si on prend du disant, elles n'étaient pas à ce niveau-là.
12:49 Mais les taux réels positifs, réellement positifs, c'est maintenant.
12:52 Et l'effet retardé de la hausse des taux, en effet, je suis d'accord avec vous, on commence à le sentir vraiment.
12:58 Par exemple, dans le bâtiment, jusqu'au printemps, tout le monde était toujours très occupé à rattraper le retard des chantiers qui avaient énormément de retard.
13:06 Et donc, c'est toujours une suractivité.
13:08 Là, on voit bien que les transactions ont divisé par deux.
13:12 Les constructions en oeuvre, on voit bien que les chiffres sont très mauvaises.
13:14 Aux États-Unis, la construction n'a pas détruit un seul emploi.
13:17 Oui, enfin...
13:18 Parce qu'à côté de ça, il y a la construction d'usines industrielles.
13:21 Oui, il y a les plantes à coex.
13:22 Oui, mais quand ça ne va pas bien d'un côté, il y a une autre partie du segment immobilier.
13:27 Ce n'est pas un secteur qui détruit des emplois aujourd'hui aux États-Unis.
13:30 Pas pour l'instant.
13:31 Pas pour l'instant.
13:32 Pas pour l'instant, mais...
13:33 Enfin, sur les créations d'emplois aux États-Unis, c'est surtout les services, sur tout ce qui est hôtellerie, restauration, en effet, de rattrapage.
13:38 Par rapport à ce que vous avez dit tout à l'heure, c'est vrai qu'en gros, avec le Covid, on a eu un bond du manufacturing,
13:43 parce que quand les gens étaient chez eux, ils achetaient des biens industriels.
13:46 Et puis, il y a eu des problèmes de stockage, donc les gens ont restocké.
13:49 Puis là, on est plutôt dans une période où les gens sortent, ils vont à des concerts.
13:53 Le tourisme n'a jamais aussi bien marché.
13:55 Donc il y a peut-être eu un peu des effets qui sont difficiles à estimer, finalement, avec ces périodes un peu particulières.
14:00 Donc effectivement, il y a probablement que dans l'industrie, on a subi un peu de déstockage.
14:04 Peut-être que dans les services, on va arriver un peu dans une sorte de gueule de bois à l'automne.
14:08 On voit les compagnies aériennes, comme ça, commencent un petit peu à plafonner.
14:10 Bon.
14:11 Plus généralement, nous, ce qu'on pense, c'est que les taux réels positifs, ça va finir par freiner l'économie.
14:18 On a quand même beaucoup de signes qui sont avant-coureurs.
14:20 Ça va donc avoir un impact négatif sur les résultats des entreprises.
14:24 On commence à le voir.
14:25 Alors c'est en grande partie anticipé, je vous l'accorde, mais ça va quand même un peu faire mal, dans un contexte de liquidité moins importante.
14:33 Donc nous, notre première conviction, c'est quand même que du côté des taux longs, ça va finir par craquer
14:38 et qu'on va avoir, avec le ralentissement de l'économie et une certaine désinflation malgré tout,
14:43 dans des plaies au prix du pétrole, qui à mon avis sont quand même plus tirées par un problème d'offres qu'un problème de demandes,
14:49 on a quand même un scénario dans lequel les taux longs vont, pas s'effondrer, mais vont commencer à baisser.
14:57 Et donc à partir du moment où ils commencent à baisser, je pense qu'il y a des opportunités assez intéressantes sur la partie longue de la courbe
15:02 parce que dans un premier temps, les actions ne vont pas forcément bien réagir au ralentissement économique.
15:07 Maintenant, dans un deuxième temps, qu'il y ait des taux longs qui commencent à baisser,
15:11 ça veut dire aussi des anticipations de banques centrales qui vont elles aussi commencer à calmer le jeu.
15:16 Pour l'instant, personne n'y croit.
15:17 Face aux mauvais chiffres, depuis une ou deux semaines, les gens commencent à dire qu'il n'y aura plus de hausse de taux ce mois-ci,
15:22 mais qu'il y en aura peut-être encore dans le courant de l'automne, vigueur américaine restant à démontrer.
15:27 Mais pour l'instant, côté taux, c'est plutôt tendu.
15:30 Donc, ça quelque part freine le marché, puis ça laisse la place aux révisions de résultats.
15:36 Mais il ne faut pas perdre de vue que si le ralentissement se confirme, on devrait avoir une perspective taux plus favorable.
15:44 Et les marchés des 20 dernières années montrent que ça se détend sur les taux, même si les résultats se détériorent.
15:48 C'est le thème de la duration, là, pour vous, qui est un peu devant nous.
15:50 Même si les résultats se détériorent, on peut avoir un rebond de marché.
15:53 Donc, nous, on est plutôt sur un ralentissement économique, plutôt soft landing malgré tout,
15:58 avec des taux qui devraient finir par se calmer assez rapidement quand même.
16:03 Et du coup, ça apporterait aussi un soutien au marché.
16:05 Un peu de visibilité, de stabilité sur la partie obligataire, effectivement, qui a été très jetée encore cet été.
16:11 Tout le monde à 3,90, 3,80 sur le 10 ans US au mois de juin, tout le monde était acheteur.
16:15 J'imagine que tout le monde à 4,30 était encore plus acheteur du 10 ans US.
16:19 Ralentissement, ça veut dire un 10 ans US qui pourrait être à 3,60, 3,40 à la fin de l'année.
16:23 Oui, oui, d'accord, c'est ça.
16:24 Oui, oui, mais c'est déjà quelque chose.
16:25 C'est un point clé quand même, Vincent, parce que l'histoire des taux réels qu'explique Alain,
16:33 c'est-à-dire que quand la Fed s'est lancée dans la course derrière l'inflation en 2022,
16:40 l'inflation continuait de progresser et la Fed était toujours derrière, obligée à coup de 75 points de base,
16:46 d'essayer de rattraper le niveau d'inflation, ce qui fait que les taux réels ont commencé à être positifs.
16:52 Alors, je n'ai plus la date en tête, mais peut-être il y a seulement quelques mois ou quelques trimestres.
16:57 Au début de l'été.
16:58 Au début de l'été. Et donc, en fait, le resserrement, c'est maintenant qu'il commence,
17:03 avec d'un côté des taux qui sont maintenus à très haut niveau et une désinflation qui fait que, voilà,
17:08 les taux réels progressent désormais, comme on ne l'a pas vu en 2022.
17:13 Alors, premier commentaire.
17:14 Des taux réels positifs, ça veut dire que les entreprises qui ont beaucoup de cash,
17:19 logiquement, sont très, très bien rémunérées de leur détention de cash.
17:24 À ma connaissance, les magnifiques Seven font partie de ces sociétés qui ont énormément de cash.
17:33 Donc, pour moi, les voir baisser à l'heure actuelle, alors que les taux réels sont négatifs,
17:38 il y a une ambiguïté de message. La deuxième chose...
17:41 Ils sont positifs, les taux réels.
17:42 Ils sont positifs.
17:43 Oui, positifs.
17:44 Donc, logiquement, ces boîtes-là devraient être recherchées en bourse.
17:48 On les voit plutôt baisser à l'heure actuelle.
17:50 Depuis le mois de juillet, elles ont plutôt tendance à baisser.
17:54 La deuxième chose, c'est que si on est dans une perspective, comme les Alain,
17:57 de dire qu'il va y avoir de nouveau une détente sur les taux longs,
18:01 les valeurs de croissance sont celles qui ont le plus de sensibilité aux taux longs.
18:05 Donc, logiquement, elles devraient être, là encore, recherchées en bourse.
18:09 Donc, si je vois ces...
18:11 C'est le même message pour le luxe, pour venir en France.
18:13 Oui, bien sûr.
18:14 Donc, si on voit ces deux thématiques être, à l'heure actuelle, plutôt vendues,
18:20 ça veut dire que le marché n'est pas dans une idée de taux longs qui vont baisser.
18:25 Il est plutôt en train de reporter cette idée-là dans le temps.
18:27 Higher for longer.
18:29 Pour moi, le message qui est délivré par les banques centrales,
18:33 qui est de dire qu'on veut impérativement aller vers 2% de cibles,
18:37 je ne sais pas si elles le feront réellement, mais elles persistent là-dedans.
18:42 On a un certain nombre d'indications de remontée de l'inflation
18:46 ou de persistance de l'inflation.
18:49 Et ça, je pense que les taux longs sont en train de le comprendre.
18:53 Ce qui veut dire que vous avez, du coup, une rotation qui est en train de se mettre en place
18:56 sur les marchés financiers.
18:58 Vous allégez les valeurs de croissance chères, qui ont en plus beaucoup monté,
19:03 et vous vous reportez, parce que vous ne voulez pas sortir du marché,
19:06 vous vous reportez sur des valeurs industrielles ou des valeurs plus value.
19:11 L'automobile tient bien, l'aéronautique tient bien.
19:14 Vous faites de la rotation.
19:15 Donc au bout du compte, vous pouvez à la fois satisfaire un stock picker
19:18 ou un porteur d'ETF comme moi, qui est capable de jouer aussi un petit peu
19:22 sur la nature des indices, des ETF que vous allez traquer,
19:27 les indices que vous allez suivre.
19:29 Pour prendre des en concrets, nous on s'est repositionnés un petit peu
19:34 sur le Russell, il y a un mois.
19:36 Les mid-cap américaines.
19:38 Pourquoi ? Parce qu'on a la conviction que la croissance domestique américaine
19:43 va rester forte, que les Etats-Unis n'ont pas trop besoin du reste du monde,
19:47 que ce n'est pas très grave de savoir si la croissance en Chine et en Europe
19:51 se délite tranquillement.
19:55 Donc l'important, c'est de voir ce qui se passe au niveau de la croissance domestique.
19:58 Vous êtes capable de faire comme moi un allègement sur le Nasdaq
20:02 pour vous repositionner sur les mid-cap américaines.
20:05 Ce n'est pas forcément quelque chose qui va gagner tout de suite.
20:08 Mais dans quelques mois, ma conviction c'est que si effectivement mon scénario
20:12 est correct, c'est-à-dire que la croissance américaine reste solide,
20:16 la croissance domestique américaine reste solide,
20:18 et que les taux d'intérêt long terme restent plutôt élevés pour longtemps,
20:23 vous avez intérêt à faire un petit peu de rotation.
20:25 Vous achetez la proba du chef économiste de Goldman Sachs,
20:28 qui a encore baissé sa proba de récession 12 mois aux Etats-Unis.
20:31 Ils étaient plus que à 20% et ils sont tombés à 15%.
20:35 C'est l'idée.
20:36 J'achète depuis longtemps.
20:38 C'est ce que j'ai mis en place dans mes portefeuilles depuis quelques mois.
20:42 Ce n'est pas un signal contrariant.
20:44 Non, non, non.
20:45 C'est un vrai schéma possible.
20:47 Moi je suis convaincu que c'est tout à fait possible.
20:50 Dans une année électorale...
20:52 Avec plus de 6% de déficit sur PIB.
20:54 Voilà.
20:55 Vous n'allez pas faire craquer la croissance l'année prochaine.
20:59 Si on parle de valeurs, de thèmes de marché,
21:02 moi je veux bien qu'on redise un mot de la Chine avec vous, Céline,
21:05 parce qu'on en parle régulièrement.
21:07 Vous êtes global, action internationale,
21:09 vous pouvez investir partout dans le monde.
21:12 Vous aimez bien l'Asie.
21:14 On a parlé du Japon aussi dans la sphère asiatique.
21:18 Comment vous jaugez le niveau de pessimisme sur la Chine ?
21:22 Est-ce que ça veut dire que le game est plié, comme on m'a dit ?
21:26 Ou est-ce que, encore une fois, avec le travail d'un stock picker,
21:31 je ne dis pas d'acheter toute la Chine,
21:33 mais avec le travail de stock picking,
21:35 est-ce qu'il y a des opportunités intéressantes
21:38 pour celles ou ceux qui peuvent ou veulent aller sur ce terrain-là ?
21:43 Je pense que oui.
21:45 Je pense qu'effectivement, aujourd'hui,
21:47 on est dans un environnement qui est extrêmement pessimiste.
21:50 Il vous suffit de regarder quelques journaux au cours du mois d'août.
21:54 J'avais rarement eu de suite une deuxième économie sur la Chine.
21:58 Donc, effectivement, c'est très, très rare,
22:01 un tel pessimisme sur une zone géographique.
22:04 Et ce qui est extrêmement rare,
22:06 c'est de le combiner avec des valorisations très basses.
22:08 Parce que si vous êtes très pessimiste
22:10 au moment où le marché est extrêmement élevé,
22:12 ça peut se comprendre.
22:14 Mais être extrêmement vendeur sur un marché
22:16 qui est déjà sous-détenu,
22:18 et qui est déjà avec des valorisations qui sont au plus bas,
22:20 parce qu'on est maintenant sur un marché chinois
22:22 où on voit les bénéfices comparés,
22:24 par exemple, aux États-Unis, qui sont à 19 fois.
22:26 Donc, ça intègre déjà énormément de mauvaises nouvelles.
22:28 Donc, on est très, très bas en valorisation.
22:30 Et donc, on a eu, au cours du mois d'août,
22:32 la plus grosse sortie sur le marché chinois
22:34 qu'on ait connue depuis qu'on peut suivre ces chiffres.
22:37 En termes de décollecte.
22:38 En termes de décollecte.
22:39 Donc, vraiment, massif.
22:41 Donc, en tant qu'investisseur de long terme,
22:44 forcément, ça m'interroge, ça m'interpelle.
22:47 Quand je vois un tel océan de nouvelles négatives sur un marché,
22:54 ça m'interpelle.
22:55 Alors, ce qui est intéressant, c'est que,
22:57 quand on investit sur un marché actions,
22:59 on s'intéresse à des entreprises.
23:01 On n'investit pas...
23:02 Quand on investit, par exemple...
23:03 - Vous n'achetez pas la Chine.
23:04 - On parlait d'Apple tout à l'heure.
23:05 - Vous achetez une entreprise.
23:06 - Quand on achète Apple, on n'achète pas la Californie.
23:08 Voilà, j'avais coutume de faire le même parallèle
23:10 avec les actions japonaises.
23:12 Je disais, quand j'achète Fanuc,
23:14 je n'achète pas la déflation au Japon.
23:16 Donc, il faut faire la part des choses.
23:18 Et ce qui est très intéressant, c'est qu'en Chine,
23:20 aujourd'hui, vous avez des sociétés qui sont leaders
23:24 dans le monde entier,
23:26 et qui sont cotées à la Bourse Shanghai ou à la Bourse de Hong Kong,
23:29 qui, du coup, se retrouvent avec des valorisations
23:31 que je n'avais jamais connues,
23:32 que beaucoup d'investisseurs n'avaient jamais connues.
23:34 Donc, ça, ça rend les choses quand même intéressantes.
23:36 Donc, encore une fois, je pense que,
23:37 si vous êtes d'investisseurs de long terme,
23:39 ça vaut le coup, aujourd'hui,
23:41 de s'intéresser à ce marché chinois.
23:43 Je ne peux pas savoir si ça va rebondir
23:45 dans 6 mois, dans un an,
23:46 mais si vous avez le temps avec vous,
23:48 il y a des choses à faire.
23:49 Et notamment...
23:50 - Dans quel type de secteur ?
23:51 - On a eu le salon de l'auto à Munich,
23:54 qui a eu lieu...
23:55 On a entendu le patron de BMW dire
23:57 que vraiment, on était complètement nuls en Europe
24:00 parce qu'on ne se protégeait pas des Chinois.
24:01 Mais la réalité est qu'aujourd'hui,
24:04 BYD se retrouve avec un boulevard en Europe.
24:07 Mais ce boulevard, il vient du fait
24:09 qu'ils ont investi depuis 15 ans sur les batteries électriques,
24:13 qu'aujourd'hui, 80% des batteries électriques
24:15 dans le monde sont faites par les Chinois.
24:17 C'est CATL ou BYD.
24:18 Ils ont clairement une longueur d'avance sur nous
24:22 en termes de technologie.
24:23 Et cette longueur d'avance,
24:25 ils l'ont bâtie sur de la taille.
24:27 Parce que le marché chinois, aujourd'hui,
24:28 il est très important.
24:29 C'est le marché le plus développé sur les voitures électriques.
24:31 Donc, ils ont pu, en plus, construire
24:33 avec un avantage compétitif,
24:35 avec une base de marché importante.
24:37 Donc, ils ont des coûts qui sont beaucoup plus bas
24:40 que les nôtres.
24:41 Donc, ils arrivent avec une base-coût qui est faible,
24:43 un avantage technologique sur les batteries.
24:45 Et donc, effectivement,
24:46 ils peuvent avoir une marge opérationnelle
24:48 qui est super à 5%,
24:49 avec des prix qui défilent en tendance.
24:52 Si vous voulez avoir les mêmes prix,
24:53 Volkswagen, ils ont des pertes de 20%.
24:56 Ils sont à -20% en marge.
24:57 Donc, ce n'est pas possible.
24:58 Donc, il y a vraiment un énorme problème
25:00 pour l'industrie automobile mondiale.
25:02 Ça rappelle l'arrivée de Toyota
25:04 qui avait révolutionné la voiture dans les années 80.
25:08 Aujourd'hui, s'il faut investir dans le secteur automobile,
25:10 vous avez plutôt envie d'avoir une boîte chinoise
25:12 qu'une boîte européenne.
25:13 Tout à fait.
25:14 Quand vous voyez que vous avez un tsunami
25:16 qui vous arrive sur la tête,
25:17 il ne faut quand même pas être complètement idiot.
25:19 Il vaut mieux ne pas se le prendre sur la tête tout de suite.
25:21 Et donc, malheureusement,
25:22 je ne vois pas très bien comment on va pouvoir se cacher,
25:24 BYD va arriver avec une voiture à 10 000 euros.
25:26 10 000 euros, c'est quand même très très faible.
25:29 Et je ne crois pas que les constructeurs européens
25:31 ne s'y aient trompé avec 10 000 euros.
25:32 Oui, mais ils ne vont pas attaquer.
25:33 Ce n'est pas Daimler ou ce n'est pas Porsche
25:36 qui vont se faire attaquer par BYD.
25:38 C'est le cul du marché.
25:39 Oui, mais c'est plutôt du généraliste
25:41 qui va se faire attaquer par BYD.
25:42 D'accord, c'est le mass market.
25:44 Ben oui, mais on a des marques premium nous en Europe.
25:46 C'est du premium notre savoir-faire.
25:48 C'est quand même très très compliqué
25:49 quand vous avez quelqu'un qui arrive et qui est aussi fort.
25:51 Donc, je pense qu'effectivement,
25:52 il y a des choses comme ça qui sont en train d'arriver.
25:54 Et après, on parlait tout à l'heure du renouvelable.
25:56 Ce qui est intéressant aussi, c'est que la Chine,
25:59 donc ils ont fait un pari technologique très fort
26:01 sur les énergies renouvelables.
26:04 Et ils sont en tête sur l'éolien.
26:06 Ils sont en tête, on parlait d'Orsted tout à l'heure.
26:08 Ce qui est en train de nous arriver sur Vestas, sur Orsted,
26:11 c'est que les Chinois sont clairement en avance aussi
26:14 sur l'éolien offshore, sur les panneaux solaires,
26:17 sur lequel ils ont la technologie, la taille, les coûts.
26:19 Donc, ils ont énormément de choses qui jouent en leur faveur.
26:21 Ils ont démontré leur capacité
26:22 puisqu'ils ont déjà déployé sur un gros marché.
26:24 Un chiffre que nous a porté hier Benjamin Louvet,
26:26 que je salue, gérant matières premières
26:28 chez Offi-Invest Asset Management.
26:30 En 2023, la Chine aura installé
26:32 pour plus de 200 gigawatts de puissance de panneaux solaires,
26:37 ce qui est plus que ce que l'ensemble du monde a installé l'an dernier.
26:41 - Donc, effectivement, pour gagner des gros contrats,
26:44 il faut vous aider à démontrer votre savoir-faire.
26:47 - Alain ?
26:48 - L'auto, c'est tellement pas cher,
26:50 et en même temps, ça fait partie des secteurs
26:52 qui tiennent bien en Europe en ce moment.
26:54 Enfin, je veux dire, là aussi, j'aime bien ce que disait Céline.
26:57 C'est un secteur typiquement en Europe
26:59 où le pessimisme est déjà exacerbé de toutes parts.
27:03 - D'abord, les valorisations sont faibles sur l'auto, d'une part,
27:05 et ensuite, on sort d'un semestre où les résultats ont été très bons,
27:08 voire plus élevés que les attentes.
27:10 - Malmé, la déferlante chinoise qui arrive !
27:13 - Oui, mais non, c'est pour ça que je pense que les résultats ont bien aidé les sociétés,
27:19 mais en effet, cette menace chinoise, elle est connue depuis un moment
27:22 et elle commence à se matérialiser.
27:24 C'est vrai que là, BYD, on va leur demander de faire des usines chez nous,
27:28 on va les taxer sur le carbone,
27:30 parce que chez eux, on va dire que c'est plus CO2,
27:32 dans les processus de production,
27:34 mais, franchement, même si on leur met tous les...
27:36 - Même avec une taxe carbone, ils sont capables d'être compétitifs sur notre marché.
27:39 - Même si on met les métascopes à poitiers, pour qu'ils se souviennent de ces images,
27:42 il semblerait qu'ils sont encore 25% moins chers que Tesla,
27:45 même à after tax, donc c'est quand même très gênant.
27:48 - C'est-à-dire que Tesla, il faut qu'il baisse ses prix encore de 25% ?
27:50 - Tesla a beaucoup baissé ses prix, d'ailleurs.
27:52 - Je sais bien, oui.
27:53 - Donc oui, l'auto, ça va être compliqué à moyen terme,
27:55 et puis, il y a peut-être aussi un gros risque de grève aux Etats-Unis, je ne sais pas.
27:58 - Oui, on en a parlé en début de semaine, oui.
28:00 - Donc attention. Et par rapport à ce que vous disiez,
28:02 moi, je serais plutôt sur... Vous disiez, finalement, les taux vont rester longs,
28:06 donc le marché va s'écarter des valeurs de croissance,
28:08 va aller plutôt vers les cycliques ou les industriels.
28:10 Moi, je pense quand même que dans le ralentissement économique
28:12 qu'on va vivre dans les prochains trimestres,
28:15 ces valeurs cycliques et industrielles, elles vont souffrir des baisses de résultats.
28:19 - Elles sont trop chères, là, par rapport à ce qui peut arriver dans le cycle dans les prochains mois ?
28:24 - Elles ne sont pas chères, mais, en revanche, le risque de révision des résultats est plus violent.
28:27 Par exemple, c'est une mid-cap, mais c'est comme Charger aujourd'hui,
28:30 qui annonce sur sa partie, sur les films de protection,
28:33 que c'était un peu moins bon que prévu, elle perd 10 %, accentuée par le côté mid-cap.
28:38 - Oui, c'est ça. C'est aussi une petite valeur.
28:39 - Il faut faire quand même attention sur le fait que, même Orsted,
28:41 qui fait un petit tourné, boum, ce n'est pas aussi simple que ça.
28:44 Donc je serais quand même assez prudent sur les industriels et les cycliques,
28:47 parce que les résultats vont vraiment souffrir.
28:51 - Vincent, qu'est-ce qu'on fait, là, dans cette période de rentrée ?
28:58 Quelle est la logique d'investissement ? Parce qu'autant se le dire, quand même,
29:01 le niveau d'incertitude est quand même assez élevé.
29:04 On a des belles convictions que vous partagez avec nous ce soir,
29:07 mais comment on gère une allocation prudente, standard, chez vous, chez WeSave ?
29:14 - Alors, sur les taux d'intérêt long terme, on n'est pas chaud,
29:18 parce qu'on est convaincus qu'il va y avoir un retrait des banques centrales
29:22 et une offre importante, des émissions importantes.
29:26 Donc on est plutôt sur la partie courte des taux.
29:29 Dans la mesure où les États-Unis risquent de tenir mieux que l'Europe,
29:33 paradoxalement, c'est probablement du côté des taux européens
29:37 qu'on pourra avoir des bonnes surprises.
29:38 Donc on est plutôt positionnés taux court européen,
29:41 contrairement à beaucoup de confrères.
29:43 - Ah oui, c'est contraire, on le sait.
29:44 - Oui, oui, oui.
29:45 On a fait un mouvement sur le Yen,
29:48 c'est-à-dire qu'on était jusqu'à présent couverts sur notre exposition sur le Japon.
29:55 Et on est convaincus que là, la banque centrale, les autorités
30:01 commencent à délivrer un peu trop de messages récurrents sur la devise.
30:07 Il risque d'y avoir une intervention, il risque d'y avoir une inflexion éventuelle.
30:11 - Vous n'avez pas hésité à intervenir déjà il y a quelques mois ou quelques trimestres ?
30:14 Je crois que c'était une première depuis très très longtemps.
30:17 - On est convaincus que là, la baisse du Yen est trop forte
30:22 et que désormais, ils vont plutôt soutenir la devise.
30:26 Donc nous, on a toujours une exposition sur le Japon,
30:29 mais désormais, on est exposés en Yen.
30:32 Réciproquement, dans la mesure où on était convaincus que
30:36 beaucoup de zones ralentiraient, mais que les Etats-Unis se porteraient bien,
30:39 on avait fait un transfert plutôt vers le dollar pendant l'été.
30:43 Ce que je vous ai indiqué, donc, un rééquilibrage un petit peu des positions américaines
30:49 entre le Nasdaq, sur lequel on a pris des bénéfices,
30:52 et un report vers ce qu'on appelle le cyclique, domestique, le small cap,
30:57 donc avec le Russell.
30:59 Et le dernier mouvement qu'on a fait, c'était d'alléger les obligations indexées sur l'inflation,
31:05 parce qu'on est convaincus qu'on va atteindre un palier désormais sur ce sujet-là,
31:10 pour investir sur les matières premières.
31:13 Donc de nouveau, nous, on s'expose sur le thème de l'inflation,
31:16 mais on est convaincus qu'il y a beaucoup plus de leviers à prendre
31:19 sur les matières premières elles-mêmes, ou éventuellement ce qu'on appelle...
31:22 - C'est pas juste le pétrole en plus, c'est là aussi un point qu'on notait,
31:25 je vous renvoie vers l'interview de Benjamin Louvet hier,
31:27 vous l'avez trouvé en replay, où il y a tout ce qu'il faut savoir.
31:29 C'est le pétrole a pris 30%, le cuivre, le nickel, le zinc, le lithium, l'aluminium,
31:34 ça n'arrête pas de baisser depuis que le pétrole a pris 30%.
31:37 - Et ça va redémarrer.
31:39 On l'a fait aussi implicitement en remontant un petit peu l'exposition sur le FUJI,
31:45 par exemple, parce que c'est un indice qui est très chargé sur la thématique des matières premières.
31:50 En termes de valorisation, c'est la valorisation du marché chinois,
31:54 avec pour moi un confort beaucoup plus grand à être exposé, entre guillemets,
31:58 sur une "recovery" pays, matières premières, etc.,
32:02 plus sympathique que la Chine.
32:05 - Où vont vos intérêts de stockpicker aujourd'hui, Céline ?
32:09 - Je suis assez d'accord avec ce que vient de dire Vincent.
32:13 C'est-à-dire qu'en fait, moi je pense qu'il faut avoir zéro exposition sur la technologie.
32:18 Zéro, voilà. C'est clair, au moins c'est un conseil fort.
32:23 - Là, pour vous, il y a peut-être un moment de sous-performance durable qui commence, quoi.
32:27 - Je pense que ce n'est pas du tout un moment qui est favorable,
32:30 quand on a des taux qui montent et quand on a l'environnement auquel on est confronté,
32:34 notamment sur la demande pour les semi-conducteurs qui se contractent.
32:37 Si on écoute les résultats de Taiwan Semiconductor qui sont sortis au mois de juillet,
32:41 ça sera -15% de vente sur le deuxième semestre. On est dans un moment difficile.
32:45 Je ne pense pas que ce soit le moment, compte tenu justement de l'écartement qu'on a
32:49 entre les valorisations, les attentes du marché et les résultats qui vont sortir,
32:53 qui seront décevants. Donc je ne pense pas qu'il faille y aller.
32:57 A l'inverse, effectivement, je suis assez favorable à des secteurs qui me semblent toujours intéressants,
33:02 par exemple la pharmacie aux Etats-Unis. On est sur des sociétés comme Merck ou Johnson & Johnson,
33:07 on est à 12 ou 13 fois les bénéfices avec des coupons de 3, un peu plus de 3%.
33:13 On ne prend pas un risque phénoménal parce qu'on ne sait pas exactement où va finir l'économie,
33:18 donc on ne prend pas de risque, mais on est investi quand même.
33:21 Et puis après, je pense qu'il y a toujours des choses à faire sur le secteur de l'énergie.
33:25 Une société comme Schlumberger qui doit être à 14 ou 15 fois les prix, je pense que c'est toujours intéressant.
33:30 Une société comme Total en France qui n'a pas fait grand-chose cette année malgré le changement de pétrole.
33:34 Cet été, ça s'est bien reparti.
33:36 Oui, mais enfin, on partait de loin.
33:38 Il y a eu 6 mois, il y a eu un contre-coup quand même.
33:41 On est en négatif.
33:42 Oui, depuis le début de l'année, mais après 2021, 2022 quand même.
33:45 On parlait tout à l'heure d'un choc d'offres. Je pense qu'effectivement, on va vivre dans un environnement
33:49 où on va parler beaucoup, beaucoup plus de l'offre et beaucoup moins de la demande.
33:53 Et ce qui s'est passé depuis 15 ans, c'est qu'on n'a pas été cherché ni de pétrole, ni de cuivre,
33:58 ni de tout un tas de matériaux dont on a besoin, notamment pour cette transition énergétique
34:03 qu'on appelle tous de nos voeux et pour consommer ces voitures électriques
34:06 qu'on va devoir acheter de plus en plus au cours des prochaines années.
34:12 Vous avez le droit d'avoir du Total. On a encore le droit d'avoir du Total.
34:15 On peut avoir du Total. On peut avoir du Total et être un investisseur européen. Tout à fait.
34:21 Donc effectivement, des choses, à mon avis, qui peuvent être très différentes de ce qu'il y a aujourd'hui
34:25 dans un certain nombre de portefeuilles.
34:27 Dans le momentum de marché, enfin ce qu'on a vu jusqu'à présent du momentum de marché.
34:31 Alain, vos commentaires. Je voulais quand même aussi vous faire réagir à la phrase du patron du fonds souverain norvégien
34:38 sur l'intelligence artificielle. On parlait de la tech. Il investit dans le plus gros fonds souverain du monde.
34:43 Il investit dans 9000 boîtes dans le monde. Il a à peu près 1,5% de 9000 sociétés dans le monde.
34:50 Donc il a quand même une vue un peu de ce qui se passe. Sur l'IA, il dit, c'est comme quand on est dans une fusée
34:55 en direction de l'espace ou de la Lune. C'est à la fois très excitant et très effrayant.
35:00 J'espère que nous sommes dans Apollo 11 plutôt que dans le Challenger.
35:04 Rappelons-nous qui s'était crashé. L'objectif de la mission est d'atterrir en sécurité.
35:12 C'est pas mal comme phrase, je trouve. Ça décrit bien un peu quand même à la fois le thrill du moment,
35:18 l'excitation, l'envolée et quand même le risque que ça comporte qu'il y ait des atterrissages un peu douloureux.
35:25 Dans cette thématique qui englobe aujourd'hui, il y a Nvidia, mais l'IA, chaque fois qu'on croise quelqu'un,
35:32 un patron, on lui demande "et l'IA chez vous ?"
35:34 Ce qu'il veut dire c'est que c'est une technologie qui potentiellement pourra apporter beaucoup d'opportunités
35:38 ou disruptions que beaucoup de gens investissent dessus puisqu'on voit le chiffre d'affaires d'Nvidia
35:44 qui se développe beaucoup plus rapidement que prévu.
35:46 Donc ça veut dire qu'un certain nombre de grands groupes réserve des capacités de data center
35:49 veulent explorer cette technologie.
35:51 Donc ça en soi c'est plutôt une bonne chose parce qu'on peut espérer qu'elle apportera des gains de productivité.
35:55 Maintenant, la vitesse de déploiement, est-ce qu'elle fera des victimes, etc. c'est un petit peu toute la question.
36:00 On a vu tous les téléperformances en coût où le marché considère que l'IA va les tuer.
36:05 Je ne sais pas du tout de cet avis, mais bon.
36:07 Il y a eu des réactions, certains secteurs ont été massacrés parce qu'on avait peur qu'ils n'existent plus après l'IA.
36:12 Et puis évidemment, comme on ne sait pas trop ce que ça va faire, souvent on préfère privilégier les fournisseurs de pelle.
36:18 Et là Nvidia est un peu la boule au doigt.
36:22 Maintenant plus généralement sur la perspective de marché, moi je reste dans l'idée que,
36:26 par exemple sur les semi-conducteurs, moi je pense qu'on a vu le plus bas.
36:29 Et que du côté de l'activité, il n'y a pas que Nvidia dans la vie,
36:33 mais qu'on est plutôt dans une période où il n'y en aura pas pour tout le monde.
36:36 Et que les prix vont continuer à bien se tenir.
36:39 Et que, ce que j'ai entendu dire, c'est que depuis cet été, ça repart.
36:44 Donc on n'a peut-être pas le même point de vue.
36:46 Ça dépend des sociétés bien sûr.
36:48 Ils ne sont pas tous positionnés de là.
36:50 Alors TSMC c'est le mastodonte, mais après chacun a ses spécificités, adresse des marchés.
36:54 Pas forcément les mêmes que les concurrents, etc.
36:57 Sur la technologie en général, et sur les semi-conducteurs en particulier,
37:00 ce qui pourrait poser problème c'est les taux.
37:02 Mais à mon avis ça ne va pas être les résultats, en tout cas.
37:04 Et plus généralement, dans un contexte où je pense que l'économie va ralentir et où les taux vont se tasser,
37:10 je reste quand même assez favorable.
37:12 Je pense que la technologie ne va pas se crasher globalement.
37:15 Et par ailleurs, la santé c'est sûr, c'est un secteur tout à fait intéressant,
37:19 parce qu'il est assez défensif, il n'est pas très cher.
37:23 Et en plus il y a quelques sociétés qui ont sorti des nouvelles qui sont assez bonnes.
37:27 Je pense évidemment à Novo Nordisk,
37:29 où on se rend compte que les médicaments pour le diabète font des miracles contre la perte de poids.
37:34 Donc là c'est des nouveaux marchés, et on a cessé de surprendre cette année.
37:37 Mais on a aussi effectivement aux Etats-Unis, Merck ou Lily, qui sortent des choses pas mal.
37:41 Et c'est un secteur qui globalement n'est pas cher.
37:43 Et d'ailleurs il se porte assez bien depuis quelques semaines.
37:46 Donc oui à santé, et à logique.
37:48 - Cet été ça a bien tenu, ça a bien fait.
37:50 - Voilà, alors maintenant le luxe.
37:52 Oui forcément là depuis quelques semaines ça va mal sur la Chine.
37:55 Donc tout le monde vend le luxe, c'est un peu logique.
37:57 On a eu un jour hier à alerter que ça ralentissait.
38:00 Maintenant il faut voir où on est.
38:01 LVMH est une société qui est à 20 fois les résultats maintenant en 2024.
38:04 Ça ralentit en Chine mais ça ralentit aussi aux Etats-Unis.
38:09 - Ça peut durer la sous-performance là ?
38:11 Ou est-ce que ça va prendre 48 heures avant que tout le monde autour de la table dise "il fallait racheter".
38:17 - On aura sûrement une petite érosion de résultats, mais à mon avis pas massive.
38:21 Et quant aux valorisations, on est à 20 fois les résultats.
38:24 Sauf si les taux devaient monter fortement, je ne pense pas que ça ira tellement plus bas.
38:28 Notons que Bernard Arnault continue d'en racheter à des tombereaux, qu'il vende où qu'il neige.
38:31 Et que pour lui il n'y a pas de changement.
38:33 Donc oui c'est le secteur qui est un petit peu...
38:35 Vous avez des craintes sur la Chine, forcément vous vendez le luxe, c'est normal.
38:39 Mais là après le recul des 15 derniers jours, je pense qu'on n'est plus très très loin du plus bas.
38:45 Mais on verra.
38:47 - On verra. Techniquement je crois qu'effectivement on approche des cibles graphiques
38:50 qui soit doivent intéresser les investisseurs, soit on laisse passer et on voit jusqu'où ça nous mène.
38:56 Merci à vous trois d'avoir été les invités de Planète Marché ce soir.
38:58 Céline Picmal-Prad, Picmal Auton Investments, Alain Dubrul, Claresco et Vincent Lecartier.
39:03 We Save, nous accompagnez en plateau.