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  • il y a 3 ans

Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent sur les réussites et les polémiques autour de la marche contre l'antisémitisme du dimanche 12 novembre.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline

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Transcription
00:00 Bienvenue Simon Norgeonnet sur le plateau de Punchline.
00:02 Nous sommes avec Louis de Ragnel, chef du service politique d'Europe 1.
00:05 Bonsoir Louis.
00:05 Bonsoir Laurence.
00:06 Avec Rachel Khan qui est SCIS.
00:08 Bonsoir Rachel.
00:08 Bonsoir Laurence.
00:09 Nous a rejoint Sandra Buisson.
00:10 Bonsoir.
00:10 Journaliste police-justice de CNews.
00:12 Le commissaire David Lebars.
00:13 Bonsoir.
00:14 Et Eric Revelle qui est journaliste et ancien directeur de LCI.
00:18 Bonsoir Eric.
00:19 On va commencer tout de suite par cette grande manifestation contre l'antisémitisme
00:23 parce que l'antisémitisme, il se poursuit chaque jour dans notre pays.
00:26 Malheureusement, aujourd'hui même, la justice a interpellé.
00:29 En tout cas, les policiers ont interpellé cinq personnes qui chantaient des chants nazis.
00:34 En tout cas, ils se glorifiaient d'être des nazis dans le métro.
00:36 On va tout de suite faire le point avec Célia Barod
00:38 parce qu'il faut aussi une réponse ferme de la justice.
00:40 Ce lundi, vers 6h du matin, huit mineurs ont été arrêtés.
00:45 Agis entre 13 et 17 ans selon le parquet de Bobigny,
00:49 ils sont suspectés d'avoir proféré des paroles antisémites dans le métro parisien.
00:53 Des propos filmés par une autre voyageuse et diffusés sur les réseaux sociaux.
00:57 Nique les juifs et nique la main !
01:02 Nique la main les Sidouaouais !
01:06 Selon nos informations, avant leur interpellation,
01:09 deux de ces mineurs étaient connus des services de police
01:12 et aucun d'eux n'habite à Paris.
01:14 Ce sont donc les parquets de Bobigny et de Nanterre
01:16 qui vont décider des éventuelles suites judiciaires à l'issue de leur garde à vue.
01:20 Une enquête est ouverte pour apologie du terrorisme.
01:22 Un jure public a raison de l'appartenance à une ethnie,
01:25 à une nation, à une race ou à une religion.
01:28 Et enfin pour provocation publique à la haine, la violence ou la discrimination raciale.
01:33 À ce stade, aucune décision judiciaire n'a été prise.
01:36 Les adolescents continuent d'être interrogés par la brigade des réseaux ferrés.
01:40 Commissaire Lebrasse, 11 à 16 ans,
01:42 ça laisse songeur en tout cas sur le profil de ces jeunes qui ont été interpellés.
01:47 Ça laisse songeur, c'est très jeune.
01:49 Et je lisais dans votre reportage que beaucoup d'entre eux ne sont pas connus de la justice.
01:55 Ça veut dire qu'on a des primo-délinquants,
01:57 donc on a, je vais dire les choses, on a affaire à des idiots
02:00 qui pensent peut-être que c'est drôle,
02:01 or il est hors de question de laisser la moindre place à l'humour dans ce genre de choses.
02:06 Ils ont encore, rien que sur l'apologie du terrorisme,
02:08 je crois, sans me tromper, cinq ans de prison,
02:10 du moins quand on est majeur.
02:11 Mineurs, ils vont sans doute bénéficier peut-être en tant que primo-délinquant de l'excuse de minorité.
02:16 Tout ça pour vous dire que ce sentiment d'impunité de jeunes idiots dans le métro,
02:22 le message à retenir ce soir,
02:24 c'est qu'il y a deux, trois semaines, je pense que ceux qui nous regardent et qui nous écoutent se disaient
02:29 "Bon, ils ne seront pas interpellés, ils sont anonymes".
02:31 La preuve que non, la police a réussi à les interpeller.
02:33 Et c'est le message qu'il faut passer,
02:34 c'est qu'on interpellera à chaque fois que ça se passera dans les lieux publics ce genre d'auteurs,
02:39 tout comme on va interpeller tous ceux qui font des menaces d'alerte à la bombe,
02:43 parce qu'on a les moyens et l'énergie pour les identifier.
02:46 La question, ce sera après celle de la réponse pénale.
02:48 Je ne vais pas anticiper, mais sur des mineurs, primo-délinquants...
02:50 - Il n'y aura rien ?
02:51 - Non, il n'y aura pas rien, parce que ce n'est pas possible de laisser ça impuni,
02:54 mais il n'y aura pas de prison, il ne faut pas imaginer.
02:56 Il y aura des mesures éducatives,
02:58 peut-être des centres éducatifs fermés pour les plus connus d'entre eux,
03:01 peut-être du sursis, parce qu'il y a plusieurs qualifications qui sont retenues.
03:05 Mais ce sont des mineurs, dont la plupart, primo-délinquants,
03:07 donc ils vont se présenter en pleurnichons, et j'espère en prononçant des regrets.
03:11 Et il faut surtout espérer que des mesures éducatives viennent mettre un peu le nez
03:14 dans ce qui peut permettre, à cet âge-là, de chanter des chants comme ça dans le métro,
03:18 en croyant que tout ça va passer tranquillement, ce n'est pas possible.
03:20 - Il y a effectivement l'effet de meute, puis la bêtise de ce qui a été proféré, Rachel Kahn.
03:24 Et là, c'est bien que la justice ait mis la main sur ces jeunes,
03:26 et qu'elle les auditionne, et peut-être qu'il y a à la fin des sanctions.
03:29 - Oui, d'être assez ferme, d'avoir cette autorité, justement,
03:32 qui leur donne une bonne leçon, en fait.
03:37 Parce qu'en réalité, si on n'arrive pas à agir contre l'antisémitisme
03:42 et cette haine en amont,
03:45 autant que ce soit fait ensuite par une peine ou par quelque chose de fort,
03:52 après, on a une responsabilité d'adulte aussi.
03:56 Lorsqu'on voit que, par exemple, un dieu donné sort indemne de la justice,
04:02 finalement, ça entraîne peut-être aussi les jeunes à rigoler dans le métro
04:08 et à avoir des propos qui sont totalement délictueux.
04:12 - Complètement.
04:13 - Voilà. Et de la même manière, cette personne qui a fait ses blagues
04:18 sur France Inter, sur Netanyahou, etc.,
04:22 et qui se gargarise, et qui se masque derrière l'humour,
04:26 ça permet en fait aussi aux jeunes de se dire "les adultes aussi,
04:30 ils le font, ils rigolent là-dessus".
04:32 - C'est pour ça qu'on est mieux sur Europe 1 et sur CNews, ma chère Rachel.
04:36 On était à la manifestation hier, on était nombreux à cette manifestation,
04:40 et c'est important, on a entendu commissaire Lebars,
04:43 des chants qui vont vous changer peut-être, vous les policiers.
04:46 On va juste en écouter un tout petit extrait, c'était "tout le monde adore la police".
04:50 C'est vrai que dans les manifs, vous n'avez pas l'habitude
04:52 que les policiers en vous chantent ça, mais écoutez quand même, ça fait du bien.
04:55 - La droite, la droite, la police !
04:59 - On le voit à droite, à droite !
05:01 - Charlie au milieu, bravo à droite !
05:03 - La droite, la police !
05:04 - CRS, avec nous ! CRS, avec nous !
05:07 - Voilà, c'est le slogan, bon, il n'y en avait pas partout,
05:11 il y avait beaucoup de Marseillaise, ça chantait la Marseillaise,
05:14 mais ça fait quand même... C'est bien pour les policiers ou pas ?
05:17 Vous êtes contents ?
05:18 - Oui, bien sûr, c'est bien.
05:19 D'abord, je pense à mes collègues qui étaient sur le terrain.
05:21 Vous savez, quand on compte le nombre de manifestations
05:23 au cours desquelles on assiste malheureusement à des dégradations,
05:26 à des spectacles désolants, de prise à partie, de scènes de haine,
05:30 le slogan habituel dans les manifestations précédentes,
05:33 c'est "tout le monde déteste la police",
05:35 donc c'est à la fois un pied de nez à ceux qui se permettent de chanter ça,
05:38 et puis c'est une façon de remercier nos policiers,
05:40 parce que quand on imagine l'engagement,
05:42 on n'arrête pas de lister tous les dispositifs
05:44 dans lesquels les policiers sont plus que jamais engagés,
05:47 il y en avait 3 000 hier sur une manifestation
05:49 qui s'est quasiment parfaitement bien passée,
05:51 des tout petits incidents totalement microscopiques,
05:54 mais évidemment que c'est l'intérêt de tout le monde,
05:56 il faut le rappeler, c'est que les policiers rentrent chez eux
05:58 avec le sourire aux oreilles, et les manifestants,
06:00 ils sont venus manifester en soutenant une cause,
06:02 qui est une belle cause, et ils rentrent aussi chez eux
06:05 sans subir la loi de ceux qui sèment le désordre.
06:08 Alors moi je pose une question sur votre plateau, un peu cynique,
06:11 est-ce qu'il y a un lien entre l'absence de LFI dans les cortèges
06:14 et une manifestation qui se passe bien ?
06:16 Je pose la question.
06:17 La réponse est dans la question peut-être.
06:19 Mais vous savez, je crois que...
06:21 Vous pensez que c'est lié, honnêtement ?
06:22 Je ne vais pas le lier directement,
06:24 parce qu'on va me dire que j'accuse,
06:26 mais vous savez quand il y a des comités,
06:28 comme le comité Traoré, des groupuscules anarchistes,
06:31 le Black Bloc, LFI,
06:33 tout ça c'est une seule et même mayonnaise.
06:35 Et tout le monde se remonte le bourrichon
06:37 pour finalement à l'arrivée, qu'est-ce qui se passe ?
06:39 S'ils s'en prenaient qu'à la police, on pourrait se dire
06:41 c'est le boulot d'un policier d'être résilient
06:42 et de prendre des pavés ou de la crème fraîche sur la figure.
06:44 Non, ils gâchent toutes les manifestations,
06:46 toutes les causes, on ne retient rien des sujets
06:48 pour lesquels les gens manifestent,
06:50 on retient les violences, pour une fois,
06:52 on parle du fond et on ne retient pas les violences,
06:54 et c'est heureux.
06:55 Alors manquaient-ils des gens dans ces cortèges ?
06:57 On s'est posé la question pour le président de la République,
06:59 qui n'est pas venu.
07:01 On va écouter Raim Korsia,
07:03 qui a été reçu aujourd'hui,
07:05 les représentants des cultes ont été reçus ce matin par Emmanuel Macron,
07:07 qui n'est pas venu à la manifestation,
07:09 mais qui a reçu les représentants des cultes.
07:10 Écoutez ce qu'il dit à propos du fait qu'on a...
07:12 Voilà, il y a une polémique sur le fait
07:14 qu'il n'y avait pas énormément de monde,
07:16 en tout cas, il n'y avait peut-être pas tout le monde dans cette manifestation.
07:18 J'ai posé pour les musulmans,
07:21 il y avait des musulmans dans la marche,
07:23 et, je vais dire, grâce à Dieu,
07:25 personne n'avait à montrer un certificat de baptême
07:27 ou de circoncision pour participer à cette marche.
07:29 C'est quand même incroyable qu'on arrive à faire des débats sur tout,
07:31 parce qu'on n'a pas commencé à compter
07:33 les blonds, les roux, les bruns, les chauves.
07:35 À un moment, il y avait une marche
07:37 qui avait une dignité incroyable,
07:39 il fallait la vivre pour la percevoir,
07:41 cette dignité,
07:43 avec ce sentiment d'unité
07:45 qui fonde la République.
07:47 Et le président a rappelé quelque chose d'essentiel,
07:49 entre nous tous,
07:51 c'est qu'il a parlé de l'empathie qu'on doit avoir
07:53 les uns envers les autres.
07:55 Personne ne peut s'enfermer
07:57 dans sa seule et sa simple souffrance.
07:59 À ce moment-là, on segmente une société.
08:01 Voilà pour le grand rabbin de France,
08:03 Raim Gorsia.
08:05 Vous comprenez son discours, Rachel Kahn ?
08:07 Oui, je comprends totalement,
08:09 et puis je reconnais son humour.
08:11 Mais en réalité, notre principe
08:15 de fraternité,
08:17 c'est un devoir
08:19 et un droit ensemble, d'être l'autre.
08:21 Donc forcément qu'on a ressenti ça
08:23 lors de cette marche.
08:25 Mais moi, il m'a manqué aussi
08:27 beaucoup de personnes
08:29 issues de l'immigration,
08:31 notamment,
08:33 beaucoup d'amis musulmans
08:35 qui s'interdisent aujourd'hui
08:37 de s'exprimer.
08:39 Parce qu'ils ont peur ?
08:41 Parce que l'extrême-gauche,
08:43 en racialisant, en faisant croire
08:45 que finalement les musulmans
08:47 ou les enfants d'immigrés leur appartenaient,
08:49 ils ont peur de s'exprimer,
08:51 ils ont peur d'écrire des livres,
08:53 ils ont peur de monter leur spectacle
08:55 en toute liberté, et donc ils sont
08:57 en creux,
08:59 interdits de manifestation.
09:01 C'est de l'autocensure, donc c'est pire que
09:03 de la censure. Et vous parliez tout à l'heure
09:05 de RFI, je trouve que c'est détestable
09:07 cette manipulation des esprits
09:09 et des cerveaux, cette
09:11 déshumanisation des citoyens,
09:13 pour des gens en plus qui revendiquent
09:15 la paix, mais en fait, ils foutent le bordel,
09:17 et par ailleurs,
09:19 qu'ils sont contre l'apartheid, mais
09:21 dans le même temps qu'ils ne veulent pas être là.
09:23 C'est ça, donc une autre forme d'apartheid.
09:25 Je rajoute,
09:27 peut-être pour une... Parce que moi je pense aussi
09:29 aux musulmans qui souffrent de la situation,
09:31 des musulmans intégrés,
09:33 modérés,
09:35 et ils ont peut-être le sentiment,
09:37 c'est la question que je me posais en écoutant Rachel,
09:39 ils ont peut-être le sentiment que
09:41 défiler
09:43 contre ce qui est un délit absolu,
09:45 contre l'antisémitisme,
09:47 c'est oublier
09:49 la souffrance de la Palestine, c'est ça,
09:51 presque défiler contre la Palestine, mais
09:53 c'est des choses totalement, totalement, totalement
09:55 différentes, parce qu'on le rappelle à chaque fois,
09:57 dans plein d'endroits du monde,
09:59 l'islamisme radical
10:01 cible et fait des victimes
10:03 chez les musulmans en premier, ceux qui
10:05 vivent tranquillement leur foi.
10:07 Et je pense que cette difficulté
10:09 se traduit par ce qu'a dit Rachel, c'est-à-dire
10:11 une autocensure. Personne ne leur a dit,
10:13 aucun imam ne leur a dit, ne venez pas
10:15 défiler, mais ils se sentent en fait
10:17 eux aussi, j'allais dire, pris en otage
10:19 intellectuellement de la situation. - Allez, une petite pause,
10:21 on se retrouve dans un instant dans le punchline sur CNews,
10:23 on verra que les alertes à la bombe se multiplient
10:25 aujourd'hui encore dans les écoles,
10:27 les collèges et les lycées de France,
10:29 c'est un fléau dont on a beaucoup de mal
10:31 à venir à bout, Sandra Buisson
10:33 nous fait le point dans un instant, à tout de suite.

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