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  • il y a 9 heures
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00:01Europe 1, 11h-13h, Eliott de Valais-Vous.
00:08Il est midi 4 sur Europe 1 et on poursuit Eliott de Valais-Vous en direct sur Europe 1.
00:15Manifestation du 24 octobre, plus de 1300 personnes interpellées en France, 142 à Paris.
00:24Certes, le volume est moins important que la semaine dernière.
00:28Les forces de l'ordre n'ont pas été submergées par cette violence insurrectionnelle et émeutière.
00:36Elles ont fait face, mais à quel prix ? C'est la question et est-ce que vous en avez
00:40ras-le-bol ?
00:41Parce qu'on a vécu dans les grandes métropoles, mais également dans les villes moyennes,
00:46des villes confinées, confinées en matière de sécurité.
00:50Midi 4 sur Europe 1, écoutez le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
00:55qui parle d'un niveau de violence extrêmement grave.
00:58Conformément aux instructions passées, les forces de l'ordre sont intervenues systématiquement sur ces exactions,
01:03qui encore une fois ont été très nombreuses.
01:05On a été confrontés aujourd'hui encore, les forces de sécurité intérieure ont été aujourd'hui encore confrontées
01:09à un niveau de violence extrêmement élevé, avec des jets de projectiles en permanence, des tirs de mortiers.
01:14Et donc, ils ont dû faire face avec beaucoup de courage et de détermination.
01:18La détermination, le courage des forces de l'ordre, Georges Fenech,
01:22Éric Revelle, vous êtes toujours avec nous, bien sûr, Georges Fenech.
01:25Georges Fenech, il y a des chiffres sur les interpellations.
01:27Maintenant, on va attendre précisément...
01:29Il n'y a pas besoin d'attendre.
01:30... les chiffres des nombres de garde à vue, mais surtout aussi de présentation à la justice et les condamnations.
01:38Ça, on attendra le bilan de M. Darmanin, qui la semaine dernière s'était satisfait.
01:43Mais vous avez entendu, comme moi, certains responsables syndicaux de la police,
01:47comme ce matin, par exemple, Stanislas Godon, qui, lui, ne se satisfait pas du tout de ses réponses pénales.
01:56Mais alors, c'est marrant, Georges, vous qui êtes vraiment un spécialiste de l'univers judiciaire,
02:01et vous êtes un pont de cibler Gérald Darmanin ce dimanche midi.
02:07Il y a une pointe de malhonnêteté, parce que vous savez très bien que c'est un ministère particulier
02:14au sens propre comme au sens figuré, parce que vous avez des magistrats qui n'ont que faire de la
02:19politique pénale.
02:20Donc, vous avez un ministre de la justice qui demande au procureur, le procureur ne juge pas,
02:25le procureur requiert, on est d'accord ?
02:27Donc, au procureur, d'être extrêmement ferme dans les réquisitoires,
02:32mais après, si vous avez un magistrat du syndicat de la magistrature
02:35qui considère que ce n'est pas un émeutier, mais que c'est un révolté,
02:39et qu'au fond, le pauvre, la société l'a finalement envoyé dans cette voie de la délinquance et de
02:48l'émeute,
02:48vous pouvez faire toutes les lettres que vous faites.
02:51Si je vous entends bien, si je vous comprends bien,
02:53vous êtes en train de me dire que dans notre démocratie,
02:58nous sommes condamnés, une sorte de fatalité,
03:00à ce que le pouvoir échappe, le pouvoir judiciaire, en fait, la poursuite échappe au garde des Sceaux.
03:06Mais moi, j'ai une solution, figurez-vous pour cela,
03:08c'est de revenir avant 2013, c'est-à-dire la réforme de Mme Taubira,
03:13qui a interdit les instructions individuelles au garde des Sceaux.
03:16Qu'est-ce qu'on attend ?
03:18Remettre en place le rôle du garde des Sceaux,
03:21qui est de pouvoir poursuivre et ordonner des poursuites individuelles.
03:24que ce serait déjà une solution.
03:26Et ça, ça relève du gouvernement.
03:28Mais c'est pour ça qu'il y a des élections dans six mois,
03:31et qu'au cœur de ces élections,
03:33il y aura évidemment la volonté de répondre de manière très ferme,
03:39et d'avoir une justice ferme, et non une justice laxiste.
03:44C'est ce que ressentent des Français.
03:47Alors c'est vrai que quand on dit la justice est laxiste,
03:49c'est parfois globalisant, c'est injuste pour bon nombre de magistrats, de greffiers,
03:54qui appliquent la loi, et qui font un boulot admirable,
03:58et vous avez des syndicats de magistrats qui font de la politique,
04:02et qui sont proches de l'extrême gauche,
04:05et qui viennent finalement, en quelque sorte,
04:08mettre en difficulté toute une corporation.
04:13Voilà, je ne veux pas que ce soit ajouté...
04:15Oui, oui, je connais bien.
04:16On va parler d'Emmanuel Macron dans un instant.
04:18Mais peut-être juste un mot, quand même, sur la doctrine du maintien de l'ordre,
04:22qui nous a évité, vous avez eu raison de le rappeler,
04:24Eliott, en volume, c'était nettement, nettement inférieur,
04:28en brutalité, le ministre vient de le rappeler,
04:30c'était à peu près du même ordre, puisqu'on a 1300 interpellations.
04:33Mais la grande différence, me semble-t-il, pour avoir écouté des policiers,
04:37c'est qu'on a fait ce qu'on appelle,
04:39mais qui est une technique qui existe depuis longtemps,
04:41des contrôles en profondeur des flux de manifestants.
04:45C'est-à-dire que les policiers, les gendarmes,
04:48voire même la sécurité ferroviaire,
04:50ont contrôlé tous ces gens qui venaient pour casser,
04:53et pas pour manifester, dans les gares,
04:55dans les aires, dans les péages autoroutiers.
04:58C'est d'ailleurs à cette occasion qu'on a saisi
05:01des armes par destination absolument incroyables.
05:04Mais pourquoi n'a-t-on pas mis en place
05:06cette technique qui est connue depuis longtemps,
05:08des forces de l'ordre, tiens, par exemple, samedi dernier ?
05:11– Alors on va me dire que c'est le retour d'expérience.
05:13– Non, il y a eu des contrôles en amont samedi dernier.
05:16La seule différence, c'est que samedi dernier,
05:18vous n'aviez pas 70 000 forces de l'ordre déployées
05:20sur l'ensemble du territoire.
05:21– Oui, mais si on avait mieux contrôlé en amont,
05:23peut-être !
05:24– Mais il faut du monde pour contrôler en amont,
05:26cher Éric Crevel.
05:29Swazik nous appelle.
05:30– Ah, Swazik.
05:30– C'est la première auditrice, on n'a eu que des auditeurs.
05:33– C'est pour ça.
05:33– Et habituellement, on a aussi des auditrices.
05:36Swazik nous appelle, elle nous appelle de la Sarthe.
05:38Est-ce que ça a chauffé du côté de la Sarthe, Swazik ?
05:42– Bonjour.
05:43– Bonjour, Swazik.
05:44– Alors je ne vais parler que de l'endroit où je vis,
05:47parce que la Sarthe, c'est grand.
05:50Donc l'agglomération mancelle.
05:53Les forces de l'ordre ont super bien fait leur travail.
05:58Ils étaient effectivement nettement plus nombreux que la semaine précédente.
06:04Donc le centre-ville n'a pas été envahi.
06:08Je vais dire que mon conjoint est commerçant et que moi, je suis enseignante.
06:15C'est important parce que dans notre famille, forcément, il y a beaucoup de discussions.
06:22Moi qui vais défendre l'enseignement, l'éducation, etc.
06:25Et lui qui va défendre tout le côté de la production de richesses.
06:30– Ah oui, ça veut dire que les déjeuners ou les dîners, ils doivent être animés chez vous.
06:34– On ne parle pas toujours de ça, mais effectivement, ça peut conduire à des discussions intéressantes.
06:40Alors ce que je voulais dire, c'est que les commerçants, c'est des gens qui produisent de la richesse.
06:45Et cette richesse, elle permet à notre état de fonctionner.
06:50Ça permet, entre autres, que moi, mon salaire, il soit versé pour que je puisse éduquer et enseigner.
06:56Alors de manière dérivée, mais si on abîme trop les commerçants,
07:00il y en a plein qui vont mettre la clé sous la porte et puis il y aura moins de
07:03richesses.
07:06Samedi, c'était un moment, j'ai entendu un auditeur dire que c'était un confinement.
07:11C'est exactement ça que mon conjoint a vécu.
07:14C'est-à-dire qu'il a fini par fermer son magasin plus tôt parce qu'il n'y avait
07:18pas de clients.
07:21Les manifestations récurrentes, toujours sur les mêmes parcours,
07:24ça fait que les gens qui sont, comme vous et moi, de simples consommateurs du samedi, par exemple,
07:31ils ne viennent plus parce que c'est trop dangereux, parce que les manifestants…
07:38Et je ne veux pas attaquer les manifestants, je veux attaquer ceux qui ont cassé, ceux qui ont pillé.
07:42On est d'accord. Mais si vous voulez, il faut penser que les commerçants commencent à être asphyxiés.
07:52Moi, je suis plutôt quelqu'un de modéré et quelqu'un de plutôt à gauche.
07:57Mais là, quand je vois l'économie du pays qui est menacée, j'ai du mal.
08:02J'ai franchement du mal parce que mon conjoint, il a investi de l'argent dans son commerce, de l
08:08'argent personnel.
08:09Il y a des mois où il n'y a pas de salaire parce que ce n'est pas assez
08:13rentré, entre autres parce que c'est difficile.
08:20Voilà. Donc j'ai eu peur samedi. Je l'ai appelé je ne sais combien de fois en lui disant
08:23« Tu fermes ton magasin, rentre ».
08:25Et lui, il voulait rester. Il m'avait dit « Si jamais c'est cassé avec un rideau de fer
08:31qui peut être soulevé, je ne ferai rien, je ne m'opposerai pas ».
08:37Donc, il a vécu un samedi avec une inquiétude. Est-ce que ça va continuer comme ça ?
08:42Moi, ce que j'aimerais, c'est que l'État entende que les gens qui travaillent, qui donnent du mal
08:49tous les jours,
08:51ils ont besoin d'être entendus juste pour travailler.
08:57Eh bien, écoutez, ce témoignage-là, il est très important.
08:59On choisit qui est très fort, bien sûr. Et c'est rare, cette parole-là, parce qu'en tant qu
09:04'enseignante,
09:05on pourrait imaginer que vous ayez aussi envie de manifester en disant « Il y a des revendications, on a
09:13envie de manifester ».
09:14Et ça a été le cœur des manifestations dites lycéennes. D'ailleurs, vous en avez pensé quoi, des manifestations lycéennes
09:19?
09:19Alors, je pense que dans notre pays, il y a énormément de difficultés.
09:25Des bâtiments, effectivement, qui sont vétustes et qui nécessitent d'être rénovés.
09:31Effectivement, ça coûte beaucoup d'argent.
09:33Donc, je comprends l'inquiétude des lycéens, par exemple, aussi sur Parcoursup,
09:38parce que c'est très anxiogène, effectivement.
09:43Mais moi, je ne vais pas manifester parce que j'ai le sentiment que ça ne sert à rien.
09:50On ne nous entend pas.
09:52Moi, je voudrais pouvoir discuter de plein de choses sur mes conditions de travail qui se sont détériorées,
10:01mais pas en manifestant, parce que de toute façon, ma voix ne serait pas entendue.
10:07Je reste courageuse et les conditions de travail, elles sont dures pour tout le monde.
10:11Donc, j'estime que moi, aujourd'hui, bien sûr, il y a plein de choses à changer dans mon métier,
10:15notamment au niveau de l'inclusion, pas à n'importe quel prix.
10:18Mais par contre, comment dire ?
10:21Je baisse la tête et j'y vais et je retrousse mes manches.
10:24Parce que je veux aussi contribuer, de mon point de vue, à l'effort dans des temps de crise, en
10:32fait.
10:34Voilà.
10:35Eh bien, voilà une parole de bon sens.
10:37Vous êtes enseignante depuis combien de temps ?
10:40Alors, j'ai eu l'occasion de faire plein de métiers.
10:43J'ai travaillé dans la santé, ce qui m'a permis de voir un petit peu les difficultés de la
10:47santé.
10:49Et puis, ça fait une bonne dizaine d'années maintenant que je suis enseignante.
10:52Vous êtes enseignante dans le secondaire ?
10:56Non, je suis enseignante en maternelle.
10:58Et donc, au niveau de l'inclusion, par exemple, c'est nous qui dépistons beaucoup de choses, sans les moyens.
11:08Sans les moyens.
11:09Et là, vous voyez, je ne parle même pas de revendication salariale, je parle juste des moyens pour inclure des
11:14enfants,
11:15pour faire les dépistages à temps, pour ne pas perdre des années.
11:20Voilà.
11:22Eh bien, écoutez, merci de nous avoir appelé, Soazic, au 01 80 20 39 21.
11:28On se retrouve dans quelques instants.
11:30Je vous ferai écouter Olivier Vial, qui est spécialiste des radicalités,
11:35qui considère que c'est simplement une accalmie.
11:38Et puis, on parlera aussi de ces manifestations sauvages.
11:40Parce que dans plusieurs villes, vous l'avez bien compris, les manifester est interdite.
11:44Mais les casseurs, ils n'en font qu'à leur tête.
11:47Ils ont décidé de manifester.
11:48Les mini 15, on en parle dans un instant sur Europe.
11:51On vous donne la parole dans l'émission 01 80 20 39 21.
11:54On revient dans un instant et nous sommes toujours avec Éric Revelle, journaliste, et Georges Fenech, ancien juge d'instruction.
11:59Éliott de Vallée-Vous revient dans moins de deux minutes.
12:02Il est midi 16 sur Europe 1.
12:03Éric Revelle, journaliste, et Georges Fenech.

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