00:00Europe 1, Eliott de Valais-Vous, 11h17 sur Europe 1, bienvenue dans Eliott de Valais-Vous, si vous nous rejoignez
00:06c'est votre rendez-vous actualité et décryptage de 11h à 13h et on parle de ces violences, casse et
00:11pillages liés aux manifestations, nous avons en ligne Eric, un commerçant de Bordeaux qui témoigne.
00:17Et justement à Bordeaux une manifestation s'est déroulée avec plus de 15 000 personnes qui ont défilé dans un
00:25cortège avec des éléments radicaux malgré l'interdiction préfectorale et les forces de l'ordre ont réussi à contenir les
00:35violences mais comme Eric, beaucoup de commerçants à Bordeaux ont décidé de fermer boutique parce qu'ils craignaient le chaos,
00:43qu'ils craignaient ces violences.
00:44N'hésitez pas à réagir au 01 80 20 39 21, est-ce qu'on a réussi à maintenir l
00:51'ordre ? Mais à quel prix ? Que se passera-t-il les week-ends prochains ? Est-ce que
00:55vous en avez ras-le-bol tout simplement ? N'hésitez pas à nous appeler et écoutons le sujet, il
01:00est signé Charles Huillier.
01:04A l'intérieur de cette boutique de téléphones reconditionnés, les vitrines sont brisées, les étagères sont à terre et toute
01:12la marchandise a disparu. Le préjudice pour Valentin se compte en dizaines de milliers d'euros.
01:16On vient d'arriver sur les lieux donc on n'a pas encore fait l'état des lieux. Disons qu
01:19'ils ont pris tout ce qu'il y avait de visible en tout cas.
01:22Téléphone, un peu d'audio, un peu tablette, Macbook, PC. On fait de la seconde main, on fait du reconditionné
01:27nous, c'est des choses à forte valeur ajoutée. On avait enlevé le maximum.
01:30Et pourtant, même les grosses plaques en bois sur les vitrines n'ont pas suffi.
01:34Je les ai vus moi avec des haches, qu'on aurait pu mettre n'importe quelle sécurité. Avec une hache,
01:38clairement, c'est impossible.
01:39On avait tout bien sécurisé en amont, avec des doubles contreforts, ça n'a pas suffi, ils ont quand même
01:42pu casser les vitrines.
01:43Des vitrines, un bureau, des pupitres, tout a été cassé. Et pour cette entreprise qui n'a qu'un an,
01:49il sera très compliqué de rebondir.
01:51Tout était neuf, le mobilier était neuf. C'est beaucoup de mobilier, les vitrines, les stores, toutes les fenêtres.
01:56Donc là, on est une petite entreprise, t'es humaine, donc on est un peu en colère. On ne sait
02:00pas trop comment va se dérouler la suite.
02:01Une suite qui s'écrit en pointillé pour Valentin à deux mois jour pour jour de Noël. Bordeaux, Charles de
02:07Villiers, Europe 1.
02:0811h19 sur Europe 1, on est toujours avec Eric. On ira voir Mathieu dans quelques instants du côté de Paris.
02:15Si vous aviez un message aux autorités à délivrer, Eric, ce serait lequel, vous le commerçant, qui avait fermé boutique
02:22hier,
02:23vous avez fermé boutique la semaine dernière et vous craignez de mettre la clé sous la porte ?
02:28Le message, ce serait de demander aux autorités déjà de nous sécuriser, comme ils l'ont fait samedi pour le
02:34coup,
02:34mais aussi de prévoir des itinéraires en dehors des zones commerçantes, en tout cas en dehors des centres-villes,
02:42et surtout d'avoir une parole publique qui invite les clients à reflire dans les villes en toute sécurité.
02:49Parce qu'aujourd'hui, le problème, c'est que si tous les samedis, on a des manifestations, on n'a
02:53pas de clients qui viennent,
02:53donc on n'a pas de chiffre d'affaires, donc c'est très compliqué.
02:55– C'est sûr, c'est-à-dire que quand vous avez une ville bunkerisée, que vous craignez que ce
02:59soit le chaos,
02:59vous n'avez pas envie d'aller avec votre femme faire des emplettes.
03:03C'est aussi ça le sujet, bien sûr.
03:06– Et ça va faire la part… – Pardon ?
03:08– Oui, allez-y Eric.
03:09– Et le risque, c'est que ça va faire la part belle, une fois de plus, aux plateformes…
03:13– En ligne ? – Vous avez entièrement raison, Eric.
03:17– Plein soutien, Eric.
03:18– C'est la mort des commerçants et des centres-villes.
03:20– N'hésitez pas à transmettre nos numéros à vos collègues et vos copains commerçants,
03:27s'ils veulent s'exprimer aujourd'hui.
03:29Moi, je leur donne toute la possibilité, toute la latence,
03:33toute la place entre 11h et 13h sur Europe 1 en direct, bien sûr.
03:38Et Eliott de Valais-vous, n'hésitez pas à nous appeler.
03:41Courage, on reste en contact pour pouvoir avoir des nouvelles vous concernant
03:46et concernant les commerçants bordelais.
03:49Mathieu est en direct avec nous, il nous appelle depuis Paris.
03:52Bonjour, Mathieu.
03:53– Bonjour, Eliott.
03:54– Vous êtes quoi ? Un commerçant ? Vous êtes un manifestant ?
03:57Vous êtes un riverain en colère ? Qu'est-ce que vous êtes, Mathieu ?
04:01– Je suis un Parisien qui en a, Eliott, mais ras-le-bol.
04:04Mais ras-le-bol, Eliott, j'en peux plus.
04:07J'ai une activité, moi, dans le tourisme à Paris.
04:09Donc c'est bien, parce que première destination touristique au monde,
04:12je travaille quand même régulièrement avec une clientèle internationale.
04:15Et là, je vois en 10 ans de ma chronique comment mon business s'est écroulé,
04:21mais comment ça s'est vraiment fondu, réduit vraiment à peau de chagrin.
04:26Moi, j'en peux plus les exercices d'auto-satisfaction du ministre de l'Intérieur
04:31qui vient nous dire que finalement, ça s'est pas trop mal passé hier.
04:36Mais enfin…
04:36– Il n'a pas dit ça, le ministre de l'Intérieur, hier.
04:39– Ah bon ?
04:39– Je ne suis pas… Vous connaissez mon objectivité.
04:42– Il a reconnu qu'il n'a pas réussi à faire appliquer l'interdiction de la manifestation ?
04:48Il n'y avait pas des manifestations interdites ?
04:50– Cher Mathieu…
04:51– Qui ont eu lieu quand même ?
04:52Vous comprenez ?
04:53– Oui, mais Mathieu, vous n'allez pas me faire le procès de ne pas parler du réel.
04:57On est d'accord.
04:57Quitte parfois à dire des choses qui dérangent.
05:00– Sûrement pas.
05:02– Attendez, laissez-moi parler.
05:03– Je vous donne la parole dans un instant, juste la semaine dernière, je vous ai parlé
05:06d'un fiasco sécuritaire historique, et hier, personne n'a applaudi en se disant
05:10c'est génial, tout s'est bien passé.
05:13Ce qui a été dit, c'était, il y a eu un dispositif massif, les policiers étaient
05:18confrontés à des violences, il y a eu des saccages, il y a eu des pillages, mais qui
05:21ont été contenus parce qu'il y a eu ce dispositif XXL.
05:26Reprenez cher Mathieu.
05:28– Bien sûr, je vais vous dire pourquoi c'est un échec total.
05:30Je vais vous dire pourquoi c'est un échec total.
05:32À Paris, donc capitale de la France, première destination touristique au monde, il y avait
05:37en ce moment ce week-end un grand événement au Grand Palais, le Grand Palais situé pour
05:41les gens qui n'habitent pas à Paris, c'est à 50 mètres de l'Elysée, à 50 mètres
05:46du Palais de l'Elysée, sur les Champs-Elysées, ça s'appelle Art Basel, c'est le plus grand
05:50événement de foires contemporaines, d'art contemporain, qui amène toutes les galeries
05:55du monde à Paris, tous les grands acheteurs, toute une clientèle très prestigieuse qui
05:59devait avoir lieu ce week-end.
06:01Ils ont fermé leur porte vendredi soir parce qu'ils m'ont dit qu'ils avaient reçu des
06:05menaces et que l'État français ne pouvait pas assurer la sécurité de l'événement.
06:09À 50 mètres de l'Elysée, à 50 mètres de l'Elysée.
06:12Donc c'est un échec quand même patent, plus les clients qui venaient à Paris pour
06:16aller au Louvre, d'autres qui voulaient aller au musée d'Orsay, qui n'étaient même
06:19pas au courant que ça allait être fermé, qui sont arrivés.
06:22Je leur ai dit « mais non, il se sera fermé ». Comprenez, on n'est pas capable de maintenir
06:27une vie normale alors qu'il y a des manifs, on ferme tout, on bloque tout.
06:31Non, c'est une preuve d'échec, de faiblesse, d'État qui recule, d'État qui n'est pas
06:36capable.
06:36Et je vous dis, la renommée internationale de l'événement fait qu'à l'international,
06:43le retentissement de ce genre d'annulation d'événements envoie des signes de faiblesse
06:49terribles pour la France et pour son gouvernement et pour les gens qui voudraient venir en sécurité.
06:56Donc Paris, de plus en plus, perd son aura.
07:00Et ça superbe.
07:00Alors ça, Mathieu, je vous rejoins sur le caractère insupportable de vivre en confinement
07:06sécuritaire.
07:07On est obligé de tout fermer, que ce soit le tourisme ou même les franciliens qui ont
07:14envie de faire des emplettes, c'est le samedi, vous avez envie de profiter.
07:18Bon, il y en a qui bossent.
07:19Mais Elio, pardonnez-moi, on est rarement en désaccord, mais moi j'adhère à la colère
07:24de Mathieu.
07:25Et je la partage aussi, dit simplement qu'il n'a pas menti, le ministre de l'Intérieur.
07:28Non, mais vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, on est en train de se dire, le samedi a été
07:33normal, il y a eu mille interpellations, il y a eu des dizaines de policiers blessés,
07:37il y a une image de Paris qui est en train de s'effondrer, Mathieu a tout à fait raison.
07:43Mais si je dis la même chose, et la cerise sur le gâteau, et la cerise sur le gâteau,
07:50Mathieu l'a souligné pour Bordeaux, mais on peut le souligner pour Lyon et pour Nantes,
07:54je crois, c'est que des manifestations interdites ont eu lieu quand même.
07:57C'est-à-dire que l'autorité préfectorale, l'autorité de la République est bafouée
08:03au pied.
08:03Donc en fait, c'est dans cette situation qu'on est.
08:05Oui, on peut se réjouir que ce samedi...
08:08Il y a eu moins de pillages, mais en fait, qu'est-ce qui est tenu dans ce pays ?
08:13Alors moi, je pense que vraiment, je vais me faire harcomiser à cause de vous, parce
08:16que vous relayez des fausses informations.
08:19Je n'ai jamais dit que c'était normal, ça grésille, faites gaffe au téléphone,
08:22les amis, notamment Georges Fenech.
08:24Ah, faites attention, si, si, c'est vous, c'est vous.
08:28Donc, je n'ai jamais dit que c'était normal.
08:30C'est insupportable cette situation, le confinement sécuritaire.
08:34J'ai mal compris vos propos.
08:36Je dis simplement que la semaine dernière, c'était le chaos et le fiasco en matière
08:41de maintien de l'ordre, et que cette fois-ci, c'était violence, tentative de dégradation,
08:46tentative de pillage, mais que quand vous mettez du bleu de partout, les pillages peuvent
08:51un tout petit peu moins piller.
08:53Ils sont allés au contact, il y a eu un changement dans les équipes plus mobiles,
08:56on a tiré les conséquences de la semaine précédente.
08:58Mais ça a un prix, et ça a un prix pour le commerce, ça a un prix pour le tourisme,
09:03et c'est insupportable.
09:05Voilà, il n'y a que ça que je dis, moi.
09:07Je ne dis pas du tout que c'est normal et qu'il faut s'applaudir en se disant,
09:10formidable, on a mis le pays à l'arrêt.
09:12Ah ben, qu'est-ce que c'est bien ? Génial.
09:14Ben non, c'est le contraire.
09:15Et c'est de dire, la question c'est de savoir si les Français en ont ras-le-bol.
09:19Parce qu'on parle beaucoup de revendications, des manifestations, etc.
09:23Si vous avez des revendications, et que vous avez envie de manifester,
09:26mais que vous êtes conscient qu'en allant manifester, ça va être un bordel monstre,
09:30vous pouvez peut-être aussi penser un peu aux commerçants en vous disant,
09:33ben là, c'est une période où la France est à l'arrêt économiquement,
09:37il faut se serrer les coudes, il faut se mobiliser, il faut se relever.
09:42Mais, juste une chose, comparaison n'est jamais raison,
09:45mais 400 000 personnes dans toute la France,
09:48ou allez, 600 000, 410 000,
09:51c'est 200 à 300 000 Français de moins
09:55qui étaient sur l'avenue des Champs-Elysées pour l'avenue du Pape.
09:58Non mais L'UEL, pardonnez-moi, ceux qui manifestaient de revendications,
10:00c'est pas ceux qui cassent les boutiques.
10:02Non mais il y a une France, c'est pas ça que je vous dis,
10:03c'est que je vous dis que si demain je dois aller manifester,
10:05mais je sais que des policiers vont être agressés,
10:08des commerces vont être pillés,
10:09et du mobilier urbain vont être saccagés,
10:13ben je ne vais pas manifester.
10:14Voilà, parce que je suis en soutien des forces de l'ordre,
10:16je suis en soutien des commerçants,
10:17je suis en soutien de cette France honnête.
10:19C'est ça que je vous dis.
10:20Ou je me retire immédiatement.
10:21Oui, je me retire, voilà.
10:2311h28 sur Europe 1, on revient dans un instant,
10:25on sera avec Jean, et on salue Mathieu qui nous a appelés,
10:28on sera avec un commerçant qui nous appelait le Touraine.
10:31A tout de suite.
10:31Et on a un auditeur qui nous écrit sur WhatsApp,
10:3470 000 policiers et gendarmes ce samedi 24 octobre,
10:36mais comment mobiliser tous les week-ends autant de forces de l'ordre ?
10:40Donc comme Eric à Bordeaux ou Mathieu à Paris,
10:43si vous voulez réagir, 0182 39 21 au standard,
10:47ou sur WhatsApp et on lira vos messages.
10:49A tout de suite, il est 11h28 et on revient avec Eric Revelle,
10:52journaliste et Georges Fenech,
10:53ancien juge d'instruction autour de la table.
10:55A tout de suite.
10:56Sous-titrage Société Radio-Canada
10:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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