00:00 Est-ce qu'il n'y a plus d'adéquation entre l'envergure de nos hommes politiques et nos institutions ?
00:07 Non, elles ont plutôt bien fonctionné sous Georges Pompidou, enfin je ne vais pas faire la liste,
00:10 sous François Mitterrand, sous Jacques Chirac, elles ont évité des crises.
00:13 C'est quand même un élément de solidité face à des crises majeures, ou des guerres, ou des conflits, ou des circonstances tragiques.
00:20 Donc elles ont fonctionné. Le problème c'est que quand c'est éloigné de cela, le quinquennat a été un éloignement,
00:25 même la loi sur le cumul des mandats était une manière de fragiliser finalement le rapport entre les élus et le peuple.
00:30 Enfin il y a eu toute une série de progressivement d'abandon, l'air de rien,
00:35 et je pense que ça s'est vraiment accéléré avec Emmanuel Macron parce qu'il a, d'une certaine manière,
00:41 incarné un espèce de pouvoir quasi narcissique qui est très très loin de ce que voulait le général de Gaulle.
00:47 Je rappelle que le général de Gaulle voulait un président qui préside et un gouvernement qui gouverne.
00:51 Aujourd'hui on a un président qui préside à outrant, si je puis dire, qui décide à peu près tout,
00:56 qui fait même des commentaires sur des histoires de mœurs, enfin on croit rêver,
01:01 et un gouvernement qui ne gouverne pas vraiment, puisque le président s'exprime au nom de tous les ministres
01:06 et en piède sur tous les territoires ministériels.
01:09 [Musique]
01:12 [SILENCE]