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  • il y a 3 ans
Lundi 8 janvier 2024, SMART BOURSE reçoit Bertrand Puiffe (Gérant actions internationales, Fidelity International) , Pierre-Yves Dugua (Correspondant américain) , François Chaulet (DG, Montségur Finance) et Pierre-Alexis Dumont (Directeur de la gestion actions et convertibles, Groupama AM)

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00:00 Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne pour rester à l'écoute des
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00:17 pour la grande édition que vous retrouvez en replay chaque soir ou chaque début de
00:21 soirée sur bsmart.fr ou encore en podcast sur l'ensemble de vos plateformes préférées.
00:25 Au sommaire de cette édition ce soir, un début de semaine sans grand entrain sur
00:30 les marchés, notamment sur les marchés actions à l'image de ce qu'on a observé la semaine
00:34 dernière.
00:35 Il faut quand même se souvenir d'où on vient, le rallye de novembre et de décembre
00:39 qui a été un rallye généralisé assez monstrueux, a sans doute besoin d'une petite phase de
00:45 digestion et c'est ce qu'on observe sans doute depuis le début de cette année 2024
00:50 avec néanmoins des indices actions qui seront positifs ce soir à la clôture.
00:54 On gagne un peu plus de 0,25% sur le CAC 40 autour de 7 440 points.
01:00 Une semaine qui sera marquée par un chiffre macro clé, à savoir le rapport mensuel sur
01:06 l'inflation aux Etats-Unis pour le mois de décembre qui sera publié ce jeudi et la
01:11 partie microéconomique qui va revenir sur le devant de la scène avec les premiers résultats
01:15 des grandes banques américaines qui seront publiées à partir de ce vendredi.
01:18 Nous aurons en fin de semaine JP Morgan, Citigroup, Wells Fargo, Bank of America, BlackRock ou
01:24 encore dans le secteur aérien Delta Airlines qui seront les entreprises majeures américaines
01:29 à publier leurs premiers résultats.
01:31 Résultats annuels évidemment sachant que les investisseurs attendent le plus de précision
01:36 possible sur les guidons, sur les perspectives que ces groupes pourront annoncer au marché.
01:41 Voilà donc pour le programme du jour et de la semaine.
01:44 Discussion à suivre avec nos invités de la tête de marché comme chaque lundi.
01:47 Nous retrouverons dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse notre correspondant américain
01:50 Pierre-Yves Dugas pour notre quart d'heure américain.
01:54 Vous reprendrez bien un peu de politique américaine.
01:56 Il va falloir parce qu'on va en parler jusqu'au mois de novembre avec la semaine prochaine
02:00 la première primaire républicaine qui se déroulera dans l'état de l'Iowa.
02:04 Non pas une primaire formelle mais un caucus qui marquera le coup d'envoi de cette phase
02:09 de sélection du candidat ou de la candidate républicaine pour cette présidentielle 2024.
02:15 D'abord les marchés évidemment à la une.
02:29 Tendance mon ami comme chaque soir en ouverture de Smart Bourse.
02:31 Les infos clés du jour au terme de cette séance.
02:34 En Europe c'est avec Comme du Bois.
02:36 La bourse de Paris se montre hésitante aujourd'hui après avoir reculé de plus de 2% la semaine
02:42 dernière soit sa pire performance hebdomadaire depuis le mois d'octobre.
02:46 Aujourd'hui les investisseurs ont pris connaissance des chiffres des commandes industrielles
02:50 en Allemagne pour le mois de novembre.
02:52 Ils ont moins rebondi que prévu.
02:55 Le mois dernier ressortent à +0,3% sur un mois.
02:58 Les exports de leur côté rebondissent plus fortement que prévu avec une hausse de 3,7%
03:04 sur un mois en données corrigées.
03:06 Au niveau de la zone euro les chiffres des ventes au détail ressortent conformes aux
03:10 attentes en baisse de 0,3% en novembre.
03:13 Du côté des valeurs, Boeing chute lourdement.
03:17 Aujourd'hui son titre abandonne plus de 9% à l'ouverture de Wall Street.
03:21 L'avionneur subit le contre-coup après le grave accident survenu à bord d'un 737
03:26 MAX 9 vendredi.
03:27 Cet appareil exploité par Alaska Airlines a vu l'une de ses portes issues de secours
03:33 se détacher peu après le décollage.
03:35 Si l'incident n'a pas fait de victime, il a entraîné l'immobilisation des autres
03:39 appareils de ce type en service à travers le monde, le temps de procéder à une enquête.
03:44 Cet événement fait les affaires de son concurrent Airbus qui réalise la plus belle progression
03:49 du CAC 40.
03:50 Aujourd'hui son titre gagne près de 3% au cours de la séance.
03:54 Au contraire de Total Energy qui ferme la marche aujourd'hui à Paris, son titre abandonne
03:59 plus de 2,5% au cours de la séance en raison du repli des cours du pétrole après une
04:05 décision de l'Arabie Saoudite de baisser ses prix de vente à destination de l'Asie
04:09 à un plus bas depuis novembre 2021.
04:12 Demain, côté statistique, les investisseurs prendront connaissance des chiffres du chômage
04:17 en zone euro pour le mois de novembre ainsi que des chiffres de la production industrielle
04:22 en Allemagne pour novembre.
04:24 Enfin, ils prendront connaissance du déficit commercial américain toujours pour novembre.
04:28 Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, les infos clés du jour sur
04:33 les marchés avec Comme du Bois sur Bsmart.
04:35 Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
04:49 Bertrand Puif est avec nous ce soir, gérant action internationale chez Fidelity.
04:52 Bonsoir Bertrand.
04:53 Bonsoir.
04:54 Merci d'être là.
04:55 Merci à Pierre-Alexis Dumont d'être avec nous également.
04:57 Bonsoir Pierre-Alexis.
04:58 Bonsoir Grégoire.
04:59 Vous êtes directeur de la gestion action et convertible de Groupama Asset Management
05:03 et François Chollet, auteur de cette table également ce soir.
05:06 Bonsoir François.
05:07 Bonsoir.
05:08 Ravi de vous retrouver.
05:09 Vous êtes directeur général de Monseigur Finance.
05:11 On va parler bien sûr des perspectives 2024.
05:14 Un mot peut-être François de ce début d'année que je qualifiais sans entrain, sans grand
05:20 enthousiasme.
05:21 On a eu une première semaine négative, on verra ce que nous réserve cette semaine.
05:24 Venant encore une fois d'un mois de novembre et d'un mois de décembre qui ont été monstrueux
05:29 en termes de performance à la fois action et obligataire.
05:34 Ça paraît légitime cette phase de digestion.
05:37 C'est un rallye de tout.
05:38 C'est ça la vraie séquence importante finalement.
05:41 Ça a été dans le vert pendant deux mois d'une manière assez extraordinaire et ça
05:44 a conduit effectivement à des situations de surachat, on va dire, sur les marchés
05:48 actions.
05:49 Je crois que c'est assez frappant, encore plus peut-être sur les marchés obligataires
05:52 parce que le rallye obligataire a fait s'écraser les spread de crédit que ce soit sur le corporate,
05:58 que ce soit sur le high yield, à une vitesse assez inhabituelle.
06:04 Il faut bien le dire, on n'est pas habitué à attacher autant d'enceintures sur ces
06:07 marchés-là.
06:08 Et c'était dans le bon sens.
06:09 Donc ça c'est plutôt positif pour l'ensemble des épargnants.
06:12 C'est assez général en plus.
06:14 De part et d'autre de l'Atlantique de la même façon.
06:17 Alors est-ce qu'il était possible d'envisager une respiration après ça ? La réponse c'est
06:21 oui, évidemment.
06:22 Sans que ce soit une remise en cause de ce qui a, on y viendra, de ce qui a généré
06:28 ce rallye de novembre-décembre.
06:30 Alors la consolidation, et c'est ce qu'elle a de rassurant, c'est qu'elle est de la
06:34 même façon totalement généralisée.
06:35 On a une respiration sur le marché d'action, un retour de 4-5% sur les sommets de fin d'année.
06:43 Et on a la même chose sur le marché obligataire avec une reconstitution sur les taux d'à
06:49 peu près 20 points de base sur les souverains à 10 ans européens, qui correspond à, on
06:54 va dire, un quart du chemin réalisé en décembre, ce qui est déjà significatif.
07:00 Mais ça reste une respiration.
07:01 Donc effectivement le vrai sujet c'est de savoir si dans cette vraie rentrée, puisque
07:04 la semaine dernière on ne peut pas dire qu'il y a eu beaucoup d'échanges, beaucoup d'animations
07:09 sur les marchés, beaucoup d'opérateurs étaient visiblement en décorations.
07:13 Encore en vacances, je vous confirme.
07:15 Je ne pense pas que ce soit significatif d'un point de vue d'analyse technique.
07:23 Mais là pour le coup, on reprend aujourd'hui et on voit bien que le marché retrouve un
07:28 point d'équilibre gentiment dans cette rentrée.
07:30 Et j'ai plutôt tendance à penser que tant qu'on est sur ces niveaux-là, on a préservé
07:34 l'ensemble des signaux qui faisaient qu'on était plutôt dans une conjoncture favorable.
07:38 Votre lecture de cette séquence, et quand je dis séquence, c'est partant de ce rallye
07:43 de fin d'année, Pierre-Alexis.
07:45 La pause semble légitime.
07:47 Qu'est-ce qui a changé, qu'est-ce qui n'a pas changé entre le 31 décembre 2023 et
07:52 le 1er janvier 2024 ? La macro n'a pas changé par exemple en quelques semaines comme ça,
07:59 qui justifierait que les marchés se mettent à trembler par exemple ?
08:02 Non, mais je pense qu'en effet ce qui est dit est vrai.
08:05 C'est-à-dire qu'il y a eu des effets d'accélérateur de fin d'année et avec les 15 derniers jours
08:10 du mois de décembre qui ne sont pas vraiment très significatifs de positionnement.
08:17 Il suffit de peu de volume pour faire beaucoup monter les actions et baisser les taux.
08:26 Et derrière ça, il y a eu sans doute un peu d'effet d'exagération, il faut se recaler.
08:31 Mais pour nous, on n'a vraiment pas changé de mode ou de contexte boursier.
08:39 C'est-à-dire qu'on a eu vraiment une prise en compte du pivot, ce qui a entraîné
08:46 une période très confortable où les taux et les actions ont ramené des performances
08:51 positives.
08:52 Maintenant, il va falloir recaler, se régler.
08:54 Ça veut dire quoi recaler ?
08:56 C'est-à-dire, est-ce qu'on n'est pas allé trop loin dans les baisses des taux ?
09:00 Là où il y a le consensus le plus fort, quand vous regardez un peu les enquêtes
09:05 sur les investisseurs, c'est vraiment sur la partie taux, anticipation de baisse des
09:08 taux.
09:09 Et les anticipations de baisse des taux courts sur l'année 2024 étaient devenues très
09:15 agressives.
09:16 Et ça a bougé un peu ? Ça s'est corrigé un peu déjà ?
09:18 Ça s'est corrigé un peu.
09:19 D'accord.
09:20 Et ça peut encore se corriger un peu.
09:22 Mais si c'est que ça, c'est que des effets de balancier classique qu'on connaît
09:28 sur les marchés actions et les marchés financiers globalement.
09:31 Vous avez des investisseurs qui changent un petit peu de pied, qui se recalent.
09:35 On est toujours quand même dans un contexte où on n'a pas de très forte visibilité
09:39 sur les politiques monétaires, il faut le dire.
09:42 Et pour nous, c'est vrai que est-ce qu'on aura plus de croissance, plus d'inflation,
09:47 moins de croissance, moins d'inflation, de la croissance et pas d'inflation ?
09:51 Autour de ces deux axes-là va se faire en effet la performance de 2024.
09:57 C'est évident.
09:58 Il y a des scénarios qu'on peut éliminer dans les grands scénarios macro ?
10:02 L'idée que j'ai pas de croissance et plus d'inflation aux Etats-Unis, l'idée
10:07 de la stagflation, est-ce que c'est par exemple une idée qu'on peut écarter ?
10:09 Au moins en partie, pas du tout ?
10:11 Alors moi, sur les deux dernières années, il y a un truc que j'ai appris, c'est
10:14 que j'écarte au consulat.
10:15 Parce que là, sincèrement, si sur les deux dernières années, le consulat n'a fait
10:24 que se tromper.
10:25 C'est un scénario très clair sur beaucoup d'éléments.
10:28 Nous, le scénario qu'on favorise, c'est un peu plus de croissance.
10:36 Donc on est assez détendu sur la croissance.
10:39 On est un petit peu moins détendu sur l'inflation.
10:41 Ce serait la contrepartie d'un bas de silt qui ne serait pas trop bas.
10:44 Et donc ?
10:45 C'est-à-dire qu'on a du mal à avoir les deux.
10:48 C'est-à-dire un marché de l'emploi, de la conso qui se tienne, peut-être de la
10:53 Chine qui repart un peu, etc.
10:54 On a du mal à avoir, du coup, ce dernier pourcent et demi qu'il faut abattre sur l'inflation.
11:02 Il risque d'être un petit peu plus lent.
11:04 On risque d'avoir quelques déceptions.
11:05 Mais ça, ça va créer un petit peu de volatilité sur le marché.
11:09 Mais rien qui remet en cause le scénario de fond est plutôt à moyen terme assez favorable.
11:14 Bertrand, votre lecture de cette séquence.
11:17 Et puis, avançons sur la partie action.
11:18 Qu'est-ce qui va faire la course des marchés actions au cours de cette année 2024 ?
11:24 Alors, les taux, évidemment.
11:26 Est-ce que c'est les taux et uniquement les taux ?
11:28 Ou est-ce que quand même on rentre dans la période un peu plus fondamentale avec les
11:30 résultats ?
11:31 Est-ce qu'il y a quelque chose à attendre en termes de nourriture pour le marché de
11:34 ce point de vue-là ?
11:35 Le problème, c'est que le marché directeur des marchés actions au niveau mondial, le
11:39 marché américain, est un marché qui, en tout cas, nous, chez Fidelity, nous apparaît
11:41 relativement cher aujourd'hui, à 18 fois.
11:44 L'un des brokers américains les plus bullish sur le marché américain attend 5 % de croissance
11:50 des profits en 2024.
11:51 5 % de croissance des profits 18 fois.
11:54 Ce n'est pas vraiment cohérent, surtout avec des taux qui, eux-mêmes, ils les voient
11:58 se stabiliser, les taux courts, à 3,3 et demi.
12:01 Donc, quand on met tout ça en fait en mouline, ça n'a pas vraiment de sens, à part si,
12:07 effectivement, on considère qu'à moyen terme, on revoit les taux longs revenir à
12:11 1 %, ce qui n'est pas du tout notre scénario, l'inflation revenir proche de zéro, ce qui
12:15 n'est pas du tout notre scénario.
12:16 Donc, c'est vrai qu'on est en train aujourd'hui, pour pouvoir aller plus haut, de faire des
12:20 hypothèses, de devoir faire des hypothèses très agressives, très très agressives,
12:25 que nous, on ne fait pas.
12:26 Et donc, sur le marché américain, on est très prudent.
12:29 Alors, évidemment, le marché américain, il y a une déchotomie entre les titres qui
12:32 tirent cette hausse, les 7 magnifiques, mais également une quinzaine d'autres sociétés,
12:37 donc on va dire 25-30 sociétés au total, pour faire court, qui tirent cette hausse,
12:42 et le reste avec beaucoup, notamment, de petites et moyennes valeurs qui restent sur des valorisations
12:46 qui sont très intéressantes.
12:47 Mais, d'un point de vue indiciel, c'est vrai que l'indice américain est à risque, et
12:51 qu'il peut entraîner l'ensemble des indices boursiers actions à la baisse.
12:56 Nous, sur l'Europe, on est un peu plus mitigé, puisque c'est vrai que le marché européen
12:59 est beaucoup moins cher, autour de 12-13 fois.
13:02 Après, 12-13 fois, c'est intéressant si on revient à 2% d'inflation.
13:07 Si, comme on le pense, on va se stabiliser plutôt entre 3 et 4, là, pour le coup, on
13:12 considère que le marché, il est déjà bien valorisé.
13:13 Là encore, on a une dispersion des valorisations qui est moins importante qu'aux États-Unis,
13:20 et des contributeurs à la performance des indices moins importantes qu'aux États-Unis,
13:23 mais qui est quand même là.
13:24 Et donc, on peut aller chercher des valeurs mal aimées qui sont intéressantes.
13:28 Et c'est vrai que le repli des petites et moyennes valeurs, depuis le début de l'année,
13:31 après un rebond technique relativement violent l'année dernière, est pour nous un vivier
13:34 d'opportunités, et on pense qu'il va y avoir une accélération des opérations de
13:38 sortie de cote, notamment, puisque la stabilisation des taux d'emprunt va permettre, à un certain
13:43 nombre de sociétés, de faire des modèles, et de se dire "voilà, on va se sortir de
13:46 la bourse".
13:47 Un actionnaire majoritaire, sortir de la société de la bourse, et également défendre Praet
13:51 et Quitty, d'être un peu plus agressif, et de déployer les capitaux qu'ils ont aujourd'hui,
13:57 et qui n'ont pas été fortement déployés l'année dernière, notamment, ici, l'année
14:00 dernière.
14:01 Donc, il ne faudrait pas...
14:02 Là, vous décrivez, effectivement, de la smart money qui s'intéresse déjà, effectivement,
14:07 aux valorisations des petites et moyennes capitalisations boursières, donc cotées.
14:12 Est-ce qu'il peut y avoir plus que ça ? Est-ce qu'il peut y avoir, vraiment, un flux beaucoup
14:16 plus général, de retour sur cette classe d'actifs ?
14:20 C'est vrai que c'est une classe d'actifs qui, depuis deux ans, deux ans et demi, a
14:23 sous-performé très significativement.
14:25 Même quand on analyse les phases de sous-performance historiques, c'est quand même très, très
14:29 tiré, l'élastique est très, très tendu.
14:31 Si on regarde dans l'histoire, les phases où on a eu des sous-performances aussi importantes,
14:38 plus violentes, par exemple 2008-2009, ont été, directement, mais très, très vite,
14:44 en 6 mois, 12 mois, suivies par des phases de surperformance extrêmement violentes.
14:48 En 2010-2011, les small mid-cap ont pris, en Europe, au fait 60% de surperformance par
14:55 rapport aux grandes valeurs.
14:56 60, record historique.
14:58 Alors qu'elles avaient perdu 30% en 2008-2009.
15:01 Donc, on peut avoir des effets de balancier parce que la liquidité est faible, parce
15:05 qu'il y a, effectivement, peu d'acteurs, les capitalisations boursières sont devenues
15:10 faibles aussi.
15:11 On a des effets lentonnoirs.
15:12 Bon, 2024, l'année des small cap, je crois qu'on est parti dessus là.
15:16 Non mais, ça devient un vrai consensus.
15:19 Il y avait des choses à dire.
15:20 Oui, le consensus, il n'est pour l'instant pas flagrant sur les flux et sur les volumes
15:24 de transactions sur les small cap.
15:25 Pour l'instant, les small cap sont animés, comme on a souvent le cas dans un marché
15:29 déprimé, par des opérations, entre guillemets, organiques, des chefs d'entreprises qui
15:32 retirent leur entreprise de la cote, des OPA, des fonds de private equity qui viennent
15:37 récupérer de la croissance externe à bas prix, puisque généralement, on est moins
15:42 bien valorisé que sur les valorisations qu'on a dans le private equity.
15:45 Et donc, il y a des pépites, qui sont des pépites aujourd'hui totalement européennes,
15:50 voire mondiales, sur des niches qui sont des belles boîtes de croissance, qui sont à
15:54 des niveaux de valorisation, je partage, extrêmement tendues.
15:58 On est au plus bas.
15:59 Je crois qu'il faut retrouver des exercices 2009 pour trouver les multiples qu'on a
16:03 aujourd'hui, sans parler de multiples de profil et multiples en termes de rapport au
16:08 fonds propre.
16:09 Je crois qu'on n'est pas loin.
16:10 C'est-à-dire qu'on est vraiment sur des valorisations à la casse.
16:13 On a eu en fin d'année quelque chose qui ressemble quand même à un rebond technique
16:16 et plutôt de l'habillage de fin d'année.
16:17 Il faut bien avoir en tête que ce sont des entreprises où les dirigeants ont des contrats
16:21 d'animation de cours, ils ont besoin, pour se financer correctement, d'avoir des cours
16:25 qui présentent bien au 31 décembre.
16:28 Donc on a pas mal de mouvements de manière assez cyclique en fin d'année sur ces segments
16:32 de la cote.
16:33 Pour l'instant, c'est un mouvement qui marque une pause en début d'année.
16:38 Alors nous, on a fait deux mouvements.
16:41 Le premier qui était acquéré d'une société de gestion de small caps en 2023.
16:45 On a un peu sidé les fonds de small caps.
16:49 Je crois que le fonds, je crois qu'il est à peine à 12 millions d'euros, donc c'est
16:53 tout à fait marginal aujourd'hui.
16:54 Et on attend effectivement maintenant un signal de flux pour accompagner ce mouvement-là
17:00 parce que je pense que c'est un moment qui pourrait être, comme vous le disiez très
17:03 justement, à la fois profond en termes de flux mais surtout avec des effets énormes
17:09 d'entraînement sur les prix et sur les valorisations.
17:11 Et d'ailleurs, on le voit bien, la vraie valeur qui est celle que donnent les chaînes
17:14 d'entreprise sur leur titre, elle est 30 à 50% supérieure à ce qu'on voit sur les
17:18 compétités.
17:19 Donc il y a vraiment un potentiel de rebond important.
17:21 Pour cela, il faut qu'il y ait un peu, je dis juste un peu, de sérénité sur la partie
17:28 taux.
17:29 Et c'est vrai que, alors je remonte un peu en arrière de notre conversation, mais sur
17:33 la partie taux en Europe, on a des chiffres aujourd'hui d'inflation qui mécaniquement
17:37 s'inscrivent en hausse pour des raisons techniques.
17:40 Oui, effet de base.
17:41 Ça doit être des effets de base.
17:43 On a beau être tous préparés à cela, on sait bien pourquoi ça arrive comme ça,
17:47 il n'empêche que quand le chiffre tombe, on a tous une réaction qui dit "Ah, ce n'est
17:51 pas le niveau qu'on attend pour des baisses de taux".
17:53 Et donc on a tendance à imaginer que la Banque Centrale Européenne va continuer avec quelque
17:56 chose comme ça.
17:57 Je n'ai pas tout à fait le même avis sur les États-Unis.
17:59 J'ai plutôt tendance à dire qu'aux États-Unis, on a pour le coup sur l'inflation peu de
18:05 mauvaises nouvelles à attendre sur les prochaines semaines et plutôt confiance dans le...
18:10 La poursuite de la désinflation.
18:11 La poursuite de la désinflation.
18:12 Le dernier kilomètre de désinflation aux États-Unis ne sera pas le marathon que certains
18:17 nous prédisent qui durerait non pas un kilomètre mais 42.
18:21 J'ai plutôt le sentiment que c'est un sujet du passé, l'inflation aux États-Unis qui
18:25 est réussi, un pari réussi de la Réserve fédérale.
18:29 Après, l'autre point qui me paraît important au-delà des pivots de taux courts, c'est
18:33 quand même les taux longs.
18:34 Et les taux longs aujourd'hui ont comme moteur de pricing le fait qu'il n'y a plus l'impact
18:40 des banques centrales pour les faire baisser.
18:43 Et voire même, on est dans des bilans de banques centrales qui soient d'ailleurs de
18:47 manière assez symétrique aux États-Unis ou en Europe, on a tendance à lâcher du
18:51 papier et diminuer les tailles de bilan aux États-Unis.
18:55 On parle de peu près 1 200, 1 300 milliards aux US, c'est à peu près l'équivalent d'ailleurs
19:01 en Europe.
19:02 Quel est le vrai prix du 10 ans quand vous avez des banques centrales qui abandonnent
19:07 leur action à la baisse et voire même influent désormais à la hausse ? On a un petit regard
19:13 au bon technique, on le rappelait, de 20 points de base sur le 10 ans européen et c'est un
19:18 peu la même chose aux États-Unis.
19:19 Mais on n'a pas encore les chiffres.
19:21 On cherche encore la vérité du prix.
19:22 On cherche la vérité aussi des chiffres sur les bilans de banques centrales et ça
19:26 on les aura dans quelques jours.
19:28 Je reviens sur les small cap et tous les arguments qu'on a développés à postériori pour expliquer
19:34 la sous-performance.
19:35 Il y en a un autre argument qui est assez massue et qui est vrai, c'est que d'un point
19:40 de vue financier, c'est des sociétés qui ne sont plus suivies.
19:42 On a un modèle d'analyse financière aujourd'hui qui fait que ce sont des entreprises qui n'intéressent
19:47 pas les grands bureaux de recherche parce que ça coûte très cher de suivre ces boîtes.
19:51 Il y en a beaucoup, c'est des tout petits flottants, ça ne fait pas de business pour
19:55 les bureaux de recherche et donc souvent c'est de la recherche qui n'existe pas ou qui est
20:00 sponsorisée par les entreprises, c'est-à-dire que c'est plutôt du public rédactionnel
20:03 que de l'analyse financière.
20:04 Donc nous c'est quelque chose qui nous posait un vrai problème.
20:08 C'est un des dommages collatéraux ou même pas forcément collatéraux.
20:11 C'est un vrai dommage.
20:12 Oui, oui, bien sûr.
20:13 C'est un vrai dommage.
20:14 Et donc on considère qu'aujourd'hui un des rares moyens d'adresser ça d'une manière
20:16 un peu diversifiée, c'est d'avoir des portefeuilles très larges, plus de 100 titres, des expositions
20:24 très faibles à chaque fois et assez quantitatifs.
20:27 Des fonds microcap quoi.
20:28 Non, c'est...
20:29 Ben oui, mais c'est des stratégies un peu microcap.
20:31 On est pas sur le microcap de quelqu'un, mais la vérité c'est que la small cap américaine
20:35 et la small cap européenne sont de la même taille.
20:37 Oui, je comprends.
20:38 Il ne faut pas se tromper sur les tailles de capitalisation.
20:40 Non, oui, tout est relatif.
20:43 Non, mais je reviens sur les arguments quand même qu'on développait pour expliquer la
20:47 contre-performance des small cap.
20:48 Alors, il y avait déjà la part des entreprises pas rentables dans les indices small cap.
20:52 Il y avait la question de la liquidité du marché en tant que tel.
20:57 Il y avait la question des endettements avec quand même des coûts du capital, des coûts
21:01 de financement qui sont amenés à être plus élevés demain pour celles qui vont se refinancer
21:05 à partir d'aujourd'hui ou se financer tout court.
21:07 Il y aura forcément un coût du capital qui sera plus élevé qu'il y a deux ou trois
21:11 ans.
21:12 Ces arguments sont encore valables, Pierre-Alexis ?
21:15 Oui, alors le seul problème c'est que les small cap c'est que c'est 2000 ou 2500 valeurs.
21:20 Les small cap américaines ne sont pas du tout les small cap européennes.
21:23 Et donc on a, et vous avez dans les small cap, soit des futurs stars qui vont sans doute
21:32 venir, les grandes cap en tout cas il faut l'espérer pour le gisement européen de
21:36 demain, mais vous avez aussi beaucoup de fallen angels qui eux sont dans des restructurations
21:42 permanentes.
21:43 Et les rising stars, est-ce que ce n'est pas celles justement qui sont toutes en train
21:46 de se faire sortir de la cote au fur et à mesure ou par le private equity ou par les
21:51 chefs d'entreprise ou les industriels du secteur qui se disent que de toute façon
21:54 la bourse n'arrive pas à reconnaître la valeur de leur concurrent autant le racheter
21:58 etc.
21:59 Oui, parce que sur le coup ça paye, c'est très bien, mais structurellement pour demain
22:04 on se demande dans quel état on va retrouver la cote small cap d'ici quelques années.
22:08 C'est le problème que l'on a, c'est-à-dire qu'aujourd'hui comme vous le disiez, il
22:11 y a un problème de suivi des titres et il y a un problème de liquidité des titres
22:15 avec une liquidité qui s'est considérablement réduite.
22:18 En dessous de 1 milliard, ça ne traite plus.
22:24 Très très difficilement, c'est un vrai problème et donc quand vous faites de la
22:29 gestion collective, vous n'avez pas 40 solutions, soit vous faites en effet des portefeuilles
22:34 très diversifiés, assez quantitatives de 158, nous on a pris une autre option de faire
22:39 des portefeuilles plus concentrés avec des typologies de valeur assez fortes, mais on
22:44 monte un peu plus haut en capi.
22:45 Voilà, mais de toute façon vous ne pouvez pas avoir les deux, c'est évident.
22:50 Nous, clairement, moi je m'inscris totalement dans ce qui vient d'être dit, c'est-à-dire
22:57 qu'il y a les conditions pour que les small caps fonctionnent.
23:03 Mais le grand risque, c'est qu'en effet, comme il y a des éléments de clé de valorisation
23:07 sur certains segments US qui sont en effet un peu asymétriques, c'est-à-dire que
23:12 vous avez du mal à...
23:14 Il faut vraiment que tout se passe très très bien sur ces sociétés qui en plus sont des
23:18 très grosses sociétés.
23:19 Donc souvent on sous-estime quand même l'effet base, c'est-à-dire que quand vous
23:23 faites une société, quand vous avez des sociétés qui font 1000, 2000 milliards
23:28 de capi pour monter de 10%, c'est 100 milliards, 200 milliards de création de valeur.
23:37 C'est quasiment total.
23:39 Donc là, vous commencez à avoir des problèmes de...
23:43 J'ai des marchés assez gros pour créer 200 milliards de création de valeur d'une
23:48 année sur l'autre.
23:49 Donc voilà, on commence à rentrer là-dessus.
23:52 Pour que ça marche, il faut que ce segment-là se dégonfle un peu, mais sans un phénomène
23:59 de stress sur les marchés.
24:01 Ce n'est pas de monde qui vit en vase ?
24:02 Ah non, des mondes...
24:03 D'accord.
24:04 Ce qui se passe sur les méga-cap américaines...
24:06 Le marché des small cap a besoin quand même d'un environnement économique qui est relativement
24:13 porteur, d'un marché action pas trop stressé, de niveau, disons, de financement relativement
24:21 clair pour qu'il y ait des flux rentrants.
24:22 Sinon, vous n'aurez pas de flux rentrant.
24:24 Donc, il n'y a pas de flux rentrant, il n'y a pas de raison que les small cap montent.
24:27 Voilà, donc c'est ce qui fait le prix.
24:29 A court terme, c'est la joie.
24:32 Donc voilà, c'est en ça.
24:35 Nous, on y croit beaucoup, tout simplement parce qu'on croit que 2024, en effet, ce
24:39 sera une année plus discriminante, qu'on espère un peu moins macro dans le monde d'action.
24:45 Une fois qu'on se sera rassuré avec la macro...
24:47 Deux ans qu'on prend de la macro avec des taux qui font que les actions, avec des phénomènes
24:53 de, disons, de vastes communicants qui sont assez violents et de temps en temps un peu
25:00 loin des fondamentaux des actions à long terme.
25:02 Et donc, derrière ça, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en effet, il y aura le
25:08 mixte valorisation-croissance qui va ressortir.
25:11 Et si on prend ce mixte-là, on a sur la partie petite et moyenne valeur, mais même sur les
25:16 moyennes cap européennes, il n'y a pas des choses intéressantes, en effet, qui à moyen
25:21 long terme à jouer.
25:22 Il faut juste que les investisseurs soient moins prudents, moins bourrés de cash et
25:28 veuillent diversifier plus les portefeuilles et aller chercher de la diversification sur
25:32 ce segment.
25:33 Et ça, ça nécessite en effet d'avoir un marché qui reste, disons, un peu détendu,
25:40 notamment sur la partie politique monétaire.
25:42 Et ce qui aidera beaucoup, à mon avis, les petites et moyennes valeurs, c'est quand
25:45 on aura, disons, des banques centrales qui naviguent un peu moins.
25:49 D'accord.
25:50 Qui redonneront un peu de perspective au marché.
25:53 Oui, parce qu'on a besoin d'une horizon un peu long.
25:55 Et là, aujourd'hui, la réalité, c'est que fin octobre, on pensait que les taux allaient
26:03 cesser de monter.
26:04 On est début janvier, on pense qu'il va y avoir 4 ou 5 coupes de taux en 2024.
26:09 Bon, on y perd un peu son latin, soyons très clairs.
26:12 Bon, sur les grands déterminants de marché, alors, je ne sais pas, il y a le pétrole,
26:16 là, on est un peu dans le… ça bouge dans tous les sens, quoi.
26:20 Je pense qu'il y a le pétrole et aussi un élément qui est lié, c'est la Chine.
26:22 Et bien…
26:23 Puisque nous, le marché chinois, on considère qu'il y a une opportunité.
26:25 Ah.
26:26 Peut-être pas historique, mais proche.
26:28 Notamment relatif à l'Inde.
26:30 Aujourd'hui, il y a une bulle sur l'Inde.
26:32 Tout le monde veut être sur l'Inde.
26:33 L'Inde, l'indice indien traite à plus de 30 fois les profits.
26:35 Je regardais tout à l'heure, l'année dernière, imaginez combien il y a eu d'introductions
26:39 aux bourses en Inde, 215.
26:42 Voilà, on est dans une bulle énorme.
26:44 L'Inde, c'est fantastique.
26:46 Alors, 6% de croissance du PIB, certes, effectivement.
26:48 Ah, ouais.
26:49 Et c'est plus que reflété aujourd'hui dans les valorisations.
26:51 Côté de ça, la Chine qui a les problèmes qu'on connaît, 8 fois en termes de… entre
26:56 8 et 9 fois, donc, le type de bénéfices.
26:58 On est sur des ratios très faibles.
27:00 Et là, pourtant, on a des grandes entreprises qui ont des vocations pour certaines mondiales
27:05 à moyen terme, dans le domaine de l'Internet aussi, pas que dans des secteurs un peu traditionnels.
27:12 Donc, on peut quand même aller… Alors, il y a des soucis, clairement, mais nous,
27:16 on pense que pour des raisons notamment sociales, ils vont être obligés de juger cela.
27:20 Et on ne croit pas à une invasion imminente de Taïwan qui générerait une…
27:25 Le 14 janvier, au lendemain des élections à Taïwan, il n'y aura pas de…
27:28 Voilà, voilà.
27:29 Mais là, c'est un peu la même question que pour les small cap.
27:32 Qu'est-ce qui est structurel, qu'est-ce qui est conjoncturel dans ce que vous décrivez,
27:35 dans la décote de valorisation historique des actions chines ?
27:38 Bon, le discours, le narratif des investisseurs est de dire aujourd'hui, y compris pour
27:43 des gros américains, et de dire que c'est plus investissable au regard des standards
27:48 politiques, notamment, c'est plus investissable.
27:51 Il y a une incompréhension, effectivement, entre…
27:53 Il y a une compréhension des problèmes, mais on ne comprend pas la manière dont réagissent
27:58 les autorités, que ce soit pendant la crise du Covid, leur crise du Covid qui a été
28:02 décalée par rapport à la nôtre, avec une vision assez autoritaire des choses, qui
28:08 a un petit peu détruit la confiance des ménages.
28:10 Et à un moment donné, où l'enjeu en Chine, c'est justement de faire la transition entre
28:14 une économie d'investissement, en infrastructure notamment, vers une économie du consommateur.
28:19 Et donc, quand vous cassez le moral du consommateur au moment où il faut faire cette transition
28:23 pour continuer à avoir votre économie croître, ça a été compliqué.
28:28 Bon, aujourd'hui, je pense qu'ils ont saisi la problématique.
28:31 Ils vont être plus sensibles à ça ?
28:32 Ils sont plus sensibles.
28:33 En même temps, il y a la problématique de l'abus de l'immobilière.
28:36 Donc, ils ne peuvent pas faire une relance traditionnelle, classique, telle qu'ils
28:39 les ont faites sur les 20 dernières années.
28:41 Donc, ils apprennent.
28:42 Ils apprennent, ils mettent plus de temps.
28:43 Mais clairement, de notre point de vue, il va y avoir des mesures qui vont être assez
28:51 rapidement prises, de manière à restaurer la confiance.
28:55 Parce qu'en fait, ils ont de l'épargne, ils ont de l'argent.
28:57 Mais ils ne consomment pas parce qu'ils ont peur de ce que va faire leur gouvernement
29:01 demain.
29:02 Et ils n'ont plus confiance dans les autorités locales.
29:04 Et même les autorités locales commencent à ne plus avoir confiance dans les autorités
29:06 centrales.
29:07 Donc, on a tout un système un peu à repenser.
29:09 Mais il y a des « purges », c'est comme ça que ça fonctionne chez eux, qui sont
29:13 assez violentes.
29:14 Là, je pense que c'était la semaine dernière, on a 30 militaires au gradé qui ont disparu.
29:18 Voilà.
29:19 Donc, bon, il y a des choses qui sont en train d'évoluer.
29:22 Et puis, pour ce qui concerne les investisseurs internationaux, on pensait que le moment
29:27 de grande répression vis-à-vis des big tech chinoises, donc c'était 2021, si je ne dis
29:33 pas de bêtises, ou 2020 peut-être même, on pensait que c'était terminé.
29:38 Juste avant Noël, à nouveau, le secteur des jeux vidéo, projet de régulation, etc.,
29:44 qui fait perdre 80 milliards de market cap à Tencent et autres.
29:48 Là aussi, ça rafraîchit à nouveau quand même considérablement l'ambiance.
29:51 Voilà, il y a effectivement aussi ce risque réglementaire, puisqu'ils essaient de réglementer
29:54 Internet et toutes ces activités-là beaucoup plus que dans d'autres pays occidentaux.
29:59 Là encore, il y a une transition qui, culturellement, nous est difficile à comprendre.
30:06 Mais pour nous, on considère que la société est vraiment un point de rupture, qu'on ne
30:11 perçoit pas forcément ici.
30:13 Mais nous, on a une centaine de personnes sur le terrain, des analystes, des gens qui
30:17 vivent aussi là, et qui perçoivent un peu comme ça, en disant on est à un point de
30:21 rupture, et paradoxalement, peut-être plus dans les campagnes que dans les villes, où
30:26 il faut qu'il y ait une évolution de la société, vers une société de consommation,
30:31 et une évolution plus agressive que ce qu'on a perçu ces dernières années.
30:34 Et ça, ça pourrait restaurer, redonner un peu la confiance, ou aussi aux investisseurs,
30:39 de revenir sur des valeurs domestiques.
30:40 Ça peut se propager au-delà de la Chine et au-delà des actifs chinois ? C'est quelque
30:42 chose qui peut aussi…
30:43 Vu la taille effectivement de l'économie chinoise, et puis en revenant sur le pétrole,
30:47 vu leur intensité en consommation de pétrole également, ce serait une nouvelle relativement
30:52 favorable.
30:53 Et ce que fait l'Arabie Saoudite aujourd'hui, c'est donner aussi un petit coup de pouce,
30:56 notamment aux Chinois, en ayant des prix un peu plus faibles.
30:59 Ils baissent les prix vers l'Asie, c'est ça, du pétrole vers l'Asie.
31:04 Si je reviens à l'Europe, François, encore une fois, la saison de publication de résultats
31:08 va commencer.
31:09 Bon, quels sont les secteurs qui méritent le plus d'attention ? Ou est-ce qu'il
31:14 y a peut-être le plus d'asymétrie entre les valorisations qu'on observe aujourd'hui
31:18 et ce qu'on peut anticiper en termes de dynamique bénéficiaire ?
31:22 Juste pour boucler sur la Chine, excusez-moi, je…
31:25 Non, ben allez-y sur la Chine.
31:26 C'est un peu le même sujet que sur les small caps, c'est-à-dire qu'on a plein
31:29 de raisons fondamentales de se dire « c'est pas chez nous, il faudrait y aller ».
31:31 Et c'était vrai il y a un mois, il y a deux mois, il y a trois mois, il y a six
31:33 mois, etc.
31:34 Et donc je me dis finalement, c'est pareil, une fois qu'on a mis un marqueur pour regarder
31:38 comment ça se passait là-bas, on attend un peu les flux pour tous se précipiter et
31:43 finalement je préférerais d'acheter 10% plus cher, tant pis si je rate le premier
31:46 train, mais je n'aurais pas perdu peut-être six mois de plus parce que c'est vrai que
31:49 ça peut encore durer quelques temps comme ça.
31:51 Donc c'est difficile d'adresser des marchés en redémarrage comme ça ou dont on attend
31:56 un retour en grâce.
31:57 Il n'y a plus d'investisseurs.
31:58 Et en même temps, c'est pareil que sur les small caps, c'est-à-dire que ça va
32:00 tellement vite, parce que c'est difficile de sortir quand tout le monde veut sortir,
32:04 mais c'est aussi difficile de rentrer sur l'autoroute quand tout le monde veut rentrer
32:08 en même temps.
32:09 Et les actions chinoises, il y a beaucoup de bêta aussi sur des indices chinois, des
32:13 ETF etc.
32:14 Je veux dire, ça peut nous emmener à du +50 en quelques semaines ou quelques mois.
32:17 C'est ce qu'on avait vu à la réouverture sanitaire de la Chine.
32:21 Après, pour parler avec les clients, nous, nos clients, nous n'avons pas tout cet appétit.
32:25 Ils ne nous demandent pas.
32:26 Non mais bien sûr, c'est le client qui décide.
32:27 Parce que dans un cas comme celui-là, lorsqu'on fait des allocations, je vous joue qu'on ne
32:31 pousse pas plus que cela à la consommation à l'état actuel du marché chinois.
32:36 Pour revenir à la croissance des bénéfices et à ce qui se passe actuellement, première
32:42 chose pour revenir au marché directeur, on a des révisions continuelles en hausse de
32:45 la croissance américaine.
32:46 On attendait 0,6, le consensus, je ne parle même pas.
32:50 On attendait 0,6 il y a quelques mois.
32:52 On est plutôt autour d'un 50, un 60 au niveau du consensus quatre mois plus tard.
32:57 Ça veut dire que quand même, on est en train d'acter le fait que l'embarquement de croissance
33:01 qu'on a eu en 2023 va, quoi qu'il arrive, perdurer dans les premiers mois de 2024.
33:07 Et donc, a priori, on n'a pas l'accident qu'on attend depuis deux ans désormais, je
33:12 pense.
33:13 Ça va faire deux ans qu'on se dit que l'Amérique va arriver dans une récession ou dans une
33:18 période difficile.
33:19 C'est vrai que le consensus là-dessus a été trompé un certain nombre de fois.
33:22 Donc pour l'instant, en tout cas, le consensus n'est pas dans un scénario qui est de dire
33:26 on arrive sur un accident majeur en 2024.
33:29 Il est dans un schéma où finalement, cet accident ne cesse d'être retardé.
33:33 Et encore une fois, le premier trimestre, a priori, ça devrait être retardé.
33:36 Côté européen, on a plutôt un dernier trimestre 2023 qui risque d'être à tonnes.
33:42 Comme depuis un an.
33:43 Mais quand on dit à tonnes, là aussi, j'allais dire pas de surprise.
33:46 Il ne faut pas se tromper.
33:47 On est sur des niveaux de profit en Europe record historique depuis plusieurs années
33:54 désormais.
33:55 Donc il ne faut pas se tromper.
33:56 On est dans des multiples de valorisation qui tiennent compte de profits qui sont record
34:01 et de marges qui n'ont pas, en tout cas à court terme selon moi, de grandes raisons
34:05 d'être désespérante début 2024.
34:08 Et donc on peut avoir de la volatilité sur les publications.
34:11 Je note toutefois que c'est à chaque période de publication que les marchés se sont reconnus
34:16 pour être sortis.
34:17 Donc depuis quasiment deux ans, c'est à chaque fois qu'on a eu des publications trimestrielles
34:22 que les marchés ont récupéré leur point haut.
34:24 Bon ben on n'a plus qu'à attendre quelques jours maintenant pour espérer que ça se
34:29 produise de la même façon.
34:30 Mais c'est simplement au-delà de la blague pour dire qu'on passe notre vie entre les
34:33 publications à s'inquiéter.
34:34 C'est notre métier.
34:35 On est payé pour ça.
34:36 On s'inquiète à la place de nos clients pour leur épargne.
34:38 On s'inquiète de...
34:39 Vous gérez des risques.
34:40 Vous gérez des risques.
34:41 La vérité c'est que l'entrepreneur est dans une note dynamique.
34:45 Lui il est en train de dire j'alloue mon capital pour le mieux et j'utilise les données économiques,
34:51 mon intérêt, l'inflation, la capacité à passer des hausses de prix, à renier auprès
34:56 de mes fournisseurs pour maintenir et développer mes marges et mon activité.
35:00 Et donc fatalement à chaque fois qu'on se reconnecte, on prend une piqûre de rappel
35:05 du vrai monde qui n'est pas celui de la finance, qui est celui des entreprises et celui-ci
35:10 aujourd'hui est marqué par des gens qui se débrouillent depuis maintenant deux ans très
35:15 bien dans un contexte difficile.
35:16 L'inflation les a aidés plus que pénalisés.
35:20 La remontée des taux aujourd'hui elle impacte effectivement les financements mais pas d'une
35:26 manière aussi criante que ça.
35:28 On a des échéances effectivement.
35:30 On a vu que même dans des secteurs qui étaient en difficulté sur le refinancement, je pense
35:34 à l'immobilier coté, des renégociations de crédit pour une e-buy récente, c'est venu
35:38 rassurer tout le secteur parce qu'ils ont réussi à lever de la dette dans des conditions
35:41 de taux tout à fait acceptables.
35:43 Et du coup le fameux mur de la dette pour ces entreprises là, il est légèrement reporté.
35:48 En tout cas ça détend vraiment l'adversaire.
35:50 Voir à douceur, on a vu la prolongation des PGE etc. pour des entreprises pas forcément
35:55 cotées d'ailleurs.
35:56 Dans ce contexte qui a beau être difficile quand on regarde en tant qu'observateur,
35:58 il n'empêche que les entreprises s'en sortent plutôt bien et en tout cas les masses de
36:01 profits de 2023, pour terminer là-dessus et conclure, elles seront excellentes sur
36:06 la même base que 2022 qui était historique.
36:08 Et donc quand on regarde par rapport aux années 2009-2010 qu'on citait là, aujourd'hui
36:15 les profits de 2009 c'est les dividendes de 2020 en montant.
36:18 Et les rachats d'actions, j'oublie les rachats d'actions.
36:20 Mais c'est des grandes masses, elles sont là.
36:21 Donc les multiples de marché ne sont pas aussi tendus que ce qu'on peut l'imaginer
36:25 par les niveaux d'indices.
36:26 Capacité, Pierre-Alexis, des entreprises, notamment en Europe, à tenir ces niveaux
36:31 de marge records.
36:32 Si l'inflation avec l'illusion monétaire a aidé effectivement les entreprises à
36:38 accroître leur niveau de marge, est-ce que ce mouvement là doit connaître à un moment
36:42 quand même une forme de reversal ?
36:44 Quand l'inflation baisse comme on l'observe aujourd'hui ?
36:48 La désinflation c'est quand même positif pour les marges.
36:51 Mais ça leur permettra aussi…
36:53 D'accord, donc l'inflation c'était positif pour les marges et la désinflation
36:56 ce sera aussi positif pour les marges ?
36:57 Non, ça permettra en cas d'une demande qui faiblit, ça vous permet de baisser les
37:03 prix sans avoir des impacts trop forts sur les marges.
37:07 C'est vrai, on est dans une période qui est relativement favorable et qui est sans
37:13 précédent.
37:14 Parce qu'en général l'inflation c'est baisse des marges, baisse des profits, historiquement.
37:19 Mais comme toutes les périodes d'inflation sont différentes, celle-là a été très
37:23 différente et ça a plutôt été pour l'instant positif.
37:25 Nous ce qu'on pense c'est qu'en effet ça permet de reboucler.
37:29 C'est-à-dire que ça permet de reboucler et qu'au final, je pense qu'en masse,
37:36 les bénéfices vont très bien se tenir.
37:38 Par contre entre segments, comme il y a beaucoup de différences de valorisation, d'inquiétude
37:44 sur certains segments, on parle de l'automobile, le secteur bancaire a des valorisations.
37:51 Là il y a de l'asymétrie entre la valorisation qu'on observe de ces secteurs et les perspectives
37:55 bénéficiaires qu'on peut avoir pour ces entreprises.
37:57 C'est-à-dire qu'il y a dans les cours beaucoup de pessimisme inhérent à la valorisation
38:06 de ces sociétés.
38:07 On pense que les marges nettes d'intérêt des banques vont reculer de 20 à 25 % l'année
38:16 prochaine.
38:17 Est-ce que ce sera le cas ? Est-ce qu'ils ne vont pas avoir la capacité de mieux gérer
38:20 ? C'est une question et donc ça offre un peu d'asymétrie.
38:26 On a un peu le cas dans beaucoup de secteurs cycliques.
38:31 On a ces phénomènes d'asymétrie où c'est vrai qu'on a un marché qui est quand même
38:37 en 2023 monté reculons.
38:39 C'est-à-dire que c'est plutôt des valeurs de qualité, rassurantes, qui offrent de la
38:44 perspective, qui offrent de la résilience, sur lesquelles les valorisations sont dans
38:49 certains cas très tendues.
38:50 Ce n'est pas encore la bulle d'Internet.
38:57 Par contre, si nous comme on le pense, on a plutôt plus de croissance mais un peu plus
39:01 d'intérêt, c'est clair qu'il faut être plutôt un peu plus pro-cycle sur ces valeurs-là.
39:08 On va sans doute avoir, et on a eu, des phénomènes d'arbitrage assez violents entre les segments
39:14 de marché qui au final sur l'indice, vous ne voyez pas grand-chose, mais vous pouvez
39:19 avoir des arbitrages.
39:20 C'est ce qu'on va surveiller.
39:22 On ne l'attend pas forcément ce trimestre-là.
39:24 Ce trimestre-là, normalement, vous allez avoir…
39:29 C'est la validation de 2023.
39:30 C'est clair que la techno va ressortir en termes de croissance année sur année.
39:35 Tout ce qui est secteur touché par les pandémies va encore sortir des périodes de mouvement,
39:41 c'est-à-dire les compagnies aéroportuaires.
39:43 Tourisme, loisirs, etc.
39:44 On va encore sortir des croissances extraordinaires.
39:49 On parle de plus de 200% de croissance d'année sur année.
39:53 Et c'est encore le secteur énergétique et le secteur des matières premières qui
39:56 souffrent, qui souffrent depuis le matin plusieurs trimestres.
39:59 Mais on pourrait avoir, au fil de l'année 2024, en effet, un peu plus d'arbitrage.
40:04 Et nous, ce qu'on pense vraiment, c'est qu'au vu des valorisations, ce qui va faire
40:09 la performance, ce n'est pas forcément la macro, si on a un peu plus, comme on l'espère,
40:12 de visibilité sur la politique monétaire, c'est ce qu'on appelle, nous, les tendances
40:16 bénéficiaires.
40:17 Donc, c'est là, nous, on va se fixer.
40:20 C'est là où on va aller regarder entre des sociétés qui affichent une résilience
40:25 ou des tendances bénéficiaires marquées et des valorisations basses.
40:27 Vous disiez le marché est monté à recul en 2023.
40:29 Et en même temps, j'ai vu quand même pas mal de secteurs défensifs, santé, consumer
40:36 staples, biens de consommation courants, etc.
40:39 Utilities, telco, ça n'a pas fait grand-chose, voire rien.
40:43 Voir ça a été très compliqué.
40:46 Pourtant, des secteurs réputés défensifs, justement, quand on manque de visibilité,
40:50 quand on n'est pas certain du régime macroéconomique, ça peut être des secteurs qui auraient pu
40:56 trouver de l'intérêt.
40:57 Ça n'a pas été le cas.
40:58 Vous savez, on dit que l'histoire se répète, mais qu'elle est différente à chaque fois.
41:01 C'est clair qu'il y a beaucoup de secteurs, notamment le secteur du spiritueux, qui vit
41:05 une période… parce qu'on a eu l'effet Covid qui a créé une espèce de bonanza
41:12 pendant quelques années sur ce secteur-là.
41:14 Et là, le secteur spiritueux, vous avez l'effet de déstockage et autres qui font que le côté
41:18 résilient de ces secteurs est mis à mal.
41:21 Et sur la pharmacie, oui, vous avez Sanofi d'un côté, mais vous avez Novo Nord d'ici
41:26 de l'autre.
41:27 - Oui, c'est vrai, il y a de nouveau.
41:28 - Il faut choisir.
41:29 - Sur les secteurs qui méritent de l'attention, selon vous, Bertrand ? Et puis, cyclique,
41:34 défensive, on ne sait plus trop, d'ailleurs, ce qui est défensif, cyclique.
41:37 - Effectivement, comme ça a été dit, il y a des secteurs qui sont pricés pour la
41:41 récession, qui n'est plus le scénario central aujourd'hui du consensus, mais les
41:46 valorisations continuent à refléter ça.
41:48 Effectivement, les valeurs bancaires, on a l'impression que l'enjeu de 2024, ça va
41:53 être de gérer toutes les bad loans, donc la dette un peu compliquée, et les défauts.
41:58 Et si on n'est pas en récession, il n'y a pas de raison qu'on ait une explosion
42:01 des défauts.
42:02 Donc, de ce point de vue-là, cette décote n'est pas justifiée.
42:05 Sur les matières premières, c'est également effectivement la même chose.
42:08 Alors, les matières premières, c'est très lié, mais un peu faussement, parce qu'on
42:12 regarde le rétroviseur à la Chine, en disant que la Chine a été un des plus gros consommateurs
42:16 de matières premières.
42:17 L'enjeu dans le futur, c'est plus la transition énergétique, et d'autres pays que la Chine,
42:20 on peut penser à l'Indonésie, par exemple, qui vont être les drivers, ou l'Afrique,
42:24 de la consommation des matières premières dans les années à venir.
42:27 On regarde, par exemple, le cuivre à court terme, on a une telle déconnexion entre l'information
42:33 qui vient du terrain, et en particulier la réduction de l'offre.
42:36 En Amérique latine, mais c'est drastique, la deuxième plus grosse mine du monde a été
42:40 fermée au Panama, parce que le grade, donc l'intensité en cuivre, est trop faible dans
42:45 le minerai.
42:46 On a des problèmes également, Codelco, le plus gros acteur, lui qui est au Chili, qui
42:51 a révisé à la baisse ses volumes.
42:53 Comment ça c'est fait ? Le prix n'explose pas ?
42:55 Et on le trace en fait des droites en augmentation très forte, en disant que la transition énergétique
42:59 le demande.
43:00 Pourquoi ? Parce qu'il faut 17 ans pour avoir un permis pour ouvrir une mine.
43:03 Il faut 8 ans pour avoir un permis pour étendre une mine existante.
43:07 Mais les prix devraient exploser, c'est ça que je ne comprends pas.
43:10 Ça veut dire quoi ? Tout le monde a stocké ?
43:12 On a ce problème, où effectivement, il y a eu des effets de stock, mais aujourd'hui
43:17 on pense que ces stocks sont très faibles, notamment sur le cuivre.
43:19 Mais il manque, encore une fois, les longanlis qui vont investir sur le cuivre, parce qu'on
43:25 a peur de la récession et du manque de rebond, de l'économie, de vigueur.
43:30 Avant de voir les perspectives séculaires devant nous, on a peur du trou d'air.
43:34 À force de regarder à court terme, on manque un peu la perspective à long terme.
43:37 Et on va se retrouver, ces personnes-là vont se réveiller, qui regardent qu'à court
43:41 terme, avec un cours du cuivre à 12 000, 13 000, peut-être 14 000 d'ici 18 mois.
43:46 On est à quoi ? 3 500, 3 600 la tonne ?
43:48 Ça tourne dans ces eaux-là.
43:49 8 000, pardon.
43:50 Donc effectivement, avec le potentiel de ça derrière, sur les sociétés cotées évidemment,
43:56 il y a un effet de levier sur la hausse du prix.
44:00 Voilà, donc encore une fois, il faut être sélectif, il faut regarder.
44:03 Ce qui est vrai pour le cuivre n'est pas vrai pour toutes les matières premières.
44:06 Mais c'est quelque chose qui attire fortement notre attention et focalise aujourd'hui nos
44:14 recherches internes.
44:15 On avait fait le palmarès des Como 2023, parce que c'est vrai que ce n'est pas un
44:19 compartiment qui a beaucoup monté.
44:21 Donc c'est « nuclear first », l'uranium, « yellow cake ».
44:25 J'ai appris que j'ai plus que 80%, et puis derrière c'est jus d'orange et cacao.
44:30 Voilà, des matières premières agricoles.
44:32 Alors que tout ce qui est à la transition énergétique est en fait en bas.
44:36 Cacao, mauvaise récolte.
44:37 Ça n'a pas de sens.
44:38 Tout ce qui a le moins marché.
44:40 Oui, c'est vrai que c'est un mystère, je suis assez d'accord avec vous.
44:43 Il y a une dissonance entre le discours des experts qui nous disent, à commencer par
44:46 la haute haute, « on aura besoin de cuivre comme on n'a jamais eu besoin dans toute
44:49 l'histoire de l'humanité, préparez-vous », et des cours du cuivre qui sont flats.
44:54 C'est pareil pour l'aluminium, c'est pareil pour l'aluminium propre.
44:56 C'est pareil pour pas mal de choses, pour le nickel, cobalt, enfin voilà, énormément
45:03 de choses.
45:04 On verra comment ces asymétries se résolvent ou non dans les marchés au cours de cette
45:08 année 2024.
45:09 Merci à vous trois messieurs, merci d'avoir été les invités de Planète Marché ce soir.
45:12 Bertrand Puy, Fidelity, Pierre Alexis Dumont, Groupama Asset Management et François Chollet,
45:16 Montségur Finance.
45:17 Et nous retrouvons donc comme chaque lundi notre correspondant américain, Pierre-Yves
45:27 Dugas qui est avec nous en visioconférence pour ce quart d'heure américain du lundi
45:31 qu'on retrouve donc désormais à 13h30, à 17h45 également ou encore en replay bien
45:38 sûr sur le site bsmart.fr.
45:41 Bonjour et bienvenue Pierre-Yves.
45:42 Bonjour Édouard.
45:43 Merci beaucoup d'être avec nous, back to business donc avec vous, avec une actualité
45:49 américaine qui sera chargée tout au long de cette année.
45:52 Je parle bien sûr de politique mais avant cela c'est un petit peu ce qu'on évoquait
45:56 avec nos invités juste avant Pierre-Yves.
45:59 L'idée que les marchés, les investisseurs vont se tourner dans les prochains jours
46:04 vers les entreprises et les résultats d'entreprise avec une saison toujours particulière puisqu'on
46:10 parle là des résultats annuels des grands groupes qui vont être publiés à partir
46:14 de ce vendredi.
46:15 Qu'est-ce qu'on attend des entreprises américaines à l'issue de l'année 2023 ?
46:19 Alors je vais prendre les statistiques telles qu'elles sont compilées par FACSET et qui
46:28 nous donnent une idée de ce que l'on anticipe pour 2024 dans le cadre de ce scénario d'atterrissage
46:34 en douceur.
46:35 On va essayer d'oublier que dans le mot atterrissage en douceur il y a le mot atterrissage et il
46:39 y a le mot douceur.
46:40 Plus 12% pour 2024.
46:44 Comme par hasard, ça ne commencerait pas au premier trimestre.
46:50 Ce serait surtout au quatrième trimestre 2024 qu'on aurait des performances magnifiques
46:56 parce que ce que l'on attend en tout cas pour ce dernier trimestre 2023 dont les résultats
47:04 tombent à partir en gros de vendredi, c'est une misérable performance d'un peu plus
47:09 de 1% à 1,3% semble-t-il pour les profits des entreprises moyens par action pour l'indice
47:19 S&P 500.
47:20 Vous vous souvenez que fin septembre on attendait plus de 8%.
47:26 Donc on est passé de 8% à +1%.
47:29 Et qu'est-ce qui nous dit que la même chose ne va pas se reproduire ? C'est d'autant
47:34 plus frappant que depuis la fin septembre les nouvelles sont plutôt bonnes en matière
47:37 d'inflation.
47:38 Donc soyons extrêmement prudents dans l'interprétation de ces statistiques globales et rappelons
47:44 ce que notre invité il y a quelques minutes signalait en passant, à savoir que 60, que
47:53 je ne vous dise pas de bêtise, 72% des valeurs du S&P 500 ont moins performé que la moyenne.
48:01 Donc c'est extrêmement déséquilibré en faveur de ces fameuses Magnificent Seven.
48:09 Alors là je vais faire une parenthèse parce que je ne peux pas résister.
48:12 Vous savez d'où vient l'expression Magnificent Seven ?
48:15 Ah non je veux bien que vous nous le rappeliez effectivement.
48:17 Vous avez vu le film Les 7 mercenaires ? Oui.
48:21 Les 7 mercenaires en anglais c'est The Magnificent Seven.
48:26 Donc c'est un clin d'œil à ce film.
48:28 Simplement si on le traduisait Microsoft, Nvidia et ses consoeurs par Les 7 mercenaires
48:35 ça ferait un petit peu bizarre.
48:36 Ce serait moins flatteur c'est ça pour ces entreprises d'être traitées de mercenaires
48:39 qui arrivent ? Voilà ça ferait un petit peu désordre.
48:43 Donc on aurait 12% cette année, ça serait vraiment bien dans le contexte d'un atterrissage
48:51 en douceur.
48:52 Alors ce qui me frappe aussi, ce n'est pas simplement la forte correction depuis la fin
48:56 septembre, mais c'est également la manière dont le marché a réagi à la publication
49:01 de résultats au cours des trois dernières semaines par des sociétés dont les calendriers
49:06 de publication sont en retard par rapport aux autres.
49:09 Nike, Conagra, FedEx, Walgreens Bluts, qui est une société qui n'est pas très très
49:18 connue en France mais qui est très importante aux Etats-Unis, c'est la plus grande chaîne
49:21 de drugsters.
49:22 Toutes ont beaucoup déçu, toutes ont révisé à la baisse leur perspective pour les prochains
49:30 mois, toutes ont tiré le signal d'alarme en disant "attention le consommateur américain
49:34 est fatigué, il est extrêmement sensible aux hausses de prix" et toutes ont été sévèrement
49:42 pénalisées par le marché dans les heures qui ont suivi la publication de leurs résultats.
49:47 Mais ça ne fait rien, on continue d'être euphorique sur les marchés d'action, encore
49:50 que ça se soit un petit peu calmé depuis le début de l'année, et relativement euphorique
49:55 aussi sur le marché obligataire.
49:57 Maintenant que j'ai pris l'habitude d'aller consulter cet outil extraordinaire du Chicago
50:03 Mercantile Exchange, du CME, qui nous permet de voir en probabilité l'évolution selon
50:11 les paris pris par les traders des Fed Funds, on voit qu'on est de l'ordre de 60% de
50:18 probabilité de réduction des Fed Funds début mars et ensuite on est à plus de 80% et on
50:24 atteint 100% successivement pour le mois de mai, pour le mois de juin, pour le mois d'août,
50:31 pour le mois de septembre, ce qui suppose non pas un atterrissage en douceur, mais une
50:36 récession.
50:37 Donc en gros on a un marché obligataire qui se prépare à une récession mais ne veut
50:42 pas le dire, et un marché d'action qui est persuadé qu'on aura un atterrissage en douceur,
50:47 ce qui est censé vouloir dire pas beaucoup de hausses de chômage et une baisse de l'inflation
50:53 tout à fait rassurante et une poursuite de la croissance.
50:55 Je me demande si ces deux scénarios sont compatibles, je ne sais pas.
51:00 Ça nous amène en tout cas à nous poser la question de la valorisation et là encore
51:04 notre invité un peu plus tôt l'a bien dit, on est autour de 19, 19 en ratio prix bénéfice
51:12 anticipé, c'est un peu plus que la moyenne des dernières années.
51:17 La moyenne des dernières années qui est quand même faussée par une pratique de taux
51:20 d'intérêt quasi nul par les banques centrales, ne l'oublions pas.
51:23 Donc moi il me semble que nous sommes, en dépit de la petite correction qui a commencé
51:27 depuis le début de l'année, on est encore dans une situation où on anticipe le meilleur
51:33 et on croise les doigts.
51:34 Ça c'est sûr que le marché a sans doute anticipé beaucoup de très bonnes choses
51:39 pour la suite, on est peut-être priceé pour la perfection comme on dit, et partant de
51:44 là effectivement il y a peut-être manière à se faire un petit peu peur ou en tout cas
51:47 réévaluer peut-être la trajectoire des choses par rapport à ce que le marché anticipait
51:52 encore en fin d'année dernière.
51:54 Pierre-Yves, ouvrons peut-être le dossier politique avec la perspective des premières
51:59 primaires républicaines, la première se tient la semaine prochaine dans l'Iowa et donc
52:04 les affaires sérieuses vont commencer pour les candidats républicains à l'élection
52:09 présidentielle américaine.
52:11 Quel est l'état des forces en présence à ce stade, Pierre-Yves ?
52:15 C'est assez catastrophique, mais n'accordons probablement pas trop d'importance à ce
52:24 caucus de l'Iowa, ce ne sont même pas des primaires.
52:28 Les gens se mettent dans le coin d'une grange pour exprimer leurs intentions de vote, il
52:35 n'y a même pas de bulletin mis dans des urnes.
52:38 Vous vous souvenez qui avait gagné les premières de l'Iowa, les premières républicaines ?
52:42 Non, il faut que vous me rafraîchissiez la mémoire.
52:44 C'était Ted Cruz, ce n'était pas Donald Trump.
52:47 Et avant lui c'était Rick Santorum, vous avez oublié qui était Rick Santorum ? Moi
52:51 jusqu'à ce que je le vérifie hier soir, j'avais oublié aussi.
52:55 Donald Trump va gagner probablement, très largement, si on en croit les sondages dans
53:04 ce caucus de l'Iowa, la question c'est qui sera numéro 2 ? Nikki Haley qui a maintenant
53:15 le soutien de pas mal de gens importants à Wall Street qui ont compris que Donald Trump
53:24 était psychologiquement quand même un petit peu déstabilisé.
53:28 Nikki Haley a bien progressé, dispose de beaucoup d'argent, Charlie Koch et tout son
53:36 réseau de conservateurs libéraux lui ont apporté beaucoup d'argent au cours des dernières
53:42 semaines.
53:43 Nikki Haley est en train de remonter, mais va-t-elle remonter suffisamment pour battre
53:46 en position de numéro 2 Ron DeSantis ? Ce que l'on dit c'est que si Ron DeSantis est numéro
53:52 3 le soir du caucus de l'Iowa, sa campagne est probablement terminée.
54:00 Il faut absolument que DeSantis tienne une bonne place de numéro 2.
54:04 Ensuite on passe le 23 janvier dans le New Hampshire, là Nikki Haley est numéro 2 et
54:12 elle voudrait profiter de cette dynamique pour se rapprocher de Donald Trump dont l'inévitabilité
54:21 est de plus en plus frappante, pour ne pas dire choquante, dans la mesure où on sait
54:26 que, objectivement, la seule chance de réélection de Joe Biden c'est qu'il est en face de lui,
54:34 Donald Trump.
54:35 Pour autant, les sondages donnent Donald Trump comme celui qui remportera l'investiture républicaine.
54:43 Il est frappant, j'écoute tout ce que mes collègues racontent quand ils se rendent
54:48 dans les meetings de campagne, il y en a eu beaucoup, ces immenses meetings que seul Donald
54:54 Trump est capable d'organiser avec des milliers de personnes.
54:57 Les gens qui viennent écouter Donald Trump et l'applaudir sont des gens qui n'ont l'intention
55:02 de voter que pour une seule personne, c'est Donald Trump.
55:04 Ils n'ont même pas pris en considération les autres candidats, ce ne sont même pas
55:08 vraiment des républicains, ce sont des trumpistes.
55:11 Et ils voteront toujours pour Donald Trump, même s'il est en prison, même si la Cour
55:17 suprême le déclarait inéligible.
55:19 On a arrêté de compter le nombre de procédures judiciaires, pénales, civiles qui sont engagées
55:25 contre Donald Trump parce que plus il y en a et plus il grimpe dans les sondages, il
55:29 bénéficie du soutien indéfectible de gens qui sont plus que républicains, qui n'auraient
55:35 jamais voté, et n'auraient jamais voté républicains, mais qui n'auraient jamais
55:39 voté si Donald Trump n'était pas là.
55:41 C'est le grand défi qui se présente à ceux qui veulent empêcher Donald Trump de
55:46 remporter l'investiture.
55:47 Et, ronde de synthèse ou Nikki Haley, peut-être.
55:52 L'objectif de Trump est bien sûr de tout boucler d'ici Super Tuesday.
55:56 Super Tuesday, c'est le 5 mars.
56:01 On a de très grands États comme le Texas, la Californie, la Virginie.
56:06 Et si Donald Trump a largement gagné dans ces États-là, les choses seront extrêmement
56:14 éclaircies pour Donald Trump qui aura un boulevard devant lui.
56:18 Trump et les Trumpies.
56:19 Je crois que Donald Trump a commencé son discours du week-end ainsi, en affirmant devant
56:24 la foule en folie qu'il allait gagner pour une troisième fois l'élection présidentielle
56:29 américaine.
56:30 A suivre, évidemment, pendant encore plusieurs semaines et plusieurs mois, grâce à vous,
56:35 Pierre-Yves.
56:36 Pierre-Yves Duguay avec nous chaque lundi pour le quart d'heure américain que vous
56:38 retrouvez dans Smart Bourse en direct entre 13h30 et 14h, le soir à 17h45 et en replay
56:44 évidemment sur bsmart.fr.
56:46 »
56:52 [Musique]

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