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  • il y a 18 minutes
Air&Défense, c’est l’émission qui décrypte les grands enjeux industriels de L'aéronautique, du spatial et de la défense...trois secteurs au coeur des stratégies économiques mondiales. Réarmement, souveraineté, innovation… comment conserver une supériorité technologique et garantir la sécurité de tous dans un monde de plus en plus complexe ?

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Transcription
00:02BFM Business avec la Tribune et Air & Cosmos présente
00:08Air & Défense, Jean-Baptiste Huet.
00:13Patrick Payou, bonjour.
00:14Bonjour.
00:15Vous êtes le délégué général pour l'armement.
00:16Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation sur BFM Business dans Air & Défense avec la Tribune.
00:21Michel Cabirol est avec nous comme chaque semaine,
00:23rédacteur en chef à la Tribune du pôle aérospatial, défense et transport.
00:27Bonjour Michel.
00:28Bonjour Jean-Baptiste.
00:29Patrick Payou, j'allais dire, ces dernières années, elles se ressemblent toutes,
00:34l'histoire se répète, on est en train de parler budget au Sénat, à l'Assemblée nationale,
00:39avec toujours cette idée de savoir si le budget de la Défense va être adopté.
00:43Le projet prévoit pour 2027 63,4 milliards d'euros, 6 milliards et demi supplémentaires.
00:50Ça discute beaucoup.
00:51On vous a entendu il y a quelques jours évoquer que si le budget n'était pas adopté,
00:56dire que si le budget n'était pas adopté, le réarmement de la France serait de la science-fiction.
01:00Vous y êtes à l'effort, mais est-ce que c'est vraiment le cas ?
01:03Ah oui, c'est exactement ce qui va se passer.
01:04Tous les pays se réarment aujourd'hui, donc tout le monde est en train de se réarmer.
01:08La France s'est comprise, mais on n'est pas les seuls.
01:11Et ce qu'il faut comprendre dans les investissements d'armement,
01:13c'est que ce n'est pas des investissements très liquides.
01:16L'année dernière, la DGA a notifié, par exemple, le futur porte-avions, le France Libre.
01:20Il va être mis en service en 2038.
01:22C'est très long à fabriquer, il y a des chaufferies nucléaires, c'est un objet très long.
01:26Donc, en fait, le contrat que j'ai signé, c'est mes successeurs qui vont en payer les factures jusqu
01:30'en 2038.
01:31On est en train d'augmenter notre réarmement, donc de commander de plus en plus.
01:36Donc, en fait, en pratique, les factures qui vont arriver et qui suivent augmentent.
01:40Donc, s'il n'y a pas de budget voté, on va être dans ce qu'on appelle des services
01:43votés,
01:43c'est-à-dire un budget constant.
01:45Ça veut dire que si j'ai un budget constant, je vais déjà, un, ne pas pouvoir passer de commande
01:50l'année prochaine,
01:50je n'en passerai aucune.
01:51Et deuxièmement, je vais tout juste être capable de payer les factures
01:55de ce qu'on a commandé avant dans la phase de réarmement.
01:58Donc, en pratique, le réarmement de la France va se stopper
02:02si jamais on est sur des services votés, c'est-à-dire qu'on a un budget constant
02:07et avec, en plus, un phénomène qui fait que nos partenaires européens,
02:12qui sont aussi nos concurrents quand on fait de...
02:14Eux vont continuer à se réarmer et donc on va prendre du retard,
02:17du retard qu'on ne rattrapera pas.
02:18Après, je n'ai pas d'inquiétude sur le fait qu'à la fin, on aura un budget.
02:22Mais en tout cas, si jamais on n'avait pas de budget,
02:24ça serait probablement une très mauvaise nouvelle, notamment pour nos PME.
02:27Ce n'est pas tant pour nos grandes entreprises qui vont bien.
02:30La défense française se porte bien, nos entreprises sont performantes,
02:34on voit les succès à l'export, donc elles passeront la barre.
02:37Mais par contre, nos PME, elles, vont souffrir.
02:40Et par ailleurs, la France va prendre du retard dans son réarmement,
02:43du retard qu'on aura du mal à rattraper.
02:44Et concrètement, qu'est-ce que ça pourrait vouloir dire pour nos régiments,
02:47pour nos armées, pour la marine ?
02:49Ça veut dire moins de munitions, ça veut dire moins de blindés, moins de...
02:52Ça veut dire, à l'instant T, ça n'aura pas beaucoup de conséquences,
02:57parce que, comme je vous dis, c'est les commandes qu'on a passées avant,
03:00mais c'est juste à long terme qu'on va prendre du retard.
03:02Donc, on ne passera aucune commande.
03:04Et deuxièmement, on sera probablement obligé de retarder.
03:06Donc, on aura sûrement des objets qu'on devra retarder.
03:08Après, on va le gérer en conduite pour voir très exactement
03:11comment est-ce qu'on fait pour que ça ait le moins de conséquences possibles.
03:16L'année prochaine, on est censé livrer un peu plus de 200 véhicules
03:20de la gamme Griffon, par exemple, à l'armée de terre.
03:23On verra ce qu'on fait, est-ce qu'on les livre tous, etc.
03:26Après, la vérité, c'est que si on ne les livre pas tous,
03:27comme ils seront prêts, on devra prier des intérêts moratoires.
03:30Et donc, on ne fait que creuser notre tombe budgétaire.
03:34Donc, ça serait quand même une très mauvaise nouvelle.
03:37– Ce que vous avez dit, au 30 septembre,
03:41vous avez signé un record de commandes qui était de 17,5 milliards,
03:45si je ne me trompe pas.
03:47Aujourd'hui, l'objectif, à la fin de l'année,
03:49je crois que c'est 42,5 milliards.
03:51Il vous reste 25 milliards de commandes à signer.
03:54Est-ce que c'est un objectif qui vous paraît,
03:58raisonnablement, que vous pouvez atteindre ?
03:59– Alors, on verra à la fin de l'année.
04:01En tout cas, on fait tout.
04:03On était au 30 septembre à 17,5,
04:05on était à 12 milliards l'année dernière.
04:08Donc, vous voyez bien.
04:08Et en plus, cette année, une caractéristique,
04:10c'est qu'on n'a pas de très gros objets.
04:12L'année dernière, on avait de très gros objets.
04:13C'est né le 3G, porte-avions.
04:16Cette année, on n'a pas…
04:16Donc, c'est un volume de commandes en termes d'actes administratifs
04:20de plus de 30 % cette année.
04:21Donc, c'est un travail considérable.
04:23Un point quand même, je le dis,
04:26on ne passera pas des commandes pour passer des commandes.
04:28C'est-à-dire que si les offres ne nous satisfaisent pas,
04:31si on considère que ce qui nous est proposé
04:33en termes de tarifs, en termes de délais, etc.,
04:36ne nous satisfont pas, on ne passera pas les commandes.
04:38Donc, c'est un travail intense qui est mené de négociations.
04:41C'est normal.
04:42On achète à des entreprises.
04:44Et donc, on discute, évidemment, le contrat.
04:46Donc, je ne passerai pas des commandes
04:47juste pour passer des commandes.
04:48Ça, ça n'existe pas.
04:49– Il y a une nouvelle doctrine, si je puis me permettre.
04:53C'est de demander aux industriels
04:55d'autofinancer une partie des programmes.
04:57Vous demandez, grosso modo, en moyenne, combien ?
04:595, 10, 15 ?
05:00– Alors, ça dépend complètement du type de programme.
05:04C'est-à-dire, s'il y a une perspective d'export importante,
05:07on va demander un taux d'autofinancement important.
05:10C'est toutes les négociations qui peuvent être difficiles
05:12avec les industriels.
05:13Quand on est sur la dissuasion nucléaire,
05:16il y a la perspective d'export, comment vous dire,
05:18elle est totalement nulle.
05:21Là, on va tout autofinancer, la vérité.
05:22L'industriel, lui, il n'a aucune raison
05:24de financer quelque chose qu'il ne pourra pas revendre.
05:27Donc, ça va vraiment dépendre complètement.
05:30Et puis, ça dépend de la situation des entreprises,
05:32ça dépend de leur conseil d'administration.
05:33Donc, ça, c'est les discussions parfois difficiles
05:35qu'on a avec les entreprises de négociation.
05:38Mais je dirais, le critère, c'est vraiment
05:40perspective d'export.
05:41Pas de perspective d'export.
05:43Grosso modo, c'est normal, c'est nous qui financeons.
05:45Grosse perspective d'export,
05:47on négocie le plus possible
05:50un autofinancement par les entreprises.
05:51– Ça peut monter jusqu'à quel montant ?
05:53– En pourcentage, je ne saurais pas vous donner
05:56de pourcentage exact,
05:58mais enfin, c'est plusieurs dizaines de pourcents.
06:00– On va revenir sur l'export,
06:01mais puisque vous parlez des industriels,
06:03quel est aujourd'hui le nouveau logiciel de la DGA
06:06dans vos rapports face aux industriels ?
06:08Vous disiez l'autre jour à l'Assemblée,
06:09si on est trop dur avec eux,
06:11d'un certain côté, c'est une très bonne nouvelle.
06:13Vous avez clairement serré la vis,
06:14vous renvoyez les devis quand ça ne vous plaît pas ?
06:16– Oui, alors, d'abord, c'est du partenariat.
06:19– La DGA, je veux dire, je dis souvent,
06:21la DGA, c'est l'outil de la souveraineté,
06:23c'est-à-dire la capacité au pays
06:24à se doter des armements dont il a besoin,
06:26et ça, ça repose en grande partie sur des industriels.
06:29Donc, on n'a pas, la plupart de nos commandes,
06:33elles ne sont pas, 80% de nos commandes,
06:36c'est des contrats qui sont négociés.
06:37On n'a pas plusieurs fournisseurs, on en a un seul.
06:40Donc, de toute façon, on est des partenaires.
06:43Après, de fait, on les challenge,
06:44on les challenge sur les prix,
06:47mais on les challenge surtout sur les coûts.
06:48Ce n'est pas tant sur les marges,
06:49c'est les marges dans les contrôles.
06:51Il y a une structure en interne de la DGA
06:54qui fait du contrôle de marges et des coûts des entreprises.
06:57Donc, il n'y a pas de sujet.
06:58Et d'ailleurs, les marges des entreprises de défense française
07:00sur les marchés d'armement
07:00sont plutôt plus faibles
07:03que les marges que les entreprises de défense
07:05ont dans le monde en moyenne,
07:07parce qu'on les contrôle.
07:08Et ce n'est pas là-dessus.
07:09On va gratter un peu,
07:10parce que la situation économique des entreprises va bien,
07:12donc on va gratter un peu,
07:13mais ce n'est pas là-dessus qu'on va faire.
07:14Là où on travaille vraiment,
07:15c'est sur les prix,
07:16c'est-à-dire les coûts.
07:17En fait, c'est comment ils fabriquent leurs armements,
07:19qu'est-ce qu'ils font dedans,
07:20quelles sont, nous d'ailleurs, nos exigences.
07:22Donc, c'est un double travail entre nous de dire
07:24OK, mais cette exigence-là,
07:25est-ce qu'on en a vraiment besoin ?
07:26Est-ce que si on réduit cette exigence,
07:30eh bien, on pourrait que ça coûte moins cher ?
07:32Et puis, eux, pareil,
07:34votre processus de production,
07:35faites un peu comme l'industrie automobile.
07:37L'industrie automobile,
07:38elle a des processus de production
07:39qui sont très orientés coût-délai,
07:41ce qui n'était pas le cas de la Défense.
07:43Inspirez-vous et réduisez vos coûts
07:45sans changer et réduisez vos coûts.
07:47Donc, ça, c'est ce travail-là
07:48qu'on mène avec les entreprises.
07:51La bonne nouvelle,
07:52je parle des grandes, bien sûr,
07:53c'est qu'aujourd'hui,
07:54il y a beaucoup d'exports,
07:56donc c'est un secteur qui va bien,
07:57les comptes des entreprises sont sains.
07:59Donc, on peut avoir ce travail
08:00qu'on ne pouvait pas faire.
08:01Dans le temps, quand les entreprises étaient,
08:03quand les budgets de la Défense
08:03étaient tout en train de réduire,
08:06nous, notre travail,
08:07il était surtout de faire survivre les entreprises.
08:09Aujourd'hui,
08:09on est dans un scénario un peu différent.
08:11Et notamment, on les pousse beaucoup
08:16sur progresser vos mécaniques de production.
08:18Ce qui est aussi un travail pour la DGA elle-même,
08:21on n'avait pas des ingénieurs spécialisés en production,
08:23donc on recrute des gens dont c'est le métier
08:25qui savent un peu comment on fait
08:26pour produire vite,
08:28beaucoup, pour pas cher.
08:29Donc, c'est tout ce travail qu'on mène
08:31et c'est toutes ces négociations
08:32qui, quand vous êtes en phase de négociations vinales,
08:34elles sont forcément un peu rugueuses,
08:36mais ça, c'est la vie des bêtes,
08:37pardonnez-moi l'expression,
08:38c'est normal qu'on fasse comme ça.
08:39À la fin, on sait que ça va bien se terminer,
08:41c'est dans l'intérêt de tout le monde,
08:42mais c'est normal qu'on le fasse.
08:43Et la situation financière du pays
08:45fait que, de toute façon,
08:46je ne peux pas me permettre
08:47de passer une commande
08:49dans laquelle on estimerait
08:49que le coût est déraisonnable.
08:50Ça serait, voilà,
08:53nos autorités politiques,
08:54le Parlement,
08:55les citoyens diraient,
08:56mais qu'est-ce que vous faites ?
08:56Et ils auraient raison.
08:57On va parler un petit peu d'export.
09:00On est à deux mois de la fin de l'année.
09:03Quel bilan vous tirez de cette année 2026
09:06en matière d'exportation ?
09:08Est-ce que le cru sera bon ou pas ?
09:11Oui, alors, c'est difficile de donner les chiffres
09:12parce que les chiffres très exacts d'exportation,
09:15on les sait souvent très tardivement
09:16parce qu'on compte l'exportation
09:18au moment où l'argent arrive
09:20sur le compte des entreprises.
09:21Et puis ensuite,
09:23quand vous vendez un A400M, par exemple,
09:24il y a une part qui va en France,
09:25une part qui va en Allemagne,
09:26une part qui va en Espagne,
09:27une part qui va au Royaume-Uni, etc.
09:30Donc c'est difficile de vous dire.
09:31Ça sera encore probablement une bonne année.
09:35L'année dernière,
09:36on avait fait 21,2 milliards
09:39de prises de commandes à l'export.
09:40Donc on aura cette année,
09:42on a quand même eu les contrats,
09:45notamment de la FDI en Suède,
09:49des CMTNG au Danemark,
09:50des satellites de communication au Qatar, etc.
09:52Donc ça va être encore une bonne année
09:57sur l'exportation cette année.
09:58On sera au-dessus de 20 milliards ?
10:00Je ne sais pas vous dire,
10:01honnêtement, je ne sais pas vous dire,
10:03je ne pense pas qu'on soit significativement
10:04au-dessus de 20 milliards.
10:07Et sur les frégato Danemark,
10:10Naval Group semble plutôt bien placé.
10:14Vous êtes confiant ?
10:16Écoutez, ça franchement, on verra.
10:18C'est une compétition.
10:20Il faut regarder ce qui s'est passé en Suède,
10:22en Suède, on a longuement travaillé.
10:25Et qu'est-ce qui nous a fait gagner en Suède ?
10:27Indépendamment du fait qu'on a bien travaillé,
10:29que tout le monde a bien travaillé,
10:29qu'on a fait une offre.
10:30Ce qui nous a fait gagner,
10:31c'est notre crédibilité, en fait.
10:33C'est dans le monde dans lequel on vit aujourd'hui,
10:34notre force, je pense la force de la France,
10:37ce n'est pas ses capacités budgétaires.
10:39La force de la France,
10:40c'est le fait que nos armements fonctionnent.
10:43La FDI, qu'on voit,
10:45c'est un bateau qui navigue aujourd'hui.
10:46La France en a, la Grèce en a.
10:48Donc, on a pu faire venir ce bateau.
10:50Ils ont pu rentrer dedans,
10:51ils ont pu le tester,
10:52ils ont pu voir.
10:52C'est en plus, par ailleurs,
10:53un bateau qui est en architecture ouverte,
10:57c'est-à-dire qu'il y a deux data centers à l'intérieur,
10:59donc il a une capacité d'évolutivité,
11:01etc.
11:03C'est le fait qu'aujourd'hui,
11:06ce que demandent nos partenaires,
11:08c'est est-ce que vous êtes capables
11:09de nous livrer et de nous livrer vite
11:10un outil qui va fonctionner.
11:12Et la crédibilité de la France,
11:13c'est que son appareil de défense fonctionne.
11:15C'est que nos bateaux sont opérationnels.
11:18Regardez le nombre de frégates
11:20qu'on avait en avril-mai,
11:23au pire moment du conflit
11:25entre l'Iran, les États-Unis et Israël.
11:28Nos frégates, elles n'étaient pas au port en panne,
11:30elles étaient en train de fonctionner.
11:32Donc ça, c'est notre crédibilité.
11:33Juste pour revenir sur le prospect Danemark
11:35pour les FDI,
11:36on a le sentiment que les Danois
11:38veulent un bateau plus grand,
11:41parce que la FDI est plus compacte.
11:44Justement, pour mettre un peu plus de drones,
11:46est-ce qu'on peut rallonger la FDI ?
11:48Alors, on peut bien sûr rallonger la FDI.
11:52Après, tout ça, c'est une question de délai.
11:54Et puis par ailleurs, la taille,
11:56c'est qu'un argument parmi...
11:59Je sais bien, pardon,
12:00pour les marins qui se mesurent en tonnage,
12:02mais en fait, ce qu'il faut regarder,
12:04c'est comment est faite la FDI,
12:05qu'est-ce qu'on est capable de faire,
12:07comment je vous parlais des architectures,
12:08des data centers,
12:10de la facilité à l'opérer, etc.
12:12Donc, vous pouvez...
12:13C'est comme dans un appartement.
12:15Le mètre carré, ça ne suffit pas.
12:16S'il est mal fichu,
12:17vous pouvez avoir un grand appartement mal fichu,
12:18c'est pareil.
12:19Donc, c'est pour ça que...
12:20En fait, ce qu'on fait,
12:21c'est qu'on leur montre la FDI,
12:23ils viennent, ils regardent, etc.
12:24Donc, on a eu ce débat sur la taille,
12:26on a eu aussi des débats à l'époque
12:29sur la FDI,
12:31elle ne tient pas la mer forte
12:34ou dans le Grand Nord.
12:35On est venu,
12:36et puis on l'a fait naviguer dans le Grand Nord,
12:37puis ils sont montés dessus,
12:38puis ils ont vu si ça tenait ou si ça ne tenait pas.
12:40Donc, je dirais,
12:41la taille en elle-même,
12:42ce n'est pas le seul argument.
12:46On peut...
12:47Enfin, Naval Group, vous dirait,
12:49qu'ils sont capables de faire une FDI allongée.
12:50Bien sûr, c'est possible.
12:51Le Rafale, effectivement.
12:54Emmanuel Macron a relancé des discussions
12:55avec les Émirats Arabes Unis
12:56pour développer,
12:58et qu'eux participent éventuellement
13:00au développement du Rafale F5.
13:02Des discussions qui, initialement,
13:03avaient achoppé sur des questions de financement.
13:05Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ?
13:07Alors, l'a changé,
13:08ce qui a changé...
13:09Moi, j'étais avec le Président de la République
13:10quand on était à Abu Dhabi.
13:13Ce qui a changé,
13:14c'est l'approche de travail
13:18avec les Émiriens.
13:20Et c'est intéressant,
13:21ça a été deux secondes,
13:22parce que c'est probablement
13:23une nouvelle façon
13:24de faire des programmes dans le futur.
13:27Plutôt que de faire participer
13:28et de proposer aux Émiriens
13:29de participer au Rafale F5 globalement,
13:32en fait,
13:33on a une approche différente
13:34en disant,
13:35non, mais le Rafale F5,
13:36d'abord, c'est un nouvel avion.
13:37D'abord, on va tout changer,
13:38sauf, je dirais,
13:39la forme de l'avion,
13:40mais on va changer le radar,
13:41on va changer le moteur,
13:42on va changer tous les systèmes.
13:43Donc, en fait,
13:44d'une certaine façon,
13:45ça va être un nouvel avion,
13:46même si la forme ne va pas changer.
13:47Et donc, on dit,
13:50mais participer à tel et tel objet,
13:53tel pod,
13:54tel réservoir,
13:55tel radar,
13:56le moteur,
13:57etc.
13:58Il y a des objets dans ce truc,
13:59vous pouvez participer
14:00à certains objets
14:00et ces objets,
14:01on va pouvoir les réutiliser
14:02sur d'autres.
14:03Typiquement,
14:03les Émiriens, eux,
14:05développent aussi avec Edge
14:07des drones,
14:07ils peuvent vouloir réutiliser
14:09qui ?
14:09Le moteur,
14:10le T-Rex de Safran,
14:12qui ?
14:13Le pod de Thalès,
14:16etc.
14:16Et c'est probablement
14:18l'avenir des coopérations
14:20dans le domaine de l'armement
14:21et c'est vrai d'ailleurs,
14:22quelle que soit la plateforme,
14:24même s'il y a des différences,
14:25parce que comme l'avenir,
14:27l'avenir du combat aérien,
14:29ce n'est pas un avion de chasse unique,
14:31c'est un avion de chasse
14:32avec plein d'objets autour,
14:34des drones,
14:35des gros,
14:35des petits,
14:35des furtifs,
14:36des rapides,
14:37dès qu'on est prêt à perdre,
14:38d'autres pas,
14:38etc.
14:39Pareil sur les bateaux,
14:40si vous écoutez l'amiral Cluzel,
14:41il vous expliquera de la même façon,
14:43pareil sur le terrestre
14:44et que donc,
14:45on peut coopérer sur des objets,
14:47soit des morceaux d'objets,
14:49soit des capteurs
14:49qui vont pouvoir être réutilisés.
14:51Ce qui compte à la fin,
14:52c'est qu'on soit interopérable,
14:54d'où notre stratégie
14:55sur les architectures ouvertes
14:56et des architectures
14:57dans lesquelles
14:57ce n'est finalement pas si compliqué que ça
14:59de prendre tel capteur
15:02et de pouvoir le mettre
15:03sur un autre objet
15:04qui va permettre
15:05d'être interopérable
15:06globalement ensemble.
15:07Et donc,
15:07c'est ce qu'on a fait
15:08avec les Émiriens
15:10et donc qui ont accepté.
15:12Alors,
15:12les négociations commerciales d'en
15:13vont encore avoir lieu
15:14avec les industriels,
15:16mais en tout cas,
15:17côté gouvernemental,
15:18c'est acté.
15:20Vous avez signé un AIG ?
15:22Oui, c'est ça.
15:22On a signé un accord gouvernemental
15:26avec eux
15:27sur un certain nombre d'objets.
15:29Après,
15:29il faut encore que tout ça
15:30soit transformé en contrat.
15:31Et donc là,
15:32il y a des discussions,
15:32bien sûr,
15:33c'est normal entre les industriels
15:34Émiriens
15:34et les industriels français.
15:35Et ça veut dire
15:36que les Émirats
15:37vont financer une partie du F5 ?
15:40Ils vont financer des objets
15:41qui seront dans le F5.
15:43C'est ce que je vous dis,
15:44c'est-à-dire,
15:44on ne raisonne plus en F5,
15:46ils vont financer des objets
15:48qui vont sur le F5,
15:49qui sont dans le F5,
15:50y compris le moteur.
15:51Et on connaît le montant
15:52de ce financement ?
15:54Je ne veux pas vous donner
15:55parce que ça va dépendre
15:56des négociations
15:58qui ont lieu,
15:58mais on a des bornes
15:59de financement.
16:00C'est significatif.
16:01Mais ça pose la question
16:02du transfert de technologie,
16:04nécessairement ?
16:05Comment on gère cette question ?
16:06Jusqu'où on est prêt à aller ?
16:07Alors,
16:08c'est une excellente question
16:10parce que c'est au cœur
16:11de notre stratégie.
16:13Je vous l'ai dit tout à l'heure,
16:15là déjà,
16:15c'est l'outil de la souveraineté.
16:17La souveraineté,
16:17ça ne veut pas dire
16:18c'est fabriqué en France.
16:20La souveraineté,
16:20ça veut dire
16:21je maîtrise ce que je fais.
16:22C'est-à-dire que
16:22la souveraineté,
16:23ça veut dire que l'État,
16:25le citoyen français,
16:26représenté par le président
16:27de la République,
16:28chef des armées,
16:28quand il a besoin
16:29de la force armée
16:30et qu'il appuie sur le bouton,
16:32bouton nucléaire,
16:32bien sûr,
16:33on imagine,
16:33mais n'importe quel bouton,
16:34d'envoyer,
16:35quand il y a une catastrophe
16:36naturelle,
16:36des A4M
16:37pour aller faire du ravitaillement,
16:39etc.
16:39C'est le même bouton.
16:40Enfin,
16:40ce n'est pas le même bouton,
16:40mais c'est la même idée,
16:43eh bien,
16:43ça marche
16:44et il sait que son outil
16:45de défense va fonctionner.
16:46Et pour ça,
16:47notre travail,
16:48c'est vraiment
16:48d'être certain
16:49qu'on a la maîtrise
16:50de ce que l'on fait
16:51et que les choix qu'on fait,
16:52et donc,
16:53bien sûr,
16:53dans les discussions qu'on a,
16:55le Rafale,
16:55il emporte l'arme nucléaire,
16:56donc vous n'imaginez pas
16:57un quart de seconde
16:58qu'on va se mettre
16:58dans une situation
16:59où on mettrait en danger
17:00la dissuasion.
17:01Ça, ça n'existe pas.
17:02Mais par contre,
17:03comme on maîtrise
17:04complètement,
17:05techniquement,
17:06y compris à la DGA,
17:07avec...
17:07Déjà, rappelez-vous,
17:08c'est 10 600 personnes
17:10dont 8 000
17:10à la direction
17:11de l'ingénierie
17:11et de l'expertise.
17:12Donc, c'est des gens
17:13qui savent très bien
17:13vous dire,
17:14OK, mais sur tel objet,
17:15ça, on peut partager,
17:16ça, on ne partage pas,
17:18etc., etc.
17:18Et donc, c'est ça,
17:19c'est tout le travail
17:20qu'on mène.
17:21Donc, évidemment,
17:22évidemment,
17:23que tous les accords
17:24qu'on mène,
17:24ils préservent notre souveraineté,
17:26c'est-à-dire notre capacité
17:27à, à la fin dire,
17:29quand on en a besoin,
17:30ça fonctionne
17:30et qu'on n'est pas
17:31de dépendants de tiers
17:32pour faire fonctionner,
17:33etc.
17:33Mais ce n'est pas pour autant.
17:34Vous imaginez bien
17:35que sur tous nos armements,
17:36sur nos boulons,
17:37des boulons,
17:38on s'en fiche,
17:38en fait, les boulons.
17:39On saura toujours
17:39faire des boulons en France,
17:40on trouvera...
17:41Donc, voilà.
17:42Donc, après,
17:42il y a tout...
17:43Alors, je prends un exemple,
17:44évidemment, caricatural,
17:45mais c'est ce travail-là
17:46qu'on mène en permanence
17:47et donc, bien sûr,
17:48il n'y a aucun contrat
17:49que l'on signe
17:51ou aucun partenariat
17:52dans lequel on se mettrait
17:53en danger
17:54sur ce qu'on appelle
17:55notre souveraineté,
17:55c'est-à-dire
17:56notre capacité,
17:57à la fin,
17:57à maîtriser notre destin
17:58et que quand on a besoin
17:59de l'armement,
17:59l'armement,
18:00il fonctionne.
18:01C'est un rafale
18:02qui sera propulsé
18:03par un moteur
18:03nouvelle génération,
18:04le T-Rex,
18:05qui est en cours
18:06de développement.
18:07Le Safran a commencé
18:08le travail.
18:09Est-ce que vous avez trouvé
18:09un accord sur le financement
18:11avec Safran
18:11pour développer ce moteur
18:13qui doit avoir
18:13une poussée
18:13beaucoup plus importante ?
18:15Donc, tous les lancements
18:16des...
18:16On espère lancer
18:18d'ici la fin de l'année
18:19l'ensemble des...
18:21l'ensemble des contrats
18:22de développement du...
18:24Enfin, l'ensemble des contrats
18:25significativement
18:25la partie des contrats
18:26de financement
18:28sur le...
18:28Enfin, les cinq.
18:29Donc, on a quasi finalisé
18:30la discussion
18:31avec Safran.
18:33On va parler
18:34d'Europlasma.
18:36C'est un sujet délicat
18:37pour le ministère
18:39des Armées.
18:40Il est en redressement...
18:42En tout cas,
18:43l'entreprise
18:43est en redressement
18:44judiciaire.
18:45Est-ce que l'État
18:47va sauver
18:48les forges de Tarbes ?
18:51Donc, la réponse
18:52est oui, probablement.
18:54Donc, ce qui s'est passé,
18:56c'est qu'on a cherché
18:58à développer
18:58les forges de Tarbes.
18:59Les forges de Tarbes
19:00sont une industrie
19:01qui fonctionne bien,
19:02dont on a besoin
19:03pour les obus de 155.
19:05Ce qu'on a découvert
19:07cet été,
19:08c'est une gestion
19:10qui nous a surprise,
19:11des actes qui ont été...
19:13Des décisions
19:13qui ont été prises
19:14par les actionnaires
19:15des forges de Tarbes
19:16qui nous ont surpris,
19:17dont on s'interroge
19:18sur le fait
19:18qu'elles soient
19:19dans l'intérêt
19:19de l'entreprise.
19:20C'est pour ça
19:20qu'on a fait
19:21un article 40
19:22auprès de la procureure
19:23pour qu'elle analyse ça.
19:25L'entreprise a été placée
19:26en redressement judiciaire.
19:29Et donc, là,
19:30en ce moment,
19:31on travaille
19:33à identifier
19:34avec l'administrateur
19:36des repreneurs.
19:38On en a quatre
19:39en ce moment
19:39avec lesquels
19:40on discute.
19:40Donc, je n'ai pas
19:41d'inquiétude.
19:42Et de toute façon,
19:43c'est un dossier
19:43qu'on suit
19:44avec beaucoup d'attention.
19:45Donc, je n'ai pas
19:46d'inquiétude
19:46sur le fait
19:47qu'on trouve
19:47un repreneur
19:49pour les forges
19:50de Tarbes.
19:50Après,
19:50les discussions
19:51sont en cours
19:53et on suit ça
19:54avec beaucoup
19:55d'attention.
19:56Mais je ne suis pas
19:56inquiet
19:57par le redressement
19:57judiciaire.
19:58Il y a un administrateur
19:59et maintenant,
19:59il s'agit de trouver
20:01un repreneur.
20:02Comme je vous dis,
20:02on en a quatre,
20:03dont des Français.
20:04Donc, je n'ai pas
20:05de vraie inquiétude.
20:06D'accord.
20:07Et il y a des Français
20:08dans les cas ?
20:08Il y a des Français.
20:09On verra ce qu'on choisira.
20:10On choisira ce qui est
20:11dans l'intérêt.
20:12C'est toujours le même
20:13raisonnement.
20:15On choisira ce qui est
20:15dans l'intérêt
20:17de notre souveraineté,
20:18c'est-à-dire de notre capacité
20:19à ce que cette entreprise
20:20se développe
20:20et qu'on garantisse
20:21ce dont on a besoin
20:22en France.
20:23Donc, après,
20:23on verra en fonction
20:24des repreneurs
20:25quelles garanties
20:25ils nous proposent,
20:26etc.
20:27On sera particulièrement
20:28vigilants compte tenu
20:29de l'expérience
20:29qu'on vient de vivre.
20:30Est-ce que vous diriez
20:31malgré tout
20:31que l'État a peut-être
20:33manqué un petit peu
20:34de vigilance
20:35sur ce dossier
20:36parce que Europlasma
20:37a une très,
20:38on va dire,
20:39une réputation
20:39un petit peu sulfureuse
20:40en tout cas
20:40dans son mode
20:42de financement,
20:42dans son mode
20:42de fonctionnement.
20:43On a eu des alertes
20:44quand même
20:45ces derniers mois,
20:45depuis le mois d'avril
20:46dernier notamment.
20:48Je ne dirais pas ça.
20:49D'abord,
20:49on a cherché
20:50un repreneur
20:51après vous,
20:51à l'époque,
20:52on n'en avait pas 50.
20:54Donc,
20:54on était bien content
20:55de trouver un repreneur
20:56et ça s'est plutôt
20:57très bien passé au début.
20:58Donc,
20:59la situation
21:00s'est dégradée
21:00assez récemment.
21:01Donc,
21:01les choses se passaient
21:02plutôt bien,
21:03les productions
21:03sont de qualité.
21:04Enfin,
21:04on n'avait pas
21:05de difficultés.
21:06Là,
21:07la situation
21:08s'est fortement dégradée
21:10de gestion que nous,
21:13on interroge
21:14en tout cas.
21:14Mais bon,
21:14ça sera à la justice
21:15de se prononcer.
21:19Mais je ne suis pas inquiet
21:20sur l'avenir
21:21des forges de terme.
21:22Et à l'inverse,
21:23la fonderie de Bretagne,
21:24c'est si fini ?
21:27Je ne sais pas vous dire,
21:28j'ai l'impression.
21:30Mais les fonderies
21:31de Bretagne,
21:33malheureusement,
21:34nous,
21:34on représentait au mieux
21:35si on avait été
21:36au bout des projets.
21:37C'est-à-dire que
21:37ça nous intéressait
21:38pour un certain nombre
21:40usage et notamment
21:41pour Thalès,
21:41mais on n'aurait représenté
21:42que 10% de l'activité
21:43des fonderies de Bretagne.
21:44Donc,
21:45d'abord,
21:46un,
21:46ce n'est pas critique
21:48au sens des besoins
21:49immédiatement.
21:50Par contre,
21:51on avait des opportunités,
21:52mais malheureusement,
21:52ça ne représentait
21:53que 10% de l'activité.
21:55Donc,
21:55ce n'est pas l'activité défense,
21:57c'est essentiellement
21:57une activité automobile
21:58qui était l'activité
21:59des fonderies de Bretagne.
22:00Et malheureusement,
22:01nous,
22:02on représentait
22:02qu'il y a une faible partie.
22:04Donc,
22:04on a tout fait
22:04pour essayer
22:05que ces 10%,
22:06cette partie-là,
22:10font que ça n'a pas fonctionné.
22:12Et parmi les 4 repreneurs
22:13aujourd'hui
22:14sur les forges de Tarbes,
22:15est-ce qu'il y en a
22:15qui pourraient être intéressés
22:17sur la fonderie de Bretagne ?
22:19Je ne pense pas.
22:20Ce n'est pas la même activité.
22:22On parle des munitions.
22:24Où on est aujourd'hui ?
22:25France Munitions.
22:26Donc,
22:27France Munitions,
22:27alors d'abord,
22:28un,
22:28peut-être dire que
22:29les munitions,
22:30c'est quand même
22:30la priorité absolue
22:32pour nous,
22:32notamment dans le budget
22:34de l'année prochaine
22:34et de cette année.
22:36Pour vous donner une idée,
22:37le fournisseur,
22:38notre principal fournisseur
22:39de missiles,
22:42c'est MBDA.
22:43Cette année-là,
22:44à l'heure où je vous parle,
22:45on a passé 4 fois plus
22:46de budget de commande
22:48auprès de MBDA
22:48qu'on en avait passé
22:49l'année dernière.
22:50Donc,
22:50on est en train
22:51d'accélérer
22:52très significativement
22:55nos commandes
22:56de munitions.
22:58Sur France Munitions,
22:59le travail continue
23:01et notamment,
23:02on est dans la phase
23:03dialogue de place
23:06avec les acteurs financiers
23:07pour voir
23:08qui est intéressé,
23:09comment ça pourrait...
23:10Voilà.
23:10Donc,
23:10le projet est toujours
23:11en cours
23:12et on est en discussion,
23:14on consulte
23:15les différents acteurs
23:15financiers
23:16qui pourraient être intéressés.
23:17Justement,
23:18vous avez au pied
23:19à MBDA.
23:21Qu'est-ce que ça change
23:22de nouveau patron
23:23à la tête de MBDA
23:24avec Jean-Brice Dumont
23:25qui va arriver,
23:26je crois,
23:26le 1er novembre ?
23:27Alors, moi,
23:29j'ai pour habitude
23:30de ne pas personnaliser
23:31les débats.
23:32Donc, MBDA,
23:33c'est une entreprise
23:35cruciale pour la France.
23:37D'abord,
23:37parce que c'est
23:37notre principal fournisseur
23:38de missiles.
23:39Deuxièmement,
23:39c'est le fournisseur
23:42de la composante aérienne
23:44de la force de dissuasion.
23:45Donc,
23:45c'est une entreprise
23:47absolument critique.
23:48Donc,
23:49on va avoir un dialogue.
23:50On a déjà un dialogue
23:52très important
23:53avec Jean-Brice Dumont.
23:54L'enjeu pour nous
23:57concernant MBDA,
23:58d'abord,
23:58c'est que cette entreprise
23:59continue à se développer
24:00et qu'elle se porte bien
24:00pour les raisons
24:01que j'ai expliquées.
24:02Et deuxièmement,
24:02le sujet,
24:03c'est le ramp-up industriel,
24:04bien sûr.
24:05Aujourd'hui,
24:05le sujet,
24:06c'est augmentation des volumes
24:08et accélération des délais.
24:09C'est deux sujets
24:10qui sont d'ailleurs
24:11un tout petit peu différents
24:11et qui sont très liés.
24:12Mais c'est ces deux travaux-là.
24:13Donc,
24:14c'est là-dessus
24:14qu'on travaille majoritairement
24:17avec MBDA.
24:17Mais vous voyez,
24:18par exemple,
24:18on a lancé un projet
24:19de missiles RR
24:22en bon français
24:23qu'on appellerait
24:23Gapfiller.
24:24On veut avoir
24:24un missile RR
24:26de portée allongée.
24:27Faire un nouveau météore
24:29allongé,
24:29ça,
24:30ça va nous prendre
24:31très longtemps.
24:31Donc,
24:32on a lancé des travaux
24:33avec MBDA
24:34et qui se passent bien.
24:35Je pense qu'on va
24:36lancer ce projet
24:37d'ici la fin de l'année.
24:37On est en train
24:38de finaliser le design,
24:40de dire,
24:40OK,
24:41on a besoin d'un missile
24:42de portée
24:43beaucoup plus longue.
24:44On s'est fixé
24:45un objectif en portée.
24:46On dit,
24:46voilà,
24:47qu'est-ce qu'on est capable
24:47de faire
24:48pour avoir un missile
24:48en 2030 ?
24:49En réutilisant des trucs
24:50qui existent,
24:51pas en refaisant un truc
24:53très sophistiqué,
24:54mais en prenant
24:54tout ce qui existe
24:55sur le marché,
24:55tout ce qu'on a autour de nous,
24:57qu'est-ce qu'on est,
24:57et on essaye de se dire,
24:58OK,
24:58on fait un missile allongé
24:59et notre objectif,
25:01enfin,
25:02on n'a que deux contraintes,
25:03c'est portée allongée
25:04et deux,
25:04qu'on puisse l'emporter
25:05sous l'avion
25:05et que ça n'explose pas
25:07la figure du pilote
25:07quand il appuie sur le bouton.
25:09Voilà,
25:09c'est ça,
25:09grosso modo,
25:10nos deux objectifs,
25:10c'est qu'on puisse l'emporter,
25:12et qu'il puisse être utilisé
25:13et que deuxièmement,
25:13il ait une portée allongée.
25:14Eh bien,
25:15ce dialogue,
25:15on l'a eu avec MBDA,
25:16ça a fonctionné
25:17et je pense qu'on va aboutir
25:20à quelque chose
25:20qu'on va lancer
25:21et qui nous permettra
25:22d'avoir ce missile
25:23très rapidement.
25:242030,
25:25vous imaginez,
25:262030,
25:26c'est demain
25:27pour faire un missile,
25:28donc c'est quand même,
25:28on n'a jamais fait ça,
25:29faire un nouveau missile,
25:31alors ça ne sera pas
25:31complètement un nouveau,
25:32mais faire un truc
25:33à portée allongée comme ça
25:34dans un délai aussi rapide,
25:35j'espère qu'on va y arriver,
25:36je pense que oui,
25:36mais on ne l'a jamais fait.
25:38On arrive presque au bout,
25:39j'ai une petite question,
25:39je sais que Michel
25:40en aura une autre aussi,
25:41vous parliez d'entreprise critique,
25:43il y en a une qui est KNDES
25:44pour le coup,
25:45beaucoup de circonvolution
25:46ces derniers mois
25:47autour de son introduction
25:48aux bourses ou pas,
25:49des dialogues qu'il peut y avoir
25:50entre les Allemands
25:51sur les sessions du capital,
25:52comment vous regardez
25:53cette question de KNDES ?
25:54En tout cas,
25:55aujourd'hui,
25:55c'est une entreprise
25:56franco-allemande,
25:57on a un accord de gouvernance
25:58qui a été discuté cet été
26:00quand vous vous rappelez,
26:02la famille voulait vendre ses parts,
26:04elle veut toujours d'ailleurs
26:05vendre ses parts,
26:06retourner parce que
26:08la bulle Rheinmetall,
26:09on l'a comme ça
26:10le cours de Rheinmetall
26:11qui fige un peu
26:12la valeur des entreprises
26:13dans le domaine
26:15notamment du terrestre,
26:16il s'est lourdement effondré
26:18donc évidemment
26:18les valorisations
26:21sont baissées
26:22donc le marché
26:23était moins intéressé,
26:24en tout cas,
26:24ce qu'on attendait,
26:25les familles ont été moins intéressées
26:26mais on a eu
26:26de longues discussions
26:27donc on a un accord aujourd'hui
26:28avec les Allemands
26:29de gouvernance
26:30donc on va voir
26:30ce que font les Allemands là
26:31mais en tout cas,
26:32pour nous,
26:32le dossier il est carré
26:34maintenant aujourd'hui
26:36sur comment ça va
26:36fonctionner en franco-allemand
26:39puisque le gouvernement allemand
26:41va reprendre
26:42une partie significative
26:44de KNDS
26:45donc on sera toujours
26:46moitié français,
26:47moitié allemand
26:48simplement on va passer
26:49d'une famille
26:49au gouvernement
26:50et le cas échant
26:51peut-être avec une IPO
26:52on verra ce qui se passe
26:54dans les semaines
26:55et mois qui viennent
26:56mais je dirais
26:57la mécanique de gouvernance
26:59franco-allemande
27:00nous notre mantra
27:03dans la négociation
27:06ça veut dire
27:06on veut une seule entreprise
27:07on veut une entreprise
27:08qui se développe
27:09donc on veut
27:10que ça fonctionne
27:11cette entreprise
27:12franco-allemande
27:12c'est ça
27:13et c'est ça je pense
27:13qu'on a obtenu
27:15c'est-à-dire de dire
27:16ok, on est en train
27:17de construire
27:18une entreprise
27:19franco-allemande
27:20du terrestre
27:21Est-ce que vous sentez
27:23les patrons
27:23et vous-même d'ailleurs
27:25menacés
27:25par une opération russe
27:26comme peuvent l'être
27:27le président de SAB
27:29Michael Johnson
27:30ou le président
27:31de Rheinmetall
27:32que vous avez cité
27:34Armin Paperguer
27:35est-ce que vous sentez
27:36qu'il y a
27:36des menaces
27:37qui pèsent
27:38sur les grands patrons
27:40français de l'armement ?
27:41Écoutez, en tout cas
27:42la menace hybride
27:44contre les intérêts français
27:46et notamment en matière
27:47de défense
27:47ils existent
27:48c'est la réalité
27:49donc c'est pour ça
27:49que je n'ai pas d'exemple
27:52à vous donner
27:52de trucs concrets
27:53qui se soient passés
27:54sur les grands patrons
27:55d'armement français
27:57et puis il faut vivre
27:59enfin en tout cas
28:00on essaye de vivre
28:01sans y penser
28:02parce que sinon
28:02on n'avance pas
28:03mais de fait
28:04la menace existe
28:04donc c'est pour ça
28:05qu'on fait tout un travail
28:06avec les entreprises
28:06de défense
28:08avec les préfectures
28:10avec le ministère
28:11de l'intérieur
28:11les forces de sécurité
28:12etc.
28:13la DRSD
28:15tous nos travaux
28:15d'identification
28:17de renforcement
28:17de la sécurité
28:18alors évidemment
28:19je ne vais pas vous
28:19donner des détails
28:20et vous comprendrez
28:21aisément pourquoi
28:22mais en tout cas
28:23c'est un travail
28:23qu'on mène
28:24d'identification
28:25de quels sont
28:26les risques
28:26qu'est-ce qu'on prend
28:27comme mesure
28:28de précaution
28:28de tout type
28:30pour augmenter
28:31notre vigilance
28:32notre résilience
28:33face à des menaces
28:35qui de fait
28:35elles existent
28:36et bien ce sera le mot
28:37de la fin
28:38merci beaucoup
28:39Patrick Payou
28:40délégué général
28:40de l'armement
28:41d'avoir été avec nous
28:42vous avez un emploi
28:42du temps en charge
28:43on vous remercie
28:43d'être passé par notre
28:44studio d'air et défense
28:45et on se retrouve
28:46bien Michel
28:47la semaine prochaine
28:48à l'occasion du salon
28:49Euronaval
28:49bonne semaine
28:50merci
28:52R et défense
28:53sur BFM Business
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