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  • il y a 20 minutes
Ce vendredi 30 octobre, Étienne Bracq a reçu Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, Robin Rivaton, président de Stonal et essayiste, et Jean-Charles Simon, président de Propriété et Libertés, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:03BFM Business et la Tribune présente
00:06Débat et controverse
00:08Les experts
00:10Etienne Braque
00:11Bonjour à tous et bienvenue pour les experts au programme de la prochaine heure.
00:15La France en route vers la récession, la question se pose alors que le PIB au troisième trimestre est ressorti
00:19à moins 0,1%.
00:20La quitte croissance est plus que de 0,2% pour terminer l'année.
00:25Un mot également bien sûr de la BCE alors que Christine Lagarde va acquister l'institution en février.
00:30Son départ n'était pas une surprise, elle avait indiqué quitter son mandat avant son terme.
00:34Mais désormais on a une date, ça sera le 7 février 2027.
00:37Tiens, tiens, juste avant la présidentielle, hasard ou pas, l'avis des experts dans un instant.
00:41Et puis en deuxième partie d'émission, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation, notamment des lycéens.
00:46Les échos rapportent ce matin que le gouvernement envisage de faire passer le plafond du livret A à 30 000
00:50euros,
00:51notamment pour financer la rénovation des lycées.
00:54Et puis si on a le temps, on parlera d'intelligence artificielle.
00:57Encore, oui, je sais, mais comment ne pas passer à côté des moins 12% d'Alphabet hier soir
01:01ou encore du sérieux décrochage d'Amazon en après-bourse, moins 8, Intel, moins 23.
01:06La question de la monétisation et surtout des investissements dans l'IA
01:09commence de plus en plus à faire peur à Wall Street.
01:15Je vois Robin Rivaton tiquer.
01:16Il nous donne son avis dans la deuxième partie d'émission.
01:18Robin Rivaton donc en plateau ce matin, président de Stonal et Essayis.
01:22Merci d'être avec nous ce matin.
01:23Anthony Morley-Lavidali, économiste chez Rex & Code.
01:26Et Jean-Charles Simon, président de Propriété et Liberté.
01:30Je commence avec vous, Anthony Morley-Lavidali.
01:33Vous êtes économiste.
01:34Vous avez regardé là depuis 7h30 ce matin, c'est la publication des données de l'INSEE
01:38donc en ce qui concerne la consommation, mais également bien sûr la croissance.
01:43Moins 0,1%.
01:45Bon, les économistes ne s'attendaient pas à un chiffre grandiose.
01:49Néanmoins là, on est en dessous du zéro.
01:51Alors c'est un petit peu symbolique, mais c'est en dessous des attentes.
01:54Oui, il aurait mieux fallu rester au lit ce matin, parce que le réveil est douloureux.
01:58Il y a une vraie surprise négative sur le commerce extérieur.
02:01Ça c'est vrai, c'est ce qui nous fait basculer en négatif.
02:04Notamment parce qu'on a eu des sujets sur les exportations de matériaux de transport.
02:07Toujours ces fameuses chaînes de logistique côté aéronautique
02:11qui malheureusement sont en souffrance.
02:13Et puis des petits sujets sur l'agroalimentaire qui tiennent à la canicule.
02:15Plus largement, on a un vrai sujet sur est-ce que récession ou pas de l'économie française.
02:19La demande intérieure, elle est honnêtement pas très dynamique.
02:22On a encore une poche de résistance qui malheureusement risque de ne pas tenir.
02:25C'est la consommation des ménages.
02:27On a aussi un peu de consommation publique.
02:29Ce n'est pas une bonne nouvelle, parce que ça s'appelle du déficit public.
02:31Donc on préférait, à l'heure où on se parle, en avoir moins.
02:33Mais ça continue de soutenir le PIB.
02:35Et surtout, la très mauvaise nouvelle, c'est l'investissement.
02:38Parce que là, on est quand même sur trois trimestres de recul assez lourd.
02:42Et je pense que l'investissement n'a pas fini de baisser.
02:44Parce qu'au troisième trimestre, ce n'est pas la hausse des taux encore qui s'est pleinement exprimée.
02:49Il y a des hausses qui vont venir sur les crédits accordés aux ménages et aux entreprises dans les semaines
02:54et trimestres qui viennent.
02:54On a encore à peu près au moins un point de hausse à venir.
02:58Donc ça risque de faire mal.
02:59Et c'est sûr qu'à la fois pour le quatrième trimestre, même pour le début d'année 2027,
03:04on risque d'être proche de la ligne de flottaison, si ce n'est en dessous.
03:08Je faisais un petit calcul avant de rentrer sur le plateau.
03:11L'acquis de croissance que l'on a pour 2026, vous l'avez mentionné, c'est 0,2.
03:14Mais si on n'a pas de croissance au T4, l'acquis pour 2027, on rentre à moins 0,1
03:19d'acquis.
03:19Donc ça veut dire qu'on rentre avec une impulsion négative.
03:21Ce qui est quand même un truc.
03:22Ce qui veut bien dire que le 1% du gouvernement, là, sincèrement, bon courage.
03:25Hormis révision massive des comptes, je veux dire, le 1% est intouchable.
03:31Et même, nous, on est à 0,5%, on a révisé à 0,5%.
03:34Même ça, ça devient presque optimiste.
03:35Donc c'est pour dire que dans une situation, on est dans le creux de la vague, il faut le
03:38dire.
03:39Quid du budget ? On en parlera dans un instant.
03:41Ça va peut-être devoir obliger à revoir un petit peu la feuille de route pour 2027.
03:47Alors, hasard de calendrier, hier, on a eu des chiffres aux États-Unis.
03:50Robin Rivaton, là, la croissance est de 3,4%.
03:52On est vraiment sur un autre monde.
03:54Mais si on reste, nous, en Europe, l'écart se creuse également par rapport à nos partenaires européens.
03:59Oui, le petit rebond, le léger rebond européen, la France n'en profite pas du tout.
04:03Elle s'enfonce dans la crise.
04:06Et comme ça a été dit, je pense que c'est très psychologique.
04:08On est un peu en situation d'anxiété anticipatoire.
04:11En psychologie, on dit ça.
04:12On sait que la situation actuelle, elle nous est agréable parce que quand on soit un ménage, qu'on soit
04:17une entreprise, il y a quand même l'État qui fait beaucoup de choses.
04:21On l'a dit, la consommation publique est quand même encore généreuse.
04:23Et de l'autre côté, on sait que cette situation, elle est instable et que plus on attend, plus elle
04:28va devenir difficile à résoudre.
04:30Et donc, la purge va être douloureuse.
04:31Et donc, ça contraint très fortement les comportements, les comportements des entreprises avec un gel.
04:38Tous les chefs d'entreprise avec qui j'ai la chance de discuter depuis plusieurs mois, ça faisait déjà un
04:43moment qu'ils avaient mis le pied sur le frein en matière d'investissement et d'embauche.
04:46L'embauche, je pense qu'on n'en a pas parlé dans ce paysage un peu cataclysmique.
04:51Mais les chiffres du chômage vont monter très, très, très, très vite dans les prochaines semaines et les prochains mois.
04:57Et de l'autre côté, des ménages qui, eux aussi, commencent à lever un peu le pied avec des décisions
05:06d'investissement à l'échelle micro.
05:07On le voit, j'étais un peu de jours avec, anecdotique, mais en même temps, les petites anecdotes font les
05:12grandes vérités macro.
05:13Avec le patron d'un réseau de crèches qui disait que les mercredis, désormais, les ménages ne laissent plus leurs
05:18enfants à la crèche le mercredi et s'arrangent pour pouvoir garder les enfants.
05:22Donc voilà, on voit bien ces micro-signaux qui montrent que la consommation est en train de céder à certains
05:28endroits.
05:28Et donc, la France, aujourd'hui, on va vers une prévision de croissance extrêmement basse.
05:33Le gouvernement, on était encore à 0,6.
05:35Quand la Banque de France annonçait 0,4, il y a deux semaines, tout le monde disait qu'elle jouait
05:39le pessimisme.
05:41La réalité, c'est que même ce 0,4 aujourd'hui, en 2026, est très, très hypothétique.
05:46Et le 1% de l'année prochaine, je pense que le budget est déjà construit sur des bases insincères.
05:52Le mot est sans doute dur, mais en tout cas, qui ne sont pas atteignables.
05:54Jean-Charles Simon, président de Propriété et Liberté.
05:56Le problème en ce moment, c'est surtout la confiance.
05:59C'est-à-dire que la confiance des acteurs économiques n'est pas au rendez-vous, la confiance des consommateurs
06:02non plus.
06:03On va rentrer dans une période qui sera très dense avec la présidentielle.
06:07Et là aussi, le début d'année 2027 risque d'être à petits pas.
06:12Oui, moi, comme ancien de la sphère INSEE, je suis même presque surpris que la croissance ne soit pas pire
06:17en France aujourd'hui,
06:19avec cet environnement qui est totalement délétère.
06:21C'est-à-dire que, bon, il y a l'international qui, par exemple, lui-même est chaotique et qui
06:25joue négativement,
06:27comme le disait Anthony, sur, en plus, des décalages parfois de trimestre entre des gros secteurs comme l'aéronautique
06:34qui peuvent faire basculer de 0,2 points quelquefois, que ça, les chiffres définitifs.
06:39Mais on est globalement dans un contexte délétère.
06:43Et le vrai sujet aujourd'hui, c'est quand même la responsabilité des acteurs,
06:47notamment à l'égard des entreprises.
06:49C'est-à-dire, quand vous avez des programmes de candidats qui sont donnés parmi les favoris
06:54de la campagne présidentielle de 2027,
06:58qui ont des perspectives et des projets de taxation massives du capital des entreprises,
07:06vous avez évidemment des effets et des impacts colossaux sur les perspectives d'investissement.
07:12C'est un peu plus lent à se traduire côté consommation,
07:16et c'est un peu plus résilient, c'est un peu moins volatile par nature,
07:19mais évidemment, c'est quelque chose de colossal sur l'investissement.
07:23Et aujourd'hui, ce qu'on ne mesure même pas,
07:25parce que ça, ce n'est pas une donnée du PIB et de la croissance,
07:28mais ce qu'on ne mesure même pas, c'est l'effet patrimoine.
07:30C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous avez un nombre de personnes
07:34qui envisagent de délocaliser leur patrimoine.
07:37Ça commence par l'assurance vieux au Luxembourg,
07:39qui n'est pas une délocalisation fiscale,
07:41au sens où on reste résident fiscal français,
07:43mais vous voyez le succès massif de l'assurance vieux au Luxembourg,
07:47qui est un témoignage de cette inquiétude à l'égard des risques
07:51qui sont propres au contexte français.
07:53Eh bien, en fait, en pratique, on va voir
07:56qu'un certain nombre de personnes changent aussi la résidence fiscale
07:59de leur entreprise et de leur personne physique.
08:02Donc, on a un contexte sur lequel il y a une responsabilité collective,
08:06massive, pour moi, de la classe politique française aujourd'hui.
08:09Et tant qu'on n'aura pas passé cette phase
08:14avec un nouveau Parlement et, si possible, un programme raisonnable,
08:18à la fois pour le difficile public, comme le disait Robin,
08:21c'est-à-dire sur les anticipations que les gens ont
08:22sur cette consommation publique qui va forcément devoir être restreinte,
08:25qu'il va falloir supprimer des dizaines de milliards
08:27à un moment d'alimentation des agents économiques
08:32par de l'argent public.
08:33Et puis, il va falloir avoir une visibilité, une clarté
08:37sur ça va être quoi la fiscalité demain
08:39des personnes physiques, des personnes fortunées
08:43qui sont le bouc émissaire de plusieurs de ces candidats
08:47importants à la présidentielle,
08:48et des grandes entreprises et des entreprises moyennes
08:50qui se disent, mais pour l'instant,
08:51il n'est pas raisonnable de faire des investissements en France.
08:54Au moins que j'ai une clarté là-dessus.
08:56Et vous le voyez bien, les grandes entreprises
08:57qui sont implantées en France aujourd'hui
08:59priorisent des investissements à l'étranger.
09:01Bien sûr.
09:01Mais quand vous êtes une structure, une PME, une OTI,
09:03vous ne pouvez pas comme ça changer de levier ?
09:07Il faut voir sur les grandes entreprises,
09:08ça c'est un point qui est un point du débat public français
09:11qui est totalement mal compris
09:14par beaucoup de commentateurs
09:16et notamment de responsables politiques.
09:18Les gens en parlent, on voyait encore le résultat total hier,
09:21les gens parlent de ces groupes comme si c'était
09:23des entités internes, intégralement à l'économie française.
09:27Ce n'est absolument pas le cas.
09:28Les grands groupes français,
09:29quand vous prenez le périmètre de la faible 117 entreprises,
09:31plus des trois quarts du chiffre d'affaires,
09:33il est à l'étranger.
09:34Et c'est encore plus,
09:35ils ne publient pas le disclose géographique complet
09:38de leurs bénéfices,
09:39mais c'est encore plus probablement côté bénéfice.
09:41Donc en fait, aujourd'hui,
09:43on a des grands groupes dont on a raison d'être très fiers,
09:45mais les comparer en valorisation,
09:48en dividende,
09:49en fortune de leurs actionnaires familiaux
09:53avec le PIB français, par exemple,
09:56comme le fait un économiste célèbre
09:58voulant taxer le patrimoine français,
09:59ça n'a aucun sens.
10:00Ce ne sont plus des groupes corrélés
10:03à l'activité de l'économie française.
10:04Tant mieux pour eux,
10:05parce qu'ils profitent de la croissance internationale
10:07et des opportunités internationales.
10:08Mais donc, il faut faire très attention à ça.
10:10Aujourd'hui, ces groupes, naturellement,
10:12qui sont un de nos plus gros atouts,
10:13ils ont intérêt, dès que le climat est un peu
10:17difficile, compliqué, instable en France,
10:19à aller investir à l'étranger.
10:203,4% d'inflation,
10:22c'est également le chiffre du jour
10:23en ce qui concerne l'INSEE.
10:25Aujourd'hui, Anthony Morley-Lavidali,
10:28vous nous l'avez dit tout à l'heure,
10:29la croissance française,
10:31elle va vers zéro.
10:32Aujourd'hui, la question de la récession,
10:34ça se pose,
10:34mais aussi peut-être de la stagflation.
10:37Ah oui, en tout cas,
10:38ce qui est terrible,
10:39c'est qu'il n'y a aucun moteur
10:39dans l'économie française.
10:40On voit bien que du côté des ménages,
10:41le pouvoir d'achat,
10:42il va être sous pression.
10:43Le pouvoir d'achat des salaires
10:44diminue déjà aujourd'hui.
10:45Et on n'a pas de place
10:46pour faire des augmentations massives.
10:47On l'a dit,
10:48les entreprises sont également sous pression.
10:50On a des défaillances records.
10:51Nous, on va publier dans quelques jours
10:53un document sur les taux de marge
10:54qui montre qu'on a des entreprises
10:55qui marchent beaucoup moins
10:56que partout ailleurs
10:57quand on fait des comparaisons
10:58dans les pays de l'OCDE.
11:00Donc, on est dans une situation
11:01où au fond,
11:02la bête est un peu exsangue.
11:04Il n'y a pas de moteur.
11:05Et ce qui me frappe beaucoup,
11:06c'est qu'évidemment,
11:07les mauvaises idées surgissent
11:08aujourd'hui sur la taxation
11:09dans tous les sens,
11:09notamment des grandes entreprises.
11:11Mais on avait de la place
11:13il y a encore quelques années
11:13pour faire de la consolidation budgétaire.
11:15En 2022, 2023, 2024,
11:18combien même d'experts
11:19ont dit qu'il ne faut surtout pas
11:21consolider trop vite,
11:22on va casser la croissance.
11:23On avait de la place pour le faire.
11:25Il y a un mea culpa terrible
11:26à faire quand même sur
11:27un moment donné,
11:28il va falloir arrêter de se dire
11:29que ce n'est jamais le moment
11:30de faire des économies.
11:31Moi, je suis frappé.
11:32Et aujourd'hui, on doit le faire
11:32parce que les marchés nous l'imposent
11:33alors qu'on est à zéro,
11:35voire même en négatif.
11:36Donc, ça va être évidemment
11:36d'autant plus douloureux.
11:37Mais combien on dit
11:38qu'il ne fallait pas le faire
11:39au moment où on avait de l'activité ?
11:40Et ça, c'est, me semble-t-il,
11:42un problème français majeur
11:43de toujours repousser
11:45à plus tard l'effort.
11:45Sauf qu'au bout d'un moment,
11:46vous butez quand même
11:48sur une forme de limite
11:49qui vous est imposée
11:49par l'extérieur
11:50et ça va devenir très désagréable.
11:51Et je crois que, vraiment,
11:53les prochains trimestres
11:54ne vont pas être drôles.
11:55Qui pour signer la fin de la partie,
11:56Robin Rivaton ?
11:57C'est la question qui se pose aujourd'hui.
11:59Quand vous regardez
11:59les programmes économiques,
12:00alors certes,
12:01Edouard Philippe promet moins de dépenses,
12:04retarder l'âge de départ
12:05à la retraite, etc.
12:06Mais on n'est pas encore
12:07sur des mesures
12:08qui viseraient
12:10au moins améliorer la situation,
12:12à la stabiliser.
12:13Moi, je suis très inquiet
12:14parce qu'on a encore
12:15huit mois jusqu'aux législatives.
12:16Et vraiment,
12:17à ce rythme-là
12:18de décomposition
12:19vraiment très forte
12:20de l'économie française,
12:22ces huit mois vont être interminables.
12:23Vraiment interminables.
12:24On le voit,
12:25on a eu le projet de loi de finances
12:26sur la sécurité sociale
12:27qui augmente la masse salariale
12:28massivement pour les gros employeurs.
12:30Donc, on n'a que des mauvaises choses
12:31qui vont arriver en huit mois.
12:32Et je ne sais pas comment nous allons éviter
12:34un accident dans ces huit mois.
12:36Vraiment, c'est quelque chose
12:37qui m'inquiète.
12:38Après, la question de
12:39qu'est-ce qui se passera
12:40au bout de ces huit mois ?
12:40Est-ce qu'il y a de la lumière
12:41au bout du tunnel ?
12:43La réponse, c'est non.
12:45Aujourd'hui,
12:45il n'y a aucun candidat
12:46ou candidate
12:47à l'élection présidentielle
12:49qui n'a pris conscience
12:50ou qui n'a proposé
12:51des mesures
12:51qui prennent conscience
12:52de l'ampleur de la crise
12:54avec tout le monde
12:55l'idée derrière la tête
12:56que de toute façon,
12:58après les législatives,
13:00il y aura de toute façon
13:01une concertation
13:02avec nos partenaires européens
13:04pour mettre en place
13:05la liste des courses
13:08de ce que l'on va devoir faire
13:09parce que de toute façon,
13:10soit ce sera les marchés
13:11qui nous l'opposeront massivement.
13:13Je pense qu'aujourd'hui,
13:14on va avoir un sursis
13:16des marchés
13:16jusqu'aux législatives
13:17parce qu'ils ont bien vu
13:18qu'un président
13:18sans majorité parlementaire
13:20dans ce pays,
13:20ça ne marchait quand même
13:21pas très bien.
13:22Donc, il y a de fortes chances
13:22qu'on ait au moins
13:23ce petit sursis.
13:24Mais le soir des législatives,
13:26si on n'a pas une majorité
13:27qui montre qu'elle va faire
13:28une loi de finances rectificative
13:29parce que la loi de finances
13:302027,
13:31elle va être catastrophique.
13:32Donc, il va falloir faire
13:32une rectificative 2027
13:34qui va être sévère
13:35et une loi de finances 2028
13:36qui va être au moins aussi sévère.
13:37Si on n'a pas une majorité parlementaire
13:39qui se semble disposée
13:40à faire ça,
13:41je pense que les marchés
13:42vont faire une sanction
13:42très, très brutale.
13:43Et encore une fois,
13:44si on arrive à passer
13:46ces huit mois
13:46qui vont être des huit mois terribles
13:48où la France n'a que des mauvaises
13:50nouvelles macro pour la France
13:51et un contexte international
13:53qui va être très, très chancelant.
13:55Donc, honnêtement,
13:56on va marcher sur la ligne de crête.
13:59Jean-Charles Simon,
14:00comment voyez-vous
14:01ces huit prochains mois ?
14:02Très difficile également.
14:04Moi, j'ai vraiment le sentiment,
14:08si vous voulez,
14:08que les scénarios,
14:11les pires,
14:12ne sont même pas tous
14:13complètement envisagés.
14:15Je vois par exemple
14:16une situation dans laquelle
14:17un des candidats
14:19potentiellement finalistes
14:20du second tour
14:22qui a promis quelque part
14:24de ne pas respecter
14:25les traités internationaux
14:26et de ne pas respecter
14:26les engagements de la France
14:28en tant que débitrice
14:30de ses prêteurs.
14:31Si jamais on se rapprochait
14:33d'une chance
14:34pour ce candidat,
14:35moi, je pense qu'on risque
14:37encore pire.
14:37C'est-à-dire qu'on risque
14:38que l'agence France Trésor
14:39à ses adjudications
14:40n'arrive pas
14:42à satisfaire son carnet d'ordre.
14:43C'est-à-dire qu'on n'arrive pas
14:44à faire les levées
14:46de dettes
14:47dont on a besoin
14:48pour payer les fonctionnaires,
14:49payer les fameuses dépenses
14:50publiques en ligne.
14:51Donc ça, c'est un scénario extrême.
14:53Je ne suis pas sûr
14:54qu'il arrive
14:54ni politiquement
14:56ni derrière
14:56et sur les marchés.
14:58Mais c'est quand même
14:59quelque chose
14:59auquel il faut penser.
15:01Je vois un Parlement
15:03qui est totalement irresponsable
15:04lui-même,
15:04qui ne donne aucun signe
15:05de responsabilité.
15:06Vous vous rendez compte
15:07que sur une mesure
15:08quand même aussi basique,
15:10aussi basique,
15:11aussi mesurée,
15:13qui est l'indexation partielle
15:16des retraites
15:17ou le simple plafonnement
15:21de l'avantage
15:22qu'ont les pensionnés
15:23en matière d'impôts
15:25sur le revenu,
15:26c'est-à-dire
15:26le fameux abattement
15:27de 10%
15:27qu'on plafonnerait
15:28pour une toute petite somme,
15:30c'est-à-dire des conséquences
15:31pour des ménages
15:31relativement aisés
15:32qui seraient au maximum
15:33de quelques centaines
15:34d'euros par an.
15:34Donc on est vraiment
15:35du minimum
15:36sur le premier budget
15:37de la nation
15:38au sens consolidé
15:39des administrations publiques,
15:40les retraites.
15:42On a quand même
15:43un constat évident
15:45que là-dessus,
15:46c'est une somme
15:48qui est trop élevée.
15:49On est à peu près
15:502,5 de PIB
15:51au-dessus du voisin allemand
15:52qui pourtant
15:53a une configuration démographique
15:55pire que la nôtre.
15:56Donc on est vraiment
15:58excessif,
15:58on va dire,
15:58dans cette dépense publique.
16:00Même là,
16:00des gestes très mesurés
16:01qui sont de faire participer
16:02les actuels pensionnés
16:03à l'effort,
16:05sachant qu'évidemment
16:05les actifs devront eux aussi
16:06faire un effort important
16:07en termes de durée d'activité
16:09avant le passage à la retraite.
16:10Même ça,
16:10le Parlement se coalise
16:13quasiment
16:13pour empêcher
16:14que les quelques mesures
16:15raisonnables
16:16que le gouvernement
16:17voulait introduire
16:18dans ce PLF et PLFSS
16:20ne soient pas prises en compte.
16:21Donc là,
16:22vraiment,
16:23je pense à nouveau
16:24que la question
16:24de la responsabilité
16:25de la classe politique
16:26dans les prochains mois
16:26est cruciale.
16:28Il faut parler
16:29le langage de vérité
16:29pour ce qu'évoquait Robin,
16:31c'est-à-dire
16:31le collectif 2027
16:33et la loi de finances 2028
16:35qui seront forcément
16:36sous contrainte massive
16:38soit par un scénario
16:39à la listreuse
16:40d'envoler
16:40soit parce que la BCE
16:41va venir effectivement
16:42au secours
16:42mais à ce moment-là
16:43ce sera contre
16:44des annonces de mesures
16:45d'économie drastique.
16:47Eh bien,
16:48il faut absolument
16:50éveiller les Français
16:51au maximum
16:52à ce redressement inévitable
16:55des finances publiques
16:56qui ne pourra être
16:57que douloureux
16:58et qui impactera
16:58d'ailleurs encore
16:59la croissance à court terme
17:00mais par lequel
17:01il faut absolument passer
17:02dans les prochains mois.
17:04Et alors,
17:05avec un peu de chance,
17:06peut-être que le contexte
17:07international sera meilleur
17:08et que du coup,
17:09on aura ce bénéfice
17:11de pouvoir justement
17:12faire cet ajustement
17:13avec un contexte international
17:15qui sera plus favorable
17:16par ailleurs.
17:17Mais il faudra le faire,
17:19c'est une évidence.
17:19Anthony ?
17:20Oui, je complète
17:20ce que dit Jean-Charles.
17:21La cécité,
17:22elle est devenue collective,
17:23assumée de tous.
17:25Les débats que l'on a,
17:26quand vous prenez
17:26des journalistes étrangers,
17:27ils ont du mal
17:28à comprendre quand même
17:29la teneur de nos débats.
17:29Il faut avoir ça en tête,
17:30c'est qu'on est devenus
17:31très spéciaux.
17:32Moi, j'ai une très mauvaise
17:33et une très bonne nouvelle.
17:34La très mauvaise,
17:35c'est qu'il y a peu de pays
17:36qui se réforment spontanément
17:37devant la falaise.
17:38Ils asomment tous de tomber.
17:39Dans l'histoire
17:40de la part des pays de l'OCDE,
17:41il faut une crise.
17:42Vous n'arrivez pas
17:43à vous réformer
17:43tant qu'on vous l'annonce,
17:44mais qu'elle n'est pas là,
17:45c'est flou,
17:45vous ne voyez pas,
17:46c'est intangible.
17:47La bonne nouvelle,
17:48c'est que les pays s'en remettent.
17:49Ça peut être plus ou moins douloureux.
17:51Moi, ma vraie crainte,
17:52c'est évidemment,
17:53la BCE peut intervenir
17:54en nous demandant,
17:55vous êtes les seuls
17:56à ne pas avoir les réformes
17:57qu'il faut faire,
17:57voilà la liste.
17:58Est-ce qu'on est en capacité
17:59quand même,
17:59même devant le mur,
18:01d'accepter,
18:02de trouver un bout de consensus
18:05parce que même en crise,
18:06ça va être difficile
18:07de dire aux Français
18:08mais vous ne voyez pas
18:08que sur les retraites,
18:09on est quand même
18:09complètement à côté de la plaque.
18:11Et ça, honnêtement,
18:12la capacité,
18:14même à forcer les Français,
18:15je veux dire,
18:15ça va être très dur.
18:16Robin Rivaton,
18:17c'est dans ce contexte
18:18que Christine Lagarde
18:18va quitter la BCE en février.
18:20Ça sera le 7 février 2027.
18:23Est-ce qu'il faut voir
18:24un calendrier
18:25par rapport à la présidentielle,
18:27le fait qu'elle se présente ?
18:28Je ne sais pas,
18:28tout est possible.
18:29Ou rallier un candidat ?
18:31Comment vous regardez
18:32ce départ de Christine Lagarde
18:33de la Banque Centrale Européenne ?
18:35Tout est possible.
18:36Je ne connais pas
18:36l'agenda politique
18:38de Christine Lagarde,
18:39donc je me garderai bien
18:40de l'intuité.
18:43La seule chose qu'on sait,
18:44parce que ça a été dit
18:45quasiment de manière
18:47officielle et explicite,
18:48c'est que ce départ
18:49est pour nommer
18:50le futur président
18:52de la Banque Centrale Européenne
18:53avec les membres,
18:56en tout cas,
18:56les dirigeants
18:57des pays européens
18:58qui sont encore
18:59autour de la table.
18:59Donc avec, effectivement,
19:00Emmanuel Macron ici,
19:02peut-être encore
19:03avec Frédéric Mertz
19:05du côté allemand,
19:06même s'il n'a pas
19:06d'élection tout de suite,
19:07mais son destin politique
19:08est quand même
19:09assez contrarié pour l'instant.
19:10Du côté espagnol,
19:11on ne sait pas
19:12de quoi sera faite
19:12la possible coalition
19:14entre l'extrême droite Vox
19:15et le parti populaire
19:18à droite
19:18qui sortirait
19:19possiblement
19:20des élections
19:20de fin novembre.
19:21Donc l'idée a été
19:22de dire quand même,
19:23de devancer un peu
19:24une partie
19:24de ces émergences-là
19:28pour choisir
19:29un candidat
19:30entre guillemets
19:30plus raisonnable
19:32ou responsable.
19:32Encore une fois,
19:33l'ensemble des pays
19:35de la Banque Centrale Européenne
19:36auraient choisi
19:37un candidat raisonnable,
19:38mais c'est d'éviter
19:38un blocage
19:39de l'institution.
19:40Je pense que ça a été
19:41assumé de ce point de vue-là.
19:43Est-ce que c'est
19:44une bonne chose ?
19:45Ça, quand même,
19:47ça pousse à parler
19:48de vol démocratique.
19:50C'est quelque chose
19:50qu'on a vécu
19:51sur la Cour des Comptes
19:51il y a quelques mois
19:53de cela.
19:55La Banque de France aussi.
19:57récemment.
19:58Évidemment,
19:59ça laisse quand même
20:00pour certains partis
20:01qui souhaitent arriver au pouvoir
20:02un moyen de crier
20:04au vol démocratique.
20:07La question qui se pose
20:08dans ces scénarios
20:09qu'on essaye de dessiner,
20:10il y a quand même
20:11deux questions qui se posent.
20:13Est-ce qu'à la fin,
20:14on n'a pas un risque
20:15que le Conseil des gouverneurs
20:17et nos partenaires européens
20:18nous disent non ?
20:18Non à la possibilité
20:20d'intervenir
20:21pour vous soulager ?
20:22Les gens disent
20:23le TIP,
20:24le mécanisme
20:25d'antifragmentation
20:26de la zone.
20:27Est-ce qu'on aurait le droit ?
20:28En théorie,
20:29si on lit le traité,
20:29la France aurait le droit
20:30puisqu'elle est sous procédure
20:31de déficit excessif
20:32mais la procédure est suspendue
20:33donc on a montré
20:34à la Commission
20:35qu'on faisait des gestes
20:36mais à la rigueur,
20:38même si le gouvernement
20:39de la Banque de France
20:40a dit qu'on ne devrait pas
20:40l'utiliser
20:41mais en vérité
20:42on pourrait l'utiliser.
20:43La question c'est
20:43est-ce qu'ils voudront ?
20:44Ça c'est un premier point
20:45et la réponse aujourd'hui,
20:46évidemment on se dit
20:47oui
20:48mais il y a toujours
20:49une part de non
20:50et après il y a
20:51la deuxième question
20:51qui est même
20:52s'ils nous disent oui,
20:53est-ce que dans un accès
20:54de chauvinisme exacerbé
20:57on ne se dise pas
20:58allez vous faire voir
20:59nous on fait notre vie
21:00parce que les Français
21:01nous les Français
21:02ou les gouvernants
21:03qui émergeraient
21:04de l'élection
21:05disent ça
21:05et ces deux scénarios-là
21:07sont toujours sous-pondérés
21:08on se dit ça n'arrivera jamais
21:09mais en fait
21:09il n'arrivera pas jamais
21:10c'est 5% du total
21:11des probabilités
21:13de l'ordre de décision.
21:14Et le successeur
21:15de Christine Lagarde
21:16ça pourrait être un Allemand
21:17un Irlandais
21:17avec des doctrines
21:18qui sont totalement différentes
21:20et là la BCE
21:21donc c'est demain
21:21ça sera en février
21:22pourrait dire à la France
21:24bon ça serait bien
21:24de vous calmer un petit peu là
21:25on pourrait avoir
21:26une autre posture
21:27vis-à-vis de la présidence actuelle.
21:29On pourrait avoir
21:29un durcissement
21:30alors le durcissement
21:31il ne viendra jamais
21:31sur un sujet aussi sensible
21:33il ne viendra jamais
21:34du président de la BCE lui-même
21:35il viendra beaucoup
21:36des pays membres
21:38parce que c'est des décisions
21:38qui sont tellement importantes
21:39et qui touchent à l'Union
21:40plus qu'au-delà
21:42de l'Union monétaire
21:42à l'Union européenne
21:44mais on sait que
21:45par exemple
21:46aujourd'hui vous avez
21:47je l'ai dit
21:47Frédéric Mertz
21:48qui est sous une très forte pression
21:49à l'intérieur
21:50de son propre parti
21:51et qui est la limite
21:51de se faire sortir
21:52tous les 15 jours
21:53qui est lui-même
21:54sous la pression de l'AFD
21:55avec des discours
21:56extrêmement virulents
21:58sur la Banque Centrale Européenne
22:00sur ce que
22:00la façon dont fonctionne
22:02l'eurosystème
22:03qui déjà monétiserait
22:04une partie des dettes
22:05des pays du Sud
22:06ce qui est pas tellement vrai
22:07mais c'est un discours
22:08qui revient très souvent
22:09est-ce que ce discours-là
22:10peut réémerger
22:11beaucoup plus fortement
22:12si le président de l'institution
22:13n'est pas une française
22:14mais quelqu'un d'autre ?
22:15Jean-Charles Simon
22:15par rapport à ce départ
22:16de Christine Lagarde
22:17ce n'est pas anodin quand même ?
22:18Ce n'est pas anodin
22:19non mais ce n'est pas non plus
22:20un gros événement
22:20il faut dire les choses
22:21c'est le conseil des gouverneurs
22:24de la BCE
22:24c'est une instance
22:25très collégiale
22:26dans laquelle
22:28les gouverneurs
22:29des banques nationales
22:31des banques centrales nationales
22:32ont un rôle important
22:33en partie
22:34d'ailleurs lié
22:34à la mesure
22:35de l'importance
22:36de leur économie
22:37et de la crédibilité
22:39de la politique
22:40suivie
22:41dans leur pays
22:42en matière économique
22:44donc je pense
22:45que c'est un événement
22:47j'ai presque plus
22:48du microcosme
22:49franco-français
22:50parce que comme le disait Robin
22:51en fait le sujet
22:52c'est qu'Emmanuel Macron
22:53puisse prendre part
22:53à la décision
22:54de la nomination
22:55de la personne
22:56qui va succéder
22:57à Christine Lagarde
22:57moi ce que j'ai vu
22:59ces dernières années
23:00pour Madame Lagarde
23:03sans du tout
23:04être désobligeant
23:05mais sa contribution
23:07personnelle directe
23:09à l'orientation
23:10de la politique monétaire
23:11ou des décisions
23:12de la politique monétaire
23:13elle est partielle
23:16elle est dans un organe
23:18collégial
23:19très très partagé
23:21et très complexe
23:24en termes de fabrication
23:24de la décision
23:25donc c'est pas
23:26une personne seule
23:27qui fait la politique
23:28de la BCE
23:29quand bien même
23:30ça a pu être le cas
23:31avec des personnes
23:32ou des prédécesseurs
23:33qui je crois
23:34avaient quand même
23:35une aura
23:36et une crédibilité
23:37plus forte
23:37que Christine Lagarde
23:40là dans la situation
23:41ce qui est effectivement
23:42essentielle
23:43que ce soit
23:44le candidat espagnol
23:45le candidat néerlandais
23:46ou un autre
23:47c'est
23:48qu'est-ce qui va se passer
23:50quand justement
23:51on arrivera
23:51dans cette situation
23:52où les adjudications
23:53de la dette française
23:54seront compliquées
23:55est-ce que la BCE
23:56va venir au lichet
23:58pour faire
23:59les fins de mois
23:59et ça
24:00c'est pas du tout évident
24:02c'est pas du tout évident
24:03et je pense que
24:04en tout cas
24:04ça ne se fera pas
24:05sans condition
24:06et si aujourd'hui
24:07donc la candidate
24:08qui est la favorite
24:09à l'élection
24:10présidentielle française
24:12gagne
24:13et qu'une fois
24:14qu'elle a une majorité
24:14législative
24:15et qu'elle n'est pas capable
24:17de préciser
24:18un programme
24:19qui aujourd'hui
24:19est pour le moins
24:21flou
24:21ou irréaliste
24:22en matière budgétaire
24:24et bien il y aura
24:24un scénario
24:25listreuse
24:26sur la dette française
24:27qui
24:28c'est-à-dire qu'au lieu
24:28de 150 points de base
24:30de spread avec l'Allemagne
24:31on passera à 400%
24:32ou 500%
24:33et là
24:33ce sera absolument
24:34intenable
24:36avec des difficultés
24:37même à encore une fois
24:38à remplir
24:38les carnets d'ordre
24:40de la dette souveraine
24:42donc c'est ça en fait
24:43qui va être crucial
24:44je pense qu'en effet
24:46il est possible
24:46qu'il n'y ait pas
24:47trop de tests
24:48d'ici
24:49ce fameux
24:50deuxième tour
24:51des législatives françaises
24:52et l'annonce
24:53du collectif budgétaire
24:542027
24:55qui va être
24:55le test de vérité
24:56qu'est-ce qu'on fait
24:57pour tenir
25:00si on n'a pas
25:01des mesures sérieuses
25:02si on reste dans des trucs
25:02genre on va récupérer
25:0350 milliards
25:04sur les immigrés
25:05franchement
25:06ça ne va pas le faire
25:06et là
25:07ce sera le crash test
25:08absolu
25:09et donc là
25:10on verra
25:10la BCE
25:10quelle sera sa réponse
25:11mais de toute façon
25:12encore une fois
25:12c'est très collégial
25:14donc ça ne dépendra pas
25:15de manière décisive
25:17je pense
25:17de la personne
25:20qui va succéder
25:20à Christine Lagarde
25:21mais de l'opinion
25:22effectivement
25:23du gouverneur
25:24de la Bundesbank
25:25et d'autres
25:25qui vont dire
25:26attendez
25:27ça ne peut pas être
25:29sans condition
25:29il faut que la France
25:31fasse des engagements
25:33prenne des engagements
25:33de rétablissement
25:34Anthony Morlella
25:36David Alli
25:36le 10 ans français
25:37ce matin
25:38à 4,94
25:39l'écart de taux
25:40entre la France
25:40et l'Allemagne
25:40repasse au-delà
25:41des 160 points
25:43comment vous regardez
25:44la BCE d'après
25:45dans le contexte français
25:47pour compléter
25:47ce qui vient d'être dit
25:48oui alors déjà
25:49juste un mot
25:49sur le 10 ans
25:50on voit bien
25:51qu'il ne faut pas
25:51se réjouir trop vite
25:52on est redescendu
25:53autour de 4,8
25:54il va y avoir
25:54beaucoup de volatilité
25:55dans les prochains mois
25:56à la hausse
25:56comme à la baisse
25:56donc il va falloir être prudent
25:58sur ce qu'on commente
26:00le spread va probablement
26:01parfois se tendre
26:01très fortement
26:02redescendre un peu
26:03ce qui va compter
26:03c'est la tendance
26:04et je pense que la tendance
26:05est mal orientée
26:06donc on va quand même
26:07vers des niveaux
26:08qui vont devenir embêtants
26:09si j'étais un peu provoque
26:10j'ai presque envie
26:11de vous dire
26:11que c'est plutôt
26:12une bonne nouvelle
26:13que ce soit un gouverneur
26:14d'une autre nationalité
26:15que la France
26:16parce que intervenir
26:17pour sauver la France
26:18quand le gouverneur
26:19est français
26:20c'est un petit sujet
26:21d'année amorale quand même
26:22enfin on finit par vous dire
26:23vous êtes en train
26:24de défendre vos petits
26:25plus faciles
26:26pour quand même
26:26quelqu'un d'extérieur
26:27d'intervenir
26:27non mon vrai sujet
26:28c'est plutôt que
26:29je pense que la politique monétaire
26:30va prendre une orientation
26:32qui est encore un peu plus
26:33j'allais dire restrictive
26:36ou au quiche
26:36que ce qu'on a vu
26:37par le passé
26:38ce qui me semble
26:38pas du tout
26:38une bonne politique monétaire
26:39au passage pour la zone euro
26:40je pense qu'on a les moyens
26:41d'être un peu plus stimulants
26:43un peu à l'image
26:44de ce que fait la Fed
26:45donc je veux dire
26:46ça c'est un vrai sujet
26:47en tout cas
26:47je trouve que pour dynamiser
26:49l'économie européenne
26:50et compter une de nos défis
26:51on ferait mieux
26:52de moins parler
26:53de l'élargissement des mandats
26:54de la BCE
26:55à tout un tas de trucs connexes
26:56par contre qu'elle fasse bien
26:57son job sur l'inflation
26:59et la croissance
26:59et l'emploi serait déjà pas mal
27:00enfin je veux dire
27:01moi je trouve que c'est
27:02et de ce point de vue là
27:03c'est pas très forcément rassurant
27:04de se dire
27:04qu'on pourrait avoir
27:06un gouverneur d'Europe du Nord
27:07et puis je rejoins
27:08ce qui a été dit
27:11pour sauver la France
27:12parce que je pense sincèrement
27:13que c'est compliqué
27:14de nous laisser faire
27:15alors faillite
27:15le terme est beaucoup trop fort
27:16mais en tout cas
27:17nous laisser dériver
27:18dans des sentiers
27:19où ça devient très obscur
27:21à la fin c'est
27:22quel compromis
27:23on peut avoir
27:23avec le pays
27:24est-ce qu'on est en capacité
27:26d'adopter des réformes
27:27qui nous sont demandées
27:27et là bon
27:28c'est un peu les scénarios
27:29science-fiction
27:31c'est difficile d'y répondre
27:32mais comme le disait Robin
27:33il y a un scénario non nul
27:34dans lequel on n'y arrive pas
27:35et c'est très désagréable
27:36alors c'est pas le plus probable
27:38mais il faut quand même l'envisager
27:39Très courte pause
27:40on revient dans un instant
27:41vous restez avec nous messieurs
27:42donc Anthony Morley-Lavidelli
27:44Robin Rivaton
27:45Jean-Charles Simon
27:45dans un instant
27:46donc suite de ces échanges
27:47en ce qui concerne la BCE
27:48puis ensuite on parlera donc
27:50d'après les échos
27:51le gouvernement
27:52qui réfléchit
27:53à lever le plafond du livret A
27:54à 30 000 euros
27:55pour notamment financer
27:56la rénovation des lycées
27:57à tout de suite
28:02BFM Business
28:03et la tribune présente
28:04débat et controverse
28:06les experts
28:08Etienne Braque
28:10deuxième partie des experts
28:11avec donc Jean-Charles Simon
28:12président de propriété et liberté
28:14un sim-tank
28:15Robin Rivaton
28:16président de Stonal
28:17et essayiste
28:18et Anthony Morley-Lavidelli
28:20économiste
28:21chez Rex & Code
28:22demain donc
28:23nouvelle journée de mobilisation
28:25le gouvernement a annoncé
28:26mobiliser quelques 70 000
28:28policiers et gendarmes
28:29pour cette manifestation
28:31du 31 octobre
28:32après déjà
28:32les deux derniers samedis
28:34dans un instant
28:35on parlera de cette proposition
28:37du gouvernement
28:38pour répondre à l'appel
28:39des lycéens
28:40Jean-Charles Simon
28:41avec donc
28:42la Caisse des dépôts
28:43qui via le livret A
28:44pourrait financer
28:45la rénovation des bâtiments
28:46bon ça n'empêche
28:47que la rénovation des bâtiments
28:48certes c'est un sujet
28:49mais c'est pas la première demande
28:50des lycéens
28:51et c'est pas la première demande
28:52bien sûr de cette mobilisation
28:54qui va se tenir demain
28:55alors les demandes
28:56quelles sont-elles
28:57honnêtement
28:58chaque génération
28:59a connu son mouvement lycéen
29:01dans lequel vous avez
29:025% d'ultra politisés
29:04qui animent
29:05et initient les mouvements
29:0695% qui trouvent
29:07que c'est relativement rigolo
29:08de sécher les cours
29:09et les revendications
29:10qui sont
29:12assez peu claires
29:13en général
29:14et puis qui surtout
29:15sont pas forcément
29:16des choses
29:17qu'il faut suivre
29:18au titre de l'intérêt général
29:20et au titre même
29:21de l'intérêt
29:21des générations à venir
29:22moi je me souviens
29:23je suis assez vieux
29:25pour me souvenir
29:26de la loi de Weckay
29:27en 1986
29:28c'était un très bon projet de loi
29:30qui aurait créé des universités
29:31autonomes
29:32avec des moyens
29:33une vraie sélection
29:34des frais
29:35d'inscription
29:36qui auraient donné de l'argent
29:38pour avoir des universités
29:40compétitives
29:41et on n'aurait pas
29:42eu cette magnification
29:43aveugle
29:44de l'enseignement supérieur généraliste
29:46ça aurait été beaucoup mieux
29:47le CIP
29:48d'Edouard Balladur
29:49le CPE
29:49de Dominique de Villepin
29:51c'était des très bons textes
29:53pour favoriser l'insertion
29:54des jeunes
29:55sur le marché de l'emploi
29:55on les a retirés
29:56parce qu'il y avait
29:56les manifestations lycéennes
29:57et qu'il fallait céder
29:59aux manifestations lycéennes
30:00aujourd'hui
30:01on va peut-être
30:02supprimer
30:02ou modifier
30:03fortement
30:04parcours sup
30:04alors qu'il n'y a
30:06aucun moyen
30:07de faire
30:08beaucoup mieux
30:08on va rajouter
30:09des places
30:09de l'enseignement supérieur généraliste
30:10ce qui est complètement
30:12absurde
30:12par rapport à ce qu'il faudrait faire
30:13et là
30:14on va dépenser de l'argent
30:15pour de la rénovation
30:17de bâtis
30:18alors que la rénovation
30:19de bâtis
30:19depuis la décentralisation
30:20n'a jamais été aussi bien faite
30:22et d'ailleurs
30:22j'observe que les premiers lycées
30:24dans lesquels on a
30:25vu le mouvement
30:26s'enclencher
30:27c'était des lycées
30:27qui avaient été
30:28complètement rénovés
30:29et qui ont été saccagés
30:30donc je suis un peu
30:31dubitatif
30:32sur le fait que
30:33la priorité
30:33ce soit de dépenser
30:344 milliards de plus
30:35pour la rénovation
30:36des bâtis
30:36des lycées
30:37après la mesure
30:39en elle-même
30:40potentiellement
30:41le faire
30:42bon déjà
30:42c'est de la dépense publique
30:43en plus dans tous les cas
30:44le faire par le livret A
30:46alors là
30:46les bras m'en tombent
30:47on est en permanence
30:49à déplorer
30:50la mauvaise orientation
30:51de l'épargne
30:52des français
30:53on n'arrête pas de dire
30:54oh là là
30:54le fléchage de l'épargne
30:55c'est très important
30:56il faut qu'il y ait
30:56de l'épargne longue
30:57pour les fonds propres
30:58des entreprises
30:59tout ça est absolument
31:00essentiel etc
31:01et qu'est-ce qu'on fait
31:02on a nous
31:03des livrets réglementés
31:04qui sont déjà une anomalie
31:05dans le paysage
31:06de l'épargne
31:07dans les autres pays
31:08on a des livrets réglementés
31:09qui sont totalement défiscalisés
31:10c'est les seuls produits
31:11qui ne subissent aucun
31:12prélèvement obligatoire
31:13et on va encore renforcer
31:15la collecte sur ces livrets
31:17alors que justement
31:18il faudrait qu'il y ait moins
31:19d'épargne totalement liquide
31:21et sans risque
31:22et un peu plus d'épargne
31:23à risque
31:23y compris d'ailleurs
31:24pour le bien-être des français
31:25pour leur enrichissement à terme
31:26donc tout ceci
31:27me semble vraiment
31:29un non-sens
31:29je pense qu'il faut regarder
31:30au cas par cas
31:31est-ce que les régions
31:31ont des difficultés
31:32et qu'il y a des lycées
31:33qui souffrent vraiment
31:34en avalisation bâtisse
31:35il peut y avoir des rallonges
31:36ou des trucs comme ça
31:37mais ça ne me semble
31:38absolument pas la priorité
31:39budgétaire du pays
31:40aujourd'hui
31:40et ça ne me semble pas
31:41le bon outil pour y répondre
31:43aujourd'hui vous avez
31:4415% des livrets
31:46qui sont au plafond
31:48et ces fameux 15%
31:49ils représentent
31:5050% des encours
31:51donc aujourd'hui
31:53le livret
31:54c'est 1,7%
31:55est-ce que vous pensez
31:56que demain
31:56le fait de mettre
31:57un plafond à 30 000 euros
31:59ça peut inciter
32:00des épargnants
32:00à encore mettre
32:01de l'argent
32:02sur le livret
32:03à Romain Rivaton
32:03ça rejoint le grand débat
32:05sur l'emprunt national
32:06pourquoi en fait
32:07on ne fait pas appel
32:07à l'épargne française
32:08qui est si importante
32:09pour financer la dette nationale
32:11quand on fait des produits
32:12comme ça
32:12on arbitre
32:13entre du court terme
32:14et du long terme
32:14c'est-à-dire qu'on arbitre
32:16du court terme
32:17au sens où on reçoit
32:18ou on collecte de l'argent
32:19et du long terme
32:20où on perd
32:20des recettes fiscales
32:21qui devraient être
32:22normalement fiscalisées
32:24ces prélèvements
32:25et en plus
32:26avec des effets
32:26d'inégalité monstrueux
32:28parce que
32:29vous l'avez dit
32:29les ménages aisés
32:31ils remplissent
32:31assez allègrement
32:32leur livret A
32:33donc aujourd'hui
32:34jusqu'à la borne d'aujourd'hui
32:35demain jusqu'à la borne
32:36de 30 000
32:37et puis après
32:38derrière
32:38les ménages
32:39eux plus modestes
32:40eux ils peuvent pas remplir
32:42totalement bénéficier
32:43de cet avantage fiscal
32:43donc c'est une mesure
32:45qui est relativement inégalitaire
32:46c'est une mesure
32:47qui n'a aucun sens
32:47les régions aujourd'hui
32:48n'ont pas de problème financier
32:49à la rénovation des lycées
32:50les régions
32:51sont les collectivités
32:52qui financièrement
32:52ont le meilleur bilan
32:54elles ont eu
32:55beaucoup de ressources propres
32:56qui l'ont été affectées
32:58les problèmes
32:59sont des problèmes
33:00de réalisation concrète
33:01rénover un lycée
33:02ça se fait pas par la magie
33:04du Saint-Esprit
33:04il faut vider le lycée
33:06il faut envoyer des gens
33:08faire le chantier
33:09c'est technique
33:09ça prend un peu de temps
33:10et dernier point
33:12que j'aimerais évoquer
33:13pour tout le monde
33:13le boom démographique français
33:15c'est 2005-2012
33:162012 fois 16 ans
33:19ça fait 2028
33:20c'est à dire que
33:21l'année prochaine
33:21quasiment dans deux rentrées
33:23on passe de 750 000
33:26naissances moyennes
33:26à 640
33:27donc en fait
33:28de toute façon
33:29la crise des lycées
33:30c'est celle qu'on a vu
33:30sur la crise des écoles élémentaires
33:32et des collèges
33:32elle va se résoudre
33:33parce qu'on va fermer
33:34des classes
33:34et fermer des établissements
33:35donc c'est une folie
33:36de remettre 4 milliards là-dedans
33:37ça n'a aucun sens
33:39et surtout
33:40à court terme
33:41ce n'est pas la réponse
33:42la plus efficace
33:44Anthony
33:44c'est à dire que
33:46pour compléter
33:47d'une part
33:48on n'a plus d'argent
33:48donc ça ne sert à rien
33:49de chercher des lignes budgétaires
33:50là où on n'en a pas
33:51alors on peut réallouer
33:52mais on sait que c'est
33:52jamais financé
33:53donc on peut éventuellement
33:54avancer sur le non budgétaire
33:56mais là ça renvoie pour moi
33:57un problème plus de fond
34:00qu'on connaît aujourd'hui
34:01chez les jeunes
34:01c'est que les politiques
34:03sont bien responsables
34:04aussi de l'état
34:04de notre jeunesse
34:05et on leur a promis
34:06qu'ils allaient tous
34:07avoir un super diplôme
34:09au lieu de donner
34:10les conditions de la réussite
34:11et de faire monter
34:11le niveau général
34:12on a plutôt abaissé le niveau
34:13pour faire en sorte
34:14d'atteindre des quotas
34:15qui ont été définis
34:16de manière assez arbitraire
34:17et au passage
34:17on leur a promis
34:18qu'avec un diplôme
34:20à fortiori à bac plus 5
34:21ils allaient tous
34:21gagner des fortunes
34:22avoir un job super bien payé
34:25et forcément
34:25la promesse ne se réalise pas
34:26donc on a des jeunes
34:27aujourd'hui
34:27qui sont dans une situation
34:28de déqualification
34:29si vous avez un emploi
34:30avec plus 5
34:30et vous occupez un emploi
34:31qui nécessite seulement
34:32avec plus 2
34:33avec plus 3
34:33voire même pas libre
34:34et ça c'est horrible
34:35une population
34:36qui est déclassée
34:36en termes de mécontentement social
34:39il n'y a rien de pire
34:40et donc ça
34:40c'est quand même
34:41une grande promesse
34:42pour moi politique
34:44qui est honteuse
34:45parce que finalement
34:45on a fabriqué
34:46aujourd'hui la colère
34:47que l'on constate
34:48qui est pour partie légitime
34:49mais c'est simplement
34:50qu'il aurait fallu déjà
34:51faire en sorte
34:52de former les gens
34:52en fonction de ce que
34:53l'économie est en capacité
34:54de pourvoir comme job
34:55et de créer
34:56et puis on a une économie française
34:57qui ne peut pas créer
34:58que des emplois
34:59à très haute valeur ajoutée
35:00et très bien payé
35:01il y a un mismatching
35:03aujourd'hui
35:03qui est juste terrible
35:03et à ce titre
35:04quand on regarde
35:05nos voisins
35:06en Suisse ou en Allemagne
35:07on est sur une situation
35:08qui est totalement différente
35:09Jean-Charles
35:10je pense
35:11alors autant
35:12je conteste tout à fait
35:14et la spontanéité
35:16du mouvement lycéen
35:17et les vrais motifs
35:19d'exprimer
35:20et leur pertinence
35:22dans leurs quelques représentants
35:24pour autant qu'ils aient
35:25une quelconque représentativité
35:27mais j'adhère totalement
35:28à ce que vient de dire Anthony
35:29parce que pour moi
35:30il y a une machine
35:31à frustration formidable
35:33de l'économie française
35:33aujourd'hui
35:35et c'est ce qu'on a fait
35:36depuis 30-40 ans
35:37et ça les responsables politiques
35:39tous partis confondus
35:40d'ailleurs
35:40sont vraiment
35:42ceux qui ont créé
35:43cette situation
35:43parce qu'il y a une double
35:45situation
35:45et c'est deux courbes
35:46qui se croisent
35:47dont une qui vient
35:47de Rexécote d'ailleurs
35:49la première
35:49c'est qu'on a massifié
35:51l'enseignement supérieur
35:51de manière incroyable
35:53en 30 ans
35:53on a triplé
35:54les bacs plus 5
35:55aujourd'hui c'est un quart
35:56d'une génération
35:56c'est énorme
35:57énorme
35:59et on a
36:00donc cette hausse
36:01incroyable
36:02du nombre de gens
36:03très
36:04très diplômés
36:07pas forcément
36:07très adaptés
36:08au marché du travail
36:09et effectivement
36:10ils ont pu rentrer
36:11parce qu'on leur a dit
36:11qu'il était légitime
36:13que tout le monde avait le droit
36:14à l'enseignement supérieur
36:14et en même temps
36:16l'économie française
36:16fabrique de moins en moins
36:18d'emplois bien payés
36:19et donc
36:21une étude très intéressante
36:22de Rexécote
36:22à laquelle je renvoie
36:23à partir des données URSAF
36:24qui montre que
36:25en fait
36:26les emplois payés
36:28à moins de 80%
36:29du salaire moyen
36:30ça a bondi
36:31de 8 points
36:32alors même que le SMIC
36:33progressait plus vite
36:34que le salaire moyen
36:34donc ça veut dire
36:35qu'il y a une compression
36:36dans le voisinage du SMIC
36:38des salaires
36:38des français
36:39qui sont au travail
36:40dans le secteur privé
36:41et ça
36:42ça s'explique
36:43c'est ma thèse
36:44depuis très longtemps
36:45cette SMICardisation
36:47du tissu d'activité français
36:49en partie
36:50à cause
36:51des choix
36:51qu'on a fait
36:52en matière de cotisation sociale
36:53sur le travail
36:54parce qu'on a
36:55créé ces allégements
36:56bas salaire
36:56qui fait qu'il n'y a quasiment pas
36:58d'imposition patronale
37:00sur le salaire brut
37:02au niveau du SMIC
37:03qu'en revanche
37:04on a des taux
37:04totalement exorbitants
37:05personne n'a ces taux là
37:06à partir de
37:07déjà 1,6 SMIC
37:09mais même 3 SMIC
37:10et plus
37:10et là
37:10donc sur les salaires moyens élevés
37:12on a des cotisations patronales
37:13que personne ne connaît
37:14à plus de 40%
37:1545%
37:16et c'est quasiment pas plafonné
37:17en France
37:18alors que vous
37:19ce sont plus des cotisations
37:19le rapport entre
37:20les personnes cotisées
37:21exactement
37:21ça n'a plus aucun rapport
37:23avec une prestation sociale
37:24je prends souvent cet exemple extrême
37:25un trader
37:26puisque je m'occupe du secteur financier
37:28à Paris-Replace
37:29ces dernières années
37:29un trader à Paris
37:30la cotisation maladie
37:32que paye son employeur
37:33s'il gagne 1 million d'euros
37:35c'est 130 000 euros
37:36130 000 euros
37:37de cotisation maladie annuelle
37:38le même trader à Francfort
37:41qui a gagné 1 million d'euros
37:42la cotisation maladie
37:43de son employeur
37:43c'est 5 000 euros
37:44pourquoi ?
37:45parce que dans les pays voisins
37:46les cotisations patronales
37:48elles ne sont pas progressives
37:49elles sont tout à fait proportionnelles
37:51donc il n'y a pas d'avantage
37:51sur les bas salaires
37:52et au contraire
37:53elles sont plafonnées
37:54relativement bas
37:55ce qui fait que les salaires moyens élevés
37:56sont beaucoup moins taxés
37:58qu'en France
37:59et que donc
38:00pour le marché des capitaux
38:02il est très intéressant
38:03de créer des emplois bien qualifiés
38:04alors qu'en France
38:04il y a une incitation relative
38:06à créer des emplois
38:07dans des secteurs
38:08qui payent au SMIC
38:09qui est beaucoup plus forte
38:10et donc
38:10vous voyez que
38:12cette évolution contraire
38:14des deux sujets
38:15d'un côté surqualification
38:17de le côté
38:18SMICardisation
38:19c'est une machine à frustration
38:21énorme
38:21dans la société française
38:22et ça
38:24entretient
38:24à la fois
38:26un sentiment de révolte
38:27et un désenchantement
38:28délétère
38:29surqualification
38:30qui a été également entretenu
38:31par beaucoup d'écoles privées
38:33qui se sont créées aussi
38:34ces dernières années
38:35ce n'est pas que l'université
38:36Robin Rivaton
38:37Toute la hausse
38:38de l'enseignement supérieur
38:39depuis l'an 2000
38:40c'est le fruit du privé
38:41c'est-à-dire que vous avez
38:41autant d'étudiants
38:42aujourd'hui dans l'enseignement public
38:44qu'en l'an 2000
38:44donc toute la hausse
38:45des 20 dernières années
38:46sont de l'enseignement privé
38:46ce qui a d'ailleurs poussé
38:47ce qui sont des enseignements
38:48là où l'enseignement public
38:50était gratuit
38:50l'enseignement privé
38:51est plutôt onéreux
38:52ce qui a d'ailleurs poussé
38:53les ménages
38:53les parents
38:54essentiellement
38:54mais aussi quelques élèves
38:56à s'endetter
38:56et donc la frustration
38:58est d'autant plus grande
38:58parce qu'à la rigueur
38:59vous n'avez rien payé
39:01vous avez un emploi
39:02faiblement rémunéré
39:03bon bah
39:03il y a une sorte de
39:04vous n'avez rien payé
39:05là vous vous avez
39:07endetté avec des formations
39:08qui coûtent plusieurs milliers
39:09voire pour certaines
39:10plusieurs dizaines
39:10de milliers d'euros par an
39:11et vous avez derrière
39:13on le voit
39:13très souvent
39:14vous avez ces fantasmes
39:15quand vous regardez
39:16les salaires de sortie
39:17des grandes écoles
39:18même des très très grandes écoles
39:19les gens tombent des nues
39:20parce qu'ils pensent
39:21que vous avez des écoles
39:22qui parfois maintenant
39:23ont vécu une inflation
39:24absolument incroyable
39:25les écoles de commerce
39:26vous êtes à 25 000 euros
39:28maintenant par l'année
39:29sur trois ans
39:30pour des salaires
39:31qui sont beaucoup
39:33beaucoup plus bas
39:33que
39:34ne reste que servir
39:35la dette de ces 25 000
39:36mais c'est des années
39:38pour répondre à la dette
39:39juste un détour
39:40si on me permettait
39:41par la Chine
39:41parce que c'est un pays
39:42assez intéressant
39:43en 2016 en Chine
39:44il y avait 7 millions
39:46de jeunes diplômés
39:46du supérieur
39:48en 2026 en Chine
39:49il y a 13 millions
39:50de diplômés du supérieur
39:51et en 2032
39:52il y en aura 17
39:53ils ont un énorme
39:54problème d'intégration
39:55c'est le même que nous
39:56même si c'est un pays
39:57qui croit à une totale de vitesse
39:58que la nôtre
39:59ils ont un énorme problème
40:00de création d'emplois
40:01qui permet de suivre
40:02cette folle croissance
40:03du nombre de jeunes diplômés
40:04et donc l'explosion
40:05du taux de chômage
40:06chez les jeunes en Chine
40:06aujourd'hui on a 18%
40:08à peu près
40:08elle n'est pas tellement liée
40:09au travail peu qualifié
40:10ils continuent d'avoir
40:11des usines
40:11et des emplois d'ouvriers
40:12elle est à ces jeunes diplômés
40:13qui sont allés à l'université
40:14et qui n'ont pas d'emploi
40:16qu'est-ce qu'ils ont fait
40:17l'année dernière
40:18ils ont supprimé
40:19une formation sur 5
40:20ils ont dit
40:20en fait les formations généralistes
40:22vous me les supprimez toutes
40:24et vous allez recréer
40:25une formation
40:25une voie technique
40:26et professionnelle
40:27alors c'est pas
40:28c'est post-bac
40:30mais vous allez créer
40:30des formations
40:31qui vont être
40:32gérants de robots
40:34mainteneurs de machin
40:35et autres
40:35une formation sur 5
40:37donc je ne vous donne pas
40:37le chiffre en valeur absolue
40:39c'est absolument dantesque
40:39nous qu'est-ce qu'on fait
40:40face à ce problème
40:41qui est le même
40:42encore une fois
40:42c'est un problème d'adéquation
40:43entre des besoins
40:44et une offre
40:44qui malheureusement
40:45ne permet pas de répondre
40:46à la folle croissance
40:47de la création
40:49de jeunes diplômés
40:50on prolonge
40:51des filières généralistes
40:52donc on n'a rien compris
40:54mais si vous êtes
40:54dans une logique libérale
40:55est-ce que ce ne sont pas
40:56à ces écoles
40:57de s'adapter au marché
40:57typiquement de se dire
40:58je ne sais pas
40:59la communication
41:00en ce moment
41:01c'est bouché
41:02dans le marketing
41:03ça va changer les clients
41:04bon ben on va
41:05changer nos formations
41:05on va les fermer
41:06on va les remodeler
41:08en fonction aujourd'hui
41:09des demandes
41:10sur le marché de l'emploi
41:10et pas uniquement
41:11des demandes
41:12en termes de dossiers
41:13parce que vous avez aussi
41:13beaucoup d'étudiants
41:14qui vont sur des voies
41:15qui sont bouchées
41:16et donc pour répondre
41:17à cette demande
41:17des écoles
41:17qui créent des formations
41:18alors c'est très très vrai
41:19on pourrait objecter
41:20que ce choix
41:21l'État n'a rien à voir
41:23quelque part là-dedans
41:24puisque cette hausse
41:24de l'enseignement supérieur privé
41:26c'est les parents
41:27ou les élèves
41:28qui l'ont mené
41:29il a été boosté
41:30ces 3-4 dernières années
41:32par l'apprentissage
41:33quand même
41:33et ça quelque part
41:34l'État a joué un rôle
41:35là-dedans
41:35puisque avec le développement
41:37très important
41:38de l'apprentissage
41:39il a donné une bouée
41:40de sauvetage
41:41ou d'oxygène
41:42à ces écoles
41:43qui ont permis quand même
41:44de faire en sorte
41:44de payer par l'employeur
41:46une partie
41:46des frais de scolarité
41:47et donc ça a permis
41:48de prolonger ces chiffres
41:49Oui mais est-ce qu'il fallait
41:50le généraliser
41:50on va plus 5
41:51Je n'ai pas dit
41:52D'accord
41:53je n'ai pas compris
41:55Pourquoi l'État
41:56a cette part de responsabilité
41:57quand même là-dedans
41:57Oui tout à fait
41:58moi je pense que l'État
41:59là-dessus
41:59a voulu faire quelque chose
42:02pour réduire
42:03le taux de chômage
42:04des jeunes
42:04le taux de NITS
42:06des gens qui sont nulle part
42:08mais à mon avis
42:08il a eu tort
42:09parce qu'il fallait
42:10réserver cette situation
42:11à ses avantages
42:12justement
42:12aux filières courtes
42:13très qualifiantes
42:14qui devraient être
42:15beaucoup plus développées
42:16image Allemagne-Suisse
42:17évidemment
42:17modèle auquel tout le monde pense
42:19qui devraient être
42:19beaucoup plus développées
42:20et en revanche
42:21ne pas du tout
42:22donner le moindre avantage
42:23fiscal à quelqu'un
42:24qui est en école de commerce
42:25à Bac plus 5
42:26et qui doit trouver
42:27son emploi
42:28ou son stage
42:29normalement
42:29sans le moindre euro
42:30de dépenses publiques
42:31associées à ça
42:32Sachant que parfois
42:32c'est mal fléché
42:33parce que ça profite
42:34à des grandes entreprises
42:34qui n'ont pas forcément besoin
42:36de ce type de profil
42:37Mais là où
42:38quand même
42:39je pense que l'État
42:40en signale
42:40à une responsabilité
42:41très mauvaise
42:42c'est de donner
42:42le bac à tout le monde
42:43parce que ça
42:44c'est le mauvais indicateur
42:46et donc de considérer
42:48qu'aller dans le supérieur
42:50et faire ce que je veux
42:52dans le supérieur
42:52c'est quelque chose
42:53de normal
42:53et d'évident
42:54alors que si
42:55on avait quelque chose
42:57de beaucoup plus sélectif
42:58y compris sur l'accès
42:59à l'enseignement supérieur
43:00généraliste
43:00on aurait moins ce problème
43:02et donc même si
43:03effectivement
43:03l'enseignement privé
43:05répond à la demande
43:06lui il fait son job
43:07quelque part
43:07il y a de la demande
43:08il répond à la demande
43:09mais je trouve que
43:10si vous voulez
43:10là l'État
43:11a une responsabilité
43:12sur le diplôme
43:12qui est le baccalauréat
43:14et qui donne cet accès
43:15à l'enseignement supérieur
43:16sans avoir donné
43:16la clé
43:17parce que la clé
43:18c'est donner aux entreprises
43:19les moyens de faire
43:20la formation certifiante
43:21ou diplômante
43:23mais au moins certifiante
43:24de ces niveaux
43:25dans des filières
43:26très techniques
43:26et professionnelles
43:27et encore une fois
43:28aujourd'hui
43:28il n'y a pas eu
43:29ce vrai big bang
43:30qui a été donné
43:31de dire
43:31on donne la main
43:32aux entreprises
43:33pour gérer
43:34ces formations
43:35qu'elles soient
43:36post-bac
43:36ou pré-bac
43:37pour faire ces formations
43:38Au passage
43:38un point intéressant
43:39que les gens
43:40n'ont pas toujours en tête
43:40c'est qu'en France
43:41on est les champions
43:41des prélèvements
43:42pour faire des usines
43:44de collecte
43:45et de réallocation
43:46de l'argent
43:46c'est ce qu'on fait
43:47dans la formation professionnelle
43:48et dans l'apprentissage
43:49en Allemagne
43:49il n'y a aucun impôt
43:51sur l'apprentissage
43:51et sur la formation professionnelle
43:53et c'est-à-dire
43:54que c'est des entreprises
43:54qui payent
43:55des entreprises
43:55qui payent
43:56en fonction de leurs besoins
43:57et c'est non pas
43:57un système
43:58de prélèvement obligatoire
43:59quand même très coûteux
44:01pour les entreprises françaises
44:03sur la masse salariale
44:03et de réallocation
44:05dans différents circuits
44:06Anthony
44:07Pour te rejoindre Jean-Charles
44:07ce qui me frappe
44:08quand même aussi beaucoup
44:09c'est que comme on a
44:10plein de diplômés
44:11du baccalauréat
44:12qui n'ont juste pas le niveau
44:13on les a entassés
44:13à l'université
44:14ça fait chuter
44:15le niveau de l'université
44:16de manière complètement
44:18mais dingue
44:19moi je suis un pur produit
44:20de l'université publique
44:20et j'ai enseigné après
44:21il faut voir ce qu'on voit
44:22quand même
44:22c'est juste délirant
44:23parce qu'il y en a
44:24qui n'ont pas du tout les bases
44:25et finalement
44:26vous tirez un peu la masse
44:28évidemment à la baisse
44:29et l'autre point
44:30qui me frappe beaucoup
44:31c'est à quel point
44:31on s'est habitué
44:32à une forme de médiocrité
44:33on n'a plus du tout
44:33le goût de l'élitisme
44:34on n'a pas eu de choc pizza
44:36on s'accoutume
44:37oui les résultats
44:37sont désastreux
44:38mais c'est pas grave
44:39on vit avec
44:40c'est dingue quand même
44:41il y a un moment donné
44:42on a le droit de se dire
44:43à ce niveau là
44:44on a une responsabilité collective
44:45même pour nos enfants
44:46pour les générations futures
44:47pas du tout
44:48on est dans un système
44:49où au fond
44:50on s'interdit même
44:51de dire que
44:52oui il faut des filières d'excellence
44:53oui on doit tirer le niveau
44:54à la hausse
44:55non on est vraiment
44:55dans quelque chose
44:56de très égalitariste
44:57où l'essentiel
44:58c'est que tout le monde
44:59ait le coup de tampon à la fin
45:00même si le niveau
45:01qu'on certifie aux jeunes
45:02n'est plus du tout au rendez-vous
45:03ce qui va créer
45:04encore une fois
45:05de la frustration
45:05à ne plus en finir
45:06et bien moi
45:07oui je pense que
45:08c'est pour ça que Parcoursup
45:09cristallise un peu ça
45:10parce que dès la réponse
45:11de Parcoursup
45:12en fait
45:13vous êtes directement fléché
45:14sur un emploi autour du SMIC
45:15dont je parlais tout à l'heure
45:16c'est à dire que vous savez très bien
45:17que vous n'êtes pas
45:18dans une de ces voies
45:18qui vous permettra
45:19d'avoir un emploi
45:21bien payé
45:22dans le futur
45:23parce que
45:23sauf miracle
45:24alors il faut espérer
45:26que parmi ces gens là
45:26il y en a heureusement
45:28tout le temps
45:28qui prennent leur destin en main
45:30qui deviennent entrepreneurs
45:31qui font d'autres choses
45:32mais sinon
45:32la formation en elle-même
45:33elle ne vous garantit
45:34absolument rien
45:35sur le marché du travail
45:36si ce n'est qu'effectivement
45:37évincez quelqu'un d'un peu moins
45:38bien formé
45:39pour un emploi de service
45:40mal payé
45:41c'est ça que ça vous garantit
45:42pour boucler la boucle
45:43avec notre premier débat
45:44sur la dette
45:46sur l'inflation
45:47la croissance etc
45:48Romain Rivaton
45:49ce sont des sujets
45:50qui sont assez absents
45:51de cette campagne
45:52alors qu'on est quand même
45:54sur des sujets
45:54qui parlent
45:55aux parents
45:55aux grands-parents
45:56aux jeunes
45:57on est quand même
45:57sur un sujet
45:58qui est totalement global
45:59pour une fois
45:59on ne peut pas dire
46:00non mais ça concerne
46:00que quelques électeurs
46:02non c'est des sujets
46:03qui sont absolument massifs
46:04malheureusement
46:04qui ont des effets très longs
46:06c'est à dire que
46:06la déformation
46:07dans un sens
46:08comme dans l'autre
46:09est assez lente
46:10aujourd'hui on paye
46:11les fruits
46:12on récolte les non-fruits
46:13ou les fruits toxiques
46:15de la dégradation
46:16du niveau scolaire
46:17de ces mauvais choix
46:18d'orientation
46:19dans le supérieur
46:19du fait qu'on n'ait pas
46:20libéralisé
46:21la formation à la main
46:22des employeurs
46:23qui sont quand même
46:24encore une fois
46:24les mieux
46:24pour savoir quand même
46:26ce dont ils ont besoin
46:26puisque c'est quand même
46:27eux qui recrutent derrière
46:29et donc on le paye
46:31et la remise
46:32d'équerre de ce système
46:33et de ses effets positifs
46:35ne se fera pas
46:36en quelques mois
46:36donc d'un point de vue politique
46:38et aujourd'hui
46:38on a un horizon politique
46:40qui est extrêmement court-termiste
46:41ce n'est pas des mesures
46:42qui sont intéressantes
46:44banque et boule
46:45banque et boule
46:46et encore une fois
46:46pour refaire le point
46:47avec le sujet
46:49ce qui nous guette
46:50c'est vraiment la polycrise
46:51où on va à la fois
46:52avoir des tendances
46:53de très long terme
46:54dont les effets délétères
46:55se révèlent un peu
46:56chaque jour
46:56sous nos yeux
46:57et des choses
46:58très conjoncturelles
47:00très court terme
47:00qui nous disent
47:01en fait c'est maintenant
47:02qu'il faut prendre des décisions
47:03donc il faut prendre des décisions
47:05dans un contexte
47:06qui n'est pas très bon
47:08et dont la tendance
47:09de long terme
47:09son redressement
47:11va prendre plusieurs années
47:12c'est ça qui va être vraiment
47:13très compliqué
47:14dans les prochains mois
47:16ça va être
47:17cette conjonction
47:17entre les deux
47:18un mot quand même
47:19de l'intelligence artificielle
47:21il nous reste 7 minutes
47:23on a eu hier
47:24mais aussi la semaine dernière
47:26avec Meta
47:27des titres
47:28je vais commencer avec vous
47:28Robin Rivaton
47:29vous aimez bien tous ces sujets
47:30autour de l'intelligence artificielle
47:32dévissés très sérieusement
47:33Alphabet hier
47:34donc la maison mère de Google
47:35moins 12
47:36la semaine dernière
47:36c'était Meta
47:37moins 7
47:38hier soir en après-bourse
47:39Amazon
47:39moins 8
47:40la croissance est toujours là
47:41vous avez toujours des utilisateurs
47:43pour le cloud
47:43pour l'intelligence artificielle
47:45mais ce sont des groupes
47:46qui dépensent énormément
47:47d'argent à court terme
47:48au point même que le flux de trésorerie
47:49alors pour faire simple
47:50c'est combien d'argent
47:51vous rentrez
47:52décaissé
47:52moins 42 milliards
47:54hier
47:54chez Amazon
47:55c'est bien plus qu'anticipé
47:57oui
47:58on est toujours dans cette question
48:00qui est la question
48:01depuis maintenant
48:03on va dire 3 ans
48:04le lancement
48:05vous vous souvenez
48:06en 2022
48:07la première année
48:08on ne sait pas trop
48:09de quoi il s'agit
48:10mais depuis 3 ans
48:11maintenant
48:11on est dans cette course
48:12assez dingue
48:14aux investissements
48:14et à la construction
48:15de data centers
48:17pour l'IA
48:19il y a deux segments
48:20il y a le segment
48:20du data center
48:21classique
48:22entre guillemets
48:22qui lui poursuit sa vie
48:24parce qu'il y a de plus en plus
48:25de stockage
48:26de données
48:26et d'opérations
48:27qui étaient faites
48:28sur des serveurs locaux
48:29qui continuent d'être amenés
48:30sur internet
48:32donc c'est pour ça
48:32que d'ailleurs
48:33les chiffres du cloud
48:34Google ont été très très bons
48:35même si ça a été mangé
48:37par des mauvais chiffres
48:38sur la pub
48:39mais sur le cloud Google
48:41Google continue
48:41de faire des très bons
48:42des très bons chiffres
48:43qui sont à plus de 40%
48:44donc c'est vraiment
48:45une très très belle croissance
48:46et de l'autre côté
48:47vous avez ces investissements
48:48pour vraiment l'IA
48:50et là on a deux questions
48:52deux questions
48:54c'est que
48:56vous avez l'IA
48:57pour la faire tourner
48:58et ça c'est assez rentable
48:59on va le voir
49:00on le voit
49:00dans le prospectus d'Enthropic
49:01une fois qu'on a créé
49:02le modèle
49:03le faire tourner
49:04c'est comme un logiciel
49:06donc si on l'amortit
49:06sur beaucoup
49:07beaucoup d'utilisateurs
49:08c'est quelque chose
49:09qui fait des marges brutes
49:10relativement bonnes
49:11et ça crée de l'argent
49:12la question c'est
49:13est-ce que ça en crée suffisamment
49:14pour payer les investissements
49:16aujourd'hui
49:18peut-être pas
49:18sur tous les investissements
49:19mais au global
49:20ça devrait quand même réussir
49:22et après il y a l'autre question
49:23c'est l'entraînement
49:23des nouveaux modèles
49:24et moi je pense que
49:25quand on dit
49:25on va siffler
49:26la fin de la récré
49:27les prix vont monter
49:28je pense que c'est une erreur d'analyse
49:29les prix vont pas monter
49:30on est toujours sur un produit
49:31qui a des marges très bonnes
49:33donc les prix vont pas monter
49:34la fin de la récré
49:35c'est qu'on arrêtera
49:35d'entraîner un nouveau modèle
49:36et tout simplement
49:37on arrêtera d'entraîner
49:38un nouveau modèle
49:38parce qu'aujourd'hui
49:40ce qui se passe
49:41c'est que le modèle frontière
49:42le dernier modèle
49:44il sert en fait
49:44à une extrême minorité
49:46d'humains sur la planète
49:47il sert
49:48et d'ailleurs c'est pour ça
49:48qu'on en fait des caisses
49:49sur
49:49ça a changé les mathématiques
49:51mais oui en fait
49:52personne n'a besoin d'avoir
49:53un modèle à 180 de QI
49:54pour faire des tâches
49:55qui sont de l'extraction
49:56de documents
49:56et les mettre dans un Excel
49:57il y a des modèles
49:59déjà il y a deux ans
49:59qui font ça extrêmement bien
50:00et donc je pense que
50:01la fin de la récré
50:02ça va être de dire
50:03en fait on arrête la course
50:05au modèle frontière
50:06le plus incroyable
50:07ou alors ce sera des états
50:08qui financeront ça
50:09mais pas des capitaux privés
50:10et donc c'est un peu
50:11ce qui nous guette aujourd'hui
50:12mais je pense qu'on n'aura pas
50:14un effondrement
50:14en ce sens que
50:16c'est quand même
50:18quelque chose
50:18qui génère de la valeur
50:19que cette valeur va
50:20aujourd'hui retomber
50:21dans la poche
50:22des géants
50:23Anthony Morley-Lavidali
50:24même en tant qu'économiste
50:25aujourd'hui
50:26on le voit même
50:26dans les statistiques
50:27encore hier aux Etats-Unis
50:28ça a un impact macro
50:29c'est-à-dire que personne
50:30ne peut faire comme si
50:31tout cela n'existait pas
50:32ouais clairement
50:32un complément micro et macro
50:34la micro c'est que je trouve
50:35les marchés très sélectifs
50:37et c'est une bonne nouvelle
50:37c'est-à-dire au fond
50:38ils sanctionnent des fois
50:39très durement
50:40enfin quand on voit
50:40ce qui s'est passé là récemment
50:41ils sont assez intransigeants
50:43c'est plutôt bien
50:43parce que ça nous rassure
50:44sur le fait que
50:45la bulle elle est peut-être
50:46pas aussi importante
50:48ou délirante
50:49que certains aiment le dire
50:50au fond
50:51il y a une grande attention
50:52qui est prêtée aux publications
50:53et moi je trouve
50:53que c'est très sain
50:54parce que ce qui m'inquiéterait
50:55plus c'est s'il y avait
50:55des déceptions
50:56et qu'on les valorisait
50:57quand même toujours plus
50:58en se disant
50:58ça finira par aller
50:59non là on sent
50:59qu'il y a une vraie exigence
51:01et d'un point de vue macro
51:02prenez les Etats-Unis
51:03le secteur de l'information
51:05communication
51:05qui regroupe notamment
51:06la tech
51:07plusieurs points de PIB
51:09la productivité apparente
51:10du travail
51:10a augmenté
51:11de plus de 80%
51:12depuis 2019
51:12dans le secteur
51:13quand on fait la même comparaison
51:14en Europe et en France
51:15on est plutôt à plus 20
51:16donc c'est sûr
51:17que ça se diffuse
51:17beaucoup plus vite aux Etats-Unis
51:19qu'en France
51:19ou en Europe
51:20à fortiori
51:20parce qu'en plus
51:21ils sont producteurs de solutions
51:22mais on est en train
51:23de réaliser des gains de productivité
51:24il faut se rappeler
51:25qu'avant le Covid
51:26tout le monde disait
51:26la productivité est morte
51:28c'est terminé
51:29rentrons tous chez nous
51:30finalement on a quand même trouvé
51:32et c'est assez miraculeux
51:33c'est la beauté de l'innovation
51:34une nouvelle source
51:35de gains de productivité
51:36moi je trouve que c'est
51:37tout à fait encourageant
51:37ça c'est une vraie bonne nouvelle
51:38pour l'économie mondiale
51:39après il n'y a pas que l'IA
51:40il y a aussi des plans
51:41de réduction de coût
51:42dans les entreprises
51:42on est entièrement d'accord
51:44le tout maintenant
51:44c'est de voir
51:45dans les prochains chiffres
51:46ce qui est de l'IA
51:47et non de l'IA
51:48le mot de la fin
51:48à ce sujet Jean-Charles Simon
51:49moi mon sentiment
51:51c'est d'abord qu'effectivement
51:52il y avait quand même
51:52des valorisations très élevées
51:53donc quand il y a
51:54des corrections fortes
51:55qui ne sont pas habituelles
51:57sur des valeurs
51:58on va dire classiques
52:00d'entreprises matures
52:03de secteur legacy
52:04bon bah c'est normal
52:05que ce soit beaucoup plus
52:06volatile
52:08sur des valeurs comme ça
52:09qui sont quand même
52:10à des niveaux de capitalisation
52:11assez phénoménaux
52:12donc c'est une correction
52:14de 15%
52:14ça peut sembler énorme
52:15s'il s'agissait
52:16d'une cimenterie
52:17quand il s'agit
52:18d'une valeur
52:19comme Google
52:20ou Meta
52:20c'est moins étonnant
52:23moi je suis un petit peu
52:24plus sceptique
52:25sur deux choses
52:25d'abord
52:27la diffusion
52:28au-delà justement
52:29du secteur
52:29information et communication
52:30c'est-à-dire
52:31qu'est-ce qui va être possible
52:32de faire payer
52:33aux entreprises
52:33au prix d'aujourd'hui
52:35qui sont quand même
52:36déjà très margés
52:37et comment les choses
52:38vont se diffuser
52:39ensuite dans l'économie
52:40donc je me demande
52:41si quand même
52:42là-dedans
52:42en matière
52:43d'investissement
52:45il n'y a pas des gens
52:46qui auront du mal
52:48à trouver la rentabilité
52:49sur les investissements
52:50colossaux
52:51faits chez Nvidia
52:52ou d'autres acteurs
52:53qui eux
52:53sont évidemment
52:54les gagnants
52:55pour l'instant
52:55sans risque
52:56si je puis dire
52:57parce qu'ils ont
52:58leurs clients
52:59derrière les autres
52:59qu'ils vont quand même
53:00falloir
53:00et on va attendre
53:02de voir ce que ça va donner
53:02Anthropik et OpenAI
53:04Anthropik en introduction
53:05et puis derrière
53:07les chiffres des autres
53:08mais sur la capacité
53:10à rentabiliser
53:12ces investissements
53:14sur un très large public
53:15c'est-à-dire
53:16au-delà
53:17justement des secteurs
53:18les plus évidents
53:18le truc le plus évident
53:19c'est la programmation
53:21donc effectivement
53:21on gagne beaucoup d'argent
53:22on peut y virer
53:22plein de développeurs
53:23parce qu'il y a
53:25un programme fabuleusement bien
53:26et donc on a
53:27pour des supervisions
53:29de développement de code
53:31beaucoup moins
53:32de besoin de monde
53:32qu'on en avait
53:33quand il fallait
53:34tout développer à la main
53:35donc on a des gains évidents
53:37est-ce que ça se diffusera
53:38aussi bien
53:39dans le reste de l'économie
53:40aujourd'hui on voit
53:41quand même
53:41beaucoup de groupes
53:42industriels par exemple
53:43qui se posent des questions
53:44qui se disent
53:45attendez j'ai payé
53:45quand même très cher
53:46j'ai mis un peu
53:49librement
53:49l'achat de tokens
53:50dans mes équipes
53:51oula c'est tout ça
53:52ça fait beaucoup de sous
53:53qui partent
53:54et pour l'instant
53:55moi je ne vois pas
53:56de conséquences
53:56si évidentes que ça
53:58en termes de chiffre d'affaires
53:59derrière pour moi
54:00parce que c'est quand même
54:01à la fin des fins
54:02ce qui va compter
54:03donc
54:06et où alors
54:07il faut que je fasse
54:07des suppressions d'effectifs
54:08si je veux
54:09que ça se traduise
54:09en bénéfice
54:10à un chiffre d'affaires
54:10qui ne progresse pas beaucoup
54:11donc on a
54:13je pense quand même
54:14encore beaucoup d'incertitudes
54:15sur le bon niveau
54:17je pense qu'évidemment
54:18on est sur une technologie
54:19évidemment
54:20qui est exceptionnelle
54:22et qui
54:22est une rupture
54:24incroyable
54:25dans plein
54:26d'activités
54:27en gain de productivité
54:29quand on remonte
54:30si on vous prend
54:30les discours
54:31y compris
54:32les thèses de Gordon
54:33et d'autres
54:34sur
54:36l'évolution
54:37de la productivité
54:37de long terme
54:38dans l'économie
54:40sur internet
54:41tout le monde
54:41aujourd'hui
54:42c'est évidemment
54:42que c'est fabuleux
54:43et que ça change
54:45la vie de tout le monde
54:46et c'est dans la vie
54:48de tout le monde
54:48aussi bien des entreprises
54:49que des ménages
54:51est-ce que ça a boosté
54:52la productivité
54:52comme on aurait pu
54:53l'imaginer
54:54au début des années 90
54:55c'est pas forcément
54:56et donc je me dis
54:57là il y a encore
54:59de l'incertitude
54:59et il est possible
55:01qu'il y ait quand même
55:01des corrections
55:02et que NVIDIA
55:04un jour
55:04ait un peu moins de clients
55:05pour des processeurs
55:06super chers
55:07en nombre aussi important
55:09merci à tous les trois
55:10de nous avoir accompagnés
55:11ce matin
55:12Jean-Charles Simon
55:13donc président
55:13de propriété et liberté
55:15Robin Rivaton
55:16président de Stonehall
55:17et essayiste
55:18et Anthony Morley
55:19Lavidali
55:19économiste
55:20chez Rex & Code
55:22dans un instant
55:22vous retrouvez
55:23les pros de l'IMO
55:23avec Marie Curderoy
55:24et puis leur closier
55:25pour les experts
55:26lundi à 9h30
55:27et moi je vous retrouverai
55:28à 9h
55:28pour Good Morning Market
55:31très bonne journée
55:31très bon week-end
55:35Débat et controverse
55:36les experts
55:37sur BFM Business

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