00:00 [Générique]
00:04 Et nous retrouvons donc comme chaque lundi notre correspondant américain Pierre-Yves Dugas qui est avec nous en visioconférence pour ce quart d'heure américain du lundi
00:13 qu'on retrouve donc désormais à 13h30, à 17h45 également ou encore en replay bien sûr sur le site bsmart.fr.
00:22 Bonjour et bienvenue Pierre-Yves.
00:24 Bonjour Édouard.
00:26 Merci beaucoup d'être avec nous, back to business donc avec vous avec une actualité américaine qui sera chargée tout au long de cette année.
00:33 Je parle bien sûr de politique mais avant cela c'est un petit peu ce qu'on évoquait avec nos invités juste avant Pierre-Yves.
00:41 L'idée que les marchés, les investisseurs vont se tourner dans les prochains jours vers les entreprises et les résultats d'entreprise avec une saison toujours particulière
00:52 puisqu'on parle là des résultats annuels des grands groupes qui vont être publiés à partir de ce vendredi.
00:57 Qu'est-ce qu'on attend des entreprises américaines à l'issue de l'année 2023 ?
01:01 Alors je vais prendre les statistiques telles qu'elles sont compilées par FACSET qui nous donnent une idée de ce que l'on anticipe pour 2024
01:13 dans le cadre de ce scénario d'atterrissage en douceur.
01:16 On va essayer d'oublier que dans le mot atterrissage en douceur il y a le mot atterrissage et il y a le mot douceur.
01:23 Plus 12% pour 2024.
01:27 Comme par hasard ça ne commencerait pas au premier trimestre.
01:32 Ce serait surtout au quatrième trimestre 2024 qu'on aurait des performances magnifiques
01:38 parce que ce que l'on attend en tout cas pour ce dernier trimestre 2023 dont les résultats tombent à partir de vendredi,
01:48 c'est une misérable performance d'un peu plus de 1% à 1,3% semble-t-il pour les profits des entreprises moyens par action pour l'indice S&P 500.
02:03 Vous vous souvenez que fin septembre on attendait plus de 8%.
02:08 Donc on est passé de 8 à +1 et qu'est-ce qui nous dit que la même chose ne va pas se reproduire ?
02:15 C'est d'autant plus frappant que depuis la fin septembre les nouvelles sont plutôt bonnes en matière d'inflation.
02:20 Donc soyons extrêmement prudents dans l'interprétation de ces statistiques globales
02:25 et rappelons ce que notre invité il y a quelques minutes signalait en passant,
02:32 à savoir que 72% des valeurs du S&P 500 ont moins performé que la moyenne.
02:43 Donc c'est extrêmement déséquilibré en faveur de ces fameuses Magnificent Seven.
02:51 Et alors là je veux faire une parenthèse parce que je ne peux pas résister.
02:54 Vous savez d'où vient l'expression Magnificent Seven ?
02:57 - Ah non je veux bien que vous nous le rappeliez effectivement.
03:00 Vous avez vu le film Les 7 mercenaires ?
03:02 - Oui.
03:03 - Les 7 mercenaires en anglais c'est Magnificent Seven.
03:08 Donc c'est un clin d'œil à ce film.
03:10 Simplement si on le traduisait Microsoft, Nvidia et ses consœurs par les 7 mercenaires ça ferait un petit peu bizarre.
03:17 - Ce serait moins flatteur c'est ça pour ces entreprises d'être traitées de mercenaires Pierre-Yves ?
03:24 - Voilà ça ferait un petit peu désordre.
03:26 Donc on aurait 12% cette année, ça serait vraiment bien dans le contexte d'un atterrissage en douceur.
03:34 Alors ce qui me frappe aussi, c'est pas simplement la forte correction depuis la fin septembre,
03:39 mais c'est également la manière dont le marché a réagi à la publication de résultats au cours des 3 dernières semaines
03:46 par des sociétés dont les calendriers de publication sont en retard par rapport aux autres.
03:50 Nike, Conagra, FedEx, Walgreens Boots,
03:57 qui est une société qui est pas très très connue en France mais qui est très importante aux Etats-Unis,
04:02 c'est la plus grande chaîne de drugsters.
04:04 Toutes ont beaucoup déçu, toutes ont révisé à la baisse leur perspective pour les prochains mois,
04:12 toutes ont tiré le signal d'alarme en disant "attention le consommateur américain est fatigué,
04:17 il est extrêmement sensible aux hausses de prix"
04:21 et toutes ont été sévèrement pénalisées par le marché dans les heures qui ont suivi la publication de leurs résultats.
04:28 Mais ça fait rien, on continue d'être euphorique sur les marchés d'action,
04:32 encore que ça se soit un petit peu calmé depuis le début de l'année,
04:35 et relativement euphorique aussi sur le marché obligataire.
04:39 Maintenant que j'ai pris l'habitude d'aller consulter cet outil extraordinaire du Chicago Mercantile Exchange, du CME,
04:46 qui nous permet de voir en probabilité l'évolution selon les paris pris par les traders des "fat funds",
04:56 on voit qu'on est de l'ordre de 60% de probabilité de réduction des "fat funds" au début mars,
05:03 et ensuite on est à plus de 80% et on atteint 100% successivement pour le mois de mai, pour le mois de juin,
05:11 pour le mois d'août, pour le mois de septembre, ce qui suppose non pas un atterrissage en douceur, mais une récession.
05:19 Donc en gros, on a un marché obligataire qui se prépare à une récession, mais ne veut pas le dire,
05:24 et un marché d'action qui est persuadé qu'on aura un atterrissage en douceur,
05:29 ce qui est censé vouloir dire pas beaucoup de hausses de chômage,
05:32 et une baisse de l'inflation tout à fait rassurante, et une poursuite de la croissance.
05:37 – Je me demande si ces deux scénarios sont compatibles, je ne sais pas.
05:42 Ça nous amène en tout cas à nous poser la question de la valorisation,
05:45 et là encore notre invité un peu plus tôt l'a bien dit,
05:48 on est autour de 19/19 en ratio prix-bénéfice anticipé,
05:55 c'est un peu plus que la moyenne des dernières années,
05:58 moyenne des dernières années qui est quand même faussée par une pratique de taux d'intérêt quasi nul,
06:03 par les banques centrales, ne l'oublions pas.
06:05 Donc moi il me semble que nous sommes, en dépit de la petite correction
06:08 qui a commencé depuis le début de l'année,
06:10 on est encore dans une situation où on anticipe le meilleur et on croise les doigts.
06:16 – Ça c'est sûr que le marché a sans doute anticipé beaucoup de très bonnes choses pour la suite,
06:22 on est peut-être pricé pour la perfection comme on dit,
06:25 et partant de là effectivement il y a peut-être manière à se faire un petit peu peur,
06:28 ou en tout cas réévaluer peut-être la trajectoire des choses
06:31 par rapport à ce que le marché anticipait encore en fin d'année dernière.
06:36 Pierre-Yves, ouvrons peut-être le dossier politique
06:39 avec la perspective des premières primaires républicaines,
06:42 la première se tient la semaine prochaine dans l'Iowa,
06:45 et donc les affaires sérieuses vont commencer
06:48 pour les candidats républicains à l'élection présidentielle américaine,
06:52 quel est l'état des forces en présence à ce stade Pierre-Yves ?
06:57 – C'est assez catastrophique, c'est assez catastrophique,
07:01 mais n'accordons probablement pas trop d'importance à ce caucus de l'Iowa,
07:07 ce ne sont même pas des primaires,
07:11 les gens se mettent dans le coin d'une grange pour exprimer leurs intentions de vote,
07:16 il n'y a même pas de bulletin mis dans des urnes.
07:20 Vous vous souvenez qui avait gagné les premières de l'Iowa, les premières républicaines ?
07:24 – Non là il faut que vous me rafraîchissez la mémoire.
07:26 – C'était Ted Cruz, ce n'était pas Donald Trump,
07:29 et avant lui c'était Rick Santorum, vous avez oublié qui était Rick Santorum ?
07:33 Moi jusqu'à ce que je le vérifie hier soir, j'avais oublié aussi.
07:39 Donald Trump va gagner probablement, très largement,
07:43 si on en croit les sondages dans ce caucus de l'Iowa,
07:50 la question c'est qui sera numéro 2 ?
07:55 Nikki Haley qui a maintenant le soutien de pas mal de gens importants à Wall Street
08:02 qui ont compris que Donald Trump était psychologiquement quand même un petit peu déstabilisé.
08:10 Nikki Haley a bien progressé, dispose de beaucoup d'argent,
08:15 Charlie Koch et tout son réseau de conservateurs libéraux
08:21 lui ont apporté beaucoup d'argent au cours des dernières semaines.
08:24 Nikki Haley est en train de remonter, mais va-t-elle remonter suffisamment
08:27 pour battre en position de numéro 2 Ron DeSantis ?
08:31 Ce que l'on dit c'est que si Ron DeSantis est numéro 3 le soir du caucus de l'Iowa,
08:39 sa campagne est probablement terminée.
08:42 Il faut absolument que DeSantis tienne une bonne place de numéro 2,
08:45 ensuite on passe le 23 janvier dans le New Hampshire,
08:51 là Nikki Haley est numéro 2 et elle voudrait profiter de cette dynamique
08:56 pour se rapprocher de Donald Trump dont l'inévitabilité est de plus en plus frappante,
09:04 pour ne pas dire choquante, dans la mesure où on sait que,
09:09 objectivement, la seule chance de réélection de Joe Biden,
09:15 c'est qu'il est en face de lui Donald Trump.
09:18 Pour autant, les sondages donnent Donald Trump comme celui qui remportera l'investiture républicaine.
09:26 Il est frappant, j'écoute tout ce que mes collègues racontent quand ils se rendent
09:30 dans les meetings de campagne, il y en a eu beaucoup,
09:33 ces immenses meetings que seul Donald Trump est capable d'organiser avec des milliers de personnes.
09:39 Les gens qui viennent écouter Donald Trump et l'applaudir
09:42 sont des gens qui n'ont l'intention de voter que pour une seule personne,
09:45 c'est Donald Trump, ils n'ont même pas pris en considération les autres candidats,
09:49 ce ne sont même pas vraiment des républicains, ce sont des Trumpistes.
09:54 Et ils voteront toujours pour Donald Trump, même s'il est en prison,
09:58 même si la Cour suprême le déclarait inéligible.
10:01 On a arrêté de compter le nombre de procédures judiciaires, pénales, civiles
10:06 qui sont engagées contre Donald Trump parce que plus il y en a et plus il grimpe dans les sondages.
10:11 Il bénéficie du soutien indéfectible de gens qui sont plus que républicains,
10:17 qui n'auraient jamais voté, et n'auraient jamais voté républicain,
10:20 mais qui n'auraient jamais voté si Donald Trump n'était pas là.
10:23 C'est le grand défi qui se présente à ceux qui veulent empêcher Donald Trump de remporter l'investiture.
10:29 Et Ron DeSantis ou Nikki Haley, peut-être.
10:34 L'objectif de Trump est bien sûr de tout boucler d'ici Super Tuesday.
10:39 C'est le 5 mars.
10:43 Le 5 mars, on a de très grands États comme le Texas, la Californie, la Virginie.
10:48 Et si Donald Trump a largement gagné dans ces États-là,
10:53 les choses seront extrêmement éclaircies pour Donald Trump qui aura un boulevard devant lui.
11:00 Trump et les Trumpies.
11:01 Je crois que Donald Trump a commencé son discours du week-end ainsi,
11:05 en affirmant devant la foule en folie qu'il allait gagner pour une troisième fois l'élection présidentielle américaine.
11:12 À suivre, évidemment, pendant encore plusieurs semaines et plusieurs mois, grâce à vous, Pierre-Yves.
11:17 Pierre-Yves Dugas avec nous chaque lundi pour le quart d'heure américain,
11:20 que vous retrouvez dans Smart Bourse, en direct entre 13h30 et 14h, le soir à 17h45,
11:25 et en replay, évidemment, sur bsmart.fr.
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