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  • il y a 3 ans

Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent des défis qui attendent le gouvernement suite à la nomination de Gabriel Attal au poste de Premier ministre.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline

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Transcription
00:00 On va voir qu'il y a des dossiers très importants qui attendent Gabriel Attal.
00:03 On a parlé de l'éducation nationale.
00:05 Il est en ce moment sur le terrain, dans le Pas-de-Canet,
00:07 pour parler d'inondations, d'intempéries.
00:09 Il y a évidemment le dossier majeur de l'insécurité,
00:12 parce qu'aujourd'hui, ce n'est peut-être pas un hasard de calendrier.
00:15 En tout cas, les derniers chiffres rendus
00:17 par le service statistique ministériel de la sécurité intérieure
00:20 sont accablants.
00:21 On est à près de 1 000 agressions par jour en 2023 dans notre pays.
00:26 Ça aussi, c'est l'un des sujets régaliens
00:28 auquel il faudra que Gabriel Attal se confronte.
00:31 Explication de Mathieu Devez et Goderic Bey.
00:33 On reçoit ensuite Thibaud de Montbréal.
00:36 Près de 1 000 agressions par jour en 2023.
00:39 Un chiffre en hausse de 6 % par rapport à l'année précédente.
00:42 Pour William Mory, délégué syndical Alliance Police Nationale,
00:45 ce constat n'est pas surprenant.
00:47 Ça fait des mois, voire des années qu'on dénonce ça.
00:50 Ça fait des années que certains politiques nous rionnaient
00:53 en disant que c'est juste un sentiment d'insécurité.
00:55 Aujourd'hui, les chiffres parlent.
00:57 Les homicides sont également en hausse de 6 %, 1 033 sur l'année,
01:01 soit près de 3 homicides par jour en moyenne.
01:04 Autre constat alarmant,
01:05 les violences sexuelles ont augmenté de 7 %,
01:08 avec près de 240 faits par jour.
01:10 Pour William Mory, ces chiffres sont la conséquence
01:13 d'une justice trop laxiste.
01:14 Aujourd'hui, quand vous allez dans des commissariats
01:17 ou dans des zones de garde à vue, c'est toujours les mêmes personnes.
01:20 C'est des multirécidivistes qui pourrissent la vie des Français.
01:23 On est face à une société dans l'ultra-violence
01:27 parce que rien ne les arrête.
01:28 Il faut avoir une vraie politique pénale, ferme.
01:32 Parmi les chiffres évoqués,
01:34 il s'agit uniquement des actes signalés aux autorités,
01:37 sachant que toutes les victimes ne portent pas plainte.
01:40 On a été rejoint par Thibaud de Montbrillat.
01:42 Vous êtes avocat,
01:43 président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure.
01:45 L'insécurité, les chiffres qu'on vient d'évoquer là,
01:49 sont terribles.
01:50 C'est ça, la réalité que vivent les Français ?
01:53 C'est terrible, c'est l'ensauvagement,
01:55 non seulement qui continue,
01:57 mais qui s'ancriste dans la société française.
02:00 On a bien vu, avec les réactions après les chiffres de la Saint-Sylvestre,
02:05 et après certains faits terribles qui ont été commis cette nuit-là,
02:08 que finalement, on finit par se réjouir
02:10 de ce qu'il y a un tout petit pourcentage d'amélioration
02:12 par rapport à l'année d'avant,
02:14 mais alors que la courbe sur 10 ans est absolument catastrophique.
02:18 Donc, on s'habitue à ce que ça aille de plus en plus mal.
02:20 Et cette année, c'est intéressant,
02:22 parce que l'année 2024, c'est une année qui est cruciale
02:24 en matière de sécurité, notamment du fait de l'organisation
02:27 par la France de grands événements, au premier rang desquels
02:30 les JO olympiques qui vont être observées par le monde entier.
02:33 Mais il ne faut pas oublier
02:34 que la sécurité du peuple prime sur celle des JO,
02:38 parce que la sécurité du peuple,
02:39 elle est en cause avant les JO, pendant les JO, après les JO,
02:43 et donc, le nouveau gouvernement qui va être créé
02:46 va avoir une tâche essentielle,
02:49 notamment sur la question de la sécurité.
02:52 Thibaud de Montbréal, est-ce que vous pensez que Gabriel Attal,
02:54 à la carrure, les épaules, le charisme, l'autorité,
02:58 pour faire face à ces sujets régaliens,
02:59 on parle aujourd'hui de l'insécurité,
03:01 on parlera aussi du terrorisme,
03:02 la menace est omniprésente dans notre pays,
03:04 il y a aussi le sujet de l'immigration,
03:06 qui faudra traiter à nouveau à travers l'aide médicale d'État.
03:10 Est-ce qu'il est, encore une fois, prêt pour exercer le pouvoir ?
03:13 Les hommes se révèlent à la tâche
03:16 et les hommes d'État se révèlent à la tâche.
03:19 Moi, je vous dis très sincèrement,
03:21 il y a une chose qui m'a beaucoup plu
03:23 et qui m'a surpris chez Gabriel Attal,
03:25 lorsqu'il a été nommé ministre de l'Éducation nationale.
03:28 Souvenez-vous, son premier discours
03:31 pour souligner que les abayas étaient inacceptables,
03:36 c'est dans le contexte de la décapitation de Samuel Paty.
03:40 Très vite, il y a eu le drame de l'égorgement de Dominique Bernard.
03:43 Donc, dans un contexte hautement inflammable,
03:45 où beaucoup disaient que les professeurs
03:48 et l'Éducation nationale en général
03:50 avaient baissé les bras et rendu les armes face à l'islamisme.
03:52 Qu'est-ce qu'il a fait, Gabriel Attal ? Il est arrivé,
03:54 il a tenu un discours. On a dit que c'était formidable,
03:56 le beau discours, on a l'habitude,
03:57 et Emmanuel Macron lui-même a tenu
03:59 un certain nombre de beaux discours depuis sept ans.
04:02 Sauf que là, derrière, il a agi.
04:05 Il a agi, tout le monde a dit que ça allait être terrible,
04:07 il allait y avoir des provocations, des incidents, des émeutes.
04:10 Il n'y a rien eu. Il a agi,
04:11 et là, il a fait preuve de fermeté.
04:13 Donc, c'est un élément de réponse.
04:15 Il y a une deuxième chose, moi, que j'ai trouvée plutôt pas mal,
04:18 c'est que quand il y a eu les résultats catastrophiques
04:19 du classement PISA sur les résultats des études
04:22 dans les collèges et lycées français...
04:25 Vous savez que les politiques français aiment bien dire
04:27 que même quand ça va très, très mal,
04:28 que finalement, on fait des pirouettes
04:30 et il y a des éléments de langage.
04:31 Mais non, qu'est-ce qu'il a dit ?
04:32 Il a dit que c'était catastrophique et qu'il fallait s'y atteler.
04:36 Tout ça est plutôt de bon augure.
04:37 Maintenant, on va voir la composition du gouvernement
04:40 et surtout, la grande question,
04:42 ça va être de savoir s'il y a un vrai cap
04:44 de changement politique avec une cohérence
04:46 et la fin du "en même temps",
04:48 mais on n'est pas à l'abri d'une bonne surprise.
04:50 Dernière chose, pourquoi est-ce qu'on n'est pas à l'abri
04:52 d'une bonne surprise ? Parce que tous les sondages,
04:54 et on en a encore parlé tout à l'heure,
04:56 indiquent que les Français attendent de l'autorité
04:59 sur les questions régaliennes et donc, en plus,
05:02 en faisant ce qu'il faut, on serait populaires.
05:06 Oui, Dr Agnel.
05:07 Justement, on connaîtra peut-être le nom d'un successeur possible
05:11 de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur
05:13 dans les prochains jours,
05:14 ou peut-être Gérald Darmanin restera-t-il.
05:16 Pour vous, quelles sont les trois priorités
05:19 du successeur possible de Gérald Darmanin
05:22 ou de Gérald Darmanin lui-même,
05:23 si Gabriel Attal lui renouvelle sa confiance ?
05:27 En fait, il n'y a pas trois priorités, il y en a une.
05:29 La question, c'est les mesures pour décliner cette priorité.
05:34 La priorité, et on en a parlé avec les chiffres
05:36 que vous venez de rappeler,
05:38 c'est de faire diminuer les violences physiques
05:42 qui sont commises contre nos concitoyens
05:45 tous les jours dans des conditions...
05:46 - 1 000 agressions par jour. - Épouvantables.
05:48 1 000 agressions par jour.
05:49 Ça défie l'entendement, il y a plus de 100 attaques au couteau.
05:52 Je répète régulièrement qu'une personne agressée sur cinq,
05:57 et même une sur quatre sur la période des cinq dernières années,
05:59 est policier ou gendarme.
06:01 C'est-à-dire que non seulement les Français sont agressés au quotidien,
06:05 mais ceux qui sont chargés de les défendre
06:07 et qui sont en première ligne dans ce combat
06:09 pour la sécurité des Français,
06:10 sont ceux qui en payent le tribut le plus lourd.
06:12 Donc, ça, c'est la priorité.
06:14 Maintenant, sur les mesures à prendre,
06:16 je pense, moi, que la mer de toutes les batailles,
06:18 c'est la maîtrise de nos frontières.
06:21 L'Allemagne a rétabli beaucoup de contrôles aux frontières
06:23 depuis quelques mois,
06:24 mais avec des résultats tangibles.
06:26 Je pense qu'il faut rétablir les contrôles aux frontières.
06:29 Je pense aussi qu'il faut diminuer...
06:32 Je prends des mesures qui sont des mesures techniques
06:33 parce qu'elles ne nécessiteraient pas
06:35 de longs débats parlementaires
06:36 avec les incertitudes liées aux questions de majorité.
06:39 Il faut aussi, je pense,
06:41 au-delà des mots sur l'immigration,
06:44 dire qu'on va baisser le nombre de visas par pays
06:48 et diminuer par 5, par 10.
06:50 Après, on peut avoir un débat technique
06:52 sur le nombre d'étrangers qui vont rentrer en France.
06:56 Et enfin, je pense qu'il faut mettre des peines planchées
06:58 pour ceux qui s'en prennent,
06:59 aux policiers et aux gendarmes, et aussi...
07:01 Et ça, c'est une idée qu'on n'entend pas souvent,
07:03 contre les récidivistes,
07:05 c'est-à-dire que les gens qui pourrissent la vie des Français
07:08 en commettant un, deux, trois, quatre, cinq délits,
07:10 eh bien, il faut qu'à un moment, dans le code pénal,
07:12 les juges soient incités...
07:14 Ils ne peuvent pas être obligés
07:15 pour des raisons de droit international,
07:16 mais soient fortement incités
07:18 à ce qu'à partir d'un certain nombre de délits,
07:21 et moi, je pense que deux, c'est bien suffisant,
07:23 eh bien, ils en cuisent aux délinquants.
07:25 Thibaud de Montbréal,
07:26 vous, vous êtes un peu éloigné des appareils politiques,
07:28 mais globalement, si Emmanuel Macron
07:30 vous proposait de relever cette mission,
07:33 qu'est-ce que vous lui répondriez ?
07:35 Ça, alors, je vais être très franc avec vous,
07:37 cette année, il y a la mission des Jeux olympiques,
07:41 et la mission des Jeux olympiques, c'est une mission...
07:43 Il faut que cette mission soit menée à bien,
07:45 parce que l'avenir de notre pays,
07:49 pour les dix ans qui viennent,
07:50 dans les yeux du monde,
07:52 se joue sur notre capacité ou non à gérer cet événement.
07:56 Mais au-delà de...
07:57 Et donc, si on vous proposait d'être ministre de l'Intérieur ?
07:59 Si il y a des moyens qui sont...
08:01 Si il y a des garanties de ce qu'il y a,
08:03 des moyens qui soient accordés,
08:06 et s'il y a un tout petit peu d'autonomie,
08:08 pourquoi pas ? Mais ça, c'est une discussion
08:10 qu'il faudra avoir le moment venu avec les uns et les autres,
08:12 et c'est pas à moi de faire des actes de candidature.
08:16 C'est si jamais la question est posée.
08:18 Mais moi, je me déroberai pas.
08:19 J'ai servi mon pays dans l'armée quand j'étais jeune,
08:21 je sers régulièrement les policiers et les gendarmes que je défends
08:24 depuis que j'ai fêté mon 29e anniversaire professionnel
08:27 d'avocat en début de semaine.
08:29 Donc, c'est un combat que...
08:31 Si vous voulez, je n'ai pas une âme de contemplateur,
08:33 je vais pas...
08:34 Si on me propose de me mouiller avec des moyens et un cap clair,
08:38 je le ferai, parce que c'est beaucoup plus facile
08:40 de critiquer que d'aller dans l'action,
08:42 et je serai donc irresponsable de rester dans la facilité
08:46 d'être un spectateur.
08:48 Mais encore une fois, il faut qu'il y ait des moyens.
08:49 Bien sûr, on a compris.
08:50 Alexandre de Vecchio, une question.
08:52 Non, je trouve que ce qui est particulièrement juste,
08:55 ce qu'a dit Thibault de Montbréal, c'est la question européenne,
08:59 puisque je crois que ça va être une des impasses
09:01 de ce gouvernement.
09:04 Vous avez parlé de cap clair, Thibault de Montbréal,
09:06 et vous avez expliqué que sans maîtrise des frontières,
09:09 on n'arriverait pratiquement à rien.
09:11 Or, il y a une élection européenne,
09:12 Gabriel Attal est là aussi pour s'opposer
09:15 au Rassemblement national, et je pense pas
09:17 qu'il fasse acte de rupture sur ce plan-là.
09:20 Pourtant, il faut faire acte de rupture
09:24 face à l'Union européenne, parce que tout en découle
09:26 d'une certaine manière, et sans souveraineté,
09:29 on n'arrivera pas à rétablir l'autorité, la sécurité,
09:32 la maîtrise des flux migratoires.
09:34 Donc, au-delà de ses talents de communicant,
09:37 au-delà de ses bons instincts,
09:39 il va se heurter à l'ADN macroniste
09:43 qu'est un ADN européen, et qui est incompatible,
09:45 je dirais, avec l'esprit du temps.
09:46 Je suis d'accord avec vous, Alessandro Devecchio,
09:48 mais il faut voir les choses, je pense, en deux temps.
09:51 Aujourd'hui, tout le monde a bien compris
09:52 que dès lors qu'Emmanuel Macron est président de la République,
09:55 il n'y aura pas de grand soir sur cette question.
09:57 La question est de savoir si, déjà, on peut accélérer
10:00 des pas dans la bonne direction.
10:02 Et encore une fois, moi, ce qui me touche beaucoup,
10:04 c'est la détresse des policiers et des gendarmes
10:06 face à cette violence qu'ils subissent,
10:08 c'est la détresse de nos concitoyens,
10:10 c'est la formidable incertitude qu'on entend en off
10:12 sur notre capacité à assurer la sécurité
10:14 des grands événements qui viennent.
10:15 C'est ça, ce volontarisme sur l'année qui vient.
10:18 Je pense que la première mission, ça va être celle-là.
10:20 Maintenant, pour redresser le pays, dont je dis régulièrement,
10:22 et c'est pas ce soir que je vais arrêter de le dire,
10:24 que depuis 40 ans, nous sommes en train de nous effondrer
10:28 et qu'à un moment donné, il faudra un vrai redressement de ce pays,
10:30 il faudra des mesures qui soient des mesures de grande ampleur,
10:33 et je suis d'accord avec vous, à terme,
10:35 seule la remise en cause de ces traités
10:38 nous permettra de reprendre complètement en main notre souveraineté.
10:41 Mais ça ne veut pas dire pour autant qu'il n'y a rien à faire,
10:43 et je pense que le cap des six mois qui viennent,
10:45 notamment d'être aux côtés des policiers et des gendarmes
10:48 pour assurer la sécurité de nos compatriotes
10:51 et pour assurer le succès des grands événements,
10:53 ce sont des enjeux considérables déjà.
10:55 Thibault de Montbréal, on ne connaît pas encore
10:57 la composition du nouveau gouvernement
10:59 que va former Gabriel Attal,
11:00 mais il a fallu beaucoup de temps déjà
11:02 au président de la République pour se décider,
11:04 en tout cas arrêter son choix sur Gabriel Attal.
11:07 J'aimerais vous faire écouter une archive de l'INA,
11:10 une archive de Georges Pompidou,
11:12 qui était à l'époque président de la République,
11:14 on est en 1973, qui explique, selon lui,
11:16 quels sont les critères qui doivent prévaloir
11:19 pour choisir un Premier ministre.
11:20 On va l'écouter, puis vous allez me dire
11:22 si ça correspond à ce qui se fait aujourd'hui.
11:24 Je rappelle que Georges Pompidou est le seul Premier ministre
11:26 qui est devenu président de la République.
11:28 Écoutez-le.
11:30 Je sais bien que nous vivons le temps
11:34 de la pudeur et de l'impudence.
11:38 Mais il y en a qui, franchement, se trompent de République.
11:42 Les Premiers ministres ne se désignent pas
11:47 dans les dîners parisiens,
11:48 ni même au gré des convenances personnelles.
11:52 Le Premier ministre est choisi
11:57 en tenant compte, bien entendu,
12:00 de la composition de l'Assemblée nationale,
12:02 devant laquelle le gouvernement est responsable.
12:05 Le Premier ministre est choisi en fonction de sa capacité,
12:10 de sa loyauté et de son dévouement aux biens publics.
12:14 Bon, là, il coche les cases, Gabriel Attal.
12:18 Loyauté, capacité, dévouement ?
12:21 La loyauté à Emmanuel Macron, elle est manifeste
12:24 quand on regarde sa carrière, le dévouement de sa femme.
12:27 Moi, ça n'appelle aucun commentaire particulier de ma part.
12:30 Je pense que de l'extérieur, il y a une cohérence.
12:34 D'accord, OK.
12:35 Mais quand, effectivement, je disais qu'il était le seul
12:37 à être devenu président de la République,
12:40 en tout cas dans la filée, parce que Jacques Chirac est devenu,
12:42 mais après coup, c'est une façon de torpiller
12:45 ou de lancer la campagne de 2027,
12:47 de nommer Gabriel Attal, maintenant, pour Emmanuel Macron ?
12:50 Comme observateur, ce qui est sûr,
12:52 c'est qu'on a l'impression qu'on a, pour la première fois,
12:57 depuis qu'Emmanuel Macron est président de la République,
12:59 un Premier ministre qui va avoir beaucoup d'autonomie.
13:01 Le premier, c'est Édouard Philippe,
13:03 qui a une vraie personnalité politique,
13:06 mais c'était le premier Premier ministre
13:08 après l'élection d'Emmanuel Macron.
13:09 Donc le leadership était absolument incontestablement,
13:12 à tous égards, celui du président de la République.
13:14 Ensuite, on a eu des gens qui étaient plus des technos.
13:17 On a eu Jean Castex, on a eu Elisabeth Borne,
13:21 dont personne n'a pu penser.
13:24 Après, les gens peuvent se révéler, on peut se tromper.
13:26 Mais en tout cas, l'analyse qui était faite,
13:28 c'est qu'ils étaient nommés pour être des collaborateurs technos.
13:31 Là, Gabriel Attal a de l'ambition,
13:34 ce qui n'est pas un gros mot dans ma bouche.
13:36 Il a montré à l'éducation, on en parlait tout à l'heure,
13:39 un vrai savoir-faire et une forme de courage politique,
13:43 dont on attend de voir s'il va, évidemment, continuer.
13:46 Donc je pense qu'il va y avoir sans doute plus d'autonomie à Matignon
13:49 qu'il y en a eu ces derniers mois et ces dernières années,
13:52 mais ça va être d'autant plus intéressant à suivre,
13:54 d'où aussi l'intérêt de la question du cap qui va être donnée.
13:58 Encore une question politique par Louis Dragnel.
14:00 Oui, mais qui est liée à votre domaine d'expertise et de spécialité.
14:05 C'est toujours la question du "en même temps".
14:07 On voit qu'Emmanuel Macron,
14:09 en tout cas, c'est la manière avec laquelle il présente
14:11 la nomination de Gabriel Attal,
14:13 veut poursuivre le dépassement politique,
14:15 et donc le "en même temps".
14:17 Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui,
14:19 c'est encore tenable de proposer le "en même temps"
14:22 ou alors c'est même quelque chose de non seulement périmé,
14:25 mais irresponsable ?
14:26 Non, mais vous posez la question clé.
14:28 Quand on parle de cap politique,
14:29 est-ce qu'il va y avoir un vrai changement politique ?
14:31 C'est ça.
14:32 Le "en même temps", en matière régalienne,
14:34 ça n'a pas marché et ça ne peut pas marcher.
14:37 Ça ne marchera pas,
14:38 parce que le côté opposé de la balance
14:41 va systématiquement neutraliser le premier plateau.
14:44 Donc il faut qu'on sorte de ce "en même temps".
14:47 C'est ce que les Français demandent.
14:48 Il y a un plébiscite sur ces questions.
14:50 Et encore une fois, je pense que le gouvernement,
14:54 qui prendrait ce nouveau cap de façon résolue,
14:56 il serait extrêmement populaire.
14:58 Il serait extrêmement populaire avec des gens volontaristes
15:02 qui disent ce qu'ils font, qui font ce qu'ils disent,
15:04 qui sont sincères,
15:05 y compris quand ils reconnaissent des erreurs ou des échecs.
15:07 Je pense que ce sont des choses dont les Français ont vraiment soif.
15:10 Maintenant, est-ce que c'est ce qu'on va avoir ?
15:12 C'est beaucoup trop tôt pour vous répondre.
15:13 Mais ça conditionne tout le reste,
15:15 y compris ma réponse à votre question tout à l'heure.
15:17 Le visage du gouvernement sera une forme de réponse, par exemple,
15:21 sur la question régalienne de la sécurité.
15:23 Sortir du "en même temps", ce serait...
15:26 En finir avec Éric Dupond-Rheim-Moretti, pardon,
15:29 de manger la tête d'un ministre sur ce plateau.
15:32 C'est pas mon rôle.
15:33 Mais en tout cas, si on veut une politique d'ordre,
15:37 il suffit pas de nommer un ministre de l'Intérieur
15:40 qui a de l'autorité et qui est pour la sécurité.
15:43 Il faut que la justice suive.
15:45 Ça, ce serait une forme de cohérence, je dirais.
15:47 Thibault de Mondrian, vous êtes d'accord avec Alexandre ?
15:49 Ce qui est certain, c'est qu'il faut un attelage
15:51 qui marche sur deux jambes.
15:53 Il faut un attelage d'intérieur justice qui marche sur deux jambes.
15:57 Maintenant, moi, Éric Dupond-Moretti,
15:59 j'ai beaucoup dit que c'était très compliqué pour lui,
16:02 qui, pendant 40 ans, a exercé avec talent le métier d'avocat
16:05 dans une forme d'anarchie revendiquée,
16:07 c'est-à-dire d'être contre l'autorité, contre les pouvoirs,
16:10 mais un peu par nature d'avocat pénaliste.
16:13 Et c'était très difficile pour lui, tout à coup,
16:15 d'incarner l'autorité judiciaire que doit incarner le garde des Sceaux.
16:20 Il y a des choses qu'il a faites que je conteste formellement,
16:24 d'autres sur lesquelles il y a eu une bonne surprise.
16:27 Après, c'est pas à moi de donner les mauvais points personnels.
16:30 Si on met un ministre de l'Intérieur à poigne,
16:33 il faut qu'il y ait un ministre de la Justice...
16:35 - La cohérence même de la chaîne pénale. - Mais je n'arrête pas de le dire.
16:40 Depuis des années, c'est pour ça que je vous parle d'un corps
16:42 qui marche avec deux jambes dans la même direction.
16:45 Je ne suis pas complètement certain que ce serait le cas.
16:50 Alexandre ?
16:52 Oui, je ne suis pas complètement...
16:53 Ce sera une indication très importante.
16:56 À mon avis, il faut un réel renouveau dans ce gouvernement
16:59 pour qu'on soit au-delà d'une simple opération de communication,
17:03 malgré toute la sympathie que j'ai pour Gabriel Attal,
17:06 ou en tout cas le fait que j'approuve
17:09 ce qu'il a pu faire à l'éducation nationale.
17:13 Donc, voilà, avant de s'enthousiasmer un peu trop,
17:17 il est urgent d'attendre de voir ce que nous réserve encore Emmanuel Macron.
17:22 Et ensuite, il y a deux façons de faire du en même temps.
17:25 C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a fait du en même temps
17:27 en disant un coup oui à la gauche, un coup oui à la droite,
17:31 voire, justement, en même temps,
17:33 des choses contradictoires aux uns et aux autres.
17:35 Et il y a une vraie stratégie de dépassement
17:37 qui était la stratégie gaulliste,
17:39 et c'est d'aller au-delà de la droite et de la gauche
17:41 et essayer de s'adresser au peuple.
17:43 Effectivement, là, je rejoins Thibault Monbrial
17:46 sur le fait que chez le peuple,
17:47 de véritables attentes en matière régalienne
17:49 et en même temps de véritables attentes en matière sociale
17:52 qui permettraient de marcher sur son pied gauche et sur son pied droit.
17:54 Thibault Monbrial, je vous passe la parole dans un instant,
17:56 mais d'abord, on va remercier les auditeurs d'Europe 1
17:59 qui vont retrouver maintenant Céline Giraud pour Europe 1 soir.
18:03 Et nous, on va continuer sur ces news.
18:04 Et j'aimerais que vous répondiez, justement, à la reste.
18:06 18h-19h, Laurence Ferrari sur CNews et Europe 1.

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