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  • il y a 3 ans
Six produits de grandes marques ont été pointés du doigt par l'association Foodwatch. Elle alerte sur le recours à la "cheapflation", une technique marketing qui vise à réduire ou changer d'ingrédient(s) dans une recette tout en augmentant le prix de vente.

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Transcription
00:00 Il y a un nouveau mot dans la chronique éco de Pierre aujourd'hui après la "chrinflation", la "chipflation", c'est l'association Foodwatch encore qui pointe une pratique des industriels.
00:11 De quoi s'agit-il cette fois-ci ?
00:12 Alors c'est la contraction de l'adjectif "chip" qui figure dans le Larousse.
00:18 Parce que j'entends déjà les téléspectateurs qui vont dire "c'est un anglicisme" et tout.
00:23 Il figure dans le Larousse.
00:25 Oui, c'est un produit de moins bonne qualité, voilà, pas cher.
00:28 Et du mot donc "inflation", c'est une technique marketing qui vise à réduire, supprimer ou changer un ou plusieurs ingrédients dans une recette pour réduire le coût de production tout en augmentant le prix de vente du produit.
00:42 En quoi le consommateur est désavantagé ?
00:45 D'abord ça peut quand même avoir un effet sur la qualité nutritionnelle et les apports en nutriments, mais aussi sur le goût, la saveur du produit qu'il a l'habitude d'acheter.
00:55 Or le problème c'est que l'industriel qui fait ça, il se garde bien dans le même temps de mettre en avant la modification des ingrédients dans son produit.
01:04 Donnez-nous des exemples concrets, Pierre.
01:06 Alors vous avez la multinationale Mondélez qui a remplacé l'huile de tournesol par de l'huile de palme dans ses cookies Milka, tout en augmentant le prix.
01:14 Probablement moins cette augmentation que ce que Mondélez aurait dû faire pour intégrer l'envolée des cours du sucre et du cacao.
01:21 Un autre exemple, la mayonnaise Maï du géant Unilever qui a réduit d'un quart quand même, c'est pas rien, la proportion de jaune d'œuf.
01:29 Et on va s'arrêter là sur un cas intéressant, le cas des rillettes de poulet de Bordeaux Chenel, marque 100% française.
01:38 Foodwatch souligne qu'elle a réduit la présence de poulet, à peu plus de 5% de baisse, mais la marque en fait a aussi substitué dans sa recette d'autres ingrédients.
01:51 Et vous allez voir les indications au dos de la boîte de rillettes au poulet avant et après.
01:57 Parce qu'on passe effectivement de 90 à 85% de poulet, mais il y a aussi la graisse de canard qui est remplacée par des huiles végétales,
02:06 et puis le poulet qui était avant majoritairement français et qui là ne l'est visiblement plus puisqu'on n'en parle plus.
02:12 Bon appétit ! Ces marques ne disent jamais qu'elles ont changé de recette ?
02:16 Ça arrive, mais quand elles le font, c'est vraiment de façon très habile. Fleury Michon indique par exemple sur ses paquets de surimi que la recette est nouvelle.
02:25 Sauf qu'évidemment on ne dit pas qu'il y a moins de poisson dans ses bâtonnets, et donc le consommateur peut penser que si le prix a changé, c'est aussi parce que la recette a été améliorée.
02:37 Que risquent les marques qui ont recours à la chipflation ?
02:41 Juridiquement absolument rien, parce que c'est pas du tout illégal.
02:44 Le risque c'est que ça s'achète, et c'est le cas avec cette campagne de Foodwatch, et ça c'est pas bon pour l'image de marque.
02:51 Ça peut pousser le consommateur à acheter un produit comparable d'une marque de distributeur.
02:58 Et la conclusion que j'en tire, et qu'il faut retenir pour vous les consommateurs, c'est qu'il faut non seulement comparer le prix, mais aussi ce qu'il y a dans le produit.
03:09 Donc les petites lignes.
03:11 Merci Pierre. Prévoyer deux heures de course me dit-on dans l'oreillette, c'est pas faux.
03:17 Ce mot, chipflation, est toujours aussi compliqué à prononcer. C'est pire que la shrinkflation. Il va falloir s'habituer. Merci.

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