00:00 C'est ça que je voulais vous dire, c'est que, évidemment comparaison n'est pas raison, la France n'est pas le Salvador,
00:04 mais gardez quand même notre pays en tête parce qu'il y a des leçons à tirer du Salvador.
00:09 D'abord, que fait Bukele ? Il confie à l'armée des tâches de police.
00:13 Il leur dit "vous allez aller dans les quartiers qui sont à la main des gangs et c'est vous qui allez rétablir l'ordre".
00:19 On passe du pistolet au fusil d'assaut, on passe de la voiture de police au véhicule blindé.
00:26 Vous voyez déjà, il y a ça qui change.
00:29 Mais après, fondamentalement, au départ, il reprend les vieilles ficelles de la politique salvadorienne,
00:33 à savoir des politiques, des pactes qui sont passés en sous-main entre le pouvoir et les gangs.
00:39 Où en fait, le pouvoir politique arrange des trêves entre les gangs
00:44 en échange d'allègements des conditions de détention de ces mêmes gangsters dans les prisons salvadoriennes.
00:50 Et alors ces prisons, vous savez, c'est un peu le symbole de l'impuissance de tous ces États.
00:53 Vous avez forcément entendu parler de ces émeutes qui font 200 morts, 300 morts en Amérique centrale.
00:59 Et où l'État est complètement dépassé parce qu'en réalité, ces prisons, elles sont co-gérées par l'État
01:04 et surtout par les gangsters qui sont armés dans les prisons.
01:07 Et en fait, l'État ne fait que veiller à ce qu'ils ne s'échappent pas tous en même temps, en réalité.
01:11 Voilà, et donc cette politique de négociation secrète du gouvernement qui arrange des trêves entre les gangs,
01:18 les salvadoriens, ils connaissent ça très bien.
01:21 Il y a dix ans, l'un de leurs anciens présidents de la République avait mené cette politique-là.
01:24 Ça avait marché, ça avait fait baisser la criminalité.
01:27 Et puis le président, il a écopé de 15 ans de prison et la criminalité n'a pas disparu.
01:32 Au contraire, elle a reflambé.
01:33 [Musique]
01:36 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]