Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 ans

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00 Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Messieurs les rapporteurs, très chers collègues.
00:09 Notre Assemblée doit se prononcer aujourd'hui sur l'accord économique et commercial global,
00:13 Union Européenne Canada le célèbre CETA, après le rejet en commission.
00:17 Je veux saluer les travaux de notre rapporteur Pascal Alizar et du rapporteur pour avis Laurent Duplon.
00:24 Mais avant d'aller plus loin dans mon propos, je veux dire que ce rejet en commission
00:28 ne remet pas en cause les liens forts qui nous unissent avec nos deux pays, la France et le Canada.
00:34 Le Canada, notamment avec le Québec, malgré la distance qui nous sépare, partage une histoire, une culture et une langue commune.
00:42 Et c'est au nom de cette amitié, je crois, loin des caricatures, que nous ne pouvons pas tout accepter à travers un accord économique.
00:50 Il n'y a pas d'un côté le libéralisme incontrôlé et de l'autre les protectionnistes conservateurs.
00:56 Alors s'il vous plaît, halte à la véhémence, monsieur le ministre. Halte aux caricatures. Place à la cohérence.
01:03 Car je crois, mes chers collègues, que la vérité se situe entre les deux.
01:07 Qu'un équilibre peut et doit être trouvé, car il ne s'agit pas ici de remettre en cause le libre-échange.
01:11 Le président Bruno Rotaillot l'a rappelé. Nous croyons en la liberté et dans le commerce comme potentiel, source de prospérité pour les peuples.
01:19 Oui, bien sûr, les accords commerciaux ont tous des avantages et des inconvénients.
01:24 L'objectif est que les secteurs gagnants et les secteurs perdants s'équilibrent afin de créer une prospérité globale.
01:30 Mais force est de constater, comme j'ai pu le rappeler à l'Assemblée nationale en 2019, où je siégeais comme député,
01:36 et comme j'ai pu défendre les positions qui sont encore les miennes aujourd'hui, le CETA ne répond pas à ces objectifs louables.
01:44 A l'image du Golem, il est devenu l'incarnation d'une machine économique qui échappe à ses concepteurs,
01:50 c'est-à-dire les nations, au profit d'une logique purement mercantile,
01:54 ou pour reprendre les mots de notre rapporteur Pascal Alizar, une épée de Damoclès sur notre agriculture.
02:00 Et en fait, il fait quelque part deux victimes. D'une palle le Parlement et les sénateurs,
02:05 ça a été rappelé très largement par mes collègues qui m'ont précédé, et les agriculteurs et notamment les éleveurs.
02:11 CETA, Mercosur, Parc, accord avec la Nouvelle-Zélande, la multiplication de ces accords fragilise incontestablement notre agriculture.
02:20 Et nous ne pouvons pas parler d'agriculture sans parler de souveraineté alimentaire.
02:24 Aujourd'hui, ces accords ne permettent pas d'obtenir une réciprocité qui serait l'équilibre élémentaire
02:29 pour pouvoir défendre l'intérêt de nos entreprises et de nos agriculteurs.
02:33 Mes chers collègues, faisons preuve de pragmatisme en matière commerciale, mais aussi de cohérence.
02:39 Serions-nous cohérents si d'un côté nous apportons notre soutien à nos agriculteurs, mais de l'autre, nous votons cet accord ?
02:46 Il est incohérent d'imposer des normes de plus en plus contraignantes à nos producteurs
02:51 en les exposant toujours à plus de concurrence qui ne respectent pas nos règles.
02:55 Comment pourrions-nous répéter que nous défendons l'environnement, que nous voulons une production raisonnée,
03:01 plus respectueuse des équilibres écologiques, et une fois que nous avons rendu la vie impossible aux paysans français,
03:07 faire venir des produits issus de pratiques d'élevage opposées à notre modèle français ?
03:12 Et souvent interdites en France, comme cela a été largement rappelé ici même.
03:17 Nous parlons ici de tailles d'exploitation, d'alimentation des bêtes, farines animales par exemple,
03:22 d'utilisation de substances interdites dans l'Union Européenne, antibiotiques, hormones,
03:26 de traçabilité des animaux, traçabilité par l'eau et non individuelle pour les animaux.
03:31 Cela représente un risque sanitaire à ne pas négliger.
03:34 Mais pourquoi, mes chers collègues, ce débat ne doit pas se résumer à
03:38 « sommes-nous pour ou contre le Canada ? »
03:40 « sommes-nous pour ou contre les échanges ? »
03:43 Oui, nous sommes pour le libre-échange, à savoir des échanges équilibrés, libres et équilibrés,
03:49 avec de péritables « close-miroirs » et pas, j'oserais le dire, de « miroirs aux alouettes » bien souvent.
03:55 Oui, le débat doit dépasser le cadre mercantile.
03:58 Demandons-nous ce que nous voulons manger.
04:00 Voulons-nous une France divisée en deux entre ceux qui peuvent manger sainement,
04:04 ceux qui peuvent manger de façon éclairée et les autres ?
04:07 Voulons-nous, comme de nombreux Français, conserver un certain nombre de principes ?
04:12 Et globalement aujourd'hui, nous devons nous poser la question de la souveraineté alimentaire.
04:17 La crise du Covid nous a montré à quel point nous étions vulnérables.
04:21 La crise ukrainienne, à quel point la souveraineté alimentaire, avec la crise du blé, est absolument essentielle.
04:27 Il faut changer de modèle. Le monde a changé et il faut s'adapter.
04:32 Et mes chers collègues, voulons-nous, comme de nombreux Français,
04:36 conserver la trinité, chère à faire nombre d'elles, pays, paysans, paysages ?
04:42 - Merci.
04:43 - Merci.
04:44 Merci.

Recommandations