- il y a 1 an
Ce vendredi 1er août, Éric Lafrenière, gérant du fonds Sunny North America chez Sunny AM, et Wilfrid Galand, directeur général adjoint de Montpensier Arbevel, se sont penchés sur la réaction négative des marchés après la sortie du rapport américain sur l'emploi du mois du juillet, le CAC 40 qui termine dans le rouge, la baisse de l'activité manufacturière aux États-Unis, les bons résultats d'Apple, l'entrée en bourse spectaculaire de Figma, l'impact des droits de douane américains sur les marchés, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM Business, vos placements, nos conseils, BFM Bourse. Antoine Larigauderie.
00:10Bonsoir, soyez les bienvenus à l'écoute de ce BFM Bourse spécial été.
00:15Ça tombe bien que vous soyez là parce qu'il se passe des choses sur les marchés.
00:18Et autant dire, pas franchement des bonnes.
00:20Le CAC 40 a quelques minutes du fixing, on replie de 2,8%.
00:247 550 points. La tendance du côté de Wall Street, elle est fortement négative.
00:31A moins 2,19 pour le Nasdaq, 20 659 points.
00:35Le Dow Jones, 1,43. 43 499 points.
00:39Le S&P 500, moins 1,66. 6 234 points.
00:44Les PME américaines n'échappent pas à la mauvaise conjoncture à court terme.
00:47Le Russell 2000 est en repli de 2,3% à 2 161 points.
00:51La volatilité augmente très fortement au-dessus des 20 points.
00:54Pour l'indice VIX, l'euro-dollar, lui, reprend des forces, l'euro.
01:00Par rapport à un dollar qui, d'un seul coup, met un terme à une dynamique haussière
01:05qu'il avait poussé au mois de juillet à son premier mois de hausse de l'année.
01:09On est à 1,1540.
01:11Et du côté des taux américains, ça s'est détendu violemment.
01:14Notamment sur le 10 ans, on était à 4,38.
01:17Ce matin, on tombe à 4,24 d'un coup.
01:20Et le mouvement a été extrêmement violent.
01:23Alors, pourquoi ?
01:24On va tout de suite se pencher sur la question avec Eric Lafrenière, spécialiste valeurs américaines
01:30chez Sunny AM.
01:31Bonjour, Eric.
01:33Bonjour, Antoine.
01:34Alors, les raisons de cette mauvaise humeur du marché, c'est une conjonction de facteurs
01:40vraiment négatifs avec, en premier lieu, le rapport américain sur l'emploi,
01:44qui a créé une véritable douche froide sur les marchés.
01:48Expliquez-nous un petit peu tout ça.
01:49Oui, donc le rapport d'emploi du mois de juillet a réservé une double surprise,
01:54des créations d'emplois plus faibles que prévues, et surtout des révisions massives
01:58des chiffres des mois précédents.
02:00Donc, les gains d'emploi de mai et juin ont été revus à la baisse de 258 000 emplois,
02:05du fait de les ramenant quasiment à zéro.
02:08En tenant compte des possibles surestimations liées au modèle de création et destruction
02:12d'entreprises du BLS, la croissance de l'emploi en juillet serait quasiment nulle.
02:16Donc, le taux de chômage que Jérôme Powell avait récemment qualifié
02:21d'indicateur principal à surveiller a légèrement augmenté à 4,25,
02:26malgré une contraction de la population active pour le troisième mois consécutif,
02:30ce qui laisse suggérer un déséquilibre croissant entre la demande de travail
02:34qui recule plus vite que l'offre.
02:37Si on regarde les données corrigées de variations saisonnières, les créations d'emplois non agricoles
02:42ont atteint 73 000 en juillet, qui était un chiffre qui est en dessous des attentes.
02:47Et les secteurs les plus touchés sont l'industrie, les services professionnels
02:50et l'administration publique, notamment les collectivités locales.
02:55Dans le secteur privé, on a eu 83 000 emplois créés, tirés par les secteurs de la santé,
03:01alors que la plupart des autres secteurs ont connu des pertes.
03:04La moyenne glissante sur trois mois tombe à seulement 35 000,
03:07ce qui est bien en dessous du seuil de renouvellement de la population active,
03:11qui est, lui, estimé entre 80 000 et 100 000 emplois.
03:14Et comme je l'évoquais, la participation au marché du travail a continué de diminuer à 62,2,
03:19ce qui pourrait refléter des causes plus structurelles aujourd'hui dans l'emploi.
03:23Effectivement, Éric.
03:24Wilfried Galland, directeur général adjoint de Montpensier Arbevel,
03:27est aussi avec nous pour commenter la séance à Paris.
03:30Bonjour, Wilfried.
03:30Bonjour.
03:31Votre réaction à ces chiffres ?
03:33Bon, nous, on l'a vu tomber, on s'est dit « waouh ».
03:35Puis, on est habitué à la volatilité des données d'emploi américaines,
03:39mais là, est-ce qu'il n'y a pas un petit indicateur qui nous dit
03:43« franchement, il y a peut-être quelque chose de passé ».
03:44Oui, on avait déjà quelques signaux de fragilité.
03:48D'ailleurs, je voudrais saluer avec beaucoup d'amitié Éric Lafrodière.
03:53On a partagé, il n'y a pas si longtemps, quasiment un bureau ensemble,
03:56pendant de nombreuses années.
03:57Exactement.
03:58Bonjour, Wilfried.
03:59Je suis dans une belle maison, bonjour Éric.
04:00Très heureux de partager ce plateau avec toi.
04:03Et effectivement, ce qu'on voit, c'est en particulier des chiffres de révision,
04:08ce qu'Éric a particulièrement bien mis en valeur,
04:12des chiffres de révision extrêmement impressionnants,
04:15qui font quasiment effacer les gains d'emploi,
04:20qui nous avaient permis de penser que finalement l'économie américaine
04:24était quasiment immune aux différents chocs qu'elle devait encaisser.
04:29C'est ce que d'ailleurs Jérôme Powell a dit avant-hier dans sa conférence de presse,
04:33que finalement le marché de l'emploi était robuste.
04:35Et là, on va dire qu'on a un doute d'un seul coup.
04:38Ça ne veut pas dire que le marché se dégrade fortement,
04:40mais ça veut dire que le doute est en train de prendre.
04:42Et si on cumule ça, on en reparlera probablement avec un certain nombre d'indicateurs aujourd'hui
04:47qui sont tombés sur le moral des ménages, sur le moral des directeurs d'achat,
04:53qui sont quand même tombés nettement en dessous de ce qu'on attendait.
04:56Tout ceci nous fait un environnement, j'ai qualifié ça d'un environnement de gold de bois
04:59pour les investisseurs, en disant que finalement tout se passait bien
05:02et puis d'un seul coup on se rend compte qu'on en casse peut-être beaucoup moins
05:05que ce qui était envisagé et que les différents chocs ont un impact
05:11en attendant de voir effectivement quel sera cet impact-là.
05:14Mais il y a un moment un peu de sidération sur les marchés aujourd'hui.
05:17La gueule de bois, ça c'est évident.
05:19Et elle a lieu à Paris aussi avec une forte baisse de l'indice CAC 40.
05:24Alors c'est vrai qu'il y a des effets techniques en plus,
05:26étant donné que c'était le dernier jour du mois hier,
05:28que là c'est le premier jour du mois d'août
05:30et que des investisseurs, notamment américains,
05:34sont venus alourdir la note largement en cette fin de séance.
05:37On termine en baisse de quasiment 3%.
05:39En moins de 2,91, 7 546 points, on aura les chiffres des volumes,
05:43mais a priori ils vont être élevés.
05:45Encore aujourd'hui on était à 5 milliards et demi hier,
05:47donc il y a eu un effet technique assez...
05:50Et pour une séance d'été c'est très fort.
05:51Oui, pour une séance d'été effectivement c'est très élevé.
05:53A noter que la plus forte baisse du CAC 40,
05:56on en reparlera aussi notamment dans le journal de 18h,
05:59c'est téléperformance.
06:01Là vraiment ça ne va pas bien du tout.
06:03Encore une très forte baisse pour le titre après la publication de ses résultats.
06:06On les avait commentés en direct hier soir,
06:08mais sans surprise le marché les a très largement sanctionnés.
06:11Le titre perd 20,6% à 68,02 euros.
06:15Saint-Gobain signe aussi une performance très négative.
06:18Moins de 9,3% à 90,98 euros.
06:21Il faut dire que le titre signe une belle performance depuis le 1er janvier,
06:24donc il y avait peut-être des bénéfices à prendre.
06:25Là il y a un petit peu de déception aussi sur la publication du groupe.
06:28En revanche, certains titres ont bien bien surperformé.
06:33Toujours les mêmes, Usual Suspects, Orange qui gagne 3,6% à 13,83 euros.
06:38Après déjà un parcours impressionnant depuis le début de l'année,
06:40plus 30%, puis alors un rendement totalement dingue de 5,5%.
06:44C'est presque un fly to quality, un retour sur les valeurs qui offrent du rendement.
06:49On a Sanofi aussi qui en plus avait bien baissé hier après ses résultats,
06:52qui reprend 1,9% à 80,34 euros.
06:55Danone plus 0,86, 72,50.
06:58Bouygues plus 0,14, 36,20 euros.
07:00Ça c'est le quatuor en tête du CAC 40.
07:02A noter du côté du SBF 120 la plus forte hausse, c'est Atos.
07:06Atos qui revient du diable au Vauvert,
07:08qui gagne 4,7%, 28,49 euros.
07:10On parlera des résultats d'Atos avec Mathieu Pechberti.
07:14Dans quelques minutes, on va essayer de jeter un petit coup d'œil au volume
07:18sur le CAC 40, puisque a priori, ça va être une séance quand même très intéressante
07:26à regarder de ce côté-là, de l'abondance des volumes.
07:29Il est 5,2 milliards, un petit peu comme hier.
07:31On était à 5,5 milliards.
07:33Donc effectivement, il y a eu de l'activité avec les résultats d'entreprise
07:37et puis donc cette douche froide consécutive à l'annonce des chiffres de l'emploi américain
07:41à noter qu'une fois de plus, Donald Trump s'est mis très en colère
07:44contre Jérôme Powell, on en reparlera.
07:47Ça n'a pas aidé.
07:47Ça n'a pas aidé.
07:49Et là, avec les dissensions qu'il y a au cœur du...
07:51C'était très très fort, ce qu'il a dit est quand même très fort.
07:54Il a quand même suggéré que le board détrône d'une certaine manière Jérôme Powell.
08:02Bon, c'est quand même, de la part d'un président américain, c'est quand même très très fort.
08:05Là, c'est assez fort.
08:06Et puis, il le traite de utter moron, donc d'abruti total, comme vous pouvez le voir à l'écran.
08:10Ou de crétin fini, c'est possible.
08:12De crétin fini, c'est possible également.
08:13Et Luc Lafrenière, bon, on a beaucoup parlé de l'emploi américain.
08:16Il y avait effectivement, et Wilfried le dit,
08:19l'ISM est l'indicateur de confiance de l'Université du Michigan.
08:23Et là aussi, ça a participé un peu à la douche froide générale.
08:26Oui, donc l'indicateur manufacturier a reculé à son rythme le plus rapide depuis neuf mois.
08:33Son indice a baissé d'un point pour s'établir à 48, en dessous du seuil de 50,
08:38qui marque une phase de contraction.
08:40C'est le cinquième mois consécutif de repluie.
08:43Quand on regarde dans les composantes, l'emploi a particulièrement souffert.
08:47L'indicateur est tombé à son plus bas niveau en plus de cinq ans.
08:50Donc, les entreprises semblent davantage concentrées sur la réduction des effectifs
08:54que sur des nouvelles embauches, malgré une légère hausse de la composante production.
08:59Dix composantes sont en contraction, tandis que seulement sept sont en phase d'expansion.
09:04Les nouvelles commandes ont poursuivi leur repli,
09:06entraînant une baisse des carnets de commandes et des demandes à l'export.
09:10Il y a un point qui est quand même positif, ou quelques points qui sont positifs,
09:13c'est que les délais de livraison se sont améliorés
09:15et la pression sur les prix des entrants s'est légèrement relâchée.
09:18Donc, quand on regarde dans le détail, les cinq composantes de l'indice,
09:22seule la production est en territoire positif,
09:25à son plus haut niveau depuis janvier.
09:28Et puis, sur les indicateurs de Michigan,
09:31là aussi, un peu plus positif quand même,
09:34parce qu'on a atteint un point le plus haut depuis cinq mois,
09:37qui a été porté par l'optimisme lié à la hausse des marchés boursiers
09:40et par un léger recul des anticipations d'inflation.
09:44L'indice de confiance est monté à 61,7 contre 67 en juin.
09:48Et on voit que les ménages s'attendent désormais à une hausse de prix
09:51de 3,4 % sur le long terme,
09:55et le niveau qui est le niveau le plus bas depuis janvier.
09:58Et à un an, leurs anticipations sont passées de 5 à 4,5 %.
10:01Quand on regarde un petit peu dans le détail,
10:03ce qui est quand même intéressant, c'est que l'amélioration du moral est contrastée.
10:07Les détenteurs d'actions se disent plus confiants,
10:09mais le sentiment des ménages sans placement boursier,
10:11lui, s'est détérioré.
10:13De plus, les perspectives d'emploi inquiètes.
10:15En 57 % des sondés anticipent une hausse du chômage,
10:18contre 35 % seulement dans le dernier rapport.
10:21Donc on voit que, malgré une croissance qui reste très robuste côté américain,
10:27il y a quand même quelques nuages qui sont en train de se dresser à l'horizon.
10:30Alors, un mot des résultats,
10:31puisque c'est le grand catalyseur du moment sur les marchés.
10:34Des résultats qui étaient très attendus hier,
10:37après Meta et Windows qui ont explosé tous les compteurs.
10:42On a deux titres qui étaient très attendus, Apple et Amazon.
10:45Alors, réaction un peu contradictoire des marchés,
10:47parce que franchement, Amazon a tout écrasé en termes de consensus aussi.
10:51Apple fait quand même nettement mieux que prévu,
10:53et les deux titres sont en baisse.
10:55Oui, donc si on commence par Amazon,
10:57on a publié des résultats supérieurs aux attentes.
11:00Le bénéfice par action est ressorti à 1,68 $,
11:03contre 1,33 $ attendu et 1,26 $ l'année dernière.
11:07Le chiffre d'affaires, lui, a atteint 168 milliards de dollars,
11:10ce qui était aussi largement au-dessus du consensus,
11:12et en croissance de 13 % sur un an.
11:15Pourtant, l'action chutait de près de 8 % avant le début de l'émission.
11:19Quand on regarde par activité, Amazon Web Services continuait de dominer le cloud,
11:25un chiffre d'affaires de 31 milliards en progression de 17 % d'une année sur l'autre.
11:29Ça représente seulement 18 % des revenus, mais 53 % du résultat opérationnel.
11:34Par contre, la marge sur AWS a légèrement reculé de 35,5 à 32,9 $.
11:40Oh là là, quel drame !
11:43Oui, quand même, c'est important.
11:47Et quand on s'est lié, je pense, en partie à la rémunération en actions qui sont dues,
11:53et puis des amortissements liés au CAPEX, qui eux sont en forte hausse.
11:58Si on regarde, on était sur 56 milliards de dépenses sur le S1,
12:02et on attend environ 60 milliards sur le S2.
12:05Amazon doit investir en façon massive pour répondre à la demande en intelligence artificielle,
12:10et aussi pour financer ses chaînes de logistique.
12:14Et du côté d'Apple, le facteur positif, c'est qu'on se rend compte à nouveau
12:19qu'Apple, son boulot, c'est de vendre des iPhones et qu'il les vend bien,
12:22qu'il les vend plutôt bien.
12:24Oui, donc Apple, on a quand même des surprises relativement agréables.
12:28Le chiffre d'affaires a atteint 94 milliards de dollars.
12:31C'est en progression de 10 % sur un an.
12:33Le bénéfice par action s'élève à 1,60, à 1,57,
12:36ce qui est au-dessus du consensus de 1,44.
12:38La performance d'Apple, elle repose sur trois facteurs.
12:42Les iPhones qui ont connu une croissance de 13 % tirée par la gamme iPhone 16,
12:47qui continue de rencontrer un succès fort dans à peu près toutes les zones géographiques.
12:51Et on a aussi vu sur le Apple Mac un renouvellement de cycle avec une progression de 15 %.
12:59La partie service, elle, qui continue toujours de progresser, a atteint une progression de 13 %.
13:05C'est un record historique avec plus d'un milliard d'abonnements payants.
13:10On voit quelques signes encourageants à venir de la Chine aussi,
13:12où les ventes sont reparties en hausse 4 % après sept trimestres de recul.
13:17Les tarifs douaniers sont un sujet de vigilance.
13:19Ils ont représenté un coût d'environ 800 millions de dollars sur le trimestre.
13:23C'est un peu mieux que prévu, mais devrait peser à hauteur de 1,1 milliard sur le quatrième trimestre.
13:28Donc on voit aussi qu'Apple, qui a beaucoup de retard,
13:30accélère ses investissements dans l'intelligence artificielle.
13:34On va voir des nouvelles fonctionnalités de Genera
13:36et qui devraient enrichir Siri dès 2026.
13:39Donc on va voir si ces investissements finissent par porter fruit.
13:430,7,7 % pour Amazon en ce moment à Wall Street et moins 1,54.
13:47Pour Apple, un tout dernier mot, Eric, rapidement de cette histoire.
13:50Preuve que Wall Street garde une forme d'enthousiasme pour ses pépites.
13:55C'est Figma, Société de Design de Conception Numérique,
14:01qui s'est introduite en bourse hier.
14:04Le score, c'est plus 270 %.
14:07Et on arrive d'un coup à 85 milliards de dollars.
14:10Enfin, encore un truc monumental dont seul Wall Street a le secret, finalement.
14:14Oui, donc la société avait été fondée en 2012, il faut s'en rappeler.
14:18Et Figma a su s'imposer comme un leader de design collaboratif
14:21avec une adoption importante, non seulement de la part des designers,
14:24mais aussi de la part des développeurs, des chefs de produits,
14:27des équipes marketing.
14:28Il faut se rappeler que la valorisation aujourd'hui est plus de trois fois,
14:32je crois, le prix de l'offre qu'avait fait Adobe,
14:34qui avait tenté d'acheter en 2023 Figma.
14:39Donc je crois que l'IPO a été sursouscrit 40 fois.
14:43Donc on voit qu'il y a un réel enthousiasme des investisseurs.
14:45Ce qui est pas mal pour Figma, c'est que ça va lui donner maintenant une taille
14:51pour concurrencer de façon crédible Adobe ou Canva.
14:54Et aussi, ça lui permet éventuellement de faire des acquisitions avec des titres
14:58en termes de monnaie d'échange.
15:00La société, on sait, explore aussi quelques projets innovants
15:04autour des investissements dans les crypto-monnaies.
15:06Elle évoque aussi la possibilité d'émettre des tokens sur le blockchain.
15:10Donc pour le fondateur Dylan Fields, c'est une belle introduction en bourse.
15:14Je crois que sa participation vaut désormais plus de 6 milliards de dollars.
15:18Il n'aurait plus manqué qu'ils aient signé Sweeney comme Egeri.
15:21Et là, c'était dépasser les 300% d'euros.
15:23Là, on était bon, c'était le strike.
15:26Incroyable, ça a gagné donc 270% hier.
15:28Et ça gagne encore 6% aujourd'hui à Wall Street.
15:32Eric Lafrenière, Sony AM, merci infiniment d'avoir été avec nous.
15:35Merci à vous deux.
15:36Wilfried, je me tourne à nouveau vers vous.
15:39On l'a vu au travers quand même de ces Amazones,
15:44au travers de tout un tas de secteurs qui ont peut-être été un peu maltraités
15:48ces derniers jours à base de publications de résultats.
15:52On sent que dans l'environnement actuel,
15:54les valorisations commencent à poser problème au marché, on a l'impression,
15:58et qu'on est toujours plus exigeants en termes de performances financières.
16:02Oui, je pense que le terme que vous avez mentionné est le bon.
16:05L'exigence est extrêmement élevée.
16:07C'est-à-dire qu'en fait, tous les résultats sont analysés
16:10selon tous les angles possibles.
16:11Et s'il y a un seul angle, alors s'il y en a plusieurs qui ne vont pas,
16:14alors là, c'est vraiment la catastrophe,
16:16mais s'il y a un seul angle qui est un petit peu négatif,
16:19alors tout de suite, la sanction est très forte.
16:21On l'a vu effectivement avec Amazon, avec une baisse de marge,
16:25qui est réelle, je rejoins ce que dit Eric,
16:27effectivement, quand on passe de 35 à 32% de marge,
16:29c'est une baisse qui est quand même significative.
16:32Mais néanmoins, les résultats étaient excellents.
16:35Bon, le marché a sanctionné.
16:38On a eu en France la même chose, avec Hermès, par exemple,
16:41qui sort d'excellents résultats,
16:43mais qui est effectivement un tout petit peu plus prudent
16:46et qui, effectivement, ne bat pas aussi largement
16:50que d'habitude le consensus.
16:53Tout de suite, effectivement, on baisse de 5, 6, 7% une fois, deux fois.
16:57Donc, on a des impacts qui sont très forts sur toutes les valeurs,
17:00quel que soit le marché.
17:01Et en particulier à Wall Street, on voit que les valorisations font que
17:06véritablement rien n'est pardonné.
17:10Et donc, il faut arriver à avoir une copie quasiment parfaite.
17:15Et même si la copie est quasiment parfaite,
17:17on le voit aujourd'hui avec Apple dans un contexte de marché,
17:21c'est vrai, difficile.
17:22Mais même si les résultats sont quasiment sur tous les plans
17:25de très bons résultats d'Apple qui dépassent les attentes,
17:28en fait, ça n'empêche pas le marché de légèrement corriger.
17:31Alors, 2%, on est dans la moyenne du marché,
17:33mais on aurait pu s'attendre,
17:35vu la très bonne surprise sur quasiment tous les angles,
17:38sur tous les angles d'approche des résultats,
17:40d'avoir au minimum un progrès,
17:42comme on l'a eu avec, comme vous l'avez mentionné,
17:44on l'a eu avec Microsoft, on l'a eu évidemment avec Meta.
17:47Ça n'a pas été le cas, ça veut dire qu'effectivement,
17:48maintenant, tout est regardé avec beaucoup de circonscriptions
17:51et que, d'une certaine manière,
17:54les marchés n'ont plus, pour l'économie américaine,
17:59les yeux de Chimène qui faisaient que,
18:01de toute manière, on se disait,
18:02ça va bien se passer à la fin.
18:04C'est-à-dire que même si on a un petit accroche à un moment,
18:06allez, on repart très vite de l'avant,
18:08là, on est très exigeant tout de suite,
18:09on veut voir, c'est vraiment le chomis de monnaie
18:12et quand l'argent n'est pas là,
18:14tout de suite, la sanction arrive.
18:15Et puis, ça se voit, mais même à Paris,
18:17j'ai juste réalisé, en interviewant Benoît Cocard,
18:20le directeur général de Legrand, avant-hier,
18:23Legrand, ils font une marge, c'est incroyable,
18:27ils font une marge de 20% pour une société industrielle,
18:29c'est très étonnant et du coup,
18:31les marchés sont exigeants,
18:32mais là, pour le coup, ça leur a plutôt profité,
18:34ils avaient signé une belle performance.
18:36Bon, qu'est-ce que vous retenez de cette semaine, Macro ?
18:39C'est vrai qu'on la termine très très fort
18:40avec ces chiffres de l'emploi américain très décevants
18:43qui n'étaient pas forcément attendus,
18:45mais il y a eu les droits de douane,
18:47il y a eu la croissance américaine,
18:48il y a eu énormément de choses.
18:50La conjonction de tout ça, ça donne quoi ?
18:52Votre image de fond,
18:53votre fond d'écran pour l'été, ce serait quoi ?
18:56On voit qu'il y a quand même une tendance très nette
18:58au ralentissement, en particulier dans l'économie américaine.
19:01Malgré une croissance de trois points.
19:02C'est-à-dire qu'en fait, les indicateurs retards,
19:05comme la croissance,
19:06comme d'une certaine manière l'emploi,
19:08tiennent, mais on voit que c'est,
19:09si on moyennise un petit peu les choses sur la croissance,
19:11on sait qu'on a eu des effets de stock qui sont très importants,
19:14on a quand même cet effet de ralentissement.
19:16Et puis, sur les sondages,
19:18que ce soit les sondages pour les entreprises,
19:19les sondages pour les ménages,
19:20on voit que c'est quand même beaucoup plus compliqué.
19:22Donc, on a une certaine inquiétude,
19:24et les droits de douane viennent rajouter quand même
19:28énormément d'incertitudes au paysage.
19:31Il faut voir quand même qu'aujourd'hui,
19:33je lisais un analyse qui disait
19:3515% c'est de nouveau 10%.
19:37C'est-à-dire qu'en fait, maintenant on a l'impression
19:39que quand on a négocié 15% de droits de douane,
19:42alors que je rappelle qu'on vient entre 3 et 4,
19:44ça veut dire qu'on multiplie par 5,
19:45entre 4 et 5,
19:4715% c'est formidable.
19:48J'ai entendu le Premier ministre thaïlandais
19:52qui se félicitaient de l'excellente négociation
19:55qui lui avait permis d'obtenir, je crois,
19:57ils sont de la des 20%.
20:00C'est vraiment formidable.
20:02Et finalement, tout ceci a des conséquences.
20:07Ce ne sont pas juste des chiffres jetés en l'air
20:11qui, d'une certaine manière, vont retomber,
20:13la poussière va retomber
20:14et on va continuer notre petit business avant.
20:16En fait, il va y avoir des conséquences
20:17et tout le monde commence à se dire
20:18mais l'impact peut être très fort
20:20et l'incertitude, et je terminerai par là,
20:23n'est pas encore totalement levée.
20:24On se rend compte que dans ce qui a été annoncé,
20:26il y a encore énormément de points à négocier,
20:29de points qui ne sont pas du tout finalisés
20:31et qui pourraient générer,
20:32on l'a vu par exemple avec le Canada,
20:34tout récemment, il y a quelques heures,
20:36des droits de douane supplémentaires,
20:38Donald Trump disant finalement
20:39je passe de 25 à 35%
20:40parce que je ne suis pas d'accord avec leur politique.
20:42Qu'est-ce qui va se passer par exemple
20:43sur la réglementation sur le numérique
20:45de l'Union Européenne ?
20:46On voit qu'il y a de très très fortes distensions
20:48qui ont été un peu mis sous le tapis jusqu'à présent
20:50mais c'est en train de ressortir.
20:52C'est quand même un sujet qui sera un sujet très lourd.
20:54Donc tout ceci fait que les marchés
20:55ne sont pas très à l'aise avec tout ça.
20:57Il nous reste 20 secondes, Wilfried,
20:59l'invité surprise,
21:00du coup encore au l'air de tout ça,
21:02c'est le dollar
21:02qui a signé son meilleur mois de l'année en juillet
21:06et qui là repart à la baisse.
21:08Enfin on reste sur un niveau d'équilibre
21:09si on regarde l'euro dollar,
21:101,15,62
21:11mais alors là,
21:11il y a un consensus massif de marché
21:14qui est en train d'être contredit.
21:15C'est-à-dire que
21:16comme tous les consensus massifs de marché,
21:19il suffit d'avoir une petite pime nouvelle
21:21qui vient infirmer légèrement
21:23tout ce que tout le monde pensait
21:24pour que les mouvements
21:26qui étaient extrêmement forts
21:27se couvrent légèrement.
21:28C'est ce à quoi on a assisté.
21:31Finalement, 1,15,
21:33on est à peu près dans la moyenne historique.
21:34La moyenne historique, c'est à peu près 1,17.
21:36Quand on fait depuis la fin des changes fixes
21:38et si on fait le chaînage avec le Deutsche Mark,
21:41on est à peu près sur 1,17
21:43en termes de moyenne historique.
21:45On est sur ces niveaux-là.
21:46Ça convient bien à tout le monde.
21:48Mais effectivement, à surveiller,
21:49il y a quand même de la volatilité au jour le jour.
21:51Cette volatilité-là,
21:51ça montre que la nervosité, elle est là.
21:54Wilfried Galland,
21:54directeur général adjoint de Montpensier Arbevel.
21:57Et merci aussi avec nous,
21:59Éric Lafrenière tout à l'heure,
22:00de Sony AM,
22:02qui était très présent
22:02pour commenter notamment
22:03ces chiffres de l'emploi américains
22:05dont on va reparler
22:05dans le 18h éco
22:07et qui ont provoqué
22:08cette tendance fortement baissière
22:10sur les marchés.
22:11Moins de 9 pour le CAC,
22:1247 546 points
22:14avec des volumes d'échange
22:15très élevés.
22:165 milliards d'eux.
22:16A tout de suite
22:17pour le 18h éco.
22:18BFM Bourse,
22:22vos placements,
22:23nos conseils
22:23sur BFM Business.