00:00Avec le président européen, monsieur Antonio Costa, vous rendre compte des discussions que nous venons d'avoir un instant.
00:07D'abord, nous avons une concertation avec plusieurs pays européens et avec les institutions européennes et l'OTAN
00:14pour ensuite avoir un échange qui vient de s'achever et qui, pendant une heure, nous a permis de coordonner les choses avec le président Trump
00:22avant la réunion qui va donc se tenir en Alaska le 15 août prochain.
00:26Les positions sont connues et elles marquent aussi l'unité, pas simplement des Européens, mais de tous les alliés qui se sont retrouvés
00:33dans cette coalition des volontaires que nous avons bâtie ces derniers mois, qui est de dire que nous tenons évidemment à cette unité,
00:41que nous voulons que tout ce qui concerne l'Ukraine soit discuté avec l'Ukraine, que nous voulons une paix qui soit robuste et durable,
00:49c'est-à-dire une paix qui règle à la fois les questions territoriales mais de garantie de sécurité pour l'avenir.
00:53L'échange avec le président Trump a permis d'éclairer ses intentions pour la réunion du 15 août prochain
01:02et nous a permis d'exprimer très clairement nos attentes et je tiens ici à l'en remercier.
01:08Et je crois pouvoir dire que plusieurs messages sont ressortis de l'échange que nous venons d'avoir et qui sont, à mes yeux, très importants.
01:13Le premier, c'est que le président Trump a été très clair sur le fait que la volonté américaine était d'obtenir un cessez-le-feu à l'occasion de cette réunion en Alaska.
01:23Et c'est très important qu'à l'occasion en effet de cette réunion, il puisse y avoir un cessez-le-feu qui soit obtenu par les États-Unis d'Amérique
01:29et nous soutenons cette initiative en même temps que des nouveaux échanges de prisonniers et des libérations d'enfants.
01:35Le deuxième élément sur lequel les choses ont été très claires et exprimées ainsi par le président Trump,
01:41c'est que les questions territoriales qui relèvent de l'Ukraine ne peuvent être négociées et ne seront négociées que par le président ukrainien.
01:48Et c'est la position que nous soutenons. Elle a été très clairement exprimée par le président Trump et donc elle augure de nos réunions à venir.
01:56Le troisième élément, c'est le lien qui doit continuer d'exister entre toute concession territoriale et les garanties de sécurité qui seront apportées à l'Ukraine.
02:06Vous savez que c'est la position que nous défendons, sur laquelle nous nous sommes battus ces derniers mois,
02:10qui a donné lieu même à l'existence et à la planification de notre coalition des volontaires.
02:14Eh bien, le président Trump l'a exprimé clairement en ces termes. Il a dit même des choses qui, pour moi, sont très importantes.
02:20Le fait que l'OTAN ne doit pas faire partie de ces garanties de sécurité. On sait que c'est un point fort particulier pour la partie russe.
02:29Mais que les États-Unis et tous les alliés qui étaient prêts devraient en faire partie. Et c'est ce en quoi nous sommes engagés.
02:35Et c'est une clarification pour moi très importante que nous avons eue aujourd'hui. Enfin, il va donc se battre aussi pour obtenir un rendez-vous à venir.
02:44Et donc une trilatérale avec le président Trump et le président Zelensky. Et je pense que c'est un point très important à cet égard.
02:51Et nous souhaitons qu'elle puisse se tenir en Europe, dans un pays neutre, qui soit accepté par toutes les parties.
02:55En tout cas, à mes yeux, je vois cette réunion comme un point très important.
02:58Juste après, nous allons tenir cette coalition des volontaires avec le président Kochtat et nos partenaires,
03:03que nous présiderons avec le chancelier Mertz et le Premier ministre Starmer.
03:07Et avec la présence également du président Zelensky et d'une partie américaine.
03:13Et elle nous permettra de décliner de manière très concrète avec nos collègues tout cela.
03:17Eh bien, tout d'abord, je voudrais remercier le président Macron de m'avoir accueilli ici aujourd'hui,
03:24quand j'étais en vacances en France, pour changer de tenue,
03:28pour avoir cette très importante réunion de travail avec le président Trump.
03:32On est venu ici pour travailler main dans l'amant, avec le même objectif,
03:37obtenir un cessez-le-feu et une paix juste et durable en Ukraine.
03:42Le président Macron a déjà très bien résumé les résultats de cette réunion.
03:46Et en fait, le président Trump nous a partagé trois objectifs très importants.
03:50Tout d'abord, le cessez-le-feu.
03:52Après que personne, l'Ukraine, peut négocier les affaires de l'Ukraine.
03:57Et le troisième élément, c'est la disponibilité des pays des États-Unis de partager avec l'Europe
04:03les efforts de renforcer les conditions de sécurité quand on obtient une paix durable et juste pour l'Ukraine.
04:11Et donc, ce que je veux désirer et exprimer, c'est mes meilleurs voeux pour le grand succès.
04:17C'est un grand succès de cette réunion le vendredi, entre le président Putin et le président Trump,
04:23pour obtenir un cessez-le-feu et ouvrir le chemin de la paix en Ukraine.
04:29Monsieur le Président, on a souvent taxé l'Europe d'être une puissante impuissante.
04:35Est-ce que ces réunions vont permettre de changer les choses ?
04:38Est-ce que ça permet à l'Europe de donner de la voix ?
04:41D'abord, je pense que c'est très important que l'Europe soit entendue avant un tel rendez-vous.
04:47D'abord, c'est une chose tout à fait naturelle que les États-Unis d'Amérique rencontrent la Russie.
04:51C'est plutôt une bonne chose pour pacifier le climat.
04:54Ils ont aussi beaucoup de sujets bilatéraux.
04:56Mais c'est important que si les questions qui touchent à l'Europe, à notre sécurité collective, sont abordées,
05:01il y ait une coordination avec nous, Européens.
05:03Et qu'après, d'ailleurs, nous soyons nous-mêmes acteurs.
05:06Je pense que ces dernières années ont marqué un réveil très important de l'Europe.
05:11Depuis le sommet de Versailles qui a acté l'autonomie stratégique de l'Europe,
05:15nous avons pris des décisions fortes dans des domaines technologiques, industriels et de défense et de sécurité qui vont de l'avant.
05:21L'Europe, ces derniers mois, a pris des décisions historiques pour devenir une puissance militaire,
05:26ce qu'elle n'était pas en tant que quantité.
05:29Et il y avait jusqu'alors, on le sait bien, une Europe qui était un marché unique,
05:33une Europe qui avait des politiques communes.
05:35Mais sur ces questions de défense et de stratégie,
05:37une Europe qui se pensait ou à travers l'OTAN ou à travers des destins particuliers.
05:41Là, aujourd'hui, on a un vrai pilier européen de l'OTAN.
05:44Il est reconnu comme tel.
05:45Et on a une Europe qui prend en main son destin.
05:47On sait tout ce qu'il nous reste à faire pour réduire nos dépendances.
05:51Mais je pense que l'unité qui est la nôtre aujourd'hui,
05:54notre capacité à dialoguer, à exprimer nos demandes, nos désirs, nos volontés,
05:59nos objectifs stratégiques, mais aussi à les porter, est extrêmement importante,
06:03est en train de marquer, si je puis dire, en temps réel,
06:06un changement dans la nature de ce qu'est l'Union européenne.
06:10Nous sommes en train, progressivement, de devenir une puissance géostratégique.
06:13En tout cas, c'est ce que nous voulons et ce que nous continuerons de faire.
06:16On voit qu'un risque à mise de côté en Alaska ne sera pas présente.
06:19Mais de la même manière que si demain, nous avons un appel et ce que nous ferons,
06:22et un rendez-vous avec la Russie, on peut aussi avoir des choses bilatérales.
06:27C'est tout à fait normal qu'il y ait un rendez-vous bilatéral entre la Russie et les États-Unis d'Amérique.
06:32Ce qui est une bonne chose, et là où l'Europe est respectée,
06:34c'est qu'il y a une coordination pour les sujets qui la concernent.
06:38Et donc, on ne peut pas s'émouvoir du fait qu'il y ait des rendez-vous bilatéraux.
06:41Il y a quelques semaines, le président Košta et la présidente von der Leyen
06:45étaient en Chine pour discuter des choses très importantes en notre nom collectif avec le président chinois.
06:50Les États-Unis n'étaient pas là.
06:51Mais pour ce qui concerne notre agenda avec les États-Unis, il y avait eu un échange préalable.
06:55C'est normal.
06:55On voit aujourd'hui la Russie gagner des territoires, continuer à avancer.
06:59Est-ce que vous avez demandé à Donald Trump qu'avant qu'il y ait la moindre négociation,
07:04d'abord, il faut que Vladimir Poutine arrête les combats, qu'il n'y ait plus de combats ?
07:07Est-ce que c'est une condition que vous avez posée sur la table aujourd'hui ?
07:10D'abord, il est vrai qu'il y a une situation aujourd'hui militaire, ces dernières heures,
07:14qui a été difficile sur Pokrovsk.
07:16Je sais aussi, et nous savons tous, que nous avons vécu ces derniers mois, ces dernières années,
07:19des moments tout à fait comparables à cette situation.
07:22À chaque fois, les Ukrainiens, par leur bravoure, leur choix tactique,
07:25ont su réagir et contrer ces offensives.
07:28Et par le soutien que nous avons apporté, nous avons donné la capacité de maintenir les positions.
07:33Et donc, c'est pourquoi, dans les points forts que nous avons pu faire,
07:39il y a deux choses par rapport à ce que vous dites qui sont à mes yeux importants.
07:42La première, c'est que nous avons réitéré le fait que, jusqu'à ce qu'il y ait un cessez-le-feu,
07:47puis une paix durable, il nous faut maintenir le soutien à l'Ukraine.
07:50Et quand je dis nous, c'est tous, Européens et Américains.
07:52Et la deuxième chose, c'est qu'en effet, le premier objectif du président Trump,
07:58à l'occasion de son rendez-vous avec le président Poutine, en Alaska, sera de demander le cessez-le-feu.
08:02Et donc, je pense que c'est en effet comme ça qu'il faut procéder.
08:04– Il ne faut pas, si je peux ajouter, il ne faut pas oublier qu'il y a trois ans et demi,
08:10les Russes étaient à la porte de Kiev.
08:13Et les Ukrainiens ont heureusement repoussé les forces russes,
08:18avec le soutien de l'Europe, avec le soutien des États-Unis.
08:21Et maintenant, ce qu'on discute, c'est déjà très loin de Kiev.
08:25C'est dans la partie l'est de l'Ukraine.
08:28Et il faut tenir soit la pression sur la Russie, soit le support à l'Ukraine,
08:33soit l'effort diplomatique coordonné entre l'Europe, les États-Unis, le reste du monde,
08:39parce que cette guerre, ce n'est pas seulement sur l'Ukraine,
08:41mais c'est la défense du droit international que doit prévaloir sur la force.
08:48– On a parlé ces dernières heures d'échange de territoire.
08:51Est-ce que c'est une question que vous avez abordée avec vos interlocuteurs ?
08:54– On l'a abordée, et je crois que le principe qu'il faut retenir,
08:58c'est que de toute façon, ces sujets-là ne doivent être discutés que par l'Ukraine.
09:02Et il n'y a pas eu de discussion à quelque niveau que ce soit,
09:06de manière robuste, sur des échanges de territoire.
09:10Il y a aujourd'hui une guerre qui continue,
09:14avec, comme l'a rappelé à l'instant le président Kochtat, une Ukraine qui tient.
09:18Et il faut tous se rappeler qu'en février 2022, la Russie a annoncé une opération spéciale
09:23qui allait durer trois semaines.
09:25Et donc, je pense que le plus important, c'est en effet qu'on doit ici se dire
09:29que les questions des territoires occupés seront des éléments déterminants
09:33d'une négociation de paix.
09:34Elles sont inséparables des garanties de sécurité
09:36qui sont apportées au reste du territoire ukrainien et à l'Europe,
09:40et qu'elles ne peuvent être discutées sans la présence du président ukrainien autour de la table.
09:45Il n'y a pas aujourd'hui, de manière sérieuse, des schémas d'échanges territoriaux qui sont sur la table.
09:50Est-ce que l'Ukraine est prête, aujourd'hui, à des concessions territoriales, justement ?
09:53C'est au président Zelensky de le dire, c'est sans doute pas à nous,
09:55et nous avons vécu dans notre chair et dans notre territoire par le passé ces choses-là.
09:59Elles ne se font jamais de manière légère.
10:02Et un pays qui a perdu tant d'enfants pour défendre son territoire
10:06ne peut pas décider à la légère de céder quel ou quel territoire,
10:11que ce soit déjuré ou de facto.
10:12Et donc ça, c'est le respect que nous devons au peuple ukrainien et à ses autorités.
10:18Nous, notre devoir, c'est d'être là pour apporter ces garanties de sécurité.
10:23Pourquoi ? Parce que d'abord, c'est la défense de l'ordre international.
10:25Il y a une charte des Nations unies qui, justement, protège la souveraineté des peuples
10:31et l'intégrité territoriale de ces derniers.
10:33Et si nous commençons à négocier pour le compte de tiers,
10:36le monde ne sera plus jamais en paix.
10:38La deuxième chose, je veux ici le rappeler, c'est qu'on parle en fait de la sécurité des Européens.
10:42L'Ukraine est aux avant-postes, dans la résistance, à un impérialisme territorial russe
10:49qui a commencé d'ailleurs quasiment jour pour jour à se jouer en Géorgie en 2008.
10:56Rappelez-vous du 8 août 2008 en Géorgie.
10:59Et ça ne s'est plus arrêté depuis.
11:00Et en Géorgie, au Caucase, en Asie centrale, il y a une puissance de déstabilisation qui est là
11:06et dont on ne peut pas croire les mots.
11:09Parce qu'elle a plusieurs fois dit qu'elle ne ferait pas ceci ou pas cela, elle l'ensuite fait.
11:13Et donc c'est pour ça que les garanties de sécurité, c'est le seul moyen de préserver la paix.
11:16Est-ce qu'il faut de nouvelles sanctions envers la Russie ?
11:18Nous avons pris un nouveau paquet de sanctions, nous en préparons un autre.
11:22Et je pense que ça dépendra des négociations des prochains jours et des prochaines semaines.
11:25mais qu'il ne faut rien exclure.
11:28Notre souhait, c'est le retour à la paix, à la stabilité, à l'ordre international
11:32et le démantèlement de toutes ces sanctions.
11:34Mais celles-ci sont conditionnées à une paix durable qui sera acceptée par la Russie.
11:39En tout cas, il ne faut pas être faible sur ce sujet.
11:41Et si elles s'imposent, elles devront avancer.
11:43Je note d'ailleurs que le président des États-Unis d'Amérique a pris aussi des sanctions qu'on appelle secondaires
11:48sur des pays comme l'Inde qui achètent et revendent aussi du pétrole russe.
11:53Et donc c'est une logique qui est aujourd'hui partagée.
11:56Merci beaucoup.
11:57Merci. Nous allons donc tenir maintenant cette coalition des volontaires
12:00pour à la fois, évidemment, expliquer le teneur de ces discussions à l'ensemble de nos partenaires
12:06et organiser aussi le soutien à l'Ukraine dans la durée et ses garanties de sécurité.
12:10Merci beaucoup.
12:10Merci.
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