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  • il y a 1 an
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bonsoir et bienvenue dans BFM Grand Soir.
00:03Après 5 mois d'enquête, nouveau rebondissement dans l'affaire Agathe Hilleret,
00:09cette joggeuse de 28 ans dont le corps a été retrouvé en mai dernier.
00:13Le suspect a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre.
00:17Il a reconnu avoir frappé la jeune femme.
00:19Son profil interpelle. Il est bien connu de la justice.
00:22Il a été condamné deux fois pour viol.
00:24Retour sur les faits avec Zoé Lamarche.
00:26Dans le palais de justice de Poitiers, le suspect passe devant un juge d'instruction.
00:32Il est placé en détention provisoire.
00:35L'homme, âgé de 59 ans, reconnaît avoir été sur les lieux de l'agression
00:39et en contact avec la victime.
00:41Je vous confirme que précédemment, il avait été mis en examen du chef de meurtre
00:44suivi d'un autre crime, en l'espèce le crime d'arrestation, enlèvement ou séquestration.
00:49Il a reconnu deux coups ayant entraîné la mort, de fait, mais sans intention de la donner.
00:54Une trace de l'ADN d'Agathe Léré a également été retrouvée dans la voiture du suspect.
00:59Déjà condamné à deux reprises pour viol sous la menace d'une arme,
01:02en 1994, il est cop de 12 ans de prison.
01:06Dix ans plus tard, après deux récidives, il est condamné à 30 ans de réclusion.
01:10Moi, ça me choque terriblement parce qu'on se demande ce que fait cette personne
01:15entre guillemets en liberté. En fait, comment faire pour lutter contre ce genre d'accident
01:22qui ruine des vies ?
01:25En 2024, le suspect bénéficie d'un aménagement de peine avec injonction de soins,
01:29trouve un emploi comme salarié agricole dans la Vienne et il y a un peu plus d'un an
01:33s'installe à Vivonne. C'est dans un sous-bois de cette commune que le corps d'Agathe
01:38a été retrouvé le 4 mai 2025.
01:42Et pour en parler, on est avec Maître Semakman. Bonsoir Maître.
01:46Avocate pénaliste. Laurence Saillet, bonsoir.
01:49Ancienne députée européenne, bonsoir. Merci d'être avec nous.
01:52Maurice Safran, bonsoir. Merci d'être là. Éditorialiste à Challenges.
01:57Christian Flèche, bonsoir. Ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
02:01Enfin, Dominique Rizet, bonsoir. Consultant expert des affaires policières et judiciaires BFM TV.
02:06On va commencer avec vous, Dominique. On va d'abord revenir sur la disparition d'Agathe Hilleret.
02:12On se souvient que la jeune femme s'était volatilisée le 10 avril dernier,
02:16alors qu'elle était partie courir. C'est bien ça ?
02:18Oui, le 10 avril, elle part courir. On retrouve son corps le 4 mai.
02:22Donc, trois semaines plus tard.
02:24Oui, trois semaines plus tard. Elle a 28 ans. Elle pèse 35 kilos.
02:28Elle est anorexique, clairement. Elle a une vie un peu compliquée.
02:31Et c'est quelqu'un qui court beaucoup, qui fait des footings de 20-25 kilomètres,
02:37qui a l'habitude de courir.
02:39Et comme elle est dépressive, elle ne parle pas tellement aux gens avec lesquels elle travaille,
02:43eh bien, on va se dire que peut-être elle a mis fin à ses jours.
02:47Donc, les premières recherches, ça va être dans des étangs, dans des rivières, dans le coin.
02:51Et puis, on va s'aperçoit que finalement, on ne la trouve pas comme ça.
02:54Au bout de trois semaines, on découvre son corps.
02:57Et elle est en dehors de la zone dans laquelle elle a l'habitude de courir,
03:01à deux kilomètres de cet endroit où elle passe régulièrement.
03:06Et surtout, et surtout, et c'est une erreur qu'a commis celui qui est peut-être son meurtrier.
03:10Pour l'instant, il est présumé innocent.
03:12Elle a sa montre connectée au poignet.
03:14Et cette montre connectée va nous raconter deux histoires,
03:18ou nous donner deux éléments, en tout cas, importants.
03:20Un, quand son cœur a arrêté de battre, les battements ont augmenté de façon brutale.
03:26C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui a l'habitude de courir avec des battements,
03:29j'imagine, pour quelqu'un qui court, à environ 160.
03:32Et là, son cœur a battu très, très fort.
03:34Donc, les enquêteurs se disent, il s'est passé quelque chose de grave.
03:38Elle a eu peur, on lui a fait peur.
03:40Elle a subi un choc.
03:41C'est pour ça que son cœur s'est mis à battre très fort.
03:43Premier élément que donne sa montre connectée.
03:46Deuxième élément, grâce aussi à cette montre,
03:48eh bien, on va découvrir que son corps a été déplacé.
03:51Que le corps n'est pas...
03:53Enfin, que la mort ne s'est pas produite à l'endroit où le corps a été retrouvé.
03:58Donc, corps déplacé, ça veut dire intervention d'un tiers.
04:01Ça veut dire qu'on n'est plus dans un accident, dans un suicide.
04:05On est clairement dans une affaire criminelle.
04:08Et là, les enquêteurs vont se mettre à rechercher le criminel.
04:12Ils vont le trouver, mais on en parlera tout à l'heure, d'une façon assez particulière.
04:16Je vais vous parler maintenant pour mieux comprendre, justement, quelles sont les dernières informations.
04:19Je ne vais peut-être pas continuer, je vais vous faire 10 minutes.
04:20Ah non, mais allez-y.
04:22Justement, c'est vraiment important d'en savoir plus et d'avoir ces détails,
04:26notamment sur les rebondissements et ce que l'on sait sur ce suspect.
04:29Oui, très vite, Émilie.
04:30Très vite.
04:30Donc, les enquêteurs, ce sont des gendarmes de la section d'encherche de Poitiers,
04:35vont visionner 1200 heures de vidéos, vont procéder à 1000 auditions,
04:39baliser des véhicules, mettre des écoutes, brancher des écoutes téléphoniques
04:43et étudier le profil de 160 personnes.
04:45En fait, ils n'ont rien, il n'y a pas d'ADN, de choses comme ça.
04:51Et donc, ils vont identifier un suspect parmi des délinquants sexuels
04:57ou des criminels sexuels déjà connus qui résident dans le secteur.
05:02Et parmi eux, il y a ce fameux Didier L, qui va être entendu,
05:07qui va être surveillé pendant plusieurs semaines,
05:09qui va être placé en garde à vue.
05:11Et on retrouve dans le coffre de sa voiture l'ADN d'Agathe Hilleret.
05:17Il reconnaît avoir été présent sur les lieux au moment où elle courait,
05:22mais il nie le meurtre.
05:24Mais il reconnaît aussi l'avoir frappé, mais sans intention de donner la mort.
05:29Alors, vous avez raison. Christian Flèche, comment est-ce que les enquêteurs
05:33sont arrivés jusqu'à cet homme ?
05:36Alors, j'imagine, parce que, évidemment, je ne connais pas l'enquête.
05:38Il y a trois étapes dans cette affaire.
05:40D'abord, retrouver le corps, c'était le plus important.
05:43Essayer de comprendre comment cette jeune femme est morte,
05:45parce que ce n'est pas encore complètement clair non plus.
05:48Et ensuite, troisième étape, retrouver le meurtrier.
05:50Et là, il y a un fichier, effectivement,
05:52le fichier des auteurs d'infrastions sexuelles,
05:55qui oblige à ce que les individus qui sont dans ce fichier déclarent des adresses.
05:59Donc, après, en partant des adresses,
06:01on peut localiser dans un environnement des auteurs d'infractions sexuelles.
06:06Donc, ensuite, bien sûr, j'imagine que lorsqu'on a des suspects,
06:09on travaille sur eux, dans la mesure où il y a, en plus,
06:12comme évoquait Dominique Rizet, il n'y a pas d'éléments d'enquête type ADN.
06:16On va donc faire des surveillances,
06:18de façon à voir s'il n'y a pas un faux pas.
06:20Et à un moment donné, on se décidera,
06:22faute d'avoir d'éléments supplémentaires,
06:24à aller interpeller la personne.
06:26Ce qui a été intéressant, puisque Dominique l'évoquait,
06:28on a retrouvé l'ADN de la victime dans le coffre du véhicule de l'auteur supposé.
06:33Je voudrais qu'on s'intéresse au profil de ce suspect.
06:36On commençait à l'évoquer.
06:38C'est aussi ça qui interpelle sur ce Didier,
06:43donc 59 ans, salarié d'une exploitation agricole,
06:46et surtout déjà bien connu de la justice,
06:48puisqu'il a déjà été condamné à deux reprises
06:50pour des faits de viol sous la menace d'une arme.
06:53D'abord, condamné une première fois à 12 ans de réclusion criminelle
06:55avant d'être condamné une seconde fois à 30 ans.
06:59Il est sorti de prison en avril 2024.
07:01Alors, conformément à une décision du juge d'application des peines,
07:05Maître Semah Akhman,
07:07il avait le droit d'être dans la nature, cet individu ?
07:10Alors, si vous voulez, je crois que lorsqu'on est libéré
07:14par un juge d'application des peines,
07:16la notion d'être dans la nature ne me paraît pas tout à fait correcte,
07:19si je puis dire.
07:21Compte tenu de l'infraction des crimes qui avaient été commis antérieurement,
07:26il était au figès.
07:29Le figès qui est, pour l'institution judiciaire,
07:33mais policière aussi, un outil précieux.
07:36Un outil précieux.
07:37À quoi ça sert précisément ?
07:39Alors, le figès, lorsque vous avez été déclaré coupable
07:44d'une infraction sexuelle ou violente,
07:48eh bien, vous avez pour obligation de faire connaître exactement votre adresse
07:53et vous avez pour obligation de faire en sorte que ce fichier,
07:57vous concernant en tout cas, puisse être tenu à jour.
08:00Voilà.
08:00Donc, très clairement, il est question de rechercher
08:04chez des profils potentiellement dangereux
08:07ou des profils qui peuvent être inquiétants en tout état de cause
08:12sur une même zone géographique des individus
08:16qui pourraient présenter à priori un risque.
08:22Ce qui interpelle malgré tout,
08:25c'est s'il y avait un suivi au moment de sa libération.
08:27Je vois chez la tête, Laurence Saillet,
08:29c'est vrai que ça peut sembler inquiétant pour le grand public
08:32en tout cas de savoir que cette personne était,
08:34alors, je sais que vous n'avez pas ce mot,
08:36mais en liberté malgré tout et dans la nature
08:38et qu'il a pu s'en prendre à une jeune femme.
08:41Je crois que parmi les gens que vous avez interrogés,
08:43mais même parmi tous les gens avec qui j'en ai parlé,
08:46personne ne peut comprendre qu'il soit dans la nature.
08:49J'entends qu'il avait purgé sa peine
08:51et qu'il y a eu une libération légèrement anticipée.
08:54Mais la question de fond, c'est
08:56est-ce qu'aujourd'hui, nous avons beaucoup de personnes
08:58comme ça dans la nature,
09:00multi-récidivistes de viol ?
09:02Donc, il avait une injonction de soins.
09:04Dans le cadre de cette injonction de soins,
09:06il y a la possibilité d'un traitement inhibiteur de libido.
09:09C'est la castration chimique.
09:11C'est un sujet très tabou,
09:13parce qu'à chaque fois, politiquement,
09:14quand on parle de la castration chimique,
09:16c'est pour ça que je préfère dire
09:17traitement inhibiteur de libido,
09:18c'est un peu moins violent.
09:19Mais la question est,
09:21y a-t-il beaucoup de suivis
09:23qui, justement, mettent en place ces traitements ?
09:27Parce que quelqu'un qui est multi-récidiviste du viol,
09:29ainsi, et qui est, certes, pas dans la nature,
09:32mais en liberté,
09:33ce n'est pas parce que vous donnez votre adresse
09:35que vous êtes protégé,
09:36que vous protégez la société.
09:38Donc, moi, je pose la question de savoir
09:40combien, dans les personnes qui sont suivies,
09:43c'est un traitement médical,
09:44qui est décidé par le médecin,
09:46qui ne peut pas être décidé par le juge,
09:48si la personne le refuse
09:49et qu'elle commet un délit
09:50et qu'elle a trois ans d'emprisonnement,
09:52sept ans si elle commet un crime.
09:53Mais j'aimerais savoir
09:55s'il y a suffisamment, justement,
09:57de personnes comme lui,
09:58dans la nature,
09:59qui sont suffisamment suivies.
10:01C'est aussi ce que vous dites,
10:02Maurice Safran.
10:03Quand on écoute bien Dominique
10:04et M. Flech,
10:06pour l'opinion publique,
10:08même si le cadre juridique
10:10est absolument parfait,
10:11je suis sûr que tout est fait dans les règles,
10:13pour l'opinion publique,
10:14c'est absolument incompréhensible.
10:16Bien sûr.
10:16C'est incompréhensible.
10:18On peut expliquer sur ce plateau,
10:20tant qu'on veut,
10:21ça reste incompréhensible.
10:22Et il y a cette conviction,
10:24chez une immense majorité de Français,
10:27de toute sensibilité,
10:29qu'il y a un dysfonctionnement de la justice,
10:31que les responsables politiques
10:33en sont coupables,
10:36et que les juges sont effectivement laxistes.
10:39C'est sans doute faux.
10:40C'est sans doute faux,
10:41mais c'est ce qu'il y a dans la tête des gens.
10:42Et il est absolument nécessaire
10:44que les responsables politiques
10:46répondent à cette angoisse-là.
10:48C'est absolument nécessaire.
10:49Quand j'étais porte-parole des Républicains,
10:51je ne veux pas refaire l'histoire,
10:52on a proposé la castration chimique,
10:54enfin, de revoir justement,
10:57d'imposer peut-être,
10:58ou de mobiliser plus les médecins dans ce cadre.
11:01À l'époque,
11:01j'étais porte-parole de Laurent Wauquiez,
11:03tout le monde nous est tombé dessus
11:05en nous disant qu'on était des monstres.
11:06Donc moi, je veux bien
11:07qu'on ne puisse parler de rien.
11:09Mais la vérité, aujourd'hui,
11:10c'est qu'on se retrouve dans cette situation.
11:12Et comme vous le dites,
11:13on en veut à la justice
11:14et on en veut aussi aux responsables politiques.
11:16Donc la prochaine fois,
11:18quand des gens vont peut-être
11:19un peu plus vite que les autres,
11:20peut-être faut-il les entendre ?
11:22– Christian Fla,
11:23je voulais réagir à ce que dit Laurent Sraillet.
11:24– Oui, oui, parce que je vous écoute,
11:26effectivement,
11:27il a, si j'ai bien compris,
11:28été condamné à 30 ans de prison
11:29avec une peine incompréhensible de 20 ans.
11:31Il a fait ces 20 ans.
11:32Il n'a pas été libéré par anticipation.
11:34Il a fait ces 20 ans.
11:36Ensuite,
11:36il a eu un certain nombre d'obligations
11:38de ce que j'ai lu dans le communiqué
11:39du parquet de Bastia,
11:40parce qu'il a été détenu en Corse.
11:42Il avait une obligation
11:43de ne pas résider ailleurs que dans la Vienne
11:46et avec une obligation de soins.
11:47Et c'est là où il faut voir
11:48comment ces obligations ont été contrôlées.
11:51L'obligation de domicile,
11:53semble-t-il, ça a été fait.
11:55L'obligation de travail,
11:56on annonce ouvrier agricole,
11:58mais il a dû travailler six mois
11:59puisqu'entre sa libération de prison
12:01et l'affaire pour laquelle
12:04il est mis en examen,
12:05il s'est passé, je pense, six mois.
12:07Et ensuite,
12:08quelles ont été ces obligations de soins
12:10et les a-t-il suivies ?
12:12En tout cas, manifestement,
12:13ils n'étaient pas suffisants.
12:14Dominique Rézé,
12:15d'après ce que l'on comprend,
12:16pour bien comprendre,
12:17cet homme avait le droit
12:18d'être libre.
12:20C'est ce qu'on disait.
12:21En revanche,
12:23est-ce qu'il est possible
12:23de mesurer le risque de récidive ?
12:25C'est plutôt ça aussi.
12:26Il a été mis en liberté
12:27par un tribunal d'application des peines.
12:29La peine est de plus de dix ans,
12:30ce n'est pas un juge d'application des peines,
12:31c'est un tribunal d'application des peines
12:33qui le remet en liberté.
12:34Donc, en avril 2024,
12:36il est en fin de peine.
12:37Il est en Corse,
12:38dans une prison à Casabiande,
12:40qui est une prison
12:41où il y a pas mal de délinquants sexuels.
12:44C'est une prison dont on n'a peut-être pas envie,
12:48un peu comme Borgo,
12:49de s'évader.
12:49On n'y met pas des gros braqueurs
12:51ou des gangsters
12:52ou des narcotrafiquants.
12:53On y met des pointeurs,
12:54voilà, en fin de peine.
12:56Donc,
12:56le tribunal d'application des peines
12:58qui le remet en liberté
12:59décide d'assortir sa mise en liberté
13:01d'un placement sous surveillance
13:03pendant six ans,
13:06six années.
13:06Dans ce placement sous surveillance,
13:08il y a injonction de soins.
13:09Il est obligé de voir un psy régulièrement.
13:12Il y a une obligation de résidence
13:14dans un lieu déterminé
13:16qu'il ne doit pas quitter
13:17sans prévenir la justice.
13:21Il a une interdiction de contact
13:23avec les victimes,
13:23une obligation de travailler.
13:25Ce qui est surprenant,
13:28c'est que quand quelqu'un est condamné,
13:29comme lui,
13:3030 ans avec 20 ans de sûreté,
13:32la période de sûreté,
13:33on ne le sait pas toujours.
13:34Quand on vous dit sûreté,
13:35on imagine tous
13:36que la personne va passer 20 ans
13:37en prison.
13:38C'est faux.
13:39Parce que la personne,
13:39quand elle a fait
13:40les deux tiers de sa sûreté,
13:41donc on va dire
13:42que les deux tiers de 20 ans,
13:43ça fait 14 ans,
13:44à peu près,
13:45elle peut demander
13:46une révision de sa peine de sûreté,
13:47une révision des 20 ans.
13:49D'accord ?
13:49Donc,
13:50ça prend un ou deux ans
13:51si ça va bien,
13:52si c'est une personne
13:52qui se tient bien
13:53et au bout de,
13:54allez,
13:5515,
13:5617 ans,
13:5715 ans,
13:58elle a une remise
13:59de sa peine de sûreté.
14:00Et c'est ce qui a dû se passer
14:01pour lui,
14:02obligatoirement,
14:03pour qu'il sorte à 20 ans.
14:04Si, Christian,
14:04parce qu'en fait,
14:05ça a traîné un peu.
14:06Une peine de sûreté de 20 ans.
14:07Ça a traîné,
14:08oui,
14:08mais il peut avoir
14:09de fait une demande.
14:10Oui.
14:11Mais en général,
14:12on ne sort pas
14:13au bout de 20 ans.
14:14Si tu as une sûreté de 20 ans
14:15et que tu as pris 30 ans,
14:17on ne te laisse pas sortir
14:17à 20 ans,
14:18on te laisse sortir.
14:18Regarde le docteur Romand
14:19qui tue toute sa,
14:20faux docteur,
14:21Jean-Claude Romand,
14:22qui tue toute sa famille.
14:23Il est condamné à 30 ans
14:24avec 22 ans de sûreté.
14:26Il sort au bout de 27 ans.
14:27Il a fait des demandes,
14:28mais on ne donne jamais
14:29une autorisation.
14:31Tu comprends,
14:31tout de suite,
14:32les magistrats se gardent
14:33quand même,
14:33font attention.
14:35Dans le cas de Jean-Claude Romand,
14:36c'était un scandale.
14:37Il avait tué sa femme,
14:38ses deux enfants,
14:39son père,
14:39sa mère et le chien.
14:41Donc là,
14:41on a quand même quelqu'un
14:42dont on sait,
14:44pardon pour le chien,
14:44mais je veux dire,
14:45c'est,
14:45dont on connaît
14:47la dangerosité.
14:48Cet homme,
14:49il y a un magistrat
14:49qui l'a surnommé
14:50à l'audience Rambo.
14:52Cet homme,
14:52ce Didier L,
14:55c'est une machine.
14:56C'est une machine
14:57à agresser sexuellement.
14:59C'est une machine
15:00à violer.
15:01C'est quelqu'un
15:02dont on aurait,
15:03bien évidemment,
15:03on n'a même pas besoin
15:04de se poser des questions
15:05dont la dangerosité
15:07est évidente.
15:09Mais il est très compliqué
15:10de comprendre
15:11comment ces personnes
15:12peuvent être réinsérées
15:13dans la société.
15:14Il y a un certain nombre
15:15de personnes
15:15qui n'entrent pas
15:19dans les règles
15:21du système judiciaire.
15:22C'est tout le problème.
15:23Le système judiciaire,
15:24il a été construit.
15:25Il y a des sécurités,
15:26il y a des garanties,
15:27il y a des appels.
15:28Est-ce que pour vous,
15:28il y a des failles
15:29dans ce système ?
15:30Il n'y a pas des failles.
15:31Il y a des tueurs,
15:33en l'occurrence,
15:33ou des violeurs
15:35qui ne sont pas adaptables
15:38aux règles du système judiciaire.
15:40C'est ça le problème.
15:41Il y a des règles
15:41qui sont bonnes.
15:43Je crois que c'est la droite,
15:44il me semble que c'est Rachida Dati.
15:46On a voté
15:48une rétention de sûreté.
15:51C'est-à-dire que
15:51c'est la droite
15:53qui avait fait ça,
15:53je crois que c'est Rachida Dati,
15:54semble-t-il.
15:55C'est-à-dire que
15:55quand quelqu'un est condamné
15:56à une peine lourde comme ça,
15:58on lui dit
15:58au moment de sa condamnation,
16:01Madame,
16:01Monsieur,
16:01enfin Monsieur,
16:03à l'issue,
16:05à la fin de votre peine,
16:07vous ferez l'objet
16:08d'une mesure
16:09de rétention de sûreté.
16:10C'est-à-dire que pour lui,
16:11par exemple,
16:12supposons qu'il ait eu
16:13une rétention de sûreté,
16:14au bout de 20 ans,
16:16quand on a parlé
16:17de sa dangerosité,
16:18quand on a jaugé
16:18sa responsabilité,
16:19quand le tribunal
16:20d'application des peines
16:21a posé des questions
16:22à tout le monde,
16:23eh bien,
16:24on aurait pu lui dire
16:25Monsieur,
16:25on vous condamne
16:26à une année supplémentaire.
16:28Et ceci indéfiniment.
16:29C'est-à-dire que
16:30la rétention de sûreté,
16:31si on va jusqu'au bout,
16:31Maurice,
16:32c'est la vraie pertinence.
16:33Je reconnais, Dominique,
16:34que quand Rajita Dati
16:35a proposé cette loi,
16:36ça fait un scandale national.
16:38Effectivement,
16:39la plupart des journaux,
16:41la plupart des réalistes,
16:42la plupart des associations
16:43et tous les partis de gauche
16:45s'y sont opposés
16:46absolument formellement.
16:47Parce qu'effectivement,
16:49là,
16:49c'est la perpétuité perpétuelle.
16:51Et ça pose philosophiquement
16:53un vrai problème.
16:55Mais tu vois qu'ici,
16:55dans ce cas-là,
16:56dans ce cas-là,
16:57c'est la protégie du nid.
16:58Je pense que
17:00ce qu'il faudrait renforcer,
17:01si vous voulez,
17:02c'est à la fois,
17:04lors de la décision
17:05de la libération,
17:07le contrôle
17:08pour vraiment évaluer
17:10le risque de récidive.
17:11Ce n'est pas une science exacte,
17:13mais sur des profils comme ça,
17:15je pense qu'on peut quand même
17:16avoir un aperçu
17:17du risque de récidive
17:18ou alors ça voudrait dire
17:19que la psychiatrie
17:19n'a plus aucun.
17:20Et je le redis,
17:22peut-être pousser
17:23pour ne pas imposer,
17:25ça reste de la médecine,
17:26mais rendre plus courant,
17:28puisque je ne connais pas,
17:29puisque sous le secret médical,
17:31j'imagine qu'on n'a pas
17:31beaucoup de statistiques,
17:32peut-être les avez-vous,
17:33de personnes qui sont
17:35sous traitement
17:36de castration chimique,
17:38mais je pense que c'est
17:39quelque chose
17:39qui devrait presque être
17:40obligatoire
17:41pour ce type de récidiviste.
17:42Parce que sinon,
17:43on n'en sortira jamais.
17:44Quelle est l'obligation de l'État ?
17:45Protéger nos concitoyens.
17:47On a peur pour nos filles.
17:48Mais alors,
17:49justement,
17:49Maître Sama Ackman,
17:50est-ce qu'il faut
17:51complètement revoir
17:52la surveillance des récidivistes ?
17:55Très honnêtement,
17:58non.
17:59Très honnêtement,
18:00j'entends énormément de choses,
18:01ça et là,
18:02et systématiquement,
18:05on a tendance à penser
18:06que la justice est laxiste,
18:08que les magistrats sont laxistes,
18:11et ça,
18:11c'est vraiment quelque chose
18:12que je ne peux pas entendre,
18:13parce que pour fréquenter
18:14le prétoire extrêmement souvent,
18:17pour aller en détention
18:18extrêmement souvent,
18:19pour tenter de faire libérer
18:23des individus,
18:24je peux vous garantir
18:25que la justice n'est pas laxiste.
18:26On comprends bien,
18:27mais alors,
18:27il n'y a rien à changer ?
18:29Ce n'est pas qu'il n'y ait rien
18:30à changer,
18:30et là-dessus,
18:32je vous rejoins complètement,
18:34c'est-à-dire que la manière
18:34dont les choses ont été pensées,
18:37alors je ne vais pas dire
18:38que ce n'est pas adapté aujourd'hui,
18:40ce n'est pas le terme exact,
18:43mais je crois que l'humain
18:45ne permet pas une approche
18:47quasiment mathématique,
18:48en disant qu'on va procéder,
18:50un, à une castration chimique,
18:51et deux, à une surveillance
18:53de beaucoup, beaucoup,
18:54beaucoup plus près,
18:55et puis si tout cela ne suffit pas,
18:57ce sera la perpétuité perpétuelle.
19:00Et je crois que sur ces questions,
19:01où il est avant tout question
19:02d'humains,
19:03mais de part et d'autre,
19:05de part et d'autre,
19:06je crois que ces clivages
19:07entre la gauche et la droite,
19:09moi ce sont des choses que,
19:10enfin personnellement,
19:11je ne peux pas entendre,
19:12une vie reste une vie,
19:13une victime reste une victime,
19:15un agresseur est un agresseur.
19:16Il y a quelque chose
19:17qui ne prend pas,
19:18mais quand vous voyez aujourd'hui
19:19les prisons,
19:20le taux de surpopulation carcérale,
19:22moi je me demande
19:23si on peut travailler utilement.
19:25Voilà, je me demande
19:26si on peut travailler utilement,
19:27et je crois que ça c'est aussi
19:28une vraie question.
19:30Je vous rejoins sur la surpopulation,
19:31bien sûr.
19:32Je vous rejoins aussi
19:33sur le fait que les juges condamnent,
19:36après ils condamnent aussi
19:37très tard après les faits,
19:38parfois,
19:39et donc il y a aussi des gens
19:40qui ont le temps de partir,
19:42qui ont eu le temps
19:42de refaire d'autres choses
19:43avant d'être condamnés.
19:44Il y a plein de sujets là-dessus.
19:46Ensuite, je pense que
19:48la surpopulation carcérale
19:51ne permet pas un suivi,
19:53ne permet pas d'éviter la récidive.
19:55Il y a des domaines
19:56comme les agressions sexuelles,
19:58spécialement dans la matière
19:59de pédophilie,
20:00où le risque de récidive
20:01est évident.
20:02Christian,
20:03est-ce que vous imaginez
20:04ceux qui nous écoutent,
20:05Maître,
20:05là on est en train
20:05de leur parler
20:06de surpopulation pénale,
20:07mais on s'en fout
20:08de la surpopulation pénale.
20:09Non, non, mais je veux dire,
20:10pardon,
20:11laissez-moi juste terminer.
20:12Quand on parle des gamins
20:14qui ont cassé des trucs
20:15dans les manifs,
20:17quand on parle
20:17des conducteurs alcoolisés,
20:19quand on parle
20:19des petits trafiquants,
20:20des petits consommateurs
20:21de cams,
20:22oui, évidemment,
20:23on ne va pas les mettre en prison
20:24parce qu'il y a déjà
20:25trop de monde dans les prisons,
20:25on est d'accord.
20:26Mais là, on ne parle pas de ça.
20:26Ce n'est pas le sujet.
20:27Et on n'a pas parlé de laxisme.
20:29C'est vous qui avez prononcé
20:30le nom laxisme.
20:30Personne ne l'a dit
20:31sur le plateau.
20:31Non, on n'a pas dit laxisme.
20:32Moi, je dis,
20:34maître,
20:35c'est aussi mon travail.
20:37Maître,
20:37je ne vous agresse pas,
20:38je dis moi,
20:39mauvaise évaluation du personnage
20:41par la justice,
20:42ça ne veut pas dire laxisme.
20:43Laxisme,
20:44c'est je ne m'en occupe pas.
20:45Là, c'est mauvaise évaluation,
20:47mais dans la mauvaise évaluation,
20:48il y a peut-être
20:49une audience du tribunal
20:51d'application des peines
20:52qui va discuter
20:54de la remise en liberté
20:54de quelqu'un.
20:55Eh bien,
20:56à l'audience du tribunal,
20:58il y avait son avocat
21:00ou son avocate
21:00qui était là,
21:01obligatoirement.
21:03Et aujourd'hui,
21:03les victimes ont le droit
21:04de venir.
21:05Donc,
21:05est-ce que les victimes
21:06de son agression
21:07étaient là
21:08à l'audience du tribunal
21:09d'application des peines
21:10avec eux aussi
21:11leurs avocats
21:12pour dire,
21:13pour dire,
21:14écoutez,
21:15moi,
21:15j'ai eu tellement peur.
21:16Mon agression,
21:17cette jeune fille
21:18de 24 ans
21:19qui l'a suivie
21:19jusque chez elle
21:21avec un couteau
21:21pour la violer
21:22dans une maison isolée
21:23du Puy-de-Dôme,
21:24s'il avait été là
21:25pour dire,
21:26moi,
21:27je ne veux pas
21:27qu'ils sortent.
21:28Ça aurait peut-être pesé.
21:29Vous voyez,
21:29elle était peut-être là.
21:30Donc,
21:31je n'ai pas parlé,
21:31on n'a pas parlé
21:32de laxisme,
21:32mais on dit
21:33mauvaise évaluation
21:34et ce n'est pas du tout
21:35un jugement.
21:36Il y a plein de personnes
21:37au tribunal
21:37d'application des peines.
21:38Il y a des psys
21:38qui sont là.
21:39Il y a des psys
21:39qui ont rassuré
21:41les magistrats
21:41en leur disant,
21:42écoutez,
21:43pour nous,
21:44ça va mieux.
21:45Et le vice du vice,
21:47c'est que ces gens-là,
21:48on parle des pointeurs,
21:49ces gens-là,
21:51ils se tiennent bien
21:51en prison.
21:52Ils rasent les murs.
21:54Ils disent aux surveillants,
21:55surveillant,
21:56est-ce que je peux avoir
21:57un peu,
21:58est-ce que,
21:58surveillant,
21:59je peux aller faire
22:00un tour à la bibliothèque,
22:01est-ce que,
22:01surveillant,
22:02s'il vous plaît,
22:03ils sont très polis.
22:04Ils se sont fermés
22:04dans leurs cellules,
22:05jamais un mot plus haut
22:06que l'autre.
22:07Au parloir,
22:08ils sont raisonnés,
22:08ils se tiennent bien.
22:09Parce que ce n'est pas
22:09le même profil.
22:09Tous les pointeurs
22:10se tiennent comme ça
22:11parce que ce ne sont pas
22:12des braqueurs.
22:13Les braqueurs,
22:13c'est de pouvoir dire
22:18à nos concitoyens
22:19qu'on ne trouve pas
22:20la situation normale
22:21et qu'on cherche des solutions.
22:22Parce que si on ne dit pas ça
22:23aux citoyens,
22:24avec la crise aujourd'hui
22:25de confiance
22:25envers les politiques,
22:27envers la justice
22:27qui est réelle,
22:29faites des sondages,
22:30les Français n'ont plus
22:31confiance en la justice
22:32pour une grande majorité.
22:33C'est vrai ?
22:34Donc un discours
22:35qui dirait que
22:36c'est comme ça,
22:37on ne s'adapte pas au système,
22:38ça ne fait qu'aggraver
22:39le problème.
22:39La réponse à donner
22:40tous aujourd'hui,
22:41c'est de dire
22:42dans ce type de grave,
22:43dysfonctionnement
22:44qui ont fait une victime,
22:45qui ont privé
22:46une famille de leur enfant,
22:48qu'est-ce qu'on peut faire ?
22:49Et ça, vraiment,
22:50il y a des moyens,
22:51mais simplement,
22:52il y a des blocages psychologiques.
22:53Peut-être une dernière question.
22:55Est-ce qu'on se rend compte
22:55parfois qu'il y a des profils
22:57qui ne pourront pas
22:58se réinsérer dans la société ?
23:00On se dit,
23:01il n'y a peut-être rien à faire
23:02parce que finalement,
23:03cette personne sera
23:04beaucoup trop dangereuse.
23:05Alors, moi,
23:07je laisse cette question
23:08aux psychiatres
23:11qui sont chargés
23:13de ses missions,
23:14si je puis dire,
23:15d'évaluer la dangerosité.
23:16Parce que la question,
23:19et même dans le cadre
23:20d'une instruction,
23:20d'une instruction,
23:21d'une information judiciaire,
23:23il est toujours demandé
23:24d'évaluer la dangerosité
23:26d'un individu.
23:27C'est-à-dire que,
23:28moi, je ne suis pas
23:29à même
23:29et apte
23:30à le faire.
23:32Mais,
23:33en tout état de cause,
23:35je crois que là,
23:36ce qui est posé
23:37comme question,
23:38c'est la question
23:39véritablement
23:40de la récidive
23:41à partir du moment
23:42où on a été condamné,
23:43comment on fait
23:44pour empêcher la récidive ?
23:46Et ça,
23:46c'est une question
23:46qui reste entière.
23:48Il y a des réadaptations
23:49qui sont extrêmement bien,
23:51extrêmement bien,
23:52même sur des profils,
23:53comme vous le disiez,
23:53alors,
23:54le terme de pointeur,
23:54moi, je ne l'aime pas.
23:55On appelle ça
23:56des délinquants sexuels,
23:57on appelle ça
23:58parce que je trouve
23:58que ça a quelque chose
23:59de très,
24:00de péjoratif,
24:03mais...
24:04Quand on parle
24:05de personnages comme ça,
24:06que ce soit péjoratif...
24:07Moi, non plus,
24:07ça ne me dérange pas trop.
24:08Ce n'est pas ça,
24:09c'est le terme
24:09qu'on emploie
24:10dans les prisons
24:10et dans les journaux
24:12quand on...
24:12Voilà,
24:13mais je peux vous le garantir,
24:16quelque chose
24:16d'éminemment péjoratif
24:18et qui vient peut-être
24:18cristalliser
24:19certaines choses.
24:21Mais en tout état de cause,
24:22comme je l'indiquais,
24:23il y a des réinsertions
24:24qui se font extrêmement bien
24:25sur des personnes
24:26qui ont été victimes
24:27et qui ont été agresseurs aussi.
24:31Et puis,
24:31il y a des réadaptations,
24:33il y a des réinsertions,
24:34malheureusement,
24:34qui échouent.
24:35Et ça,
24:36on ne peut qu'en être désolé,
24:37mais quelle est la solution
24:39pour lutter contre la récidive,
24:41les infractions sexuelles,
24:43mais la récidive
24:43de façon plus générale ?
24:45Ça,
24:45c'est une question
24:45qu'on se pose régulièrement.
24:47On se pose régulièrement
24:48au final.
24:48Mais ça,
24:48on parle de surveillance
24:48plus renforcée
24:49sur ces profils,
24:50justement.
24:51Mais quelle que soit
24:52la loi,
24:53quels que soient les juges,
24:54quels que soient les magistrats,
24:56Dominique parle
24:57de mauvaise évaluation.
25:00Ça existera toujours.
25:02Le risque de mauvaise évaluation
25:03existe par définition.
25:04C'est une erreur humaine,
25:05ça veut dire.
25:06Une erreur des humains,
25:08puisque ce n'est pas une personne
25:08qui décide, etc.
25:09C'est extrêmement compliqué.
25:11Mais il n'empêche,
25:12il n'empêche,
25:13et ça,
25:13c'est le point central,
25:15que pour les Français,
25:16c'est inco...
25:17Ça reste...
25:18Toutes les explications
25:19qu'on a données ce soir
25:20restent incompréhensibles,
25:21malgré tout.
25:22Vous résumez parfaitement
25:23cette soirée de notre discussion
25:27en cette phrase-là.
25:29Les Français ne comprennent pas.
25:30Et ils ont raison.
25:31Ils sont choqués
25:32et ils ont raison.
25:33Ce n'est pas possible.
25:34Il y a des moyens
25:35d'avancer quand même.
25:36Moi, je ne me sens pas perdue
25:37dans cette situation.
25:37Je ne me dis pas
25:38qu'il n'y a rien à faire.
25:39Je vous ai parlé tout à l'heure
25:40de la castration chimique.
25:42Si on met en place
25:43le fait qu'on demande
25:44à des médecins
25:45d'assurer
25:47ces castrations chimiques,
25:48excusez-moi,
25:50il y aura quand même
25:50moins de récidives.
25:51On ne peut pas se trouver
25:52toujours démuni.
25:52C'est quand même un traitement
25:53qui est ce qu'il est.
25:55Mais simplement,
25:56c'est tabou
25:56parce que moralement,
25:58si vous voulez,
25:58c'est compliqué.
25:59Mais on s'en fout là.
26:01Ce qui compte,
26:01c'est de protéger les victimes.
26:03Moi, je pense à toutes ces mamans
26:04qui ont des enfants
26:05ou des jeunes filles
26:06ou même des femmes
26:06qui vont aller courir
26:07qui sont traumatisées.
26:09Et cette personne,
26:10elle travaille
26:11dans une exploitation.
26:13Mais est-ce que,
26:13et je ne pense pas,
26:14son employeur sait,
26:16connaît son parcours ?
26:17Vous vous rendez compte ?
26:18Vous mettez dans votre exploitation
26:19quelqu'un comme ça ?
26:20Vous avez une jeune fille
26:21qui est votre fille
26:22dans la même exploitation ?
26:23Je suis peut-être un peu brute
26:24dans mon propos.
26:25Vous n'êtes même pas informé
26:26qu'il est multirestidiviste
26:27de viol ?
26:28Je n'aimerais pas
26:29que ça m'arrive.
26:29Et vous savez,
26:30avant lui,
26:30pardon Christian,
26:31je fais vraiment très vite,
26:32avant lui,
26:33il y en a eu d'autres.
26:34Donc, on devrait quand même
26:35maintenant se protéger un peu.
26:37Avant lui,
26:37il y a eu Jean-Luc Évrard
26:38qui a enlevé,
26:39violé le petit Ennis à Lille.
26:41Il y a eu Patrick Tissier.
26:43Il y a eu Tony Meillon.
26:44Allez voir sur Internet
26:45qui sont ces gens.
26:46On a fait des faits
26:46entre les accusés sur eux.
26:47Ce sont des personnages
26:49horribles.
26:49Un dernier point
26:50qu'on a du mal à comprendre.
26:52Même si tout le monde le fait,
26:53c'est-à-dire qu'on a
26:54une peine qui est prononcée
26:55et on sait qu'elle ne sera
26:56jamais exécutée jusqu'au bout
26:57parce qu'on convertit nous-mêmes
26:59et qu'en général,
27:00par le maximum,
27:02on divise par deux
27:03et on se dit
27:03qu'il sera libéré la moitié.

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