Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 mois
Ils ont à peine 14 ou 15 ans et leur parcours scolaire les a menés très vite, trop vite peut-être, vers une filière professionnelle… L’apprentissage d’un métier dès la sortie du collège, sans être bien sûrs de savoir ce qu’ils veulent faire dans la vie à un âge où tout est encore normalement possible… Mais tout l’est-il vraiment pour ces jeunes ? Ne sont-ils pas orientés trop tôt, trop vite ? Et ce regard que la société porte sur les filières pro… a-t-il enfin changé ? A-t-on cessé de les considérer comme des voies de garages ? Rebecca Fitoussi et ses invités ouvrent le débat. Année de Production :

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00– Métal brûlant de Sébastien Keugler, un joli film qui suit des jeunes touchants et des profs engagés en filière
00:10professionnelle,
00:11filière qui, comme les autres, mérite qu'on s'y attarde.
00:13Est-ce que ces voix professionnelles sont mieux perçues dans nos sociétés, après avoir été longtemps dévalorisées, voire méprisées ?
00:20Les parents poussent-ils enfin leurs enfants dans ces voix sans a priori et sans que ce soit par défaut
00:25?
00:26Beaucoup de questions à se poser, vous l'avez compris, avec nos invités.
00:29Catherine Dumas, bienvenue. Vous êtes sénatrice LR de Paris, vous êtes très engagée sur les questions de l'enseignement professionnel.
00:35En février dernier encore, vous posiez une question écrite au ministre de l'Éducation sous le titre
00:39« Valorisation des formations professionnelles, pilier du savoir-faire français et de l'excellence ».
00:45Marine Hilario, bienvenue. Vous êtes journaliste à la rédaction de l'étudiant, site de référence pour accompagner les jeunes et
00:51leurs parents
00:51dans leur orientation et leur parcours d'études. Vous êtes très précisément chef de rubrique en charge de tout ce
00:56qui concerne
00:57lycée général, lycée professionnel et parcours sup. Il y a du boulot.
01:00Olivier Sidocpeau, bienvenue à vous également. Vous êtes directeur général de l'ONICEP.
01:04Alors l'ONICEP, c'est l'Office national d'information sur les enseignements et les professions.
01:10Dylan Ayissi, bienvenue à vous également. Vous êtes fondateur et directeur du collectif Une Voix pour tous,
01:15qui œuvre pour la transformation de l'enseignement professionnel.
01:18Vous avez publié aux éditions de l'Observatoire « La revanche des pros », ouvrage très remarqué dans lequel vous
01:23proposez des solutions concrètes
01:25pour transformer la voie professionnelle en une filière d'excellence.
01:29Merci à tous les quatre d'être ici.
01:30Avant de parler de réformes et d'aller vers des considérations purement politiques, arrêtons-nous sur ces jeunes qu'on
01:36vient de suivre dans ce film.
01:38Parfois impliqués, parfois un peu moins, parfois encouragés, parfois découragés, mais tous très attachants, je crois.
01:45Est-ce qu'ils ressemblent aux jeunes que vous connaissez, Dylan Ayissi ? Est-ce que vous vous êtes retrouvés
01:50dans ces jeunes ?
01:52Est-ce que vous avez retrouvé les jeunes que vous côtoyez au quotidien ?
01:54On a retrouvé… Alors, moi, pour ma part, j'avais suivi une filière un peu différente en lycée professionnel.
02:00Mais globalement, on retrouve deux choses qui me semblent importantes.
02:04C'est d'abord la pédagogie qui va être une vraie particularité de l'enseignement professionnel,
02:11dans lequel on va avoir des élèves qui arrivent souvent avec des accidents de parcours,
02:15avec des trajectoires scolaires et sociales qui peuvent être difficiles,
02:20et qui, par justement l'engagement de leurs enseignants,
02:22vont pouvoir d'abord se reconnecter à leur ambition
02:26et ensuite pouvoir reprendre confiance en eux-mêmes et en l'avenir.
02:31Et la deuxième chose qui me semble aussi très intéressante,
02:34c'est la façon dont on découvre petit à petit le monde qui nous entoure
02:37et la place qu'on doit y prendre, la place qu'on veut y prendre et la place qu'on
02:41doit y prendre.
02:41Et donc, c'est deux choses qui ressortent très bien de ce film.
02:46On sent quand même qu'il y a une vraie démarche et un vrai moment autour de l'enseignement professionnel
02:50où ça devient un sujet qui, à la fois, est central pour des enjeux sociaux
02:55qui sont de plus en plus visibles et aussi pour des enjeux très concrets sur le plan économique.
02:59Et donc, avec cette filière en plus qui représente un certain nombre d'espoirs,
03:03on a ce croisement qui est très parlant.
03:05Catherine Thuma, qu'est-ce qui vous a inspiré, ce film ?
03:07Qu'est-ce qui vous a inspiré, ces jeunes touchants, je trouve ?
03:09Oui, moi, je l'ai trouvé, ce documentaire, très émouvant.
03:13Mais très révélateur de ce que j'ai pu voir.
03:15Bon, j'ai beaucoup travaillé sur le sujet des métiers d'art,
03:18mais là, à Chaudronnerie, on n'est pas loin.
03:20Sous certains aspects, ça peut être un métier d'art.
03:23Et à la fois, il reflète, en effet, d'abord, cette envie de bien faire, d'apprendre.
03:29Donc, oui, c'est touchant de voir ces jeunes qui sont tout jeunes,
03:34mais qui veulent apprendre la difficulté aussi de le faire à ce jeune âge.
03:40Et puis, ça reflète aussi, oui, les contraintes de cet enseignement professionnel.
03:46Comment choisir son métier ?
03:48On voit bien, il y en a un qui dit,
03:50« Ah, mais je crois que je n'ai plus envie parce que ça s'est mal passé. »
03:54Donc, ça, ça interpelle beaucoup.
03:55Donc, je pense qu'il y a de vrais messages à leur passer à ces jeunes.
03:59Et notamment, bon, des enseignants aussi, qui participent à ce travail de l'insertion et de l'apprentissage.
04:09Il y a des messages, il faut qu'ils soient sur deux,
04:12il faut qu'on arrive à leur donner une confiance en eux.
04:16Mais c'est tout le sujet de la jeunesse, en fait.
04:19Voilà, il y a plein de perspectives dans ce documentaire.
04:22Olivier Sidocpeau, vous avez ressenti la même chose.
04:23Ce sont aussi des jeunes qui sont projetés dans un monde d'adultes.
04:25Ce n'est pas toujours évident.
04:27Oui, oui, oui.
04:28J'ai pensé, en regardant ce très beau documentaire, à leurs enseignants de collège,
04:31qui, je l'espère, ont pu le voir et qui, souvent, se demandent,
04:34mais que vont-ils devenir ?
04:35Et c'est très touchant de voir ces jeunes en train, petit à petit,
04:38devenir des adultes et s'éloigner, finalement, de leur métier de collégien.
04:44Le deuxième élément, c'est, souvent, on voit la voie professionnelle
04:48comme étant le résultat de l'orientation.
04:50Or, on voit que c'est le début de l'orientation.
04:51C'est le moment où les choses s'ouvrent.
04:53C'est le moment où on commence à se dire, mais au fait,
04:54qu'est-ce que je veux faire de ma vie ?
04:56Et que beaucoup de choses sont ouvertes.
04:57Je crois que c'est vraiment une perspective à voir.
05:00Le lycée professionnel, l'orientation commence au moment
05:03où on a son emploi du temps dans la classe.
05:06Et puis, le dernier élément, c'est qu'au fond,
05:08il y a des choses qui perdurent.
05:09C'est-à-dire, qu'est-ce que c'est qu'apprendre un métier ?
05:11Je ne suis pas sûr que c'est si changé que ça.
05:13Et si je reprends les quatre plans
05:17qu'avait distingués le psychologue du travail Yves Clot dans l'activité,
05:22on voit qu'il y a de l'impersonnel.
05:24C'est-à-dire, il y a des choses, il faut souder,
05:27il faut respecter la tôle, il faut respecter les dimensions.
05:30Il y a un petit peu de mathématiques au tableau, etc.
05:32Ça, ça nous est imposé.
05:33Il y a une dimension personnelle, on s'investit
05:35et on voit que ces jeunes s'investissent,
05:36ils aiment, ils n'aiment pas, ils n'en veulent plus,
05:38ils veulent arrêter, ils veulent continuer.
05:40Donc, dimension personnelle.
05:41Et peut-être les deux dimensions qu'on oublie souvent dans le métier,
05:44une dimension interpersonnelle,
05:46on ne fait pas tout seul et on ne fait pas que pour soi.
05:49On le fait pour le prof,
05:50et il y a des profs évidemment exceptionnels,
05:52pour des patrons qui sont ici,
05:54alors évidemment assez exemplaires, bienveillants.
05:56Il y a cet élève qui a un 9,5 à la fin de son stage,
05:59et évidemment, c'est quelque chose d'exceptionnel.
06:01Donc, la dimension interpersonnelle.
06:02Et puis, une dernière dimension qu'on oublie,
06:05c'est que quand on démarre un métier,
06:06on entre dans une histoire.
06:08On arrive avec des choses qui existent déjà,
06:11avec ce qu'on pourrait appeler du transpersonnel.
06:13Et là, évidemment, le documentaire avec deux cases-villes,
06:15avec toutes les luttes sociales,
06:17tout ça, c'est aussi apporté par les personnes.
06:20Il y a des patrons, il y a des luttes,
06:21il y a des choses qui ont été gagnées.
06:23Et on entre dans une histoire qu'on va contribuer à forger.
06:26Donc ça, c'est assez exemplaire.
06:28J'ai envie de dire, hélas,
06:29si seulement pour toutes les BACPRO,
06:31on avait tous ces éléments,
06:33ce serait parfait.
06:34Quand il y en manque un, quand il y en manque deux,
06:35quand il y en manque trois,
06:36c'est là où on a de la souffrance et de l'abandon.
06:38Et évidemment, on entrera dans le but du sujet dans un instant.
06:41Je vois qu'il vous a inspiré beaucoup de choses,
06:42ce documentaire.
06:43C'est votre cas aussi, Marine et Mario.
06:45Oui, vous avez raison, c'est très touchant.
06:47En fait, on rentre un peu dans l'intimité aussi de ces jeunes.
06:51Et vous le disiez justement aussi,
06:54j'ai trouvé intéressant d'avoir aussi le côté enseignant.
06:57On voit à quel point ils sont investis pour leurs élèves,
07:00à la fois en cours, à la fois dans la recherche de stage,
07:02dans le suivi du stage.
07:04Et du coup, je trouvais que ça a reflété bien justement...
07:08Ce qui se passe dans ces filières pro.
07:10Voilà, que font les enseignants dans ces filières
07:11qui ne sont pas évidentes.
07:13Très jeune pour vivre une vie d'adulte.
07:16Très jeune pour faire un choix professionnel quasi définitif aussi.
07:20C'est un engagement que Robin trouve prématuré dans le film.
07:23Il le dit, il l'exprime avec beaucoup de pudeur,
07:25mais aussi avec beaucoup de clairvoyance.
07:27Je voudrais qu'on le réécoute et qu'on en parle juste après.
07:30Quand j'ai choisi la chagronnerie,
07:33je dois avoir 14 ans.
07:36À partir de 10 ans, on commence à parler des vrais métiers.
07:41En 3 ans, tu ne peux pas choisir ce que tu veux faire pendant 40 ans.
07:44Ça ne fait rien trop juste.
07:45Après, s'il y en a qui se trouvent direct, c'est un mieux pour eux.
07:49Mais c'est dur, c'est dur.
07:52Et oui, il pointe un vrai sujet quand même, là.
07:54D'Ilan Aïssi, comment vous percevez ça ?
07:5710 ans pour commencer à se poser la question,
07:5914 ans pour faire un choix quasi définitif.
08:01Pour moi, il y a deux sujets qui sont posés par cet extrait.
08:04C'est d'abord la question de la manière dont l'orientation est pensée
08:09pour les jeunes publics.
08:10Et ensuite, la capacité qu'on va avoir à garantir un choix
08:14qui, en plus, doit pouvoir être éclairé.
08:16Et donc, on a deux gros enjeux.
08:19Nous, on avait publié une enquête avec Via Voice
08:21sur la question de la perception de l'enseignement pro
08:24par les élèves actuels et anciens.
08:27On s'était rendu compte que, d'une part,
08:29il y avait un vrai sentiment d'inégalité dans le parcours d'orientation.
08:32Et ça, on le sait, ça se raconte depuis des années.
08:35Moi, de mémoire d'élèves, je sais que la France est très mauvaise
08:38en termes de capacité à pouvoir donner les mêmes chances à tout le monde.
08:43Et notamment dans ce parcours d'orientation.
08:44Donc, on a, il me semble, 86% des élèves
08:47qui considèrent que l'orientation est un vecteur d'inégalité.
08:52Et ensuite, on a, à mon sens, ce qui est le point central
08:55et en même temps la clé de réussite de l'enseignement pro
08:58qui est la question du choix.
09:01Et on se rend compte qu'on a au moins la moitié des élèves
09:06qui déclarent ne pas totalement avoir choisi leur orientation
09:08vers la voie professionnelle.
09:10D'abord, en fait, on s'adresse à des enfants.
09:13Pour eux, heureusement, ça se passe plutôt bien
09:16parce qu'ils ont des enseignants,
09:18parce qu'ils ont les conditions au cadre des entreprises
09:20qui correspondent à leurs attentes.
09:22Pour eux, dans ce film, vous voulez dire ?
09:23Oui.
09:24Mais dans beaucoup trop de cas,
09:27on a plutôt des situations d'échec
09:29qui se matérialisent par une orientation vers la voie professionnelle.
09:33Parce qu'ils ont des mauvaises notes à l'école.
09:35On les oriente.
09:36Absolument.
09:37Ça, c'est toujours le cas aujourd'hui.
09:38C'est toujours le cas aujourd'hui.
09:40Un peu moins qu'avant,
09:41parce qu'il y a quand même des efforts qui ont été faits.
09:43Mais pour prendre mon cas et globalement celui qu'on observe,
09:47c'est les élèves qui ont des difficultés scolaires,
09:49on va considérer que leur parcours ne doit pas se poursuivre
09:52dans l'enseignement général.
09:53Et donc, il y a une forme de hiérarchie qui est assez tacite,
09:55mais qui est connue de tout le monde,
09:57entre la voie générale, technologique et professionnelle.
09:59Qui dit beaucoup de ce qu'on pense d'ailleurs des métiers manuels.
10:01Absolument.
10:02En fait, c'est le reflet qu'on a à la fois des populations
10:06qui sont dans ces enseignements-là,
10:08parce qu'on s'adresse aussi massivement à des populations
10:10issues de milieux défavorisés, quel que soit le territoire.
10:13Et évidemment, des métiers, parce qu'on a...
10:15Enfin, moi, par exemple, je trouve ça compliqué
10:18de voir des jeunes filles qui sont, par exemple,
10:21massivement orientées dans les métiers du soin à la personne
10:24et qui savent qu'elles vont se retrouver dans des situations
10:25à la fois physiques et sociales compliquées.
10:28Et donc, la question du choix de l'orientation
10:29et de la qualité du parcours d'orientation
10:31sont des choses fondamentales.
10:32Marine Hilario, concrètement, comment ça se passe ?
10:34C'est dès la quatrième qu'on commence à repérer un enfant
10:37parce qu'on considère qu'il a des mauvaises notes
10:39et qu'il va falloir l'orienter ?
10:40En tout cas, qu'il ne pourra pas suivre la voie générale ?
10:42Quatrième ? Troisième ? À quel moment ?
10:44Oui, c'est ça. C'est plutôt vers la fin du collège.
10:45On commence à parler d'orientation
10:49vraiment sérieusement avec les élèves.
10:50Et c'est vrai que, malheureusement, effectivement,
10:52on le remarque, dès qu'il y a de la difficulté scolaire,
10:55on a tendance à pousser les élèves
10:57vers la voie professionnelle
10:58plutôt que la voie générale ou technologique
11:00où on estime qu'ils n'arriveront pas à suivre le rythme.
11:03Pourquoi si tôt ? Pourquoi cette urgence aussi ?
11:06Après, c'est le système scolaire qui est fait comme ça.
11:08Il faut aller au lycée.
11:10On a une obligation de formation jusqu'à 18 ans
11:12vers où on peut accompagner au mieux ses élèves.
11:15Et c'est vrai que la voie professionnelle,
11:16elle a cette difficulté-là
11:17de concentrer aussi les difficultés multiples.
11:20Donc, elle a des difficultés scolaires.
11:21Vous le disiez aussi, il y a les difficultés sociales.
11:24Il y a aussi beaucoup de publics en situation de handicap
11:27qui sont envoyés en voie professionnelle
11:28ou des élèves venant de l'étranger ou allophones.
11:31Donc, c'est vrai que pour la voie professionnelle,
11:32ce n'est pas évident non plus
11:33parce qu'elle concentre un grand nombre de difficultés
11:39et pas seulement scolaires.
11:40Après, je suis assez d'accord avec ce que vous disiez.
11:43Plus qu'une orientation précoce,
11:45c'est plutôt une orientation subie qui est le problème.
11:48Ce n'est pas tant de se poser la question assez tôt.
11:50C'est plutôt bien de réfléchir à ce qu'on a envie de faire.
11:52Dès 10 ans ? Dès l'âge de 10 ans ?
11:54Peut-être pas 10 ans, effectivement.
11:55Surtout qu'on a le temps d'évoluer
11:56et même entre 15 et 18 ans,
11:59les envies évoluent et c'est normal.
12:01Et ce n'est pas un problème.
12:02Parce que ça aussi, il faut faire un travail là-dessus
12:04en se disant que non, justement,
12:06on ne rentre pas dans une voie
12:07de laquelle on ne pourra plus jamais sortir.
12:10Dans notre carrière, on va évoluer,
12:12on va faire d'autres choses.
12:13Oui, enfin, on sait aussi que les passerelles
12:14sont quand même difficiles.
12:16C'est moins évident peut-être en voie professionnelle.
12:18Mais quand même, on ne s'enferme pas dans un domaine
12:22quand on s'oriente en voie professionnelle non plus.
12:25D'accord.
12:26On s'enferme un petit peu plus
12:27que si on va en voie technologique ou générale.
12:28Mais quand même, ce n'est pas fini.
12:31Ce n'est pas fini pour nous.
12:32C'est important de le dire, vous avez raison,
12:34parce que c'est ce qu'il ressent, lui.
12:35Il a l'impression qu'il va s'enfermer pendant 40 ans.
12:37C'est l'idée qu'on se fait de l'orientation.
12:38Mais même en voie générale et technologique,
12:40les élèves ont l'impression que les choix qu'ils font aujourd'hui
12:44conditionneront leur futur à vie, presque.
12:47Oui, presque, en tout cas,
12:48pour toute la carrière professionnelle.
12:49Olivier Sidocpeau, on pensait que ça avait changé quand même,
12:51tout ça, mais j'ai l'impression que pas tant que ça.
12:53Oui, d'abord, et ça a été dit,
12:55le système français reste structuré depuis un siècle,
12:58deux siècles, et même peut-être plus,
13:00autour de la voie générale
13:01et de la capacité à suivre en voie générale
13:04et donc des résultats scolaires.
13:05Et plus encore que l'origine sociale,
13:08c'est vraiment les résultats scolaires
13:09qui définissent l'orientation.
13:11Pour vous donner simplement un chiffre,
13:13la direction de la prospective a regardé sur des cohortes.
13:17Finalement, les élèves qui étaient dans les 10%,
13:20qui avaient les 10% de résultats les plus faibles en sixième.
13:24Ces élèves-là, ils sont à 80% dans la voie professionnelle,
13:28bac pro, CAP.
13:29Les élèves qui sont dans les 10%,
13:31qui avaient les meilleures notes,
13:32ils sont à 97% en voie générale.
13:34Donc, en fait, l'orientation,
13:36c'est effectivement une sélection des élèves
13:39qui peuvent ou ne peuvent pas aller dans la voie générale.
13:41Et ceux qui ne peuvent pas aller dans la voie générale
13:43se retrouvent massivement en voie professionnelle.
13:44C'est ça le critère, en fait.
13:45Tant que le système est structuré de cette façon,
13:47de toute façon, il y a quelque chose de biaisé au départ.
13:51En revanche, là où je modulerais, et ça a été dit,
13:54c'est sur le fait que le choix est quasi définitif.
13:57Ce qu'on voit, c'est qu'en fait, il ne l'est pas.
13:59Il ne l'est pas, alors.
14:00Ça dépend où.
14:01Mais si on regarde l'exemple qui est donné dans le reportage,
14:04des enseignants parlent de BTS, de licence pro.
14:06BTS, licence pro, ça veut dire école d'ingénieurs,
14:10chaudronnerie, ça veut dire campus des métiers d'excellence.
14:12Le lycée de Decazeville en fait partie, avec Ariane, avec Airbus.
14:17Donc, ces jeunes-là, ils se retrouveront peut-être
14:19dans un bureau d'études à construire des centrales nucléaires,
14:22à construire la future navette spatiale.
14:24Je n'appellerais pas ça...
14:25C'est vrai, vous avez raison.
14:26Et pour être tout à fait honnête, moi, je découvre
14:28qu'il y a une licence pro en regardant ce film.
14:30Je ne le savais pas.
14:30Alors, sur les filières industrielles,
14:32et c'est l'occasion vraiment de dire combien ces filières
14:35sont porteuses métiers d'art, filières industrielles,
14:38il y a du travail et il y a de l'évolution.
14:40Ça, c'est vraiment, c'est-à-dire, cette orientation,
14:43c'est un point de départ dans beaucoup de bacs pro.
14:46Pas tous, pas suffisamment, mais dans beaucoup de bacs pro,
14:49c'est un point de départ.
14:50Sauf que, Catherine Dumas, le problème,
14:51c'est qu'on n'est pas vraiment au courant,
14:52y compris dans les collèges, je ne suis pas sûre
14:54que les conseillers ou conseillères d'orientation
14:56sachent aussi tout ça, notamment la licence pro.
14:58Oui, un des gros sujets du problème qu'on constate tous,
15:02c'est en effet, encore une fois, qu'il n'y a pas de lien entre...
15:06Pas assez, en tout cas, il y en a, mais pas assez,
15:08entre les familles, parce qu'on parle aussi des familles,
15:12mais les familles aussi répètent les mêmes modèles.
15:16Donc, ça aussi, il faut qu'on apporte une évolution dans ce regard.
15:20Et donc, il faut que tout le monde se parle beaucoup plus.
15:23Moi, ces jeunes, je pense qu'il faut leur dire que ce qui importe,
15:29c'est qu'ils aient un projet dans leur vie.
15:31Enfin, il ne faut pas... Il faut qu'ils comprennent
15:33qu'à la limite, c'est eux qui feront leur vie.
15:36C'est compliqué, entre 10 et 14 ans.
15:36Oui, mais bien entendu, mais ça, c'est toute une communication
15:40qu'on doit avoir et on dit 10 ans, c'est très tôt.
15:43Bien entendu que 10 ans, c'est très tôt.
15:44Mais c'est tout au long.
15:46Il faut que les enfants soient plus épanouis.
15:48On est dans un pays où on les met dans des cases.
15:51Ce qui importe, c'est que les individus, les personnes,
15:53les enfants, les femmes, les filles, les garçons,
15:55puissent s'épanouir dès le départ.
15:57Et ce n'est pas cette notion de résultat forcément scolaire,
16:01parce qu'on peut être très bon.
16:02Il y a des tas de gens qui n'ont pas été bons à l'école,
16:04qui ont fait des choses extraordinaires.
16:06D'autres, des choses un peu moins extraordinaires,
16:07mais des choses très bien.
16:08Ce qui importe, c'est d'être bien dans sa vie,
16:10d'être heureux dans sa vie.
16:12Après, évidemment, il faut travailler, gagner sa vie.
16:14Mais il faut y trouver un intérêt.
16:16Donc, je pense qu'il y a vraiment tout un discours,
16:18je dirais même politique, je suis une politique,
16:21qu'il faut qu'on change.
16:23Il faut apporter de nouveaux éléments.
16:25Moi, c'est ce que je m'efforce de faire,
16:27en allant dans les écoles,
16:28en allant dans plein d'endroits
16:30où on peut passer des messages
16:32sur comment on vit bien sa vie,
16:35comment on est heureux,
16:36comment aussi on peut avoir une vie de passion
16:38à partir d'un métier de chaudronnier.
16:40Oui, pour l'industrie spatiale,
16:43ça peut servir.
16:44C'est dit dans le film, d'ailleurs.
16:46L'un des chaudronniers le dit
16:47qu'il faut quand même...
16:48Mais ce métier, il est physique.
16:49Si je prends un autre métier
16:49qui est celui, par exemple, de la restauration,
16:51où la moitié des emplois
16:53viennent de l'apprentissage.
16:54Donc, énormément.
16:56Si vous voulez, ce sont des métiers
16:57où on peut s'épanouir extraordinairement bien.
17:00On peut voyager,
17:01on peut très bien gagner sa vie, etc.
17:03Donc, quelque part,
17:04ça dépend de ce qu'on en fait.
17:05Donc, je pense que c'est ça.
17:06Il faut qu'on ait ce discours auprès des jeunes.
17:08Qu'est-ce qu'on va faire de sa vie
17:11et comment on va les aider, nous, tous, évidemment.
17:13Ça, c'est très important.
17:15Et après, tout est possible.
17:17Mais qu'on ne reste pas dans ces cases
17:19où on dit, il faut que tu choisisses,
17:21c'est pour la vie.
17:22Donc, on ne les enferme pas.
17:23Et puis, peut-être moins aussi,
17:24penser métier.
17:25Parce que c'est vrai,
17:25quand on parle d'orientation,
17:26souvent, c'est qu'est-ce que tu veux faire
17:27plus tard comme métier.
17:28En fait, je ne sais pas.
17:29Moi, j'ai 10 ans, j'ai 13 ans,
17:30j'ai 14 ans, je ne connais pas
17:31un quart des métiers qui existent.
17:33Bien sûr, la sémantique est importante.
17:34Donc, peut-être aussi rappeler
17:35que même si on va en voie professionnelle,
17:38OK, on va dans un certain secteur d'activité.
17:41Mais c'est une palette de métiers
17:43qui est parfois immense.
17:44Et c'est peut-être aussi ça
17:45qui peut rassurer.
17:46C'est-à-dire, OK, tu rentres
17:46dans cette voie-là,
17:47mais tu ne vas pas faire un métier dit
17:49et tu ne pourras rien faire d'autre.
17:51Parlons du regard porté
17:53sur ces filières professionnelles.
17:54Il fut un temps passé ancien
17:55où les bacs pro étaient quand même
17:57considérés comme des voies de garage.
17:59Les parents ne voulaient surtout pas
18:01y mettre leurs enfants.
18:02Les lignes sont peut-être
18:03en train de bouger.
18:03On va en parler, justement.
18:05Après, cet extrait du film
18:06qui montre, pour le coup,
18:07des parents fiers et heureux
18:09du parcours de leur fille
18:11dans une filière pro
18:12et même optimistes pour son avenir.
18:14Regardez.
18:15La fierté des parents,
18:17c'est vraiment la motivation principale.
18:21Quand je fais mes concours,
18:22quand je vois mon père
18:24et qu'il a l'air aux yeux,
18:25ça m'effondre.
18:27Dans tous les remises des prix
18:28que j'ai eues,
18:29le seul père qui crie,
18:30le seul mon père,
18:31« Waouh ! Ma fille, c'est ma fille ! »
18:34Comme ça, ça fait trop plaisir.
18:37Comment vous la voyez dans 10 ans ?
18:40André.
18:42Mais ils savent pas !
18:45Moi, j'ai une idée.
18:46Vas-y.
18:48Ouais, si, si.
18:49Elle va...
18:50Pour moi, elle va...
18:51Elle va réussir.
18:52Elle va être bien, quoi.
18:56Est-ce que cet extrait
18:57dit quelque chose
18:58du changement de regard
18:59des parents et de la société
19:00sur les filières pro
19:01ou est-ce qu'il est quand même
19:02très positif
19:03par rapport à ce qui se passe
19:04dans la réalité ?
19:05Dylan Aissi ?
19:06Je pense qu'il a nuancé.
19:09En fait, ça raconte des choses
19:10qui sont vraies.
19:12C'est-à-dire qu'on a des familles
19:13dans lesquelles
19:15les métiers de l'artisanat,
19:16les métiers de la main
19:16sont très valorisés,
19:18donc dans lesquels
19:18ça pose pas forcément de problème.
19:19On imagine qu'il peut aussi
19:21y avoir un enjeu
19:22dans ce cas-là
19:22parce qu'elle va dans des filières
19:25dans lesquelles
19:25on les attend pas
19:27puisqu'on a aussi un enjeu
19:28d'orientation en fonction du genre
19:29qui est très, très fort
19:30en lycée professionnel.
19:32Maintenant, ce qui est aussi important
19:34c'est de trouver
19:35et c'est d'ailleurs
19:36ce qui, à mon sens,
19:37est toujours très compliqué,
19:38c'est de trouver l'équilibre
19:39entre un vrai discours
19:40de valorisation des métiers
19:42des jeunes qui sont scolarisés
19:43et aussi un regard très critique
19:45sur ce qui s'y fait
19:46et ce qui fonctionne pas.
19:48La majorité des élèves
19:49aujourd'hui sont quand même
19:50dans des filières du tertiaire
19:52dans lesquelles on a
19:52de gros sujets à la fois
19:54d'orientation de public
19:55et puis de poursuite d'études,
19:56de réussite dans l'enseignement supérieur
19:58et d'insertion professionnelle
20:00qui sont...
20:02Et donc, en fait,
20:03on se rend compte que
20:04pour tout le monde,
20:05le lycée pro ne remplit
20:06aucune de ses ambitions
20:09pour les raisons
20:10qu'on évoquait tout à l'heure,
20:11à savoir la question
20:12de l'orientation
20:13et donc il faut vraiment aussi
20:14se rendre compte
20:14de l'écrasement
20:15que peut être
20:15ce moment de l'orientation.
20:17C'est-à-dire qu'en fin de troisième,
20:19dans une trajectoire
20:20qui est une trajectoire d'échec
20:22qui se répète
20:23avec des responsabilités
20:24évidemment très partagées,
20:26on a ce saut
20:27qui est celui
20:27d'une orientation
20:29qui d'ailleurs parfois
20:30peut se faire
20:30de façon aléatoire
20:31parce que quand on parle
20:32d'orientation subie,
20:33il faut se rendre compte
20:34de ce que ça implique,
20:35c'est soit finalement
20:36on ne rencontre pas
20:37de conseillère d'orientation
20:39et on nous attribue
20:40une filière
20:41en fonction des places
20:41qui restent,
20:43soit on nous fait comprendre
20:45qu'il vaut mieux
20:45aller vers de la voie professionnelle
20:46et donc on nous donne
20:47une liste de filières
20:47auxquelles on pourrait
20:49être éligible.
20:50Donc voilà,
20:50c'est vraiment une compression
20:51qui va aussi conditionner
20:54la trajectoire scolaire,
20:55l'expérience lycée professionnelle
20:56et ce qui est assez paradoxal,
20:57c'est que globalement
20:59l'expérience lycée professionnelle
21:01est une bonne expérience
21:02pour les élèves
21:03qui sont scolarisés
21:04et pas nécessairement
21:05pour la question
21:06de l'apprentissage technique
21:08mais plutôt justement
21:09pour la capacité
21:10que le lycée pro va avoir
21:11à redonner confiance,
21:13à prendre le temps,
21:15à recommencer
21:15les choses
21:16qui n'ont pas été acquises
21:17tout au long du parcours.
21:18Oui, voire réparer
21:19des choses qui ont pu
21:19être un peu cassées.
21:20Absolument,
21:21mais c'est vrai que
21:21quand on discute
21:22avec des enseignants de collège,
21:23il y en a qui vont être
21:26acteurs d'orientation subis
21:27mais presque par volonté
21:30de bien faire
21:31parce qu'ils se disent
21:31est-ce que mon élève
21:32va réussir en voie générale,
21:33il va se planter,
21:34du coup ça va le démoraliser.
21:36On en a d'autres
21:36pour qui ce n'est pas du tout le cas
21:37mais il y a quelque chose
21:38de très tendu
21:40sur cette question
21:41de l'orientation
21:42qui s'inscrit aussi
21:43dans un moment,
21:44je pense,
21:44économique
21:45où on a tout un tas d'enjeux
21:47en termes de redynamisation
21:51de secteur d'activité.
21:52On parlait tout à l'heure
21:53de l'hôtellerie et de la restauration.
21:54Absolument,
21:55et donc il faut trouver
21:56justement cet équilibre.
21:57Je ne sais pas
21:58si le regard change
21:58mais en tout cas
21:58il y a en février dernier
21:59le ministère de l'éducation
22:01qui a publié des chiffres
22:01et un communiqué
22:03parlant de l'augmentation
22:04du nombre de demandes
22:05d'orientation
22:06vers les lycées professionnels.
22:08La part des vœux
22:09des familles en ce sens
22:10est passée de 32% en 2019
22:11à 36,2% en 2025.
22:15Donc c'est que ça bouge
22:16Olivier Sudopou ?
22:17Oui,
22:18les choses bougent doucement
22:19mais dans le paysage
22:20qu'on a donné,
22:21il y a un paysage
22:22qui est structuré
22:22par les résultats scolaires
22:23donc par ailleurs
22:25il faut s'améliorer
22:26donc qui fait que
22:27de toute façon
22:27on est sous contrainte.
22:30Par ailleurs
22:30c'est important de voir
22:32et ça a été dit
22:33il y a différentes filières
22:35c'est-à-dire entre
22:36brevet des métiers d'art
22:37pour donner un petit peu
22:38un ordre de grandeur
22:39c'est 300 personnes
22:40à peu près
22:41sur un des ministeries
22:43chaudronnerie industrielle
22:44à peu près 3 000 personnes
22:45au bac pro
22:45vent de commerce
22:47plus de 30 000.
22:47Donc évidemment
22:48on n'est pas sur
22:49des mêmes masses
22:50on n'est pas sur
22:51des mêmes problématiques
22:52d'insertion.
22:53Par ailleurs
22:54évidemment
22:54ce que permettent
22:55les métiers
22:55est important
22:56ici la jeune Audrey
22:57elle est dans un milieu
22:58ses parents
22:58sont dans les mécaniques
22:59ils savent que
23:00ce qu'elle fait
23:00lui donnera
23:01un beau métier
23:02y compris un beau salaire
23:04c'est plus compliqué
23:05quand on est dans
23:05des métiers
23:06de service à la personne
23:07et y compris
23:08on ne connaît pas
23:09nécessairement
23:10les parents ne connaissent
23:10pas nécessairement
23:11les évolutions
23:12de ces métiers
23:12ils ne savent pas
23:13aujourd'hui
23:13qu'être soignante
23:14on démarre plutôt
23:15à 1 800 aides par mois
23:16à l'hôpital
23:17qu'on a des vraies évolutions
23:18qu'on peut avoir
23:19une évolution vers
23:20le métier d'infirmière
23:21bref que ce n'est pas
23:22du tout
23:22la représentation
23:23un peu parfois
23:25misérabiliste
23:25qu'on peut en avoir
23:26là aussi déficit
23:27d'informations
23:27donc là c'est vraiment
23:28l'enjeu
23:29et je vous avais dit
23:29par rapport
23:30à ce que le ministre
23:31a proposé
23:32au-delà de ces chiffres
23:33il a fait le constat
23:34que des jeunes
23:34les jeunes
23:35pour parler
23:37les enseignants
23:37connaissent une dizaine
23:38de métiers
23:38pas plus au collège
23:39et qu'il faudrait
23:40aller vers 50
23:41ça c'est vraiment
23:42un effort
23:42de tout le monde
23:43tous les gens
23:44qui sont autour
23:45pour qu'effectivement
23:46ils aient au moins
23:47des images en tête
23:48des images
23:49qui ne fonctionneront
23:49pas tout de suite
23:50il y a un jeune
23:50qui dit
23:51mais on m'avait parlé d'eux
23:52voilà on sème des graines
23:54il y a des choses
23:54qui ne germeront
23:55que plus tard
23:56mais il faut faire
23:57cet effort
23:57pour au collège
23:59élargir
23:59un petit peu
23:59l'horizon mental
24:00de rêve
24:01de ces jeunes
24:02Catherine Dumas
24:03oui moi je pense
24:05que le tableau
24:05est difficile
24:07mais pas complètement noir
24:08loin de là
24:09qui a une évolution
24:10depuis un certain
24:11nombre d'années
24:12notamment si on revient
24:13je mets de côté
24:14les services
24:14mais à tous les métiers
24:16liés à la main
24:17il y a vraiment
24:18une évolution
24:19et on le voit
24:21d'ailleurs
24:21parce que des adultes
24:22reviennent
24:23à ces métiers manuels
24:24après avoir fait
24:25des tas d'autres choses
24:26donc ça provient
24:27notamment des métiers
24:28de bureau
24:28oui voilà
24:29ou de service
24:30parfois même
24:31d'ingénieur
24:33enfin bref
24:33des métiers
24:34très différents
24:36on revient
24:37moi je vois même
24:38la cuisine
24:39le métier de chef
24:41de pâtissier
24:42il y a un engouement
24:43extraordinaire
24:44je vais beaucoup
24:44dans les écoles
24:45de restauration
24:47donc il y a de l'espoir
24:49ça veut bien dire
24:50le regard change
24:51aujourd'hui on parle
24:52de l'intelligence
24:52de la main
24:53je veux dire
24:54il n'y a pas que l'intelligence
24:55du cerveau
24:56il y a celle de la main
24:57l'avenir est entre vos mains
24:58donc tout ça
24:59ça change
25:00après
25:01ce changement
25:02il n'est encore pas arrivé
25:03jusqu'à ces jeunes
25:04très jeunes
25:05qui ont 14 ans
25:0615 ans
25:07parce que la société
25:08n'a encore pas
25:08complètement évolué
25:09et c'est ça notre job
25:10à nous tous
25:11dans les différents métiers
25:13que nous exerçons
25:15de contribuer
25:16à ce que ce changement
25:17se fasse
25:18beaucoup plus globalement
25:19et voilà
25:20et qu'il voit
25:20qu'il y a plein de perspectives
25:21parce qu'il y a eu des réformes
25:22la voie professionnelle
25:23a fait l'objet de plusieurs réformes
25:24à répétition même
25:25dirait certains
25:26on va peut-être en parler avec vous
25:27avec Emmanuel Macron
25:28ça a commencé en 2018
25:30en 2023
25:31il y a eu des concertations
25:32puis mise en place
25:33d'un comité de suivi
25:34puis reculade récente
25:35sur le parcours
25:36dit Y
25:37la réforme de l'année
25:38de terminale professionnelle
25:39est un échec
25:40il faut en tirer
25:41les conséquences
25:41a même déclaré
25:42le ministre de l'éducation
25:43Edouard Geffray
25:44pourquoi ce flottement ?
25:45pourquoi on a du mal
25:46à réformer ?
25:47qu'est-ce qui se passe ?
25:48et bien justement
25:48c'est ce qu'on disait
25:49un petit peu juste avant
25:50en fait la diversité
25:52des profils
25:52la diversité des filières
25:54en fait rend difficile
25:55le cadrage national
25:57en fait je pense
25:57et c'est vrai que
25:59aussi ce qui est difficile
26:01dans la voie professionnelle
26:02c'est qu'à l'origine
26:03la création de cette voie
26:04l'idée c'était de former
26:06en fait des ouvriers qualifiés
26:07pour rendre la France
26:08plus compétitive à l'étranger
26:10notamment dans l'industrie
26:10d'accord
26:11aujourd'hui en 2025
26:12c'est plus vraiment
26:14son seul objectif
26:16aujourd'hui
26:16la plupart des élèves
26:18en voie professionnelle
26:18ont envie de poursuivre leurs études
26:20il n'y a plus forcément
26:21l'envie de s'insérer directement
26:23professionnellement
26:24après son bac
26:24mais l'envie de poursuivre
26:25et aussi les besoins
26:26des entreprises
26:27qui changent
26:27qui n'ont plus forcément
26:28envie de recruter aussi
26:29simplement un niveau bac
26:30mais qui recherchent plus
26:31des profils
26:31bac plus 2
26:32bac plus 3
26:33et donc du coup
26:34c'est vrai que
26:34cette dualité d'objectifs
26:36à la fois de permettre
26:37l'insertion professionnelle
26:38des jeunes
26:38qui souhaitent s'insérer
26:39et de permettre
26:40la poursuivre d'études
26:41des jeunes
26:42qui ont envie
26:42de continuer leurs études
26:43c'est là que c'est compliqué
26:44quand on est dans
26:45une même classe
26:46où du coup
26:47les profils divergent
26:49c'est compliqué
26:50de cadrer ça
26:51de manière nationale
26:52en fait
26:52oui on sent
26:53politiquement
26:54c'est compliqué
26:54la réforme de 2018
26:56bon après
26:57on est d'accord ou pas
26:58mais enfin
26:58on ne peut pas dire
26:59elle a servi à quelque chose
27:01d'accord
27:01oui elle a créé
27:02plus d'un million
27:03de contrats d'apprentissage
27:04qui ont été signés
27:05donc bon ça
27:06alors après
27:07ce n'est pas une fin en soi
27:08il y a beaucoup à faire
27:09mais donc il faut quand même dire
27:11qu'il s'est passé quelque chose
27:12en 6 ans
27:13il y a eu beaucoup
27:14de contrats signés
27:15après maintenant
27:16il faut changer le regard
27:18de la société
27:18le regard des politiques aussi
27:20moi quand je parle
27:22avec certains collègues
27:23qui me disent
27:24toi tu vas dans les lycées
27:26voir un certain nombre
27:28de métiers
27:28je vois bien
27:30que ce n'est pas fait
27:31de partout
27:31parce qu'on n'a pas
27:32cette culture en France
27:34on a l'école
27:35telle qu'elle était
27:38il y a plus d'un siècle
27:41et il faut qu'on change
27:43tout ça
27:43Dylan Aissi
27:44oui je pense
27:45qu'il y a évidemment
27:46des avancées
27:48qui sont à noter
27:50mais je pense
27:51que la grosse erreur
27:52c'est que
27:52là on a pensé
27:54une réforme
27:57scolaire
27:57assez académique
27:58en fait
27:59c'est une réforme sociale
27:59qu'il faut
28:00du lycée professionnel
28:01parce qu'en réalité
28:03elle nécessiterait
28:04de pouvoir reprendre
28:04tout depuis le début
28:05c'est en fait
28:06c'est une réforme scolaire globale
28:07puisque comme on l'a évoqué
28:08il y a les enjeux
28:08de perception de la famille
28:10il y a aussi la question
28:11de la connaissance
28:12des métiers
28:12de l'environnement
28:13de la mobilité
28:14et donc en fait
28:15le problème
28:16lycée professionnelle
28:17finalement c'est pas tant
28:18celui de l'instruction
28:19parce qu'un élève
28:20qui choisit une filière
28:21qui le passionne
28:21il réussira
28:22c'est plutôt
28:23la conséquence
28:24de l'orientation subie
28:26et donc de l'image
28:27qu'on va avoir
28:28parce que
28:29nécessairement
28:29quand on a un établissement
28:30dans lequel la majorité
28:31des élèves
28:32ne sont pas là
28:32parce qu'ils l'ont choisi
28:33ça implique
28:35d'abord
28:35une vision négative
28:36dans le territoire
28:37parce qu'on a tous
28:38en tête
28:39soit pour les avoir
28:40fréquentés
28:40soit pour les avoir
28:42entendus
28:42des lycées professionnels
28:43qui ont une sale réputation
28:44dans nos villes
28:44ou dans nos départements
28:45etc
28:48et ça en fait
28:48c'est ce qui va
28:51avoir un effet
28:51de radiation
28:52sur l'image
28:52du lycée professionnel
28:54qui va être
28:55j'avais fait un podcast
28:56avec Marouane Mohamed
28:58qui aujourd'hui
28:58est chercheur
29:00mais qui est passé
29:01par un BEP
29:02et qui me disait
29:02que ce qui était intéressant
29:03c'est que le lycée pro
29:04était tout sauf
29:05un lieu d'instruction
29:05c'était un lieu
29:06où on pouvait faire
29:07des choses formidables
29:09reconstruire des élèves
29:10comme on l'a évoqué
29:10plusieurs fois
29:11et qu'en fait
29:12le cœur d'une classe
29:13de lycée professionnel
29:16pas toute
29:16à l'évidence
29:17mais c'est
29:18c'est pas forcément
29:19la question
29:19de l'apprentissage
29:21technique
29:21c'est vraiment
29:22une expérience de vie
29:23et c'est que finalement
29:24le lycée pro
29:24ça a été pour nous
29:26une
29:28presque une bouée
29:28de sauvetage
29:29parce que dans un moment
29:30où en plus
29:30on parle d'enfant
29:31donc il y a tout à construire
29:33mais en même temps
29:34il y a aussi
29:34tout à détruire
29:35et c'est dans ces moments-là
29:37qu'avoir un regard bienveillant
29:39avoir de la confiance
29:40c'est déterminant
29:41Si on parle un peu
29:42des solutions
29:42moi j'ai celle
29:43qui a été proposée
29:44par une de nos téléspectatrices
29:45parce qu'on consulte
29:46nos téléspectateurs
29:46avant les émissions
29:47et Géraldine de Besançon
29:49qui est enseignante en BTS
29:50et mère de deux enfants
29:50elle nous dit
29:51la double compétence
29:52du bac général
29:53avec choix d'une option
29:54type charpente
29:55maçonnerie
29:56peinture
29:57pourrait-elle être la solution
29:58face à un avenir incertain
29:59avec l'IA
30:00parce qu'on n'en a pas parlé
30:00l'intelligence artificielle
30:02et face à la problématique
30:03d'erreur d'orientation
30:04en études supérieures
30:05mélangée finalement
30:06assez vite
30:07filière pro filière générale
30:09pourquoi pas
30:10ça paraît être du bon sens
30:11finalement
30:11non vous doutez
30:12Olivier Cidocon
30:13J'ai l'impression que les gagnants
30:14vont être encore une fois
30:15les mêmes
30:15parce que
30:16qu'on puisse dans ce sens-là
30:17et ça a bien été dit
30:19faire une licence d'anglais
30:20puis faire un CAP
30:21il n'y a zéro problème
30:23dans l'autre sens
30:24je l'entends moins
30:25et ça c'est une vraie difficulté
30:26on voit
30:27à titre anecdotique
30:29des gens qui ont fait
30:30des écoles de commerce
30:31et qui ouvrent des écoles
30:31de boulangerie
30:32on voit peu de CAP boulangerie
30:35qui
30:35voilà
30:35ensuite
30:36une carrière dans le commerce
30:37et là
30:38on a un vrai problème
30:40de regard
30:41aussi
30:41mais qui concerne tout le monde
30:43qui concerne aussi
30:44toute cette
30:44toute au long de la vie
30:46qui pouvait exister
30:48avec des ingénieurs
30:48issus du rang
30:49etc
30:50avec même
30:51dans les syndicats
30:52dans les partis politiques
30:53c'était aussi
30:55des voies d'ascension
30:56et là
30:56on a des choses
30:57qui sont bloquées
30:58donc je pense que
30:59si en plus
30:59la voie générale
31:00récupère
31:01les éléments porteurs
31:02de la voie professionnelle
31:03c'est peut-être pas le mieux
31:04et juste
31:05sur les métiers
31:06peut-être
31:06il y a quand même
31:07un champ
31:07il faut aussi
31:08que les métiers
31:09eux-mêmes changent
31:10parce que
31:10quand un métier
31:10comporte une part
31:11d'autonomie
31:12et de créativité
31:12il n'y a pas de problème
31:14quand il n'en comporte
31:15aucune
31:15on peut raconter
31:16ce qu'on veut
31:17on n'arrivera pas
31:18à convaincre les jeunes
31:19que c'est extraordinaire
31:22de faire cariste
31:23dans un entrepôt
31:25il y a des limites
31:25alors on est dans la conclusion
31:27mais moi ce que je dirais
31:28quand même
31:28c'est que par rapport
31:29à ce qu'a dit
31:30cette auditrice
31:32je pense que
31:33ce qu'il faut
31:33c'est que les jeunes
31:35dès le plus jeune âge
31:39connaissent le monde
31:40de l'entreprise
31:40il faut qu'il y ait
31:41des interactions
31:42mais tout type d'entreprise
31:44il ne faut pas
31:45qu'on soit dans des choses
31:46ça peut commencer
31:47avec les stages
31:48qui sont imposés
31:49en troisième
31:50en seconde
31:51ils sont toujours
31:51très contents
31:52de leur stage
31:52en général
31:53les jeunes
31:53à 90% ou plus
31:55donc on voit bien
31:56qu'il y a un attrait
31:57ce qu'ils découvrent
31:58donc c'est ça
31:59qu'il faut instaurer
32:00c'est qu'il y a
32:00une passerelle très forte
32:02mélanger les mondes
32:03et constante
32:03entre ce mélange
32:05des deux mondes
32:05je suis un peu
32:06plus mesurée
32:07moi sur ça
32:08alors c'est vrai
32:08que les stages
32:09c'est très bien
32:10c'est de belles opportunités
32:11mais malheureusement
32:12selon les milieux
32:13c'est aussi très difficile
32:14de trouver un stage
32:15la plupart aussi
32:16beaucoup se retrouvent
32:17soit au travail
32:18des parents
32:18parce qu'il n'y a pas
32:20le réseau suffisant
32:21d'autres n'ont pas
32:22non plus leurs parents
32:23qui peuvent les aider
32:24donc ils se retrouvent
32:25au commerce du coin
32:26donc c'est toujours
32:27une expérience
32:27qui peut être valorisée
32:28valorisante
32:29ça c'est vrai
32:30mais moi j'aurais plutôt
32:31aussi tendance
32:31à rappeler
32:32qu'il ne faut pas oublier
32:33qu'on est à l'école
32:34et que même
32:36en lycée professionnel
32:37où l'entreprise
32:38a sa place
32:38et c'est très bien
32:39mais c'est aussi
32:41on prépare son baccalauréat
32:43et il ne faut pas
32:43non plus
32:44que l'entreprise
32:44vienne trop rogner
32:46sur l'enseignement général
32:48qui est donné aussi
32:49en lycée professionnel
32:50je pense qu'il y a
32:51un équilibre
32:51quand même à trouver
32:53donc donner sa place
32:54à l'entreprise
32:55oui
32:55mais
32:56attention à garder
32:57un équilibre
32:57moi je ne disais pas
32:59qu'il fallait faire
33:00plus de stages
33:01pas du tout
33:01parce qu'en effet
33:02il y a une problématique
33:03des stages
33:03qui est terrible
33:04ce que je dis
33:04c'est connaître
33:05le monde de l'entreprise
33:06c'est des classes
33:07c'est pas des stages
33:08c'est une journée par mois
33:10on va dans telle entreprise
33:11du territoire
33:12ce qui permet aussi
33:13de s'approprier son territoire
33:14parce que très souvent
33:15on voit que les jeunes
33:16ne connaissent pas assez bien
33:17et de voir ce qu'il s'y passe
33:18et qu'il s'y passe
33:19des choses bien aussi
33:20dans le territoire
33:20pas que des choses pas bien
33:22donc c'est ça
33:22c'est que des classes
33:23se projettent
33:25quelque part
33:26dans le milieu professionnel
33:28mais que cette connaissance
33:29concerne tous les élèves
33:30et pas seulement
33:31ceux dont on pense
33:32que leurs notes feront
33:33qu'ils n'iront pas
33:33et c'est vrai que les produits
33:35qu'on travaille côté UNICEF
33:37c'est vraiment des
33:37on va sortir quelque chose
33:39bientôt
33:40c'est pour tous les élèves
33:41pour que tous les élèves
33:42puissent rêver
33:43à des métiers
33:44indépendamment du fait
33:45qu'ils ont ou pas
33:47à choisir une orientation
33:48s'autoriser tous les possibles
33:50voilà
33:50et juste
33:50c'est vrai que j'ai
33:52dans ces possibles
33:53il y a une œil ici
33:54pour conclure quand même
33:55oui
33:56pareil
33:56je nuancerais
33:57sur la question
33:58de l'expérience au stage
33:59qui peut autant être
34:02vraiment révélatrice
34:03des talents des élèves
34:03que aussi
34:05confrontant
34:06de l'entreprise
34:06qu'on ignore encore
34:07puisqu'on est enfant
34:08et que justement
34:08on a cette difficulté
34:10à faire collaborer les deux
34:11donc parfois
34:11ça peut aussi incarner
34:12un vrai choc
34:13et je lancerais
34:16qu'en accord
34:17avec ce que vous avez dit
34:19souvent le débat
34:20autour du lycée unique
34:21de la perspective lycée unique
34:22s'inscrit dans le sens
34:23d'une absorption
34:24de la voie professionnelle
34:25par la voie générale
34:26je pense qu'aujourd'hui
34:27avec les enjeux d'IA
34:28qu'on a évoqué juste avant
34:29il y a peut-être
34:30un regard inverse à avoir
34:31et donc se dire que
34:32cette idée de l'auditrice
34:34qui est celle
34:35d'un tronc général
34:36avec des options professionnelles
34:38pourquoi pas se dire
34:39qu'on pourrait avoir
34:40justement l'inverse
34:41puisqu'on a à la fois
34:42des enjeux de compétences
34:43qui traversent la société
34:44avec des diplômes
34:46de l'enseignement supérieur
34:47qui ne mènent plus
34:47forcément à grand chose
34:49et en même temps
34:50une nécessité de garantir
34:51des compétences fondamentales
34:53qui aujourd'hui
34:54sont assez fragiles
34:54en lycée professionnel
34:55pour les raisons
34:56qu'on évoquait
34:56et donc se dire
34:58que peut-être
34:59que le lycée unique
35:00de demain
35:00c'est un lycée professionnel
35:02avec des possibilités
35:04d'enseignement généraux
35:05intéressant
35:06on s'arrêtera sur cette idée
35:07merci
35:07merci beaucoup
35:08à tous les quatre
35:09d'avoir participé
35:09à cet échange
35:10merci à vous de nous avoir suivis
35:11comme chaque semaine
35:12émission à retrouver
35:13et documentaire
35:14à retrouver en replay
35:14sur notre plateforme
35:15publicsena.fr
35:16à très vite
35:16merci beaucoup

Recommandations