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  • il y a 3 heures
100% Sénat diffuse et décrypte les moments forts de l'examen des textes dans l'Hémicycle, ainsi que des auditions d'experts et de personnalités politiques entendues par les commissions du Sénat. Année de Production :

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Transcription
00:10Bonjour à toutes et à tous, c'est 100% Sénat. C'est un exercice traditionnel.
00:14Chaque année, avant de travailler le budget, le Sénat auditionne des économistes.
00:19L'objectif ? Recueillir leurs avis sur les perspectives de l'économie française
00:24et la situation des finances publiques, des échanges qui vont permettre d'éclairer le travail des parlementaires.
00:31Bonjour à tous. Merci M. le Président, Mme la rapporteure, Mesdames, Messieurs les sénateurs.
00:36Je vous remercie sincèrement pour votre invitation aujourd'hui.
00:39Je vais tenter de ne pas être un oiseau de malheur, parce que l'objectif n'est pas de noircir
00:43le tableau,
00:44mais je serai peut-être le plus pessimiste des trois panélistes.
00:47Mon objectif est de vous faire prendre conscience, me semble-t-il, d'une forme de gravité de la situation
00:52et surtout, parce que c'est peut-être ça le plus grave, c'est qu'à politique inchangée,
00:57en l'absence de réforme, notre trajectoire est non soutenable.
01:01En tout cas, nous allons vers un scénario qui ne va pas être drôle si nous ne faisons rien.
01:06C'est un petit peu ce que je vais essayer de vous montrer aujourd'hui.
01:08Quelques constats très rapides à vous partager tout d'abord.
01:11Le premier sur la croissance.
01:12On est quand même un cas très particulier en Europe,
01:16où peu importe la manière dont vous mesurez la croissance du PIB,
01:19que ce soit en glissement semestriel ou annuel,
01:22on est en queue de peloton de la zone euro,
01:24malgré un déficit au passage public très important.
01:28Ce qui interroge sur l'ampleur des multiplicateurs budgétaires, j'y reviendrai,
01:31on a souvent peur que la consolidation budgétaire tue la croissance,
01:35mais j'ai envie de vous dire qu'on n'en a pas fait, on a moins de croissance que
01:37les autres.
01:38Donc ça interroge quand même sur, au fond, ne faut-il pas aller plus vite sur la consolidation,
01:42même s'il y aura un peu des effets négatifs à court terme,
01:44mais au moins le gros sera fait.
01:46En tout cas, j'essaierai de vous défendre cette thèse-là.
01:50Et le décrochage français, il ne s'observe pas que sur la croissance.
01:53On le voit également aussi sur le marché du travail.
01:55Il y a une singularité française qui fait qu'on a des ménages, d'ailleurs,
01:58dont le moral, quand on le mesure dans les enquêtes de conjoncture,
02:02est plus bas que dans le reste de la zone euro,
02:04où on a un taux de chômage qui remonte,
02:06ce qui est une anomalie par rapport au reste de la zone euro,
02:08qui a un taux de chômage quasi plus bas historique et qui ne réaugmente pas.
02:13Alors, on a un effet apprentissage, mais pas que.
02:15On a une vraie dégradation sur le marché du travail qu'on n'observe pas ailleurs.
02:18Et ça, c'est quelque chose de tout à fait inédit.
02:22Et au passage, on n'a jamais connu un taux de chômage en écart à la zone euro aussi élevé.
02:27On a quasiment, aujourd'hui, deux points de différence.
02:29C'est là aussi quelque chose qui n'a jamais été vu depuis la création de la zone euro.
02:34Un élément plus prospectif sur les taux d'intérêt.
02:37On est assez inquiet, je crois qu'on partage l'analyse avec l'IFE,
02:41sur le fait que l'augmentation des taux d'intérêt qu'on voit,
02:44donc les taux souverains à 10 ans, vont contaminer le crédit.
02:47Les banques vont devoir répercuter la hausse des taux souverains
02:49dans les crédits accordés aux ménages et aux entreprises.
02:52Ça, c'est très négatif pour l'investissement.
02:54Donc, il faut avoir en tête qu'on a devant nous, pour un an,
02:57des augmentations qui vont se propager
02:59et qui vont pénaliser les coûts de financement de l'économie.
03:01Et ça, dans les modèles macroéconomiques, peu importe ce que vous utilisez,
03:05ça a un impact objectivement très négatif.
03:08Et donc, quand on voit les prévisions du gouvernement,
03:10notamment, qui justifient 1% de croissance l'an prochain
03:13par un rebond de l'investissement des entreprises et des ménages,
03:15on est assez sceptiques.
03:17Je vous le dis, on est très sceptiques.
03:19Et donc, ça, il faut avoir en tête.
03:20Alors, certes, le gouvernement, quand ils ont fait tourner leurs prévisions,
03:23les taux d'intérêt n'étaient pas au niveau où ils sont aujourd'hui.
03:25Nous-mêmes, quand on a publié notre 0,7% de croissance pour l'an prochain,
03:28on avait des taux en prévision un peu plus faibles que ce qu'on a là.
03:32Honnêtement, à quasiment 5% sur le taux à 10 ans,
03:35si on faisait retourner notre prévision aujourd'hui,
03:37on serait peut-être plus près de 0,5% comme l'a publié l'IFEU
03:40que de notre 0,7%.
03:42Ce qui montre bien quand même une dégradation assez forte de la situation.
03:47J'en profite pour dire,
03:48comme tout le monde s'intéresse beaucoup à l'investissement,
03:50et on sait que c'est une variable clé de la relance de long terme,
03:53nous allons publier des travaux très prochainement
03:55sur les taux de marge des entreprises françaises.
03:57Vous avez commis un rapport très récemment
03:59qui montrait bien qu'on avait un prélèvement sur les entreprises en France
04:02qui est net des aides plus élevées que partout ailleurs en Europe.
04:05On a des taux de marge aussi,
04:06on a une profitabilité des entreprises qui est plus faible qu'ailleurs.
04:08Peu importe la métrie que vous prenez,
04:10et ça on va le documenter,
04:12on a des entreprises qui sont beaucoup moins rentables que partout ailleurs.
04:14Alors c'est vrai quand on se compare à la zone euro,
04:16mais c'est vrai aussi quand on se compare à tous les grands pays de l'OCDE.
04:19Donc ça c'est un sujet,
04:20on ne pourra pas durablement demander aux entreprises d'investir
04:24si elles n'ont pas les capacités de le faire.
04:25Ça je vous le dis,
04:27il faut en avoir vraiment pleinement conscience.
04:30Un autre point très désagréable de la hausse des taux d'intérêt,
04:32et j'en viens aux finances publiques pour ne pas être trop long sur mon propos liminaire,
04:36c'est que ça va finir par contaminer le coût de notre dette,
04:39et notamment ce qu'on appelle l'effet boule de neige.
04:41Sur le graphique je vous représente,
04:42on a un cocktail assez explosif en France,
04:44on a très peu de croissance,
04:46et on a des taux qui s'emballent.
04:47Donc à la fin, évidemment pour l'instant le taux d'intérêt apparent
04:50que l'on paye sur notre dette, comme c'est sur le stock,
04:52réagit beaucoup plus lentement,
04:54mais aujourd'hui on échange des maturités,
04:56quand on parle d'un taux à 10 ans qu'on avait émis en 2016 quasiment 0%,
05:00on les refinance à 5.
05:02Donc ça, ça va peser très lourdement sur les charges d'intérêt.
05:05Et c'est le graphique que je vous projette ensuite,
05:07c'est quand on fait des trajectoires de charges d'intérêt rapportées au PIB,
05:12c'est honnêtement assez hors de contrôle.
05:14Enfin, on va avoir des charges d'intérêt qui vont être à un niveau historiquement élevé
05:18qu'on n'a jamais connu sous la Vème République.
05:20Il faut remonter à l'entre-deux-guerres pour retrouver des situations
05:22où on avait payé autant de charges d'intérêt,
05:24c'est-à-dire probablement autour de 4% du PIB en 2030.
05:28Ça va quand même grever le budget.
05:29Alors je sais que François est très attaché à la taxe inflationniste,
05:31et il y reviendra, mais même corrigé de ça,
05:33on est dans une situation où nos charges d'intérêt
05:36deviennent quand même un vrai sujet
05:38et vont contraindre nos marges budgétaires
05:40et les choix que nous allons devoir faire.
05:44Un mot également sur notre dette publique.
05:46La France n'est pas très fidèle en termes de finances publiques.
05:51On a divorcé à deux reprises.
05:52La première fois, c'est en 2008, on a divorcé de l'Allemagne,
05:54où on s'est considérablement éloigné de la trajectoire allemande
05:57en termes de trajectoire de la dette publique.
05:59Et plus récemment, et ça, c'est vraiment le drame,
06:01on s'est désolidarisé du reste de la zone euro,
06:03avec un taux d'endettement public qui est aujourd'hui plus élevé
06:06qu'au pic de 2020, là où nos autres partenaires,
06:09même les pays d'Europe du Sud,
06:11qu'on appelait souvent les pays du Club Med,
06:12ont fait des efforts considérables
06:13pour revenir à leur niveau de 2019.
06:15Donc là, on devient quand même une anomalie
06:17au sein de la zone euro.
06:19Alors on peut toujours contester les règles européennes,
06:20au passage, à la fois de règles de déficit et de dette,
06:22mais on ne peut pas le faire une fois qu'on est hors du champ,
06:25qu'on est le mauvais élève.
06:26Ça ne marche pas comme ça, on ne remet pas les règles.
06:28J'allais dire, on ne peut pas les discuter
06:30une fois qu'on ne les respecte absolument plus.
06:32En tout cas, on n'est pas crédible pour le faire aujourd'hui.
06:34Et on a un vrai sujet, me semble-t-il,
06:37parvenir à retrouver le contrôle
06:39de ce taux d'endettement public qui, aujourd'hui,
06:41je vous le dis sincèrement, est explosif.
06:44Notre dette publique est insoutenable
06:45en l'absence de réforme.
06:47Si on ne fait pas de réforme,
06:48le taux d'endettement public va continuer d'augmenter
06:50de 3 à 4 points de PIB par an,
06:52et ça se terminera très mal.
06:53Donc évidemment, les investisseurs croient qu'on va faire,
06:56qu'on pense qu'on va faire des réformes, je l'espère,
06:58mais sans réforme, on va dans le mur.
07:00Ça, il faut vraiment l'avoir en tête.
07:02Un point qui...
07:02Alors, qu'est-ce qui pourrait faire, au fond,
07:04que la tension s'apaise ?
07:05Évidemment que l'on ait un budget, pour commencer,
07:07et puis un budget qui permet de réduire le déficit public.
07:09Mais le graphique que je vous projette là,
07:12sur la composition de l'Assemblée nationale,
07:13il nous montre qu'on a une fragmentation,
07:16une polarisation, aujourd'hui, de nos instances.
07:20Ici, au Sénat, vous le savez aussi très bien,
07:22qui fait que c'est très difficile de trouver des consensus.
07:25Quel que soit le budget, quelle que soit la majorité,
07:26c'est très difficile.
07:27Et la réalité, c'est qu'il nous faudrait un budget
07:29pour rassurer les marchés.
07:30Les marchés vont regarder deux choses.
07:32Ils vont regarder l'atterrissage du déficit en 2026.
07:34Est-ce qu'on est bien à 5,4% du PIB
07:36ou est-ce qu'on est peut-être même un peu au-dessus ?
07:38Je n'en sais rien à ce stade, mais la question se pose.
07:40Où est-ce qu'on atterrira en 2027 ?
07:43Et est-ce que, malgré une nouvelle majorité,
07:45et malgré un nouveau locataire à l'Elysée,
07:46est-ce qu'on est en capacité de proposer
07:48une trajectoire crédible de rétablissement
07:50des finances publiques ?
07:52Et l'atterrissage du déficit de 2027,
07:54c'est ma slide suivante,
07:55n'augure rien de très optimiste.
07:57Quand vous regardez tous les scénarios,
07:59même si le projet de loi de finances
08:01était adopté en l'État,
08:02il ne ramènerait pas le déficit à 5% du PIB
08:04parce que la prévision de croissance du gouvernement
08:06est aujourd'hui hors de portée, quasiment inatteignable.
08:09Donc même avec le PLF tel qu'il est proposé,
08:11on aurait probablement un déficit
08:13quelque part autour de 5,2 ou 5,3% du PIB.
08:16Et si on n'a pas de budget
08:17ou un budget avec des compromis,
08:18à chaque fois, vous dégradez un peu plus le déficit.
08:20Donc il n'est pas impossible
08:21qu'on se rapproche des 6%.
08:22Ça, au bout d'un moment,
08:24les marchés vont finir par réagir.
08:26Alors c'est toujours pareil.
08:27C'est toujours plus soutenable qu'on le pense.
08:29Par contre, quand ça ne l'est plus,
08:30ça arrive très vite
08:31et on est pris tout de suite à la gorge.
08:32Il faut bien avoir en tête
08:33que les marchés réagissent
08:34de manière non progressive.
08:36C'est une fois que la confiance est perdue,
08:38elle l'est définitivement.
08:39Un mot très rapide sur...
08:41Je vous parle en toute indépendance
08:43et libre de toutes contraintes politiques
08:44qui sont les vôtres.
08:45On n'arrivera pas à réduire
08:47le déficit public
08:48si on ne s'attaque pas à la dépense publique.
08:50Et qu'est-ce qui fait notre écart
08:52à la moyenne de la zone euro ?
08:54C'est essentiellement
08:55les dépenses de protection sociale.
08:57Donc pour le dire autrement,
08:58en l'absence de réforme
08:59de notre modèle social,
09:00nous n'y arriverons pas.
09:02Ce n'est pas forcément
09:02une condition suffisante,
09:04mais c'est une condition nécessaire.
09:05Ça, tant qu'on n'adresse pas le sujet,
09:07me semble-t-il,
09:08on sera toujours
09:09dans des grandes difficultés
09:10à arriver à endiguer
09:13notre déficit public.
09:14Au passage,
09:15j'en profite pour vous dire
09:16que ce n'est pas les seules économies
09:17qu'il faut faire.
09:18On sent que les Français
09:18sont attachés à d'autres types
09:20d'économies.
09:21Parfois, sur des économies
09:22à petits montants,
09:23par exemple sur les dépenses
09:24de fonctionnement de l'État,
09:25on sait bien que ce n'est pas là-dessus
09:26qu'on fera les gros montants d'économies,
09:27mais ça peut faire partie
09:28de l'acceptation qu'il faut
09:29pour un effort plus important.
09:31Donc il faut, en quelque sorte,
09:32couper un peu partout
09:33pour parvenir à montrer
09:35que tout le monde contribue.
09:36Et je conclurai mon propos introductif
09:38avec une dernière slide,
09:39c'est vous dire
09:39qui achètera la dette française demain ?
09:41On a un vrai sujet
09:42puisque les banques centrales
09:43sont engagées dans un processus,
09:45il y a fortiori la Banque Centrale Européenne,
09:46dans une réduction
09:47de la taille de son bilan.
09:49On a de l'inflation,
09:49donc il n'y a pas de raison
09:50de maintenir un bilan très élevé.
09:52On a des investisseurs étrangers
09:54qui ont plutôt tendance
09:55à se retirer de la dette française.
09:58Ce n'est pas si sain, au passage,
09:59que les résidents,
10:00nos assureurs, nos banques,
10:02rachètent massivement
10:02la dette française
10:03parce qu'à la fin,
10:04c'est ce qui s'est passé en Italie.
10:05Si vous détenez votre propre dette,
10:06si vous avez un accident,
10:07vous contaminez aussi
10:08votre propre secteur financier.
10:09Donc ça, c'est assez dangereux.
10:10Il faut être prudent sur le fait
10:12qu'on puisse remplacer
10:13les non-résidents par des résidents.
10:15Les déclencheurs d'une crise
10:16peuvent être nombreux
10:17et les candidats ne manquent pas.
10:18Alors bien sûr,
10:19la France est trop grosse pour tomber.
10:21On ne fera pas faillite.
10:22Mais il y a un aléa moral dingue.
10:23Oui, la BCE finira par intervenir.
10:25À quel prix ?
10:26Elle nous demandera
10:26des réformes très dures.
10:28Et la réalité,
10:29c'est est-ce qu'on est capable
10:29de se réformer ?
10:31J'ai des doutes, sincèrement.
10:33Et le vrai sujet,
10:34c'est proposer une trajectoire crédible
10:37de rétablissement
10:37de nos finances publiques.
10:39En vous disant,
10:40les économistes ont très longtemps dit
10:41qu'il fallait faire des efforts progressifs,
10:43mais dans la durée.
10:44Un plan d'ajustement à 5-7 ans,
10:46je n'y crois pas.
10:47On n'a jamais su tenir
10:48une trajectoire pluriannuelle.
10:49Dès la première année,
10:50on est déjà en dehors des clous.
10:51Je pense qu'une nouvelle majorité
10:53doit proposer un plan dur,
10:55mais sur une période plus courte
10:56et qui permette aussi
10:57de donner du ciel bleu
10:58à la population
10:59à un horizon de temps
11:00un peu plus long.
11:01Quand vous êtes élu pour 5 ans,
11:02vous ne pouvez pas dire
11:03pendant 5 ans,
11:03on va se serrer la ceinture.
11:05Peut-être qu'un ajustement
11:06en 3-4 ans
11:07pour pouvoir dire
11:07à la fin de course,
11:09on aura un peu de ciel bleu
11:10et l'ajustement sera derrière nous.
11:12Ça, c'est ma conviction
11:13et je serai ravi d'en débattre
11:14si vous avez des questions.
11:15Je vous remercie.
11:18Merci à vous,
11:19M. Girole.
11:20Bonjour à tous.
11:22Bonjour, M. le Président,
11:25Mme la rapporteure
11:26et Mesdames et Messieurs les sénateurs.
11:28Merci beaucoup pour votre invitation.
11:30Je suis très honoré.
11:32Je vais faire un petit peu comme Anthony.
11:34On se rejoint
11:34sur un certain nombre des constats
11:36et puis il y a peut-être
11:36quelques petits points de désaccord.
11:39Ça ne vous étonnera pas sans doute.
11:42Entièrement d'accord avec Anthony
11:44sur le fait que les taux nominaux augmentent.
11:47Ils augmentent dans le monde entier.
11:48Il ne faut pas dire
11:50que c'est seulement français,
11:51mais il y a un sujet spécifiquement français.
11:53Le spread, notamment, augmente
11:54par rapport à nos partenaires européens.
11:56Mais comme l'a prévu Anthony,
11:58je tiens à dire que je n'avais pas prévu
12:00de partager ma présentation avec lui,
12:02mais il a deviné que j'allais parler
12:03du taux d'intérêt réel
12:04et de la taxe inflationniste.
12:06Donc, je ne vais pas y manquer.
12:08Alors, après la question,
12:09on va se mettre d'accord sur le fait
12:10qu'il faut un ajustement budgétaire.
12:12Mais je pense qu'un point de désaccord,
12:16peut-être, c'est qu'à mon avis,
12:16il va être très, très difficile à faire
12:18et dans l'ordre de grandeur
12:19dont on parle aujourd'hui.
12:21C'est-à-dire, on parle de l'ordre
12:22de 125 milliards d'euros.
12:23Et encore, c'est sans prendre en compte
12:26l'effet multiplicateur
12:28sur la croissance.
12:30Donc, pour obtenir 125 milliards d'euros,
12:32on le sait historiquement,
12:33il faut en général faire
12:34beaucoup plus d'efforts que ça,
12:35plutôt de l'ordre de 180,
12:37voire de 100 milliards.
12:38Donc, une inquiétude
12:39sur la faisabilité de ça
12:41et une inquiétude d'autant plus
12:43qu'à mon avis,
12:44on ne va pas pouvoir aller
12:46vers les solutions faciles.
12:47C'est-à-dire qu'on ne va ni pouvoir
12:49faire peser l'effort
12:50uniquement sur les ménages,
12:52ni uniquement sur les entreprises,
12:53ni uniquement sur les ultra-riches.
12:55Et donc, en fait,
12:57il y a vraiment un problème
12:58qui est qu'à mon avis,
12:59le débat politique aujourd'hui
13:01ne se rend pas compte,
13:03et je pense que c'est un point
13:03qu'on a d'accord avec Anthony,
13:05à quel point ça va être difficile
13:07dans les années qui viennent,
13:08dans tous les cas, en fait,
13:08quelle que soit la trajectoire.
13:10Moi, je vais prôner
13:10une stratégie plus prudente,
13:12une trajectoire moins rigoureuse,
13:15moins exigeante.
13:16Et pour autant,
13:17elle va être extrêmement difficile
13:19à réaliser, je pense.
13:20Donc, moi, je vais avoir tendance
13:22à dire, peut-être contrairement à Anthony,
13:23qu'il faut se tenir à l'effort
13:25qui nous est demandé
13:26par les règles européennes,
13:27et pas plus,
13:28parce que déjà, celui-là,
13:30on va avoir, à mon avis,
13:31beaucoup de mal à le tenir.
13:32Et d'ailleurs, historiquement,
13:33dans les dernières années,
13:35ce qu'on a pu observer,
13:35c'est qu'on avait effectivement
13:36du mal à le tenir.
13:37Et je pense que ça va être...
13:38On voit que la situation sociale
13:41se dégrade, notamment.
13:42Et donc, je pense que ça va être
13:43de plus en plus difficile
13:44de faire accepter les efforts
13:46qui sont effectivement nécessaires.
13:49Et donc, voilà.
13:50Donc, c'est les trois messages
13:51que j'ai repassés.
13:51Donc, évidemment, point d'accord
13:53sur les taux d'intérêt nominaux.
13:56Ils sont proches de 5% aujourd'hui.
13:58Ils se rapprochent même
14:00de ceux des Etats-Unis.
14:01Et quand on regarde les taux...
14:03Alors, les spreads souverains
14:05par rapport à nos partenaires européens,
14:07il y a un sujet spécifiquement français.
14:09Donc là, c'est le taux d'intérêt
14:10par rapport à l'Allemagne,
14:12qui est un petit peu plus
14:14de 150 points de base ce matin,
14:16supérieur au taux allemand,
14:20ce qui est unique en Europe.
14:23Alors, ce qu'on voit quand même,
14:24c'est qu'il y a une forme
14:25de covariation entre pays européens,
14:28ce qui laisse penser quand même
14:29un risque européen, en fait,
14:32sur la zone euro,
14:33qui viendrait de la France.
14:35Mais, à mon avis,
14:36on voit quand même
14:37une forme de corrélation.
14:39Donc, est-ce que les marchés
14:40commencent à douter, peut-être,
14:42de la viabilité de la zone euro ?
14:43En tout cas, c'est une forme
14:45d'inquiétude.
14:47Historiquement, le spread a augmenté
14:49dans les périodes d'instabilité,
14:51notamment d'instabilité politique,
14:53pas seulement d'instabilité économique.
14:55Et c'est vraiment
14:55ce qu'on a aujourd'hui,
14:57avec, en plus,
14:59des difficultés économiques
15:00qui montent.
15:01Et avec, comme l'a rappelé Anthony,
15:03alors lui, il en déduit
15:04que le multiplicateur
15:05n'est pas si élevé que ça,
15:06mais un point d'accord avec Anthony,
15:08c'est que, malgré le déficit
15:10considérable qu'on a,
15:11la croissance n'est pas au rendez-vous.
15:13Et donc, l'inquiétude que j'ai,
15:14c'est que, moi, je pense
15:15qu'en faisant de la consolidation budgétaire,
15:17on aura encore moins de croissance.
15:18Et donc, les difficultés économiques
15:20vont s'ajouter aux difficultés politiques
15:23et elles vont se renforcer mutuellement.
15:27Donc, une réelle inquiétude,
15:29pour le coup,
15:29c'est un point d'accord.
15:31Et puis, ce matin,
15:33aussi, le taux à 30 ans
15:34en France,
15:35et même au-dessus des États-Unis,
15:38donc on a de plus en plus de mal
15:39à emprunter à long terme.
15:41Ce qui laisse dire
15:42que les investisseurs pensent
15:43qu'il y a en réalité
15:45un problème France,
15:46y compris à long terme.
15:48Et là encore,
15:48c'est quand même une forme de nouveauté.
15:51Donc, la situation se dégrade.
15:52Il ne s'agit pas de nier les problèmes.
15:55Et pour autant,
15:56le problème,
15:57on entend beaucoup parler
15:58de points communs,
16:01de comparaisons avec la Grèce.
16:03L'énorme différence
16:04de la France avec la Grèce,
16:06c'est qu'en tout cas,
16:06si on en croit les statistiques
16:08de la Banque de France
16:08et de l'INSEE,
16:10la France est globalement
16:12à l'équilibre
16:12de son sol de courant.
16:14C'est-à-dire qu'elle n'a pas besoin
16:15de s'endetter à l'extérieur
16:16pour financer son train de vie.
16:19Donc, on dit souvent
16:19la France vit au-dessus de ses moyens.
16:21C'est peut-être un travers
16:22un peu français.
16:23On confond l'État,
16:24les administrations publiques
16:26avec la France
16:26comme s'il n'y avait que
16:27les administrations en France.
16:28Ce n'est pas vrai.
16:29Les agents privés épargnent,
16:31en fait,
16:31de manière assez considérable
16:33de telle sorte que la France,
16:35globalement,
16:35ne vit pas au-dessus de ses moyens.
16:37Et si on compare la Grèce,
16:38elle avait un sol de courant
16:39avant sa crise en 2010
16:42de l'ordre de 15% du PIB,
16:4315 points de PIB.
16:44La France,
16:45on est en dessous d'un point.
16:46Donc, vraiment,
16:46c'est très, très différent
16:47de ce point de vue-là.
16:48Et quand même,
16:49je veux avoir ce message
16:51un peu rassurant,
16:53en quelque sorte,
16:53même si je sais que certains
16:55peut-être s'inquiètent
16:56qu'on en viendrait
16:57à taxer l'épargne privée
16:59pour résorber
17:00le déficit public.
17:01Mais justement,
17:02ce que je veux dire,
17:03c'est qu'a priori,
17:04les investisseurs savent
17:05que cette épargne est là.
17:06Et donc, on n'a pas besoin
17:07de le faire
17:07pour rassurer les investisseurs.
17:10Donc, c'est quand même
17:11un point de différence,
17:12on va dire,
17:13avec la Grèce.
17:13Et historiquement,
17:14le FMI,
17:15à ma connaissance,
17:16n'est jamais intervenu
17:17dans un pays
17:17qui n'avait pas de solde,
17:19de difficulté,
17:20de financement extérieur.
17:22La France, aujourd'hui,
17:23encore une fois,
17:23elle n'a pas cette difficulté.
17:26Donc, voilà,
17:26un petit bémol.
17:28Ensuite, quelque chose
17:29dont on ne parle
17:30peut-être pas suffisamment,
17:31alors ça ne dépend pas
17:32complètement de nous,
17:33puisque, évidemment,
17:33ça se décide au niveau européen,
17:35mais c'est que la politique monétaire
17:37de la Banque centrale,
17:38étant donnée la croissance
17:39en Europe,
17:39qui est quand même
17:40assez à tonnes,
17:41et ce n'est pas le cas
17:42seulement en France,
17:43en fait,
17:43qui se compare aux États-Unis,
17:44notamment,
17:45on a quand même
17:45un certain nombre
17:46de difficultés économiques.
17:47Les prix de l'énergie
17:48sont beaucoup plus élevés
17:49qu'ailleurs,
17:50par exemple,
17:51et donc,
17:52c'est vrai qu'on a
17:53une augmentation des taux,
17:54comme si on faisait face
17:55à une inflation
17:56qui est tirée par la demande.
17:58Or, ce n'est pas évident,
17:59en fait,
17:59qu'en Europe,
18:00il y a vraiment
18:00un excès de demande,
18:01et même en France,
18:03comme je vous l'ai dit,
18:03il y a un déficit public,
18:04mais en réalité,
18:05il y a une épargne privée
18:06qui fait que la demande
18:07n'est pas à un niveau
18:08si excessif.
18:09L'inflation n'est pas non plus
18:10à un niveau...
18:11Enfin, l'inflation
18:11hors énergie, évidemment,
18:13n'est pas non plus
18:14à un niveau excessif.
18:15Donc, la hausse des taux,
18:16à mon avis,
18:17n'est pas complètement évidente,
18:18et je ne suis pas
18:18le seul à le dire.
18:20L'ancien membre
18:20de la directoire
18:21de la BCE
18:22le dit aussi,
18:23qu'on pourrait peut-être
18:24ralentir
18:26le resserrement quantitatif
18:27qui a lieu en même temps,
18:28c'est-à-dire qu'on remet...
18:30Enfin, lorsque les titres publics
18:32au bilan de la BCE
18:33arrivent à échéance,
18:34on ne les rachète pas.
18:37Alors,
18:38Anthony vous a
18:42divulgaché,
18:42en quelque sorte,
18:43que j'allais vous parler
18:44de la charge d'intérêt.
18:46Donc, on parle souvent
18:47de la charge d'intérêt
18:47en milliards d'euros,
18:49en disant qu'elle est
18:49de l'ordre de 68 milliards d'euros,
18:51aujourd'hui plus élevée
18:52que le budget
18:52de l'éducation nationale.
18:54Je pense que c'est une erreur
18:55de faire cette comparaison
18:56parce que ce qui compte,
18:58c'est ce qu'on apprend
18:59en première année d'économie,
19:00ce n'est pas un taux
19:00d'intérêt nominal sur la dette,
19:02c'est un taux d'intérêt réel
19:03sur la dette.
19:04C'est-à-dire qu'il faut déduire
19:07du coût de la dette,
19:08du coût nominal,
19:10l'érosion par l'inflation.
19:11Cette érosion par l'inflation,
19:13elle est assez consensuelle
19:14parmi les économistes.
19:15D'ailleurs, historiquement,
19:16on s'est souvent débarrassé
19:17de la dette via l'inflation.
19:18C'est pour ça que la Banque
19:19centrale européenne
19:20a un mandat qui est très clair.
19:22À la fin de la Seconde Guerre mondiale,
19:25on a diminué la dette
19:26en augmentant l'inflation.
19:27Et ça, c'est quelque chose
19:28qui n'apparaît pas
19:29ni dans la charge d'intérêt
19:30ni dans le chiffre du déficit.
19:32Or, le déficit,
19:33il est très fortement réduit
19:35par le fait qu'il y a
19:36une taxe invisible
19:37sur les créanciers
19:39qui est tout à fait considérable
19:40et que chacun,
19:41y compris la classe moyenne,
19:43est amené à payer.
19:44Je ne suis pas en train de vous dire
19:45que c'est quelque chose de bien,
19:46mais je suis en train de vous dire
19:47que c'est une recette
19:48qu'on n'enregistre pas
19:51et qui relativise peut-être
19:52un petit peu
19:53ces histoires de charges de la dette.
19:54C'est vrai aussi
19:55quand on l'exprime
19:56en pourcentage du PIB,
19:57ce qu'on fait très souvent.
19:59Et donc, ça nous fait dire
20:00qu'en réalité,
20:01la charge de la dette,
20:02elle est plus proche
20:03de 1% du PIB,
20:04ce qui, historiquement,
20:06n'est pas un niveau
20:08aussi élevé que ça.
20:09Alors, c'est vrai qu'elle va passer
20:10à 3 points de PIB
20:12dans l'année prochaine,
20:14ce qui est historique,
20:15comme l'a dit Anthony.
20:16Mais quand on la ramène,
20:18enfin, quand on prend en compte
20:19l'inflation,
20:19en partie, je veux dire,
20:21la hausse des taux nominaux
20:22est là pour compenser
20:23de l'inflation.
20:24Et ce qui compte,
20:25in fine,
20:26c'est le taux nominal
20:27moins l'inflation.
20:28Donc, si l'inflation
20:28est plus élevée,
20:29ça veut aussi dire
20:29qu'il y a une taxe invisible
20:31sur les créanciers
20:32qui n'est enregistrée nulle part.
20:34Donc, voilà.
20:35C'est peut-être un petit point
20:36de...
20:36Alors, quand même,
20:37un point d'inquiétude,
20:38c'est que l'effort budgétaire
20:40à faire est dans tous les cas
20:41considérable.
20:42Je ne suis pas en train
20:42de relativiser.
20:43Je ne suis pas en train
20:44de vous dire
20:44qu'il ne faut faire aucun effort.
20:45Je suis en train de vous dire
20:46qu'il ne faut pas le dramatiser
20:47parce qu'en dramatisant
20:48les efforts,
20:49c'est un petit peu ce qu'on fait
20:50depuis plusieurs années peut-être,
20:52on a peut-être tendance
20:52à se fixer des objectifs
20:54trop ambitieux
20:55qu'on n'arrive pas
20:57à réaliser.
20:57Il faut vraiment se demander
20:59quel est vraiment le problème
21:00et est-ce qu'on va y arriver,
21:01à mon avis ?
21:02Donc, l'OFCE,
21:03l'IFE,
21:05aujourd'hui,
21:05prévoit que le déficit,
21:07notamment,
21:07sera beaucoup plus important
21:08parce que la consolidation budgétaire,
21:10comme on le sait,
21:11amène à une diminution
21:12de la croissance.
21:13Notre prévision de croissance
21:14est inférieure,
21:15effectivement,
21:16à celle du consensus.
21:18Elle est plutôt proche
21:18de 0,5
21:19plutôt que 0,7.
21:20Donc, on anticipe
21:21que la cible de déficit
21:22ne sera pas atteinte
21:23en réalité.
21:25Dans tous les cas,
21:26125 milliards d'euros,
21:27c'est considérable,
21:28d'autant plus
21:28si on ne prend pas en compte
21:30les effets sur la croissance.
21:31C'est d'autant plus inquiétant
21:33que, comme l'a dit Anthony,
21:34en fait,
21:34la performance économique
21:35de la France
21:36depuis, en gros,
21:36la crise de 2008
21:37n'est pas si bonne que ça.
21:39Si on se compare à l'Allemagne,
21:40elle n'est pas très bonne.
21:41Ce serait encore pire
21:42si on se comparait aux Etats-Unis.
21:43Même par rapport
21:44à la moyenne de la zone euro,
21:46en fait,
21:46la France est plutôt en retrait.
21:48Et puis, par ailleurs,
21:49il faut prendre en compte
21:50qu'il y a des différences
21:51méthodologiques,
21:51même dans la croissance,
21:52dans la mesure de la croissance,
21:54ce qui fait qu'en réalité,
21:55la croissance de la France
21:56est plus proche
21:57de celle de l'Italie.
21:58On est beaucoup plus proche
21:59que cette figure nous montre
22:00de l'Italie
22:02que de l'Allemagne,
22:03en réalité.
22:04Et donc, ça,
22:05c'est vraiment
22:06un point d'inquiétude.
22:08Et ensuite,
22:08l'Europe,
22:09dans son ensemble,
22:09comme vous le savez,
22:10est aussi dans une forme
22:11de décrochage.
22:12Donc, la France décroche
22:13au sein de la zone euro,
22:14mais par ailleurs,
22:15l'Europe dans le monde
22:16a vraiment des soucis
22:18dans les nouvelles technologies,
22:21dans les technologies
22:22qui, historiquement,
22:23faisaient la force de l'Europe.
22:24Donc, je pense à l'automobile,
22:26et puis aujourd'hui,
22:27dans les nouvelles technologies,
22:28dans l'IA,
22:28il ne faut pas oublier
22:29qu'évidemment,
22:30la France est en Europe
22:31et que l'Europe elle-même
22:34décline.
22:34Donc, pourquoi je pense
22:35que ça va être particulièrement
22:37difficile de faire
22:37cet effort budgétaire ?
22:38D'abord,
22:39parce qu'en réalité,
22:42les salaires
22:44sont en baisse
22:45quand on les mesure
22:45à structure constante,
22:47c'est-à-dire en prenant
22:47un poste,
22:48en comparant vraiment
22:49quelqu'un
22:50avec la même ancienneté,
22:51même promotion,
22:52qu'on les regarde
22:52sur le long terme
22:53et qu'on les déflatte,
22:54non pas par l'indice
22:55des prix à la consommation
22:56qu'on utilise en France,
22:57qui permet de faire
22:58des mesures en euro constant,
22:59mais l'indice qui est publié
23:01au niveau européen,
23:02que l'INSEE doit calculer
23:04pour Eurostat,
23:05l'IPCH,
23:06en fait,
23:07on a déjà des pertes
23:08de pouvoir d'achat
23:09du salaire,
23:10et ceci depuis
23:11environ 30 ans.
23:12Donc, en fait,
23:13dans ce contexte-là,
23:14ça va être très difficile
23:15de faire accepter aux gens
23:18une baisse de salaire supplémentaire
23:19dans la fonction publique.
23:20On sait que le gel
23:21du point d'indice
23:22est important depuis longtemps.
23:23Alors, en partie,
23:24les primes compensent,
23:25mais en partie seulement.
23:28Ensuite,
23:29le salaire de base,
23:30alors si on prend
23:30depuis 10 ans,
23:31en gros,
23:32de la même façon,
23:33si on mesure,
23:34si on le déflatte
23:34avec l'IPCH
23:35et non pas avec l'IPC,
23:36donc on mesure
23:37en euro constant
23:38à partir de cet indice
23:39qui est calculé
23:40par Eurostat
23:40et qui prend en compte
23:41les déremboursements
23:43dans la santé,
23:44pour dire vite,
23:45eh bien,
23:46on a de même une baisse
23:47en gros sur 10 ans.
23:48Ensuite,
23:49est-ce qu'on va pouvoir
23:50prendre aux entreprises
23:52tant que ça ?
23:53On parle beaucoup,
23:53c'est vrai,
23:54des aides aux entreprises.
23:55On a beaucoup parlé,
23:56en particulier,
23:57dans cette enceinte,
23:58mais c'est vrai
24:00que les entreprises
24:01ont aussi des difficultés.
24:02Anthony a rappelé
24:03que les taux de marge
24:04sont faibles.
24:05Alors, il y a la question
24:05de savoir si on peut
24:06vraiment les comparer,
24:07notamment à l'Allemagne,
24:08au niveau européen,
24:09mais c'est vrai
24:09qu'on ne peut pas dire
24:10que les entreprises
24:11soient extrêmement profitables
24:12dans tous les cas.
24:13Et ce qu'on observe
24:14empiriquement,
24:14c'est une hausse
24:15des défaillances d'entreprises,
24:17c'est des difficultés
24:18dans tout un tas de secteurs.
24:19Et donc,
24:20dire aujourd'hui,
24:20on va faire une augmentation
24:23de la fiscalité massive
24:24sur les entreprises,
24:25ça me paraît difficile,
24:26d'autant plus
24:27que les prix de l'énergie
24:28sont beaucoup plus élevés
24:29pour ces entreprises
24:30et toutes les entreprises
24:32consomment de l'énergie.
24:33Alors,
24:33plus ou moins à forte,
24:35avec une quantité
24:36plus ou moins forte,
24:37mais le gaz naturel,
24:39notamment,
24:39aujourd'hui,
24:39est vraiment
24:40beaucoup plus cher
24:41qu'aux Etats-Unis.
24:42Et c'est un sujet
24:42de compétitivité.
24:44On a des industries chimiques
24:45qui se délocalisent
24:46pour bénéficier
24:47d'un prix de l'énergie
24:48plus bas.
24:50Et donc,
24:50dans ce contexte-là,
24:51c'est sûr que rajouter,
24:53diminuer encore plus
24:54la compétitivité
24:55de ces entreprises,
24:55je pense,
24:56ça va être difficile.
24:57Et puis,
24:57par ailleurs,
24:58on parle beaucoup
24:59de faire payer
25:00les plus riches,
25:01même dans le cas,
25:02on va dire,
25:02le plus optimiste.
25:03Donc,
25:03l'ISF,
25:04on va dire,
25:05c'était de l'ordre
25:05de 5 milliards d'euros.
25:07Si on dit
25:08que la taxe Zuckman,
25:10on prend une estimation
25:11optimiste
25:11de l'ordre de 20 milliards
25:12d'euros
25:12qui est disputée
25:14par les économistes,
25:15est-ce que ce ne serait pas
25:15plutôt 10 milliards
25:16voire 5 milliards ?
25:18Moi,
25:18je serais plutôt
25:19de ce point de vue-là,
25:20effectivement.
25:21Et par ailleurs,
25:23avec quand même
25:23une fiscalité
25:24qui,
25:24il faut le dire,
25:25est plus élevée
25:26en France,
25:27y compris que dans
25:27nos partenaires européens
25:29et je ne parle même pas
25:30des Etats-Unis.
25:31Donc,
25:31je pense que dans ce contexte-là,
25:33on ne va pas avoir
25:33de solution facile.
25:35Faire réussir
25:36à faire payer les salariés,
25:38ça va être difficile.
25:39Alors,
25:39je ne parle pas
25:40des retraités,
25:41je sais qu'on en parle beaucoup,
25:43en particulier les économistes,
25:44mais j'aurais pu vous montrer
25:46les chiffres des retraités.
25:47En réalité,
25:48les retraites sont aussi en baisse.
25:49Le pouvoir d'achat
25:50des retraités
25:51est aussi en baisse
25:52quand on prend en compte
25:52l'indice IPCH.
25:54Et c'est pour ça
25:55qu'ils ont du mal
25:56à accepter le fait
25:57qu'on rogne encore
25:58leur pension.
25:59Ils se rappellent
26:00du fait qu'il y a eu
26:00des désindexations
26:01dans le passé,
26:02qu'il y a eu la hausse
26:03de la CSG
26:04pour une partie d'entre eux,
26:05etc.
26:06Donc,
26:06en réalité,
26:07c'est l'ensemble
26:08des salariés,
26:09des retraités,
26:09etc.,
26:10qui voient des pertes
26:12de pouvoir d'achat.
26:13Et dans ce contexte,
26:14ça va être difficile
26:14de demander des efforts.
26:16Et pour finir,
26:18le taux marginal
26:19effectif de prélèvement
26:20tel qu'il est mesuré
26:21par l'INSEE
26:23est déjà très important.
26:24C'est-à-dire
26:25que les salaires élevés
26:27sont déjà assez imposés.
26:29Le système français
26:30est déjà très redistributif.
26:34Et par ailleurs,
26:35ces chiffres sont relativement
26:36prudents,
26:37c'est-à-dire qu'ils ne
26:38prennent pas en compte
26:38tout un tas de dispositifs
26:40de redistribution locales
26:41qui existent,
26:42alors qu'ils sont plus ou moins
26:43généreux suivant
26:46les villes.
26:46Mais à Paris,
26:47par exemple,
26:48ils se superposent
26:49à ce dispositif national,
26:54des dispositifs
26:55qui sont également
26:56redistributifs.
26:57dans ce contexte,
26:58à mon avis,
26:59on ne va pas pouvoir
26:59en rester à
27:00on va faire payer
27:01les riches.
27:03Donc, quand même,
27:04pour finir sur une note
27:05un peu positive
27:05et des propositions,
27:06on va dire,
27:07un peu constructives,
27:09moi, ce qui me frappe,
27:10c'est qu'il y a
27:11un certain nombre
27:11de secteurs
27:11dans lesquels
27:12on peut s'interroger
27:13quand même
27:13sur la fichesté
27:14de la dépense publique.
27:16dont je vais vous en citer
27:17deux.
27:18Je vais essayer
27:18de ne pas aller
27:19dans la facilité,
27:20c'est-à-dire de vous dire
27:21des choses qui,
27:21quand même,
27:22ne sont pas forcément
27:23consensuelles,
27:24en particulier parmi
27:24nos concitoyens.
27:26Mais sur la rénovation
27:27énergétique,
27:27par exemple,
27:28il me frappe
27:28qu'on rénove aujourd'hui
27:29des logements
27:30à coûts très élevés,
27:32soit d'argent public,
27:34mais soit d'argent privé aussi,
27:35c'est-à-dire en mettant
27:36des obligations de rénovation
27:37avec des interdictions
27:38de location,
27:39sur des logements
27:40qui sont chauffés
27:41à l'électricité
27:41pour lesquels
27:42les gains en termes
27:44de gaz à effet de serre
27:45ne sont pas du tout évidents.
27:47Et donc ça,
27:47à mon avis,
27:47il faudrait vraiment
27:48revenir sur ça.
27:49Vraiment,
27:49ce n'est vraiment pas
27:50le moment de perdre de l'argent,
27:52de faire perdre de l'argent
27:53aux Français.
27:54Donc moi,
27:54j'ai tendance à dire
27:56qu'il faut qu'on arrête
27:57ce genre de choses.
27:58Ensuite,
27:58sur l'apprentissage,
27:59il y a une question,
28:00est-ce qu'il ne faudrait pas
28:01recentrer ces aides ?
28:02Alors là,
28:02peut-être qu'Anthony
28:02ne sera pas d'accord,
28:03mais aujourd'hui,
28:04qui sont captés
28:05en partie par le supérieur,
28:06est-ce que c'est le but
28:07de l'apprentissage,
28:08ce n'est pas vraiment
28:08dans l'industrie,
28:09etc.
28:10Ensuite,
28:10un impôt qui était
28:11un bon impôt,
28:13en tout cas,
28:13les économistes en général
28:14considèrent que c'est
28:15un bon impôt,
28:16c'est la taxe d'habitation.
28:17Aujourd'hui,
28:17il n'y a plus d'impôt local
28:18qui est acquitté
28:19par tout le monde.
28:20Alors c'est facile à dire,
28:22je ne suis pas homme politique,
28:24c'est beaucoup plus difficile
28:26de se présenter
28:27devant nos concitoyens
28:28et de leur dire
28:29qu'on va remettre
28:30un impôt tel que
28:31la taxe d'habitation,
28:32mais objectivement,
28:33c'était un bon impôt
28:34qui sera beaucoup plus difficile
28:35à rétablir
28:36qu'il ne l'a été
28:38à supprimer,
28:38évidemment.
28:40Et donc,
28:41pour finir,
28:42je dirais qu'il y a
28:43un effort qui est nécessaire.
28:44Je pense que tous
28:45les économistes
28:46en sont d'accord.
28:46J'aurais tendance à dire,
28:48peut-être en nuance
28:49avec Anthony,
28:50qu'il ne faut pas essayer
28:52d'aller au-delà
28:53des règles européennes
28:54parce que déjà,
28:54on va avoir beaucoup de mal,
28:55étant donné le tableau
28:57que je vous ai peint,
28:58et ne pas aller
29:00vers une forme
29:01de surenchère
29:01du type règles d'or
29:03parce que vraiment,
29:04on est très loin
29:05d'être capable
29:06de respecter
29:08une règle d'or
29:08aujourd'hui.
29:09Je pense que
29:13il va falloir dire
29:14aux Français
29:14que les temps
29:15vont être durs,
29:16dans tous les cas,
29:16à assumer un discours
29:17comme ça
29:18parce que personne
29:19va pouvoir
29:20le porter seul,
29:22ni les ménages modestes,
29:23ni les plus riches,
29:24ni les entreprises,
29:26ni rien,
29:26en fait.
29:27Et donc,
29:27voilà,
29:27essayer de trouver
29:28où la dépense
29:29est la moins efficace,
29:30là où c'est particulièrement clair.
29:32Donc,
29:32c'est vrai que sur le cas
29:33de la rénovation énergétique,
29:35il me semble qu'on dépense
29:36beaucoup d'argent,
29:37par exemple.
29:38Mais je pense que
29:39ça va être difficile
29:41dans le contexte actuel,
29:42avec les pertes
29:42de pouvoir d'achat,
29:43etc.,
29:44de restaurer le consentement
29:45à l'impôt,
29:46avec par ailleurs
29:47des concitoyens
29:47qui ont le sentiment
29:49que les services publics
29:49se dégradent,
29:50parce qu'objectivement,
29:51c'est vrai qu'aujourd'hui,
29:53les services publics
29:54se dégradent
29:54dans tout un taxe secteur.
29:55La fonction publique
29:56est paupérisée en partie.
29:57J'aurais envie de parler même
29:58d'être hors bilan,
30:00c'est-à-dire,
30:01en comparaison internationale,
30:02les enseignants en France
30:04sont beaucoup moins
30:04rémunérés qu'ailleurs.
30:06Est-ce que c'est vraiment
30:07tenable à long terme ?
30:08On a déjà fait beaucoup
30:09de baisses du point d'indice.
30:11Est-ce qu'on va pouvoir
30:11continuer à geler comme ça
30:13de la même manière ?
30:14Je pense que ça va être
30:14de plus en plus difficile
30:15et on va entrer dans le dur.
30:17Donc, vraiment,
30:18un motif d'inquiétude.
30:19J'essaye d'avoir un discours
30:20le plus neutre possible
30:22pour qu'après,
30:24vous puissiez vous en emparer,
30:25mais un discours quand même
30:27assez inquiet
30:29que je voulais avoir
30:30ce matin devant vous.
30:31Monsieur Gérald,
30:32j'étais intéressée
30:33par la page 19,
30:34mais j'aurais voulu
30:35que vous alliez
30:35un peu plus loin.
30:36C'est qu'est-ce que vous en tirez ?
30:37La page 19,
30:38c'est celle-là
30:39où vous avez parlé
30:40des aides sociales,
30:41aussi des collectivités.
30:42Qu'est-ce que vous en tirez
30:42après comme conclusion
30:44de politique publique ?
30:48Et toujours dans les points précis,
30:49là, cette fois-ci,
30:50c'est pour Règle et Côte,
30:52ce qui aurait été
30:52peut-être intéressant
30:53quand vous montrez
30:54les écarts de dépenses publiques
30:55en matière de politique sociale.
30:57Sur les mêmes politiques,
30:59il aurait été aussi
30:59intéressant de montrer
31:00l'écart de prélèvement,
31:01parce qu'on peut avoir
31:03plus de dépenses,
31:04mais si on a en même temps
31:04plus de prélèvements,
31:06il y a en quelque sorte
31:06un équilibre qui se fait.
31:09Ensuite,
31:10sur les questions
31:10d'ordre général,
31:12et notamment,
31:13vous avez certains évoqués
31:14les mécanismes
31:16plus ou moins coercitifs
31:17qui sont mis en place
31:19dans la zone euro
31:20pour vérifier
31:21les trajectoires,
31:22et là,
31:23je parle sous le contrôle
31:24de ma collègue
31:25Florence Blatrix,
31:26avec laquelle on travaille
31:28sur ces questions
31:29au niveau de la Commission
31:29des affaires européennes.
31:30Enfin, on observe, nous,
31:31que les règles
31:32qui ont été mises en place,
31:33là, dans les dernières
31:34modifications
31:36des documents budgétaires
31:38pluriannuels,
31:38finalement,
31:39elles sont assez souples,
31:40puisqu'on voit bien
31:40qu'aujourd'hui,
31:41on remplit complètement
31:42les critères
31:43de soutenabilité
31:45de la dette
31:46selon les règles européennes,
31:47et pour autant,
31:49vous nous avez tous dit
31:50qu'on a aujourd'hui
31:51une dette qui est difficile
31:52à maîtriser
31:53et sur laquelle
31:53il faudrait qu'on intervienne.
31:54Donc, est-ce que finalement,
31:55ces critères,
31:56ils ne sont pas trop souples
31:57ou en tout cas,
31:59mal calibrés ?
32:03Sinon, peut-être,
32:05sur la question aussi
32:06de la...
32:06Parce que vous avez
32:07finalement assez peu parlé,
32:08alors, Mme Kirchel,
32:09si,
32:09mais la question
32:10de la qualité de la dette,
32:11qui est une question
32:12qui traverse
32:13les mouvements économiques,
32:15et donc, Mme Kirchel,
32:16finalement,
32:17elle nous invite
32:17à changer
32:18un peu de contenu
32:19de la dette
32:20et aller financer
32:22finalement des investissements,
32:23ce que font les collectivités,
32:25qui aujourd'hui,
32:25par leur dette,
32:26ne financent pas
32:28du fonctionnement.
32:29Mais comment,
32:30et ça,
32:30c'est peut-être une question
32:31pour Mme Kirchel,
32:31comment est-ce qu'on peut
32:32changer de modèle,
32:34là,
32:35rapidement,
32:37pour répondre aussi
32:38aux injonctions
32:38qui ont été faites
32:39par les deux intervenants
32:41qui vous ont précédé,
32:42de soutenir,
32:44en fait,
32:44le volume.
32:46Voilà ce sur quoi
32:48je souhaitais vous entendre
32:50en complément.
32:50Merci.
32:51Je vais ouvrir
32:53les questions
32:53aux collègues.
32:54J'ai un certain nombre
32:55d'inscrits,
32:55donc je vous invite
32:56à synthétiser
32:58en deux minutes maximum
33:00vos interventions.
33:01Donc,
33:01vous faites tout de suite
33:02la parole
33:02à Jean-François Husson.
33:07Je vais essayer
33:08de tenir en deux minutes.
33:08d'abord,
33:10je n'ai jamais vu
33:13une telle convergence
33:14d'avis.
33:16J'ai dit l'autre jour,
33:17les Français ont le somme.
33:19Alors là,
33:19je vais dire,
33:20c'est la même chose,
33:21mais en pire,
33:22puisque quelle que soit
33:25la sensibilité
33:26qui est la vôtre,
33:27vous dressez,
33:28j'ai envie de dire,
33:29un réquisitoire
33:29assez sévère
33:30sur une période
33:33relativement longue
33:34et dans laquelle
33:34s'inscrit
33:35depuis 2017
33:36l'exécutif.
33:39Et je le dis ici,
33:41c'est assez douloureux
33:43pour nous
33:44de constater
33:45cette dérive
33:46des comptes publics
33:47qu'on avait
33:49par une mission
33:50d'information
33:50ici même au Sénat
33:52pointée
33:53parce qu'on a eu,
33:56comment dirais-je,
33:56une forme d'arrogance
33:58du gouvernement
33:59et des ministres
34:00en charge à l'époque
34:01et on s'aperçoit
34:02que malheureusement
34:03ce qu'on redoutait
34:05se passe.
34:06C'est pire encore.
34:09Vous l'avez dit,
34:10l'endettement,
34:10les comptes publics,
34:12donc c'est,
34:13comment dirais-je,
34:14il ne faut pas s'extraire,
34:15personne ne peut s'extraire,
34:17même nous qui avons
34:17fait des propositions,
34:18mais je pense
34:20qu'il faut regarder
34:21les choses
34:21et les Français aujourd'hui,
34:22pourquoi aussi
34:23ils expriment
34:23une certaine colère
34:24d'où qu'ils soient,
34:25y compris le monde économique,
34:27c'est parce qu'il n'y a
34:28plus de gouvernement,
34:29il n'y a plus de trajectoire,
34:31il n'y a plus de cadre,
34:32il n'y a plus d'effort,
34:34c'est chacun fait,
34:35comme dans la chanson,
34:36ce qui lui plaît.
34:36Et ça,
34:37je pense,
34:38et vous l'avez dit,
34:39j'ai entendu,
34:41alors on a
34:41un cocktail
34:44explosif
34:44pour la France,
34:45la dette publique
34:46est insoutenable
34:47en l'absence de réforme,
34:49vraiment,
34:50tout est
34:52particulièrement inquiétant.
34:53Deux sujets,
34:54oui, pardon,
34:55deux sujets,
34:56oui,
34:57voilà,
34:57je pense que
34:58pour une fois,
34:59on ne peut pas résumer,
35:00mais je vais poser
35:01deux questions complémentaires.
35:03Vous n'avez pas beaucoup
35:04abordé la question du travail
35:06et donc du temps de travail,
35:10je veux dire,
35:11du taux d'activité
35:13dont chacun s'accorde à dire
35:14qu'il faudrait,
35:15en bas de l'échelle,
35:17comme à la fin
35:18de la vie professionnelle,
35:19qu'il soit plus important,
35:21on comprend les bénéfices,
35:23deuxièmement,
35:23du coût du travail,
35:25et puis,
35:26puisqu'on a abordé
35:27un autre sujet
35:28qui est l'épargne,
35:30moi,
35:30je fais partie de ceux
35:31qui peut-être
35:33ont encore un espoir,
35:34d'abord,
35:34parce qu'il faut,
35:35s'il y a un fort taux d'épargne,
35:37les banques nous disent
35:38qu'il n'y a pas de sujet,
35:39pour moi,
35:39il y a un sujet,
35:40c'est comment on utilise mieux
35:42l'épargne des Français
35:43et voyez-vous une possibilité
35:45que ce soit à travers,
35:47j'avoue qu'il faut un contexte
35:48peut-être plus favorable,
35:49mais néanmoins,
35:51si les Français
35:51veulent participer au redressement,
35:54quelles sont les conditions
35:55qu'il faudrait remplir,
35:56soit pour les mobiliser
35:58à travers un grand emprunt
35:59bien ciblé,
36:01ou bien à travers
36:03une vague de privatisation,
36:04parce que,
36:05excusez-moi de vous dire,
36:06je n'ai toujours pas compris
36:06pourquoi on avait nationalisé
36:08EUDEF
36:08au moment où on fait
36:10un choix de souveraineté
36:12énergétique pour notre pays.
36:16Merci.
36:17Grégory Blanc,
36:17puis Florence Platrix,
36:18comptable.
36:20Oui, merci pour l'ensemble
36:22de ces exposés.
36:25Juste une pondération,
36:26une question.
36:27Le point de pondération,
36:28c'est que j'ai entendu
36:29notamment la nécessité
36:31de revoir notre modèle social,
36:33parce qu'on a une des dépenses
36:34sociales qui sont supérieures
36:36à d'autres pays européens.
36:39Bon, moi, je veux bien
36:40qu'on revoie le modèle social,
36:42et il y a sans doute
36:42des améliorations à opérer.
36:44Je rejoins ce que disait
36:45la rapporteure générale.
36:47On est quand même confronté
36:48à une réalité qui est celle
36:49du vieillissement de la population.
36:50en matière de modèle social,
36:52il faudra sans doute aussi
36:53qu'on réfléchisse
36:53à des protections
36:54par rapport aux enjeux climatiques.
36:57C'est-à-dire qu'on peut
36:58gagner en efficience
37:00dans les politiques publiques,
37:01dire ou faire croire
37:03qu'il faut qu'on diminue
37:05la dépense sociale,
37:06y compris en point de PIB.
37:07Je crois que c'est mentir.
37:08Je le dis parce que transférer
37:12ce qui est de la dépense publique
37:15vers de la dépense privée,
37:16ça ne fait pas une amélioration
37:18dans la gestion de la dépense.
37:20Retirer de la dépense publique
37:21pour transférer
37:22à des assureurs privés,
37:24ça n'améliore pas
37:25la gestion de la dépense.
37:27Or, il me semble que le sujet,
37:29c'est celui de l'efficience
37:30de nos politiques publiques.
37:33Je voulais dire cela,
37:35notamment quand on cherche
37:37à comparer les sujets
37:40avec d'autres pays.
37:41Bref, j'ai une question.
37:44Ma question,
37:45vous n'avez pas parlé,
37:46on a parlé de l'enjeu
37:47de la croissance
37:48et d'une croissance française
37:49qui est à tonne
37:49avec l'enjeu de l'investissement.
37:51Les trois propos
37:53étaient sur cela.
37:56On entend souvent
37:57le patronat évoquer
37:58l'enjeu de sous-capitalisation
37:59d'un certain nombre d'entreprises.
38:01Et on sait que
38:03s'il y a sous-capitalisation,
38:04à un moment donné,
38:05ça a des impacts,
38:05évidemment,
38:06sur l'investissement
38:07des entreprises.
38:08Je voudrais avoir
38:11des éléments de réponse
38:12parce que derrière,
38:13évidemment,
38:13il y a un enjeu
38:14d'orientation de l'épargne
38:17pour savoir,
38:18à un moment donné,
38:18comment on peut améliorer
38:20effectivement
38:21notre croissance
38:22de ce point de vue-là.
38:23?
38:26Merci.
38:27Florence Blatrix-Compta,
38:28puis Vanina Paoli-Gagin.
38:31Merci,
38:32M. le Président.
38:33Merci à tous
38:34pour vos présentations.
38:35Je partagerai avec
38:37Jean-François Husson
38:39le même constat
38:40de la situation
38:41dans laquelle nous sommes,
38:43des 10 ans
38:43qui nous ont conduits
38:44à cette situation
38:45et où la France
38:46a clairement divergé
38:48vis-à-vis de la zone euro
38:49dans laquelle la plupart
38:51des pays après le quoi
38:52qu'il en coûte
38:53a su réduire
38:56son endettement,
38:57ce qui n'a pas été
38:58notre cas.
38:59Je partage aussi
39:00le fait qu'il faille
39:02en partie,
39:03et je dis bien
39:04en partie,
39:05respecter nos engagements
39:06européens.
39:07Sur la question
39:08de la dépense publique
39:11primaire nette,
39:12on n'est pas très loin
39:13en réalité.
39:14Par contre,
39:14sur la question
39:15du déficit public,
39:17tenir les 3 %
39:18avec une dette
39:19qui augmente,
39:20ce sera sans doute
39:21plus difficile
39:22et ce sera un élément
39:23à négocier.
39:26Finalement,
39:26pour répondre
39:27à Mme Laverde,
39:27on entend bien
39:28ce que dit
39:30l'IFE au FCE,
39:32c'est-à-dire que
39:33d'un côté,
39:34il y aura
39:34des efforts à faire
39:36en recettes
39:37parce qu'elles seront
39:38indispensables,
39:39mais également
39:39en dépenses,
39:40mais surtout quand même
39:41que le pouvoir d'achat
39:42de nos concitoyens,
39:44que ce soit
39:44les ménages,
39:45les retraités,
39:47également les marges
39:48des entreprises,
39:48le pouvoir d'achat
39:49globalement s'est dégradé,
39:51donc on ne pourra pas
39:52avoir des mesures
39:53trop dures
39:54envers nos concitoyens
39:55et nos concitoyens
39:58en particulier
39:59les plus modestes.
40:01Concernant,
40:02enfin,
40:02vous avez indiqué
40:03que le décrochage
40:04était aussi européen
40:05et je pense
40:06qu'on a un sujet
40:07européen
40:08et français
40:09de réindustrialisation
40:10quand les États-Unis
40:12avec l'AERE
40:13ou la Chine
40:14avec leur système
40:15de subventionnement
40:17ont un système
40:18productif
40:19plus efficace.
40:20Je pense qu'il y a
40:21vraiment un enjeu
40:22européen
40:23pour réindustrialiser
40:24et que cela passera
40:26par la réindustrialisation
40:27pour retrouver
40:29de la croissance.
40:30Je suis assez d'accord
40:31avec vous
40:31sur des réformes
40:32en effet,
40:33sur la rénovation
40:36énergétique
40:36où parfois
40:37le subventionnement
40:39entraîne
40:39un surcoût
40:41d'ailleurs
40:42et
40:43je ne vais pas dire
40:44une surfacturation
40:45mais bon,
40:45passons.
40:47Et
40:47je peux le dire.
40:49Et ensuite,
40:50une question peut-être
40:51de réorganisation
40:52de l'État.
40:53On parle beaucoup
40:53de décentralisation
40:54et de doublon.
40:56Pensez-vous
40:56que ce puisse
40:56être une piste ?
40:58Et
40:59enfin,
41:00avec un taux d'épargne
41:01de 18 %,
41:02je souscris
41:03aux propos
41:04de M. Husson
41:05sur la question
41:06en effet,
41:07d'un emprunt.
41:07Je vous remercie.
41:11Merci.
41:13Vanina Paoli-Gagin
41:14puis Vincent Delahaye.
41:16Oui,
41:16merci Madame,
41:17Messieurs,
41:17pour vos présentations.
41:20Un constat
41:21et deux questions.
41:22Le constat,
41:22c'est le même,
41:23on n'est plus
41:23un pays de production
41:25en fait.
41:26Et
41:26dans l'espace européen,
41:28on n'est plus
41:28un espace non plus
41:29de production.
41:30Donc,
41:31il y a un moment
41:31quand on n'est
41:32que des espaces
41:32de consommation,
41:34il nous arrive
41:35ce qui nous arrive.
41:35ça,
41:36c'est la première remarque.
41:37La deuxième,
41:37je suis sidéré
41:38au regard
41:39de l'importance
41:40des retraites
41:41dans la dépense sociale
41:43que personne
41:44ne se souvienne
41:45qu'un certain monsieur
41:46qui s'appelait Jacques Rueff
41:47nous avait prévenu
41:48en fait.
41:49Il nous avait dit
41:50que le système
41:51par répartition
41:52était un système
41:54exceptionnel
41:54et qui n'était
41:55absolument pas tenable
41:57dans la durée.
41:58Et en fait,
41:59je ne comprends pas
42:00les responsables politiques
42:01qui se sont succédés,
42:02qui ont pu rêver
42:04qu'on ait un taux
42:05de croissance mini
42:06de 5 % par an
42:08sur un temps long
42:09et de ne pas avoir
42:10acté du fait
42:11qu'un système hybride
42:12seul pourrait nous sauver.
42:14Alors aujourd'hui,
42:14on est en train de payer,
42:15je pense,
42:16toutes ces additions.
42:17Je serais intéressée
42:18de savoir,
42:19puisqu'il faut quand même
42:20garder des pistes
42:21d'optimisme,
42:22si vous estimez
42:23que la commande publique
42:24qui représente
42:25quand même plus de
42:26400 milliards d'euros
42:27par an,
42:28Etat,
42:28collectivité,
42:29hôpitaux,
42:30etc.,
42:30tout confondu,
42:32n'est quand même
42:32pas un levier intéressant
42:34quand on n'a pas
42:35d'argent supplémentaire
42:36pour faire en sorte
42:36que quand même
42:37une plus grande partie
42:39de cet argent
42:41reste en Europe,
42:42voire dans notre pays.
42:43Est-ce que vous êtes
42:44capable d'avoir
42:46analysé structurellement
42:47en fait,
42:48au sein de cette commande
42:49publique,
42:50quels sont les euros
42:51qui restent
42:52sur le territoire national,
42:54quels sont les euros
42:55qui vont à l'Europe
42:56et quels sont les euros
42:57qui dégradent
42:59notre balance commerciale.
43:00Ça m'intéresserait
43:01beaucoup parce que
43:01ces chiffres,
43:02moi,
43:02je ne les trouve pas
43:03en fait.
43:05Et puis ensuite,
43:06ça a été dit
43:07un peu par mes collègues,
43:09ce qui me frappe
43:10moi quand même
43:11dans les comparaisons
43:12avec nos voisins,
43:14c'est que j'ai l'impression
43:15qu'en France,
43:16les frais de gestion
43:17et les coûts de transaction
43:18de la Maison France
43:19sont ceux qui nous plombent.
43:21Tout est sûr
43:22en chérie
43:23et c'est particulièrement vrai
43:25à chaque fois
43:25qu'on fait
43:26de la commande publique,
43:27qu'on voit bien
43:28que c'est 20
43:29à voir 33%
43:31plus cher
43:32que la commande privée
43:33et là,
43:33évidemment,
43:34il y a des foyers
43:34d'économie
43:35et de recirculation
43:38des données publiques
43:40qui sont intéressants
43:41et puis qui peuvent avoir
43:42un effet vertueux
43:43de relance
43:44de la machine
43:44productive aussi.
43:46Donc j'aimerais bien
43:46vous entendre
43:47sur ces sujets.
43:47Merci.
43:49Merci.
43:51Vincent Delahaye
43:52puis Raphaël Daubé.
43:59Merci,
44:00mesdames et messieurs
44:01pour votre présentation.
44:03Alors moi,
44:03j'avoue que
44:04j'étais surpris
44:05par M. Gérolf
44:08sur un certain nombre
44:09de points
44:09sur les objectifs
44:10ambitieux
44:11de redressement
44:11de nos comptes publics.
44:12vous dites
44:13qu'il ne faut pas
44:13avoir des objectifs
44:14trop ambitieux
44:15qu'on ne tient pas.
44:16Moi,
44:16j'aimerais savoir
44:17quand est-ce qu'on a eu
44:17des objectifs ambitieux.
44:20Et effectivement,
44:21à chaque fois
44:21que j'en ai vu
44:22un petit peu,
44:23c'était plutôt
44:23dans 5 ans.
44:24À chaque fois
44:25qu'on nous mettait
44:26un plan,
44:26c'était plutôt
44:27on va y aller mollo
44:28au début
44:28et puis dans 5 ans,
44:29vous verrez,
44:29on fera des gros efforts.
44:31Donc moi,
44:31pour l'instant,
44:31je ne les ai pas vus
44:32ces objectifs ambitieux.
44:33Et alors,
44:34quand vous parlez
44:34du point d'indice,
44:36le point d'indice,
44:36vous savez qui
44:37ça touche le plus ?
44:38Ce sont les élus.
44:40Ce sont les élus.
44:41Vous n'allez pas le dire,
44:42vous voyez.
44:43Mais les élus,
44:44nous, ça fait un moment
44:44qu'on a un point d'indice gelé
44:46et qu'on a des indemnités gelées.
44:48Ça ne se dit pas,
44:49on n'aime pas dire.
44:50Mais par contre,
44:52la masse salariale
44:52de l'État,
44:53elle,
44:53si vous aviez regardé
44:54la progression
44:55sur les dernières années
44:56avec l'avancement
44:57à l'ancienneté,
44:58les promotions,
45:01les revalorisations
45:01catégorielles,
45:02les recrutements,
45:04parce qu'en 2027,
45:05on va recruter
45:0512 000 personnes.
45:06Vous voyez,
45:06on est en super déficit
45:08et on dit
45:08on va recruter
45:0912 000 fonctionnaires.
45:10Donc à un moment donné,
45:11la masse salariale
45:12de l'État,
45:12elle progresse
45:12beaucoup plus vite
45:13que l'inflation.
45:14Donc c'est normal
45:14que tout ça,
45:15ça se dégrade.
45:16Et alors vous dites
45:16qu'il ne faut pas
45:17de règle d'or.
45:18Moi, j'ai malheureusement
45:19peur qu'on ait besoin
45:20d'une règle d'or
45:21constitutionnelle
45:21parce que sinon,
45:22les gouvernements successifs,
45:24moi j'en ai vu
45:24quand même
45:24un certain nombre passer,
45:26et quels que soient
45:27finalement les gouvernements,
45:28on s'aperçoit
45:29que les objectifs ambitieux
45:31de redressement
45:31de nos comptes publics
45:32ne sont pas là.
45:32Et alors pour Mme Kirchel,
45:34j'ai entendu
45:36que la demande baissait.
45:37C'est-à-dire que la demande
45:38pour les obligations françaises
45:39qui était à 3,
45:413,5 avant
45:42était maintenant à 2.
45:43Est-ce que vous pensez
45:44qu'à un moment donné,
45:45on pourrait avoir,
45:46parce qu'on va emprunter
45:47quand même 340 milliards
45:48en 2027,
45:49est-ce qu'il pourrait y avoir
45:50un défaut,
45:52qu'il pourrait y avoir
45:53une demande
45:54qui soit inférieure
45:54finalement
45:55à nos besoins.
45:59Merci Vincent Nolay.
46:01Raphaël Dobé,
46:02puis Pierre Barros.
46:04Merci M. le Président.
46:05Merci aux intervenants
46:06pour leur présentation
46:07extrêmement passionnante.
46:10Il me semble que pour nous,
46:11la priorité,
46:12c'est quand même
46:12d'essayer de construire
46:13un budget
46:14à peu près potable
46:16et d'avoir le discours
46:18qui va avec
46:19auprès de nos concitoyens.
46:21Vu les événements
46:23de ces derniers jours,
46:25il me semble
46:26qu'on peut être
46:26très inquiet
46:27quant à l'acceptabilité
46:29des mesures
46:30de redressement budgétaire
46:31qu'on pourrait prendre,
46:32l'acceptabilité démocratique.
46:34Est-ce que,
46:36selon vous,
46:38pour construire ce budget,
46:39on peut se caler
46:40sur une espèce
46:41de trajectoire
46:43qui permettrait
46:44de répartir l'effort
46:45entre 3 leviers,
46:46à savoir un tiers
46:47sur les recettes,
46:48un tiers sur les dépenses
46:50et un tiers
46:51sur la croissance.
46:52Est-ce que cette répartition
46:53vous paraît cohérente
46:56sachant qu'il y a
46:57les tenants
46:57d'un plan dur
46:58de redressement
46:59et ceux qui,
47:00au contraire,
47:02préfèrent essayer
47:02de stimuler la croissance ?
47:04Est-ce qu'on ne peut pas
47:05trouver un compromis
47:08ou est-ce que
47:09les contraintes françaises
47:11imposent une autre combinaison ?
47:13Comment on voyait les choses ?
47:14Et comment éviter,
47:15si on partait
47:16sur une construction
47:17comme celle-là,
47:17comment éviter
47:18que le levier
47:20de la croissance
47:20ne soit qu'une
47:23simple hypothèse
47:24destinée à équilibrer
47:27les prévisions,
47:28mais au contraire
47:29une réalité ?
47:30Un grand merci
47:31pour vos questions.
47:32J'étais en accord
47:32avec beaucoup de choses
47:33qui étaient dites.
47:34Je ne sais pas
47:35si je vais réussir
47:35à balayer,
47:36je vais essayer.
47:37D'abord,
47:38la question sur la démographie,
47:39ce n'est pas du tout...
47:40Au départ,
47:41pour ne rien vous cacher,
47:42j'avais une slide
47:43sur la démographie.
47:44C'était un des problèmes
47:45effectivement à long terme,
47:49notamment la viabilité
47:50du système d'entraide
47:50par répartition
47:51dépend largement
47:52des facteurs démographiques
47:54et à ce point de vue-là,
47:56l'image est encore plus noire
47:58que celle que j'ai dépeinte
47:59tout à l'heure
47:59puisqu'on a à la fois
48:01un retournement démographique,
48:03c'est-à-dire un nombre
48:04de décès aujourd'hui
48:05qui est supérieur
48:05au nombre de naissances
48:08et d'ailleurs,
48:09il y a un effet
48:09du budgétaire tout simple.
48:11Dès qu'on enlève
48:13les allocations familiales
48:14ou quand il y a des problèmes
48:15pour les gens
48:15pour se loger.
48:17En fait,
48:18les choses se tiennent.
48:19Les problèmes
48:20de pouvoir d'achat,
48:21ça amène finalement aussi
48:23potentiellement
48:23à des problèmes démographiques.
48:25Donc voilà,
48:26ce n'était pas du tout
48:27pour dire que ce n'était pas important.
48:28Au contraire,
48:29c'est même,
48:29à mon avis,
48:30assez central.
48:33D'ailleurs,
48:34sur la comptabilité
48:35raisonnable,
48:36trop comptable,
48:36je suis entièrement d'accord
48:37avec Anne-Laure Quichel.
48:39J'ai peut-être tenu
48:40un raisonnement
48:41peut-être pas assez
48:43keynésien.
48:43Finalement,
48:44j'ai été influencé
48:44par mon prédécesseur.
48:47Je suis entièrement d'accord.
48:48Ce qui compte,
48:49c'est la croissance.
48:51Et moi,
48:52j'ai tendance à dire,
48:53là,
48:53je ne suis pas d'accord
48:54avec mon voisin.
48:55C'est que si on se pose
48:57d'abord la question comptable,
48:58c'est le meilleur moyen
48:59de ne pas remplir
49:00ses objectifs comptables.
49:02Et donc,
49:03effectivement,
49:03avoir une vision.
49:04Alors après,
49:05le problème,
49:06c'est que c'est facile à dire,
49:08mais après,
49:08je comprends très bien
49:09pourquoi le législateur
49:10aussi se fixe
49:11des objectifs comptables.
49:11c'est que c'est facile à mesurer,
49:13que tout le monde
49:14en est plus ou moins d'accord
49:15quand on fait un chiffrage
49:16d'une mesure budgétaire,
49:17même si on devrait prendre
49:18les effets de rétroaction.
49:20Et ça,
49:20la plupart du temps,
49:21on ne le fait pas.
49:21Il y a beaucoup plus
49:22de débats entre les économies
49:24sur l'ampleur
49:25de ces rétroactions,
49:26puisqu'on n'est même
49:26pas d'accord sur le signe.
49:28Donc,
49:28effectivement,
49:30il y a une tendance
49:31à vouloir,
49:33pour contrôler,
49:34pour avoir une illusion
49:35de contrôle,
49:36on s'intéresse plutôt
49:37à ce qu'on peut mesurer.
49:38Et ça,
49:38c'est une grande erreur,
49:39en fait,
49:40et qui est un peu
49:41une erreur
49:42des techniciens
49:43dont vous parliez
49:45tout à l'heure.
49:46Et je plaide coupable,
49:47c'est vrai que
49:48quand on est économiste,
49:49qu'on regarde ces chiffres,
49:50on a tendance après
49:51à avoir un peu
49:51le nez dans le guidon
49:53et ne pas relever la tête
49:54et se dire,
49:55en fait,
49:56ce qui compte quand même,
49:57c'est les grands choix,
49:58les grandes masses.
49:58Et ça,
49:59ça dépasse largement
50:00les discussions
50:01qu'on peut avoir,
50:02même entre économistes
50:03et les débats
50:04qu'on peut avoir.
50:05Et donc,
50:06et je rejoins entièrement
50:07aussi investissement
50:09versus fonctionnement.
50:10Attention,
50:11vous dites que
50:12les collectivités,
50:13à raison,
50:13ont une forme
50:14de règle d'or,
50:15ne peuvent pas s'endetter
50:16autrement que pour l'investissement.
50:17Mais est-ce que ça aboutit
50:18pas à une mauvaise allocation
50:20de la dépense publique
50:21parce que finalement,
50:22les dépenses d'éducation,
50:24c'est au moins aussi utile
50:25qu'une rénovation
50:27d'une salle des fêtes
50:28ou etc.
50:29Donc,
50:29il faut faire un petit peu
50:30attention à ça
50:31et les catégories comptables
50:32qu'on utilise,
50:33après,
50:33ont des effets réels
50:34sur les décisions
50:35qui sont prises
50:35et qui ne sont pas
50:36forcément optimales.
50:37Donc,
50:37quand on se lit les mains,
50:39après,
50:39on peut le regretter.
50:40Sur la commande publique,
50:41entièrement d'accord,
50:42c'est un levier
50:44absolument considérable
50:44mais qui est plus difficile
50:45à actionner
50:46dans un contexte
50:47d'une union,
50:48d'une union économique
50:50et d'une union douanière.
50:52Au niveau de l'Union européenne,
50:53on n'a pas le droit
50:54de flécher
50:56spécifiquement
50:56vers des entreprises françaises
50:58et la plupart
50:59de nos partenaires européens
51:00jusqu'ici
51:01s'opposent
51:01à des contenus
51:04uniquement européens,
51:05de peur de rétorsion commerciale,
51:07notamment de la Chine
51:08ou d'autres pays
51:09avec lesquels
51:09nous commerçons
51:10qui considèreraient ça
51:11comme une forme
51:12de distorsion de concurrence.
51:13Donc,
51:13ce n'est pas évident.
51:14Et au niveau de la zone euro,
51:16la France,
51:16c'est spécifique.
51:17J'ai dit tout à l'heure
51:17qu'elle n'avait pas
51:18un énorme déficit commercial.
51:19Elle en a quand même un.
51:21La plupart de nos partenaires
51:22n'en ont pas.
51:23Donc,
51:23en fait,
51:23ils ont beaucoup plus
51:24à perdre que nous
51:25dans une guerre commerciale
51:26contre la Chine
51:27ou contre d'autres pays.
51:28Alors,
51:29l'Allemagne est en train
51:30de bouger,
51:31notamment sur la Chine,
51:32mais c'est quand même
51:33une inquiétude.
51:34Ils sont moins protectionnistes,
51:36moins dirigistes que nous.
51:37Donc,
51:37ce n'est pas évident
51:38qu'ils vont être d'accord,
51:39même si moi,
51:41personnellement,
51:42je dois dire
51:43que je suis entièrement d'accord
51:44avec ce genre de proposition.
51:46Ensuite,
51:47alors,
51:47excellente question
51:50de Alexandre Wisy
51:51sur OK,
51:52vous nous avez montré
51:52que le pouvoir d'achat
51:53baisse globalement
51:54et maintenant,
51:55comment ça se distribue
51:56par des cils ?
51:57J'ai une mauvaise nouvelle,
51:58c'est que je n'ai pas,
51:59si je suis honnête,
52:00je n'ai pas la réponse
52:00à cette question.
52:01C'est quelque chose
52:02d'extrêmement difficile à faire.
52:03La chose sur laquelle
52:04on a le plus d'incertitudes,
52:05c'est l'inflation
52:07par catégorie,
52:08en fait,
52:08et il y a des différences
52:10assez considérables.
52:11J'avais écrit une note
52:11fin 2023
52:14sur le fait
52:14que les plus pauvres
52:16avaient une inflation
52:17plus importante
52:18que les plus riches
52:19dû au fait
52:20que les produits énergétiques
52:21sont une part
52:22plus importante,
52:23évidemment,
52:25de la valeur ajoutée
52:26lorsque vous achetez
52:28des choses
52:29dont le prix est plus bas.
52:30Et l'INSEE
52:31a confirmé
52:32cette intuition
52:33en quantifiant
52:34pour la première fois,
52:35mais malheureusement,
52:36ils ne l'ont pas
52:36en production
52:37chaque année.
52:37donc on n'a pas
52:38les chiffres
52:39d'inflation
52:40par catégorie.
52:41C'est un travail
52:42qui est absolument considérable
52:43et qu'aujourd'hui,
52:44la statistique publique
52:45qui a des moyens
52:46de plus en plus déclinants
52:47et de moins en moins
52:49capables
52:49de lancer
52:50des nouveaux chantiers.
52:51Donc il faut dire
52:53qu'il y a beaucoup
52:53de choses
52:54qu'on ne sait pas.
52:55Et même chose
52:56quand je vous dis
52:56que les inégalités
52:58n'augmentent pas vraiment,
53:00c'est avec cette qualification-là
53:02que les indices de prise
53:04ne sont pas
53:09complètement satisfaisants
53:10de ce point de vue-là.
53:11Sur la modération salariale
53:12et la compétitivité,
53:15moi, c'est vrai que là,
53:16je vais tendance à dire
53:17d'être prudent.
53:17C'est quelque chose
53:18quand même qu'on fait
53:18depuis au moins 93,
53:21voire avant ça.
53:22En gros,
53:22depuis la politique
53:23des désinflations compétitives,
53:24le résultat,
53:25c'est que les salaires
53:25sont bas,
53:26que le travail
53:28ne paie plus,
53:29pour reprendre un slogan
53:30qui est très à la mode.
53:31D'ailleurs,
53:31c'est un petit peu
53:31sur tous les bancs.
53:35Donc,
53:35il faut faire attention
53:36parce que modération salariale,
53:37oui,
53:37c'est bien pour les entreprises.
53:38En théorie,
53:39parce qu'on ne les a pas vues
53:40reprendre les parts de marché
53:41en réalité,
53:42le résultat de la politique
53:43de l'offre,
53:44aujourd'hui,
53:45on ne le voit pas
53:45dans le déficit des biens,
53:46dans le déficit commercial.
53:48On parle beaucoup
53:48de réindustrialisation,
53:50mais en réalité,
53:50dans les chiffres,
53:51encore une fois,
53:52on ne la voit pas tellement,
53:53malgré toute la politique
53:54de neuf qu'on a menée.
53:56D'ailleurs,
53:56ça me permet de répondre
53:57sur François Hollande
53:59qui propose une TVA sociale
54:01aujourd'hui.
54:01En réalité,
54:02le CICE,
54:02c'était déjà une forme
54:03de TVA sociale.
54:04Si on regarde les choses,
54:05je sais qu'il a fait campagne
54:06contre Nicolas Sarkozy
54:07à l'époque
54:08en disant qu'il abrogerait
54:09la TVA sociale,
54:10mais en réalité,
54:11il a augmenté la TVA
54:11un tout petit peu plus
54:12et il a fait le CICE
54:14qui a été bien
54:15une baisse de charge
54:15sur les entreprises.
54:17En réalité,
54:18il y croit,
54:19je pense,
54:19depuis un moment
54:19et il pense que c'était
54:20une bonne chose
54:21et il propose juste
54:22de l'augmenter.
54:25Moi,
54:25je regarde les évaluations
54:26du CICE
54:26et c'est vrai que je me dis
54:27est-ce que ça a si bien marché
54:29que ça ?
54:29Là,
54:29on aura aussi peut-être
54:30un désaccord avec Anthony.
54:31Moi,
54:32je regarde les évaluations
54:32de France Stratégie
54:33et elles nous disent
54:34que ça n'a pas vraiment
54:36rétabli les marges
54:36des entreprises.
54:37Ça ne leur a pas permis
54:38de gagner de part de marché.
54:41Donc,
54:41est-ce que ça aurait été pire ?
54:42J'imagine qu'il va nous dire ça
54:44que ça aurait été pire
54:44encore sans.
54:45C'est possible.
54:46Mais en tout cas,
54:46c'est difficile
54:47de trouver un effet positif.
54:48Donc,
54:48est-ce qu'il faut continuer
54:49dans cette route-là ?
54:51Je ne suis pas 100% sûr
54:53que ce soit le cas.
54:55Et enfin,
54:56sur OK,
54:57vous donnez énormément
54:59d'impossibilités.
55:01Qu'est-ce que vous proposez
55:02de manière constructive ?
55:03Donc,
55:03j'ai essayé de le faire
55:07en disant,
55:08voilà,
55:08il y a certains impôts,
55:09il y a certaines choses
55:09sur lesquelles il faut
55:10revenir en arrière.
55:11Je suis entièrement d'accord
55:12avec ce que vous avez dit.
55:12J'imagine que c'est difficile
55:13aussi d'un point de vue
55:14de sociologie administrative
55:16de se reconnaître
55:17qu'on s'est trompé
55:18et qu'il faut juste remettre
55:19des choses qui étaient bien avant.
55:21C'est particulièrement difficile
55:22aussi pour le politique
55:23de l'admettre.
55:25Mais c'est vrai que,
55:27notamment sur les services publics,
55:28il y avait quand même
55:29des choses qui marchaient bien.
55:30Avant,
55:31l'hôpital public,
55:32par exemple,
55:33ça marchait bien.
55:34Enfin,
55:34quand même,
55:34les services publics
55:35de manière générale,
55:36comme a dit Anne-Laure-Quichet,
55:37le modèle français,
55:38c'était quand même
55:39d'avoir des services publics
55:40qui marchent.
55:41Donc,
55:41la question,
55:41c'est si on continue
55:43à renoncer à ça
55:44en disant
55:44on continue à faire
55:45des efforts budgétaires,
55:47à baisser les salaires,
55:48etc.
55:49Est-ce qu'on ne va pas
55:49finalement finir par perdre
55:51la seule chose
55:52qui fonctionnait ?
55:52La seule chose,
55:53c'est peut-être un petit peu
55:53excessif,
55:54mais quelque chose
55:55qui fonctionnait en tout cas.
55:56Et le problème,
55:57c'est qu'en voulant
55:57changer de modèle,
55:58c'est vrai qu'on voit bien
55:59que ça ne va pas.
56:00Et je pense qu'on est d'accord
56:01sur dire que ça ne va pas,
56:03mais on n'est pas d'accord
56:04sur le constat
56:05depuis quand ça ne va pas.
56:06Est-ce que les gens
56:08vont choisir une date
56:09de départ
56:09qui va être différente ?
56:11Certaines vont dire 2017,
56:12d'autres vont dire 2012,
56:13d'autres vont dire 81,
56:15d'autres vont dire 2007,
56:16donc suivant ses préférences.
56:18Et c'est vrai que du coup,
56:20on est un peu
56:20dans une situation
56:21où on sait
56:23que ça ne va pas,
56:24mais il faut faire attention
56:25à ne pas casser
56:26quand même ce qui marche.
56:27Il y a quand même
56:27beaucoup de choses
56:28qui marchent.
56:29Donc,
56:29l'hôpital public,
56:30j'ai dit ça,
56:30se dégrade.
56:31de la mortalité infantile,
56:32par exemple,
56:32remonte,
56:33ce qui est vraiment inquiétant.
56:35Pour le coup,
56:36les indicateurs démographiques,
56:38c'est les choses
56:39sur lesquelles on peut
56:40se mettre d'accord
56:40plus facilement
56:41parce que mesurer
56:42le nombre de naissances vivantes,
56:44c'est facile.
56:45Les indicateurs économiques,
56:46en réalité,
56:48ils sont beaucoup plus discutables.
56:49Et quand la situation
56:50se dégrade,
56:51on a tendance
56:51à trouver des raisons
56:52pour lesquelles,
56:53en fait,
56:53ça ne va pas si mal que ça.
56:54Sur les indicateurs démographiques,
56:56la bonne nouvelle,
56:57c'est qu'on ne peut pas
56:58trop faire ça.
56:59Et du coup,
57:00ces indicateurs démographiques
57:01sont très inquiétants
57:02aujourd'hui,
57:03aussi bien du point de vue
57:04de la mortalité infantile
57:06que des naissances,
57:07etc.
57:09Donc voilà,
57:10préserver quand même
57:11ce qui marche bien en France.
57:13Le modèle social,
57:14peut-être en nuance
57:15avec mon voisin,
57:16je pense que c'est quelque chose
57:16quand même
57:17qui fonctionnait bien.
57:18Donc essayer effectivement
57:19de le réformer,
57:20je suis d'accord,
57:21mais sans le casser.
57:22Et c'est un peu ça
57:25le débat,
57:26je pense,
57:26mais c'est plus facile
57:27pour moi
57:28de dire ça
57:29que pour vous,
57:30de prendre des décisions
57:31qui aillent dans cette direction.
57:36Merci.
57:37Je vais céder la parole
57:38enfin à M. Morley,
57:39l'avis d'Ali,
57:40qui se charge à vous
57:41de conclure.
57:42et propose.
57:43Merci beaucoup,
57:44M. le Président.
57:45Tout d'abord,
57:46je vous remercie sincèrement
57:46pour la qualité de vos questions
57:47parce que je trouve le débat
57:48de très bon niveau
57:49et on se pose,
57:51me semble-t-il,
57:51autour de la table
57:52les bonnes questions.
57:53Parfois,
57:54on a le sentiment
57:55que la France
57:55a du mal à débattre
57:57des bons sujets.
57:57Je crois qu'aujourd'hui,
57:59un bon nombre
58:00de ces questions
58:00sont sur la table.
58:01Je commence par répondre
58:03à quelques brèves questions
58:04et puis ensuite,
58:05un dernier propos plus général
58:06qui va englober
58:07beaucoup de thèmes
58:08qui ont été abordés.
58:09Sur la démographie,
58:10je suis parfaitement d'accord.
58:11J'y reviendrai.
58:11Sur le modèle social,
58:12ce qui est inquiétant,
58:12c'est qu'on a déjà
58:13des dépenses de santé,
58:14de retraite plus élevées
58:15qu'ailleurs,
58:15alors que la démographie
58:16en France est les moins
58:17catastrophiques dans le reste
58:17de l'Europe.
58:18Donc, si on trace les courbes,
58:20c'est compliqué à tenir,
58:21cette affaire.
58:22C'est aussi ça.
58:22Quand on parle de réformer,
58:24c'est juste qu'on est en avance.
58:25On a déjà deux points de plus
58:26sur les dépenses de santé,
58:27encore un peu plus
58:34Vous l'avez entendu,
58:36les économistes sont très pessimistes
58:38face à un budget
58:39présenté par le gouvernement
58:40pour 2027
58:41qu'ils jugent irréaliste.
58:43Ils estiment que tout le monde
58:45devra participer
58:46au redressement
58:47des finances publiques.
58:48100% Sénat,
58:49c'est maintenant terminé.
58:51Je vous souhaite
58:51une très belle journée
58:52sur les chaînes parlementaires.
58:55Sous-titrage Société Radio-Canada

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