- il y a 6 mois
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00:00Des communications gratuites, sans limite, et à vie, tous les soirées et week-end.
00:04Allez, bimiche, enfin ! Viens pousser, quoi !
00:06SFR, vous n'avez pas fini d'être libre ?
00:10Les filles, je vais vous donner un bon truc pour faire fondre les garçons.
00:14Fondant tout chocolat, hasard, juste 4 oeufs, je mélange, je contrôle bien la cuisson,
00:19et voilà un fondant tout chocolat riche en beurre, légèrement craquant dessus, et fondant à cœur.
00:25Même mon père ne résiste pas !
00:28Fondant tout chocolat, hasard.
00:32Découvrez l'incroyable fraîcheur du nouveau mini-dou Kiwi Passion.
00:37Mini-dou Kiwi Passion, quel doux frisson, Kiwi Passion, quelle fraîche sensation !
00:43Nouveau mini-dou Kiwi Passion, fraîcheur de rêve, douceur de rêve.
00:48Est-ce que ça va leur plaire ?
00:50Lorsque vous faites un cadeau, ne prenez pas le risque de vous tromper.
00:53Choisissez quelque chose qui plaît à coup sûr, comme les spécialités Ferrero.
00:58Vous pouvez offrir Ferrero Rocher, Mon Chéri, et toutes les spécialités Ferrero,
01:05dont l'exclusif assortiment Ferrero Prestige.
01:08Les spécialités Ferrero, l'assurance de faire toujours plaisir.
01:13Vous connaissez le petit dernier de Langteau ?
01:16Brin de paille.
01:17Un brin de caractère, un brin de douceur, mais surtout un brin de fondant.
01:21Enfin, un brin de paille, quoi.
01:24Brin de paille de Langteau.
01:25Vous n'en changerez pas de si tôt.
01:33Noël, le jour de l'an, ça vous dit quelque chose ?
01:36Un autre chose !
01:37Oh non, tu vois, c'est drôle, mais j'ai plus de goût à rien.
01:41Ah, je vais avec mes amis.
01:42Ah bon ?
01:43Ah, pour les amis.
01:47Musique.
01:48Les fêtes sur France 3.
01:52Sans la discrétion, c'est pour m'annoncer cette bonne nouvelle que vous m'avez réveillée.
01:59C'est le dégel.
02:01C'est pas d'un.
02:03La fonte des glaces.
02:05Vous oubliez l'élément humain.
02:06On les invitait aussi.
02:08La canicule.
02:10Je crois que nous savons qu'il remerciez pour ça.
02:13Oh, ben le lac est joué au fer Noël, maintenant.
02:15Et si j'avais beaucoup mieux que ça ?
02:17Venez goûter à la douceur de notre hiver.
02:19Vous donnez des réceptions, vous pourriez vous faire votre travail.
02:21On manque le plus dans cette époque de merde.
02:23C'est la chaleur humaine.
02:25Un autre taux.
02:27Pour conclure en beauté, un an, un siècle, un millénaire.
02:31Passez vos fêtes sous le soleil de France 3.
02:34Il ne faut pas aller trop chercher.
02:50Moi, je raconte des histoires qu'on raconte souvent dans les bistrots, dans l'heure de l'apéritif.
02:54Et au lieu de les raconter devant un zinc, devant un bar, ben je les raconte sur scène.
02:59Ça ne va pas plus loin.
03:02Il faut plaire à la masse.
03:05À la masse, depuis qu'il faut des choses faciles.
03:10Il ne faut pas aller trop chercher parce que ça passe à côté.
03:15Garçon, garçon, s'il vous plaît, je voudrais un café crème avec deux croissants.
03:22Je m'excuse, monsieur, nous n'avons plus du tout de croissants.
03:27Ah, ben ça ne fait rien, alors je vais prendre autre chose.
03:30Ça ne fait rien, on a tellement d'ennuis entre nous, hein.
03:34Chacun dans sa vie privée, on n'a que des soucis.
03:36Alors, on ne va pas s'en faire entre nous.
03:39Vous n'avez qu'à me donner un café nature, alors.
03:43Café nature, avec deux croissants.
03:48Je m'excuse, je me suis peut-être mal exprimé.
03:50Je vous dis que les croissants, nous n'en avons plus.
03:53On n'a plus du tout de croissants.
03:57Ah, ben là, là, ça change tout.
04:00Si on n'a plus, je ne peux pas en avoir.
04:03Forcément, ben ça ne fait rien, je vais prendre autre chose.
04:05Alors, je ne peux pas en avoir n'importe quoi.
04:07Du lait.
04:08Vous avez du lait ?
04:09Eh ben, donnez-moi une tasse de lait.
04:11Avec deux croissants.
04:16Ça ne va pas, vous êtes un peu fatigué, vous, non ?
04:18Je vous dis que les croissants, nous n'en avons plus.
04:21Qu'est-ce que c'est que les croissants ?
04:23Les croissants, les croissants.
04:24Eh, les croissants, c'est fini.
04:26Des pretzels, des brioches, oui.
04:27Les croissants, non.
04:29Il ne faut pas vous énerver pour ça.
04:32Mais ça ne fait rien.
04:34Écoutez, je ne suis pas le client embêtant.
04:35Je vais vous dire, donnez-moi ce que vous voulez.
04:38Je ne peux pas mieux vous dire.
04:41Du thé, du chocolat, on a une petite taille au chocolat.
04:45Avec deux croissants.
04:50Dites-donc, vous en avez pour longtemps embêté ce garçon ?
04:54Je ne vous connais pas, vous.
04:55Moi, je suis client, monsieur.
04:56Je suis comme vous.
04:58J'étais derrière la colonne.
04:59Vous ne m'avez peut-être pas vu, mais moi, je vous ai entendu.
05:02Vous n'êtes pas malade, non ?
05:03Qu'est-ce qu'il vous prend d'embêter ce garçon ?
05:06Taissez-vous !
05:07Laissez-moi vous dire, monsieur,
05:08que vous avez de la chance
05:10d'avoir affaire à un garçon qui a de la patience.
05:13Parce que moi, garçon,
05:15si j'avais à votre place,
05:17il y a longtemps que j'aurais pris les deux croissants,
05:19je les aurais foutus sur la gueule.
05:22C'était une machine à écrire des histoires drôles,
05:25des histoires poétiques.
05:27Et son plaisir et son métier,
05:29c'était de les raconter devant des gens.
05:31C'est le drame d'une femme
05:32qui a une fuite à sa baignoire
05:34et qui a un perroquet.
05:36Tout le monde est là,
05:37Coluche, Coluche, Coluche.
05:38On a l'impression qu'avant Coluche,
05:39il n'y avait personne
05:39et qu'après, déjà, il n'y avait personne.
05:42Et je veux dire,
05:42Fernand Reynaud,
05:43il a quand même été extrêmement important.
05:44C'était le comique le plus populaire
05:45dans les années 60, 70,
05:47enfin, de loin,
05:48le numéro un absolu, quoi.
05:49Qu'est-ce qu'on fait
05:50quand on a une fuite à sa baignoire ?
05:52On téléphone au...
05:54Coluche !
05:55Très bien !
05:57Et le plombier lui dit
05:58à la dame qui a le perroquet,
06:00écoutez, madame, je suis navré,
06:01vous me demandez de venir immédiatement.
06:03Malheureusement, j'ai beaucoup de travail,
06:04je ne peux pas venir tout de suite,
06:06mais je viendrai en fin d'après-midi.
06:07On ne pouvait pas ne pas penser
06:09qu'il allait réussir.
06:10Ce n'était pas possible.
06:14Il avait la manque du génie, ce garçon.
06:16Ça se sentait.
06:18Et la dame, qui a le perroquet,
06:20se dit, puisqu'il vient en fin d'après-midi,
06:23j'ai tout mon temps,
06:25je vais faire quelques emplettes.
06:27Et la dame sort de son appartement,
06:30laissant à l'intérieur de son logis
06:32son perroquet.
06:35Très bien !
06:36C'est de la même manière
06:37que Thierry Le Luron,
06:38il a donné des lettres de noblesse
06:39aux imitateurs.
06:40Je pense que Fernand Reynaud
06:40a donné des lettres de noblesse
06:42à l'humoriste.
06:43Et c'est là où est la subtilité de l'histoire.
06:47Jean Rostand, d'ailleurs,
06:49on a parlé très longuement
06:50avec Jean-Noël,
06:52à la Sorbonne,
06:54au cours...
06:58au cours d'un colloque.
07:01Ils n'ont jamais pu élucider.
07:02Le mystère suivant,
07:04c'est que le plombier,
07:06au moment où il...
07:06Non, mais je vous en supplie,
07:08je vous demande
07:09qu'il y ait une communion entre nous,
07:10parce que là, c'est très important.
07:12C'est qu'au moment où le plombier
07:13raccroche l'appareil,
07:14il se dit...
07:16Je suis ridicule.
07:18J'ai complètement oublié
07:19que je devais passer
07:20devant son domicile
07:21pour aller faire
07:22mes gros travaux
07:23que j'ai à faire.
07:24Pour boucher un trou de baignoire,
07:25il y en a pour une seconde.
07:26Je vais y aller directement.
07:28Quand on l'évoque,
07:28on se rappelle
07:30une multitude de sketchs.
07:31Il n'y a pas seulement un sketch,
07:32il y en a de plus en plus.
07:34Alors, il y a le 22 hainières,
07:36il y a comme un défaut,
07:38il y a...
07:38C'est le plombier.
07:40Il ne frappe pas la porte.
07:41Une voix à l'intérieur fait...
07:42C'est le plombier.
07:55C'est le plombier.
07:57C'est le plombier.
08:04Ça ne va pas la mémé, hein?
08:09C'est le plombier.
08:11Un quart d'heure après...
08:13Hé, plombier!
08:16Oh, soyez chouette,
08:17j'ai du boulot, hein?
08:20Ouvrez-moi cette porte.
08:21Du coup, à l'air,
08:21je suis dans le baignoire.
08:22Ouvrez-moi la porte.
08:23Je rentre chez vous,
08:24je mets plein de plans,
08:25plein de votre baignoire.
08:27Je suis un plombier.
08:29Un gentil plombier.
08:31Il n'y a pas plus gentil
08:32que les plombiers.
08:34Et il serait plombier!
08:39Et je suis fier d'être plombier!
08:42Qui sait qui dit
08:43que je ne suis pas plombier ici, hein?
08:46Il sait!
08:47Plombier!
08:48Une fois, il sait!
09:00Une demi-heure après...
09:01Il sait!
09:06Vous entendez-moi?
09:08Il y en a un qui dit
09:09que je ne suis pas plombier ici.
09:13Qui sait qui dit
09:14que je ne suis pas plombier?
09:16Il sait!
09:22Je suis plombier.
09:32Une heure après...
09:34Il sait!
09:41Je suis plombier.
09:46Je suis bien.
09:47Je suis plombier.
09:49Je suis plombier.
09:59La dame qui avait été
10:01faire ses emplettes
10:02remonte ses escaliers.
10:09Elle voit un type
10:10complètement écroulé
10:11sur son paillassant.
10:13Il y a la dame
10:14qui fait
10:14qui sait?
10:16Et il y a une voix
10:16à l'intérieur
10:17qui répond
10:18C'est le plombier!
10:21C'est vrai qu'un humoriste,
10:22c'est toujours le reflet
10:23d'une société et d'une époque.
10:24Et c'est vrai que Fernand Reynaud
10:25était le reflet
10:27de la France
10:27des années 60.
10:28C'est vrai qu'entre
10:29la France des années 60
10:30et la France de l'an 2000,
10:31il y a 40 ans
10:32qui s'écoulaient,
10:32il y a tellement de choses
10:33qui ont changé.
10:34Mademoiselle
10:35l'employé des PTT.
10:36À l'ère du portable,
10:38le sketch du 22 à Nières,
10:39on l'écoute avec plaisir
10:40parce qu'il y a toujours
10:41le talent,
10:42la grâce,
10:43la naïveté, etc.
10:44Mais c'est vrai
10:44que ce n'est plus un sketch
10:45et ce n'est pas moderne.
10:46C'est clair.
10:47Et en même temps,
10:48ce que je trouve moderne
10:49chez lui, par contre,
10:50c'est ce regard
10:53des personnages entre eux.
10:54Ça, ce n'est pas du tout démodé.
10:55Oh !
10:57Hé !
10:58Oh, vous êtes pénibles !
10:59Qu'est-ce que vous voulez ?
11:00Vous voudrez téléphoner.
11:02À qui ?
11:03Je voudrais le 22 à Nières.
11:12Vous ne pouvez pas y aller
11:13en vélo, non ?
11:16Allons !
11:17Allons, le central ?
11:20Ce n'est pas la voix, Zézette.
11:23Comment vas-tu, Zézette ?
11:25Ici, c'est Monique.
11:27Qu'est-ce que tu fais au central ?
11:29On t'a muté ?
11:32Ça va.
11:34Ça va.
11:35Où c'est que tu as été danser samedi ?
11:37À la salvagramme ?
11:39Oh, moi, je n'y vais plus.
11:42Oh non, c'est trop snob.
11:45Et ta sœur ?
11:48Elle est malade ?
11:49Ah ben, tant mieux.
11:52Tant mieux, tant mieux.
11:53Elle a la sécurité sociale.
11:56Eh ben, comme ça,
11:57elle pourra aller danser toute la semaine.
12:00Pourquoi que c'est que tu m'as appelée ?
12:03C'est moi qui t'ai appelée.
12:05Oh.
12:06Tu crois ?
12:07Ah, peut-être bien, vous.
12:08Qu'est-ce que vous voulez, vous, là, là ?
12:10Vous, là, qu'est-ce que vous voulez, vous ?
12:12Je voudrais le vaincre de Agnières.
12:17Allô ?
12:17Passe-moi le 22 à Agnières.
12:19C'est ça.
12:20Tu me rappelles ?
12:21Alors, là, je t'embrasse.
12:23Embrasse ta sœur aussi pour moi.
12:26Je trouve qu'il est aussi très représentatif d'une certaine mentalité française de base,
12:29un peu d'une espèce de, ce qu'on pourrait dire, l'âme du français moyen, quoi.
12:32Il y avait un peu ça, des années 60, bien sûr, mais qui, voilà, une espèce de quintessence du français
12:40moyen, je trouve.
12:41Il ne faut jamais oublier que si on cherche à expliquer un peu le caractère de Fernand, c'est un
12:46paysan.
12:47C'est un paysan avec ce que ça compte de roublardise et de naïveté.
12:52Les deux choses se mélangeant au point qu'on ne sait plus jamais où on en est.
12:56M'orgulier, j'ai peut-être dans les 85 hectares de vigne.
13:00Mais la vigne, ça ne paye pas.
13:03Ça a eu payé.
13:05Ça paye, quoi, quoi.
13:07Ça paye le sulfate, quoi.
13:10Et au prix où est le milieu ?
13:12C'était un homme très bizarre.
13:14C'était un homme qui était...
13:16C'est vrai qu'il n'était pas cultivé quand il est arrivé à Paris.
13:19Il en souffrait beaucoup.
13:22Et la première chose qui s'est achetée avec le premier plognon, c'est un Larousse en 6 volumes.
13:26Oui, c'est.
13:27J'ai acheté les prix Nobel pour les pâtés.
13:32Ma femme de ménage.
13:36Ça ne m'intéresse pas.
13:37J'ai essayé de les lire, mais ce n'est pas du tout mon truc.
13:40C'est les livres où il faut les lire plusieurs fois à la même phrase pour les comprendre.
13:45Je ne comprends pas.
13:46Je ne me vois pas.
13:49Comme un hasard.
13:52Je suis en train de dire...
13:54Mais la prétendue lumière excusée, repartie promptement,
13:58peut servir à nous faire voir promptement ici dans la prétendue vie.
14:01Pour nous faire voir au-delà de celle-ci, elle ne sert à rien.
14:05Croyez-le, bien plus tôt nous nuits.
14:07Je ne me vois pas en train de dire ça, Bobineau.
14:08Papa !
14:09Quoi ?
14:12Pourquoi que les vaches, elles ont des cornes, et puis que les chevaux, ils n'en ont pas ?
14:24C'est... c'est étudier pour...
14:26Papa !
14:27Quoi ?
14:28L'autre jour, il pleuvait.
14:30Et en voyant cette pluie bienfaitrice qui crée sur le sol des petites rues,
14:35qui allaient grossir des ruisseaux, qui eux-mêmes allaient amplifier des fleuves,
14:40je me suis dit,
14:41Papa, depuis des milliards d'années, qu'il y a des milliards de mètres cubes d'eau,
14:48des fleuves qui vont continuellement dans les océans.
14:51Pourquoi que les océans, ils ne finissent pas par déborder ?
14:55Et les éponges, qu'est-ce que t'en fais ?
15:00Papa !
15:00Fou-moi la paix !
15:03Fils d'imbécile !
15:06Oui, papa !
15:10Parce que si tu veux jouer les idiots avec moi,
15:14eh bien, nous serons deux.
15:16Et c'est toi qui perdras.
15:18En dernière fois, fous-moi un papa !
15:20Mais écoute, Toto, moi qui suis ta grand-mère,
15:23j'avoue franchement que ce soir, tu finis par embêter ton père.
15:26À vous, la belle-mère, foutez-moi la paix !
15:28C'est mon gosse, et il a droit de s'instruire !
15:38Mon père est né le 19 mai 1926, à Loradoux.
15:44Loradoux était une cité Michelin,
15:48c'est-à-dire les usines Michelin avaient construit des logements
15:52pour les employés qui travaillaient chez eux.
15:55Il a quitté la cité de Loradoux parce qu'il s'était fâché avec son père,
16:00je crois que c'était en 1943.
16:02Lui voulait faire l'artiste.
16:04Mais dans l'esprit de la famille,
16:07que Fernand fasse l'artiste, c'était un caprice.
16:09Un caprice de caractère.
16:11Et tout le monde a dit, même jusque dans ses années de succès,
16:15ça ne durera pas, ça lui passera.
16:18Et le regret de mon grand-père vis-à-vis de son fils,
16:23ça a été de le voir faire l'artiste,
16:25et non pas d'être rentré comme lui dans les usines Michelin.
16:28Je suis le magasinier.
16:32Alors je suis assis toute la journée derrière mon guichet.
16:36Et puis quand un ouvrier, il a besoin d'une pièce quelconque,
16:39à l'heure il vient, il me réveille en sursaut.
16:45Je voudrais un petit bouleur d'huître.
16:46Alors je suis pivoté mon petit fauteuil,
16:49je lui fais mettre de la molesculine,
16:51c'est rembourré.
16:53Je lui fais mettre des roulements à billes dessous,
16:56j'ai tiré d'une vieille roue,
16:58alors je prends le petit boulon d'huître,
17:01hop, j'y donne,
17:02et j'écris un boulon d'huître.
17:04Voilà.
17:05Voilà, voilà, voilà.
17:08Et puis des fois comme ça,
17:10ça peut attendre deux, trois heures,
17:12comme ça peut attendre deux, trois jours,
17:14je suis toujours assis.
17:16Puis il y en a un autre qui va,
17:17oh, oh, oh, oh.
17:19Une passe multiprise.
17:21Quel acier ?
17:22Mi-dur, mi-dou ?
17:23Vanadium, pour un chef.
17:26Je prends ma passe multiprise,
17:28alors vanadium,
17:29j'enlève les toiles d'araignées,
17:33ils viennent en guichet,
17:34et j'ai donné ma passe-midi, voilà.
17:38Il travaillait à Clermont,
17:40je ne sais pas dans quelle usine il travaillait,
17:42mais enfin, il avait un travail manuel et très dur.
17:46Et ça a été une...
17:48En même temps, à côté,
17:50il travaillait le mime,
17:52il avait cette idée de faire du spectacle
17:54et quand il est arrivé à Paris,
17:57ça a été très, très difficile au début.
17:59Il a vraiment tiré le diable par la queue au départ.
18:03On s'est rencontrés au Théâtre des Trois-Baudets
18:08où, contrairement à ce qu'il a fait par la suite,
18:10il ne parlait pas, il a dû mime,
18:12mais c'était déjà très, très drôle.
18:16Moi, je le voyais parce que j'arrivais après lui
18:19et je pouvais voir son numéro de la salle.
18:22Donc, j'ai suivi l'évolution de son numéro
18:24pendant un an, un an ou deux.
18:27C'était bien placé, c'était...
18:29Quand c'était fixé, c'était fixé.
18:50Il manquait ses deux doigts, Fernand, c'est ceux-là-là.
18:53Donc, vous aviez toujours...
18:54Regardez-le, quand il a...
18:55Il a toujours ses... ses deux doigts.
18:58Il avait deux doigts coupés ici.
18:59Il était à la gare, je crois, si c'est Hirond, Déburon,
19:02ou je ne sais plus laquelle exactement.
19:05Il était donc sur le quai de la gare.
19:07Le train devait arriver 20 minutes plus tard.
19:10Et au moment de s'asseoir sur le banc,
19:12il voit un couple d'amoureux qui s'embrassent.
19:16Il était très jeune, il avait 18 ans, je crois.
19:18Et pour ne pas déranger ce couple d'amoureux,
19:21il s'est assis sur le quai entre la voie ferrée
19:24et le quai.
19:27Et puis il s'est endormi.
19:29Et le train est arrivé.
19:32Il était entraîné par le souffle du train,
19:35par les wagons.
19:36Il était donc sur la voie ferrée
19:39et en passant, les wagons lui ont coupé
19:42deux doigts de la main gauche.
19:44Et puis il s'est endormi.
20:14il s'est endormi.
20:37Merci.
21:04Dans les années 50, quand commence à s'installer vraiment la télévision,
21:09il y a deux émissions qui vont vivre leur vie côte à côte.
21:14C'est La joie de vivre de Spade et 36 chandelles de Noé.
21:18Et Jean Noé était devenu un monument et le monsieur par lequel les artistes devaient penser.
21:25Et il recherchait un artiste, un artiste comique.
21:28Pour amuser donc dans ses émissions.
21:31Et Jacques Canetti avait recommandé à Jean Noé un artiste dont j'ai oublié le nom.
21:35Et cet artiste-là, ce jour-là, était malade.
21:37Il a dit à Jean Noé, va voir Fernand Reynaud, c'est un mime extraordinaire.
21:42Peut-être il te plaira.
21:43Je vais le voir en numéro 1 du spectacle.
21:46Bien sûr, il faisait l'homme dans le train.
21:48Vous vous rappelez peut-être ça.
21:50Et il m'avait tellement emballé tout de suite que je vais à l'entraide de voir.
21:54Vous, ses amis, imaginez Fernand Reynaud avec tous ses cheveux.
21:57Il venait de faire son mime et, vous savez, il disait, ça bricole.
22:02Ça commence à bricoler pour lui.
22:04J'arrive à l'entraide, je lui dis, monsieur, je ne vous connais pas.
22:07Mais vraiment, ce que vous faites me plaît énormément.
22:09J'ai bien envie de vous prendre à la radio ou dans ma troupe.
22:12Mais je vous suggère ceci.
22:14Comme ce que vous faites rappeler un petit peu les dessins, les petits premiers films.
22:20Vous devriez mettre un peu de musique.
22:23Vous devriez mettre un piano désaccordé.
22:25Un peu comme...
22:26Et Fernand, ce sont les premiers mots qu'il m'a dit à moi.
22:30Qui, à ce moment-là, était assez fort à la radio.
22:33Enfin, je pouvais rendre service aux artistes.
22:34Il me regarde et dit, monsieur, vous n'y connaissez rien.
22:37Ce sont les premiers mots qu'il m'a dit.
22:38Et j'ai été tellement emballé de voir un artiste qui, au lieu de se mettre à la vente comme
22:44tous les débutants.
22:45Oh, monsieur, non, mais vous avez raison.
22:47Mais certainement.
22:48Mais quoi, comme vous...
22:49Ah, mais je vais le faire tout de suite.
22:50Non.
22:51Monsieur, vous n'y connaissez rien.
22:54La chance de mon père a donc été d'être engagée par Jean Noé.
22:58Ce qui intéressait Jean Noé, c'était d'avoir un comique efficace.
23:02Lorsqu'il y avait un bouche-trou, c'est-à-dire deux artistes qui n'étaient pas synchronisés
23:07ou bien un problème technique ou autre, Fernand claque et il racontait une histoire.
23:13Mais mon père m'a dit aussi que de temps en temps, Jean Noé avait tendance, pris dans l'ambiance,
23:18à l'oublier.
23:19Alors, il rentrait directement sans lui demander son avis.
23:24Mais c'est vrai que quand on regarde des fois des extraits de 36 chandelles,
23:27on voit Jean Noé qui parle et mon père qui rentre dans d'autres amis.
23:32Qu'est-ce que c'est, monsieur Fernand Renaud ?
23:36Vous allez voir comme les gens sont méchants.
23:39J'ai ennuye... T'as ennuyeu. Vous n'avez pas vu ma soeur ?
23:43Vu dans le costume, parce que c'est très précis, la silhouette de Fernand Renaud.
23:47Bien sûr que souvent tu n'as pas ton par-dessus.
23:49Mais pour les Français, la silhouette de Fernand Renaud, c'est le petit par-dessus couleur mastic
23:54et le petit chapeau sur le haut du crâne.
23:56J'ai eu un manteau parce que j'arrivais d'Espagne, parce que j'avais un numéro international avant.
24:01De Mime ?
24:02De Mime.
24:03Oui, j'étais en Égypte, en Italie, en Espagne.
24:06Et en revenant d'Espagne, Jean Noé m'avait engagé pour faire une émission.
24:11Puis on m'a piqué ma valise avec mes costumes.
24:14Il ne restait que mon manteau.
24:16Alors il fallait passer, c'était en direct, alors je suis rentré avec mon manteau.
24:19Puis les gens rigolaient quand ils m'ont vu avec ce manteau, ils disaient « Qu'est-ce que c
24:22'est que cette andouille ? »
24:23J'étais ravi, pour un comique, de passer pour un crétin.
24:26C'est merveilleux.
24:28Alors je suis resté longtemps comme ça.
24:29Et ça m'arrive quelquefois encore rentré avec mon manteau.
24:31Et je suis très à l'aise dedans, parce qu'on est diminué.
24:34Monsieur le directeur, je m'excuse de vous déranger.
24:37Je suis venu jusqu'à votre bureau, parce que ma femme, elle m'a dit qu'il va mieux aller
24:41voir le directeur.
24:43Il va mieux avoir affaire au bon Dieu qu'à ses cinq.
24:46Parce que je gagne 28 000 francs par mois, puis j'ai 10 000 francs d'hôtel.
24:50Alors, voilà.
24:52Pardon ? Vous gagnez 28 000 francs par mois et 10 000 francs d'hôtel.
24:57Vous avez bien fait de venir me retrouver.
24:59Mais moi qui suis un patron, j'aime bien que les employés viennent me venir me trouver,
25:03puis m'expliquer toutes les choses qui ne vont pas.
25:06Vous avez bien fait, je vous félicite.
25:07Vous êtes gentil, monsieur le directeur.
25:11C'est vrai, quand je vous vois passer dans votre belle voiture,
25:14d'enfant, vous êtes un homme comme un autre, pas ?
25:18Voilà, voilà, voilà, voilà.
25:21En fait, il fait des personnages naïfs, mais ce ne sont pas des vrais naïfs.
25:24Ils sont à la fois naïfs et très intelligents.
25:26Et moi, je dis toujours qu'il faut être très intelligent pour bien jouer les naïfs, en fait.
25:30Pour jouer les imbéciles.
25:31Parce que si on fait juste un imbécile bête, ce n'est pas drôle.
25:34Par contre, si on le fait avec intelligence, un imbécile, ou quelqu'un qui est décalé,
25:38qui a un regard naïf sur les choses, je trouve que ça devient beaucoup plus intéressant.
25:41Et je trouve que chez Fernand Reynaud, il y a cette double dimension.
25:43Il y a à la fois une espèce de naïfsie sur les choses,
25:45et en même temps une grande intelligence des rapports humains, de la nature humaine.
25:48Il faut dire sur scène des choses vraies.
25:52Il ne faut pas dire bêtises sur scène pour faire rien.
25:55C'est un paradoxe.
25:57Monsieur le directeur, il est venu vous dire que j'en ai 28 000 francs par mois,
26:03et que j'avais 10 000 francs d'hôtel.
26:05Tous les mois, alors, si vous...
26:06Ah, bien sûr, je vais faire quelque chose tout de suite pour vous.
26:09Écoutez, vous savez que j'ai des relations.
26:10Je pense bien.
26:11Écoutez, nous sommes lundi, et vous venez me trouver le mercredi.
26:15Vous n'en faites donc pas, va ?
26:16D'ici là, je vous aurai trouvé un hôtel moins cher.
26:19C'est vrai que des fois, dans ses sketchs,
26:21il y a des blagues qui sont améliorées et amenées au niveau de sketch.
26:24Il était un peu à la charnière du raconteur de blagues.
26:27Et de ces blagues-là, il a fait un peu ce qu'on pourrait dire l'origine du stand-up,
26:31c'est-à-dire de parler directement au public,
26:33et puis du sketch tel qu'il se pratique actuellement avec des personnages.
26:36Donc il a finalement retravaillé les blagues en partant souvent de bases de blagues
26:40pour en faire des vraies histoires, des vrais sketchs,
26:43avec des personnages interprétés, joués, sentis.
26:45Allô, Alfonso ?
26:47Oui ?
26:48C'est Roro ?
26:50Alfonso à Marseille ?
26:51Oui, c'est moi, Alfonso.
26:53Alors voilà pourquoi je t'appelle.
26:55Tout va bien, oh, et pas de temps.
26:57Oui, oui, je suis en train de passer la frontière belge, là.
27:01Et puis alors de Bruxelles, j'ai mon billet d'avion
27:03et je vais à New York pour porter le colis comme c'est que tu m'as dit,
27:06à l'adresse que tu m'as indiqué.
27:08Tu veux que je te répète l'adresse qu'il faut que j'aille porter le colis à New York
27:12?
27:13Non !
27:14Non.
27:17Allô, t'entends ?
27:22Allô, t'entends ?
27:23Et pourquoi tu tousses ?
27:24Comme tu me dis, y'a que moi qui peux traverser les frontières sans me faire remarquer.
27:29Ouais, comment veux-tu que je me fasse remarquer ?
27:32Dis, alors voilà pourquoi je t'appelle.
27:34C'est au sujet des 20 kilos de bicarbonate de soude
27:36que tu m'as demandé de transporter à New York.
27:41Allô, t'entends ?
27:43Pourquoi tu tousses ?
27:45Oui, non, je te dis, je te parle du bicarbonate.
27:51Il comprend rien à ce que j'ai dit.
27:55Bicarbonate !
27:56B comme hippie-pipourra !
27:59I comme interdit de séjour !
28:03C comme cam !
28:06Il comprend rien à ce que j'ai dit.
28:08Allô, tonton !
28:09T'es stupéfiant !
28:14Allô, tonton !
28:16Pourquoi tu tousses ?
28:19Oui, alors voilà pourquoi que je t'appelle.
28:21Je suis au petit café à côté de la douane, là.
28:24Oui.
28:25Je suis en face du secrétaire au sous-chef douanier.
28:29Oui.
28:30Où il est le bicarbonate ?
28:32Ah ben, il risque rien.
28:34Il est dans les mains du secrétaire au sous-chef douanier.
28:40Allô, tonton !
28:42Et pourquoi tu tousses ?
28:45Oui, alors voilà pourquoi que je t'appelle.
28:46Trois fois rien, c'est Bénin.
28:49Bénin, Bénin, Bénin.
28:50Tu sais, les 20 kilos de bicarbonate.
28:53Oui, alors le douanier, il les a pesés.
28:56Puis il s'avère qu'il y a 20 kilos 500 grammes.
28:59Oui, alors il faut payer une petite taxe pour les 500 grammes.
29:032,50 francs, c'est pas cher.
29:06Alors le reçu, est-ce que je dois le mettre à mon nom ou à ton nom ?
29:11C'est pour ça que je t'appelle, tonton.
29:13Oui.
29:16C'est le but, c'est le but de mon téléphone.
29:19C'est pour ça que je t'appelle, tonton.
29:21Parce que ton adresse exacte, c'est bien 235 Courbelzins à Marseille,
29:27deuxième étage, porte-gauche.
29:29Non.
29:30Bon, eh bien, écoute, la taxette, je la mettrai à mon nom.
29:35Oui.
29:37Il y a le douanier qui rigole.
29:39C'est la première fois que je vois rigoler un douanier.
29:43D'une façon aussi intelligente.
29:47Dis donc, alors, une petite anecdote, trois fois rien.
29:51Tu sais qu'ils ont analysé le bicarbonate.
29:57Allô, tonton, pourquoi tu tousses ?
30:01Ça n'est pas du bicarbonate.
30:06C'est du sucre en poudre.
30:14Allô, tonton, pourquoi tu tousses plus ?
30:18Derrière son côté de paysan un peu borné, faussement naïf,
30:24il y avait un sens de l'observation exceptionnelle.
30:27Et d'ailleurs, tous les personnages avec lesquels il nous a fait rire
30:31sont des personnages dont la vérité est totale.
30:34Il n'hésitait pas souvent, quand on était soit en vacances ou même en tournée,
30:39à s'arrêter dans des tout petits boui-bouis
30:42et à essayer d'engager la conversation.
30:45Des fois, avec ma mère, on n'était pas trop contents
30:46parce que ce n'était pas toujours très propre aussi.
30:50Mais enfin, il fallait bien s'arcler.
30:53Il fallait bien bêcher la culture, les gens qui étaient autour,
30:58leur sortir ce qu'ils avaient en eux.
31:00Tout ça pour un jour.
31:02Tonton, pourquoi tu tousses ?
31:03Ça eut payé.
31:05Vous ne pourriez pas me passer le 22 à Nières
31:07des phrases qui frappaient l'imagination, qui restaient en lui.
31:11C'est rare les comiques qui donnent des expressions.
31:13Coluche en a donné, Fernand en a donné.
31:15Fernand a donné, il a donné bourreau d'enfant,
31:18il a donné heureux.
31:20Il a donné des expressions qu'on a employées pendant...
31:23C'est étudié pour.
31:25Tout ça, c'est des expressions qui sont rentrées dans le langage courant
31:29et que Fernand a donné.
31:30Or, il les a entendues.
31:31Il regarde, il allait au bistrot, il écoutait.
31:34Il avait un sens de l'observation tout à fait étonnant.
31:36Il m'est arrivé de lui raconter des aventures que j'avais connues dans ma vie
31:40comme n'importe qui d'entre ses amis aurait pu lui raconter.
31:43Eh bien, il prenait la quintessence, il l'a transformée.
31:47Je crois qu'un jour, nous passions en chemin de fer vers Marseille
31:51et il se trouve qu'il y a la petite colline où en 1917, on m'a appris le tir.
31:55Et je lui ai montré la colline.
31:57Je lui ai dit, là, tu vois, on m'a appris à tirer le canon.
32:01Et je lui ai raconté l'histoire de mon accident ou de mon sergent-chef
32:05avec l'histoire du canon d'un salon emballé.
32:09Et c'est devenu le monument extraordinaire que vous savez
32:12parce qu'il en a rajouté.
32:15Mais chaque fois, c'était nouveau.
32:16Combien de temps met le fût du canon pour se refroidir
32:23lorsque l'obus est sorti du fût?
32:28Vous allez me répondre.
32:30Vous avez une tête d'intelligence.
32:34Non, pas vous, vous.
32:36Non, vous.
32:38Non, pas vous, vous.
32:40Non, pas, non, mais...
32:43Vous!
32:49Ça dépend.
32:52S'il y a du vent.
32:55Je vous montre pas ça, moi, arriéré.
32:58Je veux ouïr ce qui est décrit.
33:00La question est posée en lettres gothiques.
33:03Je veux ouïr en français ce qui est décrit en italique.
33:08Je veux pas dire nia, nia, nia, nia, nia, nia, nia.
33:12Combien de temps ça peut mettre un fût pour se refroidir
33:14quand l'obus est sorti du fût?
33:19Cinquante minutes.
33:23Non!
33:26Bon!
33:27Alors là, moi, je m'y attendais.
33:30Je sais pas pourquoi j'ai dit le deuxième, ça va être ma pomme.
33:34On est 500, le deuxième, c'est moi, nia.
33:39C'est pas beau, ça?
33:42Dans le civil, j'ai pas touché une fois le tiercé, nia.
33:45Même pas dans le désordre.
33:48Je me pointe ici, je prends pas de billet et j'arrive placé.
33:55Faut plus de cinquante minutes, hein.
33:59Ah oui, faut plus de cinquante minutes.
34:02Faut bien compter un bon quart d'heure.
34:05Non!
34:07Vous!
34:10Trois jours!
34:13Vous me l'effraie les trois jours.
34:17Bon!
34:18Ah, un peu de calme, si vous voulez.
34:21Je suis pas du continent, moi.
34:24Je suis d'ailleurs, si.
34:27T'as pas vu comme il me parle à moi, lui?
34:30Il me parle à moi comme à n'importe qui.
34:33Prétentieux, hein.
34:36Alors, lui, il a dit trois jours,
34:37et il a eu trois jours de prison.
34:41Il faut bien compter une grosse seconde.
34:44Pour lui, la scène était l'occasion d'une improvisation constante.
34:47Il disait, je sais plus qui l'interviewait,
34:51est-ce que vous improvisez?
34:52Il disait oui.
34:53On improvise constamment.
34:55Et je pense qu'un artiste sur scène,
34:57même s'il change pas une virgule de son texte,
35:00c'était pas son cas,
35:02mais même s'il change pas une virgule de son texte,
35:03il improvise, il est même fait pour ça.
35:05C'était quelque chose de vivant.
35:06Il arrivait, ça jaillissait.
35:08Il savait la ligne de ce qu'il allait dire.
35:09C'est ça, le fait qu'il dit.
35:10Il dit, je vais vous raconter le régiment qui passe,
35:11et puis il savait le faire.
35:12Mais il improvise.
35:13Mais les mots, enfin, quand il avait des sketchs à mots,
35:15il improvisait chaque fois.
35:17Il m'arrivait souvent, comme à toi,
35:18d'être au premier rêve.
35:20On avait envie de lui souffler,
35:21il oubliait les choses.
35:22Absolument.
35:22Tellement c'était jaillissant, spontané, naturel.
35:25Vous, alors quand même,
35:27vous me questionnez-moi, maintenant.
35:30Enfin, enfin, vous me questionnez-moi.
35:33Alors depuis le début, j'étais content,
35:36je disais, il y avait une question que je connais.
35:38Moi, les cocanons, je connais,
35:39j'ai 4 ans, je connais les petits cocanons.
35:43Alors au lieu de me questionner-moi,
35:45vous me questionnez-vous,
35:46et pourquoi il m'a pas questionné-moi ?
35:49Alors il y a du pipistot,
35:51et pourquoi il m'a pas questionné-moi ?
35:52Je le sentais, c'est curieux.
35:55J'ai dit, les cocanons, je les connais,
35:56ou là, vous l'a dit,
35:57mais 8 jours de permission,
35:59si vous la mettez en veilleuse.
36:02Et pourquoi j'ai pas le droit de répondre,
36:04les cocanons, je connais ma parole,
36:06les cocanons, c'est l'acier mi-dur,
36:08l'acier mi-dou, frottement, réchauffement.
36:10J'avais 4 ans, j'avais des cocanons,
36:12comme la grosse berthard,
36:15qui avait les plus belles cuculasses
36:16qu'on a jamais vues.
36:182 semaines de permission,
36:20si vous la mettez en veilleuse.
36:22Je vais vous la donner,
36:23la réponse dans le dent d'oeil.
36:25Le fût, pour se refroidir,
36:27il met pas 15 secondes,
36:29ni 20 minutes,
36:30ni 30 ans,
36:31ni 6 secondes et demi,
36:32ni 22 minutes.
36:33Il met...
36:37un certain temps !
36:43Il ne supportait pas, d'abord,
36:45qu'il y ait du bruit dans la salle,
36:47il aille s'arrêter,
36:47il était capable de sortir de scène.
36:50Et alors, il avait un truc formidable,
36:51quand il était mal accueilli,
36:53les gens qui rentraient en scène,
36:54et voici, ferme en reine,
36:55ils rentraient,
36:57si les gens n'applaudissaient pas,
36:59alors ça donnait ça,
36:59je vais vous le mimer,
37:00parce que je l'ai vu 50 fois,
37:01ils faisaient...
37:06Et voici, pour terminer,
37:08comme ça.
37:09Il regardait la salle,
37:10il faisait...
37:10Ah bon, pas d'imposition !
37:11Et voici, pour terminer,
37:13il avait le...
37:15Il n'aimait pas...
37:16Alors, chaque fois qu'il y avait un bruit,
37:18une dame qui froissait un papier,
37:19qui bouffait un bonbon,
37:20c'était...
37:20Ah, c'était l'horreur, là, c'était...
37:22Il l'interpellait,
37:24il se fâchait,
37:24il se mettait en colère.
37:25Aussi vrai que cette dame regarde son poudrier,
37:27et qu'elle regarde la beauté qu'elle a.
37:29Merci, madame.
37:31C'est un peu long,
37:32j'en ai pour deux minutes,
37:32puis après, je m'en vais,
37:33vous savez...
37:35Non, mais c'est excitant pour un artiste
37:36devant une dame qui...
37:39Je parle à la dame qui a les cheveux gris
37:40et les lunettes noires.
37:43Je ne vous ai pas dérangé.
37:45Tu vois les gens dans la salle ?
37:47Si je les vois,
37:47je les entends jusqu'au centième rang.
37:50Mais s'il y en a un qui dort,
37:51il gorge ta soirée complètement.
37:54S'il dort, ce n'est pas très grave.
37:55Non, enfin, si...
37:56S'il est amorphe,
37:58oui.
37:58Alors, je soque dans la salle,
38:00je vais le secouer.
38:01Qu'est-ce qu'il y a ?
38:02Alors...
38:02Oh, oh, oh, oh, on va arriver.
38:07Bonjour.
38:08Alors, il est tout épaté.
38:09Qu'est-ce que c'est cet imbécile ?
38:10Il était sur scène,
38:10il est venu me réveiller.
38:12Parce que moi,
38:12il a un gros plan.
38:13Mais alors, ça donne une émulsion dans la salle.
38:17Et puis, le principal,
38:18c'est que tout se termine bien.
38:20Oui, parce que s'il fallait s'asseoir
38:21sur les genoux de tous les spectateurs,
38:23ça ferait des drôles de soirées quand même.
38:25On y va quand même.
38:26Moi, j'aime bien sauter dans la salle.
38:28Hop !
38:29Hop là !
38:30Vous avez vos papiers ?
38:31Vous avez vos papiers ?
38:32Oh, oh, vous avez vos papiers, là ?
38:35Qu'est-ce que c'est ce travail, là ?
38:38Durand, encore un étranger.
38:41Je suis douanier.
38:43J'aime pas les étrangers.
38:45Ils sont au papier, où, là ?
38:47C'est ce que ça saute.
38:48J'aime pas les étrangers,
38:49ils viennent manger le pain des Français.
38:52Dupont, encore un étranger.
38:54Il vient manger le pain des Français.
38:57Je suis douanier.
38:59Je suis pas un imbécile.
39:00J'ai vu son nom grandir,
39:02sans que ça m'étonne, c'était normal.
39:05C'était logique.
39:06Personne ne faisait ce qu'il faisait.
39:08Mon père, je crois pouvoir dire
39:10qu'il a inventé le récital,
39:13c'est-à-dire le one-man show,
39:15du comique qui fait la première partie
39:17jusqu'à la deuxième partie.
39:19C'est-à-dire,
39:20quelqu'un qui rentre en scène
39:22et qui tient un public pendant deux heures
39:26sans le lâcher sous les rafales de rire,
39:29ça, pour moi, c'est extraordinaire.
39:31Premier, deuxième, troisième acte, parfait.
39:35Le début du quatrième acte commence
39:37et la première phrase de Bouddhuh devait être...
39:44Quand vous descendrez,
39:48montez dehors.
39:50Vous verrez le petit comme il est grand.
39:53Pourquoi que ce soir-là,
39:54Bouddhuh fut pris par le trac,
39:55je n'en sais rien.
39:57Avait-il été trop félicité à l'entracte ?
40:00Toujours est-il qu'il rentre sur scène,
40:02impossible de se souvenir un seul mot de son texte
40:05et de voir ce pauvre Bouddhuh seul sur la scène,
40:07complètement perdu,
40:09en train de...
40:11Qu'est-ce que je dis ?
40:15Qu'est-ce que je dis ?
40:16Oh, ma salarie !
40:24Combien de marins ?
40:27Combien de...
40:31Justine !
40:33Le souffleur...
40:39Le souffleur était tchécoslovaque.
40:42Les machinistes soufflaient,
40:44le régisseur soufflait,
40:47tout le monde soufflait,
40:48c'est moins une si le public lui-même ne soufflait pas.
40:53Moi, Balandard,
40:54j'étais dans les coulisses,
40:56j'étais décontracté,
40:57je faisais l'albardie au septième acte,
40:59nous étions au début du quatrième acte,
41:00alors j'étais là, disais-je.
41:02Je vaquais.
41:04Je m'aperçois de l'incident
41:06et je me mets à lui crier comme tout le monde,
41:09Bouddhuh !
41:10Quand vous descendrez, montez-donc !
41:14L'est-ce surpris ?
41:15Toujours est-il que se tournant vers moi
41:17et me voyant là, devant lui,
41:20en désespoir de cause,
41:21il se met à dire...
41:23Thiot !
41:24Quelle surprise !
41:26Voilà l'albardie !
41:30Moi qui étais habillé en ménestrel.
41:34Au quatrième acte, je faisais la foule.
41:38Quiconque à ma place eût été désorienté.
41:42Il y avait deux Fernand Reynaud.
41:43Il y avait un Fernand Reynaud qui était un génie
41:45et il y avait un petit Fernand Reynaud derrière
41:48qui courait derrière lui-même
41:50sans pouvoir se rattraper.
41:52Il ne s'est jamais fait à lui-même l'idée réelle
41:55de ce qu'il était,
41:55de son potentiel comique,
41:58de son génie était plus grand que lui.
42:01Je ne sais pas comment je peux expliquer ça,
42:03mais quand il cessait d'être en scène
42:06ou quand il ne faisait plus rien
42:08pour être le Fernand Reynaud
42:10que tout le monde connaissait,
42:13il y avait un Fernand Reynaud derrière
42:15qui courait derrière et il ne s'est pas rejoint.
42:21Il n'a pas assumé son...
42:22Il avait du mal à assumer son génie, je crois.
42:25Fernand Reynaud, ce n'est pas le monsieur qui dit
42:27on va faire ça, ça sera comme ça,
42:29tu dis peut-être.
42:31Et je trouve que c'est une humilité
42:32vis-à-vis de ton métier très sympathique.
42:35Là, on enlève ça, le mot humilité.
42:39C'est le mot humilité sympathique, c'est vrai.
42:43Tu connais un chirurgien
42:45qui va faire une opération,
42:47un appendicite,
42:49qui pour un grand chirurgien, c'est Bénin.
42:53Avant de rentrer dans le bloc opératoire,
42:55est-ce qu'il va dire
42:56je suis sûr que ça va très bien marcher ?
42:59Il va peut-être le dire,
43:00ne vous en faites pas,
43:01il n'y aura jamais,
43:02c'est sûr, on ne sait jamais.
43:04Le cœur peut flancher, hop,
43:05vite de la caféine pour mettre le trône.
43:09Mince, vous n'y attendez pas,
43:11pourtant c'est une jeune fille de 18 ans,
43:12elle est en pleine forme,
43:14bloc les poumons et tout.
43:15Vite de l'oxygène.
43:18Mais il arrivera
43:19à sauver la fille,
43:21à faire la bonne opération.
43:22Et quand elle se réveillera,
43:24comme le public qui sortira de la salle,
43:27vous voyez, ça s'est bien passé,
43:29chirurgien ou comique,
43:30vous aviez des problèmes,
43:33vous pensez que vous aviez des ennuis,
43:34vous voyez que ça s'est bien passé.
43:35Le chirurgien ne lui dit rien.
43:37Ça s'est bien passé.
43:38Il ne va pas nous dire
43:39qu'il a été ennuyé par telle et telle chose.
43:41Comme nous, sur scène,
43:43quand il y a des gosses
43:43qui chialent dans la salle,
43:46qu'il y a un type qui est beurre
43:47et qui se lève.
43:50Ce qu'on appelle les impondérables,
43:52il y en a 25 000.
43:54C'est ça, on leur dit toujours,
43:55peut-être,
43:55mais toujours avec le sourire.
43:57On sourit,
43:57elle a des yeux,
43:58tout le monde vient.
44:00Là, on sourit,
44:00mais alors derrière...
44:02Il avait l'angoisse de la vie,
44:05il avait l'angoisse avec les femmes,
44:07il avait l'angoisse de l'argent,
44:09il avait...
44:11C'est vrai qu'il avait,
44:12au départ,
44:12il partait de rien,
44:13donc le pognon,
44:14pour lui,
44:15c'était important
44:15parce que c'était pas seulement
44:17le fait de s'acheter des voitures
44:19ou de s'acheter...
44:20C'était d'un seul coup
44:21quelque chose
44:22qu'il avait la peur de l'avenir.
44:24Si demain j'arrête
44:25et si demain on m'aime plus
44:26et si demain je ne fais plus ce métier,
44:28il faut que je mette de l'argent de côté.
44:29Il y avait,
44:30tout en étant extrêmement généreux,
44:33il avait à la fois...
44:33Il avait à la fois le côté un peu...
44:35Un peu...
44:37Pas avaricieux,
44:38mais en tout cas prévoyant des Auvergnats
44:40et le côté très large
44:42parce que c'était un homme
44:43qui était capable de gestes,
44:45de générosité extraordinaire.
44:46Moi je vous donnais du fromage français, monsieur.
44:49Vous allez l'amener chez vous.
44:50Vous allez l'essayer.
44:51Et s'il ne vous plaît pas,
44:52vous le ramènerez.
44:53Ça va ?
44:55Ça va ?
44:57Et avec ça, qu'est-ce qu'il vous faut ?
44:59Je voudrais de la morue d'Écosse.
45:03Écoutez, monsieur,
45:04nous en France,
45:05nous avons des marins bretons
45:08qui vont en Islande
45:09chercher de la morue française.
45:13Et vous voulez de la morue...
45:14De la morue d'Écosse.
45:16On a de la morue française.
45:18Vous allez l'amener chez vous.
45:20Vous allez l'essayer.
45:21Et si elle ne vous plaît pas,
45:23vous la ramènerez.
45:24Et ça va ?
45:25Ça va.
45:27Et avec ça,
45:28qu'est-ce qu'il vous faut ?
45:28Je voudrais de la sardine du Portugal.
45:33Vous voulez pas du couscous canadien, non ?
45:37Ou du chipor l'État de Venezuela, hein ?
45:42Je veux de la sardine du Portugal.
45:44Moi je vais vous donner de la sardine française, monsieur.
45:46Ça c'est français.
45:47Je ne suis pas chauvin comme tous les Français.
45:50Vous allez l'amener chez vous.
45:52Vous allez l'essayer.
45:53Et si elle ne vous plaît pas,
45:54vous la ramènerez.
45:55Ça va ?
45:56Je ne vais pas vous énerver pour ça.
45:59Oh, est-ce que vous êtes susceptibles, là ?
46:02J'avais fait la connaissance de votre sœur,
46:04qui est au demeurant très gentille.
46:07Nous avions sympathisé.
46:08Je voulais me marier avec.
46:09Mais si elle a le même caractère que vous,
46:11je crois que je vais choisir une italienne.
46:12Une italienne ?
46:13Vous voulez critiquer ma sœur ?
46:15Yo, yo !
46:16Viens ici.
46:17Yo, je voulais critiquer ma sœur.
46:19Yo, yo, viens ici.
46:20Viens.
46:21Et en peignoir, on s'en vient.
46:23Regardez ma franche, elle n'est pas jolie, ma sœur.
46:25Regardez-moi ça, je suis une mignonne.
46:26On dirait des danseuses anglaises.
46:28Regardez ces dents, tu vois.
46:29Regardez ces petites nuits.
46:30Regardez, c'est bien simple.
46:31Amenez-la chez vous.
46:32Vous allez l'essayer.
46:33Et si elle ne vous plaît pas,
46:34vous la ramènerez.
46:35Ça va ?
46:37Le personnage de Fernand, c'est un peu un personnage,
46:40bon, l'idiot sur scène.
46:42Oui.
46:43Moi, j'aime bien être traité d'idiot.
46:45Mais dans la vie, est-ce que c'est pas...
46:46Est-ce que les gens n'ont pas...
46:48Faut pas le rapprochement ?
46:49C'est pas agaçant de temps-là ?
46:54Non, si les gens sont polis, ouais, ça va.
46:57Mais ils sont souvent impolis ?
46:59Ah ouais, ça, ça rime.
47:00C'est un problème délicat, non.
47:02Il y a eu beaucoup d'histoires
47:04où ils tapaient dans la gueule
47:05de quelqu'un qui le poursuivait trop.
47:07Parce que, étant très populaire,
47:10le public va lui dire
47:11« Alors, Fernand, tu vas nous faire marrer.
47:12Allez, viens, Fernand, on va se marrer.
47:13Allez, viens boire un coup.
47:14Et Dieu va boire un coup. »
47:16Ça serait merveilleux, une loi.
47:17On a le droit de foutre une tarte sur la gueule
47:18à quelqu'un qui vient vous ennuyer.
47:21Paf !
47:22Il y a des gars...
47:26Il y a un talent !
47:27Toujours aussi con, foiré,
47:29et con, voilà !
47:31Alors, si je suis avec ma femme et mes enfants,
47:34je suis susceptible.
47:37J'aime pas beaucoup ça.
47:46La première fois que mon père a rencontré ma mère,
47:49qui était chanteuse,
47:51elle chantait dans une brasserie
47:52qui s'appelait chez Graf.
47:54Il y avait du bruit dans la salle
47:57et ma mère chantait du prévers.
48:01Le patron n'avait pas été très content d'elle,
48:04enfin, c'était son avis,
48:05et mon père, qui avait trouvé que cette chanteuse avait du talent,
48:09avait immédiatement pris sa défense
48:12et c'est ce qui a tout au départ scellé l'amour
48:15entre mon père et ma mère.
48:17Ils se sont mariés en 1955
48:21et ils se sont séparés en 1973
48:23quand mon père a eu son accident.
48:29Est-ce que vous avez une vie
48:30en dehors de cette profession terrible
48:32qu'est le métier de comique ?
48:35Ben, bien sûr !
48:37Oui, je suis marié,
48:38puis j'ai un petit garçon qui s'appelle Pascal
48:40qui a trois ans et demi.
48:42Mais notre métier, nous y pensons constamment.
48:46Nous sommes obnubilés par notre métier.
48:49L'autre fois, j'avais un copain,
48:50il est venu déjeuner à la maison,
48:51il m'a dit,
48:51« Mais pourquoi tu n'achètes pas des tableaux ? »
48:53« C'est nu ? »
48:55« Je ne sais pas, parce que je n'ai pas pensé. »
48:58Ça ne m'était pas venu à l'idée.
49:00Ils m'auraient dit,
49:00« Dis donc, dans ton numéro d'hier, pourquoi ? »
49:03« Ah oui, oui, tout de suite, ça m'aurait intéressé. »
49:12« Toto, mange ta soupe. »
49:14« Non, je n'aurai pas. »
49:16« Ça, je n'ai pas mangé ma soupe, là. »
49:19« Ça ne me dit rien de jouer, on attend. »
49:21« Je n'ai pas mangé de la soupe, c'est vrai. »
49:24« Quand le temps est lourd, quand un enfant bien éduqué
49:28ne doit jamais parler à table. »
49:30« Alors, mange tout de suite, ne discute pas,
49:32parce que moi, je suis ton père,
49:33et si tu ne m'obéis pas,
49:34je me verrai dans l'obligation de te foutre une tarte. »
49:37« Je te jure que tu mangeras ta soupe immédiatement. »
49:43« Oh, j'en ai mal. »
49:47« Quelle nuit que je mène dans cette nuit-là. »
49:52« Toujours m'oublie jamais, j'ai des trucs que j'aime. »
50:05« Les voisins. »
50:07« Bourreaux d'enfants. »
50:09« Bourreaux d'enfants. »
50:23Il pensait quand même faire ses adieux au Music Hall
50:27parce que le récital le vidait trop.
50:31C'est-à-dire, quand il sortait de scène,
50:33il était exténué.
50:34Nous-mêmes, on n'était pas contents.
50:36Parce qu'après, il s'écroulait, il n'en pouvait plus,
50:38mais enfin, c'est de la folie.
50:41Et je pense qu'il a eu son accident à cause de cela.
50:45Il a tellement de choses dans la tête,
50:46et puis vouloir faire son business lui-même,
50:49et puis s'occuper de tout.
50:51Au bout d'un moment, le cerveau humain,
50:53il pète les plombs.
51:01Il avait beaucoup de problèmes avec les impôts
51:03qu'il n'a encore beaucoup torturé.
51:06Et il s'était expatrié en Nouvelle-Calédonie
51:09pour avoir au moins un répit fiscal.
51:26Il s'était expatrié en Nouvelle-Calédonie.
51:48Je ne pense pas qu'il aurait arrêté.
51:50Je pense qu'il aurait fait les breaks,
51:51mais je crois qu'il avait un besoin,
51:53un tel besoin du public,
51:54un tel besoin de la scène.
51:55Je crois, sincèrement, je peux me tromper,
51:57mais je crois qu'il aurait continué.
51:59Peut-être qu'un jour, maintenant,
52:00il se serait arrêté, c'est possible,
52:01mais je crois qu'il aurait continué.
52:02Parce qu'il aimait ça, il a torré ça,
52:06et au fond, il était heureux quand il était sur la scène.
52:09Après, un triomphe à l'Olympia,
52:11mais vraiment quelque chose d'extraordinaire comme triomphe.
52:14Quelques jours après,
52:16j'avais besoin de parler un petit peu avec lui,
52:18comme un fils a besoin de parler à son père.
52:21Et on était relax,
52:22et je dis, toi, papa,
52:24en parlant d'émitiés,
52:25toi, papa, tu fais rire les gens.
52:28Et il m'avait répondu,
52:29avec un oeil de malin,
52:31j'essaye.
52:33Et ça m'avait frappé.
52:35Un monsieur qui avait 20 ans de succès,
52:39et qui, tout d'un coup, répondait,
52:40j'essaye.