- il y a 4 mois
Les États-Unis ont dit avoir abattu samedi 13 juin plusieurs drones iraniens qui visaient des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, malgré l'optimisme affiché quelques heures plus tôt par les deux parties au sujet d'un accord de paix.
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00:00Bonsoir Alain Bauer, merci d'être avec nous.
00:02Vous êtes professeur émérite de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers,
00:07fondateur du pôle sécurité-défense du renseignement
00:09et auteur de l'essai « La vérité sur le système Epstein ».
00:13On en parlera dans un instant, c'est aux éditions First.
00:16Mais vous aviez aussi écrit « Trump, le pouvoir des mots ».
00:20Et quand on regarde les mots de Trump, ils disent « L'accord devrait être signé demain »,
00:25évidemment, en lettres majuscules, au joli quai de l'anniversaire.
00:27– Et j'espère en lettres dorées, puisqu'il faut aller jusqu'au bout du concept.
00:32Oui, chez Donald Trump, tout est symbole.
00:34Il y a à la fois ce qu'on voit, la provocation, la divagation, la digression,
00:38et ce qu'on ne regarde pas suffisamment,
00:39tellement on est sidéré par les épisodes précédents,
00:42les mises en scène, les tweets, les trousses social,
00:46« En veux-tu, en voilà ? »
00:48Les mises en scène, le dernier clip étant encore plus créatif que les autres,
00:53on va dire, le clip anniversaire.
00:55Mais il y a aussi ce qu'on ne voit pas,
00:56des négociations qui n'ont jamais cessé,
00:59des avancées sur certains sujets,
01:03un débat pour « Est-ce que ça sera mieux ou pas que l'accord de Vienne,
01:07qu'il avait lui-même annulé en 2016 ? »
01:12Mais in fine,
01:13contrairement à tous les commentaires de commentateurs sur « Non mais c'est n'importe quoi »,
01:20il se passe toujours quelque chose.
01:21Pendant qu'on regarde la main gauche de Donald Trump,
01:24la main droite continue à fonctionner relativement bien,
01:26de manière assez rationnelle.
01:28J'ai encore lu tout à l'heure un long papier de Foreign Policy,
01:31où un des commentateurs habituels qui critique Trump en long, en large,
01:34en disant « En fin de compte, je me suis quand même forcé à dépasser la sidération ».
01:40Il y a une logique, elle est totalement bizarre,
01:43mais à la fin de la partie, il a plus de jetons qu'au début,
01:46et en fait, il n'y a que ça qui compte pour le joueur qu'est Donald Trump.
01:49En tout cas, vous dites effectivement que vous ne croyez pas à cette stratégie du fou,
01:53au contraire, il avance, c'est la 38e, 39e fois, Patrick.
01:5740e, vous avez compté 40e fois qu'il dit « on va signer un accord ».
02:03Donc 40e fois, est-ce que cette fois, c'est la bonne ?
02:07Je crois à la stratégie du fou.
02:08La stratégie du fou a été inventée par Henry Kissinger,
02:10qui n'est pas dingue, pour Richard Nixon,
02:13en expliquant que cette stratégie devait permettre de résoudre
02:16toute une série de sujets entre le Vietnam, la Chine, l'URSS de l'époque, etc.
02:21Et cette stratégie a, du point de vue d'Henri Kissinger,
02:24plutôt bien marché par rapport à ce qu'il voulait faire,
02:27plutôt moins bien pour Richard Nixon.
02:29Ça a permis le phénomène de reconnaissance de la Chine
02:32et de rééquilibrage par rapport à l'idée qu'il voulait déjà d'éliminer l'URSS.
02:37Non, la stratégie du fou, ça marche bien.
02:39Sauf que la stratégie du fou, en général, est faite par quelqu'un qui n'est pas fou.
02:42Nous, on pense que Trump est fou parce qu'il joue au fou.
02:46Je ne psychiatrisse jamais à distance.
02:48Je dénie d'ailleurs à qui que ce soit le soin de projeter sur quelqu'un
02:52qu'il n'a jamais rencontré et à qui il n'a jamais parlé,
02:54le soin de dire qu'il est dingue ou pas, parce qu'on n'en sait rien.
02:57On peut jouer au dingue, être dingue, et il y a même beaucoup de fous dangereux
03:01où ça n'est pas écrit dessus.
03:02Donc, il y a un sujet.
03:03Mais derrière tout ça, que fait Donald Trump ?
03:06Il est en train de reconquérir l'ensemble du continent américain.
03:09Continent américain.
03:10Le canal de Panama, piqué aux Chinois.
03:13Le Brésil, prochain objectif.
03:15Cuba, étouffé, objectif intermédiaire.
03:18Il est en train de se préoccuper de comment il va pouvoir...
03:21À la fin, il ne restera que le Mexique.
03:22Il est en train d'essayer de détacher l'Alberta du Canada,
03:25c'est-à-dire briser la plus grande puissance pétrolière
03:29de son ami rival canadien.
03:32Pendant qu'on regarde Hormuz, il signe un accord militaire
03:36avec la Malaisie, l'Indonésie et les Philippines
03:38pour contrôler les détroits de Malacca,
03:4080% de ceux qui sortent de la Chine.
03:42Hormuz, c'est 80% du pétrole qui y rentre.
03:45Mais vous imaginez quand même la diversion, si on suit votre stratégie.
03:49On lance une guerre en mettant le golfe à feu,
03:54tout ça pour son hémisphère américain.
03:56Ça tient debout, ça ?
03:57Parce que les Chinois font ça.
03:58Vous voyez, quand vous regardez la carte...
04:00C'est un peu plus subtil.
04:01Ah non, ça peut même être assez brutal.
04:03Mais quand vous regardez la carte de la Chine
04:05vue par les Chinois depuis 2013,
04:06elle n'est plus horizontale, comme nous voyons nos pop-cartes,
04:09elle est parfaitement verticale.
04:10Elle va de l'Arctique à l'Antarctique.
04:12Ça, c'est à nous.
04:13Les Américains ont dit, bon, parfait, ça c'est à nous aussi.
04:16Et donc, ils ont bloqué deux hémisphères,
04:19deux hégémons, deux empires,
04:23un déclinant, un renaissant.
04:24Il reste un obstacle essentiel pour les Chinois,
04:27qui est l'Inde, notre principal allié
04:29et notre principal client en matière militaire.
04:31Je le rappelle quand même,
04:32parce que ce n'est pas tout à fait secondaire
04:33par rapport à nos enjeux dans ce qu'on appelle l'Indo-Pacifique.
04:36Et puis, au milieu, il y a une zone de prédation
04:39qui est un marché et qui n'est pas une puissance, nous.
04:41– Alors ça, c'est du côté vertical.
04:43Maintenant, si on regarde la carte au niveau horizontal
04:45et si on zoome sur les détroits d'Orboux,
04:47ce n'est pas forcément une réussite, là,
04:49ce préambule, d'accord ?
04:51Vous diriez plutôt que les États-Unis sont vainqueurs
04:54parce que l'Iran dit, elle, qu'elle a gagné.
04:56– Alors, militairement, l'Iran a gagné
04:57parce qu'ils n'ont pas perdu.
04:58Ça, il n'y a pas photo.
04:59Politiquement, l'Iran a gagné
05:01parce que le régime ne s'est pas effondré.
05:02Ça, c'est la défaite de M. Netanyahou.
05:05Mais pour le reste, les Américains ont quoi ?
05:06Leur prix du pétrole n'a jamais été aussi haut.
05:08Ils n'ont jamais vendu autant d'armes.
05:10Ils ont vassalisé tous les autres.
05:12Qui achète des Rafales au sein de l'OTAN ?
05:15Personne.
05:16Qui est dépendant des États-Unis ?
05:18Tout le monde.
05:19Tout le monde est…
05:20Ben, pardon, hein ?
05:21Quand vous avez RF35, qu'est-ce que vous faites ?
05:23Non, mais par exemple, quand on voit
05:24que les Émirats Arabes Unis ont payé l'Iran
05:28pour ne plus être attaqué,
05:29on se dit que peut-être ils changent de parachute.
05:32En tout cas, ils n'ont pas confiance en parachute américain.
05:34Les Émirats Arabes Unis, le Qatar, l'Arabie Saoudite
05:36payent l'Iran depuis le régime en 1979.
05:39Vous croyez que la vie est tranquille là-bas
05:42juste parce qu'ils s'aiment ?
05:43Ils se détestent, ils se haïssent, ils s'entretuent.
05:47Et donc, le principe là-bas, c'est tu payes pour avoir la paix.
05:49En français, ça s'appelle du racket
05:51et là-bas, ça s'appelle la diplomatie.
05:52Donc, vous trouvez que Donald Trump a obtenu ses buts de guerre
05:55et il n'a pas réussi à obtenir les 440 kilos d'uranium, par exemple ?
06:00Voilà ses jetons, puisque vous parliez, vous avez l'anologie.
06:02J'en sais rien.
06:03Il a gagné plus de jetons qu'il a sur ses jetons.
06:05J'en sais rien, nous non plus.
06:06On va voir le protocole des 14 ou 15 points ou des 13 points.
06:10Est-ce qu'il va y avoir la dilution sur place ?
06:12Est-ce que ça va aller à Bouchère, chez les Russes,
06:14sans quitter le territoire, mais en étant vraiment dilué ?
06:16Le problème n'a jamais été les 440 kilos, mais les 11 tonnes !
06:20Je rappelle, il y a 11 tonnes entre 2 et 60%, voire plus,
06:25puisqu'on avait même trouvé un site inconnu
06:27qui a été bombardé par les Israéliens et les Américains
06:30et que les Iraniens disaient
06:31« Mais on a encore un autre, un autre que vous ne connaissez pas du tout, Nananer ! »
06:34Donc, on n'en sait rien.
06:36Yossi Cohen, l'ancien patron du Mossad, explique dans un entretien cette semaine
06:40que dès que l'accord du JCPOA, dit accord de Vienne, avait été signé,
06:43il avait été chargé de suivre le patron du programme nucléaire iranien,
06:48par ailleurs éliminé depuis,
06:50qui avait commencé à enrichir secrètement le lendemain de la signature du protocole.
06:54D'accord ? Au cas où, des fois que.
06:56Donc, tout le monde ment.
06:58Tout le monde ment.
07:00Mais, en la matière, après la signature du protocole,
07:03et une fois qu'il aura été clairement identifié comme étant le protocole,
07:06qui n'est qu'un memorandum of understanding,
07:08c'est le protocole en vue d'un cessez-le-feu.
07:11Enfin, c'est un protocole d'un cessez-le-feu en vue d'un accord,
07:15qui n'est pas la paix.
07:16Qui n'est pas la paix.
07:17Qui n'est pas la paix.
07:18Qui n'est pas la paix.
07:20De tiède qui va s'annoncer pour les prochaines semaines, mois, années au Moyen-Orient.
07:25Depuis la guerre Iran-Irak,
07:27tout le monde sait qu'il n'y a qu'un intermède qui a duré relativement longtemps,
07:31parce que les Iraniens ont compris que les Américains voulaient leur destruction.
07:36Aujourd'hui, les Américains veulent le désarmement de l'Iran.
07:38Les Israéliens veulent l'effondrement du régime iranien.
07:42Ce n'est pas la même politique.
07:43Pendant longtemps, c'était à peu près parallèle.
07:45On ne voyait pas bien la différence.
07:46Là, on est dans le grand écart.
07:48C'est le drame que vit le Premier ministre israélien
07:51qui avale coup l'œuvre sur coup l'œuvre
07:53et qui essaye de revenir un petit peu en disant
07:55« Non, mais là, il y a eu un lancement de missiles,
07:58là, il y a un lancement de roquettes »
07:59et qui, lui, est en train de faire, pour l'essentiel,
08:02le Hezbollah au Liban.
08:03Mais à la fin de la fin, Donald Trump dira
08:06« Je suis vainqueur parce que c'est toujours comme ça qu'il fonctionne. »
08:08Vous citiez mon livre tout à l'heure.
08:09Il aura gagné parce qu'il aura gagné.
08:11Et on va voir qui contrôlera véritablement le détroit d'Hormuz,
08:15qui contrôlera le péage.
08:16– Vous pensez que j'ai la réponse, M. Brewer ?
08:18– Non, non, c'est sûr.
08:20Quand nous en parlons régulièrement
08:21et que vous êtes très au fait de ces choses,
08:24parce que le niveau d'information et de compétence…
08:26– Ah bah, surtout aujourd'hui.
08:28– Non, non, mais le niveau d'information et de compétence
08:30de votre chaîne est quand même élevé,
08:31il faut dire les choses.
08:32Je trouve que vous avez beaucoup d'excellents journalistes.
08:35– Patrick, ne rejussez pas.
08:36– Non, je reste quand même sur votre idée de jeu.
08:39Je prends l'hommage.
08:40– Non, mais il m'arrive d'être suffisamment désagréable
08:42pour être de temps en temps aimable.
08:44– Mais il se trouve que dans la réalité, aujourd'hui,
08:46on va voir apparaître toute une série d'accords
08:49qui sont déjà la petite musique de ces accords,
08:53qui a commencé à Oman quand l'Iran est arrivé
08:54avec 61 négociateurs.
08:56Pas 3, 61,
08:59qui avaient chacun leur chapitre à négocier.
09:01Ce n'est pas un accord en 15 points,
09:03c'est un accord en 60 points, 70 points, 80 points.
09:05– Ils étaient à peine 10 côté américain.
09:07– Oui, des détails picro-collins,
09:09des trucs auxquels on ne peut même pas imaginer,
09:11qui étaient exactement la même chose.
09:13Robert Mallet racontait ça sur la négociation du JCPOA.
09:15– Non, ça négociait d'ailleurs, mais de Barack Obama.
09:17– Barack Obama.
09:18Il disait, mais il y avait des trucs,
09:19mais on ne savait même pas d'où ça sortait.
09:21Ça repartait, ça revenait.
09:22Il y avait une virgule par-ci, un point par-là.
09:24Tout est dans le point et la virgule.
09:26Donc, on est dans un processus où il va y avoir un accord.
09:29Ça, c'est à peu près clair.
09:30Tout le monde est d'accord.
09:31Peut-être qu'il va y avoir un accord,
09:32donc il va y avoir un accord.
09:33Dans cet accord, il va y avoir une lecture extraordinairement fine
09:36de la version en farcie, de la version en anglais,
09:40éventuellement des versions dans les autres langues,
09:41puisque nous-mêmes, on est partis prenant des sanctions
09:45et de la levée des sanctions,
09:46y compris de la levée des sanctions financières.
09:48Donc, ce processus-là va nous permettre d'être extrêmement éclairé.
09:51Et à ce moment-là, je suis prêt à venir vous faire,
09:54avec Patrick, on va faire un bilan.
09:55– L'analyse de la chintagse.
09:56– Est-ce qu'il y a plus de châteaux au début qu'à la fin ?
09:58– Oui, en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y aura un péage.
10:01Ça, il n'y avait pas de péage dans le détroit d'Ormuz avant.
10:03– Mais il y en a un dans le Bosphore,
10:06il y en a un dans le canal de Suez.
10:08– Ce n'est pas contraire au droit international ?
10:09– Oui, mais il n'y a pas de droit international.
10:10Il faut arrêter là.
10:11Le droit international, les coups de lumière,
10:13l'accord de Montégobé s'applique à peu près partout,
10:15sauf dans le détroit d'Ormuz,
10:16parce que dans le détroit d'Ormuz, il n'y a pas de eau internationale.
10:19À cause de l'accord de Montégobé
10:21qui a élargi les eaux territoriales.
10:23On était soit au monde…
10:24– Vous direz ça au président de la République, Emmanuel Macron,
10:26hier, depuis le palais de l'Elysée,
10:28qui disait « je crois au droit du international ».
10:30– Mais moi aussi, je crois au droit international.
10:31– À côté du Premier ministre canadien,
10:33justement, pour parler de sa souveraineté.
10:34– Il est en matière maritime coutumier.
10:36Et dans le détroit d'Ormuz,
10:37quand ils ont élargi les eaux territoriales,
10:40parce que l'accord de Montégobé,
10:41il y a un addendum ou un appendice
10:43qui prévoit que ça passe de 3 à 9 miles,
10:47et bien du coup, l'eau…
10:4812 miles, Marty.
10:51La partie internationale du détroit
10:52est devenue ridiculement petite.
10:54Et en plus, c'est un endroit où on ne peut pas naviguer.
10:56– Oui, vous avez remarqué,
10:58les Iraniens parlent de Golfe Persique.
10:59– Bien sûr.
11:00– Le reste du monde, et surtout les voisins…
11:01– C'est comme le Golfe d'Amérique.
11:03– C'est comme le Golfe d'Amérique
11:04à la place du Golfe du Mexique.
11:05Non mais ils parlent la même langue.
11:07C'est ça qui est absolument incroyable.
11:08Il y a une logique bizarre,
11:10c'est qu'en fait, ils parlent le Trump
11:11et Trump parle visiblement le Persan.
11:14– Alors justement, puisqu'ils parlent chacun leur langue,
11:16Abbas Arraki a dit « l'Iran a remporté la guerre ».
11:19Donc Donald Trump, demain, dira « j'ai gagné ».
11:22Comment est-ce qu'il va, puisque vous le connaissez très bien,
11:25mettre en scène ce qu'il appelle sa victoire ?
11:27– C'est simple, j'ai gagné.
11:29– J'ai gagné.
11:29Donc je ne veux pas râle pour mon anniversaire.
11:31– J'ai gagné en cas de doute, revoir le 1, j'ai gagné.
11:33– Voilà, c'est ça.
11:34Et l'affirmer très fort, et ne jamais douter.
11:36– Jamais.
11:38Un, j'ai gagné.
11:39Deux, en cas de doute, j'ai gagné.
11:40Ne jamais perdre, donc j'ai gagné.
11:41Ne jamais reconnaître qu'on a perdu, donc j'ai gagné.
11:44Saturer l'espace médiatique, car j'ai gagné.
11:47C'est tout.
11:48– Et ça, ça marche, cette stratégie de la persuasion,
11:50justement sur son électorat américain.
11:51– Il est au fond président des États-Unis après une tentative de coup d'État.
11:54– Bon, là, il y a quand même une large défiance, quand même,
11:56dans son électorat, y compris dans sa base MAGA.
11:59– N'importe quoi.
11:59Il a gagné toutes les primaires,
12:01tous ses opposants ont été déchiquetés aux élections primaires.
12:03C'est une défaite, ça ?
12:05Tous les gens qui se sont opposés à Donald Trump,
12:07qui ont essayé d'envoyer Donald Trump devant le jugement du Congrès,
12:13ont été battus et sèchement battus par les candidats MAGA
12:16qui se sont tous roulés par terre devant Donald Trump.
12:18Alors si ça, c'est une défaite, moi, je le souhaite perdre souvent.
12:20– La semaine prochaine, il arrive donc en Europe,
12:23après moult hésitations, à Genève, viendra, viendra pas,
12:27puis à Evian, pour le sommet du G7,
12:29on sait qu'il a eu des maux très durs via son réseau social,
12:32trousse sociale vis-à-vis des Européens,
12:34qu'il a jugé lâches parce qu'il ne les avait pas aidés,
12:36qu'il commence à enlever ses troupes sur le sol.
12:40Est-ce que vous pensez qu'on va se prendre,
12:42ce qu'on appelle en anglais le backlash,
12:44c'est-à-dire le coup de boomerang, le coup de bambou ?
12:47Est-ce qu'il va être dur avec les Européens ?
12:49– Il est déjà extrêmement dur avec les Européens,
12:51il faut qu'ils payent, il faut qu'ils achètent Américains,
12:54il est en train de récupérer, pendant qu'on ne regarde pas
12:55les trois bases du Groenland, deux anciennes et une nouvelle,
12:58dont il avait besoin pour contrôler le futur passage du Nord,
13:00parce que lui, il croit au réchauffement climatique,
13:02en tout cas d'un point de vue stratégique,
13:04d'un point de vue environnement, pas du tout, mais voilà.
13:07Non, il va faire, voilà,
13:08et les troupes qu'il enlève en Allemagne, il les remet en Pologne,
13:11les troupes qu'il enlève ici, il les remet là,
13:13il a une restructuration, parce que son armée est vieillissante,
13:16avec beaucoup de problèmes de maintien,
13:19et des délais invraisemblables dans le renouvellement
13:22et la modernisation des équipements américains.
13:25Quand les Chinois font deux porte-avions en six ans,
13:27les Américains en font un en douze,
13:28donc il y a un petit sujet, pour prendre que cet élément
13:31qui est vraiment très puissant,
13:32en matière d'appareils, la nouvelle génération,
13:36la dronisation, il a aussi raté que nous,
13:39le premier drone américain, c'est le LUCA,
13:41qui est une copie du Shahed iranien, c'est vous dire,
13:44et qui est arrivé, heureusement pour eux,
13:45là, juste au mois de février 2026,
13:49le premier drone sous-marin qui permet de remplacer
13:51les dragueurs de mine qui auraient pu permettre
13:55de régler son sorti en avril,
13:57avec six ans ou huit ans de retard.
14:00Les commandes sont très basses,
14:01les Tomahawk et les missiles antimissiles,
14:04il n'y en a quasiment plus,
14:05entre ce qui a été consommé en Ukraine d'abord,
14:08en Israël et dans le Golfe ensuite.
14:10Non, non, il a un sujet,
14:12mais oui, il a un problème de re-répartition
14:15de ses moyens en attendant
14:17les 1 500 milliards de dollars du budget,
14:20qui n'ont pas été votées,
14:22et surtout l'extraordinaire gestion
14:24de son immense dette,
14:26qui, par rapport à la nôtre...
14:28Vous feriez un merveilleux avocat, quand même,
14:30pour Donald Trump, parce que vous le défendez très bien,
14:32mais en tout cas...
14:32Non, non, j'en connais les défauts,
14:33mais je souhaiterais qu'on arrête
14:34de se limiter à ses humeurs.
14:36Voilà, le commentaire, c'est bien,
14:38l'analyse des faits, c'est mieux.
14:39Moi, mon métier, c'est l'analyse des faits.
14:41Alors, l'analyse des faits, on va y venir,
14:42puisqu'il passe entre les mailles de tous les filets,
14:45finalement, de Donald Trump,
14:45y compris du scandale Epstein.
14:47C'est l'objet de votre livre,
14:48La vérité sur le système Epstein,
14:51Paris, Londres, New York,
14:52le réseau criminel mondial qu'ils ont voulu cacher,
14:54et ça tombe très bien, ce livre,
14:55puisque le 10 juin dernier,
14:57eh bien, c'est Bill Gates
14:58qui a été auditionné,
14:59et il a lâché ce qu'il n'avait jamais lâché publiquement,
15:02c'est-à-dire que Jeffrey Epstein
15:03a tenté de le faire chanter.
15:06Chanter pourquoi ?
15:07Parce qu'il savait que Bill Gates
15:08avait une relation extra-conjugale,
15:11ça veut dire que ce milliardaire,
15:12il n'était pas milliardaire,
15:13mais ce très riche homme d'affaires,
15:14a été milliardaire.
15:16Il avait donc des compromates,
15:18cette arme secrète par excellence,
15:20pour faire chanter les puissants.
15:21Raconte-toi.
15:22En fait, Jeffrey Epstein,
15:23ce n'est pas un prédateur sexuel,
15:25pardon,
15:25ce n'est pas seulement un prédateur sexuel,
15:26et ce n'est pas seulement une affaire.
15:28C'est un réseau,
15:29c'est un système,
15:29c'est même un système de systèmes.
15:33M. Ponzi,
15:34quand il invente son outil,
15:35ce n'est pas le premier escroc
15:36de l'histoire du monde,
15:37mais il l'industrialise tellement
15:38que son nom propre
15:40devient un nom commun.
15:41Un Ponzi,
15:42c'est une pyramide
15:43qui permet une escroquerie massive
15:44au détriment d'investisseurs
15:46qui se laissent.
15:47Epstein,
15:48c'est pareil en matière sexuelle,
15:49c'est un industriel de la prédation,
15:52sauf qu'il ne le fait pas seulement
15:53pour son bénéfice,
15:54il le fait pour des amis,
15:55des connaissances,
15:56et en même temps,
15:57il fait raquette,
15:59maître chanteur,
16:01agent de transmission
16:02de renseignements
16:02pour les uns et pour les autres,
16:04Multicart d'ailleurs,
16:04il ne regarde pas l'origine,
16:06et en fait,
16:07il a cumulé les deux,
16:08Epstein et Ponzi,
16:09ces deux industries
16:11mélangées avec des complices,
16:13des complices sexuels,
16:16lui c'est un père Macron
16:17avec des mères Macron
16:17pour préciser à peu près
16:19comment il se situe,
16:20et on découvre tous les jours
16:21de nouvelles victimes,
16:22un millier aux Etats-Unis,
16:24un millier,
16:26des centaines
16:27un peu partout ailleurs,
16:28rien qu'en France,
16:29depuis qu'enfin,
16:30Mme Bécuot,
16:31il faut rendre hommage
16:32à l'action du parquet de Paris,
16:33a ouvert deux enquêtes,
16:34une partie financière,
16:35une partie prédation,
16:36parce que le parquet
16:37a bien compris
16:38qu'il y avait deux sujets
16:38et qu'il fallait bien
16:39les prendre en considération.
16:40il y a eu onze nouvelles plaintes
16:42en quelques semaines.
16:44M. Epstein avait ouvert
16:46quatre lupanards,
16:47ça s'appelle comme ça,
16:47à Londres,
16:48qui ont été découvertes
16:49par une enquête très fine
16:50et très longue de la BBC
16:51au bout de quatre mois
16:53de travail acharné
16:54pour aller non pas
16:55dans les trois millions et demi
16:56de documents révélés,
16:58plus ou moins caviardés,
16:59par le département
17:00de la justice américain,
17:01mais à l'intérieur
17:01de ces documents,
17:02dans les dizaines
17:02de milliers de lignes
17:03de ces virements
17:04de cartes de crédit
17:05et virements bancaires
17:06pour découvrir
17:07qu'il payait quatre loyers
17:08à Londres.
17:08En France,
17:09il faisait le tour
17:10des propriétés de province
17:11pour s'acheter des châteaux.
17:13Mme Maxwell avait un château
17:14en France.
17:15Nous ne sommes qu'au début.
17:17Il y a un courriel
17:18qui annonce
17:18qu'il y a au moins,
17:19paraît-il,
17:19il y aurait peut-être
17:20deux cadavres
17:22de jeunes filles
17:23enterrées au Ranch Bravo.
17:25L'enquête a commencé
17:26il y a quinze jours.
17:27On voit bien
17:27à quel point c'est une pieuvre.
17:28Quinze ans plus tard.
17:29À quel point,
17:30effectivement,
17:30on va continuer
17:31à en parler
17:32de cette affaire Epstein.
17:33Est-ce que vous pensez ?
17:33On a souvent dit
17:34que c'était un agent secret,
17:36presque,
17:36on l'a dit,
17:37agent secret du Mossad,
17:38on a dit qu'il travaillait
17:38pour les Russes.
17:39Est-ce que vous pensez
17:39qu'il a peut-être
17:40des compromates
17:41de quoi faire chanter
17:43des hommes politiques,
17:44des diplomates français ?
17:45C'est ce qu'il dit lui-même.
17:46Il dit que les caméras
17:47ne sont pas là
17:48pour ne pas enregistrer.
17:50Le problème,
17:50il est qu'il y a
17:51des complices français
17:52qui est mort en prison.
17:54M. Brunel
17:55qui, lui,
17:55s'est vraiment suicidé.
17:56On va dire,
17:56il n'y a pas de doute
17:57en tout cas sur cette partie-là.
17:58D'autres qui apparaissent
17:59au fur et à mesure.
18:00Un photographe ici,
18:01un architecte là,
18:02un diplomate ailleurs.
18:04Et puis surtout,
18:05il y a les échanges,
18:06les millions de courriels
18:07où on te transmet
18:08des informations.
18:09Je te rends service,
18:10tu me rends service,
18:11etc.
18:12Epstein,
18:12il n'a jamais été
18:13agent secret
18:14de qui que ce soit.
18:14Il est un intermédiaire
18:16entre services de renseignement
18:17et qui il rend
18:18des services multiples
18:19à son propre bénéfice.
18:21Parce qu'il est le cœur
18:22de son propre système.
18:23C'est pour ça que je dis
18:24que c'est un système
18:25de système.
18:26Mais à la fin,
18:27vous avez un certain nombre
18:28d'organigrammes
18:29qui vous montrent
18:29la réalité structurelle
18:31de comment ça marche.
18:33D'abord,
18:33l'influence des savants,
18:35des hommes d'affaires,
18:36etc.
18:36Dans l'influence,
18:37la compromission.
18:38Parce que tous ceux
18:39qui sont cités autour d'Epstein
18:40ne sont pas des prédateurs sexuels.
18:42Mais tous n'ont pas voulu voir,
18:44n'ont pas voulu savoir,
18:46n'ont pas voulu enquêter,
18:48n'ont pas voulu chercher,
18:48n'ont même pas regardé.
18:50Si, Epstein lui-même dit
18:51« Oui, mais si tu regardes
18:52sur Internet,
18:53tu vas trouver des choses
18:53pas très gentilles sur moi. »
18:54Réponse « Oui, mais c'est pas grave,
18:56c'est vieux, c'est ancien. »
18:57Pourquoi ?
18:57Parce que les magistrats
18:59et les procureurs
19:00qui gèrent cette affaire
19:01au début
19:02se laissent convaincre,
19:05c'est pas bien comment,
19:07de réduire les charges
19:08quasiment.
19:08On sait trop bien
19:09comment peut-être aussi.
19:10Peut-être trop bien, oui.
19:11La tape sur les mains.
19:12Il y a une journaliste
19:13formidable du Miami Herald
19:14qui fait une enquête
19:15extraordinaire,
19:16qui est largement soutenue
19:17par sa rédaction
19:19et qui révèle l'affaire.
19:21Une autre journaliste,
19:22quelques années après,
19:23à New York,
19:23refait la même enquête
19:25et elle se fait censurer
19:26par son prédacteur en chef
19:27qui dit « Mais je le connais,
19:28Jeffrey, il est si gentil.
19:29Tu ne peux pas écrire ça ? »
19:31Censure.
19:32Donc, on sent bien
19:33qu'il y a quelque chose.
19:33La secrétaire de M. Gates,
19:36elle dit « J'étais l'esclave »
19:39et sous influence
19:40de Jeffrey Epstein
19:41parce qu'elle-même,
19:42elle a fait un commentaire,
19:44en tout cas un témoignage.
19:46Ce n'est que le début
19:47de cette affaire.
19:48C'est déjà une énorme affaire.
19:49Moi, au début,
19:50j'ai regardé ça
19:51comme une affaire
19:51en disant « Oui,
19:52un prédateur... »
19:53Une affaire de mœurs.
19:54Un prédateur sexuel de plus
19:55que je ne devrais pas faire
19:56parce que j'ai bien compris
19:57que ce sujet
19:58changeait de nature.
19:59Mais professionnellement,
20:00si on n'est pas blindé,
20:00on ne fait pas mon métier
20:01pas plus que le vôtre.
20:03Et puis, au bout d'un mois,
20:04j'ai dit « Non, mais quand même... »
20:05Puis, j'ai vu arriver
20:06les 3 millions de documents.
20:07Parce qu'on a beaucoup écrit
20:07sur Jeffrey Epstein
20:08avant les 3 millions
20:09et demi de documents.
20:10Mais là,
20:10on peut écrire sur le réel,
20:12sur des éléments
20:13qu'on peut tous vérifier,
20:14revérifier,
20:15survériter ce que j'ai fait.
20:15Est-ce que vous pensez
20:15que la justice française
20:16sur le volet français
20:18de l'affaire Epstein,
20:19par exemple,
20:19sur les signalements
20:20qu'il y avait eu
20:20sur son immeuble
20:22Avenue Foch,
20:22aurait pu se saisir,
20:25enquêter,
20:25aller plus vite
20:26puisqu'on parle beaucoup
20:27des ratés judiciaires
20:28aujourd'hui.
20:29Elle avait rien.
20:30Les 3 millions
20:30et demi de documents,
20:31ils sont là.
20:31Et Mme BQO,
20:32elle a vu arriver
20:33les 3 millions
20:33et demi de documents.
20:34Deux enquêtes.
20:35Donc, 11 nouvelles plaintes
20:36depuis.
20:37Donc, il se passe quelque chose.
20:39Mais il se passe quelque chose
20:39à la vitesse
20:40de la justice française.
20:42Paradoxalement,
20:42la justice américaine
20:43n'a pas brillé particulièrement
20:44dans cette affaire,
20:45en tout cas en Floride,
20:46beaucoup plus à New York.
20:49Et alors là,
20:50c'était l'inverse.
20:50C'est-à-dire,
20:50la presse de Floride
20:52a été formidable,
20:53vraiment,
20:53elle mérite un prix,
20:55je ne sais pas comment
20:55ça s'appelle.
20:56Pulitzer.
20:57Et la presse de New York,
20:59le rédac chef,
21:00mérite d'être montré
21:03pour ce qu'il est.
21:04Donc, les complices,
21:05les gens qui ont laissé faire,
21:07etc.,
21:07il y en a partout.
21:08Vous imaginez ?
21:09Le 3e pôle d'activité
21:11de Jeffrey Epstein,
21:12c'est la Norvège.
21:13Premier ministre,
21:15négociateur des accords
21:15de paix,
21:18Palais-Royal ?
21:20Largement plus même
21:21que ce qu'on parle
21:22de ce qu'on dit
21:23de la Grande-Bretagne,
21:23quelque part.
21:24Et la Maison-Blanche ?
21:26La Maison-Blanche,
21:27il y a un seul cas
21:28identifié d'une
21:29en plainte concernant
21:30personnellement
21:31Donald Trump
21:32qui n'a jamais prospéré
21:33à ce jour.
21:34Toutes les autres,
21:34je le précise d'ailleurs,
21:35parce qu'il faut être précis,
21:37il y a la rumeur,
21:38rien,
21:38les enquêtes preneurs,
21:40rien,
21:41tout ce qu'on peut se raconter.
21:42Ce qui est terrible
21:42dans cette affaire,
21:43je vais vous dire,
21:43c'est que moi
21:44qui suis vraiment
21:46dans une distance
21:47avec le complotisme
21:48contemporain,
21:48tout ça c'est n'importe
21:49en fait pas du tout.
21:50Pour la première fois,
21:51des conspirateurs
21:52au sens américain
21:53du terme conspiracy,
21:54qui est un délit
21:55qui relève du crime
21:56organisé,
21:56ont réussi à manipuler
21:57des complotistes
21:58pour noyer
21:59l'affaire Epstein
22:00dans des trucs
22:01tellement délirants
22:02que plus personne
22:02n'y a cru.
22:03Mais maintenant,
22:05la conspiration
22:06au sens américain
22:07du terme,
22:07c'est-à-dire un crime
22:08organisé,
22:09un réseau criminel
22:10organisé,
22:10apparaît dans son immensité
22:13et elle nous dépasse.
22:14Et si vous ajoutez ça
22:15à ce que nous vivons nous,
22:17les affaires de prédation
22:19sexuelle identifiées,
22:20la civise,
22:21la SIAZ,
22:22MeToo,
22:23le périscolaire,
22:24etc.,
22:24vous vous rendez compte
22:25que l'océan
22:25de pédocriminalité
22:26que nous n'avons pas
22:27voulu voir,
22:28même quand on disait
22:31que oui,
22:31mais alors on nous disait
22:32qu'on voyait bien
22:33qu'il ne se comportait pas bien,
22:34on nous disait
22:35ne t'approche pas de lui
22:36parce que durant les spectacles,
22:38qui que ce soit
22:38qui soit concerné,
22:39parce que ce n'est pas
22:39le seul M. Bruel
22:41qui est concerné
22:42par ce genre de choses,
22:43on se rend compte
22:43tout d'un coup,
22:44brutalement,
22:45à quel point,
22:46en fait,
22:46on a toléré l'intolérable
22:48au nom du fait
22:49que nous n'y croyons pas.
22:50C'est un biais cognitif
22:51et c'est un biais cognitif
22:52sur lequel il va falloir
22:54lutter en société.
22:56Et on va en parler
22:57puisque c'est vrai
22:57que le drame,
22:59pas l'affaire,
22:59le drame de cette petite Liana
23:01qui a été inhumée hier,
23:03pose énormément
23:04de questions
23:05sur les violences
23:06faites aux enfants.
23:08On est en direct
23:08de Florence
23:09avec Mathéo Rivière.
23:11Bonsoir Mathéo.
23:13L'enquête,
23:14où en est l'enquête
23:15de Jérôme Barrella
23:16qui, je crois,
23:17reste mutique
23:18jusqu'à présent ?
23:23Oui, l'autopsie
23:24est donc désormais terminée
23:26mais les enquêteurs
23:28de la section de recherche
23:29de Toulouse
23:29poursuivent leurs investigations
23:31autour de deux questions.
23:32D'abord,
23:33quelle est la cause
23:33de la mort de Liana ?
23:35C'est la première autopsie
23:37qui n'a pas permis
23:37donc de le déterminer
23:39à l'après laquelle
23:40des expertises complémentaires
23:41ont été ordonnées.
23:43On le rappelle
23:44que cela peut être très long.
23:4515 jours,
23:46nous dit une source proche
23:48du dossier.
23:49Et puis,
23:49deuxième question,
23:50que s'est-il passé
23:51dans la voiture
23:52de Jérôme Barrella
23:53où des expertises
23:54ont également été effectuées ?
23:57Ces éléments
23:57très cruciaux
23:58pour l'enquête
23:59car, on le rappelle,
24:00le 29 mai dernier,
24:01c'est là
24:01que Liana a été aperçue
24:04pour la dernière fois.
24:05Des expertises
24:06qui, selon nos informations,
24:07sont terminées.
24:08Mais il faut désormais
24:09travailler,
24:11exploiter
24:11toutes ces données
24:12récoltées sur le véhicule.
24:14Des expertises cruciales
24:15qui vont s'ajouter
24:16à une future convocation
24:18d'ici quelques semaines
24:19de Jérôme Barrella,
24:20le principal suspect
24:21devant un juge
24:22d'instruction
24:23au tribunal judiciaire
24:24d'Agen.
24:25Ces éléments
24:25que je vous ai cités
24:26précédemment
24:27ainsi que cette nouvelle
24:28convocation,
24:29ce nouvel interrogatoire
24:31pourraient donc être fondamentaux
24:32pour la suite de l'enquête.
24:34Merci Mathéo Rivière
24:36avec Léa Sombré
24:38en direct de Florence
24:39dans le Gers
24:39où était originaire
24:41la petite Liana.
24:42Alain Bauer,
24:43comment est-ce qu'on fait
24:44parler un homme,
24:45cet homme qui est
24:46le suspect numéro un,
24:47comment est-ce qu'on
24:48le fait craquer ?
24:49Alors d'abord,
24:50il y a deux méthodes
24:51historiques.
24:51La méthode méchant-flic-méchant-flic
24:54ou bon-flic-méchant-flic
24:56s'appelle la méthode RAID,
24:57la pression,
24:57car l'aveu était
24:59la reine des preuves
25:00et donc la pression
25:01permettait de faire
25:02de la pression
25:02et donc parfois
25:03d'avouer des innocents,
25:05d'avoir des rétractations
25:06d'aveu le lendemain matin
25:07qui mettaient en doute
25:08la manière dont les aveux
25:09avaient été extorqués.
25:11La présence de l'avocat
25:12désormais modifie les choses
25:13et puis une autre méthode
25:15importée du Canada,
25:16beaucoup plus efficace
25:17selon moi,
25:18même s'il faut être
25:18très adaptatif
25:20dans les méthodes utilisées
25:21qui s'appelle Progrès
25:22où on aide
25:23à l'accouchement
25:24de l'aveu.
25:25Un processus
25:26qui vise
25:27à accompagner
25:28le mouvement
25:29en obtenant
25:31l'aveu,
25:32la localisation
25:33du corps
25:33quand c'est possible.
25:35Donc c'est-à-dire quoi ?
25:36Qu'on prend cet homme,
25:37Jérôme Barrella,
25:38qu'on l'emmène
25:38dans ce silo agricole
25:39où le corps
25:40a été retrouvé,
25:42on le met en situation ?
25:43Non, ça s'appelle
25:45un transport de justice,
25:46ça n'a vraiment pas
25:46grand-chose à voir.
25:47Non, non, là on est plutôt
25:48dans un processus
25:49où on lui dit
25:50ça va vous soulager.
25:53On accompagne le processus
25:54parce qu'il permet...
25:55On la couche.
25:56Oui, on la couche
25:57et c'est exactement
25:57comme ça qu'on dit
25:58et c'est une des méthodes
26:00qui fonctionne.
26:01Maintenant,
26:02prévenue,
26:03elle a le droit
26:03en France désormais
26:04d'avoir le droit au silence
26:06et ce qu'on lui dit
26:07au tout début
26:08et un certain nombre
26:08d'autres en profitent
26:09mais il faut compter là
26:10beaucoup plus
26:11sur le rôle des avocats.
26:12Les avocats ne sont pas là
26:14uniquement pour défendre
26:14l'indéfendable,
26:16ils sont parfois
26:16les avocats des partis civils,
26:17ils ont des enfants,
26:19ils sont parfaitement humains
26:21et parfois ils décident
26:22d'une stratégie de défense
26:23qui est l'accompagnement
26:24de l'aveu
26:25en disant à leurs clients
26:27allez,
26:28on va faire baisser la pression,
26:30on va commencer
26:30à dire des choses,
26:31expliquer des choses,
26:33mettre en situation
26:35d'autant que
26:35si l'autopsie est terminée,
26:37on n'a toujours pas
26:38les circonstances exactes
26:39de la mort,
26:42assassinat,
26:43préméditation,
26:44crime sexuel,
26:45accident,
26:46ce qui est souvent
26:46l'excuse de
26:47je ne voulais pas
26:48mais elle s'est débattue
26:49et pouf,
26:50autre chose,
26:51on n'en a pas d'idée encore,
26:53donc l'incrimination
26:54en tant que telle
26:55reste un mystère,
26:56la mort ne fait pas de doute,
26:58la question du suspect
27:01elle est clairement identifiée
27:02mais les circonstances
27:03elles ne le sont pas encore.
27:04c'est tout.
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