00:02Premiers instant de cotation sur les marchés américains, ce que l'avenir prépare, Wall Street nous aide à l'anticiper.
00:09Pour nous accompagner, John Plassard depuis Cité Gestion. Bonjour John, on est ravi de vous retrouver.
00:13Bonjour John.
00:14Et alors ces indices américains qui vont jouer aujourd'hui les records, on n'en est pas très très loin.
00:19Le S&P 500 à l'instant vient d'ouvrir, il est pile 9h30 à New York.
00:22Le S&P 500 gagne 1,3% à 7 530 points, on est à moins de 2% des
00:28plus hauts désormais sur le S&P 500.
00:31On est en train de rajouter plusieurs centaines de milliards de dollars sur les marchés avec cette hausse aussi du
00:35Nasdaq aujourd'hui d'un peu plus de 2%.
00:38Cet après-midi, spectaculaire ces marchés américains qui ne cessent de progresser.
00:43Les introductions en bourse, on n'est pas au bout, on a vu celle de SpaceX vendredi.
00:47Et puis on verra si donc pour Anthropik, ça risque d'être plus compliqué ou pas après les restrictions annoncées
00:51par l'administration américaine sur les meilleures IA d'Anthropik.
00:53C'est une vraie question qui va se poser.
00:55Est-ce que ça ne risque pas de limiter ça, le potentiel boursier à venir d'Anthropik ?
00:59D'abord John, donc alors que Wall Street entame sa semaine du bon pied, cet accord préliminaire entre l'Iran
01:05et les Etats-Unis qui doit être signé chez vous en Suisse dans quelques jours.
01:08Ce sera vendredi.
01:09Que pensez-vous de cet accord ? Est-ce qu'on en sait à ce stade ?
01:13Alors d'abord, il faut rappeler que Donald Trump est actuellement au-dessus de Clermont-Ferrand.
01:19Il a pris l'avion, il va atterrir à Genève dans quelques minutes et aller pour le G7.
01:26Et potentiellement, il va revenir vendredi pour la signature.
01:30C'est les rumeurs qui sont dans le marché actuellement.
01:36Donc on est vraiment au cœur de l'action ici à Genève.
01:40Pour revenir sur cet accord, on va l'appeler peut-être accord intermédiaire parce que ce n'est pas encore
01:48un accord de paix définitif malgré la réaction très forte des marchés.
01:53On a un mémorandum qui doit être signé, vous l'avez dit, à Genève normalement vendredi et qui ouvre une
02:02période de négociation de 60 jours sur le nucléaire iranien, les sanctions et les avoirs gelés.
02:10Donc on va signer un accord pour discuter 60 jours de plus, faire attention à ça.
02:18Mais on a l'impression que le marché achète cette annonce qu'a fait Donald Trump.
02:25On rappelle que ce n'est pas la première fois que Donald Trump fait cette annonce, mais on est quand
02:29même un peu plus loin maintenant de ce qu'on avait avant des promesses.
02:33Alors le détroit d'Hormuz ne devrait pas ouvrir du jour au lendemain.
02:38On sait que vous avez 600 navires qui restent immobilisés.
02:42Vous avez des opérations de déminage qui pourraient durer plusieurs semaines.
02:47Donc si le détroit d'Hormuz devait rouvrir, ça se fera progressivement.
02:51Et évidemment, les principaux gagnants à moyen terme, ce serait probablement l'inflation, ou plutôt le ralentissement de l'inflation,
03:02puisqu'on a vu déjà le prix du baril qui baisse de 5% et qui pourrait continuer.
03:08Mais on n'est pas dans le scénario où on revient sur des prix qui étaient avant l'intervention israélo
03:18-américaine du 27 février.
03:20– Effectivement, le pétrole baisse, recule très fortement, mais on ne retrouve pas les niveaux d'avant cette guerre.
03:26Si finalement, oui, Hormuz, le détroit finissait par rouvrir durablement d'après vous, jusqu'où baisserait le pétrole pour le
03:31coup ?
03:32– On pourrait revenir sur les 60 à 70 dollars le baril.
03:37On avait, comment ça s'appelle, Goldman Sachs qui évoquait la semaine passée un scénario aussi de 60 dollars en
03:452027
03:46en cas de normalisation rapide de l'offre.
03:49Donc ce serait le cas maintenant, vous aviez Jeffries aussi qui estimait qu'un retour sous les 60,
03:55alors là c'est encore plus bas, sous les 60 dollars, n'était pas à exclure si les exportations reprenaient
04:02pleinement
04:02et que la demande mondiale ne ralentissait pas trop.
04:08On a quelque chose qui est différent aussi, que peu de gens ont noté,
04:13c'est qu'il y a un élément dans cet accord dont on parlait avant,
04:18ça c'est selon une agence iranienne, ça s'appelle Farz,
04:22qui dit que l'accord préviendrait seulement 60 jours de transit gratuit dans le détroit d'Hormuz.
04:29Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça voudrait dire qu'après ces 60 jours,
04:34Téhéran prélèverait une redevance pour la sécurité, pour les assurances,
04:41pour les services environnementaux, vous avez bien entendu,
04:45pour les navires qui empruntent ce passage stratégique.
04:49Donc si ça devait être le cas et si les Américains devaient être d'accord avec ça,
04:54ça rajoutera quand même une petite prime évidemment au prix du baril
05:00et à toute l'énergie qui passe à travers le détroit d'Hormuz.
05:04Mais rappelons juste une chose, c'est que ce n'est pas les premiers à prendre des taxes d'une
05:08certaine manière
05:09parce que si vous traversez le canal du Panama,
05:13vous devez évidemment, chaque bateau doit payer une taxe pour avoir le droit de transiter là-bas.
05:21Donc ce n'est pas quelque chose qui pourrait être rédhibitoire,
05:25mais effectivement ça changerait un petit peu la vie.
05:27Oui quand même, parce que le canal de Panama, c'est une construction humaine qui nécessite un entretien.
05:31Par exemple le canal de Suez, pareil, c'est un canal complètement artificiel en plein désert.
05:35Là c'est un détroit naturel, comme l'est le détroit de Gibraltar, comme l'est le détroit de Malacca.
05:39C'est peut-être ça la différence quand même, John.
05:40C'est un détroit naturel, la mer, il n'y a pas besoin de l'entretenir,
05:43sauf pour enlever les mines maintenant.
05:44Est-ce que finalement, si effectivement l'Iran prélève des taxes, impose un droit de péage,
05:49ce sera pour le commerce mondial un nouveau paradigme malgré tout ?
05:53D'une certaine manière, mais ils pourraient, et ils vont certainement, s'ils s'étaient acceptés,
05:59ils vont certainement transformer ça en gage d'assurance de sécurité.
06:04Ça paraît assez fou aujourd'hui, mais on sait qu'il y a dans ce détroit, qu'on le veuille
06:10ou non,
06:11il y a pas mal de piratage, il y avait des pirates depuis, avant même l'intervention évidemment américaine.
06:18Eh bien, ici on pourrait voir, pourquoi pas, des escortes iraniennes de bateaux qui transitent
06:25et qui suggèreraient ou qui justifieraient d'une certaine manière que les Iraniens taxent ce passage.
06:33Oui, le paril de pétrole recule, on le disait, mais il est loin de retrouver ces niveaux d'avant la
06:38guerre.
06:38On est à 83 dollars en ce moment sur le baril de Bren.
06:41Quel secteur devrait bénéficier si elle se confirme de cette paix en vue entre Américains et Iraniens ?
06:47D'abord, on songe bien évidemment aux compagnies aériennes, aux transports, à l'industrie chimique
06:53et puis évidemment aux consommateurs d'énergie.
06:56On a les croisiéristes, on sait que plusieurs entreprises,
07:00Carnival Cruise par exemple aux États-Unis,
07:03est complètement liées à ce qui se passe dans le détroit d'Hormuz et dans d'autres détroits qui des
07:09fois sont bloqués
07:11avec évidemment le prix du baril qui monte.
07:13Et puis plus globalement, on a les secteurs cycliques, les petites capitalisations
07:18qui pourraient aussi profiter du recul des anticipations d'inflation.
07:23Évidemment, à l'inverse, et on l'a vu, vous avez les producteurs de pétrole,
07:27vous avez les services parapétroliers qui pourraient subir et qui subissent déjà depuis ce matin des pressions en bourse
07:34et plus tard sur les marges si le Brent revenait progressivement, comme on l'a dit, entre 60 et 70
07:41dollars.
07:42Et puis on a aussi certains secteurs comme les compagnies maritimes,
07:48elles sont dans une situation un peu plus nuancée parce que si on a une reprise du trafic qui est
07:55positive,
07:56et bien de l'autre côté, si on a ces fameuses mises en place de droits de passage,
08:02ou appelons-le comme on veut,
08:05et bien effectivement, ça coûterait plus cher à ces compagnies maritimes.
08:10Donc là, faire un peu attention.
08:12Wall Street ouvre dans le vert, donc avec l'annonce de ce mémorandum,
08:16ce préavis de paix, on va le dire comme ça, entre Américains et Iraniens avant la signature vendredi.
08:21Le Nasdaq gagne 2,4%, le S&P gagne 1,5%.
08:25Et SpaceX, alors, vendredi, on a vécu ensemble cette introduction en bourse.
08:29On a même eu le prix en direct, la tombe d'FM Bourse, c'était à toute fin.
08:32Le titre a gagné 19% vendredi.
08:34Belle première journée.
08:35Puis aujourd'hui, il est encore en hausse ce titre de 6%.
08:37À tête reposée, là, comment vous la trouvez cette introduction réussie, John ?
08:42Je la trouve, oui, je la trouve réussie.
08:44On avait cette émission extraordinaire vendredi spéciale SpaceX.
08:49Je la trouve assez saine.
08:52Je ne sais pas si on peut dire ça comme ça.
08:53Il est clair que la valorisation est très élevée.
08:56Mais on a eu une hausse seulement, entre guillemets, 19%.
08:59Vous aviez certains analystes qui attendaient une hausse de 5 ans, voire plus.
09:04Et donc là, on a eu seulement, entre guillemets, 19%.
09:06Malgré toute l'effervescence qu'il y avait autour du titre,
09:10aujourd'hui, il gagne 6%, notamment sur des propos d'Elon Musk
09:14qui dit qu'en 2030, l'entreprise pourrait évidemment gagner
09:19beaucoup plus d'argent qu'aujourd'hui.
09:21Mais je dirais que le véritable test commence cette semaine.
09:26Pourquoi ? Parce qu'on a plusieurs lancements d'options.
09:30Vous savez, le marché des options qui commence sur SpaceX.
09:33Donc, il faut s'attendre à une volatilité absolument exceptionnelle.
09:37Et puis, rapidement, les options sur SpaceX pourraient devenir
09:42les plus échangées sur le marché des options.
09:46Ce qui est intéressant de noter aussi ici, c'est qu'aujourd'hui,
09:50ce qu'on ne pouvait pas véritablement avant,
09:53vous pouvez parier sur la baisse, sur les options de baisse sur SpaceX.
09:59Donc, vous allez avoir des gens qui vont rentrer dans le marché,
10:03spéculer à la baisse sur SpaceX, comme ils l'ont fait d'ailleurs
10:07très très fortement et souvent sur Tesla.
10:11Donc, on va voir encore plus de volume.
10:13Vous savez que SpaceX va être introduit sur le Nasdaq
10:17dans moins de 15 jours maintenant et normalement dans 12 mois
10:22sur le S&P 500.
10:23Là aussi, ça va rajouter un petit peu de volume.
10:26On l'a dit, volatilité, volume et puis les options qui commencent cette semaine.
10:30Oui, et puis alors, SpaceX, ils publient leurs résultats,
10:32si je ne me trompe pas, le 30 juin.
10:33Ce sera intéressant de voir parce que, voilà,
10:35on verra aussi ce que font les investisseurs
10:36à l'occasion de cette publication de résultats 30 juin.
10:39Ça fait partie de ces dates comme ça qui seront importantes
10:41dans les prochaines semaines pour SpaceX.
10:43Mais est-ce que, d'une certaine façon,
10:44SpaceX se réjouit des déboires d'anthropique en ce moment ?
10:47Parce que la prochaine introduction en bourse, c'est anthropique.
10:49Sauf que le gouvernement américain a décidé de limiter l'accès
10:53aux meilleurs IA d'anthropique, limiter cet accès aux seuls Américains,
10:56ce qui quand même limite largement le marché adressable d'anthropique.
10:59Est-ce que c'est un handicap pour Anthropique en bourse
11:01et donc peut-être une bonne nouvelle pour SpaceX, John ?
11:04Oui, tout à fait.
11:05Bon, on avait rappelé vendredi, notamment,
11:09que SpaceX est un univers d'investissement
11:11parce que vous avez beaucoup, vous n'avez pas simplement l'AI dans SpaceX.
11:15Mais effectivement, c'est SpaceX qui pourront en bénéficier.
11:19Pourquoi ? Parce qu'on était déjà la semaine passée,
11:22on l'avait relevé en milieu de semaine, Anthropique,
11:24qui avait dit que ces nouveaux modèles, notamment Fable 5,
11:28étaient beaucoup trop puissants.
11:30Donc, eux-mêmes devaient brider leur nouvelle application.
11:35Pourquoi ? Parce qu'il y avait des risques d'utilisation malfaisante
11:39pour faire des armes chimiques et biologiques, textuellement.
11:43Ce n'est pas moi qui le disais, mais c'était l'entreprise.
11:46Donc là, c'est le gouvernement.
11:47Le gouvernement américain qui estime que les modèles de Fable 5
11:51dont on vient de parler et puis de Mythos 5,
11:54eh bien, peuvent être détournés pour fournir des informations
11:58susceptibles de faciliter des cyberattaques.
12:02Donc, on est dans une situation un peu comme dans une certaine…
12:07ce qu'on avait vu par le passé avec la Chine.
12:10On a une décision qui révèle surtout que l'intelligence artificielle
12:13est considérée désormais comme une technologie souveraine,
12:18une technologie de souveraineté pour les États-Unis.
12:22Donc, le problème d'Anthropique, alors, ça ne va pas être la seule,
12:26parce que si ça se généralise, eh bien, on va être dans une situation
12:29où on a les grandes entreprises américaines d'intelligence artificielle
12:33qui pourraient être contraintes d'obtenir des autorisations gouvernementales
12:37avant de déployer leurs modèles les plus puissants à l'international.
12:42Donc, on a l'impression vraiment qu'on se retrouve,
12:45comme on était en Chine il y a 5 ou 10 ans, aux États-Unis.
12:50Donc, potentiellement, c'est une mauvaise nouvelle pour l'Anthropique.
12:52– Oui, mais justement, est-ce que, quelque part,
12:55si les Américains décident de limiter l'accès à leurs IA,
12:57les Chinois vont en profiter ?
12:58Et pourquoi pas inonder, vouloir inonder le monde,
13:00justement, de leurs propres IA ?
13:02– Oui, tout à fait.
13:04C'est pour ça que je vous disais, il y a 5 ou 10 ans,
13:06parce qu'ils ont changé leur fumée d'épaule.
13:08Ils ont mis certaines applications, comme dit Psyc, en open source.
13:14Donc, bien évidemment, on va avoir des laboratoires chinois
13:19d'intelligence artificielle qui vont devenir les premiers bénéficiaires indirects,
13:25avec Munchotai, Zipuai, Minimax,
13:29qui sont tous des applications d'intelligence artificielle
13:34qui vont aller à la conquête des marchés étrangers.
13:38Et vous allez avoir les entreprises internationales
13:40qui vont chercher à diversifier leurs fournisseurs d'intelligence artificielle,
13:44parce que si, du jour au lendemain,
13:46on vous coupe l'accès à Anthropique ou à d'autres,
13:50bien évidemment, il faut chercher autre part.
13:52Donc, on est dans une situation où la Chine,
13:56on l'oublie toujours maintenant,
13:58aujourd'hui, elle dispose d'un écosystème extrêmement compétitif.
14:03Donc, pourquoi pas, cette année, l'année prochaine,
14:06eh bien, ça va être aussi un mode de diversification
14:11pour les entreprises internationales
14:13qui dépendent maintenant tellement de l'intelligence artificielle.
14:16– Oui, alors après, seront-elles prêtes à livrer leurs data
14:18au régime communiste chinois ?
14:20– C'est toujours ces questions qui sont des questions encore d'avenir.
14:24On va suivre tout ça, bien évidemment.
14:25Le Nasdaq gagne 2,3%.
14:27Et alors, dans l'IA, on n'est jamais,
14:28même quand on est un grand hyperscaler,
14:31on n'est jamais à l'abri de faire des erreurs.
14:33Apparemment, Meta en a commis.
14:35En tout cas, c'est Mark Zuckerberg qui reconnaît
14:36que Meta a commis des erreurs dans l'IA
14:38et son rapport à l'emploi avec l'IA.
14:41– Oui, c'est loin d'être anodin lorsqu'il y a un dirigeant
14:44d'une aussi grosse entreprise.
14:46On a rarement un dirigeant d'une big tech
14:49qui a reconnu publiquement avoir commis une erreur
14:52sur sa stratégie d'intelligence artificielle,
14:56alors qu'ils ont investi quand même, on le rappelle,
14:59145 milliards seulement cette année
15:01dans les infrastructures et les modèles d'intelligence artificielle.
15:04Donc, on a une espèce de revirement qui nous met en face
15:10et qui nous laisse entendre que la course à l'intelligence artificielle,
15:14ce n'est pas un long fleuve tranquille.
15:16Malgré des moyens financiers considérables,
15:19Meta, on le rappelle, a dû quand même supprimer 10% de ses effectifs,
15:24réaffecter 7000 personnes pour réorganiser
15:28et tenter d'accélérer ces nouveaux modèles,
15:31mais apparemment, ces redistributions, cette réorganisation
15:35auraient été mal faites
15:37et qu'aujourd'hui, on va assister à la réorganisation
15:41de la réorganisation
15:43et donc, effectivement, le fait de faire son mea culpa,
15:47des fois, c'est une bonne chose.
15:49Oui.
15:50Merci beaucoup.
15:51John Plassard avec nous, cité, gestion.