00:02Et c'est l'une des conséquences de la reprise des hostilités au Moyen-Orient.
00:05Le prix du pétrole repart à la hausse, alors à deux jours d'un week-end de grand départ.
00:10Est-ce qu'il vaut mieux faire son plein dès maintenant, en prévision,
00:13pour éviter d'avoir à le payer bien plus cher ce week-end ?
00:16Pour le savoir, nous sommes avec Jean-Louis Chilensky. Bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:22Vous êtes l'ancien président de l'UFIP, l'Union Française des Industries Pétrolières.
00:26Alors, force est de constater que les prix à la pompe augmentent de nouveau.
00:31On est passé au-dessus de la barre des 1,90€ le litre pour l'essence, également pour le gasoil.
00:36Est-ce que cette hausse risque de se poursuivre dans les prochains jours ?
00:40Écoutez, la situation est très incertaine, parce que tout dépend de ce qui se passe sur le détroit d'Hormuz.
00:47Il y a quelques jours, les hostilités ont repris.
00:50Et donc, les prix du pétrole, qui étaient descendus à 70$ le baril, sont remontés à 85$ le
00:58baril.
00:58Et comme conséquence, on a vu les prix à la pompe remonter aussi.
01:02Et vous l'avez dit, on est aux alentours de 2€ le litre, aujourd'hui.
01:07En dessous, juste en dessous des 2€, est-ce qu'on peut, à nouveau, passer cette barre des 2€ le
01:13litre ?
01:13Vous l'avez dit, c'est très difficile à prévoir, mais est-ce qu'on s'oriente plutôt vers ça
01:17?
01:19C'est très difficile à prévoir, mais effectivement, la tendance est plutôt haussière.
01:23Elle est plutôt haussière parce qu'on ne voit pas des signes d'accalmie autour du détroit d'Hormuz.
01:29Les Iraniens veulent à tout prix contrôler ce détroit.
01:33Les Américains veulent les empêcher de contrôler ce détroit.
01:37Et comme conséquence, les marchés sont très fébriles, très inquiets.
01:41Et le prix du pétrole, comme vous l'avez dit, et on le voit, est reparti à la hausse.
01:46Donc, si on devait faire un pari aujourd'hui, c'est la question que vous me posez, je pense,
01:51c'est qu'il vaut plutôt mieux faire le plein, en quelque sorte.
01:55Parce que vous avez une très grande expertise en la matière.
01:56Donc, c'est vrai que votre regard et votre pari, entre guillemets,
02:01il est particulièrement important.
02:05Puisque, effectivement, pour ceux qui nous écoutent,
02:07qui vont peut-être prendre la route ce week-end pour partir en vacances,
02:10la question qu'on se pose, forcément, c'est de savoir
02:12est-ce qu'on attend ce week-end pour faire son plein, naturellement,
02:17ou est-ce qu'il faut le faire dès aujourd'hui, sans plus tarder ?
02:20Alors, sans paniquer.
02:23De toute façon, il n'y a pas de risque de pénurie.
02:25Il ne s'agit pas de s'affoler.
02:28Mais si on a l'occasion, il vaut mieux faire le plein.
02:31Parce que le risque d'augmentation, aujourd'hui, est plus élevé que le risque de baisse.
02:39Et donc, on fait le plein, puis on est tranquille.
02:42Mais, je le répète, c'est sans panique.
02:46Il ne s'agit pas de se rouer sur les stations de service.
02:48Il y a autant d'essence et de gazole que l'on veut.
02:50Mais, c'est plutôt un achat de précaution.
02:53De précaution de prix.
02:55Et de se couvrir, en quelque sorte,
02:58sur le risque d'une augmentation de 5, voire 10 centimes d'euros du litre.
03:03C'est-à-dire qu'on ne risque pas, en tout cas,
03:06dans les tout prochains jours,
03:07de revivre ce qu'on a vécu au mois de mai dernier.
03:10Parce que là, ça avait été quand même,
03:12entre la question des pénuries,
03:13et l'augmentation des prix aussi,
03:15qui avait été très conséquente, Jean-Louis.
03:17Oui, non, ça n'a rien à voir.
03:21Vous évoquiez mai.
03:23À ce moment-là, le prix du baril était monté presque à 120 dollars.
03:29Et donc, on est très loin.
03:32On est à 85 dollars le baril.
03:34Il y a une très grande marge, en quelque sorte.
03:38On est loin des extrêmes.
03:39Mais malgré tout, le risque d'augmentation aujourd'hui,
03:43c'est la question que vous me posez,
03:45le risque d'augmentation est plus élevé que le risque de baisse.
03:49Donc, si on veut se faire un achat de précaution,
03:52ben oui, comme vous l'avez dit tout à l'heure,
03:54on fait le plein et puis on part tranquillement en vacances.
03:58Comment se fait-il ?
03:59La France dépend quand même très peu du pétrole
04:02qui transite par le détroit d'Ormouz.
04:04Pourquoi nos prix à la pont, finalement,
04:05sont-ils à ce point dépendants de ce qui se passe actuellement
04:08de la guerre au Moyen-Orient, Jean-Louis Chilinski ?
04:11Parce que c'est quelque chose qui est difficile à comprendre comme ça,
04:13à première vue.
04:13Ça, c'est une très bonne question.
04:16Effectivement, la France ne s'approvisionne pratiquement pas en pétrole
04:20qui transite par le détroit d'Ormouz.
04:23L'approvisionnement pétrolier vient d'Afrique,
04:26directement de la côte occidentale,
04:29ou bien vient d'Europe, Norvège,
04:31et un peu les États-Unis.
04:33Par contre, le marché pétrolier est un marché mondial.
04:36Le cours est un cours mondial.
04:39Donc, si on manque de pétrole du côté du détroit d'Ormouz,
04:43les prix mondiaux du pétrole augmentent.
04:45Et donc, les prix qu'on paye en France augmentent.
04:50Et ça, c'est inévitable.
04:53Donc, même si on ne s'approvisionne pas du côté d'Ormouz,
04:57en quelque sorte,
04:58le prix du pétrole, qui est un prix mondial,
05:01affecte l'approvisionnement de la France,
05:04et par conséquent, c'est pris à la pompe.
05:05Même si on a des routes alternatives qui se développent,
05:08notamment par l'Arabie saoudite,
05:10on a, en tout cas, face à l'Iran,
05:12qui souhaite contrôler le détroit d'Ormouz,
05:15imposer des droits de passage aux pétroliers,
05:17on a d'autres voies possibles,
05:18ou en tout cas, qui se mettent en place ?
05:20Alors, effectivement,
05:22il y a des alternatives qui se mettent en place,
05:23parce que cette situation de dépendance
05:25vis-à-vis du détroit d'Ormouz,
05:26elle est insupportable.
05:28Et donc, par exemple,
05:30les Émirats Arabes Unis
05:32ont annoncé la construction d'un nouveau pipeline
05:34qui contourne le détroit d'Ormouz.
05:37L'Arabie saoudite veut augmenter
05:39la capacité du pipeline
05:41qui va vers la mer Rouge.
05:43Donc, tout ça,
05:43ce sont des projets
05:44qui vont se mettre en place
05:46pour atténuer l'effet du détroit d'Ormouz.
05:49Mais, malheureusement,
05:51ça ne peut pas être immédiat.
05:53Ça prendra quelques années.
05:54Donc, pour quelques temps encore,
05:56le monde,
05:57pas seulement la France,
05:58le monde,
05:59le marché pétrolier mondial,
06:00est très dépendant
06:02de ce qui se passe dans ce détroit.
06:03Merci beaucoup.
06:05C'était très complet,
06:06Jean-Louis Chiliansky.
06:07Merci pour toutes ces explications.
06:09Ancien président de l'UFIP,
06:10l'Union Française des Industries Pétrolières,
06:12je le rappelle.
06:13Passez une très belle journée.
06:157h41 sur Sud Radio.
06:16On reste ensemble.
06:16Alors, on quitte la voiture,
06:18on sort de la voiture
06:18et on va se balader à pied
06:20avec Rémi André
06:21dans un instant,
06:22ses escapades,
06:22avec encore une très belle rencontre
06:24à suivre sur Sud Radio.
06:25A tout de suite.
06:26Sous-titrage Société Radio-Canada
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