00:00Et avec Anthony, nous recevons Philippe Chambon, PDG, cofondateur de Silen Thérapeutics.
00:05Bonjour, merci d'être avec nous.
00:08Vous êtes venu en février dernier, et ça ne s'appelait pas Silen Thérapeutics, cette entreprise ?
00:14On vient de changer de nom, en fait, pour avoir quelque chose de plus compréhensible.
00:18Alors rappelez-nous ce que fait Silen Thérapeutics, on parle ici d'un traitement contre l'incontinence urinaire persistante.
00:26Oui, en fait, on développe toute une plateforme de nouveaux produits pour résoudre un des gros problèmes des produits qui
00:33traitent des maladies du système nerveux,
00:36qui est que ce sont des produits qui, en général, sont donnés de manière systémique, donc qui vont dans tout
00:40le corps, pour agir d'une manière très locale.
00:44Et ces produits-là, en fait, parce qu'ils vont dans tout le corps, ont des effets secondaires qui sont
00:49souvent très limitants,
00:50et qui fait que ça fait des produits qui ont une efficacité thérapeutique limitée.
00:54Nous, on développe des produits qu'on peut y penser comme des apps, vraiment,
01:00qui vont simplement entrer dans des cellules spécifiques qu'on veut vraiment cibler,
01:05et modifier le fonctionnement de ces cellules de manière très particulière.
01:09Et en particulier dans les incontinences vésicales, qui est notre première application,
01:15ça nous permet d'éteindre l'activité de certains types de neurones de la vessie,
01:21qui fait que ces vessies hyperactives arrêtent de se contracter de manière hyperactive.
01:28Voilà ce qu'on fait, et on a des très beaux résultats cliniques, maintenant.
01:33Donc vous agissez sur le système nerveux, en fait, de la vessie, c'est ça ?
01:37C'est pas sur la vessie elle-même, quoi ?
01:38Non, on injecte notre produit dans la vessie, mais il va agir simplement sur des neurones très spécifiques
01:45qui sortent de cette vessie pour modifier leur fonction.
01:49Et c'est une injection une fois à vie, ou c'est quelque chose qui peut faire régulièrement ?
01:53C'est une injection, on est en début d'études cliniques, on a traité 10 malades,
01:59pour l'instant, avec des résultats d'efficacité qui sont très beaux, en fait.
02:03On est très contents de ça pour les malades, mais ça a été une seule injection.
02:10Donc nos premiers malades, maintenant, ont été injectés il y a plus d'un an,
02:14et on a maintenu une très belle efficacité.
02:18On sait pas combien de temps ça va durer, ça pourrait durer un an, deux ans, trois ans,
02:23mais là, on est déjà en déçà d'un an post-injection.
02:29Alors vous aviez levé, quand vous étiez venu la dernière fois, 27 millions,
02:32là vous levez à nouveau 33 millions, ça veut dire que ça a avancé,
02:36ça va vous permettre d'avancer sur quoi, cette somme-là ?
02:39Ça, ça nous permet en fait, on va passer maintenant d'un stade tôt,
02:46au niveau études cliniques, à un stade beaucoup plus tardif.
02:48Donc on va avoir des discussions avec la FDA et les autorités régulatrices européennes,
02:55cet automne, pour définir quel programme nous devons faire
02:59pour pouvoir mettre ce produit sur le marché dans quelques années.
03:03Europe et Etats-Unis en même temps ?
03:04Europe, Etats-Unis bien sûr, et donc tout ça, ça va se passer.
03:09Cet automne, cet argent nous permet d'aller jusqu'à une bonne partie de 2027,
03:15donc ça couvre ça, et une fois qu'on sait quel programme on doit faire
03:19pour pouvoir mettre ce produit sur le marché, on fera une nouvelle levée d'argent.
03:23Alors il y a un élément qui m'a interpellé, mais vous allez sûrement me rassurer,
03:27c'est que votre technologie, si j'ai bien compris, je parle sous votre contrôle,
03:30mais elle utilise, c'est un virus de l'herpès modifié.
03:33Oui, c'est ça.
03:34Alors c'est pas dangereux ?
03:35Non, pas du tout.
03:36Parce que dit comme ça, c'est un peu effrayant.
03:38Oui, non, pas du tout.
03:39C'est en fait, d'abord, 60 à 80% de l'espèce humaine est infectée par le virus de
03:44l'herpès 1 ou de l'herpès 2,
03:46et souvent les deux, et on vit jusqu'à notre mort avec ce virus dans nos cellules
03:52sans que rien ne se passe dans la plupart des gens.
03:54C'est simplement quand les malades sont très immunodéprimés qu'il peut y avoir des problèmes,
04:01mais autrement il n'y en a pas, sauf des petits boutons de fièvre ou des choses comme ça, c
04:05'est tout.
04:06Alors nous, en fait, on travaille pas avec des virus herpétiques tels que c'est,
04:11on travaille sur des vecteurs qui ne peuvent pas se répliquer.
04:16Donc ça va simplement dans les premières cellules qu'ils infectent et ça s'arrête là.
04:22Le virus sert de messager, en fait, c'est ça ?
04:23Le virus sert vraiment d'une app qui contient un système d'expression particulier
04:31qui va simplement entrer dans un neurone et dans ce neurone-là, modifier la fonction juste de ce neurone.
04:36Et c'est tout.
04:37Donc par exemple, c'est très précis.
04:39Moi, ce qui m'a fasciné, c'est qu'au niveau de la vessie humaine, notre cible, c'est 7000
04:45neurones.
04:46C'est tout.
04:47Donc on est capable, en modifiant la fonction de 7000 neurones, d'avoir une efficacité dans nos premiers malades
04:54qui est de plus de 80 %, ce qui est vraiment très impressionnant.
04:58Pour terminer, une mise sur le marché, vous l'espérez pour quand ?
05:03Ça sera autour de 2030.
05:052030.
05:06Ça prend du temps, ces choses-là.
05:07Exactement, c'est du temps, on le sait.
05:08Mais en tout cas, vous êtes le bienvenu à chaque levée du pont sur ce plateau.
05:11Merci beaucoup de m'avoir.
05:13Philippe Chambon, PDG, cofondateur de Silen Thérapeutics.
05:16Voilà.
05:16Merci beaucoup de m'avoir regardé cette vidéo.