00:00Venons-en à la politique et à ce vote important.
00:03Forcément, l'Assemblée nationale vote sur la loi sur la fin de vie
00:07après deux ans de débats, de polémiques, d'aller-retour évidemment aussi entre les deux chambres.
00:13Et puis on a appris ce matin que Sébastien Lecornu, en plus de Gérard Larcher,
00:18allait lui aussi saisir le Conseil constitutionnel.
00:21Écoutez à ce propos Maude Brégeon, la porte-parole du gouvernement
00:23et ministre déléguée à l'énergie qui a été sur BFM TV ce matin.
00:27C'est une action qui est en fait assez régulière lorsque des lois très importantes...
00:34Mais il n'était pas obligé de le faire ? Il le fait parce qu'il estime que c'est
00:38important ?
00:38Je crois que cette loi est absolument majeure au sens où elle touche tout le monde.
00:44Moi j'y suis opposée. Je vous le dis tel que je le pense, j'aurais voté contre cette loi.
00:48Ce n'est pas le sujet. Quoi qu'on en pense, qu'on soit pour ou qu'on soit contre,
00:52c'est une loi importante. Et donc, aller au bout de la démarche, au fond,
00:57ne serait-ce que pour que les choses se passent au mieux derrière,
01:00il me semble que c'est important. Voilà.
01:02Georges Fenech, ça ne vous a pas étonné quand même, de la part du Premier ministre ?
01:05C'était une promesse, ce texte, c'est une promesse d'Emmanuel Macron ?
01:08Je crois qu'on va se dire les choses.
01:10Sébastien Lecornu était contre cette loi. C'est évident.
01:13Faut-il rappeler son parcours personnel ?
01:16Quand il parle d'être...
01:17À l'époque, il se voyait en moine.
01:20C'est quelqu'un de très religieux, au fond.
01:23Et donc, je pense que ça a heurté profondément ses convictions religieuses.
01:28Mais il n'a pas allé contre le président de la République.
01:31Il ne pouvait pas aller contre le chef de l'État.
01:33Alors, qu'il soulève l'examen du Conseil constitutionnel,
01:37il est aussi dans son rôle, en tant que Premier ministre,
01:39s'agissant, comme vient de le dire Maude Bréjon,
01:42s'agissant d'une loi, comment dirais-je, fondamentale,
01:47qui touche à la vie, une loi anthropologique, comme l'on dit.
01:50Et donc, c'est un peu normal.
01:51Alors, pas de miracle, je dirais.
01:54Il y aura un vote pour, c'est sûr, malheureusement.
01:58Vous avez compris que je suis contre aussi cette loi.
02:00Je pense que Vincent aussi, j'imagine que oui.
02:03Et le Conseil constitutionnel, il ne faut pas s'attendre non plus...
02:05Mais qu'est-ce que peut faire le Conseil constitutionnel, en fait ?
02:09Ils ne peuvent pas réécrire le texte ?
02:11Ils pourraient, sur certains points, invalider tel ou tel point,
02:18mais la contexture générale du texte, il sera adopté, à mon avis.
02:22Peut-être ces cliniques privées qui ne pourraient pas s'opposer,
02:25peut-être qu'on dira, c'est quand même la clause de conscience,
02:28voyez-vous, je ne sais pas.
02:29Mais ça va quand même, évidemment, modifier profondément les choses.
02:35Est-ce qu'il fallait une loi de cette importance en fin de quinquennat, comme ça ?
02:40C'est la question aussi qu'on peut se poser.
02:43Pourquoi cette acharnée, comme ça ?
02:46Il ne fallait pas un grand débat ?
02:47Peut-être un référendum ? Pourquoi pas ?
02:49Je ne sais pas, on vous l'a promis.
02:51Le président de la République nous en a promis, je ne sais pas combien, lors de ses voeux.
02:54Souvenez-vous.
02:55Et en fait, on n'en a jamais vu venir,
02:57puisque de toute façon, la loi, la voie des Français, qu'on ne peut.
03:01Mais quand on parle d'une loi importante,
03:04on peut quand même harguer du fait qu'il y a quelques textes importants
03:10qu'on aurait pu faire passer,
03:12autrement, me semble-t-il, plus importants que celui-ci.
03:14D'abord, premier point,
03:16est-on égaux sur l'intégralité du territoire devant les soins palliatifs ?
03:22La réponse est non.
03:23Il faut commencer par là.
03:25Non, mais il y a eu un texte, d'ailleurs, sur les soins palliatifs.
03:27Vous pouvez faire tous les textes que vous voulez.
03:28Mais en réalité, nous ne sommes pas égaux devant les soins palliatifs.
03:31Il y a un centre qui vient de fermer il n'y a pas longtemps.
03:32Mais absolument.
03:33Et alors moi, je ne vais pas vous développer mon histoire personnelle,
03:36mais j'ai vu, j'ai constaté de mes propres yeux
03:39qu'on n'était pas égaux devant les soins palliatifs.
03:42Bon, ça veut dire qu'il y a une inégalité territoriale qui est patente.
03:45Commençons par là.
03:46Car les gens qui s'occupent des soins palliatifs
03:50sont des gens extrêmement compétents,
03:52qui connaissent très bien leur métier.
03:54Déjà, si on avait réglé cette question,
03:56et elle est loin d'être réglée, je vous assure,
03:59on y verrait un petit peu plus clair.
04:01Moi, je pense qu'il n'y avait absolument aucune urgence pour cette loi.
04:04Je pense qu'elle change, en France,
04:07le rapport que l'on peut entretenir avec la vie,
04:09que ça n'est pas rien.
04:11Et si j'y suis opposé,
04:12c'est aussi, évidemment, pour des raisons religieuses,
04:15mais pas seulement.
04:16Je trouve que c'est vraiment un changement de société.
04:18Et je crois qu'il n'y avait absolument aucune urgence.
04:21Surtout qu'on ne partait pas de rien.
04:24Bien sûr, j'avais un dispositif,
04:25Claes-Léonetti,
04:27auquel j'avais pu, en tant qu'ancien parlementaire,
04:30participer.
04:30Je me souviens de ces débats très intenses
04:32que nous avions eus,
04:33et qui a donné quand même satisfaction.
04:36Le problème, ce qui a manqué,
04:37c'est effectivement les moyens sur les soins palliatifs.
04:39C'est capital, ça.
04:41Donc, on ne partait pas de rien.
04:42Et quand vous interrogez des gens qui sont très opposés,
04:45ou qui militent d'ailleurs,
04:46qui sont très opposés à cette loi,
04:47ils vous disent,
04:47oui, Claes-Léonetti, c'était pas mal.
04:50Mais vous avez vu, c'est étonnant quand même,
04:51parce qu'au fur et à mesure des débats,
04:53à l'Assemblée nationale,
04:54et au fur et à mesure des votes,
04:57l'écart s'est resserré.
04:59En mai 2025,
05:01305 voix pour,
05:02199 contre.
05:04Mars 2026,
05:06299 voix pour,
05:07226 contre.
05:09juin 2026,
05:10295 voix pour,
05:12232 contre.
05:13Et,
05:14on apprend aussi que certains députés,
05:16qui doutent,
05:18qui s'abstiendront,
05:19ou même changent d'avis d'ailleurs,
05:20au cours des discussions.
05:22Sophia Chikirou,
05:23la députée LFI,
05:24elle, elle s'était abstenue,
05:26elle a décidé de voter contre.
05:27Écoutez ce qu'elle dit,
05:28ce n'est pas facile pour moi de me positionner contre,
05:30car je comprends toutes les raisons qui poussent à voter pour.
05:32Mais le système tel qu'il est aujourd'hui,
05:34me fait penser que l'application de ce nouveau droit
05:36ne sera pas la bonne.
05:37Pour moi,
05:38même s'il y a plein de bons arguments pour le voter,
05:41le doute l'emporte.
05:43Oui, vous voyez que cette question dépasse complètement les clivages.
05:48Et au sein même des partis aussi d'ailleurs,
05:50il y a une certaine liberté dans les partis.
05:52Absolument,
05:52vous avez entendu ce matin d'ailleurs sur les antennes de CNews,
05:56Sébastien Chenu qui dit qu'il votera pour.
06:01Donc, c'est un problème de conscience avant tout.
06:04C'est la conception que l'on se fait de la vie, de la mort.
06:07Et puis, c'est aussi une certaine solidarité,
06:13enfin, ce n'est pas le mot, solidarité,
06:16devoir d'accompagner les personnes en fin de vie
06:19et ne pas considérer l'euthanasie comme un soin.
06:23Ça n'a rien à voir.
06:25Donc, chacun a ses propres convictions.
06:28Peut-être, en laissant une petite lueur d'espoir,
06:31je crois que ce que l'égislateur fait aujourd'hui,
06:35un autre législateur pourra le défaire demain.
06:37J'allais vous poser la question,
06:38est-ce que le prochain président de la République
06:41pourra-t-il revenir sur cette loi ?
06:43Sur ces grandes lois comme ça, de société,
06:46c'est toujours très difficile.
06:47Vincent Roy.
06:48Oui, mais je pense que la bonne idée,
06:51c'est sur ces grandes questions,
06:54les questions essentielles,
06:55c'est le recours au référendum.
06:57Je crois que c'est ce qu'il y a de plus sain
06:59et ce qui met tout le monde d'accord,
07:03bien expliqué, évidemment,
07:05qu'on entende de manière prégnante
07:08la voix des médecins.
07:10J'insiste encore,
07:12notamment les gens qui s'occupent de soins palliatifs,
07:15qui savent parfaitement de quoi ils parlent,
07:18qui accompagnent chaque jour
07:19et qui savent très bien faire.
07:22Je crois que ceux-là, on ne les a pas assez,
07:24à mon sens, on ne les a pas assez entendus.
07:26Et je pense que le recours au peuple
07:29sur ces grandes questions,
07:30il est, à mon sens, fondamental.
07:32Espérez-vous que le prochain président
07:33revienne sur le droit à mourir,
07:34c'est la question européenne du jour.
07:36Vous pouvez voter, donner votre avis
07:37sur le site et l'appli Europe 1.
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