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  • il y a 4 semaines
Guillaume Lariche, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:01Europe 1 Info, 13h-14h, Guillaume Lariche.
00:05Presque 13h49 sur Europe 1, soyez les bienvenus si vous nous rejoignez pour cette dernière partie d'Europe 1 Info.
00:10A vos côtés, Guillaume Lariche et Liotte Mamman, journaliste et chroniqueur indépendant,
00:14Gilles Boutin, journaliste économique et politique au Figaro.
00:17Lors des premières parties de l'émission, on a balayé un petit peu les candidats à la présidentielle,
00:21Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon a parlé à présent d'Edouard Philippe.
00:25Exactement, Edouard Philippe qui est actuellement dans l'océan indien,
00:28voyage entre Mayotte et également l'île de la Réunion.
00:32Il prend la parole, hier il était invité par BFM TV à s'exprimer
00:37et pour les présidentielles, Edouard Philippe, lui, écarte carrément une candidature de Sébastien Lecornu.
00:42On s'entend très bien et ça fait très longtemps qu'on s'entend très bien.
00:45Moi, si vous me posez la question, je ne crois pas qu'il ait envie d'être candidat à l
00:49'élection président de la République.
00:50Je ne le crois pas.
00:50Le connaissant tel que je le connais, sachant la situation dans laquelle il se trouve aujourd'hui d'être Premier
00:55ministre,
00:55« Je ne crois pas qu'il s'y intéresse ou qu'il le prépare ».
01:00Il ne croit pas qu'il ne s'y intéresse ou qu'il le prépare.
01:03Est-ce que vous partagez ce point de vue, Eliott Maman ?
01:05C'est un peu compliqué de dire.
01:07C'est vrai qu'on a toujours eu l'impression que Sébastien Lecornu, du moins,
01:11s'approchait de cette échéance électorale avec une forme de rationalité.
01:15Il n'a pas particulièrement envie d'être dans les affaires politiciennes, ça c'est évident.
01:20Or, c'est vrai que la gestion politique, c'est probablement intéressant.
01:24Sébastien Lecornu se livre à celle-ci depuis quelque temps désormais.
01:27Mais pour véritablement réussir dans une campagne présidentielle,
01:32il faut réussir à faire la mue de la politique à la politique électorale.
01:37Donc ça, évidemment, c'est tout de suite quelque chose d'éminemment différent.
01:40C'est vrai aussi que ce ne serait pas forcément le meilleur des calendriers pour Sébastien Lecornu.
01:44A priori, à l'heure actuelle, il arrive dans l'opinion à imprimer une espèce de marque de confiance.
01:49Du moins, les Français lui la reconnaissent.
01:51Et donc, je pense qu'il aurait encore plus d'arguments s'il revenait soudainement en 2032, par exemple,
01:57où il peut donner l'argument qu'il est le sortant.
02:00Et donc, il va réussir à récupérer cette espèce de, à la fois, volonté de rupture,
02:05mais en même temps d'équilibre qu'il a tenu depuis le début de cette instabilité institutionnelle en France depuis
02:12la dissolution.
02:13que là, maintenant, où il aurait une espèce de ligne de crête à tenir sur le ton.
02:17Je ne suis pas complètement dans la continuité parce que ça ne fait pas non plus 10 ans que je
02:21suis là.
02:21Ce n'est pas très crédible, oui.
02:22Exactement, mais enfin, quand même, vous avez vu qu'en tant que Premier ministre, je fais très bien les choses.
02:26Donc, à mon avis, ce serait très compliqué.
02:27Et en plus, il demande quand même à l'intégralité de son gouvernement de surtout rester à l'écart de
02:32toutes les affaires
02:33qui sont très directement politiciennes, électorales, sauf Gérald Darmanin qui, lui, a réussi à trouver, à s'immiscer dans une
02:40brèche.
02:40Donc, peut-être qu'Edouard Philippe a raison, disons que l'espace est tellement saturé
02:46que je ne vois pas comment décemment, en analysant la situation, on peut se dire qu'un candidat en plus
02:51aurait ses chances et serait le bienvenu.
02:53On va parler encore d'Edouard Philippe, bien évidemment, qui envisage un rassemblement de la droite et du centre prochainement.
02:58Mais voilà, il y a un moment pour tout, on l'écoute.
03:00Avant l'heure, ce n'est pas l'heure. Après l'heure, ce n'est plus l'heure.
03:04Une campagne, ce n'est pas une succession de sondages, c'est une dynamique de campagne.
03:07Ça se passera quelque part entre novembre et février.
03:10Si c'est après, ce sera trop tard. Déjà, février, c'est tard.
03:14Novembre, décembre, janvier, février, je calcule bien, ça fait quatre mois, ça fait plus de 120 jours pour faire une
03:20campagne à droite.
03:22Par rapport à ce qu'on connaît, vous qui êtes journaliste politique, Gilles Boutin, est-ce qu'on est dans
03:27les clous par rapport à ce qui se fait d'habitude ?
03:29C'est cohérent ? Ou alors justement, pour lui aussi, dans la même chose que ce que dit l'ancien
03:33Premier ministre, ça pourrait être même trop tard pour lui ?
03:35Non, il n'y a pas d'habitude parce que le format parfait, c'était celui de Nicolas Sarkozy en
03:412007.
03:41Vous avez un candidat qui est identifié depuis très longtemps, qui travaille le terrain, qui arrive comme le plus naturel
03:48du monde,
03:49qui entraîne derrière lui même ceux qui ne sont pas complètement d'accord avec lui, mais parce qu'ils n
03:52'ont pas le choix.
03:53Donc ça, c'est le cas parfait du candidat qui arrive dans les meilleures conditions.
03:59Aujourd'hui, la droite doit apprendre à faire comme la gauche, c'est-à-dire faire des primaires, faire décanter,
04:07réussir à faire en sorte qu'un candidat émerge et que les autres qui disaient que ce n'était pas
04:12le candidat,
04:12finalement, disent « oui, il n'est pas si mal et je vais le suivre ».
04:16Donc ce n'est pas du tout un bon format, ça c'est pour la droite, le centre droit, ça
04:23c'est clair.
04:24En revanche, il n'a pas tort parce que je vois mal Gabriel Attal tout de suite renoncer,
04:29parce que là, il est dans une phase agressive et ascendante en travaillant le terrain pendant tout l'été.
04:35Donc lui, son but, c'est de jouer les outsiders pour tenter de remettre en cause cette certitude
04:40qu'Edouard Philippe est le seul à pouvoir rassembler au centre.
04:43D'ailleurs, Edouard Philippe, il oppose sa méthode à celle d'Attal, il privilégie la dynamique de campagne,
04:47je le cite, le style et les propositions plutôt que les seuls sondages.
04:51C'est son droit.
04:53Après, on peut aussi considérer qu'il commettait une erreur en se montrant assez absent pendant l'été
04:57en laissant l'espace à Gabriel Attal.
04:59Mais ce que je veux dire, c'est que sur le timing, ce n'est pas forcément faux
05:04d'espérer que ça se décante dans cette période-là, parce qu'il faut que,
05:09comme je disais, Gabriel Attal finalement reconnaisse sa potentielle,
05:12enfin là, je me positionne du point de vue d'Edouard Philippe,
05:15que sa potentielle défaite est le rallye, et dans le même temps que la droite apparaisse
05:21trop faible également dans les sondages, la droite de Retailleau et autres.
05:26Et en plus de ça, vous avez le budget au milieu.
05:29En fait, il ne voudrait peut-être pas rater le coche non plus face à Marine Le Pen
05:32et Jean-Luc Mélenchon, qui eux, sont déjà bien avancés.
05:35Oui, mais en fait, c'est un non-sujet, je dirais dans l'immédiat,
05:39Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, parce que c'est bon, ils sont établis.
05:42Là où il doit réussir à sortir, à s'extraire, à être au-dessus du jeu,
05:46c'est par rapport à tous les autres.
05:48Alors, dans quel délai ça peut se passer ?
05:50Oui, il faut plusieurs mois pour que chacun finisse par admettre
05:53qu'il doit se ranger derrière un candidat qui a de réelles chances.
05:57Mais là, encore une fois, je me positionne du point de vue d'Edouard Philippe,
05:59je ne dis pas que c'est lui qui a le plus de chances,
06:01mais c'est comme ça qu'il doit réfléchir.
06:03Ayot Maman ?
06:04Oui, et par ailleurs, ça raconte aussi l'affaiblissement complet
06:06des structures partisanes aujourd'hui en France.
06:09Le centre en est tout de même un exemple assez flagrant
06:11puisque le parti macroniste, je pense que plus personne ne sait
06:13comment il s'appelle, plus personne ne sait comment le groupe parlementaire
06:16s'appelle non plus, et on ne sait pas combien il y a de partis au centre,
06:19d'ailleurs, parce qu'il y a eu tellement de proto-formations
06:21qui sont nées autour du macronisme
06:23qu'on a tous absolument perdu le compte.
06:26En revanche, ce qui est quand même fascinant,
06:27et d'ailleurs, mais ça découle aussi de l'affaiblissement
06:29de l'autorité du parti, évidemment,
06:31mais par rapport à la méthode de désignation
06:33d'un candidat, alors tout le monde
06:35s'est complètement contredit,
06:37et finalement, on ne sait pas du tout, c'est complètement erratique.
06:40Édouard Philippe, il y a 4-5 mois,
06:42les proches de la campagne Horizon
06:43étaient assez vocaux,
06:45ils étaient de fervents défenseurs de la possibilité
06:48de plutôt recourir à la méthode des sondages
06:50pour assez vite départager un candidat.
06:52Et d'ailleurs, il y a 4-5 mois, ça tombait bien
06:53parce que la domination d'Édouard Philippe
06:55dans l'espace politique du centre était indubitable,
06:58il était quasiment à plus de 20%
06:59ou aux alentours de 20% dans les sondages
07:01de premier tour, avec Gabriel Attal
07:03qui était à l'époque à 7-8%.
07:05À l'époque, Gabriel Attal lui disait
07:08« Non, non, il faudrait plutôt faire une primaire »,
07:10ce qui était assez cohérent
07:11parce que les sondages n'étaient pas du tout dans son sens
07:13et qu'en plus, il sait qu'il est plutôt doué
07:15en campagne et en communication politique, Gabriel Attal.
07:18Là, on voit que les courbes d'Édouard Philippe
07:19et de Gabriel Attal sont en train de se rapprocher,
07:22et alors soudainement, on a Édouard Philippe qui nous explique
07:23« Oui, non, mais vous savez, la campagne,
07:25ce n'est pas une succession de sondages ».
07:26Et Gabriel Attal qui dit
07:27« C'est ça, en fait, il réécrit l'histoire un petit peu ».
07:29Exactement, et puis d'ailleurs, lui, Gabriel Attal,
07:31maintenant qu'il remonte, il nous dit
07:32« Mais peut-être que finalement, les sondages... »
07:34Moi, je trouve ça fabuleux, c'est ça,
07:36c'est en fonction des semaines, on choisit son temps.
07:38Et en plus, c'est complètement absurde
07:39parce qu'un sondage est là pour nous dire
07:41comment les Français interprètent
07:43les équilibres électoraux à un moment T.
07:45Il n'est pas là pour nous dire
07:46comment les Français estiment
07:47que les partis doivent conduire leur campagne.
07:49Elliot, j'ai une question pour vous.
07:51Est-ce que la primaire à droite
07:52pourrait reproduire éventuellement
07:54les mêmes égaux et les divisions
07:55qui ont miné la gauche ?
07:57C'est une possibilité,
07:58mais dans le même temps,
07:59dans la mesure où il n'y a pas
07:59véritablement de candidats présidentiels
08:01qui fassent véritablement un raz-de-marée
08:03dans l'opinion à l'heure actuelle à droite,
08:05c'est peut-être un tout petit peu moins un danger.
08:08Maintenant, oui, on a vu,
08:09et même d'ailleurs dans les précédentes campagnes,
08:11on peut penser à la primaire de 2017,
08:14Nathalie Kosciusko-Morizet, Alain Juppé
08:16et le reste de la droite
08:17qui s'étaient ralliés derrière François Fillon.
08:20Enfin, je veux dire,
08:20il y avait eu un véritable schisme
08:22au sein du parti Les Républicains à l'époque.
08:24Donc, évidemment que les primaires
08:26sont toujours un moment extrêmement délicat,
08:28mais là, dans la mesure où
08:30les divergences sont tellement faibles,
08:32il n'y a pas non plus de grandes figures
08:34qui soient massives dans l'opinion,
08:36même entre Edouard Philippe et Gabriel Attal,
08:38les choses sont absolument timorées.
08:40Je pense que s'il y avait une primaire
08:41qui incluait plus de gens à droite,
08:43on arriverait à avoir quelque chose
08:45de plus ou moins détendu,
08:46mais je suis peut-être beaucoup trop...
08:47Justement, alors, quand je vous pose la question à vous,
08:50Gilles Boutin, il parle d'avoir une primaire plus large,
08:52l'union des droites,
08:54une primaire plus élargie,
08:55comme le souhaite David Lissnard,
08:56par exemple, ma mère de Cannes,
08:58c'est utopique ou pas ?
09:00Oui, parce qu'Edouard Philippe
09:02n'a pas intérêt à s'y livrer.
09:04Il est sur une stratégie,
09:06il a été le tout premier
09:07à se lancer en campagne.
09:08Ça commence à faire,
09:09ça doit faire un an, peut-être,
09:11je ne sais plus, il a annoncé...
09:12Donc, privilégier des intérêts personnels
09:14plutôt que les intérêts d'un parti.
09:15Non, ce que je veux dire,
09:17c'est plutôt une histoire de stratégie.
09:18Intérêt personnel, franchement,
09:19se livrer à une primaire,
09:20ce n'est pas forcément vouloir le bien collectif.
09:23C'est aussi se faire valoir
09:25en sachant qu'on ne sera jamais élu,
09:27mais se ménager une place potentielle de ministre.
09:30Donc, ça sert aussi à ça, une primaire,
09:31ce n'est pas du tout...
09:32On s'achète un avenir.
09:33Exactement.
09:34Et puis, il faut être rationnel,
09:37c'est vouloir mélanger des personnes
09:39dans un exercice démocratique
09:40où certains, comme Gabriel Attal,
09:42n'ont pas forcément très envie
09:43de se retrouver avec une Sarah Knafo
09:46à l'autre bout de l'échiquier.
09:48Et même David Lysnard,
09:50qui est présenté comme fréquentable,
09:53mais il a un discours très volontariste
09:55et assez radical,
09:56notamment dans son projet économique,
09:58qui pourrait en faire fuir plus d'un.
10:01Et donc, participer à une primaire,
10:03c'est sous-entendre qu'on veut bien aussi,
10:04ensuite, rejoindre le gagnant de cette primaire
10:07dans la gouvernance.
10:10Donc, ça rend tout compliqué, en fait,
10:12de diaboliser l'autre extrême de cette primaire.
10:16Je pense qu'il ne faut surtout pas l'organiser,
10:18en fait, cette primaire,
10:19parce que ce serait une perte de temps,
10:20ça démonétise la parole politique.
10:23Et puis, l'élection,
10:24ça reste quand même la rencontre d'une personne
10:25avec une vibration nationale.
10:28Et il vaut mieux laisser parler ça.
10:30Oui, c'est les sondages qui jouent un rôle,
10:32effectivement.
10:32C'est des séquences,
10:34c'est des moments,
10:34et puis après, c'est un ressenti.
10:35Et c'est les petits candidats aussi
10:36qui finissent par ressentir
10:37qu'à la fois, ils ne vont pas y arriver
10:39et que c'est leur responsabilité
10:41de faire gagner le moins mauvais d'entre eux.
10:44Je retiens quand même
10:45que ça peut permettre à certaines personnes
10:47qui ne sont pas très connues
10:48de se faire valoir,
10:49de se faire connaître
10:50et d'avoir une première rencontre.
10:52Aussi, c'est qu'une carrière, c'est long.
10:53On parlait de ça à Knafot.
10:55Elle a fait 10 points à Paris.
10:56Certes, elle n'a pas été élue,
10:57mais par contre,
10:58ça commence à imprimer aussi dans les esprits.
10:59Et donc, c'est s'acheter un avenir
11:02et donc, c'est prendre le temps
11:03et faire cette rencontre avec les Français.
11:06Merci d'avoir passé cette heure avec nous
11:08sur Europe 1.
11:09Gilles Boutin, Eliott Maman,
11:10à très bientôt sur cette antenne.
11:12Merci à Estelle aussi
11:13pour cet intérêt ensemble.
11:15Moi, je vous retrouve ce soir
11:1619h21 pour Europe 1 Info
11:18et je vous laisse avec le journal d'Arthur.
11:21À suivre sur Europe 1, les infos,
11:22bien sûr, avec le flash, vous l'avez dit.
11:24Et puis, je vous accompagne, moi,
11:25toute l'après-midi sur Europe 1
11:26avec notamment, juste après le flash,
11:28le meilleur des récits extraordinaires,
11:29signé Pierre Bellemare.
11:30À tout de suite.
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