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  • il y a 1 semaine
Dans le cadre d’un partenariat, TVLibertés a le plaisir de vous proposer cet été quelques programmes d’OPEN Box TV, la chaîne d’Alain Juillet, ancien patron du renseignement à la DGSE.

Dans cette nouvelle émission, Alain Juillet et Claude Medori reçoivent Emmanuel Dupuy, président de l'IPSE, pour faire un point sur l'évolution des relations géostratégiques

Qui lient les pays européens aux pays méditerranéens. À un moment où la géopolitique mondiale est en plein bouleversement, ne serait-il pas important de recréer des liens autour de la Méditerranée ? Quel rôle la France peut-elle jouer dans cette région ? Mare nostrum

Abonnez-vous à la chaîne d’Alain Juillet, OPEN BOX TV : https://www.youtube.com/@OPENBOXTVfr

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Transcription
00:06Angela Merkel a tué le processus en favorisant autant les pays baltes que la Méditerranée
00:14pour nous empêcher de prendre trop d'importance dans le cadre de l'Union Européenne, il faut le savoir.
00:24Bonjour, bienvenue sur Openbox TV, l'émission de géopolitique d'Alain Juillet.
00:28Et merci de nous soutenir sur Tipeee pour maintenir cette ligne éditoriale indépendante.
00:33Vous pouvez aussi devenir membre de notre chaîne et avoir accès du contenu exclusif sans les coupures intempestives de YouTube.
00:39Alain Juillet, bonjour.
00:40Bonjour Claude.
00:40Une nouvelle émission où nous allons revenir un peu plus près de chez nous, où nous allons parler des relations
00:47euro-méditerranéennes.
00:49Et pour cela, nous avons invité notre ami Emmanuel Dupuis, grand expert en la matière.
00:54Et grand habitué de notre émission.
00:55L'euro-méditerranée, les enjeux sécuritaires, politiques, économiques, c'est quand même une zone qui nous est chère.
01:02Et je pense qu'on va faire une très bonne émission.
01:04L'euro-méditerranée, en définitive, vous savez, ça fait 30 ans, 30 ans que le concept d'euro-méditerranée,
01:11les pays du Nord et les pays du Sud travaillant ensemble, a été lancé.
01:15Bon, juste pour mémoire, c'est que ce concept avait été lancé par les pays du Sud, l'Espagne, la
01:22France, l'Italie, tous les pays du Sud, la Grèce.
01:26Tous les pays disaient, c'est une occasion pour nous de nous développer.
01:29Parce qu'à l'époque, l'Allemagne jouait la carte des pays du Nord de l'Europe et de l
01:35'Est de l'Europe.
01:36Et donc, on s'était dit, il faut jouer la carte des pays du Sud pour avoir de la main
01:41-d'œuvre.
01:41Car c'est ça, l'idée.
01:43Nous, on amenait, je dirais, la matière grise et les pays du Sud amenaient de la main-d'œuvre pour
01:47arriver à faire un mélange harmonieux.
01:49Bon, à l'époque, Angela Merkel a tué le processus en favorisant autant les pays baltes que la Méditerranée
01:59pour nous empêcher de prendre trop d'importance dans le cadre de l'Union européenne.
02:04Il faut le savoir.
02:05Ça a été une politique délibérée des Allemands.
02:09Et donc ça, ça a été déjà un premier frein.
02:11Et puis le deuxième, c'est qu'il y a eu des changements de tous les côtés.
02:14Parce qu'il y a 30 ans, quand le processus a été signé, il y avait Bachar el-Assad, disparu.
02:23Il y avait Moubarak, disparu.
02:25Il n'y avait pas non plus Erdogan.
02:27Enfin, quand on fait le tour, il y avait pratiquement tous les dirigeants actuels, à part le Baroque.
02:34Tous les autres, ils n'étaient pas là.
02:36On vient de vivre 30 ans de changements profonds.
02:39Emmanuel, merci d'être là et bonjour.
02:41Pour commencer, on peut dire, parce qu'il faut bien commencer par un endroit, l'Europe du Sud, par rapport
02:47à la Méditerranée.
02:49Où en sommes-nous ?
02:51L'Espagne, la France, l'Italie, la Grèce ? Comment ça se passe ?
02:56Alain, vous avez raison de rappeler qu'on fête déjà un anniversaire.
02:59C'est important de le dire.
03:00Par contre, on a un peu oublié qu'il y a la journée de l'Europe, le 9 mai,
03:04qui célèbre la déclaration Schumann,
03:06la signature, donc la création visant à créer la communauté européenne du charbon et de l'acier.
03:10Mais il y a aussi une journée de l'Europe, le 28 novembre.
03:13Et ce 28 novembre célèbre 30 ans d'union ou d'unité ou de quête d'une coopération entre les
03:19deux rives.
03:20Ça s'appelait le processus de Barcelone, qui avait été signé entre les 15 pays de l'Union Européenne à
03:25l'époque et les 10 pays de la rive sud.
03:27Cette coopération, qui est maintenant trentenaire, qui s'appelle le processus de Barcelone,
03:31a eu ensuite, 10 ans plus tard, une continuation, le processus Euromède, donc dans la continuation.
03:38Les dates sont importantes et ça permet effectivement de voir quel est le chemin parcouru depuis 95.
03:43Parce que 95, on était dans l'espoir, après les accords d'Oslo, qu'une solution à deux États allait
03:50advenir.
03:50Et c'est un petit peu l'état d'esprit des représentants palestiniens, israéliens, du Maghreb, du Machrek, du Levant
03:58et donc de l'Afrique du Nord,
03:59qui se disaient, bon, on a là un espace de civilisation.
04:03500 millions d'habitants, c'est à la fois l'Europe, c'est à la fois l'Asie, c'est
04:07à la fois l'Afrique.
04:08Et ça crée, comme Fernand Brunel le disait, une connectivité, une marée nostrum.
04:12Donc un espace civilisationnel qui remonte au temps immémoriaux, la civilisation égyptienne, la civilisation hellénique,
04:19les prémices du commerce, les prémices des routes, les phéniciens, les prémices, les phéniciens et les véniciens,
04:27les prémices aussi des routes de la soie, bref, toute l'interconnectivité, la première mondialisation,
04:32avec le commerce entre le nord de l'Europe, le sud et puis le nord de l'Afrique et aussi
04:38son sud.
04:38Il y a une connectivité forte entre la connectivité de ce qu'est une mer commune, une mer intérieure, la
04:45Méditerranée,
04:46et le désert commun entre l'Afrique du Nord et l'Afrique sud-saharienne.
04:50On dit souvent Maré-Nostrum, Sahé-Nostrum, avec cette connectivité qui rassemble non seulement les pays de l'Afrique du
04:56Nord,
04:56mais aussi ceux de l'Afrique centrale, enfin de l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale.
05:02Alors, en 30 ans, il y a eu beaucoup de choses. On a inventé beaucoup d'institutions.
05:06La Méditerranée génère beaucoup d'interrogations sur l'incapacité d'unité des Européens,
05:13parfois une très grande inventivité des pays du sud qui vont beaucoup plus vite que nous sur un certain nombre
05:19de sujets,
05:20et puis surtout sa nécessité de trouver une passerelle plutôt qu'un limès ou un mur entre les deux rives.
05:27Alors, depuis 30 ans, l'espoir de 1995 a un peu été déçu par le fait qu'il n'y
05:33a toujours pas de solution à deux États
05:34et qu'on se fait toujours la guerre sur les rives orientales de la Méditerranée.
05:39L'espace méditerranéen, à l'époque, se devait être un espace de coopération internationale.
05:46C'est devenu maintenant un espace de conflictualité.
05:48Alors, 1995, c'était aussi, il faut bien l'avoir à l'esprit,
05:52l'idée aussi qu'il puisse y avoir une normalisation entre les pays arabes et Israël.
05:57Puisque la Jordanie, en 1993, le père de l'actuel roi, Hussein de Jordanie,
06:03avait normalisé ses relations avec Israël.
06:05Donc, on était dans une forme d'euphorie dans laquelle l'Union Européenne,
06:09qui n'avait que 15 membres, trouvait le moyen d'élargir son marché unique,
06:15sa zone de libre-échange, en nouant des partenariats.
06:18Le partenariat avec le Maroc, l'accord de libre-échange avec le Maroc, c'est 2000.
06:21L'accord de libre-échange avec la Tunisie, c'est 2008.
06:24Et avec aussi une volonté de, j'ose même utiliser l'expression,
06:29de se rabibocher avec un certain nombre de partenaires plus rétifs.
06:32La Libye, on l'a évoqué, l'Algérie, la Syrie,
06:35qui ont joué le jeu de l'intégration euro-méditerranéenne.
06:39Donc ça, c'était en 1995.
06:41Ensuite, il y a eu un certain nombre de sous-brosseaux
06:44pour créer des structures qui permettent de dialoguer entre les deux rives.
06:50La plus connue, ou en tout cas celle dont nous pouvons nous organiser,
06:55c'est l'Union pour la Méditerranée, le 14 juillet 2008, avec le président Sarkozy.
06:59Sarkozy, oui.
07:00Et en amont d'un discours qu'il avait prononcé à Marseille en 2007,
07:03avait eu cette idée, à côté de l'union politique et économique de l'Union européenne,
07:07il peut y avoir une union civilisationnelle.
07:09Absolument.
07:10Et donc cette union civilisationnelle que prenait Edgar Morin,
07:14dont Fernand Braudel a très magistralement tressé les contours,
07:22avait comme ambition, et j'utilise souvent cette phrase
07:25quand il faut résumer ce qu'est l'Union pour la Méditerranée,
07:28une union de projet et non pas un projet d'union,
07:30avec l'idée de ne pas faire une union méditerranéenne,
07:33mais d'essayer de voir les sujets de connectivité.
07:36Il y a une union équilibrée, parce que par exemple, à l'époque de l'accord de Sarkozy,
07:42on avait nommé comme président de cette union de la Méditerranée,
07:46le président égyptien.
07:47Donc ce n'était pas les Européens qui imposaient...
07:49Non, non, non, c'était la voie du Sud.
07:51C'est ça.
07:52C'est toujours la voie du Sud, puisque Nasser Kemal,
07:55ancien vice-ministre des Affaires étrangères égyptien,
07:57est toujours le secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée depuis 2018.
08:01C'est très important de bien comprendre ça.
08:03C'était vraiment un accord dans lequel chacun apportait ses spécificités,
08:08mais qui devait nous permettre, effectivement,
08:10de nous développer économiquement de manière intéressante entre les deux parties.
08:14Et j'ajouterais, moi, que pour le Maroc, avant le roi actuel, avant Mohamed VI,
08:18Hassan II avait dit un jour, à une question on lui posait sur les migrations,
08:21il avait dit, mais s'il ne voulait pas avoir de migration chez vous,
08:25construisez des usines chez nous.
08:27Et dans le cadre de l'Union de la Méditerranée, c'est vrai qu'on voit avec Mohamed VI,
08:32on a vu un développement incroyable de zones industrielles au Maroc,
08:37où des grands opérateurs européens et français sont installés.
08:41On a bien vu qu'on pouvait jouer sur les deux côtés, et ça marchait très bien.
08:47D'ailleurs, Hubert Védrine est allé dans ce sens,
08:51en évoquant l'idée qu'après la pandémie, a émergé l'idée qu'il faille se réapproprier notre voisinage immédiat,
09:00plutôt que de profiter de la facilité, du volume horaire qui coûte moins cher en Asie du Sud-Est, par
09:08exemple,
09:09en essayant de comprendre que l'employabilité de la Rive-Sud est aussi, pour l'Union européenne,
09:17un Eldorado qui lui permettrait d'être moins dépendant de pays qui, par leur éloignement,
09:23par parfois les différences idéologiques que nous avons,
09:28que ce soit avec la Russie aujourd'hui ou la Chine demain, peuvent être des alternatives.
09:33Alors, ce qui est très intéressant avec la Méditerranée,
09:35et c'est pour ça qu'on est dans cette actualité,
09:38c'est qu'on a fêté le 28 novembre dernier une nouvelle étape,
09:42avec la mise en place d'un pacte pour la Méditerranée intégré et solidaire,
09:48avec l'idée qu'il faille désormais abonder dans plus de coopération au-delà des institutions.
09:55Il y a l'Union pour la Méditerranée,
09:57qui est en fait un canard un peu boiteux,
10:00parce que c'est les 27 pays de l'Union européenne,
10:03plus tous les pays de la Rive-Sud,
10:05avec l'idée que d'un côté vous avez une Europe qui a une voie,
10:11mais dans laquelle il y a 27 pays,
10:13et puis des pays méditerranéens, comme le rappelait Alain,
10:16qui ont connu les printemps arabes en 2010,
10:19qui se sont débarrassés d'un certain nombre de leadership,
10:22j'allais dire toxiques,
10:23avec des pays balkaniques.
10:25Ne jamais oublier que la Méditerranée, c'est aussi...
10:27qui ont explosé, la mer Adriatique,
10:31et puis aussi, ne jamais oublier que la mer Méditerranée,
10:35c'est aussi la mer Noire.
10:36En fait, quand on pense à la Méditerranée,
10:38il faut penser à la Méditerranée en fait comme une mer intérieure,
10:41mais comme une mer qui s'est en fait quintuplée,
10:45une Méditerranée extérieure.
10:47On ajoute à la Méditerranée le Portugal,
10:50qui n'est pas riveraine de la Méditerranée,
10:52mais dont l'agenda est méridional.
10:54On ajoute la Mauritanie, qui est un pays atlantique,
10:57mais qui par sa proximité avec le Maroc,
10:59sa continuité territoriale avec le Maroc,
11:02a les mêmes aspirations.
11:04Et puis bien sûr, il y a la Méditerranée occidentale,
11:06celle que nous connaissons,
11:08celle qui est en fait contingente de notre histoire.
11:12En 1830, le général Boulanger qui débarque à Alger,
11:15l'accord de Fès,
11:16le traité de Fès en 1912,
11:18qui crée le protectorat au Maroc,
11:21le traité de Tunis en 1898,
11:23qui crée le protectorat en Tunisie.
11:25Bref, un peu notre Méditerranée à nous,
11:27et qui nous ouvre sur le Maroc, l'Algérie, la Tunisie.
11:30Et puis il y a aussi l'espace balkanique,
11:34avec un certain nombre de pays qui sont dans l'Union Européenne,
11:37qui sont méditerranéens,
11:39qui sont dans l'Union Poirée-Méditerranée,
11:40et d'autres qui aspirent à le devenir.
11:42Le Monténégro, l'Albanie,
11:45la Bosnie-Herzégovine,
11:46et puis la mer Noire,
11:49et donc qui ouvre sur un autre domaine,
11:51qui est celui du voisinage de l'Union Européenne,
11:54de la complémentarité entre l'adhésion dans l'OTAN
11:57et l'adhésion de l'Union Européenne,
11:59avec des pays qui sont méditerranéens,
12:01de facto, la Georgie,
12:02mais qui ne sont ni membres de l'OTAN,
12:03ni membres de l'Union Européenne.
12:05L'Ukraine, également,
12:07avec évidemment la conflictualité russe.
12:09Et je termine d'un dernier point,
12:11c'est un sujet sur lequel j'ai beaucoup travaillé,
12:12je donne d'ailleurs un cours sur les enjeux contemporains en Méditerranée,
12:15et puis je rappelle toujours à mes étudiants
12:17qu'il y a une connectivité pas si évidente que ça,
12:21territorialement, mais historiquement,
12:22qui peut se comprendre,
12:23à travers ce qu'a été la route de l'ambre,
12:25où on voit entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud,
12:29des connectivités entre l'espace baltique
12:32et l'espace militerranéen.
12:33C'est à peu près la même logique.
12:35Mer intérieure,
12:36tous les pays désormais font partie
12:38et de l'Union Européenne et de l'OTAN,
12:41une altérité stratégique
12:42ou une adversité forte Russie
12:45de part et d'autre.
12:47Et puis, bien évidemment,
12:48l'idée sur laquelle,
12:49à un moment ou à un autre,
12:51il faut trouver le moyen d'intégrer
12:53la Middle Europa,
12:54c'est-à-dire l'Europe qui,
12:55industriellement,
12:56a fait la puissance économique du continent,
12:58et puis les moteurs de développement
13:01du continent africain,
13:02car les plus grosses économies africaines
13:03sont égyptiennes d'un côté,
13:05marocaines de l'autre,
13:06si on descend vers le sud,
13:08évidemment, le nigérien,
13:09mais avec cette connexion,
13:10donc, nord-sud.
13:12Un ami commun qui est Jean-Louis Guigou,
13:14quand il parle de la Méditerranée
13:16ou de l'Euro-Méditerranée,
13:17l'associe toujours à l'acronyme AME,
13:21Afrique Méditerranée Europe,
13:22en disant qu'il y a une évidence
13:24du nord de l'Europe au sud de l'Afrique
13:27à se penser en verticalité stratégique.
13:29Les mers dont on parle,
13:30la mer Noire,
13:32la mer Adriatique,
13:34la mer Méditerranée proprement dite,
13:36tout ça, ça se tient.
13:37On a un bon exemple,
13:38justement, avec la Turquie,
13:39dont on parlait tout à l'heure.
13:41La Turquie, il y a quelques années,
13:43était au bord du conflit
13:44au large de Chypre
13:46pour mettre la main,
13:49si je peux dire,
13:50sur les réserves de gaz et de pétrole.
13:52On en a déjà parlé
13:53dans d'autres émissions,
13:54il y a tout un gisement
13:56qui part depuis l'Égypte,
13:59ça remonte jusqu'à la Syrie.
14:02où d'ailleurs,
14:03en Égypte,
14:04c'est en eau profonde,
14:05devant la Syrie,
14:06c'est à 20 mètres sous l'eau,
14:07c'est-à-dire que ce n'est pas du tout
14:08les mêmes coûts de recherche
14:10et d'exploitation.
14:12Et les Turcs,
14:14qui n'ont pas de pétrole,
14:15voulaient évidemment mettre
14:16à travers Chypre,
14:17voulaient y aller.
14:18Et puis,
14:20on s'aperçoit
14:20qu'ils ne s'intéressent plus.
14:22Alors, les gens se posent
14:23la question,
14:23et pourquoi ils ne s'intéressent plus ?
14:25C'est parce que de l'autre côté
14:26de la Turquie,
14:27on est en mer Noire,
14:28les gens ne savent pas
14:29où s'en souviennent pas.
14:30Il faut voir la carte,
14:32on passe le Bosphore,
14:33on est en mer Noire,
14:34et en mer Noire,
14:35ils ont trouvé du pétrole.
14:37Donc, du même du gaz.
14:38Et du même coup,
14:39les Turcs disent
14:40mais ce n'est plus la peine
14:41d'aller chercher en Méditerranée
14:42et nous battre avec les autres,
14:44puisqu'on a trouvé
14:44de l'autre côté.
14:45Dans leur zone territoriale ?
14:47Dans leur zone territoriale en plus.
14:48Donc, pour eux,
14:49le problème est réglé.
14:50Donc, pour dire quoi ?
14:51Tout ça, ça se tient.
14:53Et je crois que c'est très important
14:54parce qu'à un moment,
14:58je partage tout à fait
14:59ce qui vient d'être dit,
15:01quand on voit
15:02ce qui se passe aujourd'hui,
15:03les tensions dans tous les sens
15:04et autres,
15:05les besoins que nous avons
15:06de développer nos économies
15:08avec le problème chinois,
15:10le bloc chinois,
15:12la réaction américaine
15:13et l'Amérique de Trump,
15:15la doctrine de Donnero,
15:16comme on dit maintenant,
15:18de Donald et Monroe,
15:20là, on voit que nous,
15:22en tout cas,
15:23les pays du sud de l'Europe
15:24au minimum,
15:25notre intérêt,
15:26c'est de nous intéresser
15:27sérieusement à l'autre côté.
15:28Il y a un chef d'État
15:29qui a bien compris ça
15:31ces derniers temps,
15:32c'est Mélanie,
15:33qui a fait le tour
15:35pratiquement de tous les pays
15:36dont on parle,
15:38le Maroc, l'Algérie,
15:39la Tunisie.
15:41Bon, avec le Maroc,
15:42elle a signé
15:42des accords de coopération,
15:44avec l'Algérie,
15:45elle a récupéré
15:46tout ce qu'il y avait
15:48comme pétrole et gaz
15:50avec la Tunisie
15:51à la fin d'un accord
15:52en bloquant l'immigration
15:53d'un côté
15:54mais en créant
15:54des usines de l'autre.
15:56Bon, la Libye,
15:57elle a carrément
15:58repris le dossier en main
16:00en disant
16:00la Libye a toujours
16:01appartenu à l'Italie,
16:03donc,
16:03a toujours été avec l'Italie,
16:05donc,
16:05qu'est-ce que viennent faire
16:06les Français
16:07et les autres là-dedans ?
16:08Laissez-nous faire.
16:09Et elle a vu tout le monde.
16:10Elle a vu le maréchal...
16:13Haftar, oui.
16:13Elle a vu Haftar,
16:14mais elle a vu aussi
16:15les autres à Tripoli.
16:18Et puis en Égypte,
16:19elle est en train
16:20de faire un carton également.
16:21Donc,
16:21elle est partout.
16:23C'est très intéressant
16:24parce qu'on a déjà
16:25l'occasion de parler
16:25de George Emmanuel,
16:26mais George Emmanuel
16:27c'est vraiment
16:28l'incarnation
16:29de la chef d'État
16:31méditerranéenne.
16:31Dans le sens où aujourd'hui,
16:33je pense qu'il y a eu
16:34plusieurs émissions
16:35qui en ont parlé,
16:37il y a quand même
16:38deux approches de l'Europe.
16:39Une approche
16:39qui est institutionnelle,
16:41on s'appuie
16:42sur ce que nous laisse
16:43le traité de Lisbonne,
16:45avec parfois des difficultés
16:47d'efficacité
16:48pour décider
16:49à l'unanimité.
16:50On voit que
16:51de moins en moins,
16:52elle arrive à le faire.
16:52Et puis,
16:53il y a l'émergence
16:54d'une Europe
16:54à plusieurs vitesses.
16:55On parle beaucoup
16:56maintenant
16:56d'un nouvel acronyme,
16:58le CIS,
16:59la coalition des volontaires.
17:00En fait,
17:00c'est Wiesgrad,
17:01donc l'Allemagne,
17:02la France et la Pologne,
17:04plus l'Espagne et l'Italie.
17:05Donc en fait,
17:06cet espace,
17:07ces six économies,
17:08et je n'oublie rien,
17:10les Pays-Bas,
17:11les six économies
17:11les plus dynamiques
17:12de la zone euro,
17:13avec une incarnation
17:15d'un leadership.
17:15Il se trouve que
17:16Giorgia Meloni,
17:17beaucoup plus que
17:18Pedro Sánchez,
17:19et évidemment,
17:20beaucoup plus que
17:21le président Emmanuel Macron,
17:22incarne ce leadership.
17:23Elle incarne ce leadership
17:24parce qu'elle a
17:26les pieds
17:27sur les deux rives
17:28de la Méditerranée,
17:28voire même les trois,
17:29puisqu'elle est aussi
17:30très proche
17:31des pays adriatiques.
17:32Ne jamais oublier
17:34que l'Italie
17:35a un substrat colonial
17:37qu'elle assume
17:38vis-à-vis de l'Albanie,
17:40vis-à-vis
17:41d'une partie
17:42de la Macédoine du Nord,
17:44vis-à-vis d'une partie
17:45des Balkans occidentaux,
17:46avec un dynamisme
17:48des entreprises italiennes
17:49que l'on retrouve
17:49en Roumanie,
17:50que l'on retrouve
17:51en Bulgarie,
17:52avec d'ailleurs
17:52des proximités
17:53très fortes
17:54entre le Premier ministre
17:55Edi Rama
17:55et la Première ministre italienne,
17:57ces accords
17:58de migration
17:59qu'Alain Juillet évoquait,
18:00et puis surtout
18:01le fait que
18:02l'Italie
18:03nous a subtilisés
18:05entre guillemets
18:06trois milliards
18:07de mètres cubes
18:08de gaz
18:09algériens.
18:11Que les Algériens
18:12du coup
18:12ne peuvent plus
18:12nous vendre
18:13puisqu'ils les ont
18:13vendus aux Italiens.
18:15Ça, il fallait le faire.
18:15Il fallait réussir
18:17ce coup-là.
18:17C'est peut-être aussi
18:18ce qui explique
18:19la grande,
18:20comment dire,
18:21la très grande
18:22fébrilité du président
18:23Macron vis-à-vis
18:24de l'émergence
18:24de Djamaloni,
18:25qui en plus apparaît
18:26comme celle
18:27qui peut discuter
18:28avec Donald Trump,
18:30parce qu'elle est
18:32respectée
18:32par tout le monde.
18:33Par tout le monde.
18:34Et les Européens
18:35et de l'autre côté
18:36de l'Assemblantique.
18:37Alors c'est vrai
18:37qu'on est en train
18:39de tracer
18:40un visage idyllique
18:41de l'Europe du Sud.
18:42Il ne faut quand même
18:43pas oublier
18:43que l'Europe méditerranéenne
18:46a aussi un autre avantage,
18:47c'est qu'elle est sortie
18:48d'une crise.
18:49La crise financière
18:50de 2008
18:51est la manière
18:52dont on percevait
18:53l'Europe du Sud.
18:54On a utilisé
18:55un acronyme
18:55qui n'était pas très valorisant,
18:57PIGS,
18:58Portugal,
18:59Italy,
18:59Greece
18:59and Spain.
19:01Alors de manière
19:03plus acceptable,
19:05le Club Med
19:05ou alors les Cigales
19:09et les Fourmis,
19:10ceux qui épargnent
19:11et ceux qui dépensent
19:12l'argent de l'Union Européenne.
19:13Or si on regarde bien
19:14maintenant
19:14les résultats économiques
19:15du Portugal
19:17qui a totalement
19:18renversé la table,
19:19qui devient attractif
19:21touristiquement parlant,
19:22l'Italie
19:23dont les taux
19:24d'emprunt
19:25sont inférieurs
19:27aux taux d'emprunt
19:28français.
19:29Oui mais parce qu'elle a réussi,
19:30elle,
19:30à descendre en dessous
19:31de 3%
19:32de déficit.
19:33Elle est en dessous
19:34de 3%,
19:34elle est à 2,6% d'ailleurs.
19:35Et elle rembourse
19:36sa dette
19:38grâce au fait
19:39qu'elle est un des premiers
19:40pays au monde
19:41au niveau balance
19:42des exportations
19:43et des importations.
19:44Et puis elle a aussi
19:46une puissance
19:48absolument,
19:49j'allais dire,
19:51gigantesque
19:52qui est celle
19:52de ces petites
19:54et moyennes entreprises.
19:55Il y a 6 millions
19:56d'entreprises en Italie
19:56et donc
19:58la différence
19:59que l'on peut voir
20:00entre la France
20:01qui parfois
20:01est un peu
20:02très verticale
20:03à travers
20:04le MEDEF,
20:06Alain connaît
20:07très bien
20:07les conseillers
20:08du commerce extérieur,
20:09à travers l'idée
20:10sur laquelle
20:10il faille.
20:11Et là,
20:12on peut peut-être
20:13reprendre le discours
20:14du président Macron.
20:15Moi,
20:15ça m'a beaucoup choqué
20:16quand le président Macron
20:17devant les ambassadeurs
20:18dit aux ambassadeurs
20:19vous devez dire
20:20aux chefs d'entreprise
20:21d'accompagner
20:22la diplomatie française.
20:23Non,
20:24un chef d'entreprise,
20:24il n'a pas à être
20:26aux ordres
20:27du ministère
20:28d'Affaires étrangères.
20:28Il fait du business
20:29quand il sent
20:30qu'il y a du business
20:30à faire.
20:31Et ça,
20:31l'Italie,
20:33mais également
20:33maintenant l'Espagne
20:34et la Grèce.
20:35N'oublions pas aussi
20:36que la Grèce
20:36est en train
20:36de réapparaître.
20:38On va parler
20:38de la crise économique.
20:40Bon,
20:40il ne faut pas oublier
20:41que la Grèce
20:41a été mise sous tutelle
20:42du FMI
20:43pour juste
20:43ses résultats désastreux,
20:45qu'elle en est sortie
20:46et que la Grèce
20:47aujourd'hui,
20:47elle va beaucoup mieux
20:48que la France.
20:50Il faut le dire.
20:51Et que la Grèce
20:52est en train
20:53de se réarmer
20:54au sens propre
20:56du terme.
20:56on va parler des relations
20:57l'étantique
20:57avec la Turquie.
20:59Parce qu'elle a quand même
20:59conscience que
21:00de l'autre côté
21:01des Dardanelles
21:02et de l'autre côté
21:04du Bosphore,
21:04il y a quand même
21:05un pays qui s'appelle
21:07la Turquie
21:07qui est un pays
21:08qui est à la fois
21:10oriental
21:10et occidental.
21:11Il n'y a que
21:125% du territoire turc
21:14en Europe,
21:14mais ça a nourri
21:16dans l'esprit turc
21:17l'idée qu'ils sont européens.
21:18Il faut quand même
21:19avoir à l'esprit
21:19que le pays
21:20avec lequel
21:21l'Union Européenne
21:21a noué
21:22les premières relations
21:24visant à l'élargissement,
21:26c'est la Turquie
21:27en 1987.
21:28Alors,
21:29on n'est plus du tout
21:29dans cette logique-là.
21:30Maintenant,
21:31si vous posez la question
21:31aux Turcs,
21:32à la population turque
21:33et au leadership politique turc,
21:35il vous dit
21:35qu'ils n'ont plus besoin
21:36de l'Europe.
21:37D'ailleurs,
21:37le Parlement européen
21:38a suspendu,
21:39s'inédié,
21:39il y a de ça
21:404-5 ans,
21:41le processus d'adhésion
21:42à cause des droits
21:44de l'homme,
21:44à cause du caractère
21:47peut-être très offensif
21:49de la politique étrangère
21:50du président Erdogan,
21:51mais il n'en demeure pas moins
21:52que la Turquie
21:52est consubstantielle aussi
21:54des Méditerranées.
21:56Premièrement,
21:56parce qu'avec
21:57la convention de Montreux
21:58depuis 1936,
22:00elle ouvre sur la mer Noire.
22:02Elle ouvre,
22:02elle ferme sur la mer Noire.
22:03Et puis,
22:04alors la Turquie,
22:05il ne faut pas l'oublier non plus,
22:07elle est impériale aussi.
22:09La politique de Erdogan
22:10est impériale.
22:11On y parlait tout à l'heure.
22:12Néo-Ottomane.
22:13Néo-Ottomane, exactement.
22:14Ben oui,
22:14ils veulent renferre
22:15leur pire ottoman.
22:16Et dans ce cadre-là,
22:17il y a une doctrine
22:18sur la mer,
22:19puisque là,
22:19on parle de la Méditerranée,
22:21la doctrine de la mer Bleue
22:23qui a été mise au point
22:24par un amiral
22:24très connu là-bas.
22:26Et la doctrine
22:26de la mer Bleue,
22:27c'est de dire
22:28la mer qu'il y a
22:29entre nous et la Grèce,
22:31la côte grecque,
22:31dans toutes les îles,
22:32si vous voulez,
22:33c'est à nous.
22:35La mer Noire,
22:36une bonne partie
22:37de la mer Noire,
22:37c'est à nous.
22:39Et en Méditerranée,
22:40on va à Chypre
22:41et même plus loin.
22:42Donc,
22:43en définitive,
22:44là aussi,
22:45il y a une revendication,
22:46je dirais,
22:47océanique,
22:48là c'est où,
22:50là c'est plus,
22:51mais pas terrestre,
22:52mais qui fait
22:53qu'ils ont une volonté.
22:55Et quand on parle
22:56de la Méditerranée
22:57et de l'euro-méditerranée,
22:58on est obligé
22:59de penser à ça.
23:00Parce que eux,
23:01ils ont une vision
23:02qui n'est pas du tout
23:02la même que la nôtre.
23:04La Turquie
23:04est membre de l'OTAN.
23:07Grosse armée de l'OTAN,
23:09actuellement.
23:09Plus grosse armée de l'OTAN,
23:10puisque les Américains
23:11sont quand même en train
23:11de dégraisser le mammouth,
23:12si on peut le dire ainsi.
23:13Donc ça veut dire
23:14qu'à un moment ou à un autre,
23:15il faut vouloir que nous,
23:16Européens,
23:16gérions la relation
23:18avec la Turquie,
23:19qui est quand même
23:20l'allié objectif
23:21des Américains.
23:22Il suffit de voir
23:23la manière
23:23dont parfois
23:24les États-Unis
23:25demandent à la Turquie
23:26de servir de médiateur
23:27sur la crise
23:29israélo-palestinienne.
23:30La meilleure preuve en est,
23:31c'est que le Premier ministre
23:33israélien,
23:34Benjamin Netanyahou,
23:34était furieux
23:35que le président Trump
23:36à Davos
23:37offre un siège
23:38dans le Conseil de paix
23:39au président Erdogan.
23:40Il n'en voulait pas
23:41et il se les fait imposer.
23:42Et ce qui a aussi
23:44provoqué
23:45quelques irritations
23:46pour ne pas dire
23:46créer un sentiment
23:47de fébrilité
23:49à Athènes
23:50avec le Premier ministre
23:51Mitsotakis
23:52puisque,
23:53comme Alain le disait,
23:54une bonne partie
23:55de la zone économique
23:56exclusive
23:57turque
23:58n'appartient pas
23:59à la Turquie.
23:59Elle appartient
24:00à la Grèce.
24:01Il y a des îles grecques
24:02qui sont à 800 kilomètres
24:03d'Athènes
24:04et à 2 kilomètres
24:05de la Turquie
24:06mais qui,
24:07depuis 1947,
24:08c'était d'ailleurs
24:09un traité qui a été signé
24:10à Paris,
24:11appartiennent de facto
24:12à la Grèce.
24:13Et donc,
24:13je pense qu'à l'avenir,
24:14il y aura beaucoup
24:15de tensions
24:16entre les deux pays.
24:17C'est la raison
24:18pour laquelle
24:18la Grèce,
24:20et il faut s'en réjouir,
24:21nous a acheté des frégates,
24:22nous a acheté des rafales,
24:24est en train
24:25de se réarmer.
24:26Ce qui fait dire
24:27au président Erdogan
24:28attention,
24:29l'accord de 1947,
24:30c'est la démilitarisation
24:32des îles grecques
24:32à proximité de la Turquie.
24:34Si vous réarmez,
24:36ça veut dire
24:36qu'on n'est plus du tout
24:37dans cette logique-là.
24:38Et donc,
24:38je crois qu'il faut regarder
24:39avec beaucoup d'attention
24:40le fait de ce détricotage
24:43du droit de la mer.
24:44Le président Erdogan
24:45veut forer,
24:46duel, duel, duel,
24:47comme dirait
24:47le président Trump.
24:48Lui,
24:49il ne se préoccupe pas
24:50des conditions environnementales.
24:52Il veut forer,
24:52évidemment,
24:53selon ce plan
24:54que vous évoquez,
24:55Alain,
24:55le marivatan,
24:57c'est-à-dire
24:57la patrie bleue.
24:58La patrie bleue, oui.
24:59Il y a l'Anatolie,
25:01il y a la Grande-Turquie,
25:02puis il y a aussi
25:03toutes les mers autour,
25:04enfin,
25:04toutes les zones.
25:05Et là,
25:05pour le coup,
25:06ça rogne un peu
25:07sur la zone économique
25:08exclusive de la Bulgarie.
25:10Ça pourrait rogner un peu
25:11sur la zone économique
25:12exclusive de la Russie,
25:13mais on s'entend,
25:14finalement,
25:15avec la Russie.
25:17Mais surtout,
25:18ça remet en cause
25:21le territoire maritime
25:22de Chypre,
25:23le territoire maritime
25:23de la Grèce,
25:25le territoire maritime
25:26aussi de la Libye.
25:27Là aussi,
25:27c'est intéressant
25:28parce que le président...
25:29Misrata avec le port,
25:30ils ont fait un port militaire
25:31à Misrata.
25:32Ils ont occupé Misrata,
25:34ils ont fait un port militaire
25:35à Turc.
25:35Les Turcs sont présents
25:36militairement
25:37depuis 2017 en Libye.
25:39Ils ont même fait mieux,
25:40ils ont signé
25:41avec le gouvernement
25:42de Tripoli,
25:42au grand dam
25:43du gouvernement,
25:44entre guillemets,
25:45du maréchal Haftar
25:46à Benghazi,
25:46un accord
25:47qui élargit
25:48la zone économique
25:49exclusive
25:49et qui la partage
25:51entre la Turquie
25:52et la Libye.
25:53Ça veut dire que
25:54les zones économiques
25:55exclusive autour de la Crète,
25:57par exemple,
25:57ne sont plus grecques,
25:58mais elles sont reconnues
25:59pour les Turcs
26:00et par les Libyens
26:01comme étant les leurs.
26:02Ce qui avait quand même
26:02provoqué une grosse tension
26:04en 2020 à l'OTAN,
26:06au sein de l'OTAN,
26:06où une frégate française
26:08s'était retrouvée,
26:09allumée par le radar
26:11de deux frégates turcs
26:13qui appartenaient
26:14à la même mission,
26:15celle visant
26:15à imposer un embargo.
26:17Et je pense que là,
26:19on est quand même passé
26:20très très très près
26:21d'une confrontation directe.
26:22la Turquie et la France
26:23sont à couteau tiré
26:24par rapport à,
26:26on ne peut pas le dire autrement,
26:27l'hubris du président Erdogan.
26:29Donc ces relations
26:30euro-méditerranéennes,
26:32si je comprends bien,
26:33en 1995,
26:34tout le monde avait
26:34une vision commune
26:35de développement économique,
26:38optimiste,
26:39optimiste.
26:39Mais aujourd'hui,
26:40il y a des tensions
26:41partout.
26:41Comment on peut anticiper
26:43et se projeter
26:44dans un avenir serein
26:46autour de la Méditerranée ?
26:48Il y a quand même aujourd'hui
26:49des enjeux sécuritaires
26:50qui reviennent
26:52au premier plan.
26:53Avec quelqu'un
26:54que vous connaissez bien ici,
26:55que j'ai vu il y a quelques jours,
26:57l'amiral Dufourque.
26:58Quand l'amiral Dufourque
26:59dirigeait la revue
27:00de la Défense Nationale,
27:01il avait cette très belle formule
27:03« Les inacceptables communs ».
27:04Nous avons,
27:05sur la rive nord
27:06et la rive sud,
27:07des mêmes préoccupations.
27:08Le boom démographique
27:10qui va obérer
27:12le développement économique
27:12des pays du sud
27:13et qui va porter,
27:15comment dire,
27:16une attention particulière
27:17depuis 2015,
27:19un million et demi
27:20de migrants,
27:21enfin d'Africains
27:21ou de subsahariens
27:23qui ont traversé
27:24la Méditerranée.
27:24Avec évidemment
27:25une désespérance humaine
27:26qui fait qu'on continue
27:28à mourir
27:294 ou 5 000,
27:30hélas par an,
27:31à une époque c'était 20 000
27:31de migrants
27:33qui mouraient
27:34en traversant la Méditerranée.
27:35Donc c'est inacceptable
27:35au commun.
27:36C'est la démographie,
27:37la migration
27:38ou le trop-plein démographique.
27:40Certains diraient
27:41le grand remplacement
27:41mais je ne rentrerai pas
27:42dans cette logique.
27:43Ce n'est pas tout à fait vrai.
27:44Du reste,
27:45la question du terrorisme
27:46puisque le terrorisme,
27:47il s'est ancré,
27:48enquisté
27:49sur les rives nord
27:51du continent africain
27:51avec les attentats
27:532004 à Casablanca,
27:55les attentats 2004
27:56à Djerba en Tunisie,
27:59contre une synagogue
28:00à Djerba en Tunisie.
28:01Puis on sont montés
28:02d'un côté,
28:032005 Madrid,
28:04Londres,
28:05nous qui avons été victimes
28:07de cela
28:07des ans plus tard
28:08et on se sont aussi
28:09sont descendus
28:10par éparpillement
28:13dans la zone
28:14du Sahara.
28:17sud de l'Algérie
28:18puis ensuite le Sahel.
28:19Donc en fait,
28:20nous avons en commun
28:21des ambitions
28:22et des enjeux
28:23de stabilisation.
28:24Alors,
28:25pour répondre
28:25à votre question,
28:26moi je suis un grand partisan
28:28d'une nouvelle vision
28:30de la coopération
28:32du voisinage européen
28:33qui s'appelle
28:34la communauté politique européenne.
28:36Le président Emmanuel Macron
28:37a réexhumé
28:39cette vieille idée
28:39qu'avait eu Mitterrand
28:40entre 89 et 91
28:41de créer
28:42au-delà
28:43du marché unique,
28:45au-delà
28:45de la zone
28:46de libre-échange européenne,
28:47une Europe géopolitique.
28:49Et l'Europe géopolitique
28:50de la communauté politique européenne,
28:51c'est 47 pays.
28:53Donc c'est
28:54tous les pays
28:55de l'Europe
28:57membres
28:57ou en devenir
28:59ou ayant
29:00la volonté
29:01d'adhérer
29:01à l'Union européenne,
29:02les pays
29:02des Balkans occidentaux
29:03plus la Norvège,
29:04plus la Suède,
29:05les Schenstein,
29:06l'Islande,
29:06plus l'Ukraine bien sûr
29:08et la Moldavie.
29:10Et ce n'est pas encore
29:11les pays du Sud.
29:11Alors,
29:12pour répondre à votre question,
29:13à partir du moment
29:14où on a intégré
29:15l'Est de l'Europe,
29:17ce qu'on appelle
29:17l'Europe centrale
29:18et orientale,
29:20ce qu'on appelait auparavant
29:21les PECO,
29:21les pays d'Europe centrale
29:22et orientale,
29:23il faut aussi avoir
29:24la même logique
29:25parce que depuis 2015,
29:26on a une politique
29:26européenne de voisinage
29:27vers le Sud
29:28et que la communauté
29:29politique européenne
29:30doit aussi
29:31intégrer
29:32la Mauritanie,
29:33l'Algérie,
29:34le Maroc,
29:34la Tunisie,
29:35la Libye,
29:36même si la Libye
29:37est instable
29:38depuis 2011
29:39avec un processus
29:41électoral
29:41qui est repoussé
29:43d'année en année
29:43depuis 2014,
29:44mais l'Égypte
29:45qui,
29:47malgré tout,
29:48joue un rôle
29:48là aussi connecteur
29:50ou intégrateur
29:50parce que c'est à la fois
29:52un pays arabo-musulman,
29:53c'est un pays asiatique,
29:54un pays africain,
29:55mais qui a un destin,
29:57une destinée européenne,
29:58en tout cas
29:58un patrimoine européen.
30:01Et puis bien sûr,
30:01les pays du Machrek
30:02qui sont en train,
30:04peu ou prou,
30:05de trouver
30:06leur point d'équilibre.
30:07Je ne dirais pas
30:08jusqu'à dire
30:08qu'on va vers
30:09un nouveau Moyen-Orient,
30:10mais les accords
30:11d'Abraham
30:11ont sensiblement
30:14rapproché
30:14un certain nombre
30:15de pays
30:15qui jusqu'à présent
30:16étaient dans une logique
30:17d'opposition
30:18plus formelle
30:19vis-à-vis d'Israël.
30:20Et là,
30:20pour le coup,
30:21la Méditerranée
30:21devient plus large.
30:22La Méditerranée,
30:23c'est aussi
30:24les pays du Golfe.
30:25C'est aussi
30:25la dimension
30:26arabo-musulmane.
30:27L'organisation
30:28de la coopération islamique,
30:29la moitié de ses membres
30:30sont en Afrique.
30:32Une bonne partie
30:33des membres
30:34qui appartiennent
30:34à l'organisation
30:36de la coopération islamique
30:37sont méditerranéens,
30:39pour ne pas dire
30:40ceux du Maghreb.
30:42La Ligue arabe
30:42a son siège
30:43dans un pays méditerranéen
30:45qui est le cœur
30:45depuis 1945.
30:46Et donc,
30:46du coup,
30:47on ouvre un peu
30:48l'idée sur laquelle
30:49l'Europe doit exister aussi
30:51vers son sud,
30:52sur son flanc sud.
30:53Et de ce point de vue,
30:55l'OTAN,
30:56l'OSCE
30:58avaient été créés
30:59à l'initiative
31:00de la France
31:01Je crois d'ailleurs
31:02que, Alain,
31:03vous deviez être
31:04au gouvernement
31:05en tant que
31:06haut représentant
31:07pour l'intelligence économique
31:08à cette époque-là.
31:08On avait relancé
31:09le 5 plus 5.
31:11Michel Allumari
31:12avait relancé l'idée
31:13que les 5 pays
31:14de l'arc latin,
31:16l'Espagne,
31:16enfin le Portugal,
31:17l'Espagne,
31:17la France et l'Italie,
31:19je ne me trompe pas,
31:19il y en a 5,
31:20plus Malte,
31:21pouvaient dialoguer
31:21avec les 5 pays
31:22de l'Afrique septentrionale,
31:26c'est-à-dire
31:26la Mauritanie,
31:27le Maroc,
31:27l'Algérie,
31:28la Tunisie.
31:28À cette époque,
31:29encore la Libye,
31:31puisqu'on était
31:31en 2000,
31:33on était dans une logique
31:34où le président
31:36Kadhafi était
31:36beaucoup plus
31:37à l'écoute,
31:38c'était d'ailleurs
31:39quelques années
31:40avant qu'il ne fût
31:41invité par le président
31:44Sarkozy.
31:45Donc moi,
31:45je crois beaucoup
31:45à cette idée
31:46que l'Europe
31:48a son destin
31:49dans le sud,
31:50que l'euro-méditerranée
31:51ouvre vers l'euro-Afrique,
31:53qu'on ne peut pas
31:54penser l'Europe
31:56qu'à 27,
31:57et que l'Europe
31:59géographique,
31:59c'est 44 pays,
32:01que la communauté
32:02politique européenne
32:02ouvre vers l'est,
32:03donc elle devrait
32:04ouvrir vers le sud,
32:05et qu'après tout,
32:06si les Américains
32:07se piquent
32:08d'orientaliser
32:10l'OTAN,
32:11nous devrions
32:12méridionaliser l'OTAN
32:12ou la méditerraniser,
32:14si je le puisse dire ainsi,
32:16parce que les puissances
32:18militaires se trouvent
32:19toutes riveraines
32:20de la Méditerranée.
32:22France,
32:23l'Espagne
32:23et l'Italie
32:24sont les marines
32:24les plus puissantes,
32:25avec la Grèce
32:26demain.
32:27D'ailleurs,
32:27la Grèce est un pays
32:28qui investit déjà
32:28plus de 3%
32:29de son PIB
32:30en matière de défense.
32:32Et si on ajoute
32:32la Grande-Bretagne,
32:34qui n'est pas
32:34proprement parlée
32:35méditerranéenne,
32:36mais qui par son
32:37expérience
32:39coloniale
32:39et par son intérêt
32:41pour ces pays,
32:42est un partenaire
32:43privilégié
32:44aussi en Méditerranée.
32:44J'aimerais rebondir
32:46aussi par rapport
32:47à ce qui vient
32:48d'être dit,
32:48c'est sur le fait
32:49que la Méditerranée,
32:51c'est une mer,
32:52elle n'a pas
32:54beaucoup de sorties,
32:55ce n'est pas
32:55l'Acéan Pacifique
32:56ou Atlantique.
32:57On a Gibraltar,
32:59on a le canal
32:59de Suez
33:00d'une certaine manière,
33:01tout le reste
33:01est fermé.
33:03Or,
33:04le canal de Suez,
33:05on l'a vu,
33:06il ne faut pas grand-chose
33:07pour que ça s'arrête,
33:09d'une part,
33:10et d'autre part,
33:12on a
33:13le détroit
33:14de Gibraltar,
33:16qui est très
33:16surveillé,
33:17bien entendu,
33:18mais par où
33:19tout passe.
33:20Si demain matin,
33:22on se trouvait
33:23avec un pays
33:23agressif
33:24qui bloque
33:25le détroit
33:26de Gibraltar,
33:28c'est une catastrophe
33:29pour l'ensemble
33:30des pays
33:30de la zone.
33:31C'est pour ça,
33:31j'ajoute un commentaire
33:33à part,
33:33mais il ne faut pas
33:34oublier,
33:35quand les Algériens
33:38ont acheté
33:38des sous-marins
33:39aux Russes,
33:41il y a peu de temps,
33:42ils ont acheté
33:43des sous-marins
33:43aux Russes,
33:44on s'est aperçu
33:45à son lac
33:45que rien qu'avec
33:47leurs sous-marins
33:48achetés,
33:48les Algériens
33:49pouvaient bloquer
33:50Gibraltar.
33:51Dans le cadre
33:52d'une guerre
33:53avec le Maroc,
33:54ou dans le cadre
33:54d'un conflit,
33:55ou d'un peu...
33:57Oui,
33:57d'un discours
33:58un peu plus tendu
33:59vis-à-vis des pays
33:59d'Ona.
33:59Oui,
34:01Donc,
34:01il faut bien voir ça,
34:03c'est aussi
34:06une mer nourricière
34:07pour tous les pays
34:08autour,
34:09et on a besoin
34:10d'en assurer
34:11la libre circulation
34:12dans l'intérêt général.
34:14Donc,
34:14c'est très important aussi
34:15parce que quand on voit
34:16tout ce qui se passe,
34:18et là,
34:18je parle des pays autour,
34:19je ne parle pas des autres
34:20parce que maintenant,
34:21avec le passage du Nord-Est
34:23dont on a parlé
34:23dans d'autres émissions,
34:25on peut faire passer
34:26des bateaux au Nord,
34:27mais là,
34:28mais pour ceux
34:29qui sont autour
34:29de la Méditerranée,
34:31on a vraiment besoin
34:32que la Méditerranée,
34:32c'est un poumon,
34:33on a besoin
34:34que la Méditerranée
34:35soit libre.
34:36D'où l'intérêt aussi
34:37d'avoir le maritime,
34:38d'assurer la sécurité,
34:40autant que c'est tout,
34:41et un intérêt commun.
34:42Mais Alain a raison
34:43parce qu'il y a de cela
34:44à peu près trois ans
34:45quand un bateau,
34:48je crois que c'était
34:48un vracquier,
34:49est venu littéralement
34:51buter
34:51dans le canal de Suez,
34:53ça avait bloqué
34:55et ça avait coûté
34:55quand même
34:56près de 2 milliards
34:57de dollars
34:58pour une immobilisation
34:59de 15 jours.
35:00Et donc pour enlever
35:01ce bateau qui avait été
35:02ensablé,
35:03qui bloquait totalement
35:04le canal de Suez,
35:05la conséquence est à peu près
35:06équivalente à celle
35:07qui a été provoquée
35:08par les frappes outils.
35:09Souvenez-nous-en actuellement,
35:1175% du trafic
35:13qui passait par la mer Rouge
35:14ne passe plus par la mer Rouge.
35:15Parce que les outils
35:17avaient menacé
35:17avec une certaine efficacité
35:19rançon de bateau
35:21et pour frapper
35:21un certain nombre
35:22par drone interposé
35:23la France a tiré
35:2428 missiles
35:25pour intercepter
35:26des drones
35:26en traversant
35:27le détroit
35:28de Mandeb
35:28et en traversant
35:29la mer Rouge.
35:30Donc effectivement,
35:30il y a cette très grande
35:31fragilité.
35:32Mais j'en rajoute
35:33en fait une autre,
35:34peut-être même deux,
35:35c'est qu'on pense
35:36aux maritimes
35:36mais pensons
35:37au numérique
35:39parce qu'une bonne partie
35:40des câbles
35:42passe de part et d'eau
35:44des rives
35:44de la Méditerranée
35:45et quand vous voulez
35:47disrupter
35:48le trafic
35:49d'un pays,
35:50il suffit
35:51de couper un câble.
35:52Il en a été question
35:53il y a six mois
35:54quand à Marseille,
35:56pendant deux jours,
35:57on s'est posé la question
35:58comment se fait-il
35:59que ce câble
35:59ait été débranché ?
36:01Est-ce criminel
36:01ou est-ce intentionnel ?
36:03On en revient
36:04à la guerre hybride
36:05qui se joue aussi
36:06en Méditerranée
36:07par rapport à ça.
36:08Et puis,
36:08je rajoute un autre élément,
36:10c'est aussi sous-jacent,
36:13ce sont les interconnexions
36:15à la fois pétrolières,
36:18gazières,
36:19les gazoducs
36:19qui sont déterminants
36:20pour notre souveraineté énergétique.
36:23Or,
36:24aujourd'hui,
36:24que constate-t-on ?
36:25Que la Méditerranée devient
36:26le hub de sortie
36:28ou de rentrée
36:29d'un certain nombre de pays.
36:31Les routes de la soie
36:32se terminent en Méditerranée,
36:33c'est pour ça que les Chinois
36:34ont investi massivement
36:36à Malte,
36:38en Grèce,
36:39le port de Gênes,
36:41le port espagnol de Valence,
36:44qu'un certain nombre de pays
36:45regardent avec beaucoup d'attention
36:47des contre-projets
36:48des routes de la soie.
36:49Par exemple,
36:50vous avez un acronyme
36:51que l'on va être amené
36:53à entendre de plus en plus
36:54qui s'appelle l'IMEC,
36:56Inde,
36:56Moyen-Orient,
36:58corridor,
36:59donc des corridors
37:00qui conditionnent
37:03ou rapprochent
37:04un certain nombre de pays.
37:05L'Inde,
37:06les pays du Golfe,
37:07et Israël,
37:08les Middle Corridor,
37:10le International North
37:11South Transit Corridor,
37:12l'Inde et la Russie,
37:14avec cette logique
37:15d'avoir une vision
37:18d'une Europe
37:19qui s'ouvre
37:20vers le continent asiatique
37:21et une Europe
37:23qui a besoin,
37:24encore une fois,
37:24de sécuriser
37:25ses approvisionnements,
37:27sécuriser ses relations
37:28stabilisées,
37:30plus que sécuriser ses relations
37:31avec ses partenaires
37:32et donc inventer
37:32une architecture de sécurité
37:34du continent européen
37:36qui passe par les mers.
37:38Et dernier point,
37:39parce que c'est aussi un sujet
37:40qu'on n'étudie pas suffisamment
37:45en France,
37:46la dimension fluviale.
37:47On en revient
37:48pratiquement à ce qu'a fait
37:50la force
37:50des grandes économies européennes,
37:52la transhumance
37:54par les fleuves.
37:55Le Danube
37:56devient un lieu
37:57qui connecte
37:58la mer Noire
37:59et la mer Baltique
38:00avec cette notion
38:01qui fait que
38:02les économies
38:03les plus dynamiques
38:04de l'Europe du Nord
38:05cherchent des débouchés
38:07aussi vers
38:08des marchés
38:09en émergence,
38:10les pays qui ont intégré
38:11plus récemment
38:12l'Union européenne,
38:12la Roumanie,
38:14la Bulgarie
38:14et bien sûr,
38:15ceux qui aspirent
38:16à y rentrer,
38:17la Georgie.
38:18On est tous en train
38:21de dire
38:22comment ça va se passer,
38:24quel va être l'avenir,
38:25mais on voit
38:26que l'Europe
38:27n'est pas tuée
38:29parce que
38:30l'accès américain
38:31est plus compliqué
38:32ou l'accès chinois
38:33est plus difficile.
38:34L'Europe a encore
38:35d'énormes possibilités
38:37potentielles.
38:37Il suffit simplement
38:39d'ouvrir la partie sud.
38:41Oui, c'est ça.
38:43Parce que
38:43il y a des opportunités.
38:44Déjà,
38:45le taux de croissance
38:46des économies du Sud
38:47est supérieur
38:48au taux de croissance
38:48des économies du Nord.
38:49C'est un élément important
38:50qui permettrait
38:51peut-être
38:52d'être moins
38:53dépendant
38:54de l'inflation
38:56qui parfois
38:58mine
38:58nos économies
39:01des principaux pays
39:02de la zone euro.
39:03Et puis,
39:04il faut aussi
39:05avoir à l'esprit
39:05qu'un certain nombre
39:07de pays du Nord,
39:08on en parlait tout à l'heure
39:09avec Alain
39:09et avec vous aussi,
39:10Claude,
39:11ont parfaitement compris
39:12la nécessité
39:13de sortir
39:15des vieux schémas
39:16un peu éculés.
39:16Le moteur franco-allemand,
39:18la dynamique
39:19du traité
39:20de l'Elysée.
39:21La première ministre
39:23italienne,
39:23Giorgia Meloni
39:24a reçu
39:25le chancelier
39:26Frédéric Merch
39:26et ils ont topé
39:27un accord
39:28qui nous marginalise.
39:30Donc,
39:30il y a aussi,
39:31de la part des pays du Nord,
39:33une compréhension
39:34que, quand même,
39:34il faut regarder
39:35vers le Sud,
39:36qu'il faut se positionner
39:37vers les marchés émergents,
39:39le continent africain,
39:40l'Eurasie
39:41de manière plus large
39:41et que les puissances
39:43économiques du Sud
39:44deviennent
39:45de facto,
39:46quand le leadership
39:47en plus est incarné,
39:48Métosaki sans Grèce,
39:50Sanchez en Espagne
39:51et Giorgia Meloni
39:52en Italie
39:52peuvent l'incarner.
39:54Tiens,
39:54la porte ouverte
39:55vers tout ça.
39:56Pour les pays du Nord,
39:57ils savent qu'ils sont
39:58obligés de passer
39:59par le Sud.
40:00Et là,
40:00c'est très clair.
40:02l'Italie,
40:02de ce côté-là,
40:03joue la carte,
40:04joue la carte méditerranéenne
40:06alors que nous,
40:06nous,
40:07honnêtement,
40:08alors que le président Sarkozy,
40:12on était au cœur
40:13du démarrage de ça.
40:15Et avant,
40:16bien entendu,
40:16on l'évoquait plutôt,
40:17mais on a été vraiment au cœur
40:19et là,
40:20on est en train
40:21de se faire marginaliser.
40:22Il faut dire la vérité.
40:24Et en complément,
40:25on peut aussi rappeler
40:26l'émission que nous avons faite
40:27sur l'initiative
40:27des trois mers.
40:28Oui, bien sûr,
40:30mais là,
40:31on est en plein dedans.
40:33La France ne fait pas partie
40:34de l'université des trois mers
40:35alors que l'Italie
40:36est devenue
40:37membre observateur
40:38et que la Grèce
40:39en fait partie intrinsèquement.
40:40La Grèce en fait partie.
40:41L'Italie est ce qui est inscrite.
40:43Et nous,
40:43on n'est pas.
40:44On a parlé,
40:45bien sûr,
40:45du Moyen-Orient.
40:46Alors,
40:46certains pourront s'étonner
40:47qu'on n'ait pas parlé
40:48de la Syrie et autres.
40:49Je pense que là,
40:50c'est clair.
40:51Actuellement,
40:51la Syrie,
40:52le moins qu'on puisse dire,
40:53c'est que
40:53ce n'est pas clair du tout.
40:56Quand on voit
40:56ce qui se passe
40:57avec les Kurdes d'un côté,
40:59avec les Alawites de l'autre,
41:00avec les Druzes de l'autre,
41:01on voit bien
41:02qu'ils sont en train
41:03d'essayer discrètement,
41:05mais réellement,
41:06et militairement,
41:08d'imposer un système
41:09qui est un système,
41:11je dirais,
41:12un Al-Qaïda affadit,
41:14un tendance frère musulman,
41:18si je peux dire.
41:19Et que donc,
41:20il est évident
41:21que ce pays-là
41:22ne peut pas jouer un rôle
41:24dans ce qu'on vient d'évoquer.
41:25Donc,
41:26c'est pour ça
41:26qu'il n'y a pas la peine
41:27d'en parler vraiment,
41:28parce que là,
41:29pour le moment...
41:30Et puis surtout que la Syrie
41:31est devenue un protectorat turc,
41:32ou est en train
41:33de redevenir un protectorat turc.
41:34En plus,
41:35elle est complètement
41:35sous contrôle turc.
41:37Là,
41:37ce tour d'horizon,
41:38je dirais,
41:39ce coup de projecteur
41:43sur l'euro-méditerranée,
41:45je pense que chacun
41:46d'entre nous
41:47doit comprendre
41:49qu'il est...
41:50Bon,
41:50pour nous,
41:51aujourd'hui,
41:51on a fait un constat,
41:52on a fait un coup de projecteur,
41:54mais dans le fond,
41:56soyons clairs,
41:58c'est vital
41:59pour l'avenir de l'Europe.
42:00Merci.
42:01Merci,
42:02comme toujours,
42:02Alain et Claude.
42:04de nous avoir éclairés
42:05sur quantité de choses.
42:07Emmanuel,
42:08merci,
42:08parce qu'effectivement,
42:09c'est toujours très clair,
42:10très limpide.
42:11On arrive à comprendre
42:12les sujets complexes
42:13et compliqués.
42:14On a parlé de géopolitique,
42:15de géostratégie,
42:16et en espérant
42:16qu'on trouve effectivement
42:17une solution
42:18pour tous ces pays
42:19qui se doivent
42:19de vivre ensemble
42:20pour un futur meilleur.
42:22Ça fait plusieurs millénaires
42:23qu'on cherche.
42:24Voilà,
42:24c'est vrai.
42:25Donc,
42:25rendez-vous dans plusieurs millénaires
42:27sur Openbox TV
42:28tous les vendredis
42:29à 17h sur YouTube.
42:31Merci.
42:31Au revoir.
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