00:00Moi, je suis frappé. D'abord, je suis très en accord avec ce qui a été dit par mes prédécesseurs,
00:05qui sont les politiques.
00:06Moi, je suis un modeste économiste. J'ai juste deux choses.
00:11La première, c'est que j'aimerais mettre un tout petit peu d'optimisme dans la situation.
00:17Je ne crois pas un instant qu'à quelques mois d'élection présidentielle, on ne vote pas un budget pour
00:23une raison qui est très simple.
00:24Les chiffres sont terrifiants. Un point de taux d'intérêt supplémentaire, c'est 30 milliards d'euros.
00:32Vous imaginez les ordres de grandeur de ce qu'il faudrait mettre en place pour régler ce sujet.
00:38Deuxième aspect, le compromis a été trouvé l'année dernière.
00:42Je reconnais qu'évidemment, comme tout compromis, les uns et les autres considèrent que ça n'a pas été parfait
00:48et je les comprends parfaitement.
00:49Mais il y a une élection présidentielle dans quelques mois. Chacun va développer son programme.
00:56Simplement, on ne peut pas mettre le pays dans une situation qui serait, comme l'a dit la Cour des
01:01comptes, dramatique.
01:03Dramatique. Là, c'est autre chose qu'un problème de compromis.
01:06C'est même autre chose qu'un problème de, j'allais dire, de site de problème de retraite qui aura
01:12lieu.
01:12La réforme des retraites aura lieu d'une manière ou d'une autre.
01:15Ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est que les taux d'intérêt, c'est-à-dire
01:20les marchés, sont en réalité très, très vigilants sur ce thème-là.
01:26Aujourd'hui, nous avons des taux d'intérêt qui sont supérieurs à 4 %, ce qui n'est pas la
01:31fin du monde, mais qui est quand même très inquiétant.
01:33Et donc, c'est ça la priorité.
01:36Nous avons des partis politiques qui sont très estimables les uns et les autres.
01:40Je ne parle pas des thèmes. Et donc, que M. Mélenchon, qui déjà la semaine dernière a déchiré la dette,
01:46mais il faudra bien que, s'il veut être président de la République, il faudra bien qu'il aille sur
01:50des marchés chercher un peu de capacité de financer son gouvernement.
01:57Et donc, tout ça n'est de son côté pas très sérieux.
02:00En revanche, il faut trouver quelque chose. Il y a eu l'année dernière un accord.
02:06C'est d'accord. Évidemment, on doit pouvoir le retrouver cette année.
02:10Je ne suis pas trop pour cette formulation de loi spéciale, mais on doit trouver quelque chose qui permet de
02:17maintenir en réalité le pays en situation normale.
02:20Une petite question sur le Premier ministre. On a le Premier ministre qui a mis en garde sur le fait
02:24de ne pas avoir de budget adopté avant la présidentielle.
02:27Économiquement, qu'est-ce que cela représenterait ? Qu'est-ce que cela provoquerait pour le pays ?
02:31C'est très simple. Les marchés, j'ai horreur de cette idée d'expliquer toujours les choses par les marchés.
02:40Mais pour une fois, c'est vrai. Les marchés sont extrêmement attentifs à ce qui se passe en France, à
02:47tort ou à raison, ils le sont.
02:49Si on n'avait pas de budget, je pense qu'on doit pouvoir avoir… On a un risque de voir
02:55les taux d'intérêt grimper de peut-être quelques 0,3, 0,4,
03:00c'est-à-dire ajouter de l'ordre de 10, 15 milliards d'euros de remboursement.
03:07Et donc, ceci est de la folie.
03:09Donc là, il ne s'agit plus de politique, il ne s'agit pas de droite, il ne s'agit
03:12pas de gauche.
03:12Je parle de gens raisonnables. Les gens ne sont pas pareils, mais ils sont raisonnables.
03:17Il s'agit juste de permettre à une élection présidentielle de se dérouler dans des conditions normales.
03:22J'ai bien aimé ce qu'a dit le rapporteur du budget du Sénat sur la croissance.
03:27On a une croissance qui est très faible.
03:29On est dans une situation de l'économie mondiale qui n'est pas très favorable non plus.
03:35La hausse des taux d'intérêt touche à peu près tous les pays.
03:39Donc attention, on est dans une période qui peut se terminer par une crise.
03:43Et une crise, ça n'est bon pour personne.
03:45Quand vous dites qu'il va payer, je réponds tout le monde.
03:48Merci.
Commentaires