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  • il y a 2 jours
Ce samedi 22 août, Sébastien Lecornu s'est adressé aux parlementaires dans une lettre, révèle Le Parisien. Dans ce courrier de près de quatre pages, consulté par BFMTV, le Premier ministre évoque le budget 2027, un sujet sensible auquel le résident de Matignon n'échappera pas. Sébastien Lecornu y insiste sur la nécessité de faire adopter le budget.

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Transcription
00:00Moi, je suis frappé. D'abord, je suis très en accord avec ce qui a été dit par mes prédécesseurs,
00:05qui sont les politiques.
00:06Moi, je suis un modeste économiste. J'ai juste deux choses.
00:11La première, c'est que j'aimerais mettre un tout petit peu d'optimisme dans la situation.
00:17Je ne crois pas un instant qu'à quelques mois d'élection présidentielle, on ne vote pas un budget pour
00:23une raison qui est très simple.
00:24Les chiffres sont terrifiants. Un point de taux d'intérêt supplémentaire, c'est 30 milliards d'euros.
00:32Vous imaginez les ordres de grandeur de ce qu'il faudrait mettre en place pour régler ce sujet.
00:38Deuxième aspect, le compromis a été trouvé l'année dernière.
00:42Je reconnais qu'évidemment, comme tout compromis, les uns et les autres considèrent que ça n'a pas été parfait
00:48et je les comprends parfaitement.
00:49Mais il y a une élection présidentielle dans quelques mois. Chacun va développer son programme.
00:56Simplement, on ne peut pas mettre le pays dans une situation qui serait, comme l'a dit la Cour des
01:01comptes, dramatique.
01:03Dramatique. Là, c'est autre chose qu'un problème de compromis.
01:06C'est même autre chose qu'un problème de, j'allais dire, de site de problème de retraite qui aura
01:12lieu.
01:12La réforme des retraites aura lieu d'une manière ou d'une autre.
01:15Ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est que les taux d'intérêt, c'est-à-dire
01:20les marchés, sont en réalité très, très vigilants sur ce thème-là.
01:26Aujourd'hui, nous avons des taux d'intérêt qui sont supérieurs à 4 %, ce qui n'est pas la
01:31fin du monde, mais qui est quand même très inquiétant.
01:33Et donc, c'est ça la priorité.
01:36Nous avons des partis politiques qui sont très estimables les uns et les autres.
01:40Je ne parle pas des thèmes. Et donc, que M. Mélenchon, qui déjà la semaine dernière a déchiré la dette,
01:46mais il faudra bien que, s'il veut être président de la République, il faudra bien qu'il aille sur
01:50des marchés chercher un peu de capacité de financer son gouvernement.
01:57Et donc, tout ça n'est de son côté pas très sérieux.
02:00En revanche, il faut trouver quelque chose. Il y a eu l'année dernière un accord.
02:06C'est d'accord. Évidemment, on doit pouvoir le retrouver cette année.
02:10Je ne suis pas trop pour cette formulation de loi spéciale, mais on doit trouver quelque chose qui permet de
02:17maintenir en réalité le pays en situation normale.
02:20Une petite question sur le Premier ministre. On a le Premier ministre qui a mis en garde sur le fait
02:24de ne pas avoir de budget adopté avant la présidentielle.
02:27Économiquement, qu'est-ce que cela représenterait ? Qu'est-ce que cela provoquerait pour le pays ?
02:31C'est très simple. Les marchés, j'ai horreur de cette idée d'expliquer toujours les choses par les marchés.
02:40Mais pour une fois, c'est vrai. Les marchés sont extrêmement attentifs à ce qui se passe en France, à
02:47tort ou à raison, ils le sont.
02:49Si on n'avait pas de budget, je pense qu'on doit pouvoir avoir… On a un risque de voir
02:55les taux d'intérêt grimper de peut-être quelques 0,3, 0,4,
03:00c'est-à-dire ajouter de l'ordre de 10, 15 milliards d'euros de remboursement.
03:07Et donc, ceci est de la folie.
03:09Donc là, il ne s'agit plus de politique, il ne s'agit pas de droite, il ne s'agit
03:12pas de gauche.
03:12Je parle de gens raisonnables. Les gens ne sont pas pareils, mais ils sont raisonnables.
03:17Il s'agit juste de permettre à une élection présidentielle de se dérouler dans des conditions normales.
03:22J'ai bien aimé ce qu'a dit le rapporteur du budget du Sénat sur la croissance.
03:27On a une croissance qui est très faible.
03:29On est dans une situation de l'économie mondiale qui n'est pas très favorable non plus.
03:35La hausse des taux d'intérêt touche à peu près tous les pays.
03:39Donc attention, on est dans une période qui peut se terminer par une crise.
03:43Et une crise, ça n'est bon pour personne.
03:45Quand vous dites qu'il va payer, je réponds tout le monde.
03:48Merci.
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