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  • 4 weeks ago
Découvrez le phénomène fascinant de l'exode massif à Cuba, où des millions de citoyens cherchent à reconstruire leur vie ailleurs. Explorez les raisons derrière ce mouvement, ses impacts sur la société et la population, et les enjeux d'un pays en pleine mutation. Une immersion dans une histoire captivante de changement et d'espoir.

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00:00Ce qui pourrait être l'un des effondrements démographiques les plus rapides de toute la planète
00:04est en train de se produire ici même, dans un paradis tropical de vacances.
00:08Bienvenue à Cuba, un pays qui est en train de s'évaporer, littéralement.
00:13Rien que ces cinq dernières années, environ 10% des Cubains ont fait leur valise et sont partis.
00:18On parle de bien plus d'un million de personnes qui ont tout simplement disparu.
00:22Je parie que la plus grande question qui vous vient à l'esprit en ce moment, c'est celle-ci.
00:27Pourquoi quelqu'un voudrait-il quitter ces plages magnifiques et l'un des meilleurs climats du monde?
00:32Les mathématiques sont cruciales ici. Imaginez travailler chaque jour dans votre emploi du lundi au vendredi.
00:37Ça a été un mois difficile pour vous.
00:39Et au final, vous avez juste gagné de quoi survivre.
00:44Peut-être 50 ou 60 eux.
00:46Le taux de change entre le peso cubain et le dollar américain, ainsi que l'inflation dans le pays, sont
00:51devenus incontrôlables.
00:52Les résultats sont catastrophiques.
00:54Selon les observateurs des droits de l'homme, près de 90% de la population vit désormais dans l'extrême
01:00pauvreté.
01:01Et abonnez-vous!
01:04Et aussi, l'ironie historique peut être un peu écrasante.
01:08On appelait autrefois Cuba le sucrier du monde.
01:11Mais aujourd'hui, toute l'industrie s'est effondrée.
01:14Le sucre sur l'île est maintenant souvent importé de France.
01:18C'est encore plus frappant quand il s'agit de poulet.
01:22Cuba n'a pas toujours eu de bonnes relations avec les États-Unis.
01:26Mais aujourd'hui, c'est de là qu'ils importent, entre autres, des poulets pour leurs citoyens.
01:31L'argent n'est pas le seul problème pour les Cubains.
01:33Tout le pays fonctionne encore avec d'anciennes centrales électriques soviétiques.
01:38Elles brûlent du pétrole.
01:39Pendant des décennies, le pétrole était essentiellement expédie à Cuba à des tarifs fortement subventionnés depuis le Venezuela.
01:46Mais le fournisseur a maintenant de gros problèmes et le pétrole a cessé d'arriver.
01:50Cuba s'est retrouvée dans le noir, littéralement.
01:53Les coupures de courant dans certaines provinces peuvent durer jusqu'à 20 heures par jour.
01:57Cela provoque un mouvement massif de population vers le nord.
02:00À quel point est-ce ce massif ?
02:02Il y a une statistique incroyable.
02:04Miami a désormais un PIB qui dépasse facilement celui de toute l'île de Cuba.
02:15Miami a désormais un PIB qui dépasse facilement celui de l'île de Cuba.
02:50Aux paysans, les îles de Tuvalu voient leur horizon se rétrécir.
02:55Ce minuscule état, situé à mi-distance de l'Australie et d'Hawaï, réunit neuf îlots bas et plats, cernés
03:02d'eau turquoise et de récifs coralliens.
03:04Depuis le hublot d'un avion, l'ensemble paraît idyllique, sable clair, palmier, immensité azurée.
03:11Mais ce décor s'efface peu à peu, car l'archipel s'enfonce littéralement.
03:16Le point culminant des Tuvalu dépasse à peine 4,50 m au-dessus du niveau de la mer,
03:21et la majeure partie du territoire se situe autour des 2 m.
03:23Lors des tempêtes, les vagues traversent les routes, les puits s'emplissent d'eau salée et les cultures sont ravagées.
03:30Chaque année, l'océan progresse un peu plus tandis que le sol semble se dérober sous les pas des habitants.
03:37Pour la première fois, le pays prépare donc une issue jamais envisagée.
03:42Un exode organisé.
03:45Cet été, les autorités australiennes ont introduit un type de visa inédit,
03:49conçu pour les personnes contraintes de se déplacer à cause du changement climatique,
03:54dans le cadre du traité de l'union Falepili entre l'Australie et Tuvalu.
03:58Ce dispositif offre aux Tuvaluans la possibilité de vivre, travailler et étudier en Australie,
04:04avec un accès aux services publics comparable à celui des citoyens australiens.
04:09Les candidatures ont été ouvertes le 16 juin et closent le 18 juillet.
04:14En quatre jours, plus de 3 000 personnes s'étaient inscrites, soit près d'un tiers du pays.
04:20Le 11 juillet, le total dépassait les 5 000.
04:24Pour une nation de seulement 9 500 habitants, le chiffre est saisissant.
04:29Ainsi, un tirage national désignera chaque année 280 Tuvaluans autorisés à s'installer en Australie à compter de 2025.
04:36Le nombre reste modeste, mais il pourrait infléchir l'avenir.
04:40Reste à déterminer qui partira, qui restera, et ce qu'il adviendra lorsque la terre qu'ils occupent commencera à
04:46disparaître.
04:47Les données scientifiques dressent un tableau des plus sombres.
04:50En 2023, des chercheurs ont établi que le niveau marin autour des Tuvalu dépassait d'environ 15 cm celui mesuré
04:5630 ans plus tôt.
04:57D'ici 2050, une large part des îles, habitations, écoles, même l'aéroport, pourrait se trouver sous le niveau de
05:05la marée haute.
05:05L'eau salée s'infiltre déjà dans les nappes d'eau douce, contaminant les puits et saturant les sols.
05:11Les agriculteurs ont entrepris d'élever leurs plates-bandes afin de préserver leur culture du sel,
05:16tandis que certaines familles ont renoncé à cultiver et dépendent désormais d'aliments importés.
05:22A la fin de l'année 2023, l'Australie et Tuvalu ont conclu le traité de l'Union Falepili,
05:26qui couvre de vastes domaines, la question migratoire n'en constituant qu'un volet.
05:30Un premier groupe pourrait rejoindre l'Australie vers la fin de 2025.
05:35Le plafond annuel de 280 personnes vise à préserver l'économie tuvaluane
05:39et à éviter une fuite soudaine d'enseignants, de médecins et de travailleurs qualifiés.
05:45Toutefois, les spécialistes estiment qu'un tel rythme transformera profondément le pays.
05:50Si les chiffres se maintiennent, près de 4% de la population pourrait s'en aller chaque année,
05:55en plus des autres départs.
05:58En une décennie, cela représenterait presque 40% de la nation.
06:03Puissent ceux qui partiront garder la mémoire de leur patrie.
06:06Les Tuvaluans ont toujours vécu en peuple de l'océan,
06:09guidant leur trajet par les astres et lisant le mouvement des marées.
06:12Leurs terres et leurs mers ne sont pas de simples lieux de vie.
06:16Elles façonnent leur identité.
06:17S'en éloigner revient à délaisser une part d'eux-mêmes.
06:20Il s'agit d'un secours singulier.
06:22Ils protègent des vies, mais demeurent impuissants à préserver leur foyer.
06:26Les Tuvalu subsistent encore aujourd'hui, verdoyants et splendides,
06:30mais l'eau poursuit son avancée.
06:32Ainsi, pour la première fois, les gens se préparent à partir,
06:36avant que la mer ne submerge leur monde.
06:38Mais que représente réellement Tuvalu ?
06:40C'est l'un de ces lieux qui paraissent presque irréels sur une carte.
06:44Neuf minuscules points au cœur du Pacifique Sud,
06:47à mi-chemin entre l'Australie et Hawaï.
06:49Ensemble, ils forment un pays plus petit que la plupart des villes occidentales.
06:53Cinq de ces îles sont des atolls coralliens,
06:56banques de sable et de récifs émergeant à la surface de l'océan.
07:00Tandis que les quatre autres s'élèvent directement du fond marin,
07:03on pourrait traverser une île en une heure,
07:05l'océan étant constamment visible et audible.
07:09Anciennement désignée sous le nom d'île Ellis,
07:12sous domination britannique,
07:13Tuvalu a accédé à l'indépendance en 1978,
07:16devenant l'une des nations les plus petites et les plus jeunes.
07:20Depuis lors, ces dirigeants s'efforcent de s'assurer
07:22que le monde n'oublie pas leur pays,
07:24d'autant plus que les changements climatiques menacent de l'effacer entièrement.
07:29La vie à Tuvalu a toujours été simple, mais assez âpre.
07:33Absence de rivières ou de cours d'eau oblige,
07:35les habitants dépendent exclusivement des eaux pluviales
07:38collectées dans des réservoirs et des barils,
07:40et le manque de pluie se fait ressentir par tous.
07:43Les cocotiers dominent le paysage,
07:45et le copra, amande séchée de noix de coco,
07:48constitue la principale exportation.
07:50Mais l'avancée de l'eau salée empoisonne désormais les sols
07:53et fragilise les cultures.
07:55Les Tuvaluants n'en restent pas moins ingénieux.
07:58Il y a quelques années,
08:00ils ont découvert que leur pays possédait un bien précieux,
08:03unique au monde.
08:04Un domaine internet à deux lettres, TVB.
08:07Dont ils ont vendu les droits à une entreprise américaine.
08:11Laquelle le loue désormais à des chaînes et plateformes de streaming à travers le globe.
08:16Cet accord génère chaque année des millions de dollars,
08:18offrant une bouée de sauvetage numérique à une nation qui lutte pour rester à flot,
08:23tant littéralement qu'économiquement.
08:24Reste à savoir si l'océan se montrera tout aussi clément.
08:28Vous avez sans doute entendu parler de la montée du niveau des mers
08:31en raison du changement climatique.
08:33Ce phénomène n'a cependant rien d'inédit.
08:35Et la dernière fois, il fut tout à fait considérable.
08:38Après la dernière ère glaciaire,
08:40les océans ont monté d'environ 38 mètres.
08:43L'équivalent d'un immeuble de 8 étages sur quelques 8000 ans.
08:47Une étude récente a élucidé ce processus.
08:49A la fin de cette période glaciaire,
08:52les immenses calottes recouvrant l'Amérique du Nord,
08:54l'Europe et l'Antarctique se mirent à fondre rapidement.
08:57La température s'éleva.
08:59La glace se transforma en eau.
09:01Et cette eau devait bien terminer quelque part,
09:04directement dans les océans.
09:07Jusqu'à récemment,
09:08les scientifiques connaissaient l'élévation du niveau marin à cette époque.
09:12Mais ignoraient sa hauteur exacte
09:14et sa rapidité faute de données suffisantes.
09:18Une équipe internationale de chercheurs décida donc de creuser,
09:21au sens littéral.
09:22Ils se rendirent en mer du Nord,
09:24sur le site appelé Doggerland,
09:27jadis constitué de terres fermes.
09:29Il y a plusieurs millénaires,
09:30il était possible de marcher du Royaume-Uni
09:32jusqu'au continent européen
09:34en traversant ces plaines et marécages
09:36où humains et animaux cohabitaient.
09:38Mais, à mesure que les glaces fondaient
09:40et que les mers montaient,
09:42Doggerland se retrouva progressivement immergé.
09:44Les chercheurs forèrent profondément sous la mer
09:47et prélevèrent des échantillons de tourbes,
09:49matières végétales partiellement décomposées,
09:52issues de ces anciens marais.
09:54En analysant ce que contenait cette tourbe,
09:56algues microscopiques et fragments minéraux,
09:59ils purent reconstituer l'ampleur
10:01et le rythme de la montée des eaux.
10:03Il apparu que le niveau des mers
10:05avait cru d'environ 38 mètres
10:07entre 11 000 et 3 000 ans avant notre ère,
10:10mais non de façon continue.
10:12Deux grandes poussées se distinguaient.
10:15La première, il y a environ 10 300 ans,
10:18résultat d'un afflux massif d'eau de fonte.
10:21La seconde, vers 8 300 ans,
10:24survint lorsque la fonte supplémentaire
10:26et les immenses lacs glaciaires
10:28déversèrent encore davantage d'eau dans les océans.
10:31A son point culminant,
10:32le niveau des mers augmentait de plus d'un centimètre par an.
10:35Cela peut sembler faible,
10:36mais cela équivaut à environ un mètre par siècle.
10:39Pour comparaison,
10:40aujourd'hui, la montée annuelle n'excède guère
10:43les 4 à 5 millimètres.
10:44Mais les scientifiques prévoient
10:45que ce chiffre pourrait doubler,
10:47voire tripler d'ici la fin du siècle.
10:49Gardez à l'esprit qu'à l'époque,
10:51aucune ville, route ou centrale électrique
10:53n'existait près du littoral.
10:55Aujourd'hui, la situation est radicalement différente.
10:58Des milliards de personnes vivent dans des zones côtières basses.
11:02Et une large part de l'économie mondiale y est concentrée.
11:05Une élévation comparable à celle survenue
11:08après la dernière ère glaciaire
11:10serait aujourd'hui catastrophique.
11:12Ces nouvelles recherches permettent de mieux comprendre
11:15la vitesse à laquelle les mers peuvent s'élever
11:17lorsque la planète se réchauffe rapidement.
11:19Et ce que cela pourrait impliquer pour nous.
11:22Étudier le passé offre ainsi une perspective précieuse
11:25sur ce à quoi s'attendre
11:27alors que les calottes du Groenland et de l'Antarctique
11:29fondent de plus en plus vite.
11:32Pour chaque hausse d'un degré de la température moyenne d'un pays,
11:36le PIB par habitant recule d'au moins 1,1%.
11:41En d'autres termes,
11:43plus vous vous éloignez du pôle nord
11:44en direction de l'équateur,
11:46plus la chaleur augmente
11:48et plus la richesse diminue.
11:51Si la vie dans des contrées glaciales peut sembler rude,
11:55il n'en demeure pas moins que 74,2% des milliardaires du globe
11:59se concentrent dans l'hémisphère nord.
12:02Quatre grandes théories tentent d'expliquer ce phénomène.
12:05La théorie la plus élémentaire repose sur la biologie.
12:09Le froid limiterait la propagation des germes,
12:11ce qui favoriserait la santé et la productivité.
12:14Une hypothèse séduisante,
12:17mais qui mérite d'être remise en question.
12:18Vient ensuite Théorie de la paresse,
12:22formulée dès l'Antiquité grecque
12:23et s'intéressant au climat dans son ensemble.
12:26Les Grecs estimènent qu'un climat tempéré
12:28avait contribué à leur prospérité,
12:31tandis que les régions plus chaudes
12:32étaient moins propices à l'inventivité.
12:36La troisième hypothèse repose sur des recherches économiques et anthropologiques.
12:41Des spécialistes ont en effet constaté
12:43que les pays froids disposaient d'institutions inclusives,
12:46supposaient garantir l'égalité des chances
12:48et protéger les marchés ainsi que la propriété privée.
12:52Un tel cadre favoriserait une concurrence saine
12:54et stimulerait la prospérité.
12:56La dernière théorie prolonge la précédente.
12:58En résumé, les pays les plus riches
13:00répartiraient mieux leurs ressources
13:02grâce à ces institutions inclusives,
13:05tandis que les pays plus pauvres
13:06seraient souvent soumis à des structures extractives
13:09où une élite concentre la richesse.
13:12Si ces explications semblent convaincantes,
13:15elles flirtent pourtant avec l'absurde.
13:17Prenons l'idée selon laquelle le froid
13:19éliminerait les germes et limiterait les maladies
13:21dans les régions les plus froides.
13:23Désolé de plomber l'ambiance,
13:25mais la réalité est tout autre.
13:27Les températures basses favorisent leur propagation.
13:31En hiver, nous avons tendance à nous confiner
13:33dans des espaces clos,
13:34ce qui facilite la transmission des microbes.
13:37De plus, l'air sec caractéristique de cette saison
13:40constitue un environnement idéal
13:42pour la prolifération du virus de la grippe.
13:45L'être humain développe une résistance accrue
13:48aux virus et bactéries de son propre environnement,
13:50car une exposition constante
13:52renforce son système immunitaire.
13:55Rappelez-vous vos cours d'histoire.
13:57La plupart des colons britanniques
13:59ont rencontré des difficultés face au climat
14:01et aux microbes du Nouveau Monde,
14:03alors que les peuples autochtones
14:04y étaient des biens mieux adaptés.
14:07Quant à la théorie de la paresse,
14:09elle mérite qu'on s'y attarde.
14:10Il se trouve encore des gens au XXIe siècle
14:13pour avancer que les habitants des régions
14:15les plus chaudes seraient naturellement
14:17moins enclins à l'effort,
14:19ce qui expliquerait des écarts de développement.
14:21Pourtant, le soleil ne freine pas le travail.
14:25Certes, la chaleur peut provoquer
14:27une légère baisse de régime par déshydratation,
14:30mais le corps humain s'adapte
14:32au climat de son lieu de naissance.
14:34Un Canadien tolérera aisément le froid
14:37et saura s'y adapter,
14:38tandis qu'un Brésilien supportera mieux
14:40les températures élevées
14:41et n'en sera pas affecté.
14:44Si cette idée était fondée,
14:47comment expliquer que les Colombiens
14:49travaillent en moyenne 200 heures de plus par an
14:51que les États-Unis.
14:53D'ailleurs, les habitants du Cambodge,
14:56de la Birmanie et du Mexique
14:57figurent parmi ceux qui cumulent
14:59le plus d'heures de travail au monde.
15:03Les pays chauds ont aussi développé
15:05une réponse efficace à la fatigue
15:07liée à la chaleur.
15:09Cela s'appelle la sieste.
15:12Après un repas copieux,
15:13comme ceux que l'on trouve en Espagne
15:15ou en Italie,
15:16il est cela naturel de ressentir
15:17une baisse d'énergie.
15:19C'est pourquoi ces cultures
15:20ont instauré la sieste après le déjeuner.
15:23Un court repos qui favorise
15:25la concentration et la mémoire.
15:27Il peut sembler qu'une sieste
15:29réduise le temps de travail,
15:30mais en réalité,
15:32elle ne fait que modifier les horaires.
15:35Tandis que certains pays
15:37terminent à 18 heures,
15:38en Espagne,
15:40la pause déjeuner de 2 heures
15:42repousse la fin de journée
15:43à 20 heures.
15:45Ce système permet d'éviter
15:47les heures les plus chaudes
15:48et d'intégrer un repos bénéfique.
15:51Le passé regorge de civilisations florissantes
15:54malgré des climats extrêmes.
15:56L'Égypte ancienne, par exemple,
15:58fut l'une des plus riches de l'histoire,
16:00et ce, malgré une chaleur écrasante
16:02et une sécheresse persistante.
16:04Son développement prouve que la prospérité
16:06ne dépend pas uniquement du climat.
16:10Les Aztèques sont un autre exemple
16:12de réussite sous un climat torride.
16:14Leur capitale de Tenochtitlan,
16:16située dans l'actuel Mexique,
16:18était plus grande que Londres
16:19ou Paris à la même époque.
16:21Cela démontre qu'une civilisation
16:23peut atteindre un haut niveau
16:24de sophistication
16:25sans conditions climatiques idéales.
16:28De nombreuses avancées scientifiques
16:30et mathématiques
16:31proviennent de régions chaudes.
16:33La Mésopotamie et l'Inde, par exemple,
16:35ont posé les bases de connaissances essentielles
16:37qui ont ensuite contribué à la richesse
16:39et au progrès d'autres civilisations.
16:42Pour simplifier les conclusions
16:44des études économiques et anthropologiques,
16:46commençons par une observation évidente.
16:49Les pays chauds s'appuient souvent
16:51sur l'exploitation de leurs ressources naturelles.
16:54Contrairement aux nations industrielles,
16:56leurs richesses sont fréquemment concentrées
16:58entre les mains d'une élite restreinte,
17:00ce qui entraîne un PIB plus faible,
17:02réduisant ainsi les indicateurs classiques
17:04de prospérité.
17:06Nous avons évoqué l'importance
17:08des institutions inclusives
17:09dans les pays riches,
17:11ces lois qui garantissent
17:12un accès équitable à l'emploi,
17:14aux logements et à des salaires décents.
17:16Les pays en développement, en revanche,
17:19peinent à instaurer ces structures,
17:21non par manque de volonté,
17:22mais en raison d'héritages historiques,
17:25comme ceux laissés par l'ère
17:26des grandes découvertes
17:27et la colonisation qui en a découlé.
17:30Si vos cours d'histoire
17:31ne vous ont pas laissé
17:32de souvenirs marquants,
17:33rappelons que l'âge
17:34des grandes découvertes,
17:35entre les 15e et 17e siècle,
17:37fut une période
17:38où les nations européennes
17:40ont cartographié les océans
17:41et établi des colonies
17:42à travers le monde.
17:43Bien que cela puisse
17:44sembler lointain à certains,
17:46de nombreuses anciennes colonies
17:48n'ont accédé à l'indépendance
17:49qu'au 20e ou 21e siècle.
17:51C'est en grande partie
17:53pour cette raison
17:53que certains pays en développement
17:55peinent à développer
17:56des industries solides.
17:57Leurs institutions
17:58sont héritées
17:59de l'époque coloniale.
18:00Des décennies d'exploitation
18:02ont épuisé leurs ressources
18:03sans leur offrir
18:04d'infrastructures
18:05adaptées à un essor
18:06économique durable.
18:08De plus,
18:09prétendre que la propriété privée
18:10réduit les inégalités économiques
18:12est discutable.
18:13Des pays en développement
18:15comme le Brésil
18:15et l'Afrique du Sud
18:16affichent des écarts considérables
18:19entre richesse et pauvreté.
18:20Mais même aux États-Unis,
18:22les 1% les plus riches
18:24gagnent 139 fois plus
18:26que les plus démunis.
18:27Et plus de 700 000 personnes
18:28y étaient sans-abri
18:29en 2024.
18:31À l'échelle mondiale,
18:321% de la population
18:34détient plus de richesses
18:35que le reste de l'humanité réunie.
18:38Si les institutions inclusives
18:40avaient vraiment un tel impact
18:42sur la prospérité
18:43des pays riches,
18:44il n'y aurait pas
18:44plus d'un milliard
18:45de personnes vivant
18:46dans une pauvreté extrême.
18:49Affirmer que la propriété privée
18:50améliore la vie de tous
18:52devient absurde
18:53lorsque tant de gens
18:54ne peuvent même pas
18:55se loger convenablement.
18:56À vrai dire,
18:57le PIB,
18:58souvent utilisé
18:59pour mesurer la richesse
19:00d'un pays,
19:01ne reflète pas fidèlement
19:02la réalité sociale.
19:03Il comptabilise uniquement
19:05les revenus générés
19:06par l'industrie elle-même
19:08sans tenir compte
19:09des conditions de travail,
19:11des salaires
19:11ou de la qualité de vie
19:12des employés.
19:15Il ne prend pas non plus
19:16en considération
19:17les inégalités économiques,
19:19occultant ainsi
19:20l'impact réel
19:20des institutions inclusives.
19:23Les États-Unis
19:24comptent environ
19:25835 milliardaires,
19:26mais 11%
19:27de leur population
19:28vit toujours
19:30dans une grande précarité.
19:31Cela montre bien
19:32que l'argent est loin
19:33d'être réparti équitablement
19:35et que les institutions
19:36censées être inclusives
19:38ne le sont pas tant que ça.
19:40Par ailleurs,
19:41la notion de richesse
19:42varie selon les cultures.
19:44À Londres,
19:45par exemple,
19:47avoir de quoi se nourrir,
19:48se vêtir et se loger
19:49ne signifie pas
19:51être riche,
19:52mais simplement
19:52survivre.
19:55Pour y être considéré
19:56comme véritablement
19:57fortuné,
19:58il faudrait probablement
19:59posséder un cheval
20:00de course,
20:01employé du personnel
20:02de maison
20:02et avoir un instructeur
20:03particulier de Pilates.
20:06En revanche,
20:08pour les tribus
20:08Hawa et Yanomami,
20:10l'argent n'a aucun rôle.
20:11Elles produisent
20:12uniquement ce dont
20:13elles ont besoin
20:14et échangent leur surplus
20:15avec d'autres communautés.
20:18Difficile de croire,
20:19en tout état de cause,
20:20que la concentration
20:21des pays pauvres
20:22autour de l'équateur
20:23ne soit qu'une coïncidence
20:24historique.
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