- il y a 2 mois
Chaque week-end, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On en vient donc à cette rentrée politique marquée par les inquiétudes sur l'état financier de la France qui
00:04sera donc au cœur des débats des prochains mois.
00:07Un gouvernement qui cherche 28 milliards d'euros d'économie et qui redoute de ne pas pouvoir faire passer le
00:12budget 2027.
00:14La France insoumise promet d'ores et déjà une censure.
00:16Illustration de cette tension ce soir avec cette passe d'armes entre le Premier ministre en personne et Jean-Luc
00:21Mélenchon sur les réseaux sociaux.
00:23Sébastien Lecornu qui écrit, vous allez le voir, annoncer la censure avant même d'avoir travaillé le projet proposé, ce
00:30n'est pas faire son travail, c'est déserté.
00:32Les députés ne sont pas les spectateurs de la République, ils ne peuvent pas provoquer le désordre puis le commenter.
00:38Réponse quelques minutes plus tard de Jean-Luc Mélenchon.
00:40Les insultes et le mépris de Sébastien Lecornu pourraient se retourner contre lui.
00:44Sa vision de la dette de la BCE est nulle.
00:47Ses leçons de sérieux sont d'autant plus inacceptables qu'il est lui-même responsable de 1200 milliards de dettes
00:52supplémentaires de la Macronie.
00:54Jeanne Zahab, est-ce que vous vous sentiez visé quand Jean-Luc Mélenchon parle de 1200 milliards de dettes supplémentaires
01:00sous les deux mandats d'Emmanuel Macron ?
01:02Aurait-il fallu ne pas aider les Français pendant la pandémie ?
01:04Aurait-il fallu ne pas faire le bouclier tarifaire suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie ?
01:09Aurait-il fallu ne pas distribuer des chèques énergie suite à la guerre dans le 2 et 3 d'Hormuz
01:14?
01:14La réalité c'est que nous sommes fiers d'avoir protégé les Françaises et les Français.
01:18Nous assumons aussi d'avoir alerté sur la situation.
01:21Nous avons essayé de faire adopter une réforme des retraites précisément parce que nous avions une situation budgétaire inquiétante.
01:26Et donc nous, nous sommes très à l'aise pour dire aujourd'hui qu'évidemment qu'il faut qu'on
01:30revienne dans les clous des traités européens et notamment sur le désendettement.
01:35Et donc avec Gabriel Attal, le cap que nous fixons est très clair, dans 10 ans nous sommes revenus à
01:390%.
01:39Dans 5 ans, moins de 3%. Dans 10 ans, 0%.
01:42Avec un plan d'économie, oui c'est vrai, mais avec aussi des recettes nouvelles et une réforme des retraites
01:47aussi.
01:48Vous comprenez que c'est difficile à entendre quand on voit que les déficits courent depuis des années et des
01:52années.
01:53Et là vous arrivez, on est à 8 mois d'une élection présidentielle.
01:56Alors là vous allez voir, dans 3 ans c'est réglé, on diminue, tac, tac, tac.
01:59Vous comprenez que c'est difficile à entendre pour les Français qui se disent qu'il y a toujours les
02:02mêmes discours et au fond la tendance ne change pas.
02:04Le déficit il vient pas de nulle part.
02:06Le déficit il vient, je viens de vous expliquer, nous sommes l'un des pays qui a le plus protégé
02:09les Françaises et les Français pendant la crise Covid,
02:13pendant le bouclier tarifaire avec la guerre en Ukraine, etc.
02:16Et puis une situation budgétaire, nous avons, je peux prendre tout le monde à partie ici,
02:20oui nous avons essayé de faire adopter une réforme des retraites, certes imparfaite,
02:23mais parce qu'il y avait une situation liée à nos finances sociales.
02:26Donc nous nous disons aujourd'hui de manière très claire, il faut qu'on se réengage sur cette voie,
02:30il faut qu'on ait une trajectoire qui soit sérieuse.
02:32Et puis sur les retraites, pardon, on en a beaucoup parlé sur votre antenne ces derniers jours,
02:35on disait est-ce que les retraités vont payer ou pas ?
02:37La réalité c'est que le psychodrame qu'on a chaque année montre que nous sommes au bout d'un
02:40système.
02:41Et donc au lieu de rafistoler ce système des retraites en disant on va partir,
02:44alors le RN dit un coup 60, un coup 62, d'autres disent 67,
02:47nous on dit ça suffit avec l'âge de départ à la retraite, il nous faut une durée de cotisation.
02:51Donc ce que propose Gabriel Attal c'est ça, un nouveau système de retraite,
02:54sans âge de départ, avec une durée de cotisation, avec une dose de capitalisation,
02:58et précisément ça va nous permettre de sortir du système qui aujourd'hui crée du déficit et de la défiance.
03:04Demain il nous faut de la croissance et de la confiance,
03:06donc nous sommes prêts à avoir ce débat-là.
03:07Et je ne nie pas la situation des comptes publics,
03:10j'explique seulement et je défie quelqu'un de me dire que c'est pas lié à ce que je
03:13viens d'expliquer,
03:14nous avons traversé 10 ans ensemble,
03:16il y a eu des moments très difficiles,
03:18la France a été au rendez-vous, tant mieux maintenant pour demain,
03:21oui le débat va permettre de trancher les différentes options.
03:23– Mathieu Vallée, censurer c'est déserté, dit ce soir le Premier ministre.
03:27– Non mais nous on va d'abord discuter et proposer avant de censurer éventuellement,
03:32parce que la censure évidemment c'est un dernier recours.
03:35Maintenant Jadza, pardon mais M. Attal, comme M. Philippe, comme M. Bérou,
03:39comme tous ces premiers ministres, M. Lecornu,
03:42vous avez vu que durant cette canicule, durant l'été,
03:45il y a eu des couvertures de survie mises aux fenêtres des hôpitaux
03:47parce qu'ils n'étaient pas climatisés.
03:48C'est pour ça que Marine Le Pen et Jérôme Vardel proposent un grand plan de climatisation,
03:51c'est pas du luxe quand vous êtes à l'hôpital,
03:53de ne pas être dans une chambre à 30, 35, 39 degrés.
03:56– Vous avez réussi à chiffrer votre plan de climatisation ?
03:58– Oui M. Le Pen.
03:59– Je me rappelle qu'il y avait un débat entre M. Tanguy, Mme La Vallette,
04:02100 milliards de 100 milliards de 100 milliards de 100 milliards de 100 milliards de 100 milliards.
04:03– Vous faites de la gamelle politicienne alors qu'il ne faudrait pas les membres des Français.
04:05– Non, non, non, c'est de l'argent public, c'est de l'argent des gens.
04:06– C'est pour ça que les Français, oui, que vous avez dilapidé, 1400 milliards,
04:09donc gardez vos conseils d'économie.
04:11Mais ensuite, pardon M. Brossard, mais moi je suis policier de formation à Argenteuil par exemple,
04:17il n'y a plus de véhicules sérigraphiés disponibles, ils sont tous hors service.
04:20Qu'avez-vous fait des 15 milliards d'euros que nous avons fait voter il y a 5 ans
04:22pour la loi de programmation du ministère de l'Intérieur ?
04:24Ça c'est un exemple, il manque 2 milliards d'euros pour les brigades et les logements des gendarmes,
04:29il manque 450 millions pour les sécuriser.
04:30– Vous êtes d'accord pour dire qu'on a augmenté considérablement le budget du ministère de l'Intérieur ?
04:35– Non, non, non, je vais juste dire que vous avez jeté l'argent par les fenêtres
04:38et qu'aujourd'hui, que ce soit à l'école, il aurait fallu ne pas augmenter les budgets.
04:42– On le laisse terminer Mathieu Vallée s'il vous plaît.
04:44– Je sais qu'il a contaminé la gauche, mais même le sort maintenant.
04:47Donc je vous dis simplement que l'école, l'hôpital, les commissariats, les gendarmeries, la justice,
04:53on est dans les derniers du peloton d'investissement dans nos tribunaux, dans nos magistrats, dans nos greffiers.
04:56Donc avec un bilan Calamitou, on n'a plus d'argent, on les services publics ne tiennent plus qu'à
05:00un fil.
05:00– On a presque doublé le budget.
05:01– Oui, avec quel résultat ? Une réponse pénale qui est soit laxiste, soit insuffisante, soit trop longue.
05:05– Nicolas Maillard a signalé.
05:06– Non, je ne mélange pas tous, c'est vous qui malheureusement avez dit la plaisir.
05:08– Allez-y Nicolas Maillard a signalé, s'il vous plaît.
05:09– Vous êtes quand même sacrément gonflé, vous nous parlez de bonne gestion d'argent public
05:13quand votre candidate est condamnée pour détournement d'argent public.
05:15– Elle a fallu en conversation.
05:16– Elle est donc condamnée, puis heureux…
05:18– Oui, non, ne me faites pas de cours, parce qu'effectivement vous seriez mal placé,
05:21et par ailleurs je ne suis pas votre élève.
05:22– Et si vous voulez bien, je vais bien vouloir…
05:24– On va rester quand même sur le budget de l'argent public.
05:25– Je réponds, d'abord on est mal placé pour parler d'argent public
05:29quand son candidat est condamné pour détournement, de plusieurs millions d'euros.
05:32– Je suis comme vous monsieur.
05:33– Vous pouvez toujours…
05:34– On se laisse parler aussi.
05:35– Si vous voulez bien, me laissez parler.
05:36– Dites pas de peleriner, ça ira mieux.
05:37– Donc je dis l'effet du droit, votre candidate a été condamnée, je sais que ça vous embête.
05:41– Non, avancez, vous l'avez déjà dit, avancez.
05:42– Plusieurs millions d'euros, premier point.
05:44Deuxième point, j'aime beaucoup les leçons d'écologie de l'extrême droite,
05:49quand, il faut quand même le dire, pendant extrêmement longtemps et encore aujourd'hui,
05:52le moins que l'on puisse dire, c'est que le climato-scepticisme
05:57était plutôt du côté de l'extrême droite.
05:58Alors aujourd'hui, évidemment, on donne de grandes leçons sur ce qu'il aurait fallu faire.
06:01La vérité, c'est que votre parti est climato-sceptique très largement.
06:04– Qu'est-ce que vous posez, M. Maire ?
06:04– Sur le budget de l'année 2020, est-ce que ça vous inquiète ?
06:06– Je veux reprendre les points, évidemment que je suis très inquiet.
06:09Et il faut quand même, d'abord, regarder honnêtement comment,
06:13je connais bien M. Lecornu, c'est un homme normand,
06:15il est élu dans mon territoire aussi, c'est quelqu'un qui est sérieux.
06:20Je ne suis pas d'accord avec lui, mais c'est quelqu'un qui est sérieux.
06:23Il faut donc d'abord juger sur pièce, dire a priori on approuve
06:26ou a priori on censure, je suis désolé, ça n'est pas responsable, premier point.
06:30Deuxième point, la situation du pays sur le plan budgétaire est catastrophique.
06:33Il est exact, en toute honnêteté intellectuelle,
06:35qu'il y a des événements extérieurs qui sont arrivés.
06:37La pandémie, c'est un événement, si on est honnête tous ensemble,
06:40que tout le monde n'avait pas prévu et qui a nécessité, évidemment, des moyens considérables.
06:44Mais là où je ne peux pas être d'accord avec vous quand même,
06:46c'est qu'il y a eu des choix, et ils ne sont pas légitimes, c'est un choix démocratique,
06:51mais il y a eu des choix qui ont aggravé les inégalités.
06:55Notamment en matière de services publics.
06:56Si je prends un exemple, juste pour prendre un exemple,
06:58et encore une fois j'essaie de poser un propos nuancé,
07:01mais vous avez fait des choix pendant dix ans, je dis vous,
07:04votre famille politique a fait des choix, y compris Gabriel Attal,
07:07y compris Édouard Philippe, en responsabilité,
07:09qui ont contribué à détériorer certains services publics,
07:13et notamment l'hôpital public.
07:14On les a applaudis en 2020, est-ce que l'hôpital public va mieux aujourd'hui ?
07:17Non. Or, ces choix-là dépendent de la façon dont on gère l'argent public.
07:23Et donc les choix que nous allons avoir dans le budget aujourd'hui,
07:25c'est est-ce que pour 2027, parce qu'il faut un budget à la France,
07:28tout le monde le comprend, ou alors on met la dette au feu,
07:30et c'est tout aussi irresponsable, vous voyez ce à quoi je fais allusion.
07:33Mais est-ce qu'on aura un budget qui sera juste ?
07:36Et ce que porte Raphaël Glucksmann, si vous l'avez bien écouté,
07:39c'est de renouer avec ce qui fait le cœur de l'histoire de la France,
07:42c'est-à-dire la justice.
07:44Par exemple, c'est une phrase qui devrait peut-être nous rassembler,
07:46que le travail paye.
07:48Nous devenons une société de rentier, de privilégié.
07:50Ce n'est pas le travail qui paye aujourd'hui.
07:52C'est est-ce que vous avez un grand, grand, grand héritage ou pas ?
07:55Ça, moi, homme de gauche, je vous dis, ça n'est pas juste.
07:58Remettre de la justice.
07:59Est-ce que ce budget sera juste ou pas ?
08:00Il faudra juger sur pièce.
08:02Frédéric Bizar, vous êtes économiste.
08:0428 milliards d'euros d'économie à réaliser pour Sébastien Lecornu.
08:08C'est ça l'équation budgétaire, l'équation impossible pour le Premier ministre ?
08:13Sur un plan purement comptable, si vous faites 28 milliards d'euros,
08:16vous ne changez pas grand-chose,
08:18mais vous permettez au déficit de se maintenir autour de 5 points de PIB,
08:22c'est-à-dire de ne pas aggraver la dette en part de PIB.
08:25Mais il y a une chose dont on ne parle pas beaucoup,
08:28et sur ce plateau et depuis des journées,
08:29c'est la production de richesses.
08:31En fait, vous vous apercevez que notre pays est sur une tendance
08:36très inquiétante depuis 2022, en perte de productivité.
08:39Vous savez que le PIB par habitant,
08:40c'est-à-dire que c'est vraiment la richesse produite par habitant.
08:43Et là, je fais ce qu'on appelle du benchmark, de la comparaison.
08:46Donc, il y a des environnements difficiles,
08:48mais on peut comparer avec les autres pays.
08:50Eh bien, aujourd'hui, la France est à à peu près 6 %,
08:52c'est-à-dire 2 600 euros de moins de PIB,
08:56de richesse produite par habitant par rapport à la zone euro.
08:59Et nous sommes depuis 2023 sous la moyenne de l'Union européenne.
09:05Juste, si on arrivait au niveau de la zone euro,
09:08ce qui n'est pas un exploit dingue,
09:10on aurait 180 milliards de plus de PIB.
09:13Vous prenez à peu près 50 %,
09:14ça vous donne à peu près la recette publique que vous pourriez avoir.
09:17Donc, vous auriez réglé la question du budget.
09:21Je ne dis pas que c'est le seul levier à activer,
09:24mais ce n'est quand même pas un levier à ignorer.
09:27Comment on fait pour créer plus de richesse ?
09:29Vous avez deux leviers principaux.
09:31Vous avez la productivité qu'il faut augmenter.
09:33La France a été historiquement un pays
09:35où il y avait une très forte productivité.
09:37Depuis 2022, elle baisse considérablement.
09:39On n'aura pas le temps de développer, mais il faut regarder.
09:41Et puis la deuxième, c'est le nombre de retravaillés.
09:43Le nombre de retravaillés par personne
09:45et le taux d'emploi.
09:46Et on voit bien qu'on a depuis 2022,
09:48et c'est pour ça que malheureusement,
09:50notre économie accélère son déclin,
09:53c'est qu'on a la fois une baisse de la productivité
09:54et une baisse du nombre d'heures travaillées
09:56du fait d'un taux d'emploi qui baisse.
09:59Donc ça, à mon avis,
10:01ça serait bien qu'au cours du débat budgétaire,
10:02Juste pour terminer sur le budget,
10:03Anne Suiris, vous êtes toujours en direct avec nous.
10:05Comment on fait pour résoudre l'équation budgétaire
10:07de cette année 2027,
10:10année évidemment de campagne présidentielle ?
10:13La première chose, déjà,
10:15c'est d'annoncer les priorités.
10:16Excusez-moi, mais là, je n'entends aucune priorité.
10:19Moi, j'ai reçu, comme tous les parlementaires,
10:21la lettre de M. Lecornu.
10:22Eh bien, qu'est-ce que dit M. Lecornu ?
10:24Il dit simplement
10:25« Vous devez voter mon budget
10:27parce qu'on doit faire des économies ».
10:29C'est tout.
10:30Eh bien ça, ça ne peut pas être considéré
10:32comme l'alpha et l'oméga d'une priorité.
10:34Ça n'est pas vrai.
10:35Les Français attendent des priorités de fond,
10:38des changements de fond.
10:40Ils ont énormément souffert avec un nombre de morts
10:43quand même assez inédit en nombre de jours
10:46par rapport au réchauffement climatique
10:49et à la canicule de cet été.
10:50Et on a une situation qui est à tous les niveaux.
10:53Ça a d'ailleurs été dit par les différentes personnes
10:54qui sont ici, dramatique,
10:56notamment nos services publics.
10:58Alors, si on n'a pas de priorité là-dessus,
11:00s'il n'y a aucune proposition,
11:02parce que dans cette lettre,
11:03il n'y a aucune proposition.
11:04Après, il demande des choses
11:05qu'il n'aurait pas dite.
11:06Mais en fait, il n'a rien dit.
11:07Donc, si vous voulez, ça ne nous voit pas.
11:09Nous, on propose un certain nombre de choses.
11:10On propose des priorités,
11:12évidemment écologiques et sociales,
11:14mais on propose aussi une manière
11:16de pouvoir avoir plus d'argent,
11:18d'aller chercher l'argent où il est,
11:20et non pas d'aller chercher l'argent
11:22sur les personnes âgées.
11:25Vous le savez comment ?
11:26Il y a la taxe Zuckman,
11:282% sur le patrimoine de plus de 100 millions.
11:31Ça, c'est déjà...
11:31On peut arriver à avoir 25 milliards.
11:33Excusez-moi, mais enfin,
11:34ça a été balayé d'un revers de main.
11:36On ne comprend pas pourquoi,
11:37alors que c'était possible.
11:39La question des hyper-profits de Total,
11:41c'est une deuxième menure.
11:42C'est aussi possible.
11:43Là aussi, on récupère des mineurs.
11:45Excusez-moi, mais ça,
11:46je peux vous en donner d'autres
11:47sur la sécurité sociale.
11:48Je peux faire une liste, si vous voulez.
11:51Lisez notre programme.
11:52On a chiffré un certain nombre de choses, monsieur.
11:54Le problème de cette question-là,
11:57c'est qu'en fait,
11:58personne ne regarde actuellement
12:00les priorités qui intéressent les Français.
12:02c'est qu'on a un problème de l'école énorme.
12:05On a un problème de l'hôpital considérable.
12:08On a une vision à tellement court terme
12:10qu'on laisse toutes les canicules
12:12finalement tuer les gens.
12:13Tuer les gens, je pèse mes mots.
12:15Ce n'est certainement pas
12:16un grand plan climatisation
12:17qui va aider à construire le futur.
12:20Ça peut aider à répondre
12:21à des urgences ponctuelles,
12:23mais certainement pas à construire le futur.
12:24Donc, à un moment donné,
12:25il va falloir avoir une vérité des prix
12:27à arrêter de jouer aux petits chevaux à la place.
12:29Une question de priorité,
12:31Orang Malval.
12:31Oui, effectivement,
12:32je trouve qu'il y a quand même
12:33quelque chose de curieux.
12:34C'est-à-dire que depuis la dissolution,
12:35on a chaque année
12:36un petit peu le même sketch
12:37où il faut faire des budgets
12:39avec des économies
12:41qu'on n'a finalement pas
12:42les moyens politiques de faire
12:43et qu'on ne fait pas à la fin.
12:45D'ailleurs, je pense que c'est presque
12:46assez délétère finalement
12:47d'annoncer qu'on va être
12:48à 4,6% du PIB
12:51alors que finalement,
12:51on va finir,
12:52s'il n'y a pas de correctif,
12:54presque à 5,5 ou plus.
12:56Donc en fait, c'est terrible.
12:57Comment les Français peuvent se dire après
12:58« Oui, il faut faire des économies »
13:00alors qu'en fait,
13:01chaque année, ça passe
13:01et chaque année,
13:02on refait le même scénario.
13:04Pierre-Henri Dumont,
13:05vous êtes toujours avec nous.
13:07On a évoqué notamment
13:08un gel des pensions,
13:09une désindexation en tout cas
13:10pour les pensions les plus élevées.
13:13La barre des 2 000 euros
13:14a même été évoquée.
13:16Est-ce que vous y seriez favorable
13:17pour permettre
13:18de doter la France d'un budget
13:20et de faire des économies
13:22dans le contexte que l'on connaît ?
13:24Je vais répondre à votre question
13:25et je voudrais avoir
13:26une image un peu plus large
13:27de la situation.
13:28Si le déficit qui a été créé
13:31avait pu permettre
13:32de renforcer le service public
13:33dans l'ensemble des domaines
13:34qui ont pu être évoqués,
13:35la police, la justice,
13:37la santé,
13:38la protection de l'environnement,
13:39dans ce cas-là, très bien.
13:40Mais le fait est que la France,
13:42après 10 ans de macronisme,
13:43va beaucoup plus mal
13:44que lorsque Emmanuel Macron
13:46a pris le pouvoir en 2017.
13:49Donc aujourd'hui,
13:50et on le sait tous,
13:51on ne va pas se cacher
13:51derrière notre petit doigt,
13:52le budget qui sera adopté,
13:55qu'importe la façon
13:56dont il est adopté d'ailleurs
13:57par l'Assemblée nationale
13:59et par le Sénat,
14:01sera un budget
14:02qui sera de toute façon
14:03un budget qui sera de compromis,
14:04comme on l'a vu la fois dernière,
14:06avec beaucoup de concessions
14:07qui seront faites,
14:08en particulier à la gauche.
14:09On entendait tout à l'heure
14:10parler de la réforme des retraites.
14:11Pardon de le rappeler,
14:12mais la timide réforme des retraites
14:15qui a pu être votée
14:16pour économiser
14:17quelques milliards d'euros
14:18sur la première dépense de l'État.
14:20Je vous rappelle
14:20que la première dépense de l'État,
14:22c'est quand même
14:23la dépense de retraite.
14:25Eh bien,
14:25ça a été envoyé au feu
14:27pour s'assurer
14:28qu'il y ait un budget en 2026
14:29dans les négociations
14:30avec les socialistes.
14:31Et donc,
14:32on sait tous très bien,
14:33il y aura des négociations
14:35et il y aura un vrai budget
14:36qui sera adopté,
14:38non pas là,
14:39à la fin d'année 2026,
14:40mais qui sera adopté
14:41probablement au cours
14:42de l'été 2027,
14:44un projet de loi
14:44de finances rectificatives
14:46par la majorité
14:47qui aura une majorité absolue,
14:49nouvellement élue
14:50à l'Assemblée nationale
14:51à la suite de la dissolution
14:52prononcée par le ou la présidente
14:54de la République.
14:55J'espère que ce sera Bruno Retailleau
14:56après son élection
14:57à la présidence de la République.
14:59Alors,
15:00ce débat est particulièrement tendu
15:02parce qu'il s'inscrit
15:04dans un déclassement
15:05de la France.
15:06On a eu des chiffres
15:08confirmés par Eurostat.
15:09Le PIB,
15:10le produit intérieur brut
15:12de la France,
15:13s'est enfoncé l'an dernier
15:15sous la moyenne européenne.
15:16Vous voyez ce graphique,
15:17les courbes se sont croisées
15:18en 2022
15:20et le PIB de la France
15:22est désormais identique
15:24à celui de Chypre.
15:25Avec nous sur ce plateau,
15:26Bertrand Martineau.
15:27Bonsoir,
15:28merci d'être là.
15:29Vous êtes économiste,
15:30expert associé à l'Institut Montaigne
15:31et auteur de
15:31« J'ai cotisé,
15:33j'y ai droit ».
15:34Est-ce que la question
15:35des retraites,
15:36pour vous,
15:36ça reste une manière,
15:38on va dire,
15:38de financer,
15:40de ne pas continuer
15:41à creuser nos déficits
15:43et une façon de retrouver
15:44des marges de manœuvre financière ?
15:46Je ne voudrais pas
15:48vous inonder de chiffres,
15:49mais les dépenses de retraite,
15:50c'est un quart des dépenses publiques.
15:51Donc,
15:52tout homme politique
15:52qui pense qu'on peut réduire
15:54les déficits publics
15:55de plusieurs dizaines de milliards
15:56sans toucher à un centime
15:57aux retraites
15:58est pris en flagrant délis de mensonge,
16:00pas vis-à-vis de la politique,
16:01de l'économie,
16:03mais de l'arithmétique
16:04la plus élémentaire.
16:05Premier élément.
16:06Deuxième élément,
16:06l'année prochaine,
16:07spontanément,
16:08les retraites augmentent
16:09de 12 milliards.
16:10Donc,
16:10si vous voulez faire
16:1128 milliards d'économies
16:12sans toucher
16:12un tout petit peu
16:13Mais mécaniquement,
16:14la démographie fait que
16:16c'est 10 milliards de plus à payer.
16:18Vous avez plus de retraités,
16:19les pensions sont indexées
16:19sur les prix,
16:20donc mécaniquement,
16:21vous avez 12 milliards
16:21de pensions supplémentaires.
16:23Bon.
16:23Donc,
16:23c'est un choix,
16:24on peut le faire.
16:25Mais alors,
16:25dans ce cas-là,
16:26il faut renoncer à réduire
16:27le déficit public,
16:28il faut renoncer évidemment
16:29à équiper nos armées,
16:30il faut éviter à rénover
16:30notre système de santé,
16:32oublions l'éducation nationale,
16:33etc.
16:33Donc,
16:33c'est un problème de choix,
16:34en fait.
16:35Et comme il a été dit récemment,
16:36un budget,
16:37c'est l'expression
16:37d'une vision politique
16:39de choix politique.
16:40Le problème,
16:40c'est que la situation politique
16:41dans laquelle on est
16:42fait que le Parlement
16:44ne peut pas faire une...
16:46Aujourd'hui,
16:46le Parlement n'est pas en état
16:47de faire un choix politique.
16:48Donc,
16:48on est obligé,
16:49finalement,
16:49de juguler l'hémorragie
16:50d'une certaine manière.
16:52Et puis,
16:52comme il y a des élections,
16:53j'ai entendu qu'il y avait
16:54des élections,
16:54effectivement,
16:55le Parlement élu,
16:56je ne dis pas le candidat,
16:57le Parlement élu,
16:59fera de toute façon
17:00un projet de loi rectificatif
17:01pour assumer
17:02une nouvelle politique.
17:03Donc,
17:04on peut très bien avoir
17:04un budget qui est un peu bricolé
17:06pendant quelques mois
17:07pour faire passer,
17:08finalement,
17:09pour essayer de juguler
17:10l'hémorragie,
17:10parce que les taux d'intérêt
17:11sont en train d'augmenter
17:12et on est en train
17:13d'asphyxier l'économie française.
17:15Donc,
17:15un budget d'urgence
17:17pour juguler l'hémorragie
17:18qui ne satisfera
17:19à peu près personne.
17:20Mais rassurez-vous,
17:21dans six mois,
17:23le peuple aura tranché
17:24et il y aura la possibilité
17:25de mener éventuellement
17:26une autre politique.
17:26Nicolas Meille-Rassignal.
17:27Oui,
17:27je crois que ce qui est dit là
17:28est très important
17:29dans ce débat,
17:30parce qu'effectivement,
17:30il y aura des élections
17:31et le politique devra dire
17:32ce qu'il souhaite
17:33une fois que les électeurs
17:34auront tranché.
17:35Et on voit bien
17:35dans les interventions
17:36des uns et des autres,
17:37j'ai particulièrement apprécié
17:38l'intervention de Mme Suiris,
17:40la sénatrice écologiste,
17:42qui dit,
17:42et c'est ce que nous disons
17:43avec des opinions différentes,
17:44il faut des priorités.
17:46Nous avons une situation,
17:47et ça c'est un fait arithmétique,
17:49comme vous le disiez,
17:49qui sur le plan budgétaire,
17:51je ne reviens pas
17:51sur les causes exogènes
17:52ou internes,
17:53sur le plan budgétaire,
17:54et pire qu'il y a dix ans.
17:56C'est incontestable.
17:58Et donc,
17:58quel que soit le vainqueur
17:59de l'élection présidentielle,
18:00il faut affronter ça
18:01avec sérieux.
18:02C'est pour ça que je dis
18:02que mettre la dette au feu,
18:03c'est un effet d'annonce,
18:05c'est facile à dire.
18:05Moi aussi,
18:06je peux le faire sur une tribune
18:07avec un hologramme,
18:08ça ne fait avancer personne.
18:09Et surtout,
18:09ça crée du ressentiment
18:10et de la déception
18:11et de la tension
18:12et des votes extrêmes derrière.
18:13Mais surtout,
18:14il faut donner des priorités.
18:15On a eu des canicules
18:17qui semblent être signées
18:19l'été le plus frais
18:21parmi ceux que nous allons avoir
18:23à vivre dans les années à venir.
18:25Je ne sais pas si chacun
18:25réalise ce que ça veut dire.
18:27Donc,
18:27comme vous dites
18:28qu'effectivement,
18:29le mur de la dette est là,
18:29moi je vous dis
18:30que le mur écologique
18:31est là aussi
18:31et qu'on peut faire
18:32donc look-up,
18:33ça ne servira à rien.
18:34Priorité écologie,
18:35qu'est-ce qu'il y aura
18:35dans le budget ?
18:36Qu'est-ce qu'il y aura
18:36dans le programme des candidats ?
18:38Deuxième,
18:39les services publics.
18:40On l'a dit tout à l'heure,
18:41on peut avoir
18:42des appréciations différentes.
18:43Il est incontestable
18:44que l'hôpital public
18:44va plus mal aujourd'hui
18:45qu'il y a dix ans.
18:46Il est incontestable
18:47que l'école publique
18:48va plus mal aujourd'hui
18:48qu'il y a dix ans.
18:50Est-ce qu'on met ça
18:50en priorité ou pas ?
18:51Ensuite,
18:52aux électeurs de tranchées.
18:53C'est un petit peu curieux
18:55de mettre les retraites
18:56comme ça en avant.
18:57Je suis d'accord
18:57avec mon collègue
18:58que quand c'est un peu moins
19:00d'un quart de la dépense publique,
19:01on peut y regarder.
19:02Sauf que ce n'est pas
19:03la bonne façon d'y regarder.
19:04Alors qu'il y a un an,
19:04on a abandonné
19:05une réforme structurelle
19:06qui, elle, permettait
19:08véritablement de générer,
19:09qu'on soit d'accord ou pas,
19:10mais qui permettait
19:10de générer des économies durables.
19:12En fait,
19:13c'est un très mauvais levier
19:14la désindexation des retraites
19:16tout simplement
19:17parce que pour trouver
19:17un accord politique,
19:18il faut que vous touchiez
19:19assez peu de retraités,
19:20c'est-à-dire les retraités
19:21les plus aisés.
19:22Et il se trouve
19:22que quand vous désindexez,
19:23vous ne désindexez
19:24que le régime général,
19:26c'est-à-dire la retraite de base.
19:27Vous ne touchez pas
19:28à la retraite complémentaire.
19:29Donc vous finissez
19:30avec quelques centaines
19:31de millions d'euros
19:32après avoir...
19:33Vous êtes mis une partie
19:34d'un électorat très important
19:36pour les responsables politiques,
19:37je parle.
19:38Donc il y a peu
19:40de rendement économique
19:41et avec des débats
19:42qui vont occuper
19:43pendant des semaines
19:45sans rien changer
19:46à l'équation budgétaire.
19:47Et pour finir,
19:48c'est une remise en cause
19:49du contrat social.
19:50On ne peut pas dire
19:52autre chose que ça
19:53puisque quand même
19:53ce contrat social
19:54vous engage
19:55à ce que vous cotisez
19:55pour ensuite avoir
19:56une retraite indexée.
19:58On peut l'assumer
19:58mais ça fait cher
20:00pour des mesures
20:01qui rapportent peu.
20:02Mais si je peux rebondir
20:04sur cette affaire
20:04du contrat social.
20:05On a affaire
20:06au plus grand...
20:07On va affaire
20:08quel que soit
20:08le candidat
20:09et le Parlement.
20:10J'insiste,
20:10c'est le Parlement
20:10qui vote les lois
20:11dans ce pays encore.
20:14On va avoir affaire
20:15au redressement financier
20:17le plus important
20:17depuis les années 30.
20:19En gros.
20:19Ce qui veut dire
20:20qu'il va falloir
20:20augmenter les impôts.
20:21Il n'y aura pas de possibilité.
20:22Ça dépendra
20:23des choix politiques
20:24mais sauf à faire
20:25des économies
20:26de dépenses gigantesques
20:27il faudra effectivement
20:29augmenter les impôts.
20:29Ce que vous nous dites
20:30c'est qu'il faudra
20:31du sang et de la sueur
20:32pour prendre les impôts.
20:33Et créer des richesses.
20:34On est moins riche qu'avant
20:36et de la justice qui paye.
20:37Attendez,
20:38on a demandé à mes arrière-grands-parents
20:39d'aller se faire déchiqueter
20:40dans les tranchées à Vernin.
20:41On n'en est pas là.
20:41Donc le sang,
20:42la sueur et les larmes
20:42je pense que c'est des termes
20:43qu'on peut réserver
20:44à d'autres périodes.
20:45En tout cas,
20:46il va falloir faire des efforts.
20:46C'est ce que vous dites.
20:47Mais ça c'est évident.
20:47Alors maintenant,
20:48effectivement,
20:48s'agissant des retraites
20:49on ne peut pas les laisser
20:50comme ça effectivement
20:51au contenu de la masse.
20:52Et donc,
20:53il y a effectivement
20:54une dimension
20:54et c'est ça qu'on peut reprocher
20:55à la question de la désindexation
20:57qui vient un peu de nulle part.
20:58C'est qu'il faut la présenter
20:59dans un ensemble de réformes.
21:01Et là,
21:02arithmétiquement encore une fois,
21:02il n'y a pas 36 solutions.
21:03Tout le monde doit faire l'effort.
21:04Il n'y a pas de raison
21:05que 18 millions de personnes
21:07certes importants électoralement
21:08soient exonérées.
21:09Ce sont des Français
21:10comme les autres.
21:10Soient exonérées de l'effort.
21:12Comme on ne va pas leur demander
21:13de retravailler à priori,
21:14le seul effort qu'ils puissent faire
21:16c'est effectivement
21:17qu'on consente
21:18à des désindexations
21:19ciblées pendant plusieurs années.
21:20Ça, c'est l'effort
21:21que pourraient faire les retraités.
21:22Quant aux actifs,
21:23évidemment,
21:24l'effort qu'on va leur demander,
21:25tout le monde le sait
21:26de toute façon,
21:27quel que soit le candidat élu,
21:28c'est de décaler
21:29l'âge de départ à la retraite.
21:30Il faut les deux, probablement.
21:32Vous avez une réforme
21:33de long terme
21:33qui est le recul
21:34de l'âge de départ
21:35qui effectivement produit
21:37des effets très importants
21:38mais à long terme.
21:39Et à court terme,
21:40on est dans l'urgence.
21:41Le pays va très très mal.
21:42Il faut effectivement
21:43faire des économies immédiates
21:44et la désindexation
21:46est l'une des pistes.
21:47Mathieu Valleux,
21:47qu'est-ce qu'on fait ?
21:48Qu'est-ce que l'ERN propose
21:49notamment sur la question
21:49des retraites
21:50qui est assez centrale
21:51en tout cas en matière d'économie ?
21:53On n'est pas des girouettes
21:54donc on est sur la même version
21:55et comme disent certains,
21:57c'est très simple.
21:58C'est que moi j'entends
21:59les calculs arithmétiques
22:00et puis les analyses
22:01dans des rapports.
22:02La vraie vie,
22:03c'est que d'abord,
22:03il y a beaucoup de gens
22:04qui n'atteignent pas 60 ans
22:05avec un emploi,
22:06qui sont au chômage.
22:07Donc l'emploi des seniors,
22:08c'est un premier sujet.
22:09Le deuxième sujet,
22:10c'est qu'au contre-budget 2026,
22:12puisque c'est ce qu'on avait proposé
22:14au gouvernement Le Corneau
22:15l'année dernière,
22:15on avait proposé
22:1657 milliards de baisse d'économie
22:18dans la mauvaise dépense de l'État,
22:20sur le train de vie,
22:21la contribution française
22:22au budget de l'Union Européenne,
22:23mais aussi les dépenses
22:24liées à l'immigration.
22:25On a présenté tout un panel
22:26de mesures chiffrées,
22:27détaillées par Jean-Philippe Tanguy
22:28qui sont également vérifiables.
22:30Ensuite, on avait proposé,
22:31vous parlez de créer de la richesse,
22:32une baisse de 44 milliards d'impôts
22:34sur les particuliers
22:35et les entreprises.
22:36On est le pays,
22:37et je pense que l'Institut Montaigne
22:39peut le confirmer,
22:40qui est le plus prélevé
22:41en Europe et au monde.
22:43Notamment sur les entreprises ?
22:44Absolument,
22:45mais je partage votre constat sur ça.
22:46Mais donc, ça veut dire
22:47que les entreprises
22:48et les particuliers
22:49sont étranglées jusqu'à la gorge
22:50et vous voulez encore plus
22:51finalement serrer les mains
22:52au niveau de la gorge.
22:53Donc, ce n'est plus possible.
22:54Moi, je vous dis simplement
22:55qu'il y a beaucoup d'économies
22:56à faire sur les dépenses
22:58que je viens de vous indiquer,
22:59par exemple sur la spéculation,
23:00par exemple sur les prestations sociales
23:02que touchent les étrangers
23:03sans contribuer au système national,
23:04par exemple sur l'aide publique
23:06au développement.
23:07Donc, il y a beaucoup,
23:08beaucoup de sujets
23:08qui peuvent rapporter de l'argent.
23:09Encore faut-il qu'on soit écouté
23:11et qu'on puisse partir d'un postulat,
23:12je termine là,
23:13qui vise à dire
23:14qu'il n'y a pas un seul parti
23:15qui a toutes les meilleures solutions
23:17et c'est pour ça
23:17que le débat budgétaire
23:18doit permettre
23:19à chaque représentation politique
23:20de défendre ses idées.
23:21Enfin, pour M. Marek,
23:22je suis dans les attaques personnelles,
23:24je suis dans les idées.
23:24Je trouve fort de café
23:25de dire qu'il faut que les travailleurs
23:27puissent gagner convenablement leur vie.
23:28On partage évidemment ce point de vue
23:30quand le président Hollande
23:31a supprimé les heures supplémentaires
23:33qui étaient rémunérées, défiscalisées
23:34alors que ça permettait aux gens
23:36de travailler plus
23:36pour gagner plus.
23:37Vous voyez, ça c'est du port d'achat immédiat
23:39pour les classes populaires
23:40souvent qui font des heures supplémentaires
23:41sans payer d'impôts dessus.
23:43Ça c'est du concret,
23:43c'est des idées
23:44et c'est un combat
23:45que nous, nous défendrons
23:46parce qu'il faut que l'argent
23:47et finalement profite
23:48à ceux qui l'outchèdent
23:49à la soeur de leur fond.
23:50On retourne vers Anne Suiris.
23:52Est-ce que pour vous,
23:53la question des retraites
23:54est centrale
23:55dans l'équation budgétaire
23:57qui attend le pays ?
24:00Bien sûr que la question
24:01des retraites est centrale
24:03et pas seulement
24:03la question des retraites.
24:04La question est également
24:06la question, je dirais,
24:08de la sécurité sociale en général
24:09parce qu'on va voter le budget
24:11et on va voter aussi
24:13le budget de la sécurité sociale
24:14qui est le plus gros budget
24:17et en fait qui est plus important
24:18que le budget de l'État.
24:19Or c'est vraiment
24:20le facteur de protection
24:22des Français le plus important.
24:24Et qu'est-ce qu'on voit
24:25encore une fois
24:26encore une fois
24:27avec M. Lecornu ?
24:29C'est que les seules choses proposées
24:31c'est des choses
24:32qui réduisent finalement
24:34l'accès aux droits
24:35des plus précaires,
24:37des plus malades,
24:38des plus fragiles,
24:39des plus âgés.
24:40Et si vous voulez,
24:41ça c'est une logique
24:42sur laquelle il va falloir
24:44arrêter de faire.
24:46Je veux dire,
24:46si on veut vraiment
24:48rééquilibrer les choses,
24:49si on veut que les Français
24:50aient confiance dans la politique,
24:52il va falloir faire payer
24:53les plus riches.
24:54C'est quand même
24:55des choses assez simples.
24:56Quand on voit que pendant
24:57deux ans total,
24:58on n'a rien payé
24:58alors qu'il faisait
25:00des profits absolument
25:01démesurés,
25:02qu'encore aujourd'hui,
25:03il fait 64% de plus
25:04de bénéfices
25:05que l'année dernière
25:06et qu'il fait du chantage.
25:08Et ce n'est pas
25:10parce qu'il ne va pas bien.
25:11Quand j'entends
25:11le Rassemblement National
25:12dire que les entreprises
25:15sont étranglées,
25:16Total n'est pas étranglé.
25:18En revanche,
25:19quand il fait
25:19ce genre de chantage,
25:21il étrangle les petits
25:22et avec des actionnaires
25:24qui, eux,
25:25se regorgent d'argent.
25:26Donc, vous voyez,
25:27là, il y a une redistribution
25:28qui ne se fait pas.
25:29Et pour l'instant,
25:31ce que me propose
25:32M. Lecornu,
25:33c'est de prendre
25:33de l'argent
25:34chez les gens
25:35qui n'en ont pas.
25:36C'est cette logique-là
25:37qu'il faut arrêter.
25:39Notamment sur la question
25:40des retraites.
25:41C'est récentral pour vous ?
25:42Oui, bien sûr.
25:43De toute façon,
25:44ce n'est pas la seule
25:45réforme à faire.
25:46Mais je vous l'ai dit
25:47tout à l'heure,
25:47je pense qu'on est au bout
25:48en réalité d'un système.
25:49Et chaque année,
25:49on va reposer la question
25:50de la durée de l'âge légal,
25:5162, 63, 64, 67.
25:54Nous, c'est très clair
25:55avec Gabriel Attal,
25:56on dit qu'il ne faut plus
25:56d'âge de départ.
25:58C'est la durée de cotisation
25:59qui compte
25:59avec une part de capitalisation.
26:01Mais ça ne peut pas être
26:03le seul engagement
26:04qu'on va prendre
26:05pour réduire le budget.
26:06Nous, je vous l'ai dit,
26:07la trajectoire qu'on fixe,
26:08c'est 0% de déficit
26:09dans 10 ans.
26:10Comment on compte le faire ?
26:11C'est ce que propose
26:11Gabriel Attal.
26:12Un gel des prestations sociales
26:14dès 2028,
26:15sauf pour les plus petites
26:16pensions de retraite.
26:17Le départ volontaire
26:18de 100 000 fonctionnaires,
26:19sauf police, justice,
26:21armée, école.
26:22La question aussi
26:23d'un grand plan
26:24de décentralisation
26:25parce qu'il est temps
26:26aussi d'en finir
26:27avec les couches supplémentaires
26:28qui coûtent beaucoup.
26:29On va refaire du maire
26:30l'élu le plus puissant.
26:32Et donc, il y a
26:33tout un ensemble
26:35de réformes
26:36qu'on compte mettre en place.
26:36Mais pardon de dire
26:37que la réforme des retraites,
26:38elle était, c'est vrai,
26:39imparfaite,
26:40celle qui a été votée.
26:41Mais nous avons souhaité
26:43la faire justement
26:44parce qu'on voyait
26:44venir ce mur.
26:45Donc, je pense que...
26:46Là, moi, j'entends beaucoup.
26:47Pardon, je pense
26:48qu'on n'est pas
26:48les politiques à la hauteur
26:49de ce que les Françaises
26:50et les Français attendent.
26:52Chacun a compris
26:52qu'il y avait une élection
26:53présidentielle.
26:53On a chacun nos idées
26:54et on va chacun les défendre.
26:56Mais si on compte défendre
26:57nos idées présidentielles
26:58dans le budget qui arrive,
26:59on va aller, pardon,
26:59droit dans le mur politique
27:01et dans le mur de la dette.
27:02Donc, je pense que là,
27:02il faut sécuriser un budget
27:04pour que l'État
27:04puisse continuer à fonctionner.
27:06Et l'année prochaine,
27:07il y aura un projet
27:07de loi de finances.