00:00Alors j'aimerais que nous évoquions l'aile gauche du Parti Socialiste,
00:05cette aile gauche qui, il y a encore dix ans, votait pour Benoît Hamon, tout à fait.
00:11Est-ce que vous pensez, Raphaël Steinville, que cette aile gauche du PS
00:15est prête à voter pour le candidat Glucksmann, s'il est désigné, je le rappelle, lors de la primaire,
00:21ou bien vous craignez que cette aile gauche aille plutôt du côté de l'FI, Raphaël Steinville ?
00:27C'est intéressant que vous évoquiez cette primaire du PS,
00:30parce que précisément ceux qui s'étaient engagés à soutenir le vainqueur,
00:35pour beaucoup, avaient fait défaut.
00:37On pense à Manuel Valls qui n'avait pas fait la campagne de Benoît Hamon et d'autres.
00:44Et il est probable que ce cas de figure se reproduise avec la candidature de Raphaël Glucksmann,
00:51si c'était lui qui devait l'emporter.
00:53On voit mal comment ceux qui sont des cousins germains du mélenchonisme,
01:01aujourd'hui, pourraient faire la campagne de Raphaël Glucksmann,
01:05alors qu'ils sont déjà très largement contaminés par la radicalité de Jean-Luc Mélenchon.
01:10Si je suis ce que vous dites, et pour schématiser à l'extrême, Raphaël Steinville,
01:14vous êtes en train de nous dire que cette candidature,
01:17si Raphaël Glucksmann, en tout cas, gagne cette primaire socialiste,
01:21ça pourrait par extension, je dis bien par extension,
01:23éventuellement favoriser encore davantage LFI.
01:27Oui, c'est possible.
01:29Mais vous savez, hier, lorsqu'il a annoncé sa candidature,
01:33Raphaël Glucksmann espérait une sorte d'engouement populaire
01:38pour cette primaire socialiste et passe publique.
01:41Mais comme l'a rappelé Adrien, le simple fait de pouvoir voter à condition de verser déjà 15 euros,
01:48c'est un signal qui risque d'empêcher cette dynamique.
01:56Le corps électoral risque d'être restreint,
01:59et donc Raphaël Glucksmann ne pourra pas finalement être légitimé
02:04par une sorte de vote populaire qui lui permette de finalement avoir une sorte d'aura,
02:13une aura qui irait bien davantage au-delà du PS et de place publique.
02:17C'est ça la difficulté, donc je pense que le décrochage se fera presque mécaniquement.
02:22Tout à fait, Adrien Matou là-dessus,
02:24vous êtes d'accord avec l'analyse de Raphaël Steinville sur, peut-être,
02:29ce renfort pour LFI, si tant est que Raphaël Glucksmann soit candidat ?
02:33Je me pose plus la question des électeurs que des troupes,
02:35parce que là, pour rester au PS aujourd'hui, il faut quand même être sacrément tenace,
02:40y compris pour avoir résisté aux sirènes de LFI.
02:43La question, ça va être, est-ce qu'au bout d'un moment dans la campagne,
02:46les électeurs qui sont effectivement à la gauche du PS vont pas se dire
02:50« je préfère voter pour le mieux placé », même si c'est Jean-Luc Mélenchon,
02:55plutôt que…
02:56De toute façon, à gauche, la question c'est avoir un candidat au deuxième tour,
02:58on l'oublie souvent, mais depuis 2012, la gauche n'a pas envoyé un seul candidat au second tour.
03:03Donc forcément, il y a ce réflexe de voter pour le mieux placé.
03:06Toute l'actualité de ce lundi 24 août sur Europe 1, c'est avec Charles Lullier.
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