00:00On va continuer de décrypter l'actualité avec vous, cher Lullier, Jean-Michel Salvatore, Jonathan Sixou.
00:04On va parler politique avec notamment le PS qui organise sa primaire.
00:08Tout à fait, le Parti Socialiste et Place Publique ont ratifié hier soir leur accord sur les modalités de la
00:14primaire de la gauche socialiste
00:16qui aura lieu donc en deux tours en octobre afin de désigner les candidats socialistes donc à la présidentielle.
00:23Alors la grande question toujours d'actualité à cette heure-ci est la suivante.
00:27Les socialistes et Place Publique se sont-ils mis d'accord sur une ligne anti-LFI ?
00:33Visiblement, ce n'est pas encore totalement tranché, rien n'a été acté hier.
00:38Était-ce pourtant selon vous, Jonathan Sixou, ce qui aurait dû être le thème principal de cette rencontre au-delà
00:45des modalités un peu techniques de scrutin ?
00:47Ça aurait dû l'être si la gauche en général, la gauche socialiste en général, avait ce qui ressemble à
00:54une colonne vertébrale politique.
00:55Or on voit qu'elle l'a totalement perdue ces dernières années.
00:58Elle se raccroche aux branches de la Mélenchonie pour sauver qui ?
01:02Un fauteuil ? Qui ? À l'Assemblée Nationale ? Un strapontin ? Etc.
01:05Mais on voit bien qu'ils sont totalement désorganisés.
01:08À titre personnel, je n'ai jamais cru en l'efficacité de primaire parce que, quel que soit le parti,
01:15je trouve que ça donne une image déplorable en fait d'un parti.
01:17Tout le monde s'écharpe pendant quelques semaines et ensuite on se range derrière le désigné.
01:23Ça peut donner une exposition à un parti, une exposition médiatique, Jonathan Sixou.
01:28Une exposition, mais surtout une exposition de ses faiblesses et de voir à quel point on peut partir en ordre
01:32dispersé
01:33et ne pas forcément se rassembler par la suite. On l'a déjà vu notamment à droite.
01:38Je note qu'il y en a qui refusent de jouer le jeu.
01:40C'est le cas de Karim Bouadran, le maire de Saint-Ouen, qui lui refuse de se présenter à la
01:46primaire.
01:47Lui, il a confiance en lui-même.
01:49Il va faire cavalier seul.
01:50Il fait cavalier seul et il dit « Vous verrez, en décembre ou en janvier, je serai en tête des
01:53sondages et c'est moi qu'on désignore. »
01:54Je reviens sur ce cordon sanitaire qu'aurait dû dresser le Parti Socialiste lors de cette réunion hier contre LFI.
02:07Jean-Michel Salvatore, la question est toujours d'actualité, toujours en suspens.
02:12Rien n'a été acté concernant LFI. Est-ce un problème ?
02:15Oui, c'est un problème. Et notamment, c'est un problème pour Raphaël Glucksmann,
02:18qui avait quand même bien dit, avant d'être candidat à la primaire,
02:23il avait bien dit qu'il faudrait qu'il y ait un engagement sans aucune ambiguïté,
02:29notamment des socialistes, de ne pas faire une alliance avec la France Insoumise
02:33au deuxième tour d'une élection législative après les présidentielles.
02:37Donc là, visiblement, il n'a pas obtenu cet engagement et il ne l'a pas obtenu pour une raison
02:41finalement assez simple.
02:42C'est que la plupart des élus socialistes à l'Assemblée Nationale
02:46ont besoin des voix de la France Insoumise pour être réélus.
02:51Et donc pour eux, signer un tel accord, c'est se faire harakiri.
02:54Et on voit bien que depuis 2024, Olivier Faure est véritablement dans la main de Jean-Luc Mélenchon.
03:02Jean-Luc Mélenchon en fait ce qu'il veut.
03:04Et c'est vrai qu'Olivier Faure a dû résister très très fort.
03:07Et je pense qu'il a été assez facilement suivi par tous ceux qui ont un intérêt politique,
03:14un intérêt électoral à faire une alliance avec LFI au deuxième tour d'une législative.
03:18Mais alors si cette ambiguïté se poursuit, Jean-Michel Salvatore,
03:23et bien admettons que Raphaël Glucksmann n'ait pas encore fait remporte cette primaire,
03:28pensez-vous que Raphaël Glucksmann va continuer de porter les couleurs socialistes ?
03:34Parce qu'il est place publique, mais là il sera apparenté socialiste.
03:38Pensez-vous que cela va lui poser problème à Raphaël Glucksmann
03:41si son plan à lui se déroule comme prévu ?
03:44Alors lui je pense qu'il ne peut pas acter une rupture avec les socialistes
03:49parce qu'il a besoin de l'argent des socialistes
03:50et il a besoin de la force militante s'il gagnait la primaire
03:54pour en fait coller les affiches pour sa candidature.
03:58Mais c'est vrai que s'il gagne la primaire,
04:01politiquement si vous voulez, il aura quand même un ascendard politique et psychologique
04:05donc il pourra peut-être s'en servir pour imposer ses vues
04:08mais ce n'est pas du tout sûr.
04:09Ce n'est pas du tout sûr parce qu'on sait très bien
04:12qu'à gauche il y a toujours un réflexe unitaire
04:15et ce réflexe unitaire il existe depuis toujours.
04:19On l'avait vu dès 1981 avec des sociodémocrates
04:23qui étaient prêts à soutenir l'entrée des communistes
04:25au gouvernement sous François Mitterrand.
04:28On l'a vu en 1997 avec la gauche plurielle de Lionel Jospin
04:32et on l'a revu encore avec le nouveau Front Populaire.
04:35Et puis les nombreuses alliances ou fusions lors des municipales
04:38entre le parti socialiste et LFI, ce n'est pas nouveau
04:41et vous pensez que ça va, selon vous Jean-Michel Salvatore,
04:44continuer pour les prochaines échéances.
04:47Oui on va continuer à décrypter l'actualité
04:48mais avec les LR maintenant, Charles Huillier,
04:51qui ne ferment pas la porte justement à une primaire de la droite et du centre.
04:54Oui, de l'autre côté de l'échiquier politique,
04:56David Lissnard relance l'idée de cette primaire.
04:59Pour le maire de Cannes, à ce stade, aucun candidat naturel
05:03ne s'impose à droite et au centre.
05:05C'est donc une proposition, selon David Lissnard,
05:08pour, je cite, éviter la division qui fait perdre les élections.
05:12Fin de citation.
05:13Est-ce que vous avez, selon vous,
05:18Jonathan Sicsou et Jean-Michel Salvatore,
05:22des réticences quant à cette primaire de la droite et du centre
05:25pour faire émerger, en tout cas, un seul et unique candidat
05:29ou bien vous pensez que c'est une bonne solution ?
05:32Jean-Michel, Jonathan Sicsou peut-être, qui a moins eu la parole.
05:35Merci.
05:36Je vous ai dit ce que je pensais des primaires en général
05:38mais il y a malgré tout une nécessité qui s'impose à la droite.
05:43C'est effectivement, d'une façon ou d'une autre, de se rassembler
05:46parce qu'on voit que la sélection pour le second tour
05:49se fera vraiment à très peu de voix près.
05:52Donc se rassembler, ça veut dire quoi aussi ?
05:54Ça veut dire accepter de ne pas se présenter, pardon, du sophisme.
05:57Donc il faut que certains s'effacent.
05:59Il faut que certains s'effacent.
06:00Mais après, vous en avez d'autres.
06:02Je pense à M. Retailleau qui, lui, a la légitimité des LR
06:06puisqu'il avait fait voter les militants LR.
06:07Qui voterait en cas d'une primaire de la droite ?
06:09Est-ce que ce serait une primaire ouverte à tous les Français ?
06:13Moyennons 2 euros, 10 euros.
06:15Pour les socialistes, c'est 15 euros.
06:17Tarif social, 10 euros.
06:19Et pour les militants, uniquement les encartés, pour faire simple.
06:23Le spectre de la droite, elle est tellement éclatée aujourd'hui, cette droite.
06:26Le spectre de la droite est donc très large.
06:28Qui pourrait voter ?
06:29Qui serait éligible pour être un électeur de cette élection ?
06:34Ça paraît très étrange.
06:35Ils ne sont pas très bien tracés pour l'instant.
06:37Jean-Michel Salvatore, faut-il faire émerger une personnalité ?
06:41Et la primaire est-elle la seule solution pour ça, concernant la droite et le centre ?
06:47Sans doute, mais pour l'instant, on ne voit pas quelle personnalité.
06:50C'est vrai que les choses sont...
06:51Le mieux placé, pardon, c'est Bruno Retailleau actuellement, si on regarde les sondages.
06:54À droite, oui.
06:55À droite, mais au centre, bon, il y a Édouard Philippe, effectivement.
06:58Non, mais de toute façon, on voit bien que là, le système, il est en train de se bloquer.
07:01Parce que vous avez Gabriel Attal qui se rapproche dans les sondages d'Édouard Philippe.
07:07Ils ne sont plus qu'à deux points.
07:10Donc, je pense que Gabriel Attal ne se désistera pas pour Édouard Philippe.
07:14Et puis, d'un autre côté, vous avez Retailleau...
07:15Attendez, pardon, c'est très important ce que vous dites.
07:17Vous pensez que Gabriel Attal ne se désistera pas d'Édouard Philippe ?
07:21Mais c'était pourtant le deal au départ que l'un des deux se désiste pour l'autre, pour le
07:26mieux placé.
07:26Je pense qu'il va attendre le plus possible.
07:29Parce qu'évidemment, comme il voit qu'Édouard Philippe baisse un peu et que lui, il monte un peu...
07:33Il espère le dépasser et que les groupes s'inverseront.
07:35Donc, là, si vous voulez, il va y avoir un point de fixation très fort.
07:39Et je pense que la campagne va devenir assez violente entre les deux.
07:43Et puis, d'un autre côté, vous avez Retailleau qui reste que tanké avec ses 7 ou 9%.
07:46Et puis, Lysnard qui n'est pas sur les écrans radars.
07:49Donc, on voit bien que là, on est dans une situation totalement bloquée.
07:53Et au mieux, on se dit qu'aujourd'hui, il y aura deux candidats.
07:56Il y aura soit Attal et Philippe, et puis il y aura soit Retailleau ou Lysnard.
07:59Mais il n'y aura pas un seul candidat pour incarner le centre et la droite.
08:04Pensez-vous que Bruno Retailleau est primaire de la droite et du centre compatibles ?
08:09Alors, c'est un homme de qualité, Bruno Retailleau.
08:11Personne ne remet ça en question.
08:12Mais pensez-vous qu'au centre, on serait capable, pour un électeur du centre en tout cas,
08:18serait-il capable de voter pour Bruno Retailleau ou pas alors ?
08:22Moi, je trouve qu'ils sont quand même assez éloignés.
08:24La campagne de Retailleau est quand même sur des valeurs, sur des propositions, sur des idées
08:30qui sont assez éloignées, un peu éloignées de Philippe et très éloignées d'Attal.
08:35Et moi, je ne vois pas, si vous voulez, un électeur de Gabriel Attal se reporter sur Retailleau au premier
08:42tour de la présidentielle.
08:43Je vous remercie, messieurs.
08:45C'est la fin de cette heure de débat et d'information.
08:48J'ai été ravi de vous accompagner en cette mi-journée tout l'été.
08:51Je vous remercie Jean-Michel Salvatore, Jonathan Sicsou,
08:54Jonathan Sicsou, journaliste et rédacteur en chef du magazine Causeur.
08:58Je ne l'ai pas précisé en préambule, c'est donc réparé.
09:02Demain, vous retrouverez Clélie Mathias, c'est le retour de la douce et talentueuse Clélie.
09:08Et ce sera, je ne sais pas, avec vous Marlène Duret ou pas ?
09:11Non, ce ne sera pas moi.
09:12D'accord.
09:12Ce sera le retour de Géraldine.
09:15Eh bien, ravi de l'apprendre également.
09:16Voilà, en tout cas, c'était Europe 1 Info.
09:18Je voulais vous remercier aussi Charles Huillier.
09:20Vous êtes aussi brillant et performant sur le terrain que dans vos studios.
09:22Je vous retrouve ce soir à 19h.
09:24Je tenais quand même à le dire pour les auditeurs d'Europe 1 qui vous écoutent le midi seulement.
09:27Voilà, et puis donc on se donne rendez-vous effectivement à 19h pour Europe 1 Soir.
09:33Dans un instant, laissez-vous envoûter par la voix mythique de Cerf Sauvion
09:37qui va nous raconter deux affaires criminelles.
09:39Ça s'appelle Au cœur du crime, c'est de 14h à 15h.
09:43Bonne après-midi à l'écoute d'Europe 1.
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