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  • il y a 6 jours
Charles Luylier, accompagné de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Europe 1 Info qui se poursuit avec vous Charles Huillier.
00:04On continue de décrypter l'actualité avec vos débatteurs du jour.
00:08Adrien Matou, directeur adjoint de Marianne.
00:10Raphaël Steinville, directeur adjoint de la rédaction du JDD.
00:13L'heure de la rentrée a sonné pour le gouvernement.
00:15Et ça y est, les ministres ont quitté le Palais de l'Elysée à l'issue du Conseil des ministres.
00:20Oui, le chef de l'État a convoqué un Conseil des ministres de rentrée ce matin
00:24pour aborder les défis budgétaires et les dossiers brûlants de cette fin de quinquennat.
00:30Il s'agit de la dernière rentrée pour le chef de l'État.
00:32Plusieurs obstacles et défis immédiats se dressent encore devant lui,
00:36à commencer par la préparation du budget.
00:38Exercice toujours périlleux, devenu inextricable depuis la dissolution.
00:43Sébastien Lecornu a mis en garde ce week-end les parlementaires
00:46contre la tentation d'attendre la présidentielle pour adopter le budget
00:50qui serait selon lui donc effectivement ce choix, le choix du désordre.
00:54Et Sébastien Lecornu a promis de prendre le temps qu'il faut pour trouver le compromis.
01:00Alors sera-t-il entendu ?
01:02J'aimerais qu'avant de répondre à cette question,
01:04Raphaël Steinville et Adrien Matou,
01:06nous écoutions Roland Lescure, le ministre de l'économie,
01:09ce matin chez nos confrères de BFM TV et d'RMC,
01:12le ministre de l'économie qui a critiqué le discours de Jean-Luc Mélenchon
01:16sur la dette française.
01:17Rappelez-vous, il y a quelques jours,
01:19Jean-Luc Mélenchon avait proposé de brûler
01:24certains titres, les titres de la Banque de France.
01:26Je vous propose d'écouter Roland Lescure à ce sujet.
01:29Ça fait des années qu'il le dit et qu'il le répète.
01:31Alors il le fait avec brio, mais il raconte n'importe quoi.
01:34Absolument n'importe quoi.
01:35Bon, d'abord, je sais qu'il s'en moque,
01:37mais c'est illégal, non conforme autreité européen,
01:40c'est-à-dire que demander à la Banque de France indépendante
01:43au fond de racheter une partie de la dette,
01:4520% de la dette de l'État français.
01:47Il dit cette phrase, Jean-Luc Mélenchon,
01:49il dit qu'il suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu.
01:52Mais bien sûr !
01:53Et vous faites un gigantesque bras d'honneur
01:55aux autres membres de la zone euro.
01:56De fait, vous sortez de l'euro.
01:58Et les créanciers qui nous prêtent,
02:00qui disent, ah ben l'État français vient de dire,
02:03merde, à 20% de sa dette.
02:04Ils vont dire quoi ?
02:05Moi je ne vous prête plus à 4,
02:07je vous prête à 4,5, je vous prête à 5.
02:08Voilà, Roland Lescure ce matin sur BFM TV.
02:12Alors, langage un petit peu fleuri du ministre de l'économie,
02:16mais qui s'imposait, vu la saillie de Jean-Luc Mélenchon
02:21ces derniers jours.
02:23Est-ce que Sébastien Lecornu,
02:25est-ce que la majorité va s'attaquer à une énorme montagne
02:30afin de trouver finalement un accord sur le budget ?
02:34Adrien Matou et Raphaël Steinville,
02:36Y a-t-il des risques d'obstruction ?
02:38Et notamment à gauche et du côté d'Elefi,
02:41je fais référence justement à cette sortie de Jean-Luc Mélenchon.
02:44Raphaël Steinville.
02:45Oui, avec Mélenchon qui a assuré
02:47qu'il censurerait ce gouvernement.
02:50Donc la pression est déjà mise sur les épaules
02:52de Sébastien Lecornu
02:53et de tous ceux qui s'attachent à essayer
02:56de construire un budget
02:58qui puisse faire l'objet d'un consensus.
03:00Mais c'est là où l'on voit que ce pari
03:02est presque impossible pour le Premier ministre
03:05parce que, on l'aura compris,
03:09un certain nombre d'obstacles s'opposent à lui.
03:12Il a déjà, pour pouvoir s'assurer
03:16une sorte de première survie politique,
03:18concédé à la gauche socialiste
03:20la réforme des retraites.
03:22Que peut-il aujourd'hui donner comme gage
03:25à la gauche pour finalement faire passer ce budget ?
03:30Oui, mais s'il ne fait pas ça alors, justement,
03:32s'il ne fait pas de concessions,
03:33on va encore vers le mur.
03:35Non, mais c'est pour ça qu'une loi spéciale
03:39sera peut-être la solution
03:42pour permettre à Sébastien Lecornu
03:45d'envisager l'avenir et un sursis à Matignon.
03:48Pour autant, ce n'est pas forcément
03:50une bonne nouvelle pour la France
03:53que d'en passer par une loi spéciale.
03:55Bien sûr.
03:56Pour quelles raisons ?
03:56C'est important que les auditeurs puissent comprendre.
03:59Parce que ça signifie qu'un certain nombre
04:02de dettes qui sont conditionnées
04:04justement au vote d'un budget,
04:05je pense notamment aux agriculteurs,
04:08ne pourront pas voir les sommes
04:11qu'ils espéraient être votées
04:14et donc qu'ils puissent récupérer
04:16ce qui avait été voté au Parlement.
04:18C'est juste un exemple.
04:19Mais on serait sur le budget
04:22de l'année précédente
04:23qui ne prend pas en compte l'inflation,
04:24qui ne prend pas en compte
04:25un certain nombre de changements.
04:28Et donc, ça serait pour beaucoup,
04:30notamment un certain nombre de contribuables,
04:32aussi une hausse de l'impôt sur le revenu.
04:35Et justement, vous parliez,
04:37Raphaël Steinville, de loi spéciale.
04:40Le ministre de l'économie,
04:41Roland Lescure, a évoqué
04:43qu'il n'y aurait pas d'année blanche généralisée.
04:46Il n'a pas dit qu'il n'y aurait pas d'année blanche,
04:49mais pas d'année blanche généralisée.
04:51C'est quoi la différence, Adrien Matou ?
04:53Alors, ça veut dire qu'on va faire
04:54de l'année blanche pour certains
04:56et pas pour d'autres, c'est ça ?
04:58Certains, ce qui est...
05:00Apparemment, les retraités,
05:01pour eux, ce sera l'année blanche.
05:02Ce qui est discuté,
05:03c'est qu'effectivement,
05:04il y a une formidologie derrière ça,
05:06c'est-à-dire que les minima sociaux
05:08type RSA,
05:09eux, seraient indexés sur l'inflation,
05:12tandis que des prestations plus onéreuses,
05:15on va dire,
05:16elles, pour le coup,
05:17ne seraient pas indexées
05:18et du coup, baisseraient mécaniquement.
05:19Je pose un pavé dans la mare,
05:22Adrien Matou et Raphaël Steinville.
05:24Il y a quelques années,
05:26j'ai souvenir d'Emmanuel Macron
05:28qui nous disait,
05:29les aides sociales,
05:30les pauvres restent pauvres,
05:32je ne fais que citer Emmanuel Macron,
05:34et je cite, pardon pour le mot,
05:36ça nous coûte un pognon de dingue.
05:38Voilà, Adrien Matou,
05:39ça va un peu à rebours, cette histoire.
05:41On ne va pas indexer les retraites,
05:43alors les plus hautes retraites, évidemment,
05:45mais on va continuer,
05:46c'était une supposition de votre part,
05:48mais je pense que vous avez raison,
05:49c'est la logique qui est là,
05:50mais on va continuer d'indexer
05:52sur l'inflation les minima sociaux.
05:54Comment on l'explique ça ?
05:55On l'explique par la simple arithmétique,
05:57ce qui coûte un pognon de dingue,
05:58statistiquement, à l'État,
06:00c'est beaucoup plus les retraites
06:01que les minima sociaux.
06:03400 milliards d'euros par an,
06:04422 de manière imprécise,
06:061 euro d'argent public sur 4,
06:07et j'ajouterais que les 30%,
06:11non pardon,
06:11les 10% des retraités les plus aisés,
06:13c'est 30% du montant total des pensions.
06:16Donc forcément,
06:16dès que vous voulez désindexer,
06:17ça fait de grosses économies,
06:19et on va dire que les dégâts sociaux,
06:21je vous prends un exemple abstrait,
06:23vous avez une pension de retraite
06:24à 4 500 euros,
06:25elle n'est plus indexée sur l'inflation,
06:27vous perdez en gros 80 euros par mois,
06:30ça a moins de dégâts sociaux
06:31que si, par exemple, le RSA,
06:33on arrête de l'indexer,
06:34et là, vous ne touchez plus 500,
06:36mais vous touchez 470.
06:37Je prends des chiffres approximatifs,
06:38mais vous voyez bien que pour un gouvernement
06:40qui doit prendre des décisions
06:41d'économie difficiles,
06:42c'est plus facile, entre guillemets,
06:45socialement,
06:45de tout simplement ne plus indexer
06:47les plus grosses retraites.
06:48Par contre, c'est pas facile politiquement.
06:50Raphaël Stenville là-dessus,
06:52un pognon de dingue,
06:53comme disait Emmanuel Macron,
06:54mais on va continuer d'indexer
06:55les minima sociaux
06:57et pas les retraites.
06:58Parce que politiquement et socialement,
06:59ce n'est pas supportable
07:00pour ce gouvernement,
07:01je pense que la rentrée politique
07:03va déjà être compliquée
07:04pour ce gouvernement
07:06au sein de l'Assemblée nationale,
07:08si d'aventure,
07:09et c'est déjà plus ou moins
07:11ce qui est en train de s'esquisser,
07:13les étudiants et d'autres
07:16sont dans la rue.
07:18C'est absolument une situation impossible
07:23pour Sébastien Lecornu.
07:27Je reviendrai sur l'éventuelle année blanche
07:31qui ne sera pas généralisée
07:32dans quelques minutes.
07:33Raphaël Stenville,
07:34mais vous me devancez,
07:36y a-t-il un risque de crise sociale ?
07:39On a vu qu'il y a un an,
07:40on avait très très peur
07:41du mouvement Bloquons-Tout,
07:42c'était en septembre,
07:43il y a eu quelques exactions dans la rue,
07:45ce n'étaient pas les Gilets jaunes
07:46ni l'apocalypse,
07:47mais il y a eu quand même
07:48quelques petits soucis.
07:50Avez-vous peur d'une crise sociale,
07:52d'un mouvement Bloquons-Tout,
07:53d'un mouvement Gilets jaunes bis,
07:55quasiment huit ans après désormais ?
07:58Ça fait partie des craintes, ça ou pas,
07:59Raphaël Stenville ?
08:00Je ne sais pas si c'est la résurgence
08:04d'un mouvement type Gilets jaunes
08:06que l'exaspération
08:07d'un certain nombre de corporations.
08:09Vous avez entendu, comme moi,
08:12les pompiers cet été,
08:14qui ont été en première ligne
08:17pour tenter de préserver
08:19nos forêts
08:20et un certain nombre de villes
08:22et habitations,
08:23qui ont exprimé
08:24toute leur souffrance
08:26qu'il a l'heure aujourd'hui
08:27et qui n'hésitent pas,
08:28en dépit des rencontres
08:30qu'il y a eues avec,
08:31notamment, le ministre de l'Intérieur,
08:33qui n'hésitent pas déjà
08:33à annoncer un mouvement social le 29,
08:36ils seront rejoints également
08:38par les policiers.
08:40Donc, il y a déjà les germes
08:42d'un mouvement social
08:43qui est en train de s'exprimer
08:45et dont on connaît déjà
08:46plus ou moins le calendrier.
08:47Dans ce que vous décrivez,
08:48il n'y a pas de risque sédicieux,
08:49Raphaël Stenville ?
08:50Non, non, on n'en est pas là.
08:52On n'en est pas là.
08:53Mais le gouvernement,
08:55aujourd'hui,
08:57ne peut pas être
09:00sur plusieurs fronts à la fois,
09:02sous peine d'être absolument bloqué
09:04dans la petite marge de manœuvre
09:06qui lui reste.
09:07Et le risque sédicieux...
09:08Adrien Batou ?
09:09Le risque sédicieux
09:10est quand même un peu désamorcé
09:11par la proximité de la présidentielle.
09:12Parce qu'on pourra dire
09:13à tout mouvement social
09:14« Écoutez, ça tombe bien,
09:15on a une élection qui arrive
09:16en avril et en mai
09:17pour trancher ces débats-là. »
09:19Vous pensez que ça peut
09:20en calmer certains, ça ?
09:22Oui, parce que ça fonctionne
09:24moins dans l'opinion.
09:25Imaginons que vous êtes
09:25juste un an après une élection
09:27et que la prochaine élection
09:28importante est dans 4 ans.
09:29Vous avez une incitation
09:30beaucoup plus grande
09:30à essayer de mettre
09:31la pression dans la rue
09:32que là où le verdict des urnes
09:34va quand même arriver à grands pas.
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