- il y a 1 semaine
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00:00– Bonsoir Robert Ménard. – Bonsoir, Sonia Mourouk.
00:04– Merci. Je vous permettez une petite introduction brève.
00:07Je tiens d'abord à vous remercier d'avoir accepté l'idée, tout simplement, de cette conversation.
00:11Alors, j'ai dit conversation franche et civique.
00:14Je précise que vous étiez déjà sur cette antenne l'an dernier, donc merci de poursuivre l'exercice.
00:18On dit souvent de vous, Robert Ménard, que vous parlez cash,
00:22que vous parlez comme beaucoup de français, c'est-à-dire sans éléments de langage,
00:25sans formule technocratique et mécanique.
00:27On dit aussi de vous que vous ne fréquentez pas trop les milieux parisiens,
00:33que vous êtes très attaché, évidemment, à votre terroir, à votre territoire.
00:36On dit aussi de vous que vous n'êtes pas là où on pense que vous allez être sur tel
00:40ou tel sujet.
00:40C'est cela aussi qui m'a intéressé, qui nous a intéressé.
00:43Bref, libre et disruptif, je vous propose que ce soit le ton de cette émission.
00:47– Merci. – Et avant de vous poser la première question, je vous le disais,
00:51trois journalistes, trois éditorialistes vont vous écouter avant de nous rejoindre tout à l'heure.
00:55Ce sera Rocaïa Diallo, qui est essayiste et chroniqueuse aux Guardianes.
00:59Anne-Sora Dubois, que vous avez vue tout à l'heure, qui est évidemment journaliste politique auprès de BFM.
01:04Et Bruno Jeudy, qui est à la fois à BFM et la tribune dimanche.
01:08Vous les voyez attentivement, ils vont suivre cet échange.
01:12Et chaque dimanche, je vais vous proposer, Robert Ménard, tout simplement de passer en revue les sujets
01:17qui ont marqué la semaine, des sujets politiques, des sujets sociaux, sociétaux, judiciaires.
01:22Et ça va peut-être vous surprendre pour cette première, mais je souhaite vous entendre sur un maire,
01:27comme vous, sur un élu, qui se trouve dans le viseur, dans le viseur du PNF.
01:31C'est le parquet national financier.
01:33Il s'agit du maire à la fille de Seine-Saint-Denis, M. Bali Bagayoko.
01:36Il est visé pour une enquête pour détournement de fonds publics pour son emploi à la RATP.
01:40Mais je vais préciser quand même que c'est le cumul présumé pendant plusieurs années de ses fonctions d'élu
01:45local
01:45avec un poste de cadre à la RATP qui fait l'objet d'une telle enquête.
01:50Sur le fond, qu'en pensez-vous ? Qu'en pense le maire et l'élu que vous êtes ?
01:55Plusieurs choses. Il y a la morale et puis il y a le droit. Pardon.
01:58Je rebondis sur ce que vous voulez dire exactement.
02:02Reprocher à un élu de cumuler un emploi à plein temps et à un poste d'adjoint, par exemple,
02:10puisqu'il était un poste d'adjoint. Ça me semble absurde.
02:12Chez moi, il y a des adjoints qui ont un travail à plein temps.
02:15Vous savez combien il touche un adjoint dans une ville de plus de 80 000 habitants, chez moi ?
02:19Entre 900 et 1000 euros.
02:21Tu ne peux pas demander à quelqu'un, ou sinon tu n'as que des retraités,
02:25tu ne peux pas demander à quelqu'un de vivre avec 900 ou 1000 euros.
02:29Donc ils cumulent. Et en plus, souvent les employeurs leur donnent la possibilité d'avoir des horaires aménagés.
02:36Ce n'est pas ça le problème. Ça, c'est la première chose.
02:38Pour dire que j'essaye d'être un peu honnête, je n'aime pas beaucoup ce qu'il dit et
02:43ce qu'il fait,
02:44mais je fais attention à ça.
02:45Oui, sur ça, je ne vois pas le problème.
02:47Cette sorte de cumul est nécessaire, salutaire.
02:50Sinon, tu réserves la politique à des gens qui sont des retraités,
02:55comme il y en a beaucoup dans les conseils municipaux.
02:58L'autre problème, c'est est-ce qu'ils travaillaient réellement ?
03:02Ça, c'est la vraie question, mais ce n'est pas la première.
03:05La vraie question, c'est est-ce que la RATP lui demandait,
03:08si tu es payé à plein temps, tu travailles à plein temps.
03:10Est-ce que c'est vrai ?
03:11Est-ce que la RATP fermait les yeux sur un emploi qui pourrait être un peu un emploi fictif ?
03:18On verra. C'est à ça qu'il faut répondre.
03:20J'ajoute que je ne vais pas faire de procès d'intention à la RATP,
03:24mais je pense qu'elle ne le fait pas que pour un élu comme ça,
03:27si jamais elle le faisait.
03:28Pardon, parce que je crois qu'il y a une façon d'être sympathique avec les élus
03:31quand on est de grosses administrations, de grosses entreprises, qu'on connaît.
03:36Ensuite, l'autre problème, c'est la morale.
03:39C'est-à-dire ?
03:40Attends, la morale.
03:41Tu ne peux pas faire des leçons au monde entier,
03:44et là, c'est un problème.
03:47Obtenir, quand tu as perdu le département,
03:50que ton indemnité à la ville, elle double.
03:52Ça, c'est dégueulasse.
03:53Bien, ça, c'est l'aspect moral.
03:55Ça existe, l'aspect moral.
03:56Attendez-moi.
03:57En plus, c'est des gens qui passent leur temps à te faire des leçons de morale.
04:01Moi, s'ils étaient des gens qui diraient
04:03« Mais la vie, c'est compliqué, je me débrouille comme je peux et tout ça. »
04:08Honnêtement, je pourrais l'entendre.
04:10Mais non, c'est des gens qui te traitent de facho quand tu n'es pas d'accord avec eux,
04:14qui pensent que tu es du côté de l'argent et eux du côté du quasi-bénévolat.
04:19Une fois de plus, je dis que ce n'est pas tout à fait vrai.
04:21D'ailleurs, certains disent de lui qu'il a le cœur à gauche et le portefeuille à droite.
04:24Mais je note quand même que si vous ne faites pas, Robert Ménard,
04:27de procès d'intention à la RATP,
04:29vous n'en faites pas non plus à Bali Bagayoko.
04:31On va voir sur la réalité de la fonction.
04:34Certains de ses camarades, pour le défendre,
04:37ont mis en avant le fait qu'il vienne des quartiers populaires,
04:40qu'il appartienne à la France insoumise,
04:41et qu'il soit, pardonnez-moi, noir.
04:44C'est ce qu'a dit Éric Coquerel.
04:45Ce sont ces trois caractéristiques qui ont expliqué que le PNF ouvre une enquête.
04:50– Madame, il se fout de notre gueule.
04:53Quand tu ne veux pas répondre à une question,
04:55tu trouves ce genre d'argument.
04:56Enfin, c'est une plaisanterie.
04:58C'est une plaisanterie.
05:00Parce qu'aujourd'hui, d'être de la France insoumise,
05:04ce serait par définition au noir sujet à des problèmes.
05:08Bien sûr que ce n'est pas vrai.
05:09Bien sûr que…
05:10Attendez, attendez, attendez.
05:11Je ne suis pas assez con pour penser que moi, je m'appelle Robert.
05:16En l'occurrence, vous appelez Sonia.
05:17Et Mohamed, à côté de moi,
05:20ce n'est pas plus compliqué pour lui que pour moi
05:22de trouver du boulot, de faire sa place dans ce pays et tout ça,
05:25ou dans son pays, puisque c'est son pays.
05:26– Oui, mais le parquet national financier,
05:28ça n'a rien à voir avec ça.
05:30Bien sûr que non.
05:31C'est se trouver des excuses,
05:35quitter le terrain de la réalité
05:37pour tout de suite sortir, vous savez, des drapeaux.
05:40– Oui, mais Robert Ménard,
05:40le parquet national financier, depuis un certain temps,
05:42il interroge aussi.
05:43Mais là, il interroge par rapport à ses visées supposées politiques.
05:47Tout simplement ça, on peut poser la question.
05:49Par rapport à certains élus,
05:50par rapport à certains responsables
05:52pendant la campagne présidentielle, etc.
05:54Ça, c'est autre chose.
05:55– C'est autre chose.
05:56Moi, vous me demandez,
05:57si le fait qu'il soit noir, ce qu'il dise,
06:00ça fait qu'aujourd'hui, on y cherche des noises pour ça ?
06:04Évidemment pas.
06:06Attendez, je vous dirais la même chose
06:08si c'était quelqu'un, des Républicains,
06:11quelqu'un, et Dieu sait que des problèmes,
06:13des embrouilles, il y en a eu avec un certain nombre d'élus.
06:15Moi, ce qui me fait,
06:16ce qui me paraît terrible dans cette histoire-là,
06:18c'est qu'une fois de plus,
06:19les types vont se dire,
06:21regardez, ils s'en foutent plein la poche et tout.
06:22Et je vous garantis que ce n'est pas vrai.
06:25Moi, je ne cesse de le dire.
06:26Je gagnais trois fois plus
06:28quand j'étais journaliste
06:29que quand je suis devenu maire de Béziers.
06:31Je gagnais évidemment plus.
06:33Alors, vous pouvez trouver aux politiques
06:35plein de défauts, et ils en ont.
06:37Moi, j'en ai, je dis des bêtises,
06:39je me trompe, peut-être que je,
06:41de temps en temps,
06:41je n'ai pas le courage de dire telle ou telle chose.
06:44Absolument.
06:44Mais, putain, pas pour l'argent.
06:46– Bon, c'est intéressant de vous voir,
06:48si je puis dire, en défense,
06:49tout en attendant, évidemment,
06:50le résultat de cette enquête du maire
06:52et les filles de Seine-Saint-Denis.
06:54Alors, Bali Bagayoko,
06:55on va évoquer un autre sujet,
06:58mais il est concerné par ce sujet
06:59parce qu'il a appelé, lui aussi,
07:00à une forme d'insurrection populaire,
07:03Robert Ménard,
07:04en cas de victoire du RN.
07:05Et depuis quelques jours,
07:06vous l'entendez,
07:06c'est une petite musique qui monte,
07:08celle d'appel à une forme
07:09de désopéissance civile
07:11en cas de victoire de Marine Le Pen,
07:14de Marine Tondelia,
07:15Mathilde Panot,
07:15en passant,
07:16et elle nous rejoindra tout à l'heure,
07:18par Rocaia Diallo.
07:20Écoutez ce petit florilège.
07:22Nous résisterons de toutes les manières
07:24qu'il faut, évidemment.
07:24Ça veut dire quoi résister ?
07:25C'est-à-dire que s'opposer
07:26de toutes les manières possibles.
07:28Vous savez, même la désobéissance,
07:29aujourd'hui, on la soutient.
07:30Ce que nous faisons,
07:31à ce moment-là,
07:32c'est, en ce moment,
07:34d'empêcher de toutes nos forces
07:35que l'extrême droite puisse gagner
07:36dans ce pays.
07:36En tout cas, moi, je me réclame,
07:38à titre personnel,
07:38de l'héritage de la désobéissance civile.
07:40Mais pas de l'insurrection, rassurez-me.
07:41Pas de l'insurrection,
07:42mais de la désobéissance civile.
07:43On a quand même,
07:44si on a le droit aujourd'hui
07:45en tant que femmes d'accéder à l'avortement,
07:46il y a des gens qui ont bravé la loi,
07:47qui ont avorté des femmes
07:49contre la loi.
07:50Et c'est de la désobéissance civile.
07:51C'est-à-dire que le manifeste des 343,
07:53dans les années 70,
07:54c'était des femmes
07:55qui ont déclaré publiquement
07:57être contrevenues à la loi.
07:59C'est intéressant, Robert Ménard.
08:00Vous entendez les arguments
08:01qui sont utilisés.
08:02Donc, on prend des arguments
08:04par le passé,
08:04avec des moments fondateurs,
08:06pour dire,
08:06eh bien, aujourd'hui,
08:07si je résume,
08:08la rhétorique révolutionnaire
08:09serait de dire
08:10pas de liberté
08:11pour ceux qu'on pense être
08:13les ennemis de la liberté.
08:14C'est vieux comme le monde,
08:15comme la révolution.
08:16Enfin, ils se foutent du monde.
08:18Rocaïa Diallo,
08:18je l'aime bien.
08:19En plus, j'ai compris
08:20qu'elle serait là tout à l'heure.
08:21Enfin, comparer les dames
08:23qui se battaient
08:23pour que, par exemple,
08:25l'avortement soit une pratique.
08:26Et moi, j'étais dans les mouvements
08:28pour faire ça,
08:29pour que les femmes aient droit
08:30à l'interruption de grossesse.
08:32C'est une chose.
08:33Là, c'est pas pareil.
08:34Ces espèces de bonhommes
08:35qui viennent te le donner
08:36une leçon démocratie
08:37tous les jours
08:38et qui t'expliquent
08:39« Ah, mais si c'est le RN,
08:41ce sera un vrai problème. »
08:43Et eux,
08:43ce ne serait pas un vrai problème.
08:44Imaginez une seconde.
08:46Juste, on imagine une seconde
08:47que le RN dise
08:49« Si Jean-Luc Mélenchon
08:51est président,
08:52on va foutre le bordel,
08:53on va faire la révolution. »
08:55Mais vous vous rendez compte,
08:55les éditorialistes,
08:57le monde entier,
08:58la classe politique,
08:59diraient « Regardez ces espèces
09:00de fascistes,
09:01ce qu'ils font ça. »
09:02Je vais vous raconter
09:03une anecdote
09:03pour ce double langage
09:06insupportable de ces gens-là.
09:07Quand j'ai été élu
09:08pour la première fois,
09:09maire,
09:10on m'a fait
09:11tous ces procès-là.
09:12Quand il serait maire,
09:13quand il serait maire,
09:14vous verrez,
09:14ce sera la charlie,
09:16le bordel,
09:17ça va être l'autoritarisme,
09:19le fascisme.
09:20Il manifestait,
09:21vous savez,
09:22à la chanson,
09:23vous savez,
09:24les loups sont rentrés
09:25dans Paris.
09:25La droite aussi,
09:26d'ailleurs.
09:27La droite et la gauche.
09:28Je suis élu maire.
09:29Il y avait ma maman
09:30dans la salle.
09:32Le doyen,
09:33ce jour-là,
09:34qui vous remet
09:35les chars tricolores,
09:37c'était un communiste.
09:38Vous savez qu'il a refusé
09:39de me remettre
09:39les chars tricolores.
09:40Le même type,
09:42et c'est eux, ça,
09:43le même type
09:44qui vient te faire
09:44une leçon de morale
09:46sur eux,
09:47ils sont démocrates
09:48et toi,
09:48tu ne l'es pas.
09:49Parce que le RN,
09:50écoutez,
09:51tout à l'heure,
09:52vous aviez un responsable
09:53du RN à ma place.
09:54moi, je ne peux pas
09:55être d'accord
09:56avec un certain nombre
09:57de choses qu'il dit.
09:57Et je peux le dire,
09:58je le dirai sans aucun problème.
10:00Mais enfin,
10:01il menace la liberté.
10:02Alors cet argument,
10:03justement,
10:03il a été repris
10:04puisque Marine Tondelier,
10:05quand elle est poussée
10:06dans ses retranchements
10:07et qu'on lui pose la question,
10:10est-ce que ses appels
10:11à la désobéissance,
10:12est-ce que c'est républicain ?
10:14Et elle dit,
10:14mais est-ce que Marine Le Pen
10:16ou le RN
10:17est un parti républicain ?
10:18Mais je t'en foutrais.
10:19C'est quoi un parti républicain ?
10:21Enfin,
10:22ils ne sont pas républicains.
10:23Pourquoi ?
10:24Moi,
10:24je n'ai jamais voté pour...
10:25C'est l'inverse,
10:26un parti qui serait factieux
10:28dans notre pays.
10:28Et un parti factieux
10:29serait interdit normalement.
10:31Attendez,
10:31le RN,
10:32il conteste les élections ?
10:33Non,
10:34c'est drôle
10:34parce que je vais me mettre
10:35à défendre le RN mordicus,
10:37mais là,
10:37il ne faut quand même pas rigoler.
10:38Vous êtes là,
10:39on ne vous attend pas forcément
10:39à chaque fois.
10:40Non, non, attendez.
10:41Tu peux leur reprocher
10:42tout un tas de choses
10:43sur l'économie.
10:44Je pense qu'ils disent
10:45des trucs qui ne sont pas bien
10:46pour notre pays et tout ça.
10:48Mais enfin,
10:49est-ce qu'une fois
10:49le RN,
10:51il a contesté les élections ?
10:53Est-ce qu'une fois
10:54le RN,
10:55il a appelé
10:55les gens
10:56à descendre dans la rue
10:57au lendemain
10:58d'une défaite pour eux ?
10:59Ils ne l'ont jamais fait.
11:01Je veux dire,
11:01tu ne peux pas leur reprocher ça.
11:03Quoi ?
11:03Alors,
11:04il y a 35%,
11:05c'est ça à peu près
11:06en ce moment,
11:06de gens qui votent pour eux.
11:07Il y a 35%
11:09de gens
11:09qui soutiennent
11:10des factieux,
11:11c'est-à-dire
11:11des gens
11:12qui sont prêts
11:13à contester
11:14le verdict des autres.
11:16Vous savez bien
11:16que ce n'est pas vrai.
11:17On sait,
11:17vous,
11:18moi,
11:18que ce n'est pas vrai.
11:19C'est des mensonges.
11:20Mais allons plus loin.
11:20Alors,
11:21Robert Ménard,
11:21pourquoi de tels appels ?
11:22Est-ce que vous estimez
11:23ou est-ce que ces appels
11:24sous-tendent que
11:25parce que le barrage républicain
11:26autrefois pourrait,
11:28je dis bien pourrait,
11:28on ne le sait pas,
11:30moins fonctionner cette fois-ci
11:31que dans ce cas-là,
11:32on érige une autre digue
11:33et qu'on l'appelle
11:35la désobéissance civile ?
11:36C'est le même raisonnement.
11:38Et c'est en plus
11:39la même chose
11:40que ce qui s'est passé avant
11:41parce que quand j'entends
11:42par exemple
11:43la gauche,
11:44vous savez,
11:44non-mélenchoniste,
11:45allez,
11:46ceux qui aujourd'hui
11:47nous expliquent
11:48jamais,
11:48jamais avec eux,
11:49on se retrouvera
11:50jamais.
11:51Je mets ma main
11:52à couper
11:53que demain,
11:54au nom de l'argument
11:56si le RN
11:57gagne les élections,
11:58ce n'est pas possible,
11:59c'est quelque chose
12:00qui menace la démocratie
12:01et tout,
12:02je mets ma main à couper
12:04qu'ils voteront
12:05pour Mélenchon.
12:05M. Glucksmann
12:06qui se pose
12:07en candidat
12:08anti-Jean-Luc Mélenchon,
12:10M. Gage
12:10qui lui-même
12:11avait dit
12:12qu'il a été résumé
12:13à son statif juif
12:14par Jean-Luc Mélenchon,
12:15vous les imaginez
12:16donc dans quelques mois
12:17s'en ranger derrière
12:18le leader insoumi ?
12:18Ce n'est pas que je les imagine,
12:20c'est que je suis sûr
12:21qu'ils le feront.
12:22Mais attendez,
12:22mais pas que.
12:23Vous entendez
12:24Édouard Philippe.
12:25Édouard Philippe,
12:26c'est surtout pas Mélenchon.
12:28Mais attendez,
12:29aux dernières élections,
12:30aux dernières élections
12:33législatives,
12:33il a appelé à voter
12:35pour qui au deuxième tour ?
12:37Lui, au Havre.
12:38Pour un candidat communiste
12:39qui a été élu d'ailleurs,
12:41qui était soutenu par qui ?
12:42Par les mêmes.
12:44Enfin, vous rigolez,
12:45ils sont tous pareils.
12:47C'est-à-dire que...
12:47Et une partie de la droite,
12:48je vous le lis tout de suite,
12:50une partie de la droite
12:50de la même façon.
12:51Ils détestent à ce point
12:53le Rassemblement national.
12:54Tu as le droit.
12:55C'est leur droit.
12:56Et c'est tout à fait...
12:57Oui, mais attendez,
12:58mais moi je vais...
12:59Mais ce que moi je vais vous dire...
13:00Vous dénoncez un manque
13:01de cohérence.
13:02C'est-à-dire,
13:02on ne peut pas s'opposer
13:04le Parti Socialiste ou d'autres
13:05comme l'anti-Mélenchon
13:06et puis quelques mois après
13:07dire au nom du Rassemblement
13:10et pour lutter,
13:10disent-ils,
13:11contre le danger
13:11de l'extrême droite.
13:13Alors, on est derrière
13:14Jean-Luc Mélenchon.
13:14Est-ce que moi,
13:15je vais vous dire ici...
13:17Est-ce que je vais vous dire
13:17M. Mélenchon est un tel danger
13:20que je ne le reconnaîtrais pas
13:21président de la République
13:23s'il était élu ?
13:24Je ne crois pas.
13:24Je crois que c'est un républicain
13:25et que c'est un vote populaire.
13:27Mais on ne peut pas au moins
13:27s'entendre là-dessus.
13:29Dans ce pays,
13:29on est toujours à la veille
13:30des guerres civiles.
13:31Vous avez remarqué,
13:32c'est une espèce
13:32de culture nationale.
13:34Attendez, moi,
13:35je pense le plus grand mal
13:36de la France Insoumise.
13:38Je n'appellerai pas les gens
13:39à se soulever
13:40si demain,
13:41si demain,
13:42la France Insoumise gagne.
13:44Et puis peut-être,
13:45peut-être,
13:45que j'ai une expérience
13:46qu'un certain nombre
13:47de ces gens-là,
13:48non pas.
13:48C'est-à-dire ?
13:49J'ai été le patron
13:50de Reporters Frontières
13:51pendant plus de 20 ans.
13:52Les guerres civiles,
13:53pardon,
13:54je pense,
13:55je ne suis pas le seul ici
13:55à savoir ce que c'est.
13:57Je vous regarde dans les yeux.
13:59la pire des choses.
14:01La pire des choses.
14:02Et les gens qui pensent
14:04que pour battre un ennemi,
14:06ça se ferait au prix
14:08de ce qui est la pire des violences
14:10chaque fois que ça se produit,
14:12ça ne me vient même pas à l'esprit.
14:13Ce sera intéressant,
14:14vraiment, Robert Ménard,
14:15de vous entendre tout à l'heure
14:15avec Anne-Sora Dubois,
14:17avec Bruno Jeudy
14:17et avec Rocaïa Adiallo
14:19parce qu'elle,
14:19elle estime que c'est pour,
14:21justement,
14:22contrer cette guerre civile
14:23et que ce serait
14:23un acte de résistance.
14:25Donc, on verra tout cela.
14:26Mais la question est de savoir,
14:27en cas de victoire
14:29du Rassemblement National,
14:30s'il pourra décliner son programme.
14:32Je prends un exemple précis.
14:33C'est Jordan Bardella
14:34qui l'a annoncé hier
14:35sur notre antenne.
14:36Il parle de ce référendum
14:37sur l'immigration.
14:39On va l'écouter
14:40et puis après,
14:40on va parler des conséquences
14:41d'une telle décision.
14:44Nous allons soumettre aux Français
14:46un texte,
14:47un projet de loi
14:48qui leur conviendra
14:50d'approuver par référendum.
14:52Nous leur proposerons
14:53la suppression du droit du sol.
14:55Nous leur proposerons...
14:56Surtout le territoire national.
14:58Oui.
14:58Pas uniquement à Mayotte,
14:59par exemple.
15:00Non, non, oui, madame.
15:00La suppression...
15:01Le droit du sol
15:02est une exception en Europe.
15:03Vous avez beaucoup de pays
15:03comme l'Italie, par exemple,
15:05qui n'ont pas le droit du sol
15:06et ce sont des grandes démocraties
15:07qui se portent très bien.
15:08La suppression pure et totale,
15:10pas uniquement liée
15:11à une condition de durée
15:12sur le territoire français ?
15:13La suppression du droit du sol.
15:14L'expulsion systématique
15:16des délinquants
15:17et des criminels étrangers.
15:18La priorité nationale
15:20donnée aux Français
15:20dans les aides sociales.
15:22Et ce midi,
15:23Dominique de Villepin
15:24a répondu.
15:25Il a dit
15:25que ce n'est pas possible.
15:26Ce serait changer
15:27de constitution,
15:28changer de la nature,
15:30finalement,
15:30presque,
15:31de notre constitution
15:32et changer de pays,
15:33a-t-il dit.
15:34Donc la question,
15:35est-ce que ce qui est dit là
15:37est vraiment faisable ?
15:39Il y a deux questions là.
15:40Est-ce que c'est une idée
15:43acceptable ?
15:44Pardon,
15:44je ne sais plus qui disait.
15:46La moitié,
15:47plus de la moitié
15:47des pays aujourd'hui
15:49de l'Union européenne,
15:50il n'y a pas le droit du sol.
15:51Donc ça veut dire que ça,
15:52on peut vivre sans ça.
15:53Vous avez compris,
15:54ce n'est pas une monstruosité,
15:55ce n'est pas l'enfer,
15:57ce n'est pas un choix français,
15:59mais ça existe ailleurs
16:00et c'est des démocraties
16:02et les autres.
16:02Donc ce n'est pas un problème.
16:04Est-ce que c'est possible ?
16:05Là, honnêtement,
16:06ça touche
16:09mon niveau
16:10d'incompétence.
16:12Est-ce qu'aujourd'hui,
16:13le Conseil constitutionnel,
16:16un référendum
16:17sur un sujet
16:18comme ça
16:18est possible ?
16:19Et tout ça,
16:19je n'en sais rien.
16:21C'est bien de dire
16:21quand on ne le sait pas,
16:22on verra.
16:23Ce que j'ai entendu ici et là,
16:25j'ai entendu des sons de cloche
16:26tellement différents
16:27que je me garderais bien
16:28de trancher.
16:29Est-ce qu'aujourd'hui,
16:30le RN le fait
16:31en se disant,
16:33vous savez,
16:34de toute façon,
16:34ils se disent dans leur tête,
16:36ça ne pourra pas se faire,
16:37donc on peut toujours faire
16:38une promesse comme ça ?
16:39Il y a plein de partis politiques
16:40qui le font.
16:41Regardez,
16:42tout à l'heure,
16:42il parlait de l'immigration.
16:48Et sur l'immigration,
16:52ce qu'il dit.
16:53Attendez,
16:54j'entendais tout à l'heure
16:55votre invité.
16:56Jean-Philippe Tanguy,
16:58l'invité de Marc Fauvel et Marie-Centré.
16:59Par exemple,
17:00qu'une espèce d'immigration zéro
17:03serait possible,
17:04ce n'est pas vrai.
17:04Vous vous dites que c'est un mythe,
17:06l'immigration zéro.
17:07Madame,
17:08vous êtes allée dans un hôpital ?
17:09Hélas, oui.
17:10Oui,
17:11pour des bonnes nouvelles,
17:12mais aussi pour des bonnes choses,
17:13des choses plus compliquées.
17:15Vous avez vu le nombre de médecins
17:16qui sont des médecins,
17:17qui sont des gens venus
17:20d'Europe de l'Est
17:21ou des pays du Maghreb,
17:22et on peut s'en passer ?
17:24Évidemment pas.
17:26Mais là encore,
17:26est-ce qu'on ne pourrait pas arrêter,
17:28vous savez,
17:29noir et blanc ?
17:30Pourquoi on ne fait pas simplement
17:31ce qui, moi, me semble,
17:33le béaba dire ?
17:34Alors,
17:35chaque année,
17:36on a besoin de tant de gens
17:38dans telle profession
17:39qu'on n'arrive pas à trouver ici et tout.
17:41On va demander au Parlement
17:42de voter ça.
17:43On ne pourrait pas s'entendre
17:44sur trois ou quatre choses comme ça.
17:46Non.
17:46Vous savez que le sujet
17:47est tellement inflammable
17:48entre ceux qui estiment...
17:50Vous croyez que les Français,
17:51ils pensent...
17:52Vous croyez réellement
17:54qu'on va demain
17:56demander à toutes les femmes
17:58dans l'espace public
17:59de se dévoiler ?
18:00Vous le croyez ?
18:01C'est la proposition
18:02d'interdire le voile
18:03qui a été porté par le Rassemblement
18:04Vous croyez réellement
18:05que c'est faisable ?
18:06Peut-être que j'ai appris ça
18:07comme mère.
18:08Peut-être que comme mère...
18:09Vous l'imaginez
18:10dans votre ville de Bésiers ?
18:11Mais bien sûr que non, madame.
18:13Mais qui va aller le faire ?
18:14Mais vous ne croyez pas
18:15que ça va se faire ?
18:16Ça peut se faire.
18:17Moi, je suis pour qu'à l'université,
18:18ce soit le cas.
18:19Je suis, par exemple,
18:20pour que les gamines
18:21de moins de 13 ans...
18:22Pourquoi je choisis 13 ans ?
18:23Vous savez,
18:23parce que c'est
18:24l'irresponsabilité pénale.
18:26De 13 ans,
18:26on leur dit...
18:27Parce que ce n'est pas
18:27elles qui l'ont choisi.
18:29C'est leurs parents
18:29à moins de 13 ans
18:30puisqu'on dit
18:31qu'il y a une irresponsabilité pénale.
18:33Oui, mais aujourd'hui,
18:34il ne faut pas faire
18:34des propositions comme ça, madame.
18:36On ne le fera pas.
18:37Et le pire,
18:38ce n'est pas simplement
18:39de faire une promesse
18:40qu'on ne fera pas,
18:41c'est que les Français
18:42ne sont pas suffisamment abrutis
18:44pour continuer à croire
18:46qu'un certain nombre de choses
18:47qu'on leur dit
18:47dans cette période électorale,
18:49on va le faire.
18:50Vous croyez que les gens y pensent ?
18:52Vous avez vu toutes les mesures ?
18:54Mais tout le monde,
18:55en ce moment,
18:55je suis atterré par ça.
18:56Tout le monde ne fait
18:57que des promesses,
18:58mais non de dire
18:59où tu fais les économies ?
19:00Oui, c'est ce qu'on attend.
19:01Alors on va faire
19:02100 millions d'économies.
19:03Mais où, concrètement,
19:05on ne va pas réunir ?
19:06On va enlever
19:07un certain nombre de fonctionnaires.
19:08On ne va pas renouveler
19:09un certain nombre de fonctionnaires.
19:10Où exactement ?
19:11Oui, mais Robert,
19:12on va rentrer dans le vif du sujet.
19:13Faites-nous confiance,
19:14si je puis dire.
19:15On posera toutes ces questions.
19:16Je n'ai pas dit...
19:17Ce n'est pas un crime de laisse-mâcher.
19:19Je n'ai pas dit
19:19que vous n'alliez pas les poser.
19:20Mais vous avez entièrement raison.
19:21Mais pourquoi ce flou ?
19:22Pourquoi est-ce qu'ils entretiennent
19:24ce grand flou aujourd'hui, tous ?
19:25Mais parce que la politique,
19:28le drame de la politique,
19:29mais moi, je le vois,
19:30c'est notre difficulté
19:32à dire des choses
19:33qui sont difficiles à entendre.
19:36Les gens,
19:38Madame Mabrouk,
19:39les gens chez moi,
19:39mais comme ailleurs,
19:41c'est difficile.
19:42Ni vous, ni moi,
19:43nous avons de fin de mois difficile.
19:45Moi, je me suis...
19:46Attendez,
19:47je ne pense pas
19:47que vous vous demandiez
19:49si vous êtes à 20 euros
19:50à la fin du mois.
19:51Vous savez,
19:51dans la nuit du 4 au 5
19:53de chaque mois,
19:54il y a sur...
19:56À la poste,
19:57on donne les aides différentes,
20:00le RSA et tout.
20:01Vous avez vu les queues
20:02qu'il y a devant les distributeurs
20:03les nuits
20:04entre le 4 et le 5 ?
20:06Les distributeurs.
20:07Et vous ne pouvez pas...
20:08Et dire...
20:09Dire...
20:10Et c'est ça,
20:10le drame de la politique
20:11et j'espère que moi,
20:12il n'y a aucun qui me convainc
20:13pour ça.
20:14Comment dire des choses
20:16difficiles
20:17en les faisant
20:19comprendre aux gens ?
20:20Ces choses difficiles,
20:22elles nécessitent du courage,
20:24elles nécessitent la volonté
20:24de dire la vérité
20:26et puis peut-être pas
20:26d'aller vers la caricature.
20:28Pourtant,
20:28on entend des mots
20:29qui peuvent peut-être sonner
20:31auprès,
20:32dans l'oreille
20:32de certains Français
20:33parce qu'on entend
20:34en ce moment
20:34les super-riches,
20:36les méga-héritages,
20:37les super-héritages,
20:38la grande transmission.
20:40On va écouter
20:41Raphaël Glucksmann
20:42sur ce sujet
20:42et vous me direz
20:43à qui il s'adresse ?
20:45Est-ce que véritablement,
20:45on est en train
20:46d'entretenir une sorte
20:47de lutte des classes
20:48qui était héritée
20:48de notre histoire
20:49ou est-ce qu'il y a
20:51une soif d'égalité
20:52voire même d'égalitariser
20:54dans notre pays ?
20:54Écoutons-le.
20:56Nous sommes en train
20:56de devenir une société
20:58d'héritiers et de rentiers
20:59et qu'il faut
20:59que le salaire augmente
21:01en France,
21:02qu'il faut que les travailleurs
21:03vivent mieux
21:03du produit,
21:04de leur travail.
21:06Et donc, oui,
21:06c'est logique
21:07que les méga-héritages
21:09contribuent plus
21:10à la solidarité
21:11et que ça nous permette
21:12d'offrir aux travailleurs
21:15une augmentation salariale.
21:17Depuis dix jours,
21:18je fais souvent attention
21:19à la rhétorique.
21:20Au choix des mots,
21:21je trouve que ça dit
21:22tout de la politique.
21:25Donc, super-riches,
21:27méga-héritages,
21:28grande transmission,
21:29comme si c'était une manne.
21:30Mais peut-être.
21:30Est-ce qu'aujourd'hui,
21:32le rentier héritier,
21:34c'est l'autre nom
21:36du privilégié,
21:37de celui qu'il faut...
21:39D'abord,
21:39il confond tout.
21:40Moi, je peux être d'accord,
21:42évidemment,
21:42en disant,
21:43tu prends ta feuille de salaire,
21:44je suppose que vous avez
21:45une feuille de salaire
21:46coupe-moi,
21:46tu ne regardes jamais en haut.
21:48En général,
21:48tu regardes en bas
21:49pour voir ce que tu touches
21:50réellement.
21:50Et si tu as la curiosité,
21:52on l'a quand même,
21:53de regarder la différence
21:54entre ce qu'il y a en haut
21:55et ce qu'il y a en bas,
21:55tu te dis,
21:56putain,
21:56comment c'est possible
21:57et où va cet argent ?
21:58Ça, c'est une chose.
22:00Ensuite,
22:01il y a l'héritage.
22:02Moi, je ne suis pas sidéré.
22:04Je suis sidéré,
22:04vous ne le savez pas.
22:05Sur l'héritage,
22:05sur un autre truc.
22:06Je suis...
22:08Vous avez des impôts sur...
22:10Vous achetez une maison.
22:11Je ne sais pas si vous avez
22:11acheté une maison.
22:12Moi, j'ai acheté une maison.
22:13Tu achètes une maison,
22:14vous avez des enfants,
22:14j'ai des enfants.
22:15Tu l'achètes pour toi,
22:16mais tu l'achètes aussi
22:17pour tes enfants.
22:18D'abord, bien sûr.
22:19Toute la vie,
22:20tu vas payer
22:21des impôts là-dessus.
22:22Et quand tu meurs,
22:23au lieu de pouvoir donner,
22:25parce que tu n'as pas besoin
22:26d'être super riche,
22:27au lieu de pouvoir donner
22:28la maison à vos filles
22:30et moi,
22:31à mes enfants,
22:32on va encore taxer
22:34nos enfants
22:34qui, parfois,
22:35sont obligés
22:36de revendre
22:37leur maison
22:37parce qu'ils n'ont pas
22:38de quoi la payer.
22:39Et ensuite,
22:40il y a le troisième volet,
22:41la rhétorique sur les riches.
22:43Mais c'est un truc,
22:45comment vous dire ?
22:45J'essaie de peser mes mots,
22:46je ne suis pas très bon pour ça.
22:48Non, me dites les choses,
22:49sincèrement.
22:50Je vais vous dire.
22:50On a promis une conversation franche.
22:53C'est jouer sur les...
22:57Vous savez ce qu'on disait,
22:58les passions tristes,
22:59la jalousie.
23:00Vous vous macronisez,
23:01c'est son expression.
23:02Non, mais ça existe.
23:03La jalousie.
23:04Moi, j'ai des copains
23:05qui sont très riches.
23:06Parce que dans la vie,
23:07je les ai rencontrés et tout.
23:09Mais je suis heureux pour eux.
23:11Attendez, madame.
23:13Heureusement qu'ils sont là,
23:14qu'ils trouvent du travail
23:16à des gens et tout ça.
23:17Je ne suis jamais
23:19dans cette jalousie
23:20ou dans cet aigreur d'estormes.
23:21Vous pensez que c'est
23:22une passion française ?
23:23Attendez,
23:24la Révolution nous a donné
23:25l'occasion de le voir.
23:26Et je crains,
23:27je ne sais pas,
23:28je ne crois pas,
23:29j'espère que non,
23:30mais ces propos-là,
23:32ils jouent là-dessus.
23:33Ils jouent,
23:33vous savez,
23:34ah oui, ton voisin,
23:35il a une bagnole
23:36plus belle que toi.
23:37Moi, j'ai vécu
23:38beaucoup aux Etats-Unis
23:39parce que je suis allé
23:40beaucoup aux Etats-Unis
23:41quand je n'étais pas
23:41trop grand pour ça.
23:42Les gens,
23:43tu changes de bagnole,
23:45ils te disent
23:45ah, elle est super
23:47ta voiture et tout ça.
23:48autre état d'esprit.
23:49Ah oui, mais
23:50ils se l'aient payé
23:51la voiture et tout.
23:51Mais il ne faut pas,
23:52madame,
23:53c'est comme ça,
23:54on ne va pas alimenter ça.
23:55Moi, j'ai envie
23:56d'alimenter les choses
23:57bien chez mes compatriotes,
23:59j'ai envie d'alimenter
24:00leur capacité.
24:02Chez nous,
24:03il y a eu des tornades
24:04où les gens,
24:05moi, j'ai vu une vieille dame
24:06qui faisait la circulation
24:07le soir
24:08parce que des arbres
24:09étaient tombés.
24:10Elle, j'ai envie de dire
24:11madame,
24:12vous avez été formidable
24:12plutôt que de dire
24:13à l'autre qui dit
24:14ah ouais,
24:15le mec, il garde ça,
24:15regarde la bagnole
24:16qui s'est achetée,
24:17je me demande comment
24:17il se la paye.
24:18Je n'ai pas envie
24:18d'acquiescer à ça.
24:19Et pourtant,
24:20c'est une partie
24:20de notre campagne.
24:21J'entends que sur l'héritage,
24:22vous dites quand même
24:23que c'est un impôt
24:23d'outre-tombe quelque part.
24:25Vous ne pensez pas ça, vous ?
24:26Ça touche à un moment
24:27en plus particulier de la vie.
24:29Donc c'est vrai
24:29que ça touche
24:30à la fête,
24:31à l'intime.
24:32Tu penses que tu veux
24:32que cette maison
24:34qui est ta maison
24:35où tu as été petit et tout,
24:38elle doit revenir à toi.
24:40Je ne comprends pas
24:41qu'on fasse ça.
24:42Mais en même temps,
24:43attendez,
24:43une fois que j'ai dit ça,
24:44il faut juste,
24:45si je ne veux pas être démago
24:47comme je le reproche à d'autres,
24:48que je dise ça,
24:49faire ça,
24:50ça voudrait dire
24:50qu'on perd tant de recettes
24:53et ces recettes perdues,
24:55on va le faire.
24:56Non, parce que là,
24:57attendez,
24:57sinon je suis un démagogue de plus
24:59qui vous dit
24:59on va faire ça pour faire plaisir.
25:00Vous n'êtes pas pour la suppression
25:01de tout l'impôt
25:02sur la succession en ligne directe ?
25:04Non, non, non.
25:05Je crois que c'est le David Lissnard,
25:06mais je vais vérifier.
25:07Je ne suis pas d'accord avec lui.
25:08Il est pour la suppression
25:10de l'impôt
25:11sur la succession en ligne directe.
25:13Non, oui, attendez,
25:13mais pas n'importe quel montant.
25:15Moi, attendez, pardon,
25:17moi, je ne suis même pas
25:19si je suis de droite.
25:20J'ai plein de copains à droite
25:21aujourd'hui et tout,
25:22je vote à droite aujourd'hui.
25:24Mais attendez,
25:25je pense qu'aujourd'hui,
25:26je vais vous le dire,
25:27aujourd'hui,
25:29ceux qui nous disent à droite
25:30qu'on pourra faire des économies
25:33sans augmenter aucun impôt
25:35et en particulier
25:36les impôts sur les plus riches
25:37sont des menteurs.
25:40Eux aussi,
25:41autant démagogues que la gauche.
25:42Parce que ce n'est pas vrai.
25:44On pourra faire des économies,
25:45mais les économies,
25:46on va mettre longtemps
25:47pour les faire
25:48sur un certain nombre de choses
25:49et tout ça
25:49et il faudra augmenter
25:51un certain nombre d'impôts.
25:53Et je pense qu'il faudra
25:53augmenter sur ceux
25:54qui gagnent le plus d'argent.
25:55Et honnêtement,
25:56ça ne me scandalise pas du tout.
25:58Justement,
25:58parce que je parlais
25:59de David Lissnard,
25:59lui, il veut,
26:00il persiste et signe,
26:01Robert Ménard,
26:02sur la nécessité
26:03d'une primaire
26:04de la droite et du centre.
26:05Bruno Rotaillot
26:06a expliqué sur notre antenne
26:07qu'il n'était pas maintenant
26:08absolument contre.
26:10Écoutons-le.
26:12Je n'ai jamais eu
26:14d'opposition,
26:14de principe à la primaire.
26:16Simplement voyant
26:18les uns et les autres
26:19pour ou contre le principe,
26:20les uns et les autres,
26:22ceux qui voulaient une primaire
26:23jusqu'à Mme Knafot,
26:25ceux qui n'en voulaient pas,
26:26ceux qui, etc.
26:27Mais écoutez,
26:27moi, je ne perds pas mon temps,
26:29je travaille sur le fond.
26:30Croyez-moi,
26:31la compétition,
26:32ça ne me fait pas peur.
26:33Simplement,
26:34aujourd'hui, regardez,
26:35Edvard Philippe n'en veut pas.
26:37Alors, dites-moi
26:37si je me trompe.
26:38Honnêtement,
26:39je l'aime beaucoup.
26:40C'est quand ça commence
26:41comme ça, mais...
26:42Non, non, non.
26:44En général, tu dis ça.
26:45Enfin, là,
26:46il se fout de nous.
26:47Vous voulez toujours
26:48la primaire.
26:49Il était contre.
26:50Il était contre.
26:51Mais pourquoi il ne dit pas
26:51j'ai changé d'avis ?
26:53Bien sûr qu'il a changé d'avis.
26:55Vous croyez sur la pression
26:55des sondages ?
26:56Oui, parce que les sondages
26:57ne sont pas terribles.
26:58C'est un type qui a...
26:59Honnêtement,
27:00je pense que vous avez
27:01plutôt de la sympathie
27:02comme je peux en avoir.
27:03C'est un type honnête.
27:04C'est un honnête homme.
27:05Non, je ne vais pas vous demander
27:06pour qui vous...
27:08Certainement pas.
27:08On peut être d'accord
27:09au moins pour dire
27:10que c'est un honnête homme.
27:11Et c'est un monsieur cultivé.
27:13C'est un monsieur
27:13qui a des convictions.
27:14Enfin, c'est un type bien.
27:15Mais la question n'est pas là.
27:16Est-ce que sous la pression politique,
27:17il est allé vers la primaire ?
27:18Mais moi,
27:19ce qui m'interroge,
27:19Robert Ménard,
27:20c'est vous.
27:21Que vous soyez pour cette primaire
27:22de la droite et du centre
27:23parce qu'une partie,
27:24peut-être de ceux
27:25qui nous regardent,
27:26de cet électorat de droite,
27:27dit mais non.
27:28Mais nous,
27:29on ne veut pas
27:29de ce système
27:30qui était au pouvoir
27:31et qui veut se maintenir
27:32coup de coucoute
27:32et qui revient
27:33par la porte de la primaire.
27:34Et que ce soit Robert Ménard
27:36qui le propose,
27:38c'est étonnant.
27:38Non, non, attendez.
27:39D'abord, vous allez vite en besogne.
27:41Je suis plus dubitatif que ça
27:42pour exactement la même raison
27:44que vous avez.
27:44À la fois, je trouve
27:45que ça pourrait être
27:46un système pour départager.
27:47Pas plus con qu'un autre.
27:49Mais en même temps,
27:50attendez,
27:52entre Rocaia Diallo,
27:54qui est de gauche
27:58et qui, je peux prendre,
28:00un autre type de gauche,
28:02ne citez pas de nom en ce moment.
28:04Ils ne pensent pas
28:04la même chose.
28:05Est-ce qu'aujourd'hui,
28:07tu as envie, moi,
28:08je pense un instant
28:09que la France a besoin
28:11de quelqu'un comme...
28:13Je prends Edouard Philippe,
28:14mais je n'ai rien,
28:14je ne vais pas...
28:17Non, non, mais...
28:17Personne ne vous convainc.
28:19Vous l'avez dit tout à l'heure.
28:20Donc, vous pouvez y aller.
28:21Honnêtement,
28:22il y a 82% des Français
28:24qui sont en colère.
28:25Ce n'est pas moi qui le dis.
28:26Il y avait un,
28:26je ne sais plus où il était,
28:27le sondage, là.
28:28Et tu vas leur dire
28:31qu'Atal
28:32ou le maire du Havre,
28:35c'est une rupture.
28:37Enfin, tu ne peux pas
28:38l'imaginer une seconde.
28:39Je précise que Bruno Jody,
28:40Rocaïa Diallo
28:41et Anne-Saura Dubois
28:42nous ont déjà rejoints.
28:43Moi, je parle aux gens
28:45qui n'ont pas...
28:46J'en pense rien,
28:47trop rien de...
28:49Ils l'ont eu quand même
28:50pendant trois ans,
28:50ministre.
28:52Premier ministre.
28:53Et l'autre...
28:53C'était il y a longtemps.
28:55Robert Ménard.
28:56En fait, tu rigoles.
28:56Attendez,
28:57vous avez déjà engagé
28:58la conversation.
28:59Comment tu peux bien
29:00il y a longtemps ?
29:01Elle est vraiment
29:01un bâton ou un peu
29:02cette conversation.
29:03Il n'y a pas assez longtemps.
29:04Il le sait d'ailleurs,
29:05Edouard Philippe,
29:06il n'y a pas assez longtemps.
29:06Monsieur Ménard.
29:07Il disait sur Mayotte,
29:09tu prends l'exemple de Mayotte,
29:11exactement le contraire
29:12quand il était
29:13Premier ministre.
29:14Alors, il faut arrêter
29:15de se foutre du monde.
29:16Tu ne peux quand même
29:17pas te dire...
29:18Lui, c'est...
29:18Donc, je finis ça.
29:20Tu ne peux pas te dire...
29:20On peut changer d'avis.
29:22Attendez,
29:22Robert Ménard.
29:23Laissez-moi poser le cadre.
29:25Mais tu le dis.
29:26On est ce grand patient
29:27d'y être parmi...
29:28On va vous laisser
29:29tout le temps.
29:29C'est à vous d'ailleurs.
29:30Mais tu dis,
29:31j'ai changé d'avis.
29:32Moi, je ne lui reproche pas.
29:33Moi, je change d'avis.
29:34Comme maire,
29:35j'ai appris plein de choses
29:36et je ne pense pas
29:37les mêmes choses
29:38qui en disant...
29:39Mais un, tu le dis.
29:40Tu dis,
29:41j'ai dit des conneries
29:42sur ma yacht
29:42quand j'étais Premier ministre.
29:44Je pense qu'aujourd'hui,
29:45ce que j'ai dit
29:46a été faux.
29:48Et c'est pour ça...
29:48Mais pourquoi tu ne le dis pas ?
29:50Ils n'ont jamais
29:51dit une bêtise.
29:52C'est insupportable.
29:53Robert Ménard.
29:53Nous avons eu
29:54une conversation...
29:56Franche.
29:56J'en suis convaincue.
29:58On va là poursuivre.
29:59Je le disais
30:00à nos téléspectateurs.
30:01Je vous remercie.
30:02Chaque dimanche,
30:02vous serez là.
30:03Ça fait évidemment
30:05événement
30:05en cas de force majeure.
30:06Mais merci de nous consacrer
30:07vos dimanches.
30:09Conversation civique,
30:10franche,
30:10on se dit tout,
30:11si je puis dire.
30:12Et puis,
30:13des journalistes,
30:14des historialistes
30:14vont nous rejoindre.
30:15C'est le cas avec
30:16Rocaya Diallo,
30:17que je salue de nouveau,
30:18Bruno Jeudy
30:19et Anne-Sora Dubois.
30:20Je trouvais que c'était intéressant
30:22qu'ils vous challengent,
30:23qu'ils poussent davantage
30:24sur certains sujets.
30:25Je vois déjà
30:26que la mayonnaise a pris,
30:27si je puis dire,
30:28la conversation.
30:29Anne-Sora Dubois,
30:29vous avez écouté attentivement,
30:31vous avez vu depuis tout à l'heure.
30:32Qu'est-ce qu'il y a tout de suite ?
30:33Qu'est-ce qui vous a le plus interpellé ?
30:35Il y a eu un sujet
30:36sur la désobéissance civile.
30:37Vous avez un rendez-vous
30:39noté dans votre agenda
30:40le 30 septembre.
30:41Vous allez comparer
30:41pour avoir refusé
30:42de célébrer le mariage
30:43d'un Algérien
30:44qui était sous OQTF.
30:46C'est une forme de désobéissance.
30:47C'est quoi les critères
30:48de la désobéissance civile
30:50acceptables pour vous ?
30:51Je sais.
30:53Permettez-moi de savoir
30:54mes contradictions personnelles
30:55et j'en ai un certain nombre.
30:57Ok.
30:57Non mais attends,
30:57c'est pour ça
30:58que quand Rokhaya Diallo
30:59parlait des femmes
31:01qui se sont révoltées
31:02contre la loi
31:03parce qu'elles ne pouvaient pas...
31:04Qui ont commis des actes illégaux.
31:06Non, non mais attends.
31:06Donc il y a des désobéissances
31:08qui sont acceptables,
31:10voire souhaitables.
31:11Oui, moi je pense
31:13que quand je refuse
31:14de marier un OQTF,
31:16je suis pris dans une contradiction.
31:18Honnêtement.
31:19Vous avez un métal acte illégal sur ce...
31:20Non, non, attends, attends.
31:21C'est, enfin...
31:22Sois gentil, juste.
31:24J'essaie d'expliquer
31:25la contradiction,
31:26mais je ne dis pas
31:27que j'en sors grandier tout.
31:29D'un côté,
31:31je dois obéir à une loi
31:32qui me dit
31:33rien ne peut empêcher
31:35un mariage.
31:35C'est la loi
31:36parce qu'on a signé.
31:37De l'autre côté,
31:38je suis officier
31:39de police judiciaire
31:41et on me demande
31:42en même temps
31:42de faire appliquer la loi,
31:45c'est-à-dire,
31:46en l'occurrence,
31:47l'ordre public.
31:48Et ce garçon
31:49que j'ai refusé de marier,
31:50un,
31:51non seulement il était
31:51en situation illégale,
31:52mais il avait été condamné
31:54pour des vols
31:54avec violences en réunion
31:55et tout.
31:56Donc,
31:56je suis dans cette contradiction-là.
31:58Donc,
31:58je ne dis pas
31:58que j'ai raison.
31:59Je dis,
32:00je ne sais pas intuitivement
32:01comme ça,
32:02je ne sais pas le théoriser.
32:04Je pense...
32:04C'est une contradiction juridique.
32:06Oui,
32:06entre refuser,
32:07mais même,
32:07même pour...
32:08Sans ça...
32:09Ça peut être pour des questions,
32:10oui,
32:10d'éthique,
32:11de conviction.
32:12Et je pense que
32:12tu as le droit
32:13de refuser
32:14un certain nombre de choses.
32:15Enfin,
32:15c'est arrivé 50 fois
32:16dans l'histoire de France.
32:17Mais ça, ça justifie
32:17la désobéissance civile
32:19que certains
32:20LF n'appellent de leur vœu.
32:21Mais non...
32:21Ils peuvent dire
32:22nous, nos convictions
32:22sont contre ça,
32:23on ne peut pas,
32:24c'est pas possible.
32:24Mais contre quoi exactement ?
32:25Contre un certain nombre de lois
32:28que le Rassemblement national
32:29pourrait mettre en place
32:30une fois arrivé au pouvoir.
32:31Mais attends,
32:31mais tu peux t'y opposer.
32:32En France,
32:33tu es un pays de liberté.
32:34Oui.
32:34Si tu n'es pas d'accord,
32:35tu descends dans la rue,
32:36tu manifestes.
32:37Ce n'est pas ça tout à fait
32:38qu'ils disent.
32:38Ils ont l'impression de dire,
32:40enfin en tout cas,
32:40c'est comme ça
32:41que ça apparaît,
32:42que c'est illégitime
32:43que le Rassemblement national
32:46soit la tête de ce pays.
32:47Vous voyez ce que je veux dire ?
32:48Je ne dis pas...
32:49Bien sûr qu'on va contester,
32:51enfin moi,
32:51il y a des trucs
32:52que le RN froid,
32:53je gueulerai dessus
32:53parce que je pense
32:54que c'est une mauvaise idée.
32:55Mais je ne dirais pas
32:56que c'est illégitime,
32:57ce n'est pas normal,
32:58ça menace la démocratie en soi.
32:59Bien sûr que non.
33:00C'est bien de préciser le propos
33:02parce que tout à l'heure
33:02dans la question
33:03qu'Ansonia t'a interrogé,
33:05on avait vraiment l'impression
33:06qu'au fond,
33:07ça débordait
33:08et les filles,
33:09toute la gauche
33:10et voire même
33:11une partie des macronistes
33:13ne reconnaissaient pas
33:16l'éventuelle élection
33:18dans l'extrême.
33:18Je n'ai pas dit ça.
33:19Non, attends, attends.
33:20Oui, mais c'est bien de préciser.
33:21C'est tout clair.
33:23On se connaît assez
33:24pour essayer de dire...
33:26Je précise que s'il y a tutoiement
33:27avec vous trois,
33:28c'est que vous avez déjà
33:29débattu au Coyal Diallo
33:30et vous connaissez Ariel.
33:32Sauf vous,
33:32que je n'ai jamais tutoyé.
33:34Quelle marque ?
33:35Il faut y aller voir,
33:36je ne sais pas.
33:36Mais poursuivir.
33:37Non, attends.
33:39Reprends,
33:39parce que du coup...
33:40Ce que je veux dire,
33:41c'est que là,
33:41c'est plus clair.
33:42La réponse à Anne,
33:43c'est plus clair.
33:44C'est vraiment,
33:45pour toi,
33:46c'est...
33:48Les filles anticipent déjà
33:49de contester
33:50une éventuelle élection
33:51de Marine Le Pen.
33:53C'est contester l'élection.
33:54C'est son président de la République.
33:55Non, mais je ne conteste pas
33:56l'élection.
33:57Sur le reste de la droite.
33:58Non, je ne dis pas ça.
33:59Je ne dis pas...
34:00Je réponds juste
34:01à ce grand garçon.
34:02J'essaye juste de lui dire,
34:03je ne dis pas tout ça.
34:04Je dis qu'aujourd'hui,
34:05il y a tout un tas de gens,
34:06y compris jusqu'à la droite,
34:08qui expliquent
34:09que la France insoumise,
34:11c'est le diable
34:12et il faut absolument
34:13leur barrer la route
34:14et que demain,
34:16au nom...
34:17Alors, ce sera
34:18comme tu le veux,
34:20sur le RN
34:21qui me...
34:21L'antifascisme,
34:22c'est ce qui va être dit.
34:23Ils appelleront
34:25et ils voteront
34:26pour la France insoumise.
34:27Je te donne mon ticket,
34:28on se retrouve dans...
34:29Rocaïa Diallo
34:30nous avait donné ici
34:31des arguments
34:32tirés du passé
34:33avec des moments fondateurs
34:34dans notre pays.
34:35Elle va vous rappeler
34:36ces moments-là
34:37et elle, elle estime,
34:38Robert Ménard,
34:38à partir de ça,
34:39que ça érigue
34:40ces actes de désobéissance civile.
34:42Oui, il y en a plusieurs.
34:42Si on est plus récents
34:43que la question
34:44des droits des femmes,
34:45en 2004,
34:46Noël Mamère,
34:47qui était maire de Begle,
34:48a célébré le mariage
34:49entre deux hommes,
34:50ce qui était illégal à l'époque.
34:51Le mariage a été annulé
34:52par une instance judiciaire
34:54et neuf ans plus tard,
34:56on reconnaissait
34:56le mariage pour tous.
34:57Mais c'est une manière
34:58d'ancrer
34:59dans l'espace public
35:00le droit
35:01pour tout le monde
35:02de se marier.
35:03plus récemment,
35:04Cédric Ayrou
35:05a aidé
35:05des personnes migrantes
35:07en situation irrégulière.
35:08Il les a hébergées.
35:09Il a été poursuivi.
35:10Le Conseil constitutionnel,
35:11le Conseil, pardon,
35:13la Cour de l'éducation,
35:14pardon,
35:14a considéré
35:17que ce qu'il faisait
35:18relevait
35:18de l'application
35:19du principe de fraternité,
35:20qui est un principe
35:21de la devise républicaine.
35:23Donc,
35:23d'une certaine manière,
35:24il a commis
35:25un acte
35:25de désobéissance civile
35:26qui n'était pas légal,
35:27mais on a considéré
35:28que nos principes
35:29constitutionnels
35:29lui garantissaient
35:31à chacun
35:31la possibilité
35:32de protéger
35:33des personnes.
35:34Et donc,
35:34c'est de la désobéissance civile
35:35mais ça correspond
35:36à nos valeurs.
35:36Mais ça ne correspond
35:37à rien de ce que dit
35:38la France insoumise.
35:39En fait,
35:39du plaisant.
35:40Ce qu'ils ont dit,
35:41c'est qu'on...
35:42Bien sûr que non.
35:43Bien sûr que si.
35:44Arrête,
35:44ils ne disent pas ça.
35:45Ils disent
35:45si le RN arrive au pouvoir,
35:47on n'hésitera pas
35:49à appeler
35:49à désobéissance civile.
35:51Sur quoi précisément ?
35:51C'est ça la désobéissance civile ?
35:53Sur quoi précisément ?
35:54Je ne crois pas,
35:55pardon de te dire,
35:57je ne suis pas sûr
35:58que M. Mélenchon
35:59soit M. Gandhi
36:01en Inde.
36:01Je ne crois pas.
36:02Non mais en fait,
36:02je ne répondais pas du tout
36:03à ce que je viens de dire.
36:04Non mais attends,
36:04attends,
36:05ça fait quand même
36:0610, 40 minutes de goût.
36:07C'est pas très nuancé.
36:08C'est ce que je dis là ?
36:09Mais tu ne réponds pas du tout.
36:10C'est pas parce que
36:10ce n'est pas Gandhi
36:11qu'on ne peut pas avoir
36:12une déconciliation.
36:13C'est pas une réponse
36:14à ce que je viens de dire là.
36:14Non,
36:15ce que tu veux dire,
36:16c'est que sur des points précis,
36:18tu peux contester
36:19un certain nombre de choses.
36:24qu'il y a un certain nombre
36:25de choses,
36:25il fallait dire non.
36:27Alors moi,
36:27quand c'est LFI,
36:28c'est pas bien.
36:28C'est ça que je ne comprends pas.
36:29Mais parce que
36:30ce n'est pas ça
36:30qu'ils contestent.
36:31Mais bien sûr que si.
36:31Ils contestent.
36:32Ce n'est pas vrai.
36:33Ne fais pas l'idiote.
36:34Tu sais bien que...
36:35Mais oui,
36:36tu fais le semblant
36:37de ne pas comprendre.
36:37Je comprends parfaitement.
36:39Et ce n'est pas parce
36:39qu'on n'est pas d'accord
36:39avec toi qu'on fait l'idiote.
36:41À un moment donné,
36:42on peut aussi avoir
36:42un débat respectueux.
36:44Attends, arrête.
36:45Ah ben non, non.
36:46Je te dis que ça va être
36:46parce que t'es femme
36:47que je te parle comme ça.
36:48Est-ce qu'on peut imaginer
36:49l'inverse ?
36:49On va se caler.
36:50Je ne suis pas
36:51peut-être l'encalier.
36:52Imaginons Jean-Luc Mélenchon
36:53qui n'a pas eu des propos
36:54très tendres sur les fonctionnaires
36:56par exemple
36:56et dit à l'inverse,
36:58enfin Marine Le Pen,
37:00on a entendu
37:00Jean-Luc Mélenchon,
37:01dit voilà,
37:01si c'est Jean-Luc Mélenchon
37:02compte tenu de ce qu'il propose,
37:04des propos qu'il a tenus
37:05sur les fonctionnaires,
37:06on appelle à la désobéissance civile.
37:09Mais en fait,
37:10la désobéissance civile,
37:11elle est protégée.
37:12Dans l'autre sens.
37:13Mais en fait,
37:13sur quel sujet exactement ?
37:14C'est-à-dire que
37:15quand on parle de la France insoumise,
37:17on entend que c'est par exemple
37:18sur les questions relatives
37:18à la priorité nationale,
37:20à une politique migratoire
37:21qui pourrait être brutale.
37:22Mais bon,
37:22vous me mettez dans la question.
37:23Je veux dire,
37:23on peut mettre,
37:24il y a plein de choses qui existent.
37:24Mais peut-être que l'ARN pourrait dire,
37:25je ne sais pas.
37:26Mais sur quel sujet ?
37:27Pour un antisémitisme,
37:28supposé.
37:29Sur quel sujet ?
37:30Supposé.
37:31C'est terrible que tu dises
37:32sur quel sujet.
37:33Mais sur quel sujet ?
37:33Quand je te pose la question,
37:35la France insoumise,
37:36sur quel sujet ?
37:37Je viens d'expliquer
37:38sur la priorité nationale
37:39et sur la politique migratoire.
37:41Je viens de le dire deux fois.
37:42Mais attends,
37:42la politique migratoire ?
37:44Par exemple,
37:45si on met en place
37:46des dispositions
37:47qui correspondent
37:48à la traque de migrants,
37:49il y a des villes
37:49qui pourront se déclarer
37:50villes-refuges.
37:51C'est un exemple.
37:51J'ai pris l'exemple
37:52de Cédric Hérou.
37:53Peut-être que d'autres citoyens
37:54voudront se mobiliser
37:55pour protéger les gens
37:56qui sont en situation de migration.
37:57C'est un exemple concret.
37:58Oui,
37:58et moi je pense que là,
38:00il y a un truc
38:00qui s'appelle
38:01le Conseil constitutionnel,
38:02la loi,
38:03le Parlement
38:04qui auront d'abord
38:05à trancher.
38:05C'est intéressant en tous les cas.
38:06Les deux visions,
38:07je vais dire deux visions
38:08d'une société
38:09et d'une démocratie.
38:11Mais tu as entendu
38:11d'ailleurs sur la proposition
38:13du Rassemblement national
38:14qui n'est pas nouvelle d'ailleurs
38:15parce qu'à chaque fois
38:16ces questions-là
38:17ont pratiquement
38:18toujours été dans le programme
38:19du Rassemblement national
38:20et avant du Front national.
38:22Sur le référendum,
38:23tu ne prends pas position ?
38:26Non,
38:26d'abord,
38:27j'ai dit que c'était
38:28une vraie question.
38:30Je ne sais pas si,
38:31tu sais toi,
38:32si ce référendum
38:33il est faisable ou pas.
38:34Je n'en sais rien.
38:34J'ai entendu,
38:35tout à l'heure,
38:35j'étais entendu
38:36dans un débat ici
38:37où les points de vue
38:38étaient différents.
38:39Moi,
38:40je pense qu'une question
38:42comme l'immigration,
38:45elle nécessite
38:45d'autres approches
38:46que des slogans.
38:47D'autres approches
38:48que des slogans.
38:49Je l'ai dit dix fois,
38:50l'immigration zéro,
38:52ça n'existe pas.
38:53On est d'accord là-dessus.
38:54Oui,
38:54on est d'accord,
38:55tous les deux.
38:56Je pense qu'il y a
38:56un certain nombre d'autres gens,
38:57y compris au Rennes,
38:58qui ne sont pas d'accord
38:58avec ça.
38:59Je pense qu'on peut avoir
39:00une position dure
39:03vis-à-vis
39:04d'un certain nombre de gens.
39:06Les gens qui viennent chez nous,
39:09même de façon illégale,
39:11qui se comportent mal,
39:13qui ne respectent pas nos lois,
39:14on doit les mettre dehors.
39:16Ta position,
39:16c'est la politique des quotas,
39:18c'est la restriction,
39:20en tous les cas,
39:21des recours
39:23qui ont pourabolisé
39:25le système du retour
39:27des OPDF.
39:28En gros,
39:28c'est ça,
39:29les mesures.
39:29Et puis surtout,
39:30moi je suis sidéré,
39:31enfin alors c'est peut-être
39:32un truc un peu bêtasson,
39:35peut-être,
39:35mais qui me semble du bon sens.
39:37On a tant de mal
39:39à faire partir
39:40un certain nombre de gens,
39:42tu le sais,
39:42les OQTF,
39:43les obligations de quitter
39:43le territoire français,
39:44ça s'appelle obligation.
39:46Oui,
39:46mais ce n'est pas
39:46une décision de justice,
39:47c'est un académique.
39:49L'obligation de quitter
39:50le territoire français,
39:51on en applique 10%.
39:53Oui,
39:54mais il y a plein de gens
39:55qui ont des OQTF
39:56qui n'ont commis aucun délit.
39:57C'est la grande majorité.
39:58Je dis,
40:00l'État...
40:00Ils ont les OQTF dangereux.
40:02Il y en a autre chose, oui.
40:03Non, non,
40:04mais attends,
40:04ce n'est pas ça
40:04que j'essaye d'expliquer.
40:06Moi,
40:06ma question,
40:07c'est pourquoi,
40:09plutôt que d'avoir
40:10tant de mal
40:11à faire sortir
40:12un certain nombre
40:12de gens de ce pays
40:13qu'on doit faire sortir
40:15de ce pays,
40:15on donne autant de visas ?
40:17Moi,
40:18je ne comprends pas
40:18que l'Algérie,
40:19avec l'Algérie,
40:20avec qui on a tant
40:21de problèmes,
40:22on leur accorde
40:23combien ?
40:24250 ou 280 000
40:26visas par an.
40:27On a des accords
40:28de renseignement,
40:29de lutte contre le terrorisme,
40:30c'est un tout peu plus compliqué
40:31parfois que juste
40:31le comptable d'Yon
40:32coupe les visas
40:33en divisant deux.
40:34J'ai jamais dit...
40:35Pardon de vous dire
40:36que j'ai tellement travaillé
40:38dans ma vie
40:40pour faire libérer
40:42des gens pris en otage
40:42que je sais
40:43que c'est plus compliqué
40:44que ça.
40:45Permettez-moi,
40:45on a une pensée
40:46pour Christophe Gleiz,
40:47notre confrère
40:48qui est retenu en Algérie.
40:50Je prends l'Algérie
40:51mais il y en a d'autres.
40:52Quand, je ne sais pas,
40:53le Mali fait ce qu'il fait
40:55à l'armée française
40:56et à la France
40:57ce qu'il a fait
40:57et qu'on continue
40:59avec des aides
41:00au développement au Mali,
41:01mais je t'en foutrai
41:02des aides au développement.
41:03Vous pouvez me poser
41:03une question
41:04qui sous-tend votre débat
41:05que moi je trouve passionnant,
41:06j'espère également
41:07chez vous,
41:07chers téléspectateurs.
41:08Moi je me suis toujours
41:09posé cette question,
41:10je ne suis pas née ici,
41:12je suis arrivée après...
41:13Moi non plus.
41:14Vous n'êtes pas née en France.
41:15Mais non, je suis née en Algérie.
41:16Oui, je sais bien.
41:17Donc on a des rapports
41:19parfois compliqués
41:21ou pas avec la France.
41:23Je ne sais pas
41:23comment vous qualifiez
41:24votre rapport.
41:26Mais qu'est-ce qu'être français ?
41:27C'est une question
41:28qui me paraît
41:28d'une complexité folle
41:30et elle est tellement simple
41:31à énoncer
41:31et difficile à répondre.
41:33Je peux dire
41:33en quelques mots,
41:34j'aimerais la poser au candidat,
41:36qu'est-ce qu'être français ?
41:38Pour Robert Ménard,
41:40pour Okaya Diallo,
41:41pour Bruno Jeudy
41:41ou pour Anne-Sorah Dubois ?
41:42J'essaye de ne pas dire
41:43les banalités absolues
41:44et les citations
41:45qui t'empêchent
41:47qu'est-ce qu'être français ?
41:50Être français,
41:51c'est se retrouver
41:54dans ce pays,
41:55se dire que son histoire,
41:58c'est un peu la tienne,
41:59même quand tu n'es pas née ici,
42:01et c'est ce qu'on partage
42:01tous les deux.
42:03C'est qu'une façon
42:05de regarder les femmes,
42:07on la partage.
42:08et ce n'est pas
42:10une affaire de religion.
42:12Je n'ai rien à comprendre
42:13de la façon
42:13de regarder les femmes
42:14de ce que ça signifie.
42:15Ça veut dire
42:15que quand je marie
42:16quelqu'un,
42:17je n'ai pas envie
42:18de marier une femme voilée.
42:19C'est son droit.
42:22Pour le coup,
42:23s'il y a des femmes
42:23qui sont voilées,
42:24c'est vraiment
42:24les mariées
42:24qui portent toutes des voiles.
42:25Des voiles qui...
42:28Un jour,
42:28on porte un voile,
42:29c'est marié.
42:29à ce degré
42:30de mauvaise foi,
42:31c'est vrai
42:34qu'une religieuse
42:35qui porte un voile
42:38et une gamine
42:39de 13 ans
42:40à qui les parents
42:41ne se marient pas,
42:42monsieur.
42:43Dans un certain nombre
42:44de pays,
42:44oui,
42:45permets-moi te le dire,
42:45mais pas en France,
42:46permets-moi te le dire,
42:48dans un certain nombre
42:48Vous avez dit tout à l'heure
42:49qu'interdire le voile
42:49en France,
42:50c'était impossible.
42:52Pourquoi ?
42:52Vous avez quand même
42:53dit que vous vouliez
42:53interdire à l'université.
42:55Pourquoi c'est impossible ?
42:56Je pense que c'est
42:57tellement compliqué.
42:58J'essaye de me mettre...
42:59Pourquoi c'est compliqué ?
43:01Parce qu'il est porté massivement,
43:02parce que dans le quartier
43:03que je connais,
43:04qui est mon quartier
43:05où j'ai passé mon adolescence,
43:06aujourd'hui,
43:0770% ou 80% des femmes
43:09portent un voile.
43:10Et je dis...
43:11Et donc,
43:11c'est la majorité
43:12qui fait la...
43:14J'essaye juste
43:15d'être un peu pragmatique.
43:16Je dis si déjà...
43:17Ah bon aussi !
43:18Ah oui,
43:18ça vous étonne,
43:19mais j'essaye.
43:20Je me dis
43:21que si déjà,
43:22on disait
43:23toutes les gamines
43:24de moins de 13 ans,
43:25puisque c'est l'âge
43:26de 13 ans,
43:28c'est pas rien,
43:28c'est lié à l'irresponsabilité.
43:29C'est jeune,
43:30ça pourrait être plus âgé,
43:31non ?
43:32Oui, peut-être,
43:32mais je dis au moins...
43:34Si on disait
43:36déjà
43:36les femmes
43:37de moins de 13 ans,
43:40les gamines
43:40de moins de 13 ans...
43:40Je vous demande si là-dessus,
43:41il n'y a pas une forme de renoncement.
43:42Vous dites
43:42« c'est pas possible »,
43:43vous dites
43:43« en dessous de 13 ans ».
43:44Vous croyez que...
43:45On peut monter en âge,
43:46on peut monter en exigence,
43:47se dire que peut-être
43:48pour des jeunes filles
43:49qui sont encore majeures...
43:50Madame,
43:51j'ai une tête à renoncer,
43:53j'ai une pratique de mère
43:54à renoncer quoi que ce soit.
43:54Je vous questionne.
43:55Non, non,
43:56mais c'est une douce plaisanterie.
43:58Je vous questionne.
43:58Vous savez ce que je fais
44:00sur ces terrains-là ?
44:0013 ans,
44:0114, 15 ?
44:0214 ou 15,
44:03allez,
44:03on ne va pas discuter de ça.
44:04Ce que je veux vous dire,
44:05c'est que j'espère que déjà,
44:07plutôt que de proposer
44:08un truc qui me semble tellement,
44:10mais que je souhaiterais
44:11dans l'absolu,
44:11moi je n'aime pas
44:12les femmes qui portent les voiles
44:14parce que je trouve
44:14que c'est pas bien.
44:15Vous n'avez pas le droit
44:15de ne pas dire ça ?
44:16Je trouve que c'est
44:17un signe de soumission.
44:17Qu'est-ce que tu veux
44:18que je te dise ?
44:19Je pense que c'est
44:19un signe de soumission.
44:20On parle les plus symboles
44:20du voile,
44:21pas les femmes.
44:21Pas les femmes.
44:23Donc vous pensez que les femmes,
44:24c'est à vous de décider
44:25de la manière dont les femmes
44:25se présentent au monde.
44:27Non mais,
44:28enfin je veux dire,
44:28il y a des femmes
44:28qui sont prises au bol,
44:30il y a deux femmes
44:30qui sont prises au bol
44:31qui portent des foulards
44:32Tawakol,
44:32Kerman et Malaké
44:33où ça fait sa faille.
44:35Je trouve qu'en...
44:36Elles ne sont pas plus soumises
44:36que vous,
44:37elles ont des prix Nobel,
44:38elles ont risqué leur vie
44:39pour favoriser l'enseignement
44:40des jeunes femmes.
44:40Et je pense,
44:42je pense qu'aujourd'hui,
44:44porter le voile,
44:44ça reste un signe
44:46de soumission.
44:47C'est ça,
44:47c'est votre liberté
44:49de ne pas être d'accord.
44:49Et je pense qu'en France,
44:51comme dans ce pays,
44:52je ne veux pas porter le voile
44:53comme ça,
44:54on peut l'interdire.
44:56J'aimerais l'interdire
44:56à tout le monde,
44:57mais commencer à l'interdire
44:58aux mineurs
44:58me semble une bonne avancée.
45:00Vous n'avez pas le droit
45:01d'empêcher des femmes
45:02de soumère.
45:02Il y a quand même eu
45:02un pas énorme
45:03qui a été fait
45:03lorsqu'on l'a interdit
45:05dans les écoles
45:06et ça fonctionne.
45:07Mais je trouve que ça,
45:08c'est très bien.
45:09C'est toi qui veux l'interdire
45:10dans l'espace public.
45:11C'est pas possible.
45:13Parce que je pense que...
45:14C'est clairement,
45:15c'est sans doute impossible.
45:16Parce que je pense
45:17que c'est plus compliqué
45:18que je suis...
45:19Non mais attends,
45:20mais oui,
45:20sur le principe.
45:21J'essaye juste de vous dire
45:22un truc très simple.
45:24C'est moi,
45:24je ne veux pas dire des choses
45:25qu'on ne fera pas demain.
45:28La politique,
45:29elle crève de ça.
45:30Elle crève de gens
45:31qui font des promesses
45:32dont ils savent intimement,
45:34bien sûr,
45:35que c'est plus populaire.
45:36Y compris,
45:36t'as compris,
45:36pour les gens qui votent
45:37pour moi dans ma ville,
45:38de dire je suis contre le voile
45:40pour tout le monde.
45:40Oui, mais c'est pour ça.
45:41J'essaye de ne pas
45:42tromperir des propos illégaux.
45:43C'est pour ça que...
45:44Merci d'être là
45:45parce que vous pouvez
45:47être sur une position
45:47sur laquelle on ne vous attend pas.
45:49Et je trouve que c'est passionnant
45:50de vous écouter.
45:51On peut heureusement
45:53dans ce pays dire
45:53on n'aime pas le voile
45:55pour telle raison
45:56et ça ne dérange pas
45:57pour telle autre raison.
45:59Mais on ne peut pas
46:00ne pas officier
46:00devant des citoyennes
46:01parce qu'elles portent un foulard
46:02parce que ce sont des citoyennes
46:03qui disposent de droits.
46:04Vous pouvez ne pas partager
46:05leur choix
46:05mais vous n'avez pas le droit
46:06de ne pas les servir.
46:06C'est la désobéissance
46:07version Robert Mellard.
46:08C'est la désobéissance civile
46:09qui n'en ressent.
46:09Oui, mais je trouve que
46:10vous êtes mandataire du peuple.
46:11Vous n'avez pas le droit
46:11de ne pas servir vos citoyens.
46:13On va finir un peu plus légèrement
46:14si je puis dire.
46:15Pardon, je vais être
46:16au-delà peut-être le 30
46:17pour avoir refusé
46:18de marier quelqu'un en OQTF
46:20dans ma ville.
46:2190% y compris de la gauche
46:22et de la quasi-tualité.
46:23La gauche est d'accord avec moi.
46:24C'est juste un truc de bon sens.
46:26On avait commencé par cette image.
46:27Un truc de bon sens.
46:28C'est intéressant d'écouter
46:30le maire de la ville de Béziers
46:32que vous êtes.
46:33Vous parlez souvent
46:34de la politique
46:35comme d'un spectacle
46:36ou de la communication politique.
46:38Regardez cette image.
46:39Je voulais qu'on termine
46:39avec un sourire.
46:40Je ne sais pas d'ailleurs
46:41parce que la communication politique
46:43ne fait pas forcément sourire.
46:44Edouard Philippe
46:45en tablier,
46:46corné de frites
46:46à côté de Gérald Darmanin.
46:49Vous l'avez sans doute vu
46:50cette image.
46:51Regardez-la.
47:09C'est ridicule.
47:11Oui, je ne vous sentais pas.
47:12Je ne voyais pas poindre le sourire.
47:14C'est ridicule.
47:16Jamais je ferais un truc pareil
47:18dans ma ville.
47:19Jamais.
47:19Justement, on a retrouvé.
47:21Non, je plaisante.
47:21Alors là, tu peux trouver
47:22en plus les frites chez moi.
47:23C'est du message politique.
47:24Les frites à Béziers.
47:25C'est de la communication politique.
47:27Je fais de la communication politique.
47:29Je ne prends pas
47:29les gens pour des cons
47:30parce que les mecs
47:31qui font les frites,
47:32toi, tu les fais pendant
47:32cinq secondes là
47:33à faire le mariol et tout.
47:35Quand ils le font
47:36toute l'année, tu vas voir.
47:37Non, mais pour moi,
47:37c'est ridicule.
47:38C'est ridicule
47:39parce que les gens,
47:39les gens, ils n'attendent pas
47:40de ça de toi.
47:42Moi, je pense que les gens,
47:43ils attendent de moi
47:44un truc, une image plus sérieuse.
47:45Et j'ai une image plus sérieuse.
47:46Quand vous dites
47:46qu'on aime les femmes,
47:47les taureaux, la messe,
47:48d'une certaine façon,
47:49vous aussi,
47:49vous faites de la communication politique.
47:50Oui, mais ce n'est pas pareil.
47:51Pourquoi ?
47:52Je n'ai jamais posé personnellement
47:54dans un truc comme ça.
47:55La mise en scène personnelle.
47:56Oui, bien sûr,
47:57c'est de ça dont je vous parle.
47:58Merci pour ce ton franc,
48:00direct, sans langue de bois.
48:02Je me calme.
48:02Non, au contraire.
48:04Pas de limite.
48:05On poursuit ainsi
48:06pour dimanche prochain.
48:08Si vous voulez,
48:08rendez-vous
48:09épris Ménard face à vous.
48:10Merci.
48:11Merci d'avoir écouté
48:12attentivement
48:13pour vos arguments affûtés
48:14et vos réponses également.
48:16Merci encore
48:17pour cet échange.
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